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26/03/2008

Sur RELATIO.fr: Bons baisers de Tchernobyl

Un reportage inédit de Daniel RIOT

Dans sa dernière chronique, Corinne Lepage décrypte la difficulté de bien évaluer le risque nucléaire en dépit des progrès faits en la matière, en parole et sur le papier., 22 ans après la catastrophe de Tchernobyl. C’est pour RELATIO l’occasion de publier un reportage inédit de Daniel RIOT qui  avait suivi une délégation du Congrès  des pouvoirs locaux et régionaux  dans ce qui reste l’un des points de la planète et l’un des lieux qui symbolisent les revers de notre ère technico-scientifico-bureaucratique. Rédigé en 2006, ce reportage conserve toute son actualité….

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 (Photos www.dissidents.media.com)

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22/03/2008

Le Terrible: Sarkozy Re-Présidentialisé?

FRANCE:Quand sarkozy veut "faire Président"...

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

« Suivre sa pente, mais en remontant », exhortait GIDE. Reste à savoir quelle est sa vraie pente. Vieille question de philosophie : « Est-on  qui on devient ou devient-on qui on est ? ». SOS Sartre, Kant, et quelques autres… Sarkozy va-t-il devoir ou pouvoir redire : « J’ai changé » ?  Au moins, peut-il dire, en cette fin de semaine : « Je fais des efforts  pour changer ». Pour « faire Président », comme il l’aurait dit lui-même.

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Le Terrible : le nouveau sous-marin nucléaire français

Le Terrible. C'est le nouveau sous-marin nucléaire français, quatrième du genre, inauguré hier par Nicolas Sarkozy. Le président en a profité pour revenir sur la doctrine nucléaire de la France. Il a proposé hier aux partenaires européens un dialogue sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans le cadre de la sécurité européenne.
 

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10/11/2007

Livres:L'Apocalypse est pour demain?

René Girard : De la guerre finale

Un nouveau Girard, voilà qui ne se manque sous aucun prétexte. Du moins quand on aime réfléchir un peu. Clausewitz revisité…et « achevé » : un bel ouvrage, stimulant. Dans le droit fil du « Penser la guerre, Clausewitz » de Raymond Aron (en 1976). Avec, en plus, la richesse du regard que donne la perception de ce « mimétisme de masse » sans lequel les mécanismes de la violence collective restent peut compréhensibles. Avec surtout une conclusion moins politique, et moins optimiste…

 

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Clausewitz a commencé son « De la guerre », à la fin du règne de Napoléon et il y a travaillé jusqu’à sa mort. En trente ans, il n’a pas réussi à le terminer… Une œuvre maîtresse est toujours une maîtresse inassouvie…  « Achever Clausewitz, c’est donc essayer de penser le livre dans sa totalité », souligne Girard. Entreprise périlleuse ! Mais Girard voit en Clausewitz un homme des Lumières qui a compris l’irrationnel et précisément « cette loi de l’imitation qui nourrit l’emballement guerrier et peut mener au pire ». Limites du rationalisme, de la raison, du raisonnable… face à la « montée des extrêmes » !

René Girard voit (entre autres) dans l’œuvre de Clausewitz l’une des « clés de l’intelligibilité du conflit franco-allemand ». Un conflit « de type mimétique », une « guerre de jumeaux », « chacun voyant l’autre comme il voudrait qu’il soit ». Avec au bout une incapacité : celle d’imaginer le pire.

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Clausewitz

Ce pire, selon Girard, Clausewitz peut aujourd’hui nous aider à imaginer le « pire » qui reste devant nous, non plus entre Français et Allemands, mais à l’échelle planétaire

« Il y a aujourd’hui trois questions terrifiantes : l’écologique avec la raréfaction des ressources naturelles, la militaire avec l’accroissement des forces de destruction nucléaire et autres et celle des manipulations biologiques », résume Girard. Que faire pour rompre avec les visions d’Apocalypse que ces questions entraînent ?

Réponse de l’auteur de « Je vois Satan tomber comme l’éclair » :  « Et si la survie de la terre ne pouvait être que fondée sur la morale évangélique ? Je crois que la violence, qui était au fondement des religions archaïques, n’est plus productrice de sacré, elle ne produit plus que de la violence. C’est ici que le christianisme a quelque chose de singulier à nous dire : renoncer à la violence, c’est sortir du cycle de la vengeance et des représailles. L’apocalypse n’est pas la violence de Dieu comme le croient les fondamentalistes, c’est la montée aux extrêmes de la violence humaine. Seul un nouveau rationalisme qui intègre la dimension religieuse de l’homme peut nous aider à affronter la nouvelle donne. »

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Pour lui, la formule « aimez-vous les uns les autres » est une «  formule héroïque qui transcende toute morale » Plus facile à dire qu’à respecter !... « Nous sommes menacés de mort », explique rené Girard dans une ITW au Point. «  Le message judéo-chrétien est que si nous ne nous réconcilions pas, il n'y a plus de victimes sacrificielles pour nous sauver la peau. L'offre du royaume de Dieu, c'est la réconciliation ou rien. Malheureusement, nous sommes en train de faire le second choix par ignorance et paresse. La seule solution est de refuser toute violence, toutes représailles. Je ne suis pas du tout sûr d'en être capable, mais les Evangiles nous disent que c'est la seule issue. Le drame, c'est qu'on choisit toujours le court terme. Nous sommes tous dans la position de Louis XV : « Après moi, le déluge. »…

 On ne sort pas optimiste du livre de Girard. On ne sort jamais indemne d’un bain de lucidité. Même si l’apocalypse n’est pas pour demain. Et peut être douce, comme il ledit dans une ITW au Figaro « L'ère des guerres est finie : désormais, la guerre est partout. Nous sommes entrés dans l'ère du passage à l'acte universel. Il n'y a plus de politique intelligente. Nous sommes près de la fin. » A suivre tout de même… 

Daniel RIOT

 

Présentation de l'éditeur

René Girard aborde ici l'œuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : " La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. " Clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de "duel", d'" action réciproque " ou de " montée aux extrêmes " désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu'aucun autre, le mouvement qui va détruire l'Europe. "Achever Clausewitz ", c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière.

Biographie de l'auteur

René Girard, membre de l'Académie française et professeur émérite à l'université de Stanford, est l'auteur d'essais traduits dans le monde entier : Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), Je vois Satan tomber comme l'éclair (1999) et, plus récemment, Les Origines de la culture (2004). Benoît Chantre est directeur éditorial des Editions Carnets Nord.

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26/09/2007

"Le nucléaire n'est pas un gros mot"...

Editorial RELATIO par Daniel RIOT : « Le nucléaire n'est pas un gros mot. La France a fait le choix du nucléaire. Nous ne voulons l'imposer à personne, mais nous disons que dans un univers où dans un siècle, il n'y aura plus de gaz et dans quarante ou cinquante ans, il n'y aura plus de pétrole, on ne peut pas se contenter de dire : « Le nucléaire fait peur, on n'en parle pas. » Il faut parler, du nucléaire comme de toutes les autres énergies renouvelables. J'ajoute que la France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile. » Un passage en gras dans le texte du discours onusien transmis à la presse… Heureusement que l’ONU ne siège pas à Hiroshima…

« Nucléaire n’est pas un gros mot »…Sarkozy a (ce dit, entre parenthèses)  avec « gros mot », comme avec « tabou »,  un vrai tic de langage…

Je ne suis pas un anti-nucléaire dogmatique, idéologique, mystique. L’énergie nucléaire, en tant que telle, est moins polluante que d’autres…

Mais j’ai visité Tchernobyl : ce n’est pas un mythe. Et le nuage ne s’est pas arrêté au pont de l’Europe entre Kehl et Strasbourg…

Le mot « nucléaire » serait plus « petit » si les chercheurs avaient les moyens de mieux régler les lourds, trop lourds, problèmes des déchets (transports, stockages et surtout élimination), d’assurer une meilleure sécurité des centrales (vieillissantes, surtout), des ponts trop aisés à construire entre les technologies « civiles » et « militaires »…

Le choix de l’énergie nucléaire est déjà une décision nationale discutable. L’exhortation à un développement généralisé de ce type d’énergie donne le vertige. D’autant plus que ces incitations au nucléaire passent sous silence les richesses de certains continents en soleil, par exemple, ou la force que peuvent avoir les eaux des océans, ou encore l’art et la manière de mieux se servir des vents.

« Nucléaire » n’est pas un « gros mot », mais l’expression « Grenelle de l’environnement », dans ces conditions, devient (pour ceux qui ne s’en étaient pas encore rendu compte) un rideau d’illusions…

Cela dit, sur le nucléaire, Sarkozy candidat avait annoncé la couleur. Qu’il joue aujourd’hui, avec cynisme les VRP de notre « nucléaire national », était inscrit à son programme.

 Petit rappel :

« L’énergie du futur n’a pas vocation à être la possession exclusive des pays les plus développés dès lors qu’un système de garanties peut fonctionner efficacement. J'ai proposé pour cela la création, sous l'égide de l'ONU et de l'Agence Internationale pour l'énergie atomique, d'une véritable banque mondiale du combustible nucléaire civil qui garantirait aux pays émergents l'accès aux bienfaits de l'énergie atomique sans risque de détournement militaire. Cette institution aurait donc l'avantage d'ôter tout avantage économique et politique aux programmes nationaux d'enrichissement de l'uranium et de retraitement des combustibles irradiés.

Sur le nucléaire, une coopération est possible avec nos partenaires du Sud. Je souhaite par exemple proposer à l’Algérie, avant d’autres Etats, de l’aider à développer une capacité nucléaire civile en échange d’un partenariat sur l’exploitation des champs gaziers. Dire ceci, c’est aussi pour moi une façon de dire à l’Iran qu’une coopération est possible et que nous ne sommes pas condamnés à la confrontation. Au travers de l’exemple algérien, grand pays d’Afrique, c’est aussi dire que pour moi, le développement du Sud passe par l’accès à l’énergie et donc au nucléaire. » (Conférence de presse sur la politique internationale 28/02/07)

Vous voyez : c’était annoncé ! Il pourra même dire qu’il tient ses promesses…Tant pis pour celles et ceux qui ont voté pour lui en dépit de leur angoisse du nucléaire : j’en connais… Comme dit  Yann Wehrling, « les déclarations de Nicolas Sarkozy à l'ONU sur le réchauffement climatique ont le mérite de la clarté. Le réchauffement climatique n'est qu'un enrobage et un prétexte de ses véritables intentions : vendre le nucléaire made in France »(…).  « Si les conséquences n'en étaient pas dramatiques pour la planète, cela pourrait en devenir ridicule et faire sourire » (…) « Que le candidat Sarkozy ait fait des promesses au lobby nucléaire français est une chose. Mais le président de la République, martelant son nucléaire français à chacun de ses déplacements à l'étranger, est en train de dégrader l'image de la France en rabaissant sa fonction à celle d'agent commercial du nucléaire »

Mais, Yann, « agent commercial », ce n’est pas un « gros mot ». « Vendre » non plus… Quand à « l’image de la France », voilà longtemps qu’elle n’avait pas été aussi bonne, selon des sondages…français.

Alors, où est le problème ? D’ailleurs, il l’a dit lui-même : s’il a parlé de l’énergie nucléaire en Allemagne, c’est « pour rendre service à Angela Merkel»… Quand on pense que c’est la France gaulliste (à cause du nucléaire militaire) qui a cassé l’Euratom, cette Europe de l’énergie atomique qui aurait dû se développer parallèlement à la CECA puis être intégrée au Marché Commun… L’histoire est une suite de pieds de nez. La relance d’EURATOM au programme de la Présidence française ? Il y aurait des réactions en chaîne…

Daniel RIOT

 
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