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19/06/2007

POLITIQUE: Le Modem, digue anti raz-de-marée..

Petites leçons du deuxième tour des Législatives : Ce sont les électeurs du MoDem qui ont contrarié les desseins de l'UMP 

« Doulce France »… Toujours prête, de plus en plus même, à se laisser aller d’une humeur à l’autre. Pour se faire peur, ou plaisir. Pour fuir les réalités, souvent.

Lundi dernier : alerte rouge, raz-de-marée annoncé ! La Chambre « introuvable », « bleue encre », s’inscrit dans les sondages. Un succès à inscrire dans le Livre des records pour l’UMP, qui pourtant, a  un  bilan (passé sous silence) à mettre plus à son passif qu’à son actif. Le premier ministre, vrai chef de guerre, annonce l’objectif : plus de 400 députés. Et le spectre du « parti unique » apparaît.

Huit jours plus tard : « une vaguelette bleue pâle, avec des poissons rouges ». La gauche dans le coma s’est réveillée. Le PC assassiné est ressuscité. Un « Oui mais » titre Le Figaro. Un « avertissement à Sarkozy » lance un éditorialiste. La « fin de l’état de grâce », ose un autre…Les Français sont inconstants, pour les plus pessimistes. Ils sont intelligents, pour les plus optimistes…

En fait, le fait qu’un deuxième tour rectifie le premier dans des élections législatives   n’a rien d’exceptionnel. Et l’important n’est pas ce qui est mis la  plupart du temps en valeur, mais ce qui est caché par ce qui est valorisé.

Un «recul » de l’UMP ? Allons donc. La majorité présidentielle est « absolue ». C’est la réalité. Et Sarkozy tient tous les pouvoirs dans ce beau pays de Montesquieu. Et la victoire de l’UMP et de ses satellites est incontestable.

Un « bon réflexe de pluralisme » ? Oui. Le MoDem y a beaucoup contribué. Mais la bonne moitié des français n’est pas représentée, et on notre système reste plus électif que représentatif. Pour les partis : le Modem de Bayrou le sait mieux que personne, mais il n’est pas le seul à être écrasé par les deux rouleaux compresseurs d’un bi-partisme qui s’auto-reproduit. Et ne parlons pas de la représentation des « minorités visibles »…

Bien blanche, la Chambre! Même l’arrivée, (« massive » aie-je entendu), de femmes est à relativiser :la France, machiste, était au 89 ième rang mondial. Elle fait un bond pour se classer … 56 ième ! Que de progrès encore à accomplir pour être dignes de notre autosatisfaction.

Le phénomène essentiel du deuxième tour est le même que celui du premier : l’importance historique et périlleuse de l’ABSTENTION. C’est la preuve du bien-fondé des diagnostics de Bayrou. C’est la démonstration que les Français, malgré l’effet loupe, des Présidentielles transformées en festival de politique-spectacle, ne sont pas du tout réconcilier avec la politique telle qu’elle se pratique.

Problèmes d’éducation (dès l’école), d’information (soirée clips sur M6), de structures non démocratiques, d’état d’esprit oligarchique, de culture (plus monarchique que républicaine, malgré les cantiques laïcs des « élites »)…

ll est vraiment impératif que le MoDem ouvre les « voies nouvelles ». J’attends beaucoup des Conférences de citoyens que Chantal Cutajar lance sur Strasbourg, en appliquant concrètement les exhortations de Bayrou : si elles tiennent leurs promesses, il faudra les étendre à d’autres villes. La démocratie doit être une pratique permanente, sans cesse à améliorer,  et non un état de fait célébré plus ou moins bien périodiquement

En termes d’analyse politique, il importe bien sûr d’être prudent. Et ne pas s’en tenir à quelques impressions données par des cas particuliers (défaites de Juppé et de Chevènement, par exemple) ou par des  calculs partiels et estimations superficielles. Mais trois lignes de forces valent d’être mise en relief:

>>> L’échec du front national, réjouissant pour tous les démocrates et logique après la déroute de Le Pen aux présidentielles (due en grande partie au siphonage réussi de Sarkozy), ne marque en rien la fin sociologique de l’extrême-droite française. Déboussolés ou récupérés, les électeurs lepénistes se sont réfugiés dans une abstention plus dépitée que résignée. Gare aux réveils !

>>> Le sauvetage du PC n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitent une rénovation ou une refondation de la « gauche ». Marie Georges Buffet   revient de très loin. Mais où veut-elle et peut-elle aller ? Et avec qui ? Le conservatisme de gauche se porte mieux qu’on pouvait le penser : ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui se veulent d’authentique réformateurs d’une pensée et d’une action adaptées à ce siècle. Cela rend plus ambigu encore le projet de Hollande et de quelques autres de constituer une « UMP de gauche «  qui irait du PC au centre ». Le PS  va être peut-être encore plus tiraillé par une logique de partition entre deux lignes. L’une, « classique », appuyée sur le flanc gauche du PS et donc des alliances à sa gauche. La seconde partisane d’alliances au centre ou avec le centre….

>>> Le bonheur des socialistes, qui en oublient qu’ils ont perdu et que la droite a gagné, a quelques cotés amusants… Après la vague rose des régionales, le même concert d’auto-satisfaction avait rendu sourd les plus lucides.   

Il est vrai qu’au regard de la débâcle qui lui était promise par les sondeurs au soir du premier tour, et de la campagne politiquement nulle que ses dirigeants ont mené entre les deux tours,  le PS a fait mieux que se défendre. Le parti socialiste et ses alliés gagnent même une quarantaine de sièges,  contre toute attente. Une « divine surprise », pour Hollande. Et une « surprise contrariante » pour Royal…

Mais une « surprise » provoquée par quoi ?

Ne croyons pas que subitement ce deuxième tour a été transformé par l’habileté de Fabius, en un referendum pour ou contre la TVA anti-sociale…

Ne croyons pas non plus à une « mobilisation exceptionnelle » des électeurs PS : Claude Patriat, professeur de sciences politiques à l'Université de Bourgogne, sur la base de 150 circonscriptions clés passées à la loupe peut affirmer le contraire. Et d’autres études sérieuses (dont la mienne, si je peux me permettre) aussi : « Le PS n’a pas été mieux servi par son électorat au deuxième tour qu’au premier »

Paradoxe ? En fait, le PS a été servi par l’absence de triangulaire. Il n’y en a qu’une , et elle a été gagné par le MoDem…

Il a été surtout servi par l’électorat du MoDem, y compris dans des circonscriptions où il a perdu de peu et où (fait d’exception)  la candidate éliminée du MoDem avait appelé à voter contre lui (deuxième circonscription de Strasbourg)

Claude Patriat explique :  «  Il n’y a pas eu de sursaut du Parti socialiste. Quand on regarde précisément les résultats du 1er tour on constate que sur 150 circonscriptions, les voix du Modem pouvaient lui permettre de faire la différence à condition que se constitue un front anti-UMP. Or c’est exactement ce qui s’est passé. ».

Les éléphants et les aspirants « lions » du PS se sont bien gardés de le souligner, mais le fait est là : le PS a  bénéficié massivement des voix du Modem. En dépit de l’absence de consigne de vote de Bayrou. Les électeurs seuls ont décidés.

C’est logique puisque l’électorat de centre droit avait déjà voté UMP, en suivant le  « général Morin ». C’est encourageant, non parce que cette fois le PS en bénéficie, mais parce que le MoDem montre ainsi sa puissance d’arbitrage. C’est ce qui fait dire à que les sceptiques ont tort : le phénomène Bayrou va perdurer. La Revolution Orange d’un Centre Indépendant et Libre répond à de vraies aspirations.

Cet appui du moDem est d’ailleurs confirmé par les sondages sorties des urnes : 58% des électeurs du MoDem du premier tour auraient voté pour le PS, 25 pour l’UMP et 17% se  seraient abstenus ou auraient voté blanc.

A noter au passage la faible abstention des  électeurs du MoDem pourtant en deuil de leurs espérances du premier tour : c’est  le signe d’une motivation civique forte chez celle et  ceux qui optent pour l’orange. Cela aussi est très encourageant pour le mouvement de Bayrou.

Ces données sont évidemment importantes pour tenter d’imaginer la recomposition en gestation du paysage politique. Revoici des débats en vue entre les champions de la bipolarisation et ceux qui suivent le cap Bayrou : l’émergence d’une troisième force entre l’UMP et la gauche pure et dure. Cela dépendra d’abord de la capacité du moDem à se donner les moyens de ses ambitions. Une affaire de structures et de mentalité.

Daniel RIOT

18/06/2007

Strasbourg: le tandem UMP en échec

Petite chronique strasbourgeoise: Les législatives n'ont vraiment rien à voir avec les municipales...

Les Législatives ne sont pas les municipales… C’est une évidence que Fabienne Keller et Robert Grossmann qui se sont relayés sur le plateau de France 3 Alsace ont asséné. En faisant sourire tous ceux qui les regardaient… 

C’est une évidence telle que l’on peut se demander, en toute fausse naïveté, bien sûr, pourquoi le « Tandem UMP» qui dirige la Ville a éprouvé le besoin de monopoliser la parole dans les débats qui ont marqué cette soirée électorale à Strasbourg.

Consignée à la maison, la jeune femme lisse Frédérique Loutrel qui a été envoyée au front dans cette circonscription qui avait déjà fait tellement de   peine à  Robert Grossmann !

Interdite de plateau, (pas par France 3, bien sûr), Pascale Jurdant-Pfeiffer candidate du MoDem et toujours membre de la majorité municipale, éliminée au premier tour, qui, visiblement, n’a pas été très  suivie par  ses électeurs dans son spectaculaire « ralliement » au candidat de l’UMP, lequel n’a gagné que  d’une courte tête devant le candidat socialiste. Il reprenait, pourtant, une circonscription tenue par un sortant UMP dont il avait été suppléant !

Diable ! Le « Tandem » se doit de serrer les boulons…

Même dans la troisième circonscription, André Schneider (UMP), qui n’a pu atteindre les 60% visés, semble avoir pâti de ce curieux phénomène, intéressant sociologiquement, qui fait que le « Tandem » secrète un manque de sympathie (pour rester dans la litote) de la part d’une partie de la population strasbourgeoise, y compris  de « sensibilité de droite ».

Ce manque de sympathie a même des répercussions politiques qui dépassent la municipalité… La faiblesse du score de Sarkozy sur Strasbourg, surtout comparé aux résultats plébiscitaires dans le reste de l’Alsace, ne s’explique que par cela. Et preuve est faite, dans ces législatives,  que l’image de l’UMP est ternie sur Strasbourg par l’ombre de l’UPS, ce parti que le tandem a cru bon de créer, par mégalomanie et par souci de verrouiller tout ce qui peut brouiller les cartes dans la droite strasbourgeoise et au centre…

Ah ! Le centre…Une obsession pour Fabienne Keller qui a cru bon donner un cours de géographie politique devant les caméras. Elle se voudrait tellement centriste, cette « sénateur »  élue maire avec l’étiquette UDF et passée à l’UMP !

Et elle voudrait tellement diriger, contrôler ou manipuler tous les « centres » : celui qui a carrément été mangé par l’UMP, celui qui en toute logique doit rejoindre l’armée   du général Morin, ce « Nouveau centre » qui n’est ni Nouveau ni central,  et même , (mais oui), le vrai centre, celui de l’UDF-MoDem.

Géniale la stratégie, fantastique la tactique ! Discrètes surtout les belles manoeuvres...

On combat, par l’arrogance, le mépris, le dénigrement les centristes qui suivent le ligne et le cap Bayrou. On tente de court-circuiter les mêmes en encourageant les ambitions de quelques personnages qui n’ont pas compris la portée de la « révolution » de « l’extrême centre ». On usurpe l’étiquette UDF en prenant soin de doter les candidats UMP de suppléants de la tendance de De Robien ou de la loyauté de Morin. Et on laisse miroiter de « bonnes places » sur la prochaine liste municipale de l’UPS, cette Union pour Strasbourg  devenue Union pour Sarkozy, à celles et à ceux qui mettent des peaux de banane, des clous, des pièges sous les pas des  « centristes centraux » du Modem ou de ceux qui ont des velléités de se positionner … à droite de l’UMP.

Cette tactique et cette stratégie peuvent encore être payantes aux prochaines municipales… L’avenir n’est écrit nulle part. Et, comme chacun est perfectible, le Tandem, si sûr de lui, si arrogant, si méprisant envers ses oppositions, si manichéen dans ses jugements à l’emporte pièce, si sectaire dans son clientélisme,  si peu apte à pratiquer une démocratie locale digne de ce nom, peut ce lundi matin, après le choc de ce dimanche, décider de changer de style de gouvernement. Car le « peu de sympathie » qu’il génère vient de là, d’abord. Mais le « tandem » n’a pas les talents de comédiens de Sarkozy… Enfin, nous verrons bien.

En attendant la suite, un constat : La candidate du « Tandem » sur la première circonscription, Mme Loutrel, que « Le Point » n’hésite pas à décrire comme « une simple marionnette sortie de la cuisse de Fabienne Keller » (Cà, je ne l’aurais pas osé !), n’a pas recueilli de nombreuses voix de Mme Caldéroli qui avait toute  légitimité pour être investie par l’UMP mais qui a été grillée (et même exclue de l’UMP) par le Tandem, au nom de la tactique que je viens de décrire schématiquement. Et les électeurs de  Chantal Cutajar se sont visiblement partagés entre l’abstention et un vote défavorable à cette « jeune femme pleine de qualités et appelée à un grand avenir ».

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Il est vrai que Armand Jung s’est montré dans cette dernière semaine de campagne plus respectueux des électeurs non socialistes que la dévouée « soldate » du  « Tandem » au sourire gâché par cette arrogance qui semble, dans la majorité municipale, être politiquement transmissible.

Ses réponses aux propositions de Chantal (débat à trois, puis participation aux Conférences de Citoyens) avaient tout de même plus de classe et plus  d’intelligence que les réflexes de fuite hautaine et méprisante de Mme Loutrel. La démocratie, c’est aussi (d’abord peut-être) un état d’esprit, une culture.

Mais Frédérique n’en est pas totalement responsable : le fin lettré Robert Grossmann n’a jamais eu conscience que « politique » et « politesse » avaient la même  racine… ( comme il s’obstine à utiliser improprement le mot « dissident » à propos de Chantal Cutajar )

J’avais noté ici que la principale faiblesse de Frédérique Loutrel viendrait de ses soutiens. Je crois ne pas m’être trompé…Ce n’était désobligeant pour personne. Je ne partais que d’un constat de simple bon sens : On peut en effet voter par procuration, mais être candidate par procuration, c’est plus compliqué…

Allons Frédérique : n'écoutez surtout pas ceux qui disent ce soir, dans votre "camp" qu'"on" a eu tort de vous envoyer au "casse pipe" ou que le tandem a fait "une erreur de casting". Les gens sont méchants et les supportres déçus sont vite injustes... N'écoutez pas non plus ceux qui prétendent qu'au fond de lui-même, Robert Grossman doit être content que vous n'ayiez pas gagné là où lui même avait perdu. Robert n'a pas cette mesquinerie là.  Il n'a tout de même pas tous les défauts, cet homme dont j'apprécie les qualités.

Rien n’est tragique dans ce type de défaite. Robert Grossmann a dit ce qu’il fallait dire, devant les caméras,  pour vous consoler : le « contre coup » de la vague bleue trop annoncée, la chute de Juppé, l’échec de quelques autres têtes d’affiche UMP…

Bien sûr, au soir du premier tour, il ne vous avait pas dit que votre qualification, seule contre le sortant PS,  était plus le résultat arithmétique de la même "vague bleue" et de l’abstention record que de vos qualités propres…. Mais cela, c’est normal, non? Je suis même sûr que cela ne l'a pas effleuré.

Pour être très franc, votre défaite me fait de la peine pour vous:je n'aime pas les gens (surtout les jeunes femmes) soient tristes... Mais politiquement, je suis plutôt content. Par attachement au pluralisme. Et par souci de privilégier des représentants du peuple qui sont plus à l'écoute du peuple qu'aux ordres de leurs protecteurs-propulseurs.

J'ai été ici très critique envers le  "vieil Armand" (moins que certains de ses propres "camarades", d'ailleurs). Je ne retire rien. Mais Jung a promis de travailler et pas seulement d'obéir. Il est des perfectibilités plus crédibles que d'autres....Comme m'a dit un de ses "camarades", "Avec les engagements qu'il a pris envers Cutajar, il va être obligé de travailler différemment".

(Note personnelle: Eh! oui, Robert, Chantal  des qualités rares. Sinon , je ne la soutiendrais pas dans ses combats pour "l'utile " et "le juste".)

Au moins, avec Armand, on peut dialoguer, discuter, échanger. C'est votre refus du dialogue avec d'autres que vos supporters que vous venez de payer, Frédérique!

Daniel RIOT

17/06/2007

FRANCE: Le MODEM, cet emmerdeur... La Révolution Orange de Bayrou jouera son avenir cet été

Le sillon du MoDem : Une vraie révolution citoyenne, si…

Indépendamment de sa faiblesse parlementaire, le Mouvement Démocrate incarnera une force authentiquement « révolutionnaire » si François Bayrou tient son cap, creuse son sillon et muscle ses « cadres » qui doivent orchestrer ce qui est d’abord un choc culturel. « Plus rien ne sera comme avant », avait-il lancé le soir de son éviction des Présidentielles : l’épreuve de vérité commence dès  maintenant

Le MoDem, cet emmerdeur …

Preuve est faite depuis le début de cette année électorale : le MoDem est un emmerdeur. Pour la droite, pour la gauche, pour les Verts, pour les archéo-centristes et pour une grande partie des commentateurs politiques qui, en fait, sont plus des agents de conservation du système en place que des détecteurs d’évolutions, des esprits renifleurs d’un avenir par définition « écrit nulle part »…

Le MoDem, c’est quoi ? Une vraie  rupture, au sens plein du terme. Ou plutôt une série de ruptures qui s’additionnent, se multiplient, s'entremêlent. C’est en cela que Bayrou a raison de parler de « Révolution ». Une Révolution sereine et calme mais qui peut marquer durablement l'Histoire. Une Révolution citoyenne et culturelle.

Rupture politique : Les « partis du centre » étaient condamnés, par notre système présidentialiste binaire,  soit à s’excentrer, en « tombant à droite » soit à s’éventrer ou s’écarteler (la famille radicale le sait bien), en servant d’alibi aux fausses « politiques d’ouverture » à la droite ou à la gauche, en fonction des locataires de l’Elysée et de Matignon.

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Depuis la fin du MRP (qui, lui,  a su longtemps avoir deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux pieds pour servir des valeurs de liberté, de résistance et de solidarité sociale), le Centre a d'abord été une réserve  de « forces d’appoint », avec des « cocus de l’ouverture » sur des strapontins…

Un « milieu » où des « centristes » (« sangs tristes », écrivait Pasqua)   guidés par les  lampions des pouvoirs en place  oubliaient trop que « modération » doit rimer avec « conviction » et non avec « dilution », « absorption », « renonciation »…Et non, surtout,  avec carriérisme.

Edgar Faure, par ailleurs si riche de qualités, a eu tort de donner trop facilement bonne conscience à trop de grenouilles du marais centreux avec son constat d'observateur du ciel "Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent"...

Fini le temps du "cul entre deux chaises" ou du centrisme borgne? Espérons. Voici le "centrisme " de la "troisième chaise" , comme dit Bayrou, et de la vue large et profonde? Espérons. Si non, le "nouveau tiers état" si bien analysé par Bayrou fera une autre Révolution, moins calme et moins sereine, et plus illusoire et périlleuse.

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Le Centre central, « l’extrême centre révolutionnaire »,  a l’ambition de jouer le rôle d’un vrai …Centre, donc de pivot. D'un carrefour non d'un rivage de secours... « Se dire de droite ou de gauche, c’est prendre le risque de l’hémiplégie », souriait Raymond Aron, qui a eu si souvent raison contre Sartre et qui a été si mal compris par la droite et si défiguré par la gauche.

Rupture démocratique : « Le pire des régimes à l’exception de tous les autres », comme le constatait Churchill, est un jardin à cultiver en permanence. La démocratie ne se réduit pas à un mode de sélection d’élites plus ou moins représentatives, ni aux lois d’une majorité par définition changeante, ni en quelques campagnes électorales,  ni à la convocation plus ou moins régulière des citoyens aux urnes, ni à la soumission à la dictature populiste  des sondages, aux mirages médiatiques de l'info-spectacle, aux lois de cette "doxocratie" exploitée  par une oligarchie masquée logiquement plus conservatrice et corporatiste que progressiste (qu'elle soit de droite ou de gauche) ...

medium_Democrate_victor_Hugo.jpg" La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l’incarnation même du progrès'. Victor HUGO Choses vues

>>>Elle est grille de valeurs non proclamées mais respectées : le Conseil de l’Europe vient de le rappeler opportunément dans  le silence politico-médiatique qui caractérise tant cette France de l'autosatisfaction qui ne supporte pas le regard critique de ses voisins:"Il n'y a pas de démocratie authentique sans oppositions fortes et respectées"

>>>Elle est prise en compte réaliste des inévitables « rapports de force », non pour que les plus forts, les plus puissants  ou les plus nombreux imposent leurs lois aux plus faibles, mais pour que les relations humaines reposent sur des valeurs  partagées. Des valeurs qui ne prennent du sens que par le Droit quand se droit est mis au service de la Justice (ce qui loin d’être la règle commune). Des valeurs qui s'épanouissent quand on applique la recette de Monnet et Schuman:"Marier la nécessité et l'idéal"

>>> Elle exigence d’informations, de pédagogie, de débats, de « limages de cervelles », comme disait Montaigne.

Des informations? Oui mais  qui ne s’apparentent pas à cette propagande, déclarée ou masquée, qui selon Noam Chomski, « est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures ».

Des débats? Oui,  organisés mais  ouverts, qui ne se résument pas à des offices d’officines… « Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense », avait lancé Bayrou en rompant avec l’unanimisme cultivé artifciellement dans la coalition UMP… C'est dans cet esprit que Chantal Cutajar vient de lancer ses Conférences de Citoyens de Strasbourg

« Nos démocraties électives ne sont pas des démocraties représentatives », regrettait Paul Ricœur. C’est encore plus vrai dans la France d’aujourd’hui. Et cette « démocratie représentative » à reconstruire doit être intrinsèquement participative, délibérative, consultative, constructive. Vivante. Donc (ce n’est pas une évidence pour tout le monde) pleinement citoyenne.

Le constat de Jacques Derrida doit être, au MoDem, un vrai mot d’ordre, et une préoccupation permanente : « Etre démocrate, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique »… 

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Rupture éthique et morale : la démocratie élective telle que nous la pratiquons n’est qu’un mode de sélection des « élites ». La démocratie effective est d’abord une grille de valeurs. Des valeurs qui n’ont de sens que dans des actions qui les illustrent, les concrétisent les incarnent. Pour reprendre le  mot que Chantal Cutajar a érigé en devise personnelle, ce qui doit être prioritaire, c’est « l’utile et le juste », deux mots indissociables en politique. Des mots qui ne sont ni de droite ni de gauche. Et qui reflètent bien la finalité du MoDem. L’une de ses raisons d’être, même. Avec ce que Bayrou incarne bien actuellement par ses rebellions pacifiques, son esprit de résistance, et sa ténacité : En politique, la morale ne doit pas se découper en tranches.

« Pour moi, morale et politique doivent être synonymes » confiait Pierre Pflimlin. Et, en politique, la morale doit précéder et dépasser le droit. Le « ré enchantement » de la politique passe par là. Par cette exigence. Et par cette pratique. 

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Aristote et Platon

Rupture philosophique : La droite met en avant la Liberté, la gauche privilégie l’Egalité. Le Centre veut lier les deux. Par cette Fraternité sans laquelle Liberté et Egalité restent antagonistes, inconciliables. Par cette prise en compte de la Personne, cet individu reconnu comme porteur d’une transcendance, d’une « égale dignité », d’une « irréductible liberté » trop souvent réduit à une carte d'identité, à un numéro, à une etiquette, à un dossier, voire à une marchandise...

Ce n’est pas un hasard si Bayrou, porteur des valeurs du christianisme social, de l'esprit laïc et républicain et des idéaux que recouvre l'expression "principe d'Humanité", se recommande volontiers de Jacques Maritain et des philosophes dits « personnalistes ». Des philosophes trop oubliés, y compris dans les facs de philo où la mode reste à d’autres courants de pensée qui à force de décortiquer le nihilisme finissent par le propager. Et qui ont tant contribué à ce que Finkielkraut appelait voilà près de quinze ans « la défaite de la pensée ». Une défaite accentuée par le primat de l’image sur le mot, du paraître sur l’être, du virtuel sur le réel.

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Ce retour en politique du personnalisme implique une « déconstruction », selon l’expression de Jacques Derrida, de ce que recouvre cet « humanisme » plus proclamée qu’analysé et des « doxa » du XX ième siècle. Le « Centre central » implique une philosophie du doute, du questionnement, de l’interrogation. « Une philosophie érigée en système cesse d’être philosophique », soulignait Paul Valéry. 

Il implique aussi une philosophie d'action qui donne la priorité à une finalité claire: améliorer le bien-être de la communautés des femmes et des hommes, un bien-être qui doit être élargi au plus grand nombre et être durable, au-delà du présent. "Un politicien pense aux prochanes élections, un homme d'Etat pense aux prochaines générations". Nous manquons d'Hommes d'Etat.

Il implique encore et surtout peut-être une philosophie qui repose sur la perfectibilité de l'Homme et de la Société. "La seule perfection de l'Homme, c'est sa perfectibilité", disait André Neher. On n'y songe pas assez. Comme on oublie trop, croyant ou non, le mot de Bernanos:'Les seules mains de dieu, ce sont les nôtres".

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Rupture économique : La droite privilégie l’efficacité, la compétitivité, la production de richesses. La gauche donne la priorité à la qualité de vie partagée, à la solidarité, au partage des richesses (même inexistantes). Le Centre veut agrandir le gâteau pour mieux le partager. Comment ? En repensant le libéralisme économique, trop diabolisé à gauche, où l’on oublie que LIBERAL  vient de « Liberté », et trop caricaturé à droite où l’on oublie que « la main invisible » ne régule le marché que si des règles du jeu précises et bien lisibles sont respectées. Et que l'argent les valeurs marchandes ne sont que des moyens, non des fins. Le capitalisme n'est pas un cannibalisme.

Rupture sociale : Pour la droite, le « social » reste de  l’ordre compensatoire du caritatif, de la charité. Pour la gauche, il demeure de l’ordre protecteur de l’étatisme et de l’assistanat. Pour le Centre, le social  s’inscrit dans l’ordre de la Justice, allie protection et promotion et  devient la finalité même de l’efficacité économique. « Remettre l’Homme, le principe d’Humanité, au cœur de toute action » : ce n’est pas un vœux pieux. C’est un programme d’action.

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Rupture programmatique : A droite comme à gauche, on a pris l’habitude (comme dans les programmes scolaires et universitaires, d’ailleurs) de découper les problèmes en tranches, les champs d’activités en parcelles, les politiques en secteurs. Le temps des cases, des étiquettes, des rayonnages, des oeillères, des frontières intellectuelles, des « spécialistes », des « experts »…

Tout ne doit évidemment pas être dans tout n’importe comment : c’est l’évidence. Le niveau des connaissances, la variété des activités, la diversité des problèmes à régler et des défis à relever imposent des  classements, des rangements, des spécialisations. Mais le politique, par définition, pour reprendre une métaphore d'Edgar Pisani, est un médecin généraliste : il  doit s’occuper de l’ensemble du corps social, de tout l’organisme,  et non d’un ou de quelques organes…

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Un programme politique ne doit donc pas être un catalogue de mesures, de promesses, d’engagements. Il doit d’abord  être un projet cohérent, avec la prise en compte de données verticales et horizontales, de dimensions qui s’imposent dans tous les secteurs et à tous les niveaux.

C’est ce qui a fait la véritable  originalité du « projet présidentiel » de Bayrou, une originalité bien mal mise en relief par  des commentateurs trop figés dans des schémas dépassés. Une originalité qui ne l'a pas condamné aux oubliettes avec sa non-réussite électorale. Lier l’économique, l’écologique et le social. Tenir compte de la dimension européenne dans tous les domaines. Placer l’éducation au cœur de toutes les actions. Globalité et cohérence. Avec des modalités définies en fonction des finalités. C’est cela, entre autres, la social-économie (plus chargée de sens et d’avenir que la social-démocratie), l’éco-économie, la « démocratie sociale »…

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Rupture étatique : Les débats entre le « trop d’Etat » déploré par la droite et le « Plus d’Etat » toujours réclamé par la gauche sont dépassés : c’est l’art et la manière de construire un « Mieux Etat », selon la formule d’Edgar Pisani, qui importe.

Quel beau chantier ! Au-delà des frontières fatalement mouvante entre le « public » et le « privé » qui ne doivent en aucun cas se décider par décrets, ce chantier  engage toutes les forces vives du pays. Et il touche les différentes formes de fonctions publiques, les découpages administratifs, les structures nationales, régionales et locales, la mise en place d’une « société civile organisée », le soutien au tissus associatif…Sans oublier les auxiliaires indispensables à un Etat plus « éclaireur » et « stimulateur » que gestionnaire : les structures de consultation, de coordination et d’anticipation …

Quel crime d’avoir tué le Commissariat au Plan crée par De Gaulle et Monnet ! Quelle  faute d’avoir réduit le rôle et les moyens de l’Aménagement du territoire ! Quelle bêtise d’avoir transformé le Conseil économique et social en « placard à sucettes » ! Quelle lacune de ne pas avoir un Observatoire du futur chargé d’évaluer les conséquences directes et indirectes des lois décidées ! Quelle honte de ne plus avoir (les fonctionnaires n’en sont pas responsables) les thermomètres indispensables aux prises de température des prix, de l’emploi, du chômage…

Ce « Mieux Etat » implique également un assagissement  de notre délire législatif et  de notre étouffoir bureaucratique et technocratique. Il implique surtout un retour aux principes de base définis par ce cher Montesquieu, plus cité que suivi : la séparation des pouvoirs est en France aujourd’hui plus de type russe que de type américain…

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Rupture sociétale : Pour la droite, le temps de la « luttes des classes » est terminé alors que tout est mis en œuvre pour que le slogan de Guizot « enrichissez-vous » ne profite qu’aux plus nantis… Pour la gauche, la lutte essentielle demeure celles des opprimés contre les oppresseurs.

 Pour le "Centre central", le « Vivre ensemble » se fondant sur le respect de la Personne repose sur le dépassement des tatouages sociaux par une « démocratie sociale » à approfondir en permanence. Par la prise en compte et non de gommage ou la hiérarchisation des différences. Par le refus des idéologies, des comportements, des réflexes qui, selon la formule de Finkielkraut, transforment « la culture de l’Autre en négation de l’Autre »

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Autant dire que Bayrou a tout a fait raison de parler de « révolution citoyenne » en évoquant les objectifs du MoDem. Une révolution qui est d’abord d’ordre culturel. Changement des modes de penser et d'agir. Refondation de la démocratie...dans les têtes. Et dans les faits! 

>>>C’est ce qu’a bien compris… Nicolas Sarkozy qui voudrait le tuer dans l’œuf. En ne se privant pas de piller (comme le PS, d'ailleurs) quelques  pièces détachées du "moteur du MoDem". Des pièces détachées qui perdent évidemment de qualité et de leur utilité quand on les greffe sur d'autres concepts et d'autres conceptions...Surtout avec une UMP qui redeviendra vite une coalition hétéroclite  "complexée" dès que les réflexes bonapartistes du moment se  seront émoussés...

 >>>C’est ce que n’ont pas compris les ex-udf qui par vagues successives ont quitté ou trahi le « paquebot Bayrou », par opportunisme politicien, par calcul alimentaire,  par peur de devoir assumer concrètement deux mots chargés d’exigences : Indépendance et Liberté.

"Penser Libre", ce n'est pas simple... "De la servitude volontaire": La Boétie à rééditer...

>>>C’est ce que n’ont pas compris tous les responsables du PS en panne d’idées novatrices, prisonniers des poussières structurelles accumulées depuis... 1905, des pesanteurs accrue depuis ...1920, de la domination intellectuelle de "la gauche de la gauche", de la non révision d'Epinay, des virus des utopies de l'echec. 

 Pris de vitesse par des évolutions sociales et sociétales qu'ils n'ont pas vus venir, les éléphants en sont à courir après une social-démocratie déjà modernisée par les vrais sociaux-démocrates européens, ceux qui n'ont pas le complexe du "social-traitre". "Le train fantôme Vichy-Moscou", pour reprendre une expression co-produite avec Philippe Sollers, n'a pas fini de traverser nos villes...et nos partis de gauche et de droite.

>>>C’est ce que n’ont pas (encore) compris nombre de politologues et autres commentateurs qui font leurs analyses « le nez dans le guidon ».

>>> C’est, surtout, ce qui explique que le MoDem prend vie  dans l’enthousiasme des militants qui le rejoignent en nombre et dans l’angoisse des notables de la politique en place.

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Pour eux, le MoDem est un emmerdeur qui brouille les cartes, fait bouger les lignes, secoue le paysage politique, bouscule tout. Un emmerdeur qui le sera plus encore si ce MOUVEMENT DEMOCRATE sait vraiment rompre avec cette cacophonie, cette insuffisance de rigueur et  cette mollesse internes  qui faisaient la faiblesse de l’UDF. S'il sait éviter les pièges dans lesquels sont tombés le PS et les Verts...S'il sait muscler son positionnement encore trop perçu (à tort) comme celui d’un distributeur de bons et de mauvais points. 

Avec ces "si", le Mouvement démocrate  va devenir une force incontournable de contestations, de mobilisation et surtout de propositions, indépendamment de la faiblesse (temporaire) de sa représentation parlementaire.

La réussite du MoDem  se jouera d’abord sur son aptitude à devenir un parti d'un type effectivement "nouveau", un parti de citoyens ou plutôt  de militants d’une citoyenneté active,  et non de petits notables aux ambitions  d’apparatchiks, de maîtres de chapelles ou de ce que de Gaulle nommait "politichiens".

François Bayrou porte un projet trop chargé de vraies espérances pour se permettre de décevoir"Le MoDem de toutes nos forces": c'est la grande bataille de l'été. 

Daniel RIOT 

16/06/2007

Strasbourg: Les bonnes résolutions du Conseil de l'Europe

Forum du Conseil de l'Europe pour l'avenir de la démocratie : 'Il n’y a pas de démocratie solide sans une opposition forte'

Voici des conclusions d'une grande réflexion européenne sur la démocratie qui m'encouragent sur la voie des "CONFERENCES DE CITOYENS" que je mets sur pieds à Strasbourg. La troisième session du Forum, qui s'est tenue à Stockholm et Sigtuna (Suède) du 13 au 15 juin, s’est achevée par un appel à agir pour lutter contre l’apathie croissante des citoyens à l’égard de la participation politique. Les Conférences de citoyens s'inscrivent dans cette perspective.

 Constatant que la démocratie constitue la meilleure forme de gouvernement pour la protection des droits de l'homme, le Forum a proposé des idées destinées à renforcer et revigorer les conceptions nationales, régionales, locales et individuelles de la démocratie. Il a également souligné que la force de l'opposition est un élément essentiel pour juger de la qualité d'une démocratie. C'est bien l'avis du MoDem qui continuera à se battre pour que le système électif français soit plus digne d'une démocratie REPRESENTATIVE.

Une majorité écrasante, c'est une démocratie étouffée. Un Parlement qui donne une image déformée de la réalité de la société et de la diversité politique d'un pays, c'est une démocratie altérée.Comme une majorité municipale qui ne respecte pas ses oppositions et pratique une fausse concertation citoyenne est une Ville amputée d'une partie de ses forces vives. Puissent ces résolutions du Conseil de l'Europe être entendues à Paris et... à STRASBOURG!

Chantal Cutajar

En savoir plus >>>>>>>
Conclusions (anglais)
Le dossier du Conseil de l'Europe >>>>>>>

DOCUMENT: LES APPORTS DU CONSEIL DE L'EUROPE SUR L'APPROFONDISSEMENT DE LA DEMOCRATIE>>>>

VOIR AUSSI SUR DpJ:Lier Democratie et Droits de l'Homme >>>>>

15/06/2007

Strasbourg: Une absente très présente

« Alors, elles iront où, les voix de Chantal Cutajar ? »…  Je ne peux pas mettre un pied en ville sans que l’on me pose la question. Et mon téléphone sonne beaucoup en cette avant-veille d’un scrutin qui s’annonce très serré…

Je ne peux évidemment que répéter ce que Chantal, avec clarté, sans ambiguïté aucune, en parfait accord avec le cap fixé par François Bayrou, en totale harmonie avec la ligne d’Indépendance et de liberté du Modem, a dit et redit : « Les voix qui se sont portées sur la candidate du MoDem au premier tour iront  où les électeurs voudront. A celui ou à celle qui saura les conquérir ». Chantal s’en est tenue à un appel : « Votez    en conscience ». Ce qui est le propre d’un acte électoral digne de ce nom.

On le sait : Chantal  a souhaité organiser un débat à trois avec les deux finalistes pour éclairer davantage ses propres électeurs. L’un a refusé. L’autre n’a même pas eu la politesse de répondre et,  pressée de questions pertinentes sur le plateau de France 3 Alsace, a confirmé la très haute idée (hautaine) qu’elle se fait de la démocratie, de la représentation du peuple : le respect des urnes servant d’alibi au non respect des électeurs, c’est une pratique bien connue depuis longtemps un peu partout et depuis 2001 à « Sarkoville-am-Rhein », comme dit un confrère local plein d’humour. La banalisation méprisante de l’initiative de Chantal Cutajar sur « Les conférences de citoyens » (toujours sur France 3 par la candidate UMP) relève du même état d’esprit.

medium_derrida.jpg Derrida

Ce n’est pas grave. Jacques Derrida, à Strasbourg, est souvent fêté, mais pas assez lu.  « Etre démocrate, écrivait-il, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique »… C’est ce que fait Chantal Cutajar. Mais on ne peut pas exiger cette qualité et cette lucidité chez tout le monde…

On oublie sans doute trop, dans les campagnes électorales, qu’en politique l’art et la manière d’exercer un pouvoir est au moins aussi important que le programme avancé ou l’étiquette affichée. Je dis « On » parce que cela concerne autant le citoyen que les journalistes qui ont mission de les informer.

Chacun est juge.

Comme chacun est juge des liens à faire entre ce scrutin national et les préoccupations locales : l’intervention publique de Mme Keller, donnant des leçons de démocratie, à l’UMP Maurer lors du débat organisé par les DNA dans la deuxième circonscription de la Ville est révélatrice de ce que Blaise  Pascal appelait « les pensées de derrière » que le « Tandem UMP » met très …en avant.

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Pour le reste,un constat qui, personnellement, m’amuse et me conforte dans mes engagements : C’est fou comme cette « éliminée du premier tour » a été présente dans cette semaine d’avant deuxième tour. Y compris dans les studios et sur les plateaux où elle n’était pas physiquement là. Y compris dans les articles de presse  les plus crédibles.

Un exemple parmi d’autres, cet extrait du POINT : « Comme prévu, la vague bleue a aussi déferlé sur la capitale alsacienne. Seul Armand Jung, unique socialiste alsacien siégeant à l’Assemblée, résiste dans son fief qui inclut le centre-ville et les quartiers populaires du sud de Strasbourg, dont les cités de l’Elsau, réputées pour la maison d’arrêt du même nom.(...)

Armand Jung a profité de la division de la droite entre la jeune Frédérique Loutrel (UMP) et la candidate Martine Calderoli-Lotz (divers droite), vice-présidente du Conseil régional. Si les soutiens appuyés de la maire centriste de Strasbourg, Fabienne Keller, et du président de la communauté urbaine, Robert Grossmann, (UMP) ont permis à la candidate UMP de rafler 31,17 % des voix dans la circonscription du député socialiste, il lui faut maintenant miser sur un report de voix de la candidate dissidente.

De plus, le résultat très honorable de la candidate du MoDem, Chantal Cutajar, qui rate de peu une triangulaire, avec 11,73 % des voix, fait planer le doute sur l’orientation de ses électeurs. En Alsace, le coeur des centristes bat plutôt à droite, mais Chantal Cutajar, ennemie déclarée du duo Keller-Grossmann, s’inscrit parfaitement dans la ligne de l’« extrême-centre » de François Bayrou. Armand Jung ne s’y trompe pas, qui, sans parler d’alliance, lance un appel « au rassemblement et au bon sens des Strasbourgeois, au-delà de [sa] personne et de [sa] couleur politique » 

L’expression « ennemie déclarée du tandem n’engage que l’auteur de cet article et que …le tandem. Je connais suffisamment bien Chantal Cutajar pour savoir qu’elle n’est « l’ennemie » de personne, sauf aux yeux de celles et de ceux qui en font  leur « ennemie ».

Elle ne combat pas « contre », Chantal, elle lutte « pour ». Si les combats qu’elle mène dérangent ceux qui ne partagent ni ses valeurs, ni sa conception de la démocratie et du débat démocratique, ni ses convictions, ce n’est pas de sa faute…A mon humble avis, elle devrait même se battre un peu plus "contre". Mais ce n'est ni dans sa nature ni dans sa culture. Les "coups", en politique, il faut tout de même les rendre, surtout dans sa propre formation."La politique, c'est un sport de combat", dit Bayrou sans toujours en tirer toutes les conséquences.

Mais je sombre dans le hors sujet : c’est le scrutin de dimanche l’objet de cette petite chronique strasbourgeoise… Pour ce deuxième tour, les candidats UMP de la ville ne bénéficieront pas de l’effet ressort du TGV. La semaine dernière la grande fête du Paris-Baudrecourt à TGT (très grands tarifs) et « est-européen » virtuellement sur rails a tout de même constitué le plus grand meeting électoral jamais organisé à cette échelle…

Au fait, je n’avais pas lu, à cette occasion que la verrière de la gare de Strasbourg était encore  perméable aux pluies d’orage… Passons. On me dit que la Ville va organiser un pique-nique (« républicain » sans doute) sur la première circonscription ce week-end. Je n’ai pas vérifié. De toutes façons si cela est, cela n'a rien d'électoral:juste un hasard du calendrier...

Je n’ai pas vérifié non plus quelques anomalies dans le respect de la lettre et de l’esprit du code électoral dans quelques bureaux de la même circonscription. A quoi bon ? Si personne (ou presque) n’est choqué que le conjoint d’une candidate préside un bureau de vote, tout devient possible non ? Rien n’est jamais parfait, n’est-ce pas…Surtout pas le mode de scrutin. Et à l'UMP, on a le sens de la famille, du clan, du camp. "Si vous n'amez pas l'Ump, quittez-le". Mme Caldéroli en sait quelque chose

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Autre question quand je mets un pied en ville : « C’est toujours le bordel chez les centristes. Le MoDem reste aussi cacophonique que l’UDF. Cutajar et Jurdant : qui a raison ? »…

Question d’ignorant ou de provocateur? « Ils auraient mieux fait de se taire » a dit Bayrou à propos de candidats du MoDem qui ont éprouvé le besoin de donner des consignes de vote…

Je n’insisterai pas : J’ai déjà été (paraît-il) trop dur et injuste envers la « pauvre Pascale » qui appelle ses électeurs à voter « massivement » pour son rival UMP et qui vit son score comme un échec personnel dû aux… autres (à tous les autres puisqu’elle accuse ses électeurs d’ingratitude, Bayrou de bêtise, le « Tandem »,  qu’elle défend avec ardeur,  de non reconnaissance: je résume…). L’ami kiné qui lui a servi de suppléant devrait lui faire un bon massage , à cette « pauvre Pascale ». Le grand écart, c'est douloureux...

Les DNA ce matin, notent que dans le débat public opposant les deux finalistes de sa circonscription, elle s’est d’abord assise du coté des supporters de gauche avant de rejoindre l’autre bord. En France, même les plans de salle favorisent la bipolarisation. Chantal Cutajar et ses équipiers « orange », dans le débat du même type, sur la première, étaient restés derrière, au centre ? Debout. Comme Bornia Tarall qui a fait une trop courte (ce n'est pas de sa faute) mais excellente campagne dans la circonscription d’André Schneider,un UMP sûr d'être réélu alors que Bornia aurait pu être une élue de qualité. 

Pour rester fidèle à un mouvement, il faut pleinement s’y reconnaître. Pour rester fidèle à soi-même, il faut savoir qui est « soi ». Cela dépasse la politique… Il arrive que postérieur entre deux chaises finisse par déséquilibrer les chaises...

Une certitude : si le Modem tombe dans les mêmes travers que l’UDF, il faut le faire imploser sur le champ. Pour les ambigus, les invertébrés, les carriéristes, le Nouveau Centre (ni nouveau ni central) dit PSLE (Parti social-libéral européen)  est là ... Encore faut-il, bien sûr, que les structures du MoDem ne soient pas calquées sur celles de l’UDF…C’est le défi le plus urgent que Bayrou doit relever. 42 000 membres déjà cotisants l’attendent. Autant, pré inscrits aussi. Il le sait. Droit de décevoir interdit !

Ces clarifications devraient permettre à quelques journalistes d’avoir les idées plus claires. Puisque qu’ils se disent dans le brouillard des étiquettes disputées, confisquées, ou… inventées (même par eux comme UDF-MP) d’un centre effectivement trop pluriel.

Il est vrai que cette confusion est soigneusement entretenue par ceux qui en tirent parti. Qui n’est pas « centriste » ? Au club de la presse, jeudi,  j’ai même entendu une journaliste tenter de brouiller davantage les cartes en rappelant le passé udf d’un UMP fier de l’être… Si on se met à comptabiliser les « ex » ! J’ai été jeune et je suis vieux. J’ai été enfant de cœur et je ne suis pas curé. J’ai été sans parti et je suis au MoDem. La vie est évolution. Heureusement, d’ailleurs…

Daniel RIOT

 

Strasbourg: Une démocratie participative locale, nationale et européenne

Ouverture du Blog des "Conférences de Citoyens" de Chantal Cutajar

 medium_liberte2.jpgLe blog des "CONFERENCES DE CITOYENS" vient de s'ouvrir. >>>>>>>>>>>>>>&...

Ce site est encore en construction bien sûr. Mais deux notes de réflexions vous y attendent. N'hésitez pas à vous abonner à la Newsletter, à nous adresser des messages, à laisser des commentaires, à formuler des suggestions.

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Ces "CONFERENCES" que j'animerai sont les votres. Dans l'esprit du MoDem, INDEPENDANCE, LIBERTE, RASSEMBLEMENT DES COMPETENCES ET DES VOLONTES PAR-DELA LES CLIVAGES POLITITICIENS. Un moyen parmi d'autres de partiper à la "REVOLUTION ORANGE" qui est en fait une révolution citoyenne "sereine et calme" mais déterminée visant à redonner aux citoyens des pouvoirs trop souvent confisqués, à mettre la justice sociale et l'écologie au coeur de l'économie, à redonner plus de sens au mot DEMOCRATIE.medium_cathédrale.2.jpg

medium_drapeaux_v.3.jpgCette initiative est tout à fait dans le droit fil des motivations de mes engagements asociatifs et politiques: Mieux réfléchir, mieux débattre pour mieux agir pour ce qui est UTILE et JUSTE.

Ce Blog  des CONFERENCES DES CITOYENS DE STRASBOURG est le votre

  http://conferencecitoyens.blogspirit.com/ 

Une adresse à noter que vous mettrez vite dans vos favoris si vous ne vous contentez pas d'une Démocratie ELECTIVE mais si  êtes dans l'exigence d'une Démocratie représentative authentique, donc par définition participative et délibérative.

Chantal CUTAJAR

14/06/2007

Strasbourg: Chantal CUTAJAR lance les Conférences de Citoyens

Une innovation démocratique en France

Un communiqué de Chantal Cutajar

Lancement  des « Conférences de citoyens » de Strasbourg

« Approfondir la démocratie représentative, délibérative et participative, enrichir la réflexion citoyenne sur les problèmes d’actualité, confronter les opinions de citoyens, d’experts et de décideurs, éclairer les représentants du peuple».Tel est le but des « Conférences de Citoyens » dont la création a été annoncée ce jeudi par Chantal Cutajar lors du déjeuner-débat du Club de la Presse de Strasbourg, auquel elle était invitée en compagnie de Roland Riess, sénateur (PS) et de Emile Blessig (élu député UMP au premier tour)

« Des groupes de travail citoyens que j’animerai doivent notamment permettre d’analyser,  par-delà les clivages politiques,  les projets et les propositions de lois qui seront examinées par l’Assemblée Nationale et sur lesquelles les élus de Strasbourg et de la Région seront amené, à prendre position. », a déclaré Chantal Cutajar en annonçant que « Ces « conférences de citoyens » commencent leur travail aujourd’hui même avec l’étude des projets de loi qui seront soumis à l’Assemblée dès juillet par le gouvernement Fillon. 

« Le système actuel aboutit à une confiscation des pouvoirs  des citoyens. La démocratie ne se réduit pas à quelques campagnes  et à quelques dimanches électoraux », explique Chantal Cutajar en soulignant que son initiative s’inscrit totalement dans le sillon tracé par le Modem de François Bayrou  « Plus de démocratie réelle, concrète,vivante avec une société civile mieux organisée et plus écoutée »

Un rappel : Inspirées d’expériences qui ont fait leurs preuves dans d’autres démocraties européennes, ces « conférences de citoyens », fondées sur une  participation citoyenne mettent en jeu les fondements les plus essentiels de nos sociétés démocratiques, en encourageant la généralisation des processus délibératifs, restés trop souvent cantonnés à proximité des sphères de l'État ou des pouvoirs locaux et régionaux.

Une précision:Il ne s’agit pas de se mettre à la place des pouvoirs publics ou des élus, il ne s’agit pas non plus de créer des « jurys de citoyens », mais de créer au sein même des régimes représentatifs une autre logique politique non politicienne qui, si elle n'a pas forcément pour conséquence directe la prise de décisions, n'en contribue pas moins à orienter ces décisions de manière constructive dans un cadre démocratique, en  remettant à l'ordre du jour la capacité de proposition de la société civile.

Strasbourg: Médiocratie élective...

Législatives: Vous avez dit "débat"?

La politique, c’est le moyen d’être plus intelligent ensemble… Du moins, c’est la conception que j’en ai. En compagnie de Chantal Cutajar et de quelques idéalistes qui la soutiennent parce qu’ils partagent cette idée noble, forte et …de bon sens de la politique, j’ai assisté au débat des DNA opposant, salle de la Bourse,entre les cnadidats du deuxième tour.

D'un coté,  la jeune femme lisse qui propulsée par le « Tandem UMP » porte les couleurs de l’UPS (Union pour Sarkozy), Frédérique Loutrel. De l'autre l’homme qui devrait être cité en référence pour faire réfléchir les candidats à la députation quand ils choisissent leur suppléant, Armand Jung, sortant PS, installé au  siècle dernier au Palais Bourbon par Catherine Trautmann dépassée par son succès de l’époque… Las ! La politique, dans ces conditions, c’est la démonstration  qu’il  est  encore plus difficile d’être intelligent à plusieurs que séparément.

Vous avez dit « débat » ? Les deux journalistes qui tentaient de l’animer n’y sont pour rien : ils ont fait ce qu’ils ont pu…

La qualité d’une joute dépend de la qualité des jouteurs non de celle des arbitres. Et pour qu’il y ait débat, il faut qu’il y ait des idées. La juxtaposition de deux partitions (trop connues) donne deux monologues, mais pas un dialogue. La force de la claque des jeunes de l'UMP n'y change rien...

Par égard par Dame Loutrel et Sieur Jung, par respect pour le suffrage universel et pour ne pas encourager les abstentionnistes, je renonce à coucher sur ce blog ce que m’inspire cet étalage de la médiocratie qui m’a rajeuni : même la plus jeune faisait très passéiste, comme prisonnière d’un discours politique d’un autre âge.

Nous étions loin, très loin, des perspectives que pouvait offrir le débat, sur le fond, à partir de la grille de lecture des valeurs et du projet du moDem, proposé aux deux « finalistes » par Chantal Cutajar.

A l’heure où j’écris ces lignes, Armand Jung a répondu par l’affirmative à cette invitation destinée à éclairer le choix des électeurs qui s’étaient portés sur la candidate du Modem au premier tour. Et Frédérique Loutrel, en bonne imitatrice de pratiques bien connues chez les locataires de l’Hôtel de Ville et de la CUS, s’est cantonnée dans un silence d’impolitesse pour ne pas dire de mépris arrogant. Politique et politesse ont pourtant la même racine…

Mais peut-être donnera-t-elle une réponse le 18 ou le 19… Il est vrai que dans un tel débat, les fiches récitées ou criées n’auraient pas suffi. Mais elle a sans doute eu tort de faire ce « coup du mépris » :elle a peut-être, outre la docilité , des qualités cachées ou encore mal montrées qui auraient pu se révéler. Comme Chantal Cutajar, je crois en la perfectibilité de toutes les natures humaines.

Cela dit, ne dramatisons rien. Dans le prochain Parlement, les qualités de débateurs ne compteront guère : il n’y aura que très peu de vrais débats. Une chambre d’enregistrement avalise  ce qu’on lui fait avaler. Vote et tais-toi ! Alors ?... Le combat pour une démocratie qui ne soit pas qu’élective mais représentative et délibérative ne fait que commencer.Il risuqe d'être long...

Mais ne désespérons pas : l’Alsace compte tout de même quelques parlementaires UMP de qualité. Je les connais et les apprécie. Dommage : ils ne sont pas Strasbourgeois.

Daniel RIOT      

12/06/2007

Strasbourg: Deux prises de positions de Chantal Cutajar

Le cap de François Bayrou doit être respecté

( Communiqué de presse)

Alertée par de nombreux nouveaux militants du MoDem soucieux que « le cap défini par François Bayrou soit respecté au niveau local » à la suite des déclarations dans la presse du conseiller municipal Frédéric Le Jehan, Chantal CUTAJAR  présidente du groupe des élus  UDF-MoDEM au Conseil municipal de Strasbourg tient à faire la mise au point suivante :" Monsieur Le Jehan appartient au groupe centriste du Conseil Municipal dont le Président, Monsieur Laurent SPIERO, suspendu de l’UDF – MoDEM est le suppléant de la candidate UMP aux législatives sur la première circonscription de Strasbourg. L’UDF-Modem n’est en rien concerné par ses déclarations".

De même, selon Chantal Cutajar,  les propos de Mme Pascale Jurdant-Pfeiffer, qui avait l’investiture UDF-Modem à Strasbourg 2, invitant ses électeurs à voter « massivement » en faveur d’un des candidats en lice au second tour dans sa deuxième circonscription "sont contraires à la logique d’indépendance et au refus de « toute cuisine électorale entre les deux tours ». Je rappelle que, selon la formule d’Eric Azière, responsable des élections au moDem, la stratégie du MoDem est d'incarner le pluralisme, pas de faire l'appoint circonscription par circonscription quand il manque des voix aux uns ou aux autres ".

Chantal Cutajar ajoute:"Les nouveaux adhérents du MoDem ont des exigences intellectuelles et morales qui impliquent une rupture avec des pratiques politiciennes qui n’ont plus lieu d’être. En effet, « la création par des anciens élus UDF ralliés à L’UMP, du PSLE (parti Social- Libéral européen) dit « Nouveau centre » doit permettre des clarifications et des reclassements. « Nous avons choisi la voie de l’indépendance », a réaffirmé aujourd’hui François Bayrou. Cette ligne est la mienne et je la défendrai avec force."

Armand Jung accepte l’invitation de Chantal Cutajar

(Communiqué de presse) 

Chantal Cutajar (UDF-MoDem) se félicite de la réponse donnée par Armand Jung à sa proposition d’un débat à trois pour éclairer les électeurs qui lui ont fait confiance au premier tour des élections législatives. Elle attend la réponse de Frédérique Loutrel pour donner suite à sa proposition . « J'ai bien pris connaissance de votre courriel du 11 juin 2007 par lequel vous proposez l'organisation d'un débat public contradictoire associant les deux candidats encore en lice pour le 2ème tour des élections législatives et vous-même. J'ai bien compris le sens de cette démarche qui vous honore. C'est bien volontiers que je vous donne mon accord pour un tel débat public. J'ai déjà informé différents médias de ma position », écrit Armand JUNG.

La bataille de Strasbourg: front gauche, front droit et centre pluriel...

Chantal Cutajar a eu raison de proposer aux deux finalistes de la Une un débat contradictoire sur le fond aux deux candidats sélectionnés par le suffrage universel au premier tour. J’ignore quelle sera leurs réponses : c’est leur problème. Peut-être se réfugieront-ils derrière les débats orchestrés par France 3-Alsace puis par les DNA pour refuser plus ou moins poliment cette offre démocratique.

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Mais l’initiative de Chantal (effectivement calquée sur la démarche de Bayrou entre les deux tours des Présidentielles, comme les DNA le soulignent dans un article remarquable) se place dans une autre perspective : que les deux finalistes gagnent les voix qui s’étaient portées sur elle au premier tour par la force de leurs arguments et par leurs réponses aux exigences de la plate-forme du MoDem.

C’est d’ailleurs, pour moi,  l’occasion de regretter que le premier tour n’ait pas été marqué par de vrais débats publics contradictoires (mis à part une esquisse de table ronde sur France 3). « La démocratie, c’est le débat », dit justement Chantal. Ce qui sous-entend que la liberté de choix est d’abord un droit de savoir.

Or, sur quels critères choisir entre les deux représentants des deux citadelles de la bipolarisation institutionnalisée qui caractérise cette « démocratie » de type présidentialiste à la russe plus qu’à l’américaine ?

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>>>Armand Jung illustre, par son bilan déplorable (c’est un constat de réalité, non une appréciation subjective), toute la tragédie du PS : archaïsme, flou des valeurs et manque d’idées,  paresse intellectuelle, verrouillage des structures internes par tous les moyens, y compris les plus douteux, confusion des genres (un député n’est pas un conseil général avec un galon de plus), clientélisme facile…

Un député du « temps des tavernes », comme je l’ai déjà écrit. Un député chrysanthème. Un député qui brille par son absence à Paris, y compris dans des débats cruciaux, retraites et sécurité par exemple)

Ce n’est pas à moi de faire un procès à charge contre lui à la veille du second tour. D’ailleurs, sa personne n’est pas en cause. Je n’hésite pas à me répéter sur ce point: le bilan de l’opposition PS « sortante » est globalement nul, c’est ce qui permet à Sarkozy de se donner une image de rupture et à la majorité sortante d’être reconduite d’une façon triomphale, malgré son bilan catastrophique…

C’est ce qui permet à quiconque a la chance de bénéficier de l’étiquette UMP d’être porté bien au-delà de ce « principe de Peter » qui détermine les limites de chacun.

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>>>> La très lisse Frédérique Loutrel, candidate par procuration du « Tandem UMP » qui dirige la ville et qui s’était planté dans la même circonscription lors des législatives précédentes, bénéficie bien sûr de cette « vague bleue ».

D’ailleurs, elle résume elle-même son programme très bien « donner au président Sarkozy une majorité », comme si Sarkozy n’était pas assuré d’avoir une majorité à sa botte.

Elle ajoute dans les DNA de ce matin : « Faire entendre la voix de Strasbourg à Paris ». Comme si son filet de voix (qui récite si bien ses fiches) allait faire mieux et plus ce que toutes les voix « umpistes » alsaciennes (à commencer par celles de ses tuteurs du « tandem » ne réussissent pas à faire…

A la limite, cette ambition là est désobligeante pour ses protecteurs-propulseurs. Même les DNA qui savent ne pas déplaire au « tandem UMP » ont parlé de « marionnette » à son propos… Les tireurs de ficelles ont d’ailleurs affiché toute leur satisfaction à l’issue du premier tour. Et ils ont toutes les raisons d’être optimistes pour le deuxième.

On connaît les défauts du « vieil Armand », mais personne ne connaît les qualités de leur « poulain », à l’exception d’une, la docilité. Robert Grossmann l’a louée, en utilisant d’autres mots bien sûr…

Cela dit, je la trouve plutôt sympathique, Frédérique Loutrel. Je me fais seulement une autre idée du renouvellement et de la féminisation de la classe politique. Et si , pour reprendre une formule devenue célèbre, "je ne sais encore comment je voterai dimanche dans la "UNE", je sais pour qui je ne voterai pas"...Entre deux maux...Mais je ne suis pas encore dans l'isoloir! J'attends le débat à trois proposé par Chantal Cutajar

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>>>Je comprends l’aigreur de Martine Caldéroli-Lotz qui apprend à ses dépends que les procédures électives, dans les partis et en dehors, ne privilégient pas toujours les critères de qualité et de compétence.

Je comprends aussi que cette exclue de l’UMP, lâchée par ceux qui l’avaient encouragée, ait réuni sur son nom autant de voix.

Confidence (qui n’intéresse personne sans doute) : si j’avais voté pour à la fois soutenir Sarkozy et me sentir dignement représenté au palais Bourbon, c’est un bulletin Caldéroli que j’aurais glissé dans l’urne… Même si  son affiche semble sortir d'un feuilleton du type "amour , gloire et beauté"... La personnalité des candidats, çà compte, non? Mais mes préoccupations citoyennes se manifestent ailleurs et mes espérances s’investissent sur d’autres noms. Et je ne vais pas pleurer sur les erreurs de choix de l'UMP.Trop de caractère pour le Tandem, Mme Caldéroli!

Puisque j’en suis au « camp » sarkozyste de Strasbourg, deux remarques :

*>>> Je suis rassuré par le bouillon pris par Schaffhauser (même si  je suis triste pour lui)… J’avais rencontré « Schaff » avant qu’il annonce son retour en fanfare dans Strasbourg-Village. Je me souviens de l’avoir incité à la prudence et à la pudeur… Un moulin à paroles et une machine à fric et à « com’ » ne suffisent pas (heureusement) à garantir un minimum de réussite en politique.

*>>> C’est drôle de voir comment les représentants de la droite strasbourgeoise ont besoin de se donner une bonne conscience « centriste ». Des suppléants qui agitent toujours le drapeau UDF, des soutiens qui se réclament toujours du même signe UDF. Le TGV n’a pas contribué à accélérer la circulation des informations en provenance de Paris et d’ailleurs.

Ce matin encore, je lis dans les DNA (toujours très généreuses envers ceux qui sèment la confusion au « Centre ») une « réaction » du Sieur Le Jéhan qui n’engage que lui (son titre de porte-parole de l’UDF lui a  été publiquement retiré) et qui tient des propos dignes du PSLE, « Nouveau centre » mais indignes de « l’UDF-Modem » et qui mêle d’une façon perverse enjeux législatifs et enjeux municipaux.

J’ai tout de même vu cet homme plein d’appétit applaudir lors d’une réunion du MoDem des discours approuvant le cap et la ligne Bayrou… Etrange.

On peut au MoDem préférer Sarkozy à d’autres et on peut donner sa voix à qui l’on veut. En conscience. Mais la Liberté n’est pas celle de jouer contre son propre mouvement. Le Centre « central » est pluriel. Mais là, on s’affiche clairement et singulièrement à droite, droite. Rejoignez le général Morin, soldat Le Jéhan ! Vous serez plus à l'aise avec vous-mêmes. Et vous jouerez gagnant! Pour le MoDem, repos...Un mouvement aussi prometteur exige une certaine honnêté intellectuelle.

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Evidemment, à ce stade de ce survol strasbourgeois, j’entends les voix de ceux qui s’interrogent sur la prise de position de la candidate du MoDem de Strabourg 2, Pascale Jurdent-Pfeiffer, qui à la télévision, met son échec sur le dos de… Bayrou et de ses « erreurs de stratégie » et qui dans les DNA de ce matin finit par faire pitié. Et faire bondir ceux qui rêvent d’un MoDem qui n’hérite pas des tares de l’UDF...

Je n’aime pas les gens qui sont victimes d’injustices ou de mauvais procès. J’avais été outré par l’ exécution morale de Pascale  sur le blog de Robert Grossmann transformé en espace public de tortures.

Et j’ai pris sa défense devant ceux qui ironisaient avec méchanceté sur son coté schizophrène, sur son « cul entre deux chaises », sur son « hystérique soif de pouvoir à tout prix ».

Je comprends sa difficulté de vouloir rester fidèle à la fois aux valeurs d’un parti qui l’a mise en bonne place sur la liste des « européennes » (une défection de Nathalie Griesbeck et elle se retrouve dans l’hémicycle du Parlement européen) et sur sa fidélité à un « tandem UMP » qui la malmène mais avec lequel elle veut continuer à travailler.

Mais je dois dire que ses réactions de dimanche et d’hier la disqualifient politiquement à mes yeux.

La voici, victime autoproclamée d’une injustice de la part de ses électeurs. Qu’elle insulte !  « Je travaillais 70 heures par semaine pour eux, je n’en ferai plus que 35 ».

La voici victime du « Tandem » qui ne lui a pas rendu son soutien…Comme si la reconnaissance était inscrite dans les statuts de l'UPS (L'Union pour sarko; pardon pour Starsbourg)... 

La voici victime de Maurer qui na « jamais mis les mains dans le cambouis »

La voici (encore et surtout) victime de Bayrou… Là, c'est plus que grave! pour elle, non pour Bayrou. Le Béarnais avait d’elle, pourtant, une belle image.  Trop belle, sans doute. Une image entretenue (il me l’a dit) par Marc Reymann (le retraité forcé de la députation UMP) et nourrie par les qualité de sérieux qu’elle avait montré quand elle travaillait avec l’ancien ministre-sénateur Daniel Hoeffel (en compagnie de Fabienne Keller).

Hoeffel (qui a été victime du « coup du cocotier » réinventé par  celles et de ceux qu’il avait lancé en politique) ne se pardonne pas « son erreur de casting » avec Mme Keller. Il y a sans doute aussi « erreur de casting » (au sein de l’udf) avec la pauvre Pascale..

A tel point que les socialistes les plus lucides se réjouissent qu’elle ait appelé à « voter massivement « pour son ex-adversaire UMP Jean-Philippe Maurer ! Le « massivement » sonne mal en effet. La crédibilité du message est annulée par le manque de crédibilité révélée de la messagère. Accusés d'ingratitue, ses électeurs suivront-ils une "consigne" de la part d'une candidat d'un parti qui refuse les ...consignes? Indirectement, elle crée du suspense où il y en avait peu. le comble, pour elle, c'est que Biess, le socialiste, la remercie dimanche soir...

Pourquoi diable s’est-elle présentée contre Maurer pour qui elle va "voter massivement", Pascale ? Se serait-elle effacée en sa faveur si elle avait eu accès à une triangulaire du second tour ?

Qui plus est, Mme Jurdent-Pfeiffer oublie que la logique et la morale du MoDem est incompatible avec toute « cuisine politique » de ce type. Le Centre authentique, a rappelé Bayrou, ne consiste pas à donner des voix à ceux qui en manquent,  que ce soit à droite ou à gauche. Ce n’est pas là une consigne : c’est une attitude de bon sens. De logique. De cohérence intellectuelle et morale.

Indépendamment de ses illusions de candidate qui se voyait trop haute par rapport aux réalités du moment, Pascale aurait sans doute fait davantage de voix si, durant sa campagne (et durant la campagne présidentielle qui a précédé) elle avait été plus claire.

Rappel: Ce n’est pas un hasard si c’est dans son canton que Bayrou a fait son score le moins bon sur Strasbourg…

Questions:Pourquoi par exemple a-t-elle dû passer autant de temps et d’énergie à « défendre le tandem UMP » dans sa campagne contre le candidat UMP ? Pourquoi, entre autres, a-t-elle fait censurer (oui, çà s’appelle comme çà !) la diffusion d’images sur l’un des rares incidents de cette campagne par ailleurs correcte sur Strasbourg : une prise de bec (pour ne pas dire plus) entre une de ses « tracteuses » et l’équipe de choc de Maurer ?

Pourquoi aussi a-t-elle pris soin de ne pas apparaître en trois circonstances où sa présence s’imposait : à la présentation des candidats du MoDem dans le Bas-Rhin, à la conférence de presse de Bayrou à Colmar et à la soirée d’inauguration du MoDem 67…

Pourquoi (encore) a-t-elle éprouvé le besoin de lancer devant une partie de son équipe de campagne : « Le MoDem, je m’en fout. Il m’a permis d’avoir l’investiture, c’est tout »… (si c'est faux, il faut le démentir, le témoignage que j'en ai n'a rien d'un "chuchotement")

C’est dur de se réclamer de Bayrou et de montrer de l’indulgence et de la complicité envers celles et ceux qui se prennent pour des « petits Sarkozy locaux »…

Mais c’est grave de montrer ainsi autant de facettes pour le moins variées. Etes-vous sûre, Pascale,  d’avoir été sincère en reprenant devant les caméras de France 3 le refrain de Piaf, « Non rien de rien, Non je ne regrette rien »…

Désolé, Pascale. Indépendamment de la sympathie que j’ai pour vous, je suis obligé  de vous dire que la pire des pages de votre histoire politique a été écrite ce matin dans les DNA.

Vous dites vous « sentir à l’aise au MoDem ». Le problème, c’est que nombre d’adhérents du Modem risquent d’être mis très mal à l’aise par votre présence au même MoDem. Pour vous aussi, tôt ou tard un choix s’imposera : le « PSLE-Nouveau centre » (ils ont tant d’élus !) et le MoDem. Le général Morin cherche des cantinières.

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« Et Chantal Cutajar ? » J’entends la question qui brûlent l’esprit de ceux qui ont eu la patience de lire jusqu’ici cette longue mais petite Chronique strasbourgeoise. Je l’ai tellement entendue déjà, cette question depuis dimanche soir...

RAS : rien à signaler. Je l’ai soutenue. Et je continue. Plus que jamais !

Ses résultats ne m’ont en rien déçus. Dans mes estimations personnelles, je lui donnais deux points de plus : c’est tout. Ce qui prouve qu’on être engagé (à fond) et rester un analyste lucide…

>>>Je savais qu’une partie des voix « anti-tandem UMP » allaient aller chez Mme Caldéroli.

>>>Je savais que nombre d’électeurs dits de gauche allaient, souvent au dernier moment, préférer se réfugier dans l’abstention plutôt que de lâcher complètement le PS au bénéfice du MoDem.

>>>Je savais qu’elle subirait comme tous les autres candidats du MoDem les contre-coups des trahisons dont a été victime Bayrou et des interrogations (légitimes) sur la fiabilité durable du MoDem.

>>>>Je savais surtout que ses qualités  personnelles allaient être masquées par le brouillage politique soigneusement entretenu par les faux centristes et les vrais « centreux » ex-udf, banni de l'udf ou ...encore udf locaux. 

>>>Je savais même (ce qui est un comble!) qu’elle allait un peu pâtir du fait qu’elle a figuré en troisième position sur la liste du « Tandem UMP ».

Il est des mémoires sélectivement entretenues. Il est, surtout,  des campagnes d’insinuations, de dénigrement et de désinformations qui font des ravages durables.

Le seul fait qu’on la traite encore de « dissidente » (ce qui est une contre-vérité manifeste) est révélateur de tout cela. Comme d’autres appréciations, publiques ou privées qui n’engagent que ceux qui les font : « Nos jugements nous jugent », redirait Paul Valéry 

Je lisais encore ce matin dans un article dit « d’éclairage » dans L’Alsace où l’on réussit à qualifier « d’ambiguë » la position de Chantal Cutajar dans la perspective du deuxième tour…

On peut l’approuver ou la désapprouver, cette position,  mais elle est tout sauf « ambiguë » : elle appelle ses électeurs à voter …massivement selon leur conscience.

Pourtant,  Yolande Baldenweck, signataire de ce papier, est une bonne journaliste qui connaît le sens des mots. Il est vrai (c’est de notoriété publique) qu’elle est très proche du « tandem UMP », Yolande. C’est son droit le plus strict. Le seul problème, c’est que cela se voit souvent dans ce qu’elle écrit ou n’écrit pas sur certains sujets, ceux qui touchent à Chantal, par exemple !

Comme disait Beuve-Merry, « l’objectivité n’existe pas ; ce qui compte, c’est l’honnêteté »… Je dois moi-même être un peu partial. C’est sûr : Je soutiens Chantal, mais je le dis clairement.            

Tout cela n’a rien de grave. Chantal Cutajar a trop de qualités d’intelligence, de caractère et de cœur pour s’arrêter à ce type de péripétie...Elle a appris que la politique "est un sport de combat", comme dit Bayrou.

Daniel RIOT 

Législatives: Le bon cap de François BAYROU...

Trois leçons du premier tour, parmi d’autres…

La vague bleue annoncée déferle, le rose du PS est bien pale, les girouettes « centreuses » voient leurs trahisons récompensées, la future Assemblée ne sera qu’une chambre d’enregistrement: où est l’événement ? Dans le taux historique d’abstentions. Du jamais vu depuis 50 ans !

Cette abstention record est d’abord un démenti cinglant à ceux qui, commentateurs ou politiques, avaient vu dans la participation civique exceptionnelle de la Présidentielle le signe d’une « réconciliation des Français avec la politique », d’une « revitalisation de la vie démocratique ».

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C’est fou comme, dans l’urgence de cette immédiateté qui nous gouverne, les « analystes », les « experts », les « politologues » éprouvent des difficultés à se souvenir que « les événements ne sont que l’écume des choses », que le plus visible n’est pas forcément le plus vrai, et la réflexion consiste d’abord  résister « à l’air du temps », aux réflexes à la mode, aux pressions de la doxa du moment, aux réflexes de mimétisme.

La « pensée unique » aujourd’hui c’est celle qui transforme les plateaux de télé, les studios de radio et trop de rédactions en nouveaux café du Commerce. Sous le ton docte : la banalité. Sous les évidences de bon sens : des contre-vérités pernicieuses, trompeuses. On est vraiment loin de "sous les pavés, la plage...pour mieux penser!

Non les Français ne sont pas réconciliés avec la politique. Non, nous n’avons pas à être fiers de notre démocratie. Non, nous n’avons pas à vanter la qualité de nos institutions.

Leçon numéro un : la première raison d’être du MoDem doit être de revivifier, d’approfondir, d’enrichir cette « démocratie », à tous les niveaux. Nous sommes dans une démocratie élective, mais non représentative. Et la crise du politique ne s’est pas terminée avec les coups de baguettes magiques de Sarko-l’illusionniste et les prières incantatoires de Ségo-l’enchanteresse.

Aux politologues d’analyser en profondeur le  contraste entre les suffrages plébiscitaires des sarkozystes et le nombre de Français qui sont décus par les résultats des élections : plus de la moitié !

Les commentaires entendus, et lancés comme des cris de victoires par les démocrates UMP, sur la « liquidation du front national » sont du même ordre de l’imprudence et de la superficialité. Le Pen connaît un échec, mais ses idées ne sont pas en échec.

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Et son électorat, partagé entre le champ magnétique de Sarkozy et une abstention boudeuse et grincheuse porte les mêmes colères, les mêmes peurs, les mêmes incompréhensions, la même soif de populisme. Et les mêmes périls anti-démocratiques, les mêmes menaces contre un "Vivre ensemble" harmonieux. Cette "maladie européenne sénile", comme dit Dominique Reynier, n'est pas guérie. 

En Alsace, l’autosatisfaction chantée à la télévision par Adrien Zeller, le Président du Conseil régional, que l’on a connu plus lucide, constitue un bien mauvais diagnostic.

Les sondages qu’on exploite tant à des fins politiciennes et qui contribuent (comme la politique-spectacle) à transformer les compétitions électorales en tournois sportifs, sont étrangement passés sous silence quand ils montrent une hausse des réflexes racistes, des comportements xénophobes, des conduites discriminatoires.

Leçon numéro deux : la politique aujourd’hui plus que jamais constitue d’abord , à travers des actions concrètes, a donner du sens au mot valeur. Ce n’est le cas ni à l’UMP, coalition hétéroclite qui n’est soudée que par un réflexe de type bonapartiste d’accaparement des pouvoirs, ni au PS où les valeurs proclamées sont trop illustrées par des non sens.

Les commentaires faits sur les résultats du MoDem sont du même conformisme. Où est l’échec ? Dans les scores obtenus ? Qui attendait sérieusement mieux ? Le peu d’élus assurés ? Les sondages donnaient de zéro à quatre… Et les sortants udf sont tous passés à l’ennemi pour assurer une réélection label « vague bleue ». Et alors ?

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On oublie seulement que 7,6 % des voix sur le plan national, c’est le double de ce qu’avait obtenu le parti de François Bayrou aux dernières législatives (il faut toujours comparer ce qui est comparable)… Ce qui, entre parenthèses, donne une bonne cassette au MoDem pour continuer sur la voie de sa « révolution citoyenne ». Et c’est ce qui fait que Bayrou n’est en rien dans une « traversée du désert » : il est au carrefour de toutes les mains tendues. Privilège de celui qui sait rester LIBRE, INDEPENDANT et COHERENT. Force des convictions !  

Aux rares députés MoDem, dont, sans doute Bayrou, (qui n’avait en rien besoin du désistement de la marionnette UMP qui lui était opposé), il ne faut pas oublier d’ajouter l’existence des eurodéputés du MoDem(même lâchés par Bourlanges qui en revient à ses premières amours), d’un groupe au Sénat (mais oui !) et surtout des quelque 80 000 aspirants membres de ce Mouvement démocrate fort de sa jeunesse et d’un projet qui reste pleinement d’actualité. Qui est si bon qu’il est pillé par Sarkozy et par Royal…

Je reprends ici cette sage citation de Pierre Pflimlin que Chantal Cutajar a raison de faire sienne : « L’essentiel pour un parti porteur de valeurs, ce n’est pas d’être majoritaire, c’est d’être en mesure d’imposer ses idées ».

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Leçon numéro trois : au-delà des aléas électoraux, l’avenir appartient à ceux qui sauront travailler en profondeur. C’est la raison d’être même du MoDem, à tous les niveaux.Bayrou maintient son cap: il a raison.

Seuls ceux qui ont le même cap doivent être de la famille du MoDem. "Rassembler", ce n'est pas unir artificiellement n'importe qui n'importe comment. Le pluralisme interne du mouvement ne doit se traduire ni en "courants", ni "en dissidences", ni "ennemis de l'intérieur". Le MoDem doit tirer les leçons des dysfonctionnement internes du PS, des Verts et... de l'UDF.

Daniel RIOT

11/06/2007

STRASBOURG: Chantal CUTAJAR prend une initiative démocratique sans précédent dans une campagne législative

"La démocratie, c'est le débat": A Strasbourg, Chantal CUTAJAR invite les deux candidats finalistes à débattre

Lors des Présidentielles, François Bayrou avait invité les deux candidats sélectionnés pour le second tour à un débat contradictoire. Ségolène Royal avait accepté, Nicolas Sarkozy avait refusé. Chantal Cutajar adapte cette innovation démocratique aux élections législatives... Voici son communiqué de  presse :

Chantal CUTAJAR invite les deux finalistes à un débat contradictoire

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« La démocratie, c’est le débat.  De façon à éclairer davantage les électeurs qui ont porté leurs voix sur moi au premier tour, j’invite les deux candidats qui se retrouvent au deuxième tour en un débat public et contradictoire, selon des modalités qu’ils sont libres de définir. J’estime qu’il est indispensable qu’ils exposent leur conception du rôle d’un député dans le contexte politique actuel et qu’ils se définissent par rapport aux valeurs et aux priorités du MoDem, du Mouvement démocrate,  dont le but reste de mettre la justice sociale et l’écologie au cœur de l’économie », a déclaré, ce lundi 12 juin lors d’une conférence de presse,  Chantal CUTAJAR, candidate UDF-MoDem dans la première circonscription de Strasbourg, où elle a réuni 11, 74 % des suffrages exprimés

En soulignant que « les voix de ses électeurs n’appartiennent qu’à eux-mêmes » et que le MoDem continuera à se battre pour obtenir « un mode de scrutin plus juste et plus conforme aux exigences de la démocratie », Chantal Cutajar a précisé : « Elue, je n’aurais accepté aucune consigne  et je n’aurais voté qu’en conscience, en fonction de ce qui est utile et juste. Je ne donnerai donc aucune consigne de vote pour le second tour aux  électrices et  aux électeurs qui m’ont fait confiance et qui voteront en conscience »

Remerciant les citoyens qui lui ont apporté leurs suffrages, Chantal CUTAJAR a marqué sa détermination de poursuivre à tous les niveaux sur « la voie nouvelle » ouverte par le MoDem, « parti d’un type nouveau pour une politique nouvelle et une démocratie plus vivante ». « Le MoDem, a-t-elle estimé, est le foyer d’une authentique social-démocratie moderne adaptée aux exigences de ce siècle et aux attentes des citoyens. Une social-démocratie dont les piliers sont clairement la social-économie, l’éco-économie et la démocratie sociale définies par François Bayrou »

A LIRE AUSSI SUR LE BLOG POLITIQUE DE CHANTAL CUTAJAR>>>>>>>>>>

09/06/2007

France: des cadeaux aux plus favorisés qui vpnt couter cher...

Les mirages de Sarkozy-le-magicien....

Le calice jusqu’à la lie pour Bayrou ? Un champ de ruines, "l’extrême Centre" ? Les sondages sur l’UDF-MoDem pour dimanche laissent prévoir des résultats (en voix et en sièges) indignes de son score aux Présidentielles… Le PS dans les choux ? C’est moins grave puisque les socialistes sont déjà (et encore) plus préoccupés par leur campagne interne que par les Législatives. Mauvais opposants, ils l'ont été durant cinq ans: Le peu de meubles qu’ils sauveront seront pour eux des cadeaux non du ciel, mais d’un mode de scrutin qui ne nourrit que les gros…  

Les explications de cet état de fait ne manquent pas. Plus ou moins rationnelles…

Injustice et caractère anti démocratique du mode de scrutin, archaïsme du découpage des circonscriptions (qui date de 1986 et se base sur le recensement de 1982), spirale ascendante des supporters de Sarkozy, effet bulldozer de l’UMP, prime aux sortants (y compris au PS !), conséquences de la stratégie élyséenne de vampirisation du  « bayrouisme » (avoué publiquement par le Président), effets désastreux des troupes mercenaires du « général Morin » qui non seulement  ont déserté l’UDF de Bayrou mais ont retourné  leurs armes contre leur leader et ami d’ hier, confusions délibérément entretenues autour de l’étiquette « UDF» …

L’une de ces explications, il importe de le reconnaître, vient des qualités affichées par Nicola Sarkozy dans ses habits neufs de Président.

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Une affaire de « com’ » et d’images ? Un peu (beaucoup bien sûr). Les Français aiment bien son coté « Lapin Duracell » , avec ses piles gonflées à bloc, son dynamisme  et son activisme (ou son « bougisme »), son discours dignes d’un «  Zizou de la politique » sur  « la France qui gagne » , son sens de l’autorité (envers ses ministres d’abord), ses dons d’ ubiquité , son art d’adapter ses postures et sa voix aux circonstances, sa convivialité délibérée avec ses interlocuteurs syndicalistes, sa volonté d’appliquer son « projet » vite et bien. Et ses « castings » réussis à commencer par  Kouchner le « populaire sollicité parce que populaire ») et  Rachida Dati (« qui donne d’un coup vingt ans à MAM »)….

L’effet d’image est d’autant plus efficace que le contraste est frappant avec le style de son prédécesseur… Du Roi fainéant à l’Empereur sans peur et sans reproche.

« Illusionniste », comme dit Hollande ? Peut-être. Mais un bon prestidigitateur. Un excellent même… Même quand on n’est pas dupe de ses ficelles, de ses tours et de ses trucs, on est sous le charme. Bluffant, Sarkozy ! Un vrai pro de la politique spectacle, cet enfant de la télé qui a tout compris du maniement des images, ce pur produit du coté « fils de pup » de mai 68 qui sait trouver (ou bien utiliser) les mots slogans, cet artiste qui sait piquer, grappiller, plagier ceux qu’il combat (à commencer par Bayrou)…

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L’effet d’amplification des médias, l’effet ressort de l’omniprésence quotidienne ou presque et l’effet spirale de la victoire qui appelle la victoire font le reste : une coté de popularité sans précédent, un « état de grâce » jamais vu, un gommage complet des aspect inquiétants de  son image d’imprévisible, de caractériel, de chef cynique, d’obsédé du pouvoir pour le pouvoir, de néo-bonapartiste à la mode des néo-conservateurs…

La Sarkomania ambiante  donne même à cette personnalité composé de plusieurs personnages  un charisme qu’il n’avait guère avant son sacre ;le pouvoir ne crée pas que l’organe, il fait aussi l’auréole. Surtout dans cette République plus monarchique que jamais.

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De Gaulle en imposait, lui s’impose ! De Gaulle enthousiasmait les foules par sa dimension historique, son épaisseur humaine, sa culture d’honnête homme. Sarkozy déchaîne les passions comme une bête de scène envoûte ses fans. Ou comme un champion fait rêver les enfants qui rêvent de performances. Supermann à l’Elysée ! Que demande le peuple ?

Le peuple est content. Heureux même. Le pouvoir comme un jeu : on en oublie le pain… Ses troupes de militants, ou plutôt de supporters,  sombrent  presque dans ce culte de la personnalité si dénoncé chez d’autres en d’autres temps...De la magie? Jusqu'à l'hypnose collective... 

"
medium_hypnose.jpg"l'hypnose est un savoir, non un pouvoir"

 

Résultats : avec lui, tout semble devenu vraiment  « possible » (en apparence). Y compris la réélection de députés sortants au bilan déplorable et la victoire de candidats par procuration qui n’ont qu’un seul mérite :  leur étiquette politique collée sur un flacon de docilité…   

L’UMP joue d’ailleurs les Législatives comme pour inscrire son score dans le Livre des records. Ah ! Si cette Chambre ne pouvait qu’être bleue… Pourquoi pas au point où l’on en est ? Le PS brûle. Bayrou est « kärchérisé ». Le FN est mangé. L’extrême gauche fait sourire. Et les  Verts sont noyés.

A  quand Besancenot au gouvernement ? « L’ouverture va continuer » assure le Président qui doit secrètement rêver d’être candidat unique d’un parti unique au plébiscite présidentiel de 2012 … Je ne plaisante qu’à moitié.

Mais l’état de grâce par définition n’a qu’un…temps. Le temps que les mines deviennent grises. Et que les joggings télévisés du président  ne fassent plus oublier la sueur des « Français qui se lèvent tôt » ou qui se couchent tard pour gagner durement leur vie, pour tenter d’assurer une bonne éducation à leurs enfants, pour soigner leurs parents dans des maisons de retraites chères et souvent peu confortables, pour épargner en vue d’une retraite non garantie. Ou tout simplement pour payer l’électricité, le chauffage, le loyer, une « malbouffe » et des fringues en solde ou d’occasion…

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Ce tsunami électoral  aura un coût, en effet. Et devinez qui va payer ? Il est des cadeaux chers, très chers…. Entre 12 et 20 milliards d'euros, selon des estimations d’experts non engagés politqiuement,  rien que pour le «  choc fiscal » que le chef de d'Etat et son équipe veulent provoquer.

Mais heureusement, il y a des limites la duperie. Un signe parmi d’autres : Serge July recouvre des qualités éditoriales perdues depuis longtemps.. Je cite sa chronique sur RTL :  « La détaxation des heures supplémentaires est une manière de petit chef d'oeuvre diabolique : en rapprochant le coût pour l'employeur d'une heure supplémentaire  d'une heure travaillée normalement, la durée légale du travail existe peut-être encore dans les textes, mais concrètement c'est fini. Même si ça n'encourage pas spécialement l'embauche, et donc la baisse du chômage. Qui paie ? L'Etat. C'est-à-dire nous. Même chose pour l'ISF, avec le bouclier fiscal à 50% de tous les revenus, qui prend en compte la CSG et le CRDS : le sigle ISF reste, mais l'impôt qui s'y rattache a quasi disparu »

C’est peut-être bien mais quels en seront les vrais bienfaits pour les « Français moyens » et sur l’économie française, donc sur cette croissance qui nous fait tant défaut…

Trois remarques :

>>>> Le côut de ces cadeaux  faits aux plus favorisés (ce qui état dans son programme) va alourdir la dette (ce qui n'était pas dans son projet)... D'ores et déjà, la France se fait sévèrement rappeler à l'ordre par le président de l'Eurogroupe : "Toutes les bonnes et les mauvaises idées doivent être prises selon les règles du pacte de stabilité et de croissance".  Cela n’a rien de dogmatique, c’est une leçon d’expériences : « Ce qui marche en Europe », comme dirait Nicolas Sarkozy,  montre que lorsque la croissance repart, c'est le moment où il faut baisser les déficits, pas les augmenter, ce qui va être le cas pour la France seule de la Zone euro avec le Portugal

.>>>  Les 15 milliards d'euros (de 11 à 20) qui permettraient de financer des réformes structurelles ne seront plus là pour les entreprendre (et il faudra quand même les mettre en chantier!) , ce qui nous promet des impots supplémentaires, donc sans doute, une hausse de la TVA payée par tous.

>>> Le problème français actuel, ce n'est ni la demande, ni la consommation qui tirent la croissance depuis 1999, mais l'état de l'appareil productif en partie inadapté, la faiblesse des PME, l'engagement dérisoire en ce qui concerne la recherche et l'état de l'enseignement supérieur. Ce n'est pas le choix qui a été fait. A sa façon, avec d’autres cibles, Sarkozy fait les mêmes erreurs de stratégie économiques qui étaient inscrits dans le programme de …Ségolène Royal

L’ami Serge July remarque : " Nicolas Sarkozy fait du François Mitterrand. Il faut appliquer les grandes lignes du programme sur lequel on a été élu, quel qu'il soit. On rectifie après. Même si c'est cher, très cher "…

Après 81, il y a eu 83, efectivement…

Mais deux ans de fausse route dans la situation où nous sommes, c’est grave. Mais qu’y pouvons-nous ? Sarkozy a tellement de qualités qui répondent aux critères de la démocratie d’opinion…Un jeune UMP à qui je confiais mes craintes m’a dit : "Mais vous méprisez le suffrage universel et vous prenez les Français pour des cons "…

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Je n’ai jamais méprisé les gens qui s’émerveillent du génie d’un excellent magicien. Mais, je n’oublie pas non plus le mot de De Gaulle, « les Français sont des veaux »… Le mimétisme de masse n’est pas une garantie de lucidité. D’où l’extrême versatilité de ce qu’on appelle l’opinion.

Le respect du suffrage universel, c’est d’abord le devoir pour ceux qui en tirent la légitimité de leur pouvoir de mener des politiques qui ne font pas illusion…Ou qui sacrifie le futur au présent.  Mais la « sarko ttitude » consiste d’abord à faire taire les Cassandre .

Daniel RIOT

Le TGV à Strasbourg : Un Très Grand Vote…

La métropole alsacienne a vécu aujourd’hui, dans la liesse et un festival d’autosatisfactions « umpistes »,  le plus grand meeting de la campagne des  Législatives

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Le TGV-est européen ne mérite son nom qu’entre Paris et Baudrecourt. (Vous ne connaissez pas ? C’est en Moselle)

Sa dimension est-européenne ne viendra effective que dans quelques années, peut-être.

Son utilité optimale ne sera là que lorsque une ligne Nord-Sud croisera la ligne Est-Ouest.

Le consommateur-voyageur, une fois sorti des tarifs promotionnels, va perdre en argent ce qu’il va gagner en temps.

Et  les collectivités locales et territoriales de l’Est (donc les contribuables) ont déjà dû payer cher, très cher, pour avoir en dernier ce qu’elles auraient dû avoir en premier… si Giscard n’avait pas fait qu’un effet de manche en parlant de « l’Alsace vitrine de l’Alsace sur le Rhin »… et si les gouvernements successifs s’étaient souvenus que Strasbourg, selon l’étymologie, c’est le « carrefour des routes »…

Une illustration de la décentralisation à la française : Paris décide de faire ou de na pas faire. Et l’Etat tout puissant accorde aux Régions et aux Villes le droit de payer ce qui fait la grandeur et le dynamisme du pays, « le génie français », comme a dit Fillon.

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Passons : un événement attendu depuis…28 ans est un heureux événement. A fêter obligatoirement. Dans la liesse populaire retransmise par la télévision. Dans un déploiement, une débauche, de publicité, de réclames, de campagnes de « com ».

Une fête qui fait passer pour  grincheux et rabat joie tout esprit un peu lucide. Une fête  qui, surtout, autorise tous les festivals officiels d’autosatisfaction, tous les discours les plus chargés d’une émotion euphorisante très opportune en période électorale, toutes les images les plus dignes de cette propagande appelée « com’ » sans laquelle la « politique-spectacle » serait bien terne….

Fillon et Juppé étaient là, cote à cote pour cette inauguration « historique ». Ils n’étaient pas trop de deux pour remplacer celui qui aurait pu (aurait dû) venir honorer de sa présence cet événement après lequel « rien ne sera comme avant »… Mais, on le sait : Sarkozy, le Président à quadriréacteur,  préfère l’avion au train (même à grande vitesse).

C’est que cette fête du TGV a été d’abord et surtout, indirectement, par une « coïncidence » ( ?) de calendrier, par l’omniprésence des élus UMP locaux et régionaux, par l’ampleur du rassemblement populaire (avec Olivia RUIZ en concert gratuit), par ses relais médiatiques,  le plus grand meeting jamais organisé pour une fin de campagne électorale. Qui parle seulement de la "vague bleue",du "ras-de-marée" ou du bulldozer de l'UMP? Le TGV, pour les troupes d'élites de Sarkozy, c'est la mise sur rails du TRES GRAND VOTE... 

C’est légal ? Oui… sans doute. Le mot « Législatives » n’a été prononcé dans les journaux télé ou radio qu’avant  ou après les séquences sur le TGV, train à grandes virtualités…

Mais est-ce normal ? Est-ce correct ? Est-ce admissible ? Quand on pense aux fausses rigueurs imposées par le CSA en matière de temps de parole et aux contraintes que doivent respecter les candidats à partir du vendredi 0 heures, on se sent miné par quelques questions troublantes…

« Cela n’a rien à voir, il n’y a pas de lien entre le TGV et les élections. D’ailleurs les gens ne sont pas dupes : ils savent ne pas mélanger les choses », souligne un adjoint strasbourgeois (UMP) avec cette force de conviction qui naît chez ceux pour qui le pouvoir est d’abord le pouvoir de n’en faire qu’à sa tête… C’est vrai, je dois avoir un esprit mesquin et chagrin : après 28 ans d’attente, on ne pouvait pas décaler de quinze jours cette fête de l’avenir sur rails…

D’ailleurs 15 jours n’auraient pas suffi pour que les travaux de la gare de Strasbourg rattrapent leur retard… Un retard dû non à des recours abusifs comme l’exécutif strasbourgeois le chante, mais par une mauvaise concertation citoyenne,une pédagogie insuffisante et une mauvaise gestion administrative du dossier.

D’ailleurs, cette gare n’a peut-être pas fini de faire parler d’elle. La verrière est belle parce que neuve. Mais le verre, c’est salissant. Et même « incassable », c’est fragile…  Je n’ose imaginer l’impact d’une bombe terroriste sur une telle surface : effets de fragmentation assuré ! Mais là n’est pas le sujet de ce jour :le pire n’est jamais sûr, sauf quand on ne l’a pas prévu !

Pour en revenir à la fête du jour (qui continue en ce dimanche de scrutin), je me souviens, en citoyen un peu bête « qui politise tout », avoir vu  des scrutins être annulés pour des dérives et des mélanges des genres beaucoup moins graves. Mais sans doute suis-je un rabat-joie, un pisse-vinaigre, un trouble fête. Un con, en somme !

Daniel RIOT

 

07/06/2007

Le MoDem, ou des prises de position constructives

Où l'on creuse la dette et les inégalités...

Le Billet de Chantal CUTAJAR 

Désolée de me répéter:  le MoDem est un part de POSITIONS et non d'OPPOSITION.

Quand il critique un projet du gouvernement, ce n'est pas par dogmatisme et négativisme. Quand il le soutient, ce n'est pas par allégeance, par suivisme, par "servilisme", pour reprendre une néologisme qui fleurit pour qualifier ceux qui obéissent à des consignes (ou à des ordres) et non à leurs convictions forgées par la réflexion.

L'entretien accordé ce matin par François Bayrou sur franceiinfo comme les ITW qu'il donne à de nombreux journaux dans les régions qu'il visite confirment et illustrent cette "ligne" claire. Une ligne qui se différencie totalement de celles suivies par l'UMP et le PS. Une "ligne" qui est dictée par un cap: agir au mieux dans le sens de l'intérêt général (qui n'est pas que la somme des intérêts particuliers), de la volonté générale (qui ne se résume pas à une ahésion majoritaire à un homme et à un projet). Amender un projet de loi, c'est l'améliorer. Le MoDem est le parti de ceux qui croient à la perfectibilité des Hommes et des choses. 

Ainsi, entre autres sujets à l'ordre du jour, Bayrou se félicite-t-il de la volonté du Président Sarkozy de donner aux célébrations du 14 juillet une dimension européenne. Il a  jugé que la présence de militaires des 27 pays de l’Europe au défilé du 14 juillet, était une bonne décision : cela « montre que la France est partie prenante de la maison européenne ».

Au-delà du symbole, le président de l’UDF-MoDem a estimé qu’il faudra un jour que l’Union européenne bâtisse sa sécurité. Il a souligné qu’il fallait réfléchir à la manière dont l’Europe allait construire une défense qui soit efficace et qui nous permette d’en partager le poids avec les autres nations : « Cette démarche est nécessaire pour l’avenir et j’espère qu’on ira dans ce sens-là ». 

Je suis entièrement d'accord avec ces appréciations. J'en ajouterai une  qui ne surprend pas les lecteurs de ce blog:il nous faut une Europe politique de la Justice.

Ces approbations des initiatives européennes du Président  Sarkozy n'epêchent pas françois Bayrou de marquer sa désapprobation et son inquiétude devant le paquet fiscal tel qu'il nous est présenté... La dette déjà colossale serait aggravée: les autorités européennes s'en préoccupent avec raison. Et des cadeaux faits à une minorité (dans des conduitions qui restent à préciser) seront chèrement payées par d'autres, et notamment par les classes dites moyennes, ces grandees oubliées même si elles constituent la vraie force de travail du pays.

François Bayrou s’est dit notamment  frappé par le fait que ces mesures ficales (qui ne tiennent pas même compte de l'avis de ministres et d'experts gouvernementaux)  ne sont pas financées : il a souligné que l’on distribue des avantages fiscaux dont on n’a pas le premier euro.

Ces mesures destinées aux ménages les plus favorisés seront donc « payées » par une aggravation des déficits et un report sur d’autres catégories sociales des prélèvements fiscaux.

François Bayrou constate aussi  que la réforme des heures supplémentaires est très différente de celle annoncée par Nicolas sarkozy pendant la campagne : seulement une partie des charges sociales seront supprimées et non la totalité. Il considère que la réflexion qui sera menée à l’Assemblée nationale sur ces questions, sera très importante : il s’agira de savoir comment on finance les retraites et l’assurance maladie si une partie du travail échappe aux charges (François Bayrou  n’est d’ailleurs pas favorable à leur suppression pure et simple sur les heures supplémentaires ) et s’il n’y a pas d’autres manières de prélever les cotisations sociales.

Deux volets diférents. deux prises de positions différentes. N'est--ce pas là la sagesse même? N'est-ce pas là la seule manière de bien servir la france et les Français? L'adhésion sans condition ne mène à rien de bon. Comme la critique systèmatique ne conduit à rien de bien.

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Encore faut-il que le prochain Parlement puisse être, grâce à des élus du MoDem, une force de propositions et non une chambre d'enregistrement... C'est l'enjeu majeur des élections de dimanche. Aux électrices et aux électeurs de décider.

Cela ne fait aucun doute, François Bayrou s'en dit  convaincu : l’UMP aura une large majorité à l’Assemblée nationale. Une vraie "chambre introuvable", même... Mais l'Histoire a montré que les majorités trop massives sont aussi étouffantes, improductives, négatives... Avec au bout du chemin des résultats contraires à ceux visés... Le pluralisme n'est pas qu'un principe fondamental de la démocratie: c'est une garantie d'intelligence, de PERFECTIBILITE, d'efficacité.

Non seulement, les citoyens ont droit d'être informés et de nourir leurs réflexioins de vrais débats, mais des  confrontations de points de vue différents naissent les vrais progrès. Le pluralisme, dit bayrou, est "une assurance qu’on ne va pas décider n’importe quoi dans leur dos sans qu’ils le sachent ». D’où l’importance d’avoir des députés libres de leur vote et indépendants prêts à soutenir les projets qui auront dans le bon sens et à monter à la Tribune pour dire au gouvernement les yeux dans les yeux ce qui ne va pas.

Il importe de le répéter: "En clair, les députés du Mouvement Démocrate ne voteront pas systématiquement pour comme l’UMP ou systématiquement contre comme le PS"…

François Bayrou craint « un tsunami » UMP aux législatives : le parti majoritaire pourrait obtenir jusqu’à 80% des sièges. Un phénomène UNIQUE dans l'Europe démocratique. Une situation que l'on n'a connu que dans des régimes non démocratiques. Un état de fait qui aboutirait à un "verrouillage absolu de la république et de son fonctionnement par une seule force politique qui ne rprésente pas tout le pays. Une démocratie, ce n'est pas que la loi de la Majorité, c'est surtout le respect des minorités. Et ce repct ne doit pas se réduire à des effets de communication sur des "ouvertures" qui n'en sont pas et sur des "volontés de rassemblement" qui conduisent à des ralliements et à des allégeances et non à des alliances, à des contats de législature, à des mises en commun des énergies sur des objectifs clairs. Dans la transparence.

Nous en revenons là, bien sûr, à l'impérative nécessité de revoir le mode de scrutin... La proportionnelle, le MoDem la souhaite pour la moitié des sièges, pour 50 % ,et non pour les 10% quissont "envisagés" mais non promis par Sarkozy-Fillon...

Nous sommes bien placés, en Alsace pour savoir que mes majorités écrasantes ne sont pas une garantie d'efficacité. Nous savons aussi que le système en vigueur chez nos voisins allemands est plus équitable démocratiquement et plus efficace politiquement.

Chantal CUTAJAR

France: les leçons d'Eva Joly... Inscrire la lutte contre les corruptions parmi les priorités

« La force qui nous manque » d’Eva Joly : Trouver l’énergie politique (donc citoyenne) de lutter contre les fléaux de la corruption et de l’économie criminelle !

Le billet de Chantal CUTAJAR

« La force qui nous manque », c’est celle que nous voudrions avoir davantage pour lutter contre les fléaux qui ne sont pas suffisamment combattus, ou pire qui sont entretenus par ceux qui, au pouvoir, devraient les combattre ! La « force qui nous manque », c’est celle que doit acquérir pour défendre des causes qui nous dépassent,pour emplir des missions  qui débordent nos moyens. Cette « force qui nous manque » , elle doit venir d’une vraie volonté  politique,donc citoyenne.

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Emouvante, Eva Joly ! Son enfance, ses amours, son sens de l’humain, sa lucidité, … . Et son coup de foudre pour la France, une certaine France, celle qui veut ou voudrait se mettre en accord avec les valeurs qu’elle prétend porter. Poignante, même, Eva Joly, cette femme qui a su mettre face à leurs responsabilités les grands délinquants de l’affaire Elf. Poignante, y compris par la pudeur avec laquelle elle conte ses malheurs de femme, de citoyenne, de juge. Stimulante, surtout !

Ce livre vaut toutes les vitamines. « La force qui nous manque », elle nous la donne, Eva Joly ! « Un manuel d’énergie », oui. D’énergie positive ! En tous cas, son livre (que je relirai en de temps plus calmes) m’a fait le plus grand bien. Personnellement, politiquement et professionnellement.

Sans doute parce que, chacune à son niveau et selon ses moyens, nous avons les mêmes obsessions : une justice plus… juste, un monde moins corrompu, une planète moins soumise à cette « économie criminelle » qui fait tant de ravages, une société plus harmonieuse, avec moins de pauvreté, moins d’inégalités, moins d’hypocrisie, plus de transparence, plus d’humanité.

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C’est une guerre qu’elle mène Eva Joly. Une sale guerre contre l'affairisme criminel et l'argent sale pour un monde plus propre. Une guerre pour laquelle les troupes sont trop maigres, les armes trop faibles, et les ennemis de l’intérieur sont trop nombreux, trop puissants, trop influents… Et les motivations politiques trop faibles.Malgré les discours... 

Une sale guerre qu’elle a renoncé à mener en France et depuis la France (dommage !), mais qu’elle continue à mener depuis la Norvège où le souci d’exigence est plus développé que dans notre oligarchie si imparfaite, dans notre démocratie si perfectible, dans notre système de gouvernement si pervers…

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Je sais : ses critiques de l’état de la France sont mal perçues par celles et ceux qui confondent patriotisme et auto satisfaction, fierté nationale et lâche fatalisme …Ou se scandalise que des yeux puissent voir des apparentements de méthode entre berlusconi et notre nouveau Président.  Mais aimer vraiment  quelqu’un ou un pays, c’est d’abord savoir le regarder avec justesse. Sans complaisance. Sans excès d'indulgence. Eva Joly, avec sobriété, témoigne et raconte. Ses échecs, ses réussites, ses découvertes, ses enquêtes dans les labyrinthes de la honte, ses décryptages des réseaux financiers, des paradis fiscaux, des mille et une façon de quelques uns de commettre des délits, des vols, des détournements, des abus, des crimes.

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Quelques phrases font mal. Très mal. Mais qui peut sérieusement les contredire ?

>>>Les plus pauvres exploités frauduleusement : « on maintient là-bas des régimes assis sur la misère, cette longue mèche d’un monde explosif. »

>>>L’Afrique : « Où que j’aille, je bute sur l’histoire coloniale. » (…) « Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique... » .

>>>Les  échanges financiers internationaux : « Sur les bourses du monde, la moitié des fonds contourne désormais la réglementation... ».

>>>Les  paradis fiscaux : « Le combat frontal n’a pas été mené. La raison en est simple : les paradis fiscaux n’existent qu’avec l’accord des grandes places financières internationales. »

Et ne parlons pas, bien sûr, des maffias, des délits d’initiés, des mille et un moyens occultes de faire fortune pour quelques uns au détriment  des autres… Des « quelques uns » qui sont souvent des…récidivistes ! Et pour lesquels, les « peines plancher » ne font pas l’objet d’effets de manche…

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Ecoeurant ? OUI. Décourageant ? NON. Car l’Espoir est là. Dans un sursaut citoyen : chacun, ne serait-ce que par l’‘attention portée à ce qu’il consomme, a un rôle à jouer. Dans une information plus pointue. Dans la formation de juristes, de financiers, de magistrats spécialisés (je sais vraiment de quoi je parle , par expérience). Dans un approfondissement de nos démocraties. Par des lois plus adaptées. Par des pressions parlementaires, associatives, professionnelles, plus grandes et plus fortes. Par une gouvernance mondiale plus régulée.

Je sais. C’est David contre Goliath. C’est la mer à labourer. Et les nouvelles technologies et la mondialisation des affairismes accroissent encore l’ampleur des défis. Mais l’heure n’est pas au renoncement. Ne baissons pas les bras. « La force qui nous manque » peut être trouvée, en nous, individuellement et collectivement.

Si des  forces collectives « nous manquent », c’est en raison  des blocages institutionnels qui empêchent de voir se multiplier des Eva Joly, qui n’accordent qu’un minimum d’intérêt aux juges spécialisées dans les affaires financières, qui engendrent des impunités et des immunités judiciaires scandaleuses,  qui brouillent les barrières entre corrupteurs, corrompus et victimes des corruptions… Mais des verrous peuvent et doivent sauter. Des leviers peuvent et doivent être trouvés. Des réformes peuvent et doivent être mises en chantier.

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Mes « croisades » personnelles en faveur d’une Europe politique de la Justice vont dans ce sens. Le message d’Eva Joly n’a rien de déprimant.  Au contraire. La conscience de l’ampleur et de la variété des défis à relever est le préalable à une intensification de cette sale guerre pour un monde plus propre.

Il est bon que le livre d’Eva Joly connaisse un franc succès. Ce témoignage, ce récit a des vertus pédagogiques. Il est bon aussi qu’Eva Joly tire parti des interviewes qu’elle donne pour promouvoir son ouvrage pour mettre des points sur les « i ». Avec calme et lucidité, mais avec courage et détermination. A nous de l’écouter.

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Un exemple (parmi d’autres) puisé dans l’actualité du jour. Dans une ITW à La Tribune, elle dénonce avec force l’hypocrisie des pays riches du G8. Des textes existent. Des déclarations d’intentions s’ajoutent les unes aux autres, mais qui se donne les moyens de les appliquer ?

Je reproduis cette ITW sur mon blog personnel : elle illustre bien mes propres préoccupations, confirme mes propres recherches et complète mes propres contributions faites dans les instances spécialisées.

Mais ce n’est pas dans des travaux d’experts que se forge la seule volonté qui vaille en la matière : la volonté politique de traduire en actes les textes et les résolutions. C’est évidemment l’une des motivations de mon engagement en politique.

Chantal Cutajar

* « La Force qui nous manque » par Eva Joly, avec la collaboration de Judith Perrignon, Edition Les Arènes.

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STRASBOURG: Construire l'Europe des citoyens

"L'Europe est la bonne réponse à la mondialisation"

Ce Jeudi 7 juin à 20h30, à Strasbourg: Un grand débat sur "Comment construire l'Europe des citoyens"  avec Henri MALOSSE, président du groupe Employeurs au Comité économique et social européen, et Chantal CUTAJAR, candidate de l'UDF-MoDem de François Bayrou dans la première circonscription. (Au FEC, 17 place Saint-Etienne).
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La première des priorités, c'est une évidence, c'est d'apaiser ou plutôt d'effacer les peurs qu'engendre la construction européene. Des peurs trop souvent artificiellement nourries par démagogie. Une question parmi d'autres que M. Henri MALOSSE connaît bien: l'Europe est-elle un accélérateur des effets pervers de la globalisation ou au contraire le meilleur outil de protection de nos économies.
Ce membre très actif du Comité économique t social vient de faire adopter à l'unanimité un rapport très fouillé, bien documenté et très pertinent dans ses analyses. Nous reprenons ici le résumé qu'il a publié sur son blog personnel.
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DONNER UN VISAGE HUMAIN A LA MONDIALISATION
La France est sans doute le pays d'Europe où la mondialisation fait le plus peur. Auprès de nos voisins on parle plus d'opportunités que de risques. Ce n'est pas seulement vrai des pays nordiques ou anglo saxons, mais eussi de l'Europe de l'est ou de pays de la Méditérannée comme l'Espagne ou l'Italie. La mondialisation est une réalité, mais ce n'est pas un phénoméne nouveau.
Bien avant la route de la soie et la découverte des Amériqies, les échanges ont toujours existé. Ce qui est nouveau, c'est l'intensité et la raoidité avec laquelle circulent les flux d'informations, de biens et de services jusqu'aux facteurs de production aujourd'hui. Les grands responsable en sont les nouveaux moyens de communication et en particulier l'Internet. On doit considérer comme un facteur positif le décollage des pays qui émergent comme la Chine ou l'Inde: au delà de la satisfaction humaniste, la mondialisation fabrique des consommateurs chinois ou indiens qui sauront apprécier le made in Europe.
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 L'Europe est la bonne réponse à la mondialisation. Non pas pour en faire un bouclier ou une cible.
Pas un bouclier, car la construction européenne s'est faite sous le signe de l'ouverture et pas de la fermeture. Du protectionisme européen il n'y a qu'un pas au protectionisme tout court, du patriotisme économique, qu'un pas au nationalisme tout court.
Génétiquement, l'Europe ne peut être une forteresse contre la mondialisation, mais elle ne doit pas non plus en être la cible principale en devenant le supermarché du monde. Sinon bien vite une Europe de consommateurs aisés se transformera en une Europe de consommateurs sans salaires et donc sans pouvoir d'achat. Il faut continuer à produire en Europe, non seulement des produits de haute technologie, mais aussi de l'agro alimentaire, des textiles et autres domaines où la qualité, la créativité et l'innovation des Européens sont autant d'atouts à renforcer.
 L'Europe peut être en fait le levier d'une mondialisation à visage humain et en même temps nous aider à en minimaliser les risques et à maximaliser les opportunités: Le levier d'une mondialisation à visage humain.
 C'est une grande ambition.
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 L'Europe s'est construite comme un état de droit, soummise à des lois et à une juridiction.
 L'Europe est fondée sur l'égalité entre Etats qui ont accepté de déléguer une part de leur souveraineté à une entité commune.
L'Europe a appris à gérer la compléxité, à préserver les diversités culturelles (le plurilinguisme en est une des règle de fonctionnement. les plus remarquables .!)
L'Europe s'est contruite à l'opposé de l'idée de rapports de force et de puissance hégémonique. L'Union européenne peut être ainsi un laboratoire d'une gouvernance mondiale à visage humain. Il ne s'agit pas de croire qu'elle peut préfigurer ce que serait une gouvernance mondiale. En effet le projet européen se nourrit de l'idée d'unir les peuples autour d 'un même destin et d 'un même projet et l'on voit bien qu'on n'en est loni au plan mondial. Mais l'Europe montre le chemin en matière d'une gouvernance fondée sur le respect de l'autre, sur le multilatéralisme opposé aux tentations hégémoniques, su des bases d'un état de droit.
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L'UE se doit donc de renforcer les "îlots de bonne gouvernance mondiale" qui s'appuient sur des principes équivalents de droits et sur une même vision humanistes: l'OIT pour les droits des travailleurs, l'OMS pour la protection de la santé, l'AEIEA our l'énergie, l'UNESCO pour la diversité culturelle et le droit à la diffusion des connaissances, l'OMC pour le commerce équilibré.
L'UE doit agir afin d'améliorer ce par quoi ces organisations pêchent le plus, c'est à dire le manque de mise en oeuvre. Elle pourrait soutenir , à l'image de ce qui a été fait pour le commerce avec le mécanisme de réglement des différends de l'OMC, des systémes de mise en oeuvre, de suivi et juridictionnels tels que : une véritable Cour internationale des doits de l'homme à l'image de celle du Conseil de l'Europe, des mécanismes de contrôle de mise en oeuvre pour l'OIT, l'OMS ou l'UNESCO. L'UE doit aussi forcer la main des décideurs mondiaux pour créer, à la suite du processus de Kyoto, une véritable Agence mondiale du développement durable qui pourrait proposer des conventions et disposerait de moyens financiers et des mécanismes de contrôle d'application.
On voit bien qu'un seul pays ne pourra agir efficacement dans cette direction.
Seule l'Europe parlant d'une seule voix possède la force de conviction nécessaire.
Sa capacité de conviction sera d'autant plus forte qu'elle pourra faire des émules.
Un peu partout dans le monde, il y a des regroupements régionaux: du Caricom en Amérique centrale à l'ASEAN en Asie ou au MERCOSUR en Amérique du Sud. D'autres entités voient le jour un peu partout des rivages de la mer noire à l'Asie centrale, du moyen orient à l'Afrique.
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Ce processus est la voie de l'avenir car il est le seul moyen pour les pays en voie de développement de ne pas être "les laissés pour compte" de la mondialisation. L'UE doit soutenir et renforcer ces processus d'intégration régionale, notamment car ils sont fondés sur une même vision multilatérale des relations entre pays à l'opposé de la vision hégémonique des rapports de force prônée aujourd'hui par les USA.
Plus l'Europe fera des émules de par le monde, plus ses idéaux progresseront.
L'Europe est aussi le bon levier pour minimaliser les risques et maximaliser les opportunités de la mondialisation.
 L'union européenne acrée à juste titre un Fonds d'ajustement à la mondialisation pour venir en aide aux personnes et aux territoires qui seraient victimes de délocalisations consécutives à des effets de la mondialisation. Ce Fonds doit être mieux connu et complété par des programmes nationaux et régionaux, en faveur notamment d ela formation professionnelle et des petites et moyennes entreprises . Il devrait être géré en y associant les partenaires sociaux qui sont les plus capables de mesurer l'impact économqiue et social des délocalisations.
Mais l'Europe ne peut pas non plus faire éternellement des concessions sans réciprocité.
Plus unie, elle pourra aussi mieux faire valoir ses intérêts et exiger par exemple que les USA démentèlent à leur tour leur mécanismes de subventions aux exportations agricoles.
Plus solidaire, l'Europe pourra mieux se défendre contre le dumpling, la contrefaçon et la piraterie. Pour tirer davantage profit de la mondialisation et des extraordinaires potentialités des marchés qui s'ouvrent aujourd'hui, l'Europe sera gagnante si elle se présente groupée en rassemblant ses forces: missions commerciales sectorielles communes, représentations uniques à l'extérieur, système européen d'assurance crédit export, mesures fiscales communes d'encouragement. Le pénible spectacle des concurrences intra européennes sur des marchés tiers se termine souvent pas la victoire des Autres.
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En effet, pour maximaliser ses chances, l'Europe doit presser le pas de son intégration. En décloisonnant ses marchés des biens et des services, en soutenant une mobilité intra européenne choisie, en mettant en commun nos moyens en matière de formation et d'innovation.
IL n'est de richesses que d'hommes. Cette formule s'applique tout particulièrement à l'Europe.
La diversité de nos cultures est notre plus grande richesse ..insuffisamment exploitée. L'éducation devrait devenir demain le premier poste budgétaire des Etats Membres et de l'Union. Seumenet un n jeune sur Mille aujourdhui pratique l'Europe dans l'Union.
En investissant sur un avenir commun et en faisant d enotre diversité culturelle un atout, nous pourrons effectivement faire agir l'Europe comme un levier pour relever les défis de la mondialisation. En même temps, par notre approche humaniste des relations internationales, nous pourrons donner un visgae humain à la mondialisation: notamment aussi en en faisant l'affaire de tous, des citoyens, de la société civile, des partenaires sociaux et des associations, pas seulement des gouvernements, des administrations ou des agences internationales.
Ce sera cela aussi la mondialisation à visage humain.
Henri MALOSSE
Rapporteur au CESE d'un avis à la demande la Présidence allemande de l'UE" Défis et chances de la mondialisation pour l'UE" http://www.eesc.europa.eu/
A LIRE:
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L'Europe de A à Z
Pascal Fontaine et Henri Malosse

Année : 2006
Edition : Bruylant
ISBN : 2-8027-2322-7
Pages : 320
Prix : 25 € (TVA comprise)


Euro, CEE, Banque Centrale européenne, Traité constitutionnel ... autant de sigles et de concepts qui traduisent la vitalité de l'idée européenne mais aussi sa complexité. Née au lendemain de la dernière guerre mondiale, l'Union européenne regroupe aujourd'hui 27 Etats membres. Cet ouvrage conçu par deux spécialistes des questions européennes aide le lecteur à se retrouver dans le maquis des sigles de l'organisation européenne, en accordant la place qui leur revient, c'est-à-dire l'essentiel, aux institutions européennes.

PASCAL FONTAINE
Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, Docteur d'Etat en Sciences Politiques, il a été le dernier assistant de Jean MONNET avec qui il a travaillé de 1974 à 1977; Chef de division au Parlement européen où il exerce les fonctions de Secrétaire général adjoint du premier Groupe politique. Enseignant à l'IEP de Paris il a notamment publié "Jean MONNET, l'inspirateur" (Ed. Jacques Grancher, 1988) et "L'Union européenne" (Ed. Le Seuil, 1994)

HENRI MALOSSE
Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, il est membre du Comité Economique et Social Européen depuis 1995. Il a participé à la création de la délégation aux Affaires européennes à l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie à Bruxelles en 1979. Il assure des enseignements sur les questions européennes auprès de l'Université Robert Schuman à Strasbourg. Ouvrages publiés sur la construction européenne (dont "Réunifier la Grande Europe" avec B. HUCHET, Ed. Bruylant, 2001)

Pour tous renseignements :
www.bruylant.be


 

 A SAVOIR:

Henri Malosse est Président du Groupe des Employeurs au CESE (Groupe I)

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Le Comité économique et social européen (CESE) est la plateforme institutionnelle, consultative, grâce à laquelle les représentants des milieux socio-économiques européens peuvent et doivent exprimer leurs points de vue de manière formelle sur les politiques communautaires.

Il leur permet donc de conseiller les grandes instances que sont le Conseil, la Commission et le Parlement européen et de participer pleinement au processus décisionnel de l'Union européenne.

Le CESE a été institué par les Traités de Rome (1957) aux fins d'associer les divers groupes d'intérêts économiques et sociaux à la réalisation du Marché commun et de leur donner un instrument institutionnel pour faire connaître à la Commission et au Conseil de l'Union

Il se sompose de 344 membres (ayant le titre de Conseillers) issus des milieux socio-économiques de l'Europe.

Les membres sont proposés par les gouvernements nationaux et nommés à titre personnel par le Conseil de l'Union européenne pour une période de 4 ans renouvelable. Le prochain renouvellement aura lieu en octobre 2010.

Les Conseillers sont organisés en trois groupes :

1. Employeurs
2. Salariés
3. Activités diverses

POUR RAPPEL ET REFERENCE:

« Le cadre européen nous rendra la souveraineté que nous avons perdue. »

François Bayrou a présenté, au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie" du 9 novembre 2006, sa conception de la mondialisation : une organisation saine de l'économie mondiale passe par l’Europe.

« La question du modèle économique de la planète est probablement l’une des plus brûlantes que nous aurons à traiter dans les décennies qui viennent. Les pays à haut niveau de protection sociale sont menacés par le vaste mouvement de délocalisations et de concurrence sans règle sociale ou écologique. Et des pays les plus pauvres de la planète, on s’en va, je pense évidemment au continent africain.

Que voit-on aujourd’hui ?

Des délocalisations d’entreprises qui vont chercher en Europe l’endroit où le social coûte le moins cher. Pour que le dumping social et les délocalisations ne soient pas demain la réalité dominante, il faut une harmonisation de nos règles sociales en Europe.

Les marchés financiers sont volatils : on peut donner à l’Europe la capacité d’une réglementation plus serrée, de dire aux marchés financiers : ‘il y a une limite’.

En face du crime organisé, des trafics internationaux, des mafias, nous organisons notre impuissance. Les Etats européens avec leurs frontières, leur droit pénal toujours différent de celui du voisin, leur police séparée, c’est une aubaine formidable pour les organisations criminelles. Songez que nous sommes incapables d’aller voir ce qui se passe dans un compte en banque dans un autre pays ! C’est de l’assistance organisée aux mafias.

Seule l’échelle européenne permet de résoudre ces questions des migrations économiques, des stratégies monétaires, des régulations du capitalisme financier, de la défense de notre modèle de société ; de traiter les grandes questions du développement durable, du climat, du dumping écologique et du modèle économique de la planète.

C’est la vraie vocation de l’Europe : nous rendre la souveraineté que nous avons perdue, que l’échelon national ne peut plus garantir.

L’Europe s’affaiblit à voir ses membres jouer les uns contre les autres, par exemple par le dumping fiscal. Je prends l’engagement de tout faire pour changer cette situation. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 9 novembre 2006

06/06/2007

A Strasbourg, Chantal Cutajar marie l'Orange et le Vert: l'écologie inséparable de la social-économie et de la démocratie sociale

Les engagements de Chantal Cutajar en matière de développement et de bien-être durable: Pour une politique écologique moderne, efficace, concertée qui concerne tous les secteurs d'activité

A la demande de plusieurs correspondants, je développe ici mes ENGAGEMENTS en matière de protection de  L’ENVIRONNEMENT et de développement ou de bien-être durable. Le MoDem, vous le savez compte un pôle écologique développé. "Nous sommes des écologistes....naturellement", a souri, à Colmar, François Bayrou en évoquant les adhésions au MoDem de Corinne Lepage et de Cap 21 et de nombreux militants ou sympathisants des Verts.

Moi-même, j'ai déjà consacré plusieurs notes sur ce site à ces sujets.

A revoir ou voir notamment>>>>>>>>>

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Je m’engage à promouvoir une politique active de l’écologie

Je considère en effet qu’il est nécessaire :

1° d’inscrire le développement durable au cœur des politiques publiques.

2° de mettre en place un plan d’adaptation au réchauffement climatique : isolation et rénovation de l’habitat, développement des énergies renouvelables (biocarburants, solaire, biomasse…), transfert du transport de marchandises vers le rail et le transport fluvial.

3° D’instaurer progressivement une « taxe carbone » sur les énergies fossiles.

Je militerai pour un modèle de développement plus sobre, co mme modèle du vivre mieux.

Quel est le constat ? : La menace climatique pèse. La rareté de l’énergie signifie un risque i mm édiat de crash pour nos sociétés démocratiques. La réponse doit être à l'échelle européenne et à long terme, ce qui demande un plan national trans-partisan.

LIRE LA SUITE >>>>>>>>

STRASBOURG: Chantal CUTAJAR met les valeurs du Conseil de l'Europe au coeur de sa campagne législative

SELECTION RELATIO SUR LE BLOG POLITIQUE DE CHANTAL CUTAJAR. Candidate aux législatives au nom du MoDem de François Bayrou, Chantal Cutajar a mis les valeurs du Conseil de l'Europe, donc les valeurs fondatrices de la construction européenne, au centre de sa campagne.

Extraits d'une conversation à bâtons rompus entre elle et Daniel RIOT diffusée sur son site politique.

La place prise par l'Europe dans les campagnes électorales françaises pour que ce fait soit mis en relief.

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« L’Europe De Strasbourg au coeur et à cœur »

DR : Pourquoi as-tu jeté l’ancre à Strasbourg ?

CC : L’image est trop légère. Strasbourgeoise, je me sens pleinement. De corps, de cœur et d’esprit. Je suis, tu le sais,  d’origine italo-maltaise, j’ai grandie en Algérie, j’ai fait des détours dans les Antilles… Mais n’est-ce pas un dicton alsacien, remis en lumière par Martin Graff, qui dit « cultive tes racines, et plante-les étoiles » ? La formule existe aussi en arabe. Mes racines, je les ai  plantées dans les étoiles du drapeau européen. C’est d’ailleurs pour cela que, comme toi, j’ai choisi de m’installer à Strasbourg, de devenir pleinement Strasbourgeoise.Où j'ai fondé ma famille, choisi d'exercer mon métier, déécider de VIVRE. J'aime la Ville, sa région .Et tu as raison de la dire souvent: à Strasbourg plus qu’ailleurs on perçoit mieux toutes les dimensions et tous les enjeux de la construction européenne. Une question d’histoire, de géographie, de culture. Parce qu’à Strasbourg on vit d’une façon particulière les héritages européens. Parce qu’à Strasbourg, on l’Europe au cœur et à cœur.

DR : Que mets-tu derrière cette belle formule ?

CC : Je me suis toujours sentie française et européenne, européenne parce que française. Mais c’est à Strasbourg que s’est développée ma passion de l’Europe. Par « hasard et nécessité », comme disait Monnet. Par étude du passé et par décryptage des voies de l’avenir.

Il en a fallu du courage et de l’audace à Monnet, à Schuman, à Adenauer, à De Gaspéri, à Spaak pour réussir ce qu’ils ont fait !  Je me reconnais dans les professions de foi et dans les actes de Pierre Pflimlin que tu m’as fait mieux connaître et qui me semblent bien oubliées par nombre de ceux qui s’autoproclament ses héritiers.

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Je suis aussi comme il le disait de lui « une fanatique de l’Europe ». En mémoire du passé et du futur… Par réalisme autant que par idéalisme. Mais sans naïveté. Les mots « européistes » ou « eurobéats » sont des inventions d’anti-européens, des caricatures…Je suis une "euro-déterminée" 

Dans le secteur d’activité qui est le mien l’insuffisance voire l’inexistence de l’Europe politique fait le bonheur (et la fortune) des brasseurs d’argent « sale ». D’où mes engagements en faveur d’une Europe politique de la Justice. En faveur de laquelle nous avons lancé une pétition citoyenne qui est toujours ouverte à signatures.

DR : Tu parles de Pierre Pflimlin. Ce « grand PAIR de l’Europe », comme disait Germain Muller, m’a beaucoup appris. Je suis devenu, grâce lui,  un euro-enthousiaste très réaliste : « L’Europe est une longue patience » Ma rencontre avec Jean Monnet aussi m’a profondément marqué : « L’Europe est une longue persévérance ». Mes lectures, mes études et les interviewes des grands acteurs de l’Europe également : je sais que l’Europe est un combat. Comme une démocratie authentique d’ailleurs.

Je sais aussi que  l’unification européenne  vise non à supprimer mais à transcender les frontières, non à diluer mais à renforcer les souverainetés, non à gommer mais  sauvegarder les « différences ».

CC ; On ne le souligne pas assez : l’Europe s’oppose aux nationalismes mais non aux patriotismes. Elle repose sur la libre adhésion, sur le respect de valeurs inaltérables, non sur la force. De même que les démocraties doivent se défendre contre ses ennemis en restant fidèles aux principes démocratiques, l’Europe en voie vers son unité doit triompher de ses adversaires en respectant ses propres valeurs.

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C’est pourquoi, selon la formule de Schuman, elle ne peut avancer que « pas à pas », avec même des  pas en arrière. D’autant plus qu’il est plus difficile encore d’abattre les murs, de casser les barbelés, de renverser les postes frontières qui sont dans les têtes que ceux qui se sont inscrits ou s’inscrivent encore dans nos paysages.

DR : L’Europe, une question mentale et cérébrale d’abord !…C’est logique : l’Europe nous plonge aux carrefours de l’identité et de l’altérité, des esprits de fermeture et  d’ouverture, des réflexes du poing fermé et de la main tendue. Plus le champ d’appartenance devient large plus  le besoin de points d’ancrage proches et petits se fait sentir.

CC : C’est encore plus vrai aujourd’hui alors que  les peurs fondées ou non, entretenues ou non, se multiplient et s’alourdissent. Surtout dans un Etat-Nation aussi ancien et aussi centralisé que le nôtre. Les « républicanistes » craignent que l’Etat, écartelé entre Régions et Europe et fouetté par les vents du « grand large » de la mondialisation  perde ses moyens d’actions et que la République sacrifie son   âme sur l’autel d’une « République européenne » hypothétique…De plus, l’Europe par sa nature et surtout par ses structures ajoute à la complexité des choses, du gouvernement du pays, de ce qu’on appelle la « gouvernabilité » ou « la gouvernance ». On le voit bien dans les maquis du « droit communautaire ».

DR : L’un des problèmes de la construction européenne, c’est que  la compréhension des mécanismes européens exige des connaissances qu’on n’enseigne pas ou peu dans les écoles et les universités et que les médias, à quelques exceptions près, ne rendent guère accessibles. L’Europe souffre plus d’un « déficit pédagogique » que d’un « déficit démocratique ».

CC : C’est l’un des mérites de Bayrou d’intégrer la dimension européenne en tout et pour tout. Ce que j’ apprécie le plus chez lui (en plus de ses qualités humaine, de son intégrité, de son courage, de la force de ses convictions), c’est que toutes ses propositions sectorielles s’intègrent dans un projet global cohérent. Tout est lié : l’économique et le social, l’écologie et la croissance, la compétitivité et la solidarité, le local et le global, le national et l’européen. Avec en tout des préoccupations qui sont les miennes : éducation, justice (y compris social)

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 « L’essentiel pour un parti porteur de valeurs,

ce n’est pas d’être majoritaire :

C’est être en mesure d’imposer des idées »

(Pierre PFLIMLIN)

LIRE D'AUTRES EXTRAITS DE CETTE CONVERSATION >>>>>>>

La politique n'est pas forcément un bassin à désillusions

Petite histoire politique strasbourgeoise qui vaut leçons pour tous ceux qui plongent la première fois dans la piscine des désillusions qu'on appelle "politique"...

 « L’Extrême-Centre révolutionnaire »: C'est le choix de François Bayrou et de ceux qui l'accompagnent dans sa "Révolution citoyenne" rendue difficile par notre système électoral. Et par une bipolarisation artificielle, caduque mais entretenue par la droite "décomplexée" et par la gauche "défigurée".

"Tu es du centre, mais tu penches de quel coté?":Une question mille fois entendue...Comme si au sein même du "centre", il y avait une "droite" et une "gauche", ou une droite gauche et une gauche maladroite! Dans le dialogue que j'ai eu , hors campagne électorale, avec Chantal Cutajar, c'est l'une des questions  abordées. En ce moment, c'est son positionnement à elle qui importe le plus , non le mien. D'où cet extrait publié çi-dessous.

Dans le foulée, je reprends ici (en partie) la narration de la première expérience politique de Chantal Cutajar, qui avait été élue, en troisième position, sans étiquette, comme représentante de la "société civile" sur la liste Keller-Grosmann qui a gagné. Chantal Cutajar s'est vite coupée de ce "Tandem UDF-UMP" devenu "UMP". En fait , elle a été dépouillée de ses attributions avant d'être virée... Ce n'est pas ce qui s'appelle une "dissidente", ni une "lâcheuse", mais une victime de ses convictions et de sa lucidité.

Son expérience peut être utile à toutes les "personnalités de la société civile" qui plongent dans la piscine de la politique, sans toujours se préoccuper de la qualité et de la quantité de l'eau... Et qui se retrouvent souvent dans un basin de cruelles désillusions. Cette petite histoire strasbourgeoise a une portée qui ne se limite pas à cette Ville, bien sûr. Je suis certain que ce type de mésaventures s'illustre dans bien des collectivités de toute couleur politique...

Ce n'est évidemment pas une raison que que les bonnes volontés se découragent: ce sont les moeurs politiques qu'il faut changer. Cela est possible... puisque l'art politique dans toute sa noblesse consiste précisément à rendre possible le souhaitable. Ou le nécessaire. C'est cela aussi, et peut-être d'abord, la "Révolution citoyenne" que tentent Bayrou et le MoDem. Un ré-enchantement de la politique.

DR

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Cet entretien a été publié sur le site politique de Chantal Cutajar

 DR : Tu es culturellement plus de droite que de gauche non ?

CC : Ah ! Les vieux clivages ! Là c’est ton coté provocateur qui pointe le nez… Je suis d’abord anti-totalitaire, anti-autoritaire, anti-hitlérienne, anti-stalinienne, anti-intégriste, anti-impérialiste…

Est-ce de gauche ou de droite ?

Cela, c’est viscéral, tripal, presque charnel.

La juriste que je suis déteste les injustices, y compris sociales. La chrétienne que je suis mène des combats depuis longtemps contre tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine, à la dignité des Personnes, y compris et surtout aux êtres qui sont sur le bords du chemin, pour ce que tu appelles les « Floués du progrès », aux victimes de toutes les « exploitations de l’homme par l’homme ».

Est-ce de gauche ou de droite ?

L’humaniste que je suis a horreur de toutes les discriminations, de toutes les pratiques qui violent les règles du Respect, de toutes les idéologies qui, comme tu dis encore, transforment la culture de l’Autre en négation de l’autre.

Est-ce de gauche ou de droite ?

DR : Je comprends....Personnellement,  j’ai toujours eu beaucoup de respect pour tous les hommes d’Etat (que je différencie des hommes ou des femmes politiques) quelle soit leur couleur politique. Et pour les élus qui assument leurs responsabilité. En dehors de leur étiquette politique, des étiquettes   qui varient d’ailleurs. Jeune, Pompidou n’était-il pas de « gauche » ? Déat n’a-t-il pas été socialiste ? Mitterrand a-t-il été vraiment de gauche ? Comme disait de Gaulle : « Ce n’est pas la droite, la France. Ce n’est pas la gauche, la France. Prétendre représenter la France au nom d’une fraction, c’est  une erreur nationale impardonnable ».

Mais je reviens à ma question : Avant de t’affirmer de « l’extrême-centre », une expression forgée par Jean-Marie Cavada et adoptée par Bayrou, tu te situais où ? Tu t’es engagée en politique sur une liste de droite…

CC : Si la droite, c’est l’ordre si nécessaire à la Liberté, j’étais de droite. Si la gauche, c’est la justice, j’étais de gauche. Mais comme toi je connais trop de conservateurs de gauche et de progressistes de droite pour réduire la droite à un ordre (qu’elle sait si mal assurer) et la gauche à une justice (qu’elle sait si mal garantir).

Quant au Centre, avant « l’udf libre et indépendante » de Bayrou, je m’y suis toujours reconnue dans les valeurs proclamées mais pas toujours dans les méthodes pratiquées….

Pour moi, la politique, c’est une éthique, une morale, une mission, un moyen de faire non d’être, de servir non de se servir, une manière de payer mes dettes envers un pays, une Nation, une société, une école républicaine qui m’ont aidée à devenir qui je suis.

Le Centre avant Bayrou et ses décisions courageuses, c’était le Marais, un milieu mou et lâche, un repère d’opportunistes, de frustrés de droite qui avançaient masqués et de frustrés de gauche qui avançaient avec un faux nez…Le MRP de jadis, oui. Le Centre fait de « sang triste » comme disait Pasqua, non. Les « centristes, disait Chirac, on les roule dans la farine et on les fait frire ». Ce centrisme-là, non. Hélas, des « sangs-tristes », on en compte encore…

Il suffit de voir à quel point le pouvoir attire les esprit faibles comme une lampe les moustiques…Mais il faut compter sur l’électrochoc qu’a provoqué Bayrou. Il a et il aura des conséquences : le MoDem en est à ses débuts. Avec de belles valeurs humanistes, de beaux engagements européens et une belle vocation sociale en héritage. Et le modernisme, la jeunesse, le dynamisme…

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« Le tandem et moi » : Petite histoire d’une grande  désillusion

DR. D’accord, mais tu a été élue sur une liste UDF-UMP, tu as même été tentée par un passage à l’UMP avant d’opter pour l’UDF. Et tu as été la première des adjointes de Keller et Grosmann… pendant peu de temps, il est vrai !

CC : Je n’oublie rien, je ne cache rien et je ne regrette qu’une chose : avoir été plongée en politique sans avoir la pleine conscience que je me lançais dans un sport de combats où les règles ne sont pas toujours très claires.

En fait, je suis entrée en politique parce que l’on m’y a invitée. Par convocation en quelque sorte.

Fabienne Keller et Robert Grossmann sont venus me chercher (sans doute pour tirer parti de ma crédibilité de juriste et d’universitaire) pour être, en tant que « personnalité qualifiée, représentant la société civile », numéro trois de leur liste. J’ai accepté non sans hésiter non sans réflexion,  mais parce que je leur ai fait confiance.

La confiance, c’est l’un de mes défauts. Ou plutôt, mes excès de confiance, mon manque de méfiance. Sans doute est-ce un revers de mon humanisme qui est d’abord un acte de confiance en la Personne humaine même si je ne sous-estime pas le côté cannibale des humains…Peut-être est-ce aussi l’un des résultats de mon inexpérience politique à l’époque, je veux dire de la politique telle qu’elle est si souvent pratiquée…

Mme Keller et M. Grossmann me proposaient un poste, des fonctions, une mission que je ne pouvais pas refuser : lé sécurité de la Ville en une époque où l’insécurité était, à tort ou à raison, l’un des défis politiques les plus grands à relever.

La fille de commissaire, la juriste, la pénaliste, la femme de bonne volonté aimant le dialogue, la concertation, la femme de caractère qui prétend savoir affronter les réalités en face, la pacificatrice (et non la pacifiste ou la laxiste)  que j’étais (et demeure) ne pouvait pas ne pas accepter. En plus, ils me confiaient la charge de défendre les intérêts de Strasbourg l’Européenne dans la préparation des développements prévus de l’ « Europe de la sécurité et de la Justice ».

DR : Et alors ? Que s’est-il passé ?  Le mariage est la première cause de divorces comme dit un humoriste… Un « tandem », c’est déjà difficile à conduire. A trois sur deux selles, cela devient impossible…

CC : Il ne s’est en rien agi de cela. Je ne souffre pas d’un ego démesuré. Du caractère, j’en ai. Oui. Mais je n’ai pas un mauvais caractère. Je n’ai aucune susceptibilité mal placée. Et je suis trop respectueuse du suffrage universel pour savoir faire la différence entre les deux « patrons » choisis par les urnes et les autres membres de la liste, pour ne pas  me soumettre aux lois de l’autorité et pour respecter autant que faire se peut les règles de la solidarité d’une équipe, de la loyauté envers ceux qui détiennent les responsabilités suprêmes dans la Ville et dans la Communauté urbaine. De plus (au risque de me répéter),  j’étais trop inexpérimentée en politique pour jouer les politicardes…

DR : Venons-en aux problèmes…

CC : Le problème, pour résumer et sans vouloir polémiquer avec qui que ce soit, a été triple : les engagements pris envers moi n’ont pas été tenus ; ma conception de la sécurité réelle et effective a été très vite incompatible avec les réflexes sécuritaires du « tandem » ; et l’atmosphère de travail est rapidement devenue peu supportable, non seulement par moi mais par d’autres.

DR : Il nous faut reprendre ces trois points un par un … L’ambiance, d’abord…

CC : Je n’insisterai pas. Quel Strasbourgeois (pas seulement salarié de la CUS) ne sait pas de quoi je parle ? L’autorité n’est pas l’autoritarisme, le pouvoir n’est pas le fait du prince (et de la princesse), la concertation ne se fait pas dans le mépris des autres, le débat cesse de mériter son nom quand il y a une règle non écrite mais effective : « Tu es pour ou tu la ferme »...

De mon coté, j’ai sans doute quelques torts : les couleuvres, les clous tordus, les peaux de bananes ne font pas partie de mon régime alimentaire… J’ai des réflexes de rejet. Heureusement d’ailleurs. Et je n’ai guère de patience devant ce qui me révolte. Il est de saines colères. Elles sont le fondement même de cet esprit de résistance qui pour moi est une qualité indispensable quand on se veut citoyen responsable et à plus forte raison quand on a obtenu (fusse sur une liste) la confiance des électrices et des électeurs

DR : Tu as attaqué le « tandem » quand il était au plus bas dans le thermomètre local de la popularité… Ce n’était pas très gentil, çà. Pas très « solidaire ». Pas très « esprit d’équipe ».

CC : Je n’ai pas attaqué. J’ai dit ce que je pensais à un moment que je n’ai pas choisi. Trop c’était trop. Nous avions été élus sur un programme et sur une méthode de gouvernement. Ni l’un ni l’autre n’était respectés. J’ai craqué, on peut presque dire cela comme cela, même si c’est mal interprété, parce que je respecte (trop pour certains?) le suffrage universel et les électeurs.

Ce n’était ni un mouvement d’humeur incontrôlé ni un calcul politicien prémédité, mais un cri du cœur et de la tête poussé au nom du respect des citoyens, des engagements pris.

Le « tandem » qui, sur le fond ne m’a jamais rien reproché, peut réécrire cette histoire comme il le veut et comme il le voudra. Dieu sait qu’il a déjà fait beaucoup pour tenter de me discréditer… Mais là comme ailleurs, transparence oblige (y compris de moi vis-à-vis de moi),  je le répète : ce qui a été jugé par certains comme une attitude « inadmissible » a été l’expression d’une rébellion dictée par mon respect des électeurs et de moi-même. On ne respecte les Autres que si l’on se respecte soi-même.

DR : Point deux : la divergences de fond…

CC : C’est ce qui me séparerait, en matière de lutte contre l’insécurité, à la fois  de Sarkozy et de Mme Royale. C’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis engagée aux cotés de Bayrou. Pour moi, Prévention, Répression, Réadaptation doivent être liées. Indissolublement. Avec souci des victimes, bien sûr. Un souci réel, non une simple compassion de circonstance, une émotion affichée.

Il ne s’agit pas seulement de rassurer par des mots, des effets de manche et quelques mesures « sécuritaires » démagogiques contre les sentiments d’insécurité de la population, amis d’assurer une vraie SURETE.

En réagissant avec fermeté quand les circonstances l’imposent : je suis de ceux (rares) qui trouvent dans le droit pénal, donc répressif par nature, des vertus préventives, pédagogiques, éducatives…

Mais aussi en ayant une stratégie globale  de SURETE, où chacun à sa place et dans ses fonctions doit remplir des missions : le policier, le juge, l’éducateur, le responsable associatif, l’ « adjoint » de quartier, le responsable de la politique sociale, le responsable de l’habitat, l’architecte, l’urbaniste…

DR : La Sûreté, c’est un droit de l’homme, garanti comme tel. Et c’est l’un de ces mots que l’on a eu tort de rayer du vocabulaire. Les mots disent toujours plus que l’on croit. Politique, police et politesse ont la même racine. Comme urbain et urbanité. Le « tandem » n’avait pas ou n’a pas  cette conception ?

CC : Encore une question qui relève de tes fausses provocations ! Je ne serai pas méchante au point de reproduire ici quelques mots entendus auprès desquels « racailles » ou « Kärcher » font pâle figure de litotes. La Sûreté c’est une cité policée, non policière ou… militaire. Je n’insiste pas.

Comme je ne m’étendrai pas sur les moyens promis mais enlevés sournoisement, pernicieusement, progressivement, secrètement. Imagines-tu   une adjointe chargée de la sécurité et être privée de tout contact avec la police municipale ?

Pire : ordre avait été donné de me tenir à l’écart de toute information concernant la sécurité. J’ai horreur des faux semblants. J’assume la responsabilité de ce que je fais, non de ce que je ne peux pas faire… Je pourrais citer des exemples précis, qui ne concernent pas que la sécurité, d’ailleurs. La concertation citoyenne, la démocratie participative dans les quartiers telle qu’elle a été (et reste) pratiquée n’avait rien à voir avec celles que nous nous étions engagés à pratiquer et à développer durant notre campagne pour les municipales.

Mais je ne veux pas amoindrir la qualité de notre conversation par   un réquisitoire contre le « tandem ». Je déteste trop le mélange des genres pour tomber dans ce piège. Ce que j’aurais encore à dire, je le dirai peut-être un jour… Si certains faits sont narrés par d’autres d’une façon trop altérée.

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Du Courage , de la Liberté et de l'esprit de résistance....

DR : Tu as vécu cette expérience dans la douleur, tout de même. Tu en souffres encore, non ?

CC : A un point que personne ne peut imaginer. Déprime, bien sûr. On se sent devenir un peu parano dans de tels contextes... On me vire, et on me traite de dissidente. De « traître » aie-je même lu, voilà peu encore dans une « opinion » publiée dans les DNA ! Je suis victime d’un mode de « gouvernement » que je condamne, et on fait de moi une fautive, une coupable. J’ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, et c’est moi qui « fait du tort » à la municipalité… Et une foule de gens qui me gênait par leurs excès d’éloges se sont mis à me balancer des peaux de banane, à me tirer dans le dos, à me dénigrer. Et je paye mon intégrité intellectuelle par toute une série d’attaques personnelles viles, de manoeuvres indignes, de tentatives de décrédibilisation, de campagne d’insinuations et de rumeurs stupides…

Mais si j’ai une bonne mémoire, je ne suis pas portée ni vers la rancœur ni vers  la rancune. Je n’ai de « compte personnel » à régler avec personne, contrairement à ce que j’ai lu récemment encore dans des propos de personnages mesquins qui ont dans la presse locale un écho disproportionné par rapport à leur représentativité. En fait, je dois remercier Mme Keller et M. Grossmann.

DR : Pardon ?

CC : Mais oui… D’abord, comme je viens de le dire, ce sont eux qui m’ont fait franchir le Rubicon de l’engagement en politique. A la politique, je ne pensais pas…

Ensuite, ils m’ont permis de voir ce qu’il ne faut surtout pas faire si l’on veut que le mot « politique « recouvre sa noblesse perdue… Ils m’ont appris (avec bien d’autres proches d’eux) à limer mes excès de confiance en des paroles données, aux promesses « qui n’engagent que ceux qui les entendent » comme dit Pasqua.

J’étais (et je reste encore un peu) naïve. J’aime nager dans des eaux propres. Les eaux troubles me révulsent.    Ils m’ont appris (directement ou indirectement) le sens de mots que je connaissais mal : hypocrisie, calculs « politichiens » (comme disait DE Gaulle), opportunisme, carriérisme, contre-vérité… Toutes les expériences (même celles chargées de désillusions) sont profitables.

Ma volonté naturelle de transparence s’en est trouvée  renforcée. Mes soifs d’exigences se sont trouvées augmentées. Et toi, tu te sens  de « gauche » plus que de droite, pour reprendre ta « provocation » ?

DR : J’ai toujours eu beaucoup de respect pour tous les hommes d’Etat (que je différencie des hommes ou des femmes politiques) quelle soit leur couleur politique. Et pour les élus qui assument leurs responsabilité. En dehors de leur étiquette politique, des étiquettes   qui varient d’ailleurs. Jeune, Pompidou n’était-il pas de « gauche » ? Déat n’a-t-il pas été socialiste ? Mitterrand a-t-il été vraiment de gauche ? Comme disait de Gaulle : « Ce n’est pas la droite, la France. Ce n’est pas la gauche, la France. Prétendre représenter la France au nom d’une fraction, c’est  une erreur nationale impardonnable ».

CC : Une phrase qui n’a  pas échappé à Bayrou… Mais qui n’est guère honorée par « la droite décomplexée »…Tu m’as dit ne jamais avoir eu qu’une carte de presse jusqu’à ton engagement au MoDem

DR : Oui, En fait, le citoyen que j’ai toujours été (le vrai journalisme est un civisme) a plus voté à gauche qu’à droite. Mais l’engagement européen a toujours été et reste mon premier critère de jugement, avec le sens des responsabilités et la crédibilité des candidats.

Depuis très longtemps habité politiquement par quatre personnages de notre Histoire nationale : Monnet et Schuman, qui ont formé un vrai tandem, Mendès-France et Charles de Gaulle.

Monnet et Schuman m’ont longtemps troublé parce qu’ils étaient effectivement plus de droite que de gauche. Selon des critères bien dépassés.

Mendès m’a longtemps mis mal à l’aise en raison de l’échec qui lui est imputable de la CED, de ce projet d’Union politique européenne qui allait de pair (ou l’oublie) avec le plan d’une Communauté européenne de défense. Quant à de Gaulle… je fais mienne la définition d’Edgar Pisani : « Je n’ai jamais été gaulliste mais je reste gaullien ».

Si aujourd’hui je ne cache pas mon soutien actif à François Bayrou, c’est surtout parce que je retrouve chez lui cette triple inspiration.

Voilà des années que je pense qu’il faut, pour la France et pour l’Europe, une réconciliation des idées de Monnet-Schuman, de De Gaulle et de Mendès. La revitalisation de la politique et la restauration d’une France influente, prospère et équilibrée dans une Europe-puissance passe par là. Et cela dépasse effectivement les clivages archaïques, « préhistoriques », dit Bayrou entre la droite et la gauche.

Ces deux singuliers accolés à « droite «  et à « gauche » sont d’ailleurs faux, mensongers, fallacieux. Il y a DES droites et DES gauches. Alors qu’il ne peut y avoir qu’un Centre… Même si en ce moment, il n’a jamais été autant disputé.

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 « L’essentiel pour un parti porteur de valeurs,

ce n’est pas d’être majoritaire :

C’est être en mesure d’imposer des idées »

(Pierre PFLIMLIN)

D'autres extraits de ces conversations >>>>>

Législatives:La réussite annoncée de l'UMP est d'abord un constat d'impuissance et de carence du PS

UMP et PS: De la "publicité mensongère" en politique

 " Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques."
  (Mark Twain)
" Les avantages du mensonge sont d'un moment, et ceux de la vérité sont éternels ; mais les suites fâcheuses de la vérité, quand elle en a, passent vite, et celles du mensonge ne finissent qu'avec lui".
  (Denis Diderot)
 
 

Pierre LARROUTUROU, délégué national à l’Europe du PS et porte-parole d’Urgence sociale , et Eric HALPHEN, président du comité de parrainage d'ANTICOR ,  publient aujourd’hui dans Libération un article documenté qui, à leurs yeux, démontre que François Fillon et son gouvernement « mentent sur le bilan de l’UMP » en matière de réformes des retraites, de création d’emploi et sur la réalité du projet social annoncé.

« Dans ce livre publié en octobre dernier, François Fillon affirme avec force une exigence de vérité comme préalable à toute réforme conséquente de notre système social. Comme beaucoup, nous partageons ce goût de la vérité », écrivent-ils.

medium_fillon_livre.jpgA condition qu'on lui dise....

« Il y a quelques jours, le parquet a requis une amende de 4,8 millions d’euros contre Carrefour pour publicité mensongère. Il y a quelques jours, la Direction de la concurrence a décidé d’attaquer Sofinco en justice pour publicité mensongère. Faut-il sanctionner les publicités mensongères quand elles concernent des pizzas surgelées ou des produits financiers, mais laisser toujours impunis les politiques qui profèrent des mensonges de plus en plus grossiers? »

Bonne question…

Ils poursuivent : « L’article L.97du code électoral punit d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros «ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages». C’est bien ce que tente de faire François Fillon quand il ment sur les chiffres du chômage, quand il ment sur la réforme des retraites et quand il promet le plein emploi à plein-temps d’ici cinq ans.

Le parquet de Paris vient d’être saisi d’une demande de poursuite de M. Fillon pour diffusion de fausses nouvelles en période électorale. Nous invitons tous les citoyens qui aspirent à plus de vérité dans le débat public à faire de même dans leur département. Si, ici ou là, l’action de la justice est trop lente, elle sera plus rapide ailleurs… Sur ce point, François Fillon a raison, la France peut supporter la vérité »

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La bouche de la Vérité, à Rome...

Le problème, c’est que ce type de « démonstration » n’a pas d’impact électoral. Et vient bien tard…La vraie fontaine de la vérité, c'est le suffrage universel. Même si le matrage médiatique nourri  plus de propagande que d'informations font oublier aux électeurs qu'une "vérité officielle n'est pas vraie,mais officielle"...

Le PS n’a pas su démonter la machine à gagner de Sarkozy. Parce que durant cinq ans son opposition a été stérile, inefficace, non construite.

>>>Je ne suis pas expert en analyses statistiques, mais je constate que les « thermomètres » de l’activité économique, financière et sociale de la France ne sont pas crédibles. Seul Bayrou l’a mis en relief en étant trop peu relayé durant sa campagne… Le PS n’a guère insisté parce que lui-même quand il était au gouvernement a triché avec bien des chiffres !

>>>Je constate aussi que le programme économique de Ségolène Royal était aussi  peu crédible en termes de chiffrages que celui que Fillon met en application.

>>>Je constate encore que si la majorité sortante, malgré son bilan plus que mauvais, va être réélue dans un fauteuil, c’est parce que le PS préoccupé par ses soucis internes, ses querelles de personnes,son vide idéologique, ses contradictions tactiques et son impuissance critique n’a pas joué son rôle…

« Publicité mensongère », chez Sarkozy et Fillon ? C’est évident. Ce n’est pas même du ressort de la justice : le mensonge en politique est un art que Leo Strauss (inspirateur des néo-conservateurs américains) a conceptualisé et érigé en vertu…

medium_mensonge_fontaine_de_la_vérité.2.jpgLa fontaine de la Vérité...

Mais « Publicité mensongère », il y a aussi au PS. "Un éléphant, çà trompe énormément", dit l'une des chansonnette de notre enfance...

Non, le parti de M. Hollande n’est pas la force d’opposition que la démocratie exige. Il n’a  été ni crédible ni efficace ces cinq dernières années et il n’est pas crédible dans ses exhortations actuelles. Il a été, selon la formule de Bayrou, « un pouvoir contre » et non un « contre pouvoir ».

Le fait que Ségolène Royal (que Sarkozy, il l’a dit!, rêve de voir en « chef de l’opposition ») appelle ses « camarades » éléphants à renoncer à leurs méthodes d’opposants « frontaux » et systématiques n’y change rien. Ce sont les méthodes de travail du PS et pas seulement la tactique de ce parti sclérosé qu’il faut changer.

Si Sarkozy a été élu, bien que « sortant », si l’UMP va connaître un succès législatif digne du livre des records en dépit du mauvais travail fait depuis cinq ans, c’est parce que le PS n’a pas travaillé du tout ces cinq dernières années. Les opposants aussi doivent être jugés sur leur bilan… Celui du PS est catastrophique.

Pourtant bien des « sortants » socialistes espèrent être réélus. Face à la déferlante bleue n’aurons-nous que l’impuissance rose ? Les enjeux de dimanche sont grands. Et cela, ce n’est pas de la « publicité mensongère »...

Daniel RIOT

Strasbourg: Au-delà des fêtes du TGV

 

Le TGV EST EUROPÉEN, OUI, BIEN SÛR…
...mais pas à n’importe quel prix pour le porte-monnaie du citoyen.

Du 31 mai au 10 juin 2007, la Ville de Strasbourg inaugure sa nouvelle Place de la Gare et invite les Strasbourgeois à fêter le TGV EST EUROPÉEN.

Candidate du Mouvement Démocrate, je salue cette initiative qui ouvre Strasbourg et sa région avec ses 130 nouvelles relations directes et qui permet de relier Paris à grande vitesse (320 km/h) mais j’estime que cette ouverture ne doit pas se faire au détriment  des contribuables français.

La hausse importante du coût des billets produit d’ores et déjà une baisse substantielle du pouvoir d’achat des Alsaciens qui doivent se rendre à Paris. Plusieurs cas nous ont été signalés émanant de personnes à faibles revenus et par des étudiants. Le TGV EST EUROPÉEN doit aussi répondre à des critères de justice sociale. La rapidité des trajets et l’ouverture à l’Europe grâce aux transports en co mmun nécessitent également le respect des citoyens sur le plan économique …

En qualité de candidate du MoDem dans la circonscription I de Strasbourg pour ces élections législatives, je tiens à le signaler en cette occasion et je précise qu’en cas d’élection à ces fonctions, je chercherais avec les pouvoirs publics concernés des solutions pour  remédier à ces inégalités face aux transports publics.

Chantal Cutajar

STRASBOURG: Mieux connaître Chantal CUTAJAR

« Ce n’est pas la gauche, la France.  

Ce n’est pas la droite, la France.

Prétendre représenter la France au nom d’une fraction, 

 c’ est commettre une erreur impardonnable »  

Charles de Gaulle

A bâtons rompus avec Chantal Cutajar, par Daniel RIOT

medium_DR.7.JPGDernière ligne droite avant le premier tour des Législatives. Chantal CUTAJAR a mené une campagne très active, sur le terrain, en faveur de Bayrou pour les Présidentielles et pour elle-même et les idées de l’UDF-MODEM (la seule UDF !) pour ces Législatives.

Celles et à ceux qui veulent la connaître trouveront dans ces extraits de ces dialogues à bâtons rompus matière à satisfaire leur légitime curiosité.

Ils y trouveront surtout quelques clarifications qui s’imposent après les opérations « brouillage d’image » qui sont menés contre elle depuis qu’elle a pris ses distances par rapport au « Tandem UMP » qui dirige la Ville.

Ces  « conversations » ont été nouées et développées, dans une perspective éditoriale non liée aux échéances électorales. Mais les extraits ici publiés sont pleinement d’actualité : Les DNA de ce jour ne consacrent-ils pas  un grand article aux  Législatives à Strasbourg en ne parlant que des prochaines … municipales ?  N’illustrent-ils pas leur « papier » par une photo du « Tandem UMP »,  dans un de ces mélanges des genres et des scrutins qui est devenu habituel dans le paysage  médiatico-politique  français ?

Puisse cette note (un peu longue, j'en conviens) permettre aux lectrices et aux lecteurs de ce blog de mieux connaître Chantal CUTAJAR qui (croyez-moi) appartient à cette catégorie de personnalités qui…gagnent à être connues…

 Daniel RIOT

 

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METZ: Un faits divers? Un signal d'alarme.

Il ne faut se garder de confondre faits divers et phénomènes de société. Et je dénonce trop les exloitations politciennes de faits d'actualité.

 Mais ce qui s'est passé au Tribunal de Metz illustre tragiquement ce que peuvent avoir comme effets, le décalage entre les discours sécuritaire et les mesures effectives de sûreté, le manque d'évaluation de birn des décisons prises par les minsitres et leur bureaucratie, et le scandale de l'insuffisance des crédits alloués à la Justice.

Qui plus est, trop de discours de  type populiste contre "les juges", surtout en période électorale,  ont contribué à désacraliser la fonction de magistrats. C'est grave et dangereux.

Chantal CUTAJAR

Sécurité:Un dramatique exemple des conséquences d'une mauvaise approche

François Bayrou : sécurité en banlieue, "une situation triplement risquée"

François Bayrou, a jugé "inquiétant" le rapport de l'INHES (l’Institut national des hautes études de sécurité) sur les difficiles relations police/population en Seine-Saint-Denis. Il a estimé lors d'une conférence de presse à Lesquin dans le Nord que la situation décrite était "triplement risquée", car "elle met des policiers en situation de danger (...), des citoyens en situation d'exaspération - car ils ont le sentiment d'être perpétuellement discriminés pour certains - (...) et parce qu'elle empêche la police de faire utilement son travail de sécurité".

François Bayrou a ainsi souligné que les policiers se sont retrouvés dans la "situation d'avoir une approche quantitative plus que qualitative de leur métier".

"Je suis très frappé de ce qu'on a essayé de dissimuler ce rapport. Il dit quelque chose de très important pour la sécurité de la banlieue et de la Seine-Saint-Denis en particulier", a déclaré François.

Il considère qu’il est "très important qu'on réfléchisse tous ensemble à la manière de sortir de ce piège, élus, représentants d'Etat, magistrats, représentants des personnels et du terrain, des associations". Enfin, il a rappelé que l’UDF-Mouvement Démocrate défend depuis longtemps « l'idée qu'il faut une police fidélisée, c'est-à-dire qui soit attachée au quartier et capable de poursuivre en même temps le travail de poursuite, de sanction, absolument nécessaire, et la travail de prévention".

RAPPEL DES FAITS:

  Cette enquête dresse un constat accablant des rapports entre la police et la population dans le "93" et évoque un "climat d'insécurité permanent" à même de s'envenimer. Les auteurs soulignent notamment un "décalage" entre la "suractivité permanente" de la police, en matière de lutte contre les stupéfiants et les clandestins, et les "réalités subies par la population", avec une "hausse considérable des violences" dans ce département, où les vols avec violences ont ainsi crû de 15,95 % en 2006. Ce rapport inédit a été finalisé en décembre 2006 après deux mois d'étude et de rencontres avec des acteurs municipaux, policiers et magistrats du "93", d'où sont parties les émeutes de 2005.

Commentaire de Chantal CUTAJAR

La juriste, l'élue qui a une expériende de terrain et la citoyenne que je suis ne peux qu'approuver les propos de  François Bayrou à propos de cette affaire qui illustre des dysfonstionnements d'Etat et quelques unes des conséquences d'une approche viciée par une "culture du résultat" trompeuse et porteuse d'effets pervers.

 D'abord, une série de questions:  Pourquoi un rapport de  cette importance (financé par les contribuables) , sur un sujet aussi chargé de passions qui met en cause directement l’ancien ministre de l’intérieur a-t-il été mis délibérément dans un tiroir, donc caché à l’opinion ?  Parce qu’il donnait un reflet de la réalité non- conforme aux soucis d’image du candidat de l’UMP ? Parce qu’il ne fallait pas fournir des éléments « objectifs » pour apprécier le bilan du ministre sortant ?

Jean-Pierre Raffarin a estimé  au "Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI", que "le climat électoral" n'était "pas le meilleur climat pour traiter" d'un sujet "grave" comme les difficultés en Seine-Saint-Denis….C’est un point de vue… que je ne partage évidemment pas : une campagne, c’est l’occasion de décortiquer les réalités et non de les masquer, de mettre à plat les choses avec clarté et ransparence, et non de débattre à coups de phrases superficielles et de slogans. Une conception de la morale politique! 

Sur le fond: Je sais la complexité des questions liées à l’insécurité. Je connais la difficulté de la police, surtout quand elle doit répondre à des consignes politiques mal adaptées aux nécessités du « terrain ». Je suis sur la même longueur d'ondes que Bayrou: nous avons au MoDem un souci d'équilibrer prévention donc éducation , action sociale  présence policière visible , répression et efforts de restructuration psychologique et de réinsertion sociale, et (on les oublient trop!) aides aux victimes,  

L'Unsa police estime "urgent de renouer les liens avec la population pour lutter efficacement contre la criminalité". Pour le premier syndicat de policiers, "si la police est plus proche de la population les auteurs de crimes et délits seront connus et stoppés". C'est un point de vue qu'il faut entendre, évidemment. J'y ajoute une chose essentielle: la sécurité, la sûreté, ne concerne pas que les "quartiers " dits "difficiles" où il faut effectivement rétablir  la présence active de l'Etat, donc des services publics. Elle concerne tous les citoyens de tous les quartiers.

Et elle ne se mesure pas que dans les luttes contre les délinquances "visibles": Où est le programme du gouvernement de lutte contre la délinquance en "cols blancs", contre l'économie souterraine, contre les crimes de la géofinance, contre la corruption, contre les réseaux des blanchiments de l'argent?

Chantal CUTAJAR

04/06/2007

Strasbourg: Le MoDem n'est pas un parti d'opposition , mais de POSITIONS et de PROPOSITIONS

Le billet de Chantal CUTAJAR 

La première vertu d’une idéaliste, c’est le réalisme.

Pour moi principes de réalité et d’humanité sont indissociables : d’accord voir les faits tels qu’ils sont et agir,  avec pragmatisme et ténacité, pour tenter d’améliorer les choses. C’est toute la philosophie d’action du strasbourgeois  André Neher. C’estle fondement de  « la méthode Monnet ». C’est encore l’un des enseignement de De Gaulle : « Ne pas pisser contre le vent ! », disait le général…

Les vents, en cette fin de campagne, sont forts. Violents, même. Et la déferlante bleue nuit  annoncée va se traduire, par la grâce d’un système électoral inique qui fausse la représentativité des …représentants du peuple, par un ras de marée sarkozyste. Que sarkozy ait les moyens de mener sa politique, c'est bien. Qu'il ait une majorité écrasante, étouffante, c'est moins bien, y compris pour lui...

C’est une affaire de principe : le pluralisme n’est pas qu’un vœux, c’est l’un des piliers de la démocratie. J’ai été éduquée dans le culte de la démocratie dite « pluraliste » par opposition aux fausses démocraties dites « populaires », à parti unique.  

C’est une affaire de pragmatisme : Trop de majorité n’écrase pas que les minorités : elle mine de l’intérieur le camp des vainqueurs. Et cela finit, en général, très mal… L’Histoire l’a montré à plusieurs reprises !

C’est surtout une affaire d’efficacité et d’utilité : des députés-robots qui n’appliquent que des consignes ne sont ni utiles ni efficaces. « Caisses enregistreuses » d’un coté et  « machines à dire non », flingueurs impuissants de projets de l’autre : ce n’est bon ni pour le … gouvernement, ni pour la France, ni pour les Français !

Le Modem n’est pas un parti d’opposition, mais de positions !

Contrairement aux caricatures qui en sont faites, son programme ne consiste pas à distribuer des bons ou des mauvais points en fonctions des textes présentés à validation.

Nuancé, sans esprit de système, sans dogmatisme, sans œillères, le MoDem est d’abord une force de critiques salutaires, de propositions constructives, d’amendements positifs, d’améliorations qui vont dans le sens de l’intérêt général.

Cela n’a rien d’abstrait ou de théorique : entre les réformes que le président Sarkozy a promis de faire et leurs réalisations concrètes, il y a forcément des marges de perfectibilité, des possibilités d’actions positives, des champs d’influences bénéfiques.

Trop de lois sont mal faites et mal appliquées  parce les députés ne lisent que les consignes de vote qui s’y rapportent et non les textes présentés.

Ce mouvement de positions implique des consultations citoyennes permanentes. D’où mes engagements de réunir des « conférences de citoyens », thème par thème, pour prendre la mesure des textes en préparations, lancer des réflexions et des appels à propositions, et  pour rendre compte de ce qui a été voté.

Seul(e) un(e) député(e) LIBRE et INDEPENDANT(E) peut animer ce type de  délibérations citoyennes qui ne réduisent pas la démocratie à quelques dimanches électoraux et à des réflexions partisanes dans le huis clos de partis plus préoccupés par leur positionnement politicien que par ses prises de POSITIONS politiques. 

Au MoDem, les élus ne sont pas au service d’une majorité ou d’une opposition mais des citoyens.

C’est cela la « révolution Bayrou » qui continue, malgré les notables infidèles, les sondages pessimistes, les commentateurs sceptiques, les effets de Panurge et ces spirales infernales qui amplifient et trahissent  les mouvements d'humeur de ce qui est une « démocratie d’opinions », une « doxocratie », et de partis, une « partitocratie », plus qu’un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »  

Chantal CUTAJAR

Strasbourg: Les valeurs personnalistes , le vrai trésor du MoDem

Je reprends ici ces "petites réflexions" de Chantal Cutajar  après une longue journée de "campagne" électorale...

medium_republique_3.jpgA propos des valeurs défendues par le MoDem: celles de la République et de la Démocratie pluraliste sont les Lumières qui nous éclairent. Je les médite beaucoup en ces jours de campagne, malgré ce temps qui file et me bouscule.

 La Démocratie n'est pas que la LOI DE LA MAJORITE: elle est une grille de valeurs. La République n'est pas qu'une régime politique: elle est le ciment d'un "VIVRE ENSEMBLE". Les deux, qui en fait ne font qu'une, sont le fruit d'une longue histoire, nationale, européenne, euroméditerranéenne et internationale... Une histoire de combats et d'idées. De combats contre ce que l'humain comporte et engendre d'inhumain , aussi...

Laïcisation des valeurs judeo-chrétiennes, apports d'Athènes, de Rome, d'Alexandrie, de Genève... De l'humanisme rhénan,  des moines du Moyen-Age, des Sages d'Andalousie et d'ailleurs, des Lumières, des philosposophies du Sujet et de la Personne. Que de beaux héritages!

La politique doit d'abord être un outil de leur transmission. D'où le but du MoDem : remettre le principe d'Humanité au coeur de toute action. Faire de l'Homme la finalité de toute activité. L'Homme face à lui. L'Homme AVEC  les autres. L'Homme dans la Nature. L'Homme avec son grand privilège: la culture.

Ce ne sont là que quelques réflexions du soir sans prétention aucune, après une journée de contacts, de rencontres, de "limage de cervelles" avec d'autres, différentes, hostiles, méfiantes ou sceptiques parfois, cordiales, chaleureuses, encourgeantes, souvent.

Penser mieux pour AGIR mieux: c'est cela ce "jardin de la Démocratie" que je tente de cultiver en permanence, avec mes petits moyens mais une grande détermination.. Avec un grand pari: celui de la perfectibilté des individus et de la collectivité. Avec un but qui motive mon engagement: RE-Enchanter la Politique. Cette  "politique qui s'occupe de vous si vous ne vous occupez pas d'elle".

Merci à celles et à ceux qui m'encouragent en cette campagne qui pour moi est un baptème du feu riche en enseignements. Qui me disait qu'on entre en politique comme en religion? Il est sûr que la trabscendance et l'immanence s'y croisent.

Chantal CUTAJAR

medium_Democrate_victor_Hugo.2.jpg " La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l’incarnation même du progrès. "

Victor HUGO

Choses vues (18 juillet 1851)

" La République affirme le droit et impose le devoir. "

Victor HUGO

Choses vues (7 juin 1884)

François Bayrou aujourd'hui en Alsace: La révolution citoyenne du parti Orange

INVITATION: VOUS ETES TOUS LES BIENVENUS A COLMAR 

Le MoDem: parti de l'avenir pour une Alsace fidèle aux valeurs de l'humanisme rhénan, à ses traditions authentiquement centristes, à ses aspirations décentralisatrices et à ses engagements  clairs en faveur d'une Europe politique concrète 

medium_bayriu_modem.jpgFrançois BAYROU en Alsace: c'est logique et normal. Pour les Présidentielelles, il était venu tenit un grand meeting à Strasbourg. Pour les Législatives, il vient à Colmar. En cette terre d'Alsace où le MoDem puise en grand partie ses valeurs, ses convictions et la force de ses engagements.

Cet ancien collaboratuer de Pierre PFLIMLIN (quand il était Président du Parlment européen) sera à COLMAR, salle du KOLFHUSS  (Salle Roesselmann) le ludi 4 juin, à 17 heures. Un rendez-vous à ne pas manquer que vous soyez ou non membre du MoDem. Les 16 candidates et candidats du MoDem en Alsace vous invitent à participer à ce rassemblement citoyen.

Le MoDem, le parti de l'avenir: PLURALISME, INDEPENDANCE,LIBERTE. "Penser libre pour agir efficace". Le parti des candidats qui n'obéiront pas à des CONSIGNES mais à leurs CONSCIENCES et ne seront gidés que par une motivation: servir au mieux l'intérêt général, les   intérêts des Alsaciens en France et en Europe et aux aspirations des électrices et de leurs électeurs.

Au MoDem, la démocratie ne se réduit pas à quelques dimanches électoraux. Rejoignez -le, enrichissez-le de vos idées et de vos suggestions. La social-économie (donc l'éco-économie) et la démocratie sociale (donc une démocratie sans cesse approfodie) qi sont les deux piliers de son projet font de chaucune et de chacun des ACTEURS et non de simples spectateurs.

"Etre de droite ou de gauche, c'est prendre le risque d'être hémiplégique" (Raymond ARON)

Nous sommes 77 000 pré-inscrits sur le plan national (dont plus de 1200 dans le Bas-RHIN) REJOIGNEZ-NOUS

medium_oranger.2.jpgLe PARTI ORANGE, parti de la vigilance, de la vitalité et de la LIBERTE.

Le parti de la social-économie, de l'écologie moderne, de la démocratie sociale et des valeurs humanistes.

Le Parti des réformes en profondeur, aussi.

>>Pour que la DEMOCRATIE FRANCAISE SOIT PLUS VIVANTE, avec des instutions moins monarchques et oligarchiques.

>>Pour que l'Etat impartial soit garant d'une REPUBLIQUE PROPRE, fidèle à ses idéaux.

>>Pour que l'HOMME soit remis au coeur de toute action.

Le Parti de la REVOLUTION CITOYENNE.

Avec et POUR BAYROU, VOTEZ MoDem!

VOTEZ UTILE ET EFFICACE, c'est VOTER MoDem

03/06/2007

Politique: La fin des députés du temps des tavernes?

Pour une vraie RUPTURE: " Votez moderne,votez MoDem"

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Les déçus du sarko-centrisme: la soupe amère du Chateau

Pas plus de trente, en tout ! C’est le mot d’ordre , pardon l’ordre, tout simplement, donné  par Sarkozy à  Fillon… 30 ministres et secrétaires d’Etat : il est des promesses de strapontins qui vont être difficiles à tenir. Surtout quand on voit la course aux demi-maroquins dans laquelle sont engagés en attente de reconnaissance des anciens du « Nouveau centre » qui ont cru sur parole ce qu’on leur promettaient en échange de leur retournement de veste, de chaussettes et de slips. "On leur laisse une chance de ne pas être battus aux législatives, c’est déjà beaucoup, non ? " s’amusent les « umpistes » qui savent ce qu’avaler veut dire…

Qui se souvient de « démocratie libérale », par exemple ? Qui se souvient que   les » forces vives de l’udf »  étaient des centristes avant leur ralliement à l’UMP en 2002 ?  Qui, Baylet mis à part, sait que Borloo est un radical ? UMPisés , le bonhomme… et son parti ! C'est cher la soupe aux choux du pouvoir. La soupe offerte par le Chateau. Et souvent, elle est amère...

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 A propos, des internautes ont lancé de vrais concurs le logos pour les centreux morinesques. j'ai reçu entre celui-là de la  part d'un groupe qui veut créer une section strasbourgeoise de cette chapelle du diocèse de Notre dame de l'UMP. Il se passe toujours aux galeries sarkozyennes... Outils et matériaux, chez Sarko, il y tout ce qu'il faut!

LES BONS CONSEILS DE MARIANNE

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Du simple bon sens: Oui à une vraie rupture

Bonne, la couverture de Marianne, non ? Elle a fait mouche dans les kiosques. Surtout chez les nombreux élus UMP qui sont sûrs d’être réélus, non parce qu’ils bien travaillé mais parce qu’ils portent la bonne étiquette. L’événement, c’est qu’aucune de ces vieilles barbes  n’en tirent les conséquences.

Quelqu’un d’intelligent, pétri de l’intérêt général, nourri au lait de la Patrie bien servie et de la France  à servir, comme André Schneider, par exemple, devrait logiquement en tirer leçon. Il affronte deux femmes qu’il dit estimer et respecter beaucoup, avec la condescendance machiste de ceux qui lancent : « Elles sont très bien , très courageuses…mais ce ne sont que des femmes. Les femmes, c’est fait pour la Chambre, mais pas pour celle des députés, non » ? C'est pas grave: bien des femmes votent pour eux... Encore La Boétie: "De la Servitude volontaire"...

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Parenthèse : C’est drôle le Sarkozysme…Au sommet on exhibe quelques belles têtes bien faites et bien pleines de « Sarkogirls » de classe (Rachida et Valérie, notamment), amis sur le terrain… Les rares femmes investies que je connais sont là comme par obligation d’une parité mal respectée. Et les hommes, oh, les hommes… KKK, Kinder, Kirsche, Küche et...Fantasmes: la modernité a ses mimites...! Je ferme la parenthèse. Et j’en reviens à André Schneider qui va me remercier pour la publicité que je lui fais.

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Bornia Tarall: l'une des candidates de la vraie rupture, celle du MoDem. Et si L'UMP se distait en sa faveur? On peut rêver, non? ... Qu'est-ce que  ce serait bien....pour la France. "Voter moderne, c'est voter MoDem" admet un "umpiste" déjà repenti pour cause de "bonapartisme" local et national

ET SI UN "UMPISTE" INCONNU DEVENAIT CELEBRE....

André, avec ton sens de l’Etat, donc, pourquoi ne tires-tu pas parti de cette dernière campagne d’avant le premier tour pour te désister en faveur de Bornia Tarall, par exemple. Pour l'exemple. Bien sûr, tu te ferais enguirlander par tes amis. Mais tu ferais l’événement. Un événement national. Sous les feux de la rampe, André : A la Une du JT de TF1 même Surtout, tu servirais la démocratie dont tu parles tant,  la France qui vaut tous les sacrifices, ta circonscription qui va finir par ne pas savoir ce qu’est un bon député au XXI ième siècle… Je plaisante, bien sûr. Et je rêve...Et alors?

Mais je te connais assez, cher André,  pour savoir que tu n’ignores pas que Bornia Tarall et Marc Merger , son suppléant, seraient d’excellents représentants du peuple dans une France où la rupture est exhortée au sommet. Oui, elle est vraiment bonne cette couverture de Mariann sur le thème de la vraie rupture.

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LE "VIEIL ARMAND", HOMME-SYMBOLE....

Il est vrai que bien des sortants du PS devraient la prendre pour eux aussi, cette couverture…Faible , trop faible le "renouvellement dans cette machinerie qui tourne à vide pour cause de trop plein de conservatismes et de conformismes réactionnaires. 

 Ils labourent le terrain, çà, c’est vrai. Et ils verrouillent leurs sections... Rubans, coupe, anniversaires, décès, fêtes de paroisses, AG d’associations, bistrots, salons de thé, maisons de retraites, hôpitaux, trottoirs, petits commerces, grandes surfaces, monuments aux morts, petits services…. Toulouse-Lautrec se régalerait, avec de tels modèles....

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Ils labourent, mais sèment-ils ce que le Législateur devrait semer ?

Mon copain « Trampo », inventeur des Mariannes d’Or devrait créer un Oscar spécial pour les députés-laboureurs qui ne sèment rien d’autres que ce qui peut rapporter des voix au prochain scrutin. Quel système !  Après, on fait des thèses sur le populisme et le clientélisme…

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Cette couverture là, de Charlie, n'est pas mauvaise non plus, non?

Dans le Bas-Rhin, le seul député bas-rhinois du PS a un peu beaucoup ce profil. Cela   ne le rend  pas antipathique, le « Vieil Armand », comme quelques uns de ses  amis le surnomment. Il ne fait que tirer parti d’un système qui est pathétique ! Où elle la rupture, en effet? Et où est la perspective d’une rénovation dans le PS. ? Cité neuf ou dix fois dans les compte rendus des séances plénières de l’Assemblée nationale : beau bilan, non ? C’est deux fois par an…  Que voulez-vous ? Paris c’est loin.  Avec le TGV, tout ira mieux… Il le promet... s'il est réélu !

LA SAGESSE D'UN SORTANT :LA FIN DES DEPUTES-TAVERNES

Comme me confiait un député strasbourgeois qui a eu la sagesse de se retirer (ou la faiblesse d’obéir à des consignes  ou à quelques chantages), donc qui a su, lui, tirer leçons du besoin de rupture mis en relief par Sarkozy et ...Marianne : 

« Je ne suis pas mécontent d’arrêter. Avec Schneider, Jung, Bur et quelques autres nous étions les derniers députés d’un style classique qui est dépassé. Nous avons changé de siècle, d’époque. Il faut du sang neuf, de nouvelles méthodes. Il faut redonner aux parlementaires leur rôle de Législateurs.  Les élus du peuple ne doivent pas être des super assistantes sociales et il faut en finir avec la confusion des compétences. Un député, c’est un député, pas un élu local, cantonal ou régional. » Eh! oui, comme dirait Degas; le temps des "députés Tavernes ", des députés de brasseries et de bistrots se termine. Tout change...

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Belle lucidité, non ? Cet ex-centriste (mal) digéré par l’UMP pourrait retrouver sa vraie famille au MoDem. Son expérience y serait utile. En plus, il a un bon sens politique , une excellente mémoire et  un esprit vif. Hommage sincère lui soit rendu. Mais son suppléant devenu remplaçant répond-il aux critères des "députés de la rupture"? Je n'ai qu'un avis très  personnel et poeu optimiste pour l'esprit de rupture...

(Pardon, vous ne connaissez pas André Schneider? Si vous n’habitez pas  Strasbourg, c’est logique... même  dans cette Ville il n’est guère connu. Excusez-moi, vous ne connaissez pas Armand Jung ? Même réponse.... Pardon à mes lecteurs internautes non alsaciens : cette chronique s’ancre de plus en plus dans le terroir. C’est dans la logique de ces Législatives qui sont nationales par le jeu des étiquettes et très locales en raison des détournements de la fonction législative… ) 

 

Clin d'oeil dominical, en pensant à la France hypnotisée... 

 

Un bon coup de crayon, Christian Antonelli, talentueux donneur de coups de griffes...

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Mais tout cela n'a rien de grave, ce dessin de Charlie en témoigne....

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Puisqu'on essaie de rire, je ne résiste pas à vous inviter à jouer un peu; Révélez votre pensée secrète dominante, en ce moment... c'est beau l'hyponose collective, l'illuionsime et la propogande efficace: m^me ceux qui vous critiquent font votre jeu. Après le TTS, voici (pour combien de temps? ) le RSS (Rien Sauf Sarko). Elles et ils ont bien du mérité celles et ceux qui n'ont pas joué à l'UMP, ce jeu qui rapporte plus que le PMU quand on veut faire de la politqiue... VOUS CLIQUEZ: Ce n'est qu'un TEST...
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Daniel RIOT

02/06/2007

STRASBOURG 1: Une primaire triangulaire à droite, ou Sarkozy sur trois affiches...

Le carnet de campagne de Daniel RIOT : Le «renouvellement politique » n'est que du bluff... sauf au MoDem où nécessité (positive) fait (excellente) loi.

Parité: De la poudre aux yeux

Mettons le MoDem à part : nécessité (positive)  fait Loi (positive). En  l’occurrence,  c’est bien. Excellent même : 501 nouveaux candidats, dont des jeunes, des femmes, des représentants de la société civile et  de ce que l’on appelle les minorités « visibles ». Mais dans les autres partis… L’UMP, qui ne respecte en rien la parité (elle a les moyens de payer les amendes !), refuse de publier des statistiques. Conformisme, conservatisme et gérontocratie… Le PS qui ne cesse de parler de renouvellement affiche 55 « nouveaux » sur …535 ! De qui se moque-t-on ? 

 

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"Le renouveau mis en avant par les partis, c'est de la poudre aux yeux", tranche le politologue Dominique Reynié, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris, pour qui l'avancée dans le domaine de la diversité est "homéopathique". Parmi les 7 639 candidats, on compte 3 177 femmes, soit 41,6 %, un taux en augmentation de 2,7 points par rapport à 2002. Insuffisant, selon Dominique Reynié : «  L'Assemblée nationale ne comptera pas plus de femmes qu'en 1946-1947 ! »

Pour  cause : les candidats du renouveau sont présentés dans des circonscriptions difficilement gagnables, voire perdues d'avance. « Les partis restent des organisations conservatrices et ne peuvent s'empêcher de préserver les intérêts des sortants », estime Dominique Reynié.  « Le problème, c'est qu'être élu est un métier à risque, ce qui favorise les candidatures de retraités et de fonctionnaires, déplore. C'est aussi pour cela que l'ouverture des partis à la société civile, hors fonctionnaires, reste très limitée. »

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Pour faire avancer les choses, plus que sur la bonne volonté relative des partis, il faudrait compter sur des réformes institutionnelles, souligne le politologue. Il plaide pour "un statut de l'élu", qui offrirait par exemple une assurance sociale et un système de reconversion aux élus limités à deux mandats. Tiens, tiens : c’est ce que proposait Bayrou…

Les assemblées élues à la proportionnelle (élections régionales ou européennes), sont de loin les plus féminisées, souligne aussi M. Reynié. Outre le non-cumul des mandats, appliqué de façon très inégale par les politiques, il défend enfin l'importance de la "rotation des charges électives", qui limite le nombre de mandats dans le temps. Tiens, tiens, c’est ce que proposait Bayrou…

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Un peu gonflée, Ségolène…

Ah ! Si François Bayrou avait répondu à ses appels entre les deux tours de la présidentielle... Le Monde écrit :"Il aurait dû fusionner, il aurait eu Matignon, affirme Mme Royal en petit comité. Je ne sais pas comment le PS aurait réagi mais l'opinion aurait suivi, les Français auraient adhéré, c'est la rénovation qu'ils voulaient... A un moment, l'histoire passe, il faut la capter. Il a manqué d'audace."

Comme si l’engagement de Bayrou pouvait se résumer à l’horizon Matignon. Comme si le poste de premier ministre ne lui avait pas été proposé (entre autres ministères importants. Comme si l’on pouvait oublier les attaques injustes et inféodées dont Bayrou avait été victime de la part de Ségo avant le premier tour.   Comme si les enjeux politiques se résumaient à ce type de calculs… Drôle de conception de la refondation du PS et de la rénovation de la politique ! 

Depuis le 6 mai, l'ancien candidat centriste n'a plus donné signe de vie, regrette-elle. Et alors ? Vous voulez son portable, Madame ? Bayrou ne passe pas d’une soumission à l’autre : Le Centre, c’est le Centre ! Il faut le savoir à gauche, comme à droite.  Mais, à l'avenir, rien n'est exclu , précise Le Monde, puisque Mme Royal revendique un PS ouvert, "sans frontière". "Localement", avec le MoDem, "il va se passer des choses pour les municipales", pronostique l'ex-candidate et future patrone du PS

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Cette ouverture-là fera partie du travail de rénovation auquel devront s'atteler les socialistes après les législatives avec, chez Mme Royal, le dessein de recourir de nouveau à la méthode des débats participatifs. Dans ce cadre, elle compte réfléchir sur le succès du slogan de Nicolas Sarkozy "travailler plus pour gagner plus" comparé à la recette "traditionnelle" de l'augmentation du Smic à 1 500 euros. Il est temps ! Elle devrait (enfin) lire le projet de… Bayrou !

Le refuge des amateurs de rata: Les niches du PSLE

Finalement Morin, le Ministre de l’attaque contre Bayrou et son « armée orange » a bien fait de créer le PSLE, « Nouveau Centre »... d’accueil des opportunistes et des invertébrés du Marais, des amateurs de soupe (ou plutôt de  rata), des orphelins de l’idéalisme, des gloutons de pouvoir et des honneurs…Ils peuvent y entrer en gardant leurs godillods aux pieds... 

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Au-delà des machines  à réélections d’une poignée de notables  du centrisme borgne, le PSLE offre un abri pour les bisés du grand écart, les schizophrènes de l’engagement politichien qui dans nos belles provinces et nos villes voudraient être plus « umpiste » que l’UMP tout en se recommandant du centrisme, plus sarkozyste que Sarkozy tout en restant fidèles aux idéaux  du christianisme social, aux principes de subsidiarité et aux messages européens de Robert Schuman.

Exclus de l’UDF-MoDem, ils trouvent dans le PSLE (Parti social libéral européen, un nom qui sonne comme une partie de la droite extrême italienne)  la niche qui leur manquait. Cela favorise les clarifications. Même si "on" triche encore avec des étiquettes usurpées, histoire de tenter de prendre les électeurs pour des gogos. Quel sens du respect de l'électeur chez ces usurpateurs! Je le vois sur Strasbourg : un microcosme qui mérite une étude de politologie sérieuse…  

L’élan Sarkozy à tous les niveaux…L'immobilisme en mouvement

Oh ! Ils l’aiment Sarkozy ! Et ils s’en inspirent dans leur campagne !  Dynamisme, volontarisme et culture intensive d’une communication efficace ! Décomplexés, les champions du Superchampion d’une France qui hésite encore entre une nouvelle Monarchie de Juillet, un Second Empire (bis) et une République bananière d’un type russo-texan futuriste…

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A Strasbourg, Yves BUR n’hésite pas à mettre en relief un slogan qui fait mouche : « Mettre la France en mouvement » (dna de ce matin) . Le seul problème, c’est qu’il en est à sa quatrième campagne. Qu’a-t-il fait pendant ses mandats précédents ? Il a plongé la France dans l’immobilisme ? C’est cela le miracle Sarko : le pompier sait faire oublier qu’il fut pyromane…

Des primaires triangulaires à droite à Strasbourg I

Puisque je parle de Strasbourg, les admirateurs de Sarkozy dans la première circonscription,  ont une chance fantastique.  Ils ont, au premier tour des Législatives, le choix entre trois candidats… Qui disait que  Sarkozy  faisait des rêves de parti unique ? Qui disait que le même Sarkozy avait repris à son compte le thème du « rassemblement » De très mauvaises langues.

Je résume pour les non initiés sans entrer dans les détails villageois…

medium_mégalomane.JPG"moi, mégalo?"

>>>Le consultant  zig-zag et mégalo-gentil

Première affiche:Un consultant (international, bien sûr !) qui a crée son propre parti pour la circonstance... et l'avenir. Pas mégalo du tout, ce déjà vieux jeune homme… Ou plutôt un mégalo gentil. Qui sait donner de la voix saans ouvrir ses oreilles.  "Schaff n’a", selon un de ses amis,  "qu’un problème dans cette campagne : ne pas dépasser les budgets autorisés"… La faim justifie les moyens, non? Et on ne va pas critiquer ceux qui en travaillant plus  dépensent plus. Ce n'est pas dans l'air du temps. De ce temps où Guizot hante les palais présidentiels. "Enrichissez-vous!"

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C’est le candidat zig-zag : il a frappé à la porte de Sarko, puis de Bayrou avant de re-sonner chez Sarko. Ses références locales ? Il a été conseiller d’un ancien maire fort respecté, Marcel Rudloff, qui a perdu les municipales parce qu’il… était mal conseillé ! C’est prometteur, non, pour cet expert en consulting aux références impressionnantes ?

>>> « La Grande Dame Hermès »

Deuxième tête d'affiche: Une Grande Dame, vice-présidente du Conseil régional, qui fait du social comme on aimait en faire  à l’époque des dames patronnesses. Quand Daumier moquait les riches généreux sur leurs blacons...

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Moi, je l’aime bien, cette femme de classe: Elle a un coté mère poule de l'époque des crinolines  rassurant. Je l’estime beaucoup parce qu’elle a du caractère, la Dame. Et parce qu’elle  mérite mieux que le mépris dans lequel ses (faux) « amis » qui dirigent la municipalit... Ils l’appellent la « Candidate Hermès » ou « Miss Chanel », « CocoCaldé »,  comme si le textile et la parfumerie  de luxe n’étaient pas une richesse et une fierté nationales! Ou encore la "Bourge aux dents longues". Ce qui est tout simplement stupide. Dormez, madame. Et rêvez... Ce sont eux qu'aujourd'hui Daumier croquerait... 

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Je l’aime bien surtout (c’est sans doute mon coté Zorro!)  parce qu’elle est victime d’une injustice de parti : elle a été exclue de l’UMP après avoir été encouragée à juste titre à se présenter par de nombreuses personnalités UMP dont Adrien Zeller. Mais  le « Tandem UMP » qui veut que les vélos  grillent les feux rouges  dans la Ville a toujours  craint sa forte personnalité. Il  lui a préféré la filleule de Madame la maire, un "membre de notre exécutif qui a toujours été loyale", dit Robert Grossmann. C’est beau l’esprit de famille, non ? Il est des moments et des leiux où il vaut mieux regarder le ciel...

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>>> La filleule docile

La troisième affiche, qui se voit en tout en haut, c’est cette filleule, précisément. Avec elle, le « tandem UMP » peut devenir un tricycle….Elle a déjà, sur un plateau de télévision, les sourires amusés et blasés de ceux qui (la fonction créant l’organe) se protègent par une arrogance teintée de mépris pour celles et ceux qui osent la contredire (ou plutôt être en désaccord avec les fiches soigneusement apprise par cœur qu’elle récite bien). C’est dommage. Elle aurait été mieux , à meilleure école, sans doute.

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Mais, elle se voit déjà gagnante, cette femme qui pourrait être si charmante : la vague bleue la porte. Elle en est sûre. D’ailleurs, elle doit adorer l’écume… Et elle se dépense, avec sa marraine, la machine UMP, les jeunes sarkolâtres de l'UPS, les "convoqués d'office", les réquisitionnés,   les exclus de l’udf, les ambitieux en quête d'éligibilté aux prochaines municipales... C'est de la grande distribution: tracts en masse, promesses à la pelle, bonbons (dans les maisons de retraite) et sourires magnétiques…

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La vague la portera, c'est sûr … ou la noiera ! Le surf, c’est risqué. Surtout quand les requins ne sont pas loin... Surtout pour les non « décomplexés » : cette UMP, comme tant d’autres en cette belle Alsace, se recommande du centrisme, non de la droite… La publicité mensongère, cela existe en politique? Quand la gêne reste plus forte que le cynisme...

Le handicap de la femme lisse : Le « tandem UMP »

Elle a un petit handicap, cette jeune femme bien lisse : elle n’a guère l’étoffe d’une députée.Y compris de l'avis de quelques uns de ses "soutiens".  Mais, si on la compare aux autres sortants de l’UMP dans la Ville, ce n’est pas grave : André Schneider la guidera… Il adore jouer les tuteurs de jeunes femmes, cet ancien proviseur sympathique et bon vivant qui tient son fief, comme il tenait sa cour de récréation.

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Cette jeune femme lisse  a un autre handicap un peu plus pesant, mais c’est un crime de lèse-majesté de le dire : Le « tandem UMP » qui la pousse, la tire, la soutient, n’a pas l’art de se faire beaucoup aimer dans cette Ville qui, comme dit l’ancien conseiller Zig-Zag de Rudloff, « mérite vraiment mieux et doit regarder au-delà de Schiltigheim » (la ville voisine qui n’est pas  mise en bière malgré  la crise des brasseries). Bref, pour elle, le "Tandem UMP ", c’est tout :le meilleur (en terme de promotion) et le pire (en termes de valorisation). Quelle communication complexe....

Mais son programme est très fort : "Je veux donner une majorité au président Sarkozy ". Comme s’il n’était pas sûr de l’avoir… Tout est dit.  Cela ne doit pas être très drôle de quémander des « votes utiles"  en jouant d’avance les inutilités pendant cinq ans. En matière d'émancipation politique, il nous reste des efforts à faire, en dépit des progrès accomplis depuis Daumier...

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Le « vote utile et efficace » : MoDem

Je sais : on va me dire que j’écris cela parce que je soutiens personnellement (avec force, conviction et clarté) la SEULE candidate du Centre dans cette circonscription. (Comme je soutiens, entre autres, la fantastique mais trop méconnu  Bornia Tarall et son suppléant Marc Merger dans le secteur de Schneider, ou la jeune Anne Meunier dans le fief de Bur)….

Oui, c’est vrai. Et alors ? Cela ne m’empêche pas de faire des remarques  pertinentes,, dictées par des constats de réalité. Et ce que je dis n’engage que moi. "Arrête ton délire" vont me redire mes amis de droite (j'en ai encore quelques uns; à gauche aussi, d'ailleurs)

Si méchanceté légère, il peut y avoir, elle n’est que très homéopathique… si on la compare aux attaques sournoises, perfides, acrimonieuses, haineuses, diffamantes, infamantes et mensongères que subit depuis des années (ce matin encore dans les dna de la part d’un élu municipal qui rêvait d’être candidat !) Chantal Cutajar, la candidate de l’UDF-MoDem dans la « UNE »…

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D’ailleurs, je ne suis  méchant envers personne : que celles et ceux qui se sentent offensés daignent me croire. Je crois seulement  aux vertus de l’ironie justifiée. L’humour acide est un révélateur. Et  la politique n’est pas toujours tragique… Heureusement !

Je voulais juste mettre en relief la chance des électeurs sarkozystes de la première  circonscription …

Ce n’est pas partout qu’ils  sont trois  à faire ainsi la même offre pour la même demande. C’est une situation d’intérêt national.

Il est vrai que l’emballage du produit n’est pas le même chez les trois : les rêves mégalos et  impossibles sur papier glacé chez le premier, de vraies convictions  chez la deuxième et une docilité d’élève modèle chez la troisième (qui rêve d’être première).

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En termes  de « vote utile et efficace », ce n’est pas sur ces étals-là qu’il faut chercher, bien sûr, même si l’on a voté Sarkozy à la Présidentielles ! On peut être pour Sarkozy sans être sarkolâtre, heureusement. Et sarko-compatible sans être sarko-soumis. Un bon député, c’est un élu à l’esprit critique, donc LIBRE, et CONSTRUCTIF, donc nuancé et sans œillères partisanes. En sport, on peut être « supporter inconditionnel », pas dans les affaires publiques   Mais c’est là une affaire de conscience, non de consigne, comme on dit (avec raison) au MoDem.

J’arrête là. Un jus d’orange m’attend. Je n’ai jamais aimé autant les oranges…Bayrou aurait dû se faire sponsorisé : c’est tout de plus haut en couleur, plus riche en sens, plus chargé de vitamines que le « mangez des pommes » de Chirac. C’est une pomme qui a fait de nous de pauvres pêcheurs, non une Orange. «La terre est bleue comme une orange », chantait Paul Eluard …

Daniel RIOT

 
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