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12/08/2007

L'union européenne face au Pôle Nord: Quelle stratégie?

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT « Arctique, ou comment le réchauffement climatique débouche sur un refroidissement des relations diplomatiques ». Le Monde consacre son édito à un sujet que Relatio suit de près depuis quelques semaines, parce que ces glaces (qui fondent) sont devenues des terres de rivalités et de conflits qui confirment que le nouvel ordre mondial promis ressemble à des ordres très anciens, ceux des grandes découvertes et des drapeaux plantés : « j’y suis, je possède »… LIRE LA SUITE >>>>>>

03/08/2007

France-Libye : Effets « boomerang » d’un coup de com’ trop réussi

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

Raison d’Etat ? Tout le monde comprend, même si cela rime souvent avec déraison d’Etat… Bataille entre marchands d’armes pour tirer parti du marché libyen, il y a. La France qui fait une partie de son beurre avec des canons signe de « gros contrats » avec Kadhafi. On se pince le nez et on oublie la morale. Soit. EADS confirme des contrats négociés depuis longtemps, presque conclus en février 2004, et  il n’y a plus d’embargo sur les ventes d’armes en Libye depuis 2004. Il n’y aurait donc que peu de choses à en dire…sauf sur le moment et les conditions de l’annonce.

« Affaires » d’Etat ? C’est déjà plus trouble et plus troublant… Le secret d’Etat devient cachotterie sale avec les lignes rouges de l’inadmissible franchies la plupart du temps. Certes, comme disait un ancien ministre travailliste, «  Tous les pays et tous les régimes ont  des cadavres dans leurs placards », mais il y a des degrés en tout, y compris dans l’horreur. Ou le cynisme et la manipulation.

Mensonges d’Etat ? On ne les compte pas. C’est d’ailleurs l’une des faiblesses des démocraties et l’une des raisons du discrédit de la politique. Les régimes totalitaires reposent sur des mensonges institutionnalisés. Les démocraties, elles, se fondent, en théorie,  sur le principe de réalité, donc de vérité, de transparence, de franchise. Surtout quand les détenteurs du pouvoir ont mis  à leur programme, une « République irréprochable »…

Que la polémique sur les contrats libyens s’amplifie est dans l’ordre du normal et de la logique. D’autant plus que l’opération « Sauvetage à Tripoli » a  d’abord été une « opération » de communication, comme Sarkozy sait les construire et les mener. « Retour de bâton »,  dit le Monde. « Une opération de com’ qui a mal tourné », constate Libération. C'est plutôt un choc en retour d'un coup de com' trop réussi et trop fêté, avec ostentation et précipitation.

Une tempête de sable ? Des doutes et des soupçons bien compréhensibles. D’autant plus que les déclarations officielles faites par l’Elysée ou des ministres (Kouchner, Morin…) ne démontrent rien comme tout ce qui vise à trop... démontrer.

Crédibilité internationale recouvrée ou non, Kadhafi n'est  pas  un chef d’Etat « normal »… onne doit pas traiter avec lui avec avec un honnête homme. On ne doit surtout pas oublier que les soigants bulgares ont d'abord été victimes d'une "prise d'otages d'Etat". Qui est plus est, les concessions françaises n’engagent pas que la France, mais l’Union européenne et, au-delà, la « communauté internationale ». Et les propos du fils de Kadhafi au Monde, même  inspirés par des considérations de politique intérieure libyenne, confirment surtout que l’Etat voyou utilise encore des méthodes de voyous.

Le PS réclame une mission d’enquête parlementaire. Il est dans son rôle, même si en matière de politique africaine il n’a guère de leçons à donner. Le problème c’est que dans la législation actuelle, ce type de commission n’a guère de pouvoirs d’investigation. Saura-t-on sur ce point s’inspirer de ce que peut faire la Congrès américain ? Il est plus que temps…Mais Sarkozy, sur des dossiers tels que celui de la Libye, le président en serait la première victime. En plein « état de grâce »…

Daniel RIOT        

01/08/2007

Alzheimer: Sarkozy va "mettre le paquet"...mais avec quoi et comment?

Un Plan Alzheimer ? Oui, bien sûr. Il le faut. Pour améliorer ce qui doit l’être, dans l’accueil des malades, dans l’accompagnement des proches, dans les dépistages (de bons progrès ont été accomplis) et pour donner aux chercheurs les moyens qui leur manquent. Pour ces maladies plus encore que pour d’autres, l’avenir est dans les labos, le salut ne peut venir que de la recherche.

Ce n’est pas le Président d’AREMANE, Association pour la recherche sur les maladies neurodégénératives, que je suis, qui dira le contraire. C’est à la fois affaire de moyens et de méthodes.

Mais comment oser mettre en parallèle ce plan et les mesures qui doivent être prises pour réduire les déficits de la sécurité sociale et l’augmentation inéluctable des dépenses de santé, inéluctable en raison des évolutions démographiques ?

Cela porte atteinte à la crédibilité de l’annonce du « plan » : souvenirs d’une époque où les vignettes auto allaient servir à améliorer la situation des personnes âgées…D’ailleurs, si l’on en croit les premières estimations, ces mesures ne rapporteront qu’1 milliard d’euros alors que le déficit sera de 6,5 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 60 milliards de déficit accumulés sur les cinq années précédentes». Alors  que restera-t-il pour (ou plutôt contre) Alzheimer et les cancers. Avec quoi allons-nous « mettre le paquet » ?

Cela entraîne aussi des critiques bien légitimes dont il vaudrait mieux politiquement se passer si l’on veut que les budgets santé du pays soit effectivement l’affaire de tous. La forme rejoint le fond. En l’occurrence, Sarkozy, célébré dans les magazines comme l’un des personnages « les mieux habillés de la planète » (sic) manque d’élégance…

Comment en effet ne pas être d’accord avec le PS sur ce point : le gouvernement «utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale ». Et il est logique que les socialistes (et d’autres) mettent ainsi en parallèle les «13 milliards de cadeaux fiscaux» voté en juillet «pour une poignée de privilégiés».
Principale annonce visée: la mise en œuvre de trois franchises médicales. A partir de l’an prochain, les patients pourraient avoir à payer, 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicament, 50 centimes sur chaque acte paramédical et deux euros sur chaque recours au transport sanitaire, jusqu’à un plafond de 50 euros par an. On calcule cela comment ?  

Les familles les plus modestes devraient être exemptées mais on ne connaît pas encore le seuil. Les femmes enceintes et les « grands malades » aussi. Mais dans quelles conditions ?  

Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui regroupe des associations de malades et des familles de malades, dénonce «la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité». «Les malades trinquent pour les malades (…), car les bien portants ne consomment pas de médicaments, ni de transports médicalisés, ni d’actes paramédicaux», affirme le collectif qui prédit que «dans dix ans, l’assurance maladie remboursera péniblement 50% au lieu de 75% faute d’avoir réfléchi à temps à des solutions pérennes de financement de notre système de santé».
Des réserves se sont exprimées au sein du gouvernement même, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, ayant proposé, pour atténuer les injustices qui pourraient en découler, la création d'un «bouclier sanitaire» qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. Ce n’est visiblement pas la philosophie d’action qui animait Sarkozy ce mardi…

Daniel RIOT

  

Alzheimer: Sarkozy va "mettre le paquet"...mais avec quoi et comment?

Un Plan Alzheimer ? Oui, bien sûr. Il le faut. Pour améliorer ce qui doit l’être, dans l’accueil des malades, dans l’accompagnement des proches, dans les dépistages (de bons progrès ont été accomplis) et pour donner aux chercheurs les moyens qui leur manquent. Pour ces maladies plus encore que pour d’autres, l’avenir est dans les labos, le salut ne peut venir que de la recherche.

Ce n’est pas le Président d’AREMANE, Association pour la recherche sur les maladies neurodégénératives, que je suis, qui dira le contraire. C’est à la fois affaire de moyens et de méthodes.

Mais comment oser mettre en parallèle ce plan et les mesures qui doivent être prises pour réduire les déficits de la sécurité sociale et l’augmentation inéluctable des dépenses de santé, inéluctable en raison des évolutions démographiques ?

Cela porte atteinte à la crédibilité de l’annonce du « plan » : souvenirs d’une époque où les vignettes auto allaient servir à améliorer la situation des personnes âgées…D’ailleurs, si l’on en croit les premières estimations, ces mesures ne rapporteront qu’1 milliard d’euros alors que le déficit sera de 6,5 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 60 milliards de déficit accumulés sur les cinq années précédentes». Alors  que restera-t-il pour (ou plutôt contre) Alzheimer et les cancers. Avec quoi allons-nous « mettre le paquet » ?

Cela entraîne aussi des critiques bien légitimes dont il vaudrait mieux politiquement se passer si l’on veut que les budgets santé du pays soit effectivement l’affaire de tous. La forme rejoint le fond. En l’occurrence, Sarkozy, célébré dans les magazines comme l’un des personnages « les mieux habillés de la planète » (sic) manque d’élégance…

Comment en effet ne pas être d’accord avec le PS sur ce point : le gouvernement «utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale ». Et il est logique que les socialistes (et d’autres) mettent ainsi en parallèle les «13 milliards de cadeaux fiscaux» voté en juillet «pour une poignée de privilégiés».
Principale annonce visée: la mise en œuvre de trois franchises médicales. A partir de l’an prochain, les patients pourraient avoir à payer, 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicament, 50 centimes sur chaque acte paramédical et deux euros sur chaque recours au transport sanitaire, jusqu’à un plafond de 50 euros par an. On calcule cela comment ?  

Les familles les plus modestes devraient être exemptées mais on ne connaît pas encore le seuil. Les femmes enceintes et les « grands malades » aussi. Mais dans quelles conditions ?  

Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui regroupe des associations de malades et des familles de malades, dénonce «la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité». «Les malades trinquent pour les malades (…), car les bien portants ne consomment pas de médicaments, ni de transports médicalisés, ni d’actes paramédicaux», affirme le collectif qui prédit que «dans dix ans, l’assurance maladie remboursera péniblement 50% au lieu de 75% faute d’avoir réfléchi à temps à des solutions pérennes de financement de notre système de santé».
Des réserves se sont exprimées au sein du gouvernement même, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, ayant proposé, pour atténuer les injustices qui pourraient en découler, la création d'un «bouclier sanitaire» qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. Ce n’est visiblement pas la philosophie d’action qui animait Sarkozy ce mardi…

Daniel RIOT

  

Prisons : la situation française restera un scandale européen

09f05faa82778497ff523d145806b2fa.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT Trop peu, c’est trop peu. Qu’en pense Mme Boutin, ministre qui a tellement milité pour que les prisons française cessent d’être un scandale européen ? Une réforme qui s’inspire (trop peu et mal) de ce qu’ont fait les Anglais avec d’autres moyens (41 inspecteurs qui peuvent exercer leur droit de regard à tout moment). Des crédits qui relèvent d’une charité d’Etat qui ne vise qu’à donner bonne conscience à vil prix. Aucune perspective d’une amélioration dans un avenir prévisible avec des locaux vétustes et surpeuplés et une population carcérale qui ne cesse d’augmenter…

Sarkozy ne fait pas mieux que ces prédécesseurs : la prison française restera une école du crime et de la récidive, donc de l’insécurité publique. Quel manque de cohérence !

Rachida Dati n’y peut sans doute rien, mais le fait est là : sa réformette ne tient pas compte des réalités décrites, avec objectivité, dans des rapports en séries qui dénoncent depuis des années ces violations légales des droits de l’homme et ces atteintes à la dignité humaine provoquées par un système qui faisait déjà la honte de la France avant la guerre de 39-45.

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Les personnels n’en sont évidemment pas responsables : eux aussi sont victimes de l’incurie politique. On mesure effectivement le degré de civilisation d’une société à l’attention portée  à ceux qui vivent  en marge. Mais l’opinion n’a sans doute pas assez conscience que la sécurité civile dans les villes et dans les campagnes se joue d’abord dans les prisons.

d665e33bb2143854e2ade2d001094ebe.jpgCondamner pour « payer » ses mauvaises actions, oui ; condamner à la prison pour protéger la société, oui. Mais emprisonner pour rééduquer, soigner, préparer la « sortie ». On comprend et partage la consternation de l’Observatoire international des prisons, les associations, les organisations professionnelles : après le rapport fait par le commissaire au droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, tout être sensé pouvait espérer un vrai plan de réformes.

Ce ne sera pas pour cette année… Dommage et inquiétant ; pas pour le « confort » des détenus, comme on le lisse trop dire, mais pour cette sécurité, cette sûreté qui imprègne tous les discours mais est bien mal servie. Les petitions sur "Halte aux prisons de la Honte" n'auront servi à RIEN.

Daniel RIOT

Voir les informations sur DpJ, le Droit pour la justice >>>>

Se reporter à l’excellent dossier du Nouvel observateur >>>>

28/07/2007

La première contre-performance diplomatique de Sarkozy

Leçon d’une mini tournée : Apprendre à mieux connaître l’Afrique

c80c2d5d6e039a526dfe54f6ab9612fb.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT

Trop, trop vite, trop maladroitement… En politique étrangère, le « Super Président hyperactif et omniprésent » vient de recevoir quelques coups et quelques leçons qu’il aurait tort de prendre par le mépris ou la rigolade…Sa mini tournée africaine est en fait sa première contre-performance diplomatique.

 

Il en fait trop. C’est évident. Et cela le fatigue. Cela se voit. Cette manière de presque s’endormir en conférence de presse  n’est pas qu’un manque de courtoisie à l’égard de ses hôtes. C’est une alerte médicale…

Il agit trop vite. Sa précipitation à aller embrasser Kadhafi est plus condamnable que sa volonté (dictée par le simple réalisme) de normaliser les relations avec une Libye qui joue effectivement un grand rôle (pour le meilleur et pour le pire) au Moyen-orient, dans le bassin méditerranéen et en Afrique. « La hâte manifestée par le président de la République laisse un goût amer. M. Sarkozy voulait introduire de la morale dans la politique étrangère. Le cas libyen constitue au minimum un contre-exemple  Konaré critique violemment Sarkozy », souligne Le Monde.Un commentaire plutôt aimable par rapport à d’autres...

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Avec Bongo, "le doyen"

Cette précipitation qui se traduit par un « cavalier seul » érigé en règle de (mauvaise) conduite inquiète nos meilleurs alliés, partenaires et amis, les Allemands. Et c’est grave… Pour l’Europe, bien sûr, mais d’abord et surtout pour la France

Il agit trop maladroitement. Sa mini-tournée africaine a été un vrai festival de bévues, d’indélicatesses, de bourdes. Rien de dramatique, mais comme on sait, « le diable se cache dans les détails »…Son discours de Dakar a suscité un vrai tollé qu’il avoue publiquement …ne pas comprendre. C’est très mauvais signe… D’abord ce qui est dit est dit et on se demande pourquoi il éprouve en permanence ce besoin de se justifier, même quand il est peu justifiable. Ensuite, ce maître ès communication devrait se  souvenir que l’essentiel n’est pas ce qui est dit mais ce qui est entendu.

Or, ce qui a été entendu révèle une coupable méconnaissance de l’Afrique, un arrière fond culturel imprégné par les « chefs blancs » de jadis ou « Tintin au Congo », un manque de cohérence que l’on va finir par juger « inné » et des imprécisions dans les desseins assez troublantes. La force de conviction  de sa secrétaire d’Etat, RAMA YADE,  ce samedi soir sur  France 2, n’y change rien…

L'ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a jugé dans une interview à Radio France Internationale (RFI) que le discours de Dakar « n'est pas neuf dans le fond et rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque »,

37fb1d6c7def5c4cdf66300c0d53d10b.jpgAlpha Oumar Konaré (photo) a surtout été choque par les déclarations sur le paysan africain qui, selon Sarkozy,   « ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès ».

Alpha Oumar Konaré a également réagi au rejet de toute repentance affiché par Nicolas Sarkozy au sujet de la colonisation, même qualifiée de « grande faute ». « Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, je suis sûr que le président le sait (...) Personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains", a-t-il dit.

Indulgent et diplomate, le président de la  Commission de l’Union africaine a conclut : « Je suis certain que le président souhaite la rupture (...). Je pense que pour l'aider dans la rupture, il a besoin de mieux connaître l'Afrique et nous sommes prêts dans ces échanges avec lui ».

Il le faut en effet. Pour tenter de trouver des solutions aux problèmes en cours, le dernier étant le contentieux entre le Niger et Areva. Et pour approfondir le concept d’Eurafrique, un concept sur lequel travaillent aussi la Présidence portugaise et Louis Michel, l’excellent commissaire à la coopération et au développement, qui ne font pas  d’effets de manche,  et peu  de bruit mais préparent avec sérieux le sommet euro-africain qui doit se tenir à Lisbonne cet automne.

Ce sommet constitue à la fois un test et une chance.

>>>Un test : 40 chefs d’Etat et de gouvernement du « continent  noir » avaient participé au sommet sino-africain de novembre 2006. Combien seront-ils à Lisbonne ?

>>>Une chance : face aux poussées chinoises et américaines, mais aussi indiennes, japonaises et autres, l’Europe avec d’autres méthodes que celles de la « Françafrique » doit, comme Sarkozy dit le souhaiter, jeter les bases d’un partenariat nouveau.

Un partenariat qui implique, coté français, une vraie rupture avec des réflexes culturels d’un autre âge et des pratiques plus conformes aux règles du droit, à commencer par les textes anti-corruption. Un beau chantier, en effet… On compte sur la perfectibilité de Sarkozy qui doit être capable, s'il en prend le temps, de mieux travailler ses dossiers africains et cesse de confondre vitesse et précipitation:"les Blancs ont des montres, mais ils manquent de temps" dit un proverbe africain".

Daniel RIOT

RELIRE SUR RELATIO >>>>>

19/07/2007

Services publics en Europe : A quand un « service maximum » ?

a471a9eb7cd64c9c56a51a6fdf1b6c1a.jpgDECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT :« Service minimum » : c’est l’expression de ce mois. A quand de vrais débats sur le « service maximum » ? On peut rêver, et sourire…

Paradoxes français en série :

>>> On vote en urgence une limitation du droit de grève dans les services publics, notamment dans les transports, alors que la société n’est, en l’état, nullement paralysée par des grèves intempestives. Entre 1975 et 2000, le nombre annuel de jours de grève a été divisé par huit dans les entreprises privées. Dans les entreprises publiques et la fonction publique, en dehors des années 1995 et 2003, il reste globalement au même niveau.

>>> On veut des services publics de qualité et d’une fiabilité permanente (et on a raison).Or ce ne sont pas les grèves qui expliquent la plupart des dysfonctionnements qui perturbent les vies quotidiennes et l’activité économique : «  90% des perturbations dans les transports n'ont rien à voir avec la grève : elles sont le plus souvent liées à des incidents techniques », dénoncent les syndicats sans être démentis.

>>> On déclenche des colères et des inquiétudes qui pourraient se traduire par des … grèves à l’automne en s’attaquant à   un « mal français » dans ses effets et non dans ses causes. Car « mal français », il y a. Socialement. Syndicalement.Politiquement.

0043a8219b06bcc3cbdadf9a95b22b51.jpgAutre paradoxe français: Alors qu'elle connaît le taux de syndicalisation le plus faible de tous les pays développés (7 %), la France enregistre le plus grand nombre de journées de grève par an.

 Rappel : en Suède, le taux de syndicalisation est de 91 %, de 80 % au Danemark, et de 32 % en Angleterre... Pays qui pourtant ne sont pas coutumiers des grèves. Cette faiblesse quantitative et qualitative de la responsabilité et de la représentativité syndicales explique en partie la médiocrité de notre « démocratie sociale » ou plus simplement du «  dialogue social », de la « concertation sociale »…

Mais nous ne sommes pas dans une logique d’efficacité à long terme. Nous sommes dans la psycho-politique, dans la socio-gouvernance. Le service minimum était l’une des promesses électorales de Nicolas Sarkozy. Promesse doit être tenue : c’est bien…(sur la dette aussi, il y a eu quelques promesses, semble-t-il,  c’est un autre sujet …)

Et Fillon, le chef de chantier de Matignon, n’a qu’un argument sérieux qui caresse l’opinion dominante dans le sens du poil : « ce service minimum, les Français le veulent depuis des années, nous devons leur donner ». Ras-le-bol d’en avoir ras-le-bol, donc.

1b61e38df24407296d1e3ea5673d4fbf.jpgComme si les grévistes faisaient grève par plaisir pour gêner leurs concitoyens. Et comme si eux-mêmes n’étaient pas gênés quand des grèves touchent d’autres secteurs que le leur, ou des champs d’activité dont ils sont tributaires… C’est étrange que cet aspect là ait été aussi peu mis en relief dans les débats : le droit de grève, si chèrement conquis, est aussi un droit à la digité. Mais efficacité d’abord et culture du résultat.  Pas seulement dans les transports,  d’ailleurs. Dans l’éducation nationale aussi. Et ailleurs…  

Argument supplémentaire pour le gouvernement Sarkozy :En Europe, de nombreux pays ont déjà recours à ce « service minimum » que les Français connaissent déjà d’ailleurs dans plusieurs secteurs (dans les stations de radio et de télé de service public, par exemple)…

Au fait, ce type de problème, c’est du ressort national au nom de la « subsidiarité » on ne devrait-on pas tenter une harmonisation communautaire ? Il est vrai que d’autres chantiers de « l’Europe sociale » sont encore plus urgents à ouvrir ou à conduire…

Daniel RIOT

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Grève dans les transports parisiens en ...1891

REPERES :

Voici la législation dans les pays européens en cas de grève dans les services publics.(repris sur NouvelObs.com) 

- ITALIE: service minimum en théorie dans une quinzaine de secteurs publics essentiels (eau, gaz, téléphone, urgences médicales, collecte des ordures, information radio-télé publique, transports, éducation...). Grève interdite aux heures de pointe, matin et soir, pour les avions, trains et communications maritimes. Nombre minimum de liaisons ferroviaires nord-sud et est-ouest garanti. Grève illégale durant les périodes électorales, à Noël, Pâques, et le 15 août.

- ESPAGNE: principe du service minimum consacré par la Constitution, avec des "garanties nécessaires pour assurer le maintien des services essentiels de la communauté".
- ALLEMAGNE: aucune loi en ce domaine, mais grèves rares et limitées. 30% des 250.000 salariés de la compagnie ferroviaire sont fonctionnaires, sans droit de grève, les autres ont le statut d'employés avec droit de grève.

 - GRANDE-BRETAGNE: pas de service minimum mais les grèves sont rares. Les menaces de grève sont en revanche relativement fréquentes, mais un consensus est généralement trouvé in extremis. Fait inhabituel, une partie du personnel au sol de la compagnie aérienne British Airways a mené une grève sauvage pendant 2 jours en août 2005 à l'aéroport londonien de Heathrow.

 - BELGIQUE: aucun service minimum dans les transports publics.
- PAYS-BAS: aucune loi n'oblige à un service minimum. Mais le chef d'une entreprise en grève peut saisir un juge qui décide, en référé, d'interdire ou non la grève ou d'en limiter le cadre.

 - DANEMARK: la plupart des employés de la compagnie ferroviaire nationale ont un statut de "fonctionnaires d'Etat" leur interdisant la grève. Les employés des compagnies d'autobus peuvent faire grève.

 - PORTUGAL: service minimum pour tous les services publics.

 - GRECE: loi prévoyant la possibilité de mobiliser un "personnel de sécurité" pour un minimum de services, pour tout le secteur public. Mais en pratique, il est respecté en général seulement pour les grèves de contrôleurs aériens et dans les hôpitaux.
- SUEDE: hormis certaines missions "stratégiques" (police, secours...), pas de service minimum.

 - AUTRICHE: pas de service minimum, mais grèves rares.

 - FINLANDE: pas de service minimum légal, mais celui-ci est négocié, si nécessaire, branche par branche.

 - POLOGNE: pas de loi sur le service minimum, mais interdiction de cesser le travail si cela met en danger la santé ou la vie humaine, ou la sécurité d'Etat. Pas de droit de grève pour les fonctionnaires des services d'ordre et des administrations publiques.
- ROUMANIE: en cas de grève dans le secteur public, obligation d'assurer un tiers des services.

A VOIR

 LE DOSSIER D’Euractiv.fr

 

Présentation et organigramme du ministère du travail

Une fiche sur le service minimum (wikipédia)

L’organisation d’un service minimum en cas de grève (Sénat)

Informations sur le droit de grève

Une fiche sur le service public en Europe

18/07/2007

La France en Europe : Sarkozy ou le "très vite" ...

 La vraie « rupture » de Sarkozy: Le rapport au temps

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT

Il n’a pas enfourché de vélo, mais il a fait « son » Galibier ! Dur, dur, de suivre les pas de Nicolas Sarkozy, aussi hyperactif qu’omni présent. Superman à l’Elysée : A vous couper le souffle ! Mais à quoi « marche-t-il », docteur, pour courir aussi vite et (déjà) aussi longtemps, sans ces pauses que … même le Créateur s’imposait le septième jour?

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Les vertus aphrodisiaques du pouvoir conquis avec brio, les dopages de la convoitise satisfaite, de l’ambition couronnée et de la concupiscence jamais assouvie n’expliquent pas toute cette énergie folle, dépensée et dispersée… Le jus d’orange non plus.  Même pour un modeste observateur curieux de tout et soucieux de comprendre (un peu) ce qui se passe dans ce « beau et grand pays », cet « homme pressé » finit par oppresser. Le « style Sarko » reste d’abord un « mystère Sarko ».  

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En plus, il est bon, le bougre ! Génial, à sa façon. Génial, non comme le cheval qui écoeura Musil du journalisme, mais comme ces êtres qui répondent, dans leurs champs d’action,  à la définition de Paul Valéry : « le génie est une habitude que prennent certains ».

Avec cet art du politique, joueur d’échecs en pleine réussite,  qui sait toujours avoir un « coup d’avance ». Avec cette intuition du chasseur, jamais à court ni de munitions et ni  d’inspiration,  qui réussit à atteindre ce qu’il vise même quand sa cible paraît hors de portée.   Avec ce magnétisme envoûtant du prestidigitateur  fascinant qui finit non par surprendre, mais par prendre. Avec ce charisme si peu définissable …

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Cette « bête de scène » excelle dans tous ses jeux de rôles (y compris dans celui de la sincérité travaillée, de la spontanéité calculée et de l’improvisation préparée a su, comme quelques prédicateurs américains, adapter les recettes classiques des « meneurs d’hommes », des « guides des foules » aux impératifs cathodiques des « enfants de la télé »…

Pour couronner le tout, il a toutes les vertus dont la France avait besoin pour sortir du chloroforme chiraco-jospiniste : le « ronfleur du G8 » nous faisait perdre du temps à force de chercher à donner du temps au temps, en oubliant que le temps pourrit autant qu’il guérit tout. Lui, avec ses piles  d’un « lapin Duracel » atomique,  lutte contre le   temps en défiant Chronos.

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Le rapport au temps, voilà la vraie rupture : l’instant qui vient compte plus que celui qui passe.

Dans cette ère de crise généralisée de notre rapport au temps, « Sarko- le- pressé » arrive à point, en mode, pile poil dans « l’air du temps » : instantanéité érigée en déesse, impatience généralisée, difficultés de concilier les temps politiques, médiatiques, judicaires …Plus de promenade, des « joogings ». Plus de voyage : des déplacements. Plus de réflexions : des réflexes. L’édité prime le médité.

A la tête de l’Etat, cela n’a pas que des avantages. Vieux dilemme  de la vitesse et de la précipitation. Les lois ? Passage en force. Tant pis si le temps n’est pas pris pour bien les préparer, les étudier, évaluer toutes leurs conséquences. Les initiatives diplomatiques : audacieuses, et courageuses même, mais que de fois, déjà, en deux mois, n’a-t-on pas mis en avant l’excuse de la rapidité si cultivée et de l’efficacité si célébrée pour se laver de quelques pêchés et maladresses…

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« Tout s’est fait si vite ! », a soupiré la secrétaire d'Etat  aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, Rama Yade,  comme pour expliquer qu’elle n’a pas pu rencontrer les associations tunisiennes des doits de l’homme quand elle accompagnait Sarkozy à Tunis.

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« Tout s’est fait très vite », ont expliqué nos diplomates pour calmer l’agacement des Allemands pris de court  lors d'une rencontre des ministres des affaires étrangères des Etats membres méditerranéens de l'Union européenne à Portoroz en Slovénie, le 6 juillet. Sans avoir consulté Berlin, Bernard Kouchner, a présenté une lettre visant à remettre des recommandations, au nom des Etats méditerranéens, à l'ex-premier ministre britannique Tony Blair pour sa nouvelle mission de paix au Proche-Orient.

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Il n’avait pas eu le temps non plus de prévenir Javier Solana qui, en dépit des honneurs  dont il a fait l’objet lors du 14 juillet à Paris est plus que contrarié par la diplomatie du « cavalier seul » français. Il l’a dit en termes polis dans une ITW à La Croix : « Si nous voulons être utiles, il y a des mécanismes plus efficaces que des lettres ouvertes pour faire avancer la politique étrangère de l’Union européenne »

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« Tout s’est très vite », a-t-on fait savoir pour expliquer aux négociateurs de l’Union européenne  qu’ « on » n’avait pas eu le temps de les prévenir de la mission de Cécilia à Tripoli. Comme d’ailleurs, en pleins G 8, le président n’avait pas eu le temps de prévenir ses partenaires européens qu’il proposerait unilatéralement un délai de six mois avant de se prononcer sur le statut futur de la province sécessionniste serbe du Kosovo, un dossier actuellement en pleine négociation à l'Onu…

« Très vite », cela peut encore aller : Le Super- Président est encore dans une période probatoire (pardon « d’état de grâce »). Mais attention : le « trop vite » serait  plus difficile à rectifier… Ah ! ce temps ! On a beau travailler plus, on n’en gagne pas davantage…

Daniel RIOT

17/07/2007

Euro, banque centrale: Sarkozy plus "nuancé"

France-Allemagne: Sarkozy suit les leçons de réalisme de Merkel

fe5b93ed63f232df68ea7cb71ccefd7b.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT: Bonnes nouvelles de Toulouse. Pas sur Airbus : les décisions prises sont dictées par le bon sens, mais le fleuron de l’aéronautique européenne n’est pas promis à un vol de tout repos pour autant et les 10 000 licenciements rendent impudiques les sourires  satisfaits des deux cotés du Rhin. Wait and See...

La vraie bonne nouvelle vient de Nicolas Sarkozy qui vient de montrer que le réalisme est la première vertu d’un chef d’Etat. Angela Merkel, qui n’a pas ménagé ses critiques ni masqué ses inquiétudes devant les attaques répétées de Nicolas Sarkozy  eu raison de tenir bon…et de se montrer persuasive.

NOUVEAU:Le chef de l’Etat français est d’accord avec elle pour défendre « l’indépendance » de la banque centrale. Et  il se met enfin à déplorer davantage un dollar trop faible qu’un euro trop fort. Une double évolution rassurante pour ceux qui résistent aux tentations des analyses superficielles et plus dictées pour caresser l’opinion dans le sens du poil que de faire face à ces problèmes complexes que le simplisme aggraverait... 

Cela ne gomme pas les craintes allemandes devant les déficits français, les conception françaises d’une politique « trop interventionniste » et les réflexes de « cavalier seul » de « Super Sarko », mais cela donne tort à ceux qui jugeaient « en crise » les relations germano-françaises. Tant mieux.

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 «Nous sommes d'accord tous les deux sur le fait que la Banque centrale européenne est indépendante, c'est très important», a déclaré Angela Merkel à l'issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy à Toulouse aujourd'hui.«Pour nous, il est clair que l'indépendance de la Banque centrale européenne est très importante pour la zone euro »

De son côté, Nicolas Sarkozy a affirmé que «la France est pour l'indépendance de la Banque centrale européenne». «Le problème n'est pas la valeur de l'euro, mais la valeur des autres monnaies», a-t-il estimé en  se félicitant d'«une grande convergence de vues» avec Angela Merkel sur ce sujet. Les deux sont d’ailleurs d’accord proposer à la présidence portugaise un examen au sommet su ce qu’il convient de faire pour résister aux puissances émergentes qui provoquent les délocalisations.

« Travailler avec Angela est de plus en plus facile car on se dit les choses franchement, simplement, sans détour », a éprouvé le besoin de dire Sarkozy «  Notre rencontre a été amicale, ouverte et extrêmement constructive ». : « Voilà pour moi une perspective réjouissante », a-t-il dit avant de souligner que la coopération était « sur une excellente voie ».

Angela a souri. Elle n’a pas le sens de l’autosatisfaction exacerbée de Sarko, mais elle peut être satisfaite : la franchise de ses propos quand elle aborde des sujets de mécontentement ont visiblement des vertus pédagogiques. Un bon professeur en réalisme Angela…

Daniel RIOT

07/07/2007

Alerte rouge à Strasbourg : La démocratie russe inquiète

Quand la Douma prend démocratiquement des lois qui tuent la Démocratie...OU COMMENCE ET OU FINIT L'EXTREMISME?

4fbfb3e2d44d2a11fcd5585a360ff323.jpgDécryptage RELATIO par Daniel RIOT : Alerte rouge à Strasbourg, chez les spécialistes des droits de l’Homme, des libertés (de presse et d’opinions, notamment), et de la démocratie (pluraliste) du Conseil de l’Europe. Où s’arrêteront les amis russes qui appartiennent à cette organisation censée réunir la famille des démocraties plus ou moins parfaites (en ce domaine, la perfection n’existe pas) mais authentiques, donc perfectibles ? Peu de jours passent sans que des motifs d’inquiétude sur la Russie de Poutine s’accumulent… Aujourd’hui, c’est la DOUMA qui démocratiquement a pris des mesures anti-démocratiques. Oubliée la Glasnost...

Les députés de la Douma (Chambre basse du Parlement russe) n'auront pas fait attendre le président Vladimir Poutine qui, lors de son dernier discours à la nation, devant les deux chambres réunies, le 26 avril,  avait exhorté les parlementaires à se montrer inflexibles dans la lutte contre « l'extrémisme politique ». C'est chose faite depuis l'adoption, en troisième et dernière lecture, d'amendements destinés à durcir les poursuites pour crimes et délits commis pour « extrémisme ».

Où commence cet « extrémisme » ? Tout est là bien sûr… Ne sommes-nous pas tous plus ou moins les extrémistes de quelqu’un d’autre ? Cette notion, floue, pourrait s'appliquer aux actions menées par des organisations politiques jusqu’alors légalement reconnues. Il est clair qu'elle vise en particulier celles de l'opposition au Kremlin menée par l'ancien premier ministre Mikhaïl Kassianov ou par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, dont l'évocation est déjà interdite dans les médias officiels.

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Les droits de l'Homme vus par JEAN-POL GRANDMONT (publiée par WIKIPEDIA)

Selon les données du ministère de l'intérieur, la quantité annuelle de crimes pour des motifs  « extrémistes » a presque doublé de 2004 à 2006, passant de 139 à 263. Cette statistique pourrait être encourageante si les crimes racistes figuraient dans ce « bilan », mais ces vrais crimes-là sont très rarement reconnus comme tels, donc rarement  sanctionnés et rarement recensés.  

Avec cette nouvelle loi, ils ne le seront pas plus… Les députés ont élargi la notion d' « activité extrémiste » à d’autres type d’activités… A moins d'un an de l'élection présidentielle de mars 2008 la « diffamation envers un représentant de l'Etat » est désormais considérée comme « extrémiste », et les « appels à l'extrémisme » deviennent passibles de peines passant de cinq à  six ans de prison. Cet article  me rendrait coupable d’un de ces délits .Pauvres journalistes russes :ils auront goûter plus longtemps aux joies (et aux devoirs) de la liberté d’expression.

La notion de crimes et délits commis pour « motifs de haine politique et idéologique » a été ajoutée au code pénal. Les participants à des troubles massifs pourront être condamnés à douze ans de détention (contre dix ans aujourd'hui).

Cette loi vise aussi le financement et l'organisation des actes « extrémistes », « y compris par le biais d'imprimés (...), de liaisons téléphoniques ou autres moyens d'information ».(Internautes, attention !) Ces amendements autorisent les forces de sécurité à écouter les conversations téléphoniques des personnes soupçonnées d'infractions, quelle qu'en soit la gravité (ici on ne fait que légaliser des pratiques bien courantes…°

Cerise sur le gâteau : les médias (y compris sur internet, of course) n'auront plus le droit de diffuser d'informations sur les organisations reconnues comme « extrémistes » par le tribunal, pas même…. pour spécifier qu'elles ont été interdites ou dissoutes. C’est d'ores et déjà le cas pour le Parti national-bolchevique d'Edouard Limonov, interdit et poursuivi pour "extrémisme".

97be5fa416a275b2302e70d8d6271cab.jpgUn (petit) espoir : ce texte doit encore être entériné par le Conseil de la fédération et signé par le président russe … Déjà, le député libéral Vladimir Ryjkov entend porter l'affaire devant la Cour constitutionnelle pour éviter que d'autres contestataires ne viennent s'ajouter aux « trente prisonniers politiques » déjà officiellement derrière les barreaux.Selon la Constitution russe et la Déclaration universelle des droits de l'homme, tout citoyen peut critiquer le pouvoir. Selon les Conventions du conseil de l’Europe aussi !

C’est, bien sûr, vers ce Conseil que les regards des démocrates de Russie (et d’ailleurs) se tournent. Mais le secrétaire général actuel du Conseil (qui doit en partie son élection aux Russes) ne se caractérise pas précisément par son courage :ses beaux discours sur la démocratie portent plus sur des thèmes généraux que sur des questions particulières épineuses.

 Et les Russes exercent sur l’organisation une sorte de chantage permanent : « C’est notre présence à Strasbourg qui donne au Conseil ne importance geopolitique qu’il n’aurait plus face à la montée en puissance de l’Union. Alors ? montrez-vous compréensifs. D’ailleurs qui peut se permettre de donner des leçons. Vous avez vu l’état des prisons françaises et le sort fait aux immigrés dans les vielles démocraties européennes ?»…A tous les niveaux, "on" y est sensible, à cet argument;Chez les diplomates du Comite des ministres, chez les parlementaires et bien sûr chez les fonctionnaires et les experts....

Au Conseil de l’ Europe, on veut croire aux progrès possibles. Cette semaine encore, Thomas Hammarberg,  le Commissaire aux Droits de l'Homme, Thomas Hammarberg, a participé à une Table Ronde sur l'exécution des arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme concernant la République tchétchène. Cette Table ronde était organisée en coopération avec le Commissaire aux Droits de l'Homme de Russie, Vladimir Lukin (mais oui, la fonction existe!) 

Vous voyez : on travaille.

De même, le Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), René van der Linden, a fait une nouvelle déclaration au sujet de la ratification du protocole n° 14 à la Convention européenne des droits de l’homme , dont les Russes ne veulent pas entendre parler :

« Je suis déçu que la Douma d’État russe n’ait toujours pas donné son accord à la ratification de ce protocole vital, empêchant ainsi son entrée en vigueur. (…) L’objectif principal de ce protocole est de veiller à ce que les citoyens bénéficient d’une justice plus rapide et plus efficace en aidant la Cour à résorber plus rapidement son retard. Cet échec nous pénalise tous et ce sont les Européens, y compris en Russie, qui en pâtiront le plus. Je ne peux donc qu’exhorter, une fois de plus, la Russie à ratifier ce protocole le plus rapidement possible. »

 Vous voyez : on exhorte…

Mais les activités anti-démocratiques de la Douma sont plus rapides et plus efficaces que ses soucis de se conformer aux principes du Conseil de l’Europe. Des principes que la Russie s’est engagée à respecter, non seulement formellement (pour reprendre la distinction de Lénine) mais réellement. Le Conseil de l’Europe n’est pas le gardien de « libertes-piquets »…

Daniel RIOT

04/07/2007

Europe-Afrique: de nouvelles perspectives pleines de promesses

DECRYPTAGE RELATIO: Première mission : l’Afrique. Premières promesses : De meilleures relations entre l’Union européenne  et l’Afrique. La Présidence portugaise a commencé par un chantier du « grand large », ce qui n’est pas illogique pour ce « pays des grands découvertes ».

En fait, c’est le fruit du hasard du calendrier diplomatique africain :  Le José Socrates, s’est invité à Accra,au Ghana,  au 9 ième sommet de l’Union africaine pour multiplier des  contacts bi- et multilatéraux dans la perspective du sommet euro-africain programmé à Lisbonne les 8 et 9  décembre prochain.

631f8f637743ee7edaa9e8d89b323a75.jpgCe sommet (qui est l’une des priorités de la Présidence portugaise) doit « lancer un nouveau partenariat entre l'Union Européenne (UE) et l'Afrique », a-t-il affirmé dans la capitale ghanéenne, en prononçant son discours en portugais devant les chefs d'Etat et de gouvernement des 53 pays membres de l'UA.

Ce partenariat visera selon lui à « renforcer le respect des droits de l'homme, le combat contre la pauvreté, une meilleure gestion des flux migratoires ».Des objectifs qui sont évidemment ceux de la Commission de Bruxelles et de plusieurs pays européens, sont la France, où Nicolas Sarkozy est décidé à rompre avec les pratiques de la « Françafrique ».

M. Socrates a insisté pour que les sommets Afrique-Europe soit plus fréquents à l'avenir et que l'écart de sept ans entre le premier et celui de Lisbonne ne se reproduise plus.  « L'Europe et l'Afrique ont une vision commune sur différents problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est nécessaire d'avoir un partenariat politique qui nous permettra de répondre à ces questions », a-t-il estimé. Depuis le temps que Louis Michel, le commissaire chargé du développement et de l'aide humanitaire , le réclame....

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Ce sommet de Lisbonne est très attendu après l'échec ces dernières années de l'UE et de l'Afrique à organiser une deuxième rencontre, reportée du fait de divergences entre certains pays africains et européens : le Royaume Uni, notamment,  ne voulait pas entendre parler de  la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe et d’autres problèmes bi-latéraux  ou régionaux empêchaient une indispensable préparation. Qui plus est, les différents  pays européens n’ont pas sur l’Afrique des visions communes très claires…

Vues étroites, partielles, partiales (et archaïques) de uns. Indifférence des autres. Résultats : Une impuissance politique de l’Europe dans ce continent africain avant-hier partenaire privilégié (accords de Yaoundé et de Lomé) qui subit de plus en plus des influences (rarement positives pour son développement économique et social) des Américains, des Chinois et d’autres, conscients que l’Afrique peut être un continent d’avenir même elle reste « mal partie »…

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souhaité, pour sa part, que les sommets UE-UA soient institutionnalisés: de tels sommets se tiendront "tous les deux ans, en alternance sur chacun des continents", a-t-il dit. C'est un bon rythme si ... le travail est permanent, sur tous les plans.

CETTE UNION QUI...DIVISE

Ce dialogue euro-africain n’était évidemment pas le sujet essentiel de ce Sommet de l’Union africaine (qui n’a d’Union que le nom) : sous l’impulsion de Khadaffi, c’est le projet d’un « gouvernement continental » qui devait faire l’objet d’une étude poussée. Un constat, en attendant un communiqué final qui ne fermera aucune porte mais n’en ouvrira aucune.

S'ils sont tous en faveur des "Etats-Unis d'Afrique" en tant qu'idéal à plus ou moins long terme, les dirigeants africains ne sont en revanche pas d'accord sur la constitution rapide d'un gouvernement unique. Deux camps se sont dessinés assez clairement: d'un côté ceux qui veulent un gouvernement unique maintenant, comme la Libye et le Sénégal, de l'autre ceux qui souhaitent une intégration par étapes, notamment l'Afrique du Sud et les pays de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe). Le compromis final a abouti à un renforcement de la Commission qui tente de gérer l’Union. Un plan de route sera mis au point.

DE NOUVEAUX OUTILS DE DEVELOPPEMENT

3f5fa2a22fdf6bfa36051132c4fdd8ce.gifL’idée des « Etat-Unis d’Afrique » fait rêver nombre d’esprits. Surtout dans les milieux d’affaires multinationaux africains qui « mettent la pression » comme le souligne «All Africa. Com ».  

Ainsi, une demi-douzaine de ministres a lancé le PAIDF (Pan African Infrastructure Development Fund, Fonds panafricain pour le développement des infrastructures). Une initiative dans le sillage du NEPAD qui entend impulser des actions en vue de doter le continent africain d'infrastructures (routes, chemins de fer, télécommunications, barrages hydroélectriques, santé, éducation et autres).

Pour le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Nana Dankwa Akufo Addo, ces jours sont « historiques » : « Les Africains ont décidé de prendre leurs responsabilités pour sortir du sous-développement, l'absence ou l'insuffisance de ces infrastructures constituant un obstacle majeur à l'accroissement de l'activité économique ».

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Mme Zuma, ministre sud-africain des Affaires étrangères, estime que l'option d'un fonds africain indique clairement que  « l'épargne africaine va servir au développement de l'Afrique ». En présentant le Fonds, son président, Tshepo Mahloele, a annoncé que 625 millions de dollars sont déjà mobilisés, une somme identique étant promise par des investisseurs attendant que les structures du Fonds se mettent définitivement en place, ce qui peut être considéré comme fait.

« Le chantier est immense. Le défi excitant », souligne « all Africa.com ». «  Rain is about to fall on Africa » a-t-on entendu dans les couloirs. « Des pluies qui annoncent une renaissance d'un continent qui, enfin, prend conscience de son énorme potentiel. Juste une illustration : à peine 7% du potentiel hydroélectrique de l'Afrique est exploité à ce jour. A la fois une richesse - puisque cette énergie produite peut être vendue - et un moteur du développement car la disponibilité de l'énergie stimule les activités »

Dans ce contexte, le « co-développement » prôné par nombre de pays de l’Union européenne peut et doit prendre tout son sens. Il le faut. Pour les Africains. Et pour l’équilibre du monde. 

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« Le rêve d’une unité africaine ne doit plus se perdre dans les sables », confie un ami diplomate africain. « Notre morcellement vient des colonisations et des décolonisations, avec nos frontières artificielles, nos rivalités entretenues, nos conflits alimentés…et nos ressources pillées. Une ère nouvelle commence. Du Cap au Caire… Même si pour l’instant, notre Union…divise ».

Wait and see. «  Aller doucement n'empêche pas d'arriver », dit un proverbe africain. Prochain sommet de l’Union africaine en janvier. Après le sommet euro-africain de Lisbonne. DR

Voir (et écouter) le dossier de rfi  >>>>>

Livre: "AIMER L'EUROPE", de Robert Toulemon, ou l'impérative nécessité de réaliser l'Europe politique...

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Que Sarkozy se pose en « sauveur de l’Europe » est une chose. Que l’Europe soit sauvée en est une autre... Pour sauver l'Europe, il faut s'inspirer du livre (d'Histoire et de "recettes") de Robert Toulmenon.  

50b8758e7a65075d13c3450a96b589ce.jpgSur son Blog, Robert TOULEMON montre deux des limites du « succès » du dernier Conseil européen : « L’abandon des symboles mais aussi l’absence de toute correction des lacunes et des faiblesses du traité constitutionnel.  (…) On espérait un renforcement des dispositions relatives à l’énergie, au climat, à l’immigration, au social. On pouvait espérer une composition de la Commission assurant mieux son autorité. Au lieu de cela, l’élimination de la mention de la concurrence non faussée des objectifs de l’Union, dont elle demeure un instrument essentiel, apparaît comme une concession heureusement sans portée aux tenants français du non de gauche ».

 

Le grand regret de Robert Toulemon (et il n’est pas le seul à l’avoir !) c’est l’inexistence d’une Europe politique. Il faut faire sauter ou contourner le veto anglais : cela devient un impératif et une urgence !

Cette Europe politique, c’est évidemment celle que Sarkozy devra débloquer s’il veut que son auto satisfaction actuelle se justifie dans un proche avenir… On peut craindre que Sarkozy n’ait pas le temps de se plonger dans le livre de Robert TOULEMON : il y trouverait une bonne inspiration…

Robert Toulemon sait de quoi il parle. Il  occupa pendant dix ans, de 1962 à 1972, de hautes fonctions au sein de la Commission européenne, notamment auprès de deux grandes figures communautaires, le Français Robert Marjolin et l'Italien Altiero Spinelli, qui est à l'origine de l'idée de Constitution européenne.... Et il est demeuré un militant actif, à la fois réaliste et idéaliste, de l'Europe unie.

Cet ancien président de l'Association Jean-Monnet, n'a cessé de plaider la cause du fédéralisme. D’un fédéralisme intelligent, raisonnable, fondé sur une subsidiarité synonyme d’efficacité, comme on refuse de l’imaginer et de la comprendre dans notre France si jacobine…

La France, il l’aime bien sûr, mais il la rend (avec raison) largement responsable des échecs européens. Son action, dit-il, souffre d'une contradiction fondamentale. D'un côté, elle défend l'idée d'une Europe forte, de l'autre, elle lui refuse les moyens de le devenir.

Eh ! Oui. Toujours cette cassure entre De Gaulle et Monnet… Et cette manie nationale de ne pas (ou rarement) se donner les moyens de ses ambitions.  

Selon lui, nombre de Français ne veulent pas comprendre que  « la coopération entre Etats conservant leur libre arbitre peut être fort utile », mais qu'elle ne saurait suffire à donner à l'Europe « une voix qui lui soit propre ». La France fut, certes, à l'origine du projet communautaire mais, dès le début, ses motivations sont « ambiguës » et sa détermination « hésitante », relève Robert Toulemon. Plus qu’une opinion : des constats. Suscités par les effets d’un terrible malentendu : une « Europe européenne » si réclamée ne peut pas être une « Europe française » si rêvée…

Rappels de quelques faits : c’est  après le fiasco de la Communauté européenne de défense, en 1954, l'objectif d'une communauté politique est  « renvoyé à des jours meilleurs ». Des jours qui se sont toujours pas là…Pour le général de Gaulle, le Marché commun ne sera jamais autre chose qu'un « traité de commerce » et « surtout pas l'amorce d'une union politique », estime Toulemon.

C’est vrai même si cela mérite d’être nuancé : « L’Europe politique ? Dans Cinquante ans », disait le gnéral… voilà plus d’un demi-siècle.  

Ni Georges Pompidou ni Valéry Giscard d'Estaing n'infléchiront vraiment cette stratégie. Même François Mitterrand laissera passer l'occasion de la modifier. Tout l'art de la diplomatie française au cours de la négociation du traité de Maastricht, explique Robert Toulemon, consistera à obtenir l'union monétaire sans l'union politique souhaitée par le chancelier Kohl. Erreur ? Faute

Cette union politique aurait pu (du) naître « sur les ruines du mur de Berlin », dans l'enthousiasme de la « libération » de ce pays intrinsèquement « européens ». Il n'en a rien été. Manque de visions d’avenir. Et excès des pesanteurs britanniques… En 2005, le rejet du traité constitutionnel a sanctionné ces « inconséquences françaises » et quelques autres. En attendant que renaisse un jour, selon les voeux de l'auteur, le projet d'une Europe politique. L'Union doit reprendre sa marche en avant pour devenir, aux yeux des citoyens, un "motif d'espoir" plutôt qu'une "source de craintes" : Sarkozy vient de dire un peu la même chose, en étant plus verbal que concret.

Robert Toulemon expose avec précision les diverses raisons d'aimer l'Europe. De l'aimer « pour ce qu'elle est »,  « pour ce qu'elle peut devenir » et « pour les services qu'elle peut rendre à l'humanité » en contribuant à l'émergence d'un nouvel ordre mondial. "Aimer l'Europe pour lui donner une existence politique." Avant que les forces de la dislocation viennent mettre à mort les espérances d'une unification à vocation irréversible, mais à consistance fragile. Un bon livre. Un livre-vitamine.  Avec entre les lignes une leçon de vérité et de conduite : « Aimer l’Europe », c’est s’aimer soi-même…A lire, et à faire lire à ceux qui font de l’Europe un bouc-émissaire trop facile…

Daniel RIOT


*AIMER L'EUROPE de Robert Toulemon. Ed. Lignes de repères, 158 p., 13,50 €

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UNE AUTRE CRITIQUE DU LIVRE SUR LE TAURILLON:

EXTRAITS:"Le premier lieu commun combattu par cet ouvrage est lié au parcours de l’auteur. L’Union européenne est souvent présentée comme une construction technocratique, sans âme, apolitique et anti-démocratique. M. Toulemon qui a participé à cette aventure depuis les toutes premières années de la construction européenne montre à quel point cette idée est fausse. Haut fonctionnaire, et donc technocrate, il demeure un homme avec des convictions politiques fortes, une approche cohérente de la réalité. Sa vision de l’Europe n’a rien de technocratique, elle est au contraire vivante, profondément politique et surtout, passionnée". A LIRE >>>>>>

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c801ff44d80baf78eba47536064c266b.jpgLA PREFACE DE MICHEL ALBERT AU LIVRE DE ROBERT TOULEMON

"Une puissance d'un nouveau type"

Le cinquantième anniversaire des traités de Rome est célébré alors que la crise ouverte par l’échec des referendums français et néerlandais a plongé l’Europe dans une crise profonde. Les tenants du non n’ont avancé aucune proposition qui ait la moindre chance d’être acceptée par nos partenaires. Ceux du oui, traumatisés par leur défaite, attendent des jours meilleurs. Jusqu’à présent, l’Europe n’occupe qu’une place réduite dans la campagne électorale.

      La Déclaration de Berlin, malgré son contenu très général, est la meilleure que l’on pouvait espérer. Les difficultés rencontrées par Angela Merkel pour obtenir l’accord des 27 en disent long sur l’état de l’Union. C’est une Europe à l’anglaise, espace d’échanges sans ambition politique, qui, à défaut d’un sursaut, se profile à l’horizon.

      L’objet du livre de Robert Toulemon est d’abord, à partir d’une connaissance approfondie des processus européens, de dénoncer les contradictions qui ont, depuis l’origine, marqué la politique européenne de la France : vouloir une Europe politique ambitieuse tout en lui refusant les instruments institutionnels et financiers de la puissance. Il est ensuite d’exposer les raisons que nous avons d’aimer l’Europe telle qu’elle est et plus encore telle qu’elle pourrait être si elle retrouvait dynamisme et volonté.

009369fe3b1d13d330d3ce16387edb36.gif      Les Pères de l’Europe, Jean Monnet(photo) en tête, ont fait confiance trop exclusivement  à la raison. Leurs successeurs ont fait progresser l’Europe mais sans chercher à la faire aimer et  souvent en s’en servant comme d’un bouc émissaire. Or une entreprise historique aussi grandiose, aussi inédite, que celle qui consiste à unir de vieilles nations longtemps rivales autour des valeurs de la démocratie et des droits de l’homme, ne peut réussir sans mobiliser l’engagement affectif d’un grand nombre de citoyens. On ne fera pas l’Europe sans Européens.

      Parmi les raisons d’aimer l’Europe, l’une des plus importantes est celle qui est développée dans le dernier chapitre de l’ouvrage, intitulé « Une puissance d’un nouveau type ». Les défis planétaires auxquels l’humanité est confrontée appellent une gouvernance mondiale fondée sur l’exercice en commun d’éléments importants de souveraineté. L’Europe s’est avancée plus loin qu’aucun autre groupe de pays sur la voie de la conjonction des souverainetés. Sa contribution à la construction d’un monde vivable pourrait être décisive.

Michel ALBERT

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UN OUVRAGE DE REFERENCE (EN POCHE)  de ROBERT TOULEMON à lire ou à relire:bbc3419ffd3087e9380810ac9183e522.jpg

03:04 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, livre, politique

02/07/2007

STRASBOURG: OUI à Sarkozy pour une relance politique de l'Europe

Un discours qui peut contribuer à combler le plus grand des déficits français et européens: celui de ...l'enthousiasme!

EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT

Merci, Monsieur le Président

Franchise oblige : je n’étais pas un supporter de Sarkozy. C’est même le moins que je puisse dire. Les fidèles de mon blog le savent (trop) bien...  Et même son discours de février sur la panne de l’Europe et sur  son idée de « mini-traité » m’avait laissé pour le moins dubitatif. Mais (et j’en suis ravi !) le discours qu’il a prononcé aujourd’hui dans la métropole européenne, capitale parlementaire de l’Europe, m’a séduit. Et m’a rempli d’une satisfaction telle que le militant de la « cause européenne » que je suis n’a pas éprouvée depuis longtemps.

Pour tout dire, depuis le discours d’adieu du Président Mitterrand au Parlement européen… Souvenirs, souvenirs !  Et  regrets depuis... "Le temps perdu ne se rattrappe pas". Ce n'est pas "l'histoire qui va trop vite", comme soupirait Mitterrand en une autre occasion, c'est nous qui n'allons pas asez vite. Ou qui marchons à reculons: histoires d'Europe depuis 15 ans...

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Ce discours de STRASBOURG, au-delà de l’autosatisfaction avancée (mais en partie lgitime) m’a séduit par la force de conviction qui l’habite, par les références aux pères fondateurs qui l’habille et, surtout, par la volonté d’aborder les « affaires européennes » sous un angle politique.

Oui, L’Europe est d’abord une aventure politique avant d’être une « construction ».

Oui, il ne faut pas  confondre les moyens et les fins.

Oui, il importe de renouer avec de grands principes de base qui ont été défigurés ou trahis par des réflexes bureaucratiques, par des paresses intellectuelles et par des influences de ce « grand large » contre lequel  les plus pro-américains et les plus pro-libéraux des « fondateurs », Jean Monnet en tête,  luttaient.

Un retour aux sources pour reprendre une longue marche en avant ? OUI.

Je l’ai souvent écrit, je le redis : l’avenir européen passe par une réconciliation des idées de Monnet (et de Schuman) et de De Gaulle.

Si Sarkozy y parvient, il aura bien mérité de la patrie et de cette Europe qui fait partie de nous comme nous faisons partie d’elle.

Le contexte n’est guère favorable à une relance de l’esprit POLITIQUE de l’Europe. Sarkozy a le mérité de le faire. En tentant de dépasser les clivages entre ceux qui ont voté OUI et ceux qui ont voté NON au projet de Constitution. En mettant l’accent sur les fondamentaux de l’unification européenne. En dégageant des voies vers un avenir où les Européens reprendront confiance en eux-mêmes.

Sur telle ou telle question, des analyses divergentes peuvent être faites  et des critiques peuvent et pourront être émises. Mais ne gâchons pas notre joie intellectuelle et politique de voir et d’entendre le Président de la république française prononcer les mots qui s’imposent pour réduire le pire des déficits dont l’Europe souffre : un déficit d’enthousiasme.

Merci, Monsieur le Président.

Daniel RIOT

LIRE LE DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY >>>>>>>

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RESUME

Le chef de l’Etat estime que le sommet de Bruxelles a permis, par une synthèse entre l’Europe du « oui » et celle du « non », de remettre l’Union en marche.   «La France est de retour en Europe». C’est par l’un de ces discours-fleuve dont il a le secret que Nicolas Sarkozy a voulu, lundi à Strasbourg, revenir sur sa «victoire» de Bruxelles, où les 27 ont accepté les grandes lignes de son traité simplifié.  
Evoquant les grandes figures des pères de l’Europe, «Churchill, De Gaulle, Schuman, Monnet, Gasperi», Nicolas Sarkozy a rappelé le lien franco-allemand, «ciment» de l’Union européenne, et surtout la volonté des peuples de «tirer des leçons» d’une histoire déchirée par les guerres. Une manière d’amener vers la première idée-force du discours : «ne pas confondre la finalité avec les moyens».
«Chaque fois que l’Europe a remplacé les fins par les moyens, elle a traversé une crise», estime le chef de l’Etat. Et de poursuivre : «ce n’est pas le « non » au référendum des Français et des Néerlandais qui a mis l’Europe en crise. C’est la crise de l’esprit européen qui a provoqué les « non ».»  
Le retour de la politique  
Car pour Nicolas Sarkozy, la Constitution européenne n’était pas «une fin en soi». «Ce ne sont pas les traités européens qui font progresser l’esprit européen, mais l’esprit européen qui permet de conclure des traités», martèle-t-il, revenant sur le rôle central de la «politique». Ou plutôt de «cette grande dérive vers la dépolitisation de l’Europe qui voulait partout remplacer la décision politique par des règles, des normes et des procédures».  
 «Au lieu de dire aux peuples : « voilà ce que nous pouvons faire ensemble de grand », on leur a répété inlassablement : « nous n’y pouvons rien », et on leur a dit que c’était à cause de l’Europe», estime le chef de l’Etat, taclant au passage les majorités précédentes.
Avant de se livrer à un petit auto-satisfecit : à Bruxelles, «pour la première fois depuis longtemps dans un sommet européen, on a fait de la politique au sens le plus élevé du terme», juge Nicolas Sarkozy, pour qui, avec le traité simplifié, «l’Europe est sauvée».
  «Je veux poser toutes les questions»
 Et le président de se lancer dans une énumération de mesures qu’il souhaite pour «faire la synthèse entre le oui et le non», clé selon lui de la construction européenne : investissements, politique industrielle, gouvernement économique de la zone euro, maîtrise de l’immigration, fin de l’indépendance de la Banque centrale, partenariat avec la Méditerranée… «Je veux poser toutes les questions, je veux évoquer tous les problèmes», explique Nicolas Sarkozy.  
Convaincu que l’Europe est une notion bien vivante, le chef de l’Etat s’est fait lyrique : «L’Europe ce n’est pas que la monnaie, ce n’est pas que la discipline budgétaire, ce n’est pas que le droit de la concurrence, ce n’est pas que des frontières, ce n’est pas que la pondération des votes. L’Europe, encore une fois, c’est d’abord un projet de civilisation». Une civilisation qui «a besoin d’une nouvelle Renaissance».
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DOCUMENTS
A lire ou à relire
 

Réconcilier de Gaulle et Schuman (1), par Daniel RIOT

Quand la France a « mal à l’Europe »…


e1205fc432dd0424321fdc0008ca7683.jpgSOS Médecins ! Voilà plus de 50 ans que la France a « mal à l’Europe » et que l’Europe a « mal à la France ». Deux symptômes d’un « mal d’amour ».

Ce « mal d Europe » n’a pas qu’une cause : ses racines sont dans les têtes plus que dans les corps. La « révolution » de l’unité européenne, en 1950, ne s’est pas traduite par la révolution intellectuelle et mentale qui aurait dû et devrait s’imposer.

Pis : les querelles circonstancielles qui ont marqué les débuts et les premiers développements de la « construction européenne » 4c6f69ca8673b05f82b493f49e3d5cd6.jpghypothèquent toujours les actions présentes et futures.2df982c250e85b84b0e51da821c35137.jpg
Schématiquement, les Français restent partagés par deux visions et deux pratiques de l’Europe : celle de Robert Schuman (et de Jean MONNET)et celle du général de Gaulle.

Celle d’une construction « supranationale » et celle de « l’Europe des patries ».

Celle d’une Europe « européenne » et celle d’une Europe occidentale ou atlantique.

Celle d’une Europe intergouvernementale et celle d’une Europe gérée et animée selon un mode fédéraliste ou fédératif.

 LIRE LA SUITE>>>>>
 

(2)Colombey-les-deux-églises et Scy-Chazelles…>>> 

(3)« Une certaine idée de la France »…>>>

(4)"Le levier d’Archimède">>>

01/07/2007

Sarkozy à Strasbourg: Maxi-communication sur mini-traité...

Nicolas Sarkozy en meeting pour vanter ses résultats européens

L’Hyper-Président innove en Super-communicant !La France n'est plus en campagne électorale, mais Nicolas Sarkozy continue de faire des… meetings. Comment en effet qualifier autrement la  "grande réunion républicaine" à laquelle il participe ce lundi, au palais des Congrès (et de la musique) à Strasbourg pour  vanter (pardon, rendre compte de…) ses résultats au Conseil européen de Bruxelles les 21 et 22 juin derniers.

« Une semaine après le succès du Conseil européen de Bruxelles, qui a permis la relance institutionnelle de l'Europe, cette réunion sera l'occasion pour le président d'expliquer au plus grand nombre le 'traité simplifié' décidé à Bruxelles, pour l'adoption duquel il a joué un rôle déterminant », selon son porte-parole David Martinon. « Il est prudent de venir tôt :il n’y a pas de place réservée », lance l’UPS (Union pour Sarkozy, pardon pour Strasbourg), le parti local crée par les tandem UMP qui dirige la Ville.

Ce Conseil européen (dont le succès reste à confirmer lors de la CIG qui va être convoquée sous présidence portugaise) et un événement qui vaut d’être fêté, en effet. Cela semble d’ailleurs déjà avoir été fait.  « Cette idée de traité simplifié, c'est la France qui l'a portée depuis le début. Si ça avait échoué, auriez-vous eu le moindre doute sur les perdants? », a  lancé Sarkozy devant des journalistes accrédités à l’Elysée qui n’écoutaient que lui et des confrères accrédités auprès des institutions européennes plus portés à couvrir de fleurs Angela Merkel.

Après avoir reçu les chefs de partis à l'Elysée dans la foulée, Nicolas Sarkozy entend donc désormais se charger du « service après-vente » promotionnel de cet accord directement devant les Français à Strasbourg. Il confirme ainsi sa volonté de changer le style de la présidence, pour « le rendre plus proche des Français ».

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Maxi-sarko et mini-traité, vu par Charlie Hebdo: Oh! les méchants...

Cette « grande réunion républicaine » pourrait être la première d’une série, selon son porte-parole David Martinon. « Il n'y aura aucune régularité » de ces meetings, mais « il se laisse la faculté de parler directement aux Français quand il ressent le besoin », a-t-il expliqué.

Coïncidence ? Nicolas Sarkozy se rend à Strasbourg alors que les élus alsaciens UMP ne cachent pas leur colère après l'entrée au gouvernement d'un de leurs adversaires, le maire socialiste de Mulhouse Jean-Marie Bockel. Le chef de l'Etat les a reçus jeudi à l'Elysée pour un déjeuner destiné à les amadouer (pardon, à les rassurer sur l’attention qu’il porte aux « dossiers alsaciens » et aux opinions que tous les Français (y compris les militants, élus et sympathisants de l’UMP, bien sûr) peuvent avoir…

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Ce n'est vraiment pas convenable, dirait Patrick D.qui dit traiter de "salope", même les hommes!

Il n'est pas certain que cette « opération déjeuner élyséen d’Alsaciens cocufiés » y ait atteint tous ses résultats. Car se pose déjà pour l'UMP la question des municipales de 2008… Quelle devra être l'attitude de l'opposition de droite à Mulhouse, alors que M. Bockel vient de réaffirmer dans "Le Parisien" qu'il « souhait(ait se) représenter l'an prochain » à la mairie ?

Nicolas Sarkozy s'entretiendra avec le maire de Strasbourg Fabienne Keller et le président de la communauté urbaine de Strasbourg, Robert Grossmann, avant le meeting. Une réunion « entre amis ». Des amis de longue date entre l’actuel Président de la CUS et le nouveau Président de la république. « Et si Nicolas s’était trompé ? » avait osé Grossmann sur son blog perso après le débauchage de l’excellent Jean-marie Bockel…

Il est vrai que cette note avait été écrite sous le coup d’une déception :la « candidate de Sarkozy » dans la première circonscription, (candidate par procuration du « tandem » UMP), venait de se prendre une petite défaite aux législatives qui a pris des allures de motion de défiance envers l’ancien coach de Sarko (même si, bien sûr, aucun rapport sérieux n’est à établir entre des scrutins qui n’ont aucun rapport entre eux, comme chacun sait).

Sur son blog, Grossmann a annoncé le meeting (non électoral) de Sarkozy en insistant sur la fierté qui est la sienne : « Le président de la République française rend un formidable hommage à la ville qui est la seule capitale historique de l'Europe. Il reconnaît ainsi son statut et fait un geste de très grande portée en faveur de la seule ville française siège d'institutions européennes importantes ».  

« Strasbourg n’est pas négociable », avait déjà dit Sarkozy à Bruxelles où il se rendait alors que le parlement européen et la commission travaillaient…à Strasbourg. Ce qui serait bien, c’est que une fois son récital d’autosatisfaction terminé, le Président de la république consacre « Strasbourg l’Européenne » comme une « grande cause nationale », avec tout ce que cela comporterait en engagements dans tous les ministères. Une vieille revendication de celles et ceux qui se battent pour que la métropole alsacienne soit dotée des moyens (d’Etat) de ses ambitions. Mais , là nous ne serions pas seulement dans la « com’ »… Pourquoi pas, après tout ? Si Sarko veut, Sarko peut, non ?

Daniel RIOT

 

29/06/2007

STRASBOURG: Sur RELATIO, L'EUROPE en DIRECT et en REVUE

PARMI LES DERNIERES NOTES¨PUBLIEES:

ab5f552ff699c7ef60b8bf4e06e01c5d.jpgLa libéralisation du gaz et de l'électricité: Le dossier et les conseils de RELATIO. Libéraliser n'est pas rendre obligatoires les offres nouvelles... >>>>>>

Géopolitique: Comment apaiser les relations entre l'Union européenne et la Russie? >>>>

Les travaux du Conseils de l'Europe: une série de notes intéressantes

Mondialisation: Pour un ordre mondial inspiré des expériences du Conseil de l'Europe

Union européenne: Le Portugal prend la Présidence du Conseil >>>>>>

TRIBUNE: ET MAINTENANT, QUE FAIRE POUR RELANCER L'EUROPE? >>>>>>

26/06/2007

Conseil de l'Europe: Pour un authentique espace juridique paneuropéen

 Maud de Boer-Buquicchio ou la chance du Conseil de l'Europe

Bonne nouvelle. Excellente même. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a réélu  Maud de Boer-Buquicchio (Pays-Bas) Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l'Europe. C’est le deuxième mandat quinquennal qu’elle remplira à ce poste.

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Il s’agit là d’une réélection logique : par ses qualités, la force de ses convictions, son sens des responsabilités, la philosophie humaniste qui l’anime, son sens de l’humain, Maud de Boer-Buquicchio fait honneur à cette institution paneuropéenne trop méconnue du grand public.

Cette  réélection est particulièrement importance pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent que le Conseil de l’Europe , fort de ses 47 Etats membres, puisse remplir de mieux en mieux une mission de plus en plus vitale pour l’approfondissement de la démocratie  dans cette Europe qui a trop tendance à oublier que rien n’est jamais définif, surtout pas la paix et les régimes de liberté.

Maud de Boer-Buquicchio est une personnalité qui, par ses qualités, la force de ses convictions, son sens des responsabilités, la philosophie humaniste qui l’anime, son sens de l’humain fait honneur à cette institution paneuropéenne trop méconnue du grand public  

Le contexte n’est guère favorable au Conseil de l’Europe, en effet. Pour des raions extérieures à l’institution :les gouvernements des 27 privilégient l’Union européenne (ce qui se comprend) au détriment des moyens du Conseil (ce qui est irresponsable). Et pour des raisons intérieures : Le Conseil de L’Europe, ( ceux qui le connaissent bien savent qu’il s’agit là d’un constat plus que d’une opinion),  a déjà connu des gouvernances meilleures, des politiques de communication plus pertinentes et une cohérence intellectuelle plus affirmée.

Jean Monnet avait raison : « Les hommes passent, les institutions restent »…Mais les institutions peuvent évoluer en bien ou en mal en fonction des hommes et des femmes qui les font vivre. Pour le Conseil de l’Europe, j’ai envie d’écrire : « Heureusement, Maud est là »… Avec quelques autres, bien sûr, qui travaillent, souvent dans l’ombre, en faisant un travail qui mériterait plus de reconnaissance, y compris en interne.

« Je me considère comme une Ambassadrice des valeurs du Conseil de l'Europe, et je passerai mes cinq prochaines années à intensifier les travaux portant sur la création d’un authentique espace juridique européen destiné à protéger et promouvoir les droits de l'homme ainsi que les réalisations démocratiques de l’Europe. Je mettrai particulièrement l’accent sur la protection des groupes les plus vulnérables et la lutte contre toutes les formes de violence au sein de la société », a déclaré Maud de Boer-Buquicchio après sa réélection.

Ce n’est pas là qu’un message d’espoir. C’est un programme de travail qui devrait retenir davantage l’attention des médias (français, en particulier) et qui s’inscrit dans une belle continuité de ce qu’elle a pu faire ces cinq dernières années.

« Relatio » lui adresse ses remerciements pour la qualité de ses initiatives et de ses interventions et lui prie d’accepter les félicitations qui s’imposent ainsi que tous les encouragements dont elle a besoin  pour la suite de son mandat ; c’est une belle mais difficile mission de vouloir donner tout son sens au mot « valeur ».

Daniel RIOT

Maud de Boer-Buquicchio, qui est juriste, travaille au Conseil de l'Europe depuis 1969. Avant son élection en 2002 au poste de Secrétaire Générale Adjointe, elle était Greffière Adjointe de la Cour européenne des Droits de l'Homme. Lien vers le site Internet de la Secrétaire Général Adjointe.

 

Strasbourg: Crime contre l'esprit au Conseil de l'Europe

Carton rouge pour le président de l’Assemblée du Conseil de l’Europe ? Guy Lengagne, député (socialiste) français quitte la vie parlementaire en  lui en donnant un. On le comprend et l’approuve. Ce qui doit être, selon la formule de Robert Schuman, un « laboratoire d’idées », évolue mal, en effet. Et c’est symptomatique d’une des maladies qui frappent nos sociétés : le retour de l’irrationnel. Descartes, réveilles-toi, ils sont devenus fous ! Et lâches, en plus. Ou inconscients…

5a248650af3566d5ddba9b35fcb411de.jpg« Nous assistons aux prémisses d’un retour au Moyen-Age », constate Guy Lengagne, mathématicien de profession, en disant « stupéfait », « effrayé » et « choqué » après le renvoi  en commission (dans les oubliettes), par l'Assemblée,  de son rapport dénonçant avec intelligence, pertinence et courage les « dangers du créationnisme dans l’éducation ». La commission intéressée (qui a beaucoup travaillé sur ce rapport ) proteste, invoque même des "irrégularités". Mais le mal est fait. Et la presse (queqlues exceptions mises à part) a bien tort de ne pas faire un large echo à cette affaire.

Cela s’appelle de la censure, donc une violation des libertés d’expression (et même de penser), du premier des droits de l’homme. Dans et par cette Assemblée qui se veut le Temple de la démocratie pluraliste,  qui multiplie les leçons en « droits de l’homme » et dont la raison d’être est de jouer les veilleurs des périls qui peuvent menacer la santé (y compris mentale) de nos sociétés , c’est plus que grave.

Ce n’est évidemment pas l’ensemble de l’Assemblée qui est ainsi discréditée. Le système démocratique est ainsi fait qu’il peut être menacé par une minorité d’activistes qui sait jouer sur l’apathie irresponsable d’une majorité, ou par des jeux d’influences et d’entrisme soigneusement orchestrés. Les lobbies n’ont pas que des visées économiques ou financières…

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Guy Lengagne a raison : « Je ne peux y voir qu’une manœuvre de ceux qui veulent, par tous les moyens, lutter contre la théorie de l’évolution et imposer les idées créationnistes »

Qu’est ce qui gêne les grands prêtres du « créationnisme » qui, avec d’énormes moyens financiers (américains surtout), ont une influence croissante dans les courants les plus extrémistes, fondamentalistes, intégristes des trois monothéismes ?

Que distinction soit faite nettement entre  ce qui n’est qu’une croyance (le créationnisme) et ce qui est une théorie scientifique, l’évolutionnisme. Dans l’enseignement, les croyances relèvent de l’instruction religieuse ou de l’étude des religions, non dans les matières scientifiques. Cette logique est rejetée par ceux qui font tous les procès en sorcellerie à Darwin, en le caricaturant, et qui veulent imposer leurs dogmes.

Tout est bon au niveau des arguments : en Russie, dans quelques ex-pays de l’Est (Hongrie notamment) des courants de pensée voient dans l’évolutionnisme l’origine du stalinisme et de l’hitlérisme. Refrains connus chez ceux qui rejettent les apports des Lumières…en cherchant des explications trop simples pour être crédibles.

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Ce rejet de  la théorie darwinienne de l'évolution des espèces par la sélection naturelle et  cette défense de « l'idée » que le monde a été créé par Dieu ( soit en six jours selon le récit de l'Ancien Testament, soit grâce à l'intervention d'un « dessein intelligent" pour les néo créationnistes ».) font de plus en plus de ravages dans les têtes.

Une recherche de l'Université du Michigan, parue en 2006 dans la revue Science, montre qu'environ 1/3 de la population américaine ne croit pas à l'évolution des espèces (de laquelle est issue l'humanité) alors que dans des pays comme l'Islande, le Danemark, la Suède et la France, 80% ou plus des adultes acceptent le concept d'évolution. La Turquie, un pays à prédominance musulmane, est le seul pays européen où le concept d'évolution est moins accepté qu'aux États-Unis. Au Japon, 78% acceptent le concept d'évolution.

 Aux USA, 15 à 20 % des enseignants américains évoqueraient à l'école la possibilité que le monde ait été créé en sept jours. Près d'un Américain sur deux pense que l'humanité a moins de 10000 ans d'existence, quand les scientifiques lui en donnent largement plus d'un million. 

 38 % des citoyens prônent un abandon de l'enseignement des thèses évolutionnistes et le président George Bush, comme les neo-conservateurs si influents dans les milieux politiques défendent l'idée d'un double apprentissage. Lors d'un récent débat télévisé, trois des dix candidats républicains à la Maison Blanche ont reconnu qu'ils ne croyaient pas à la théorie de l'évolution. Le seul fait que la question soit posée dans un tel contexte est révélateur…

Les  campagnes créationnistes se multiplient  en Europe. Le rapport évoque notamment  le cas de l'écrivain turc Harun Yahya, qui a publié un "Atlas de la Création" de 750 pages qui a été gratuitement distribué dans des écoles en France, en Suisse, en Belgique et en Espagne. Et ailleurs.

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"Dans plusieurs pays européens, les ministres de l'éducation ont remis en question l'enseignement du darwinisme. Le rapport cite la Pologne où, à l'automne 2006, le vice-ministre de l'éducation a déclaré : "La théorie de l'évolution est un mensonge, une erreur qu'on a légalisé comme une vérité courante".

En 2004, en Italie, la ministre de l'enseignement a proposé d'abolir cet apprentissage dans le primaire et le secondaire. Sa collègue serbe a dû démissionner après avoir ordonné aux écoles d'abandonner l'enseignement de cette théorie. En 2005, la ministre néerlandaise a proposé l'organisation d'un débat sur l'enseignement des théories de l'évolution."

"Tous ces faits correspondent à un reflux de la science au profit du religieux ; or, vouloir priver les citoyens de l'accès à la connaissance scientifique est une des atteintes les plus graves aux droits de l'homme", assure M. Lengagne. Il a raison. « Le cancer est plus développé que je ne croyais », insiste-t-il en voyant son rapport condamné à être archivé, donc politiquement brûlé. Avant d’être examiné et discuté.  « On se voile la face, on refuse de regarder. La fuite devant la réalité est un vrai fléau de ce temps ».

b13eca7162fb4df38d9a34b67af818cc.jpg''Il est essentiel que l'Europe prenne maintenant la tête en matière de défense de nos valeurs communes dans le monde'' a exhorté ,René van der Linden, le Président de cette docte Assemblée, grand responsable de cette censure inadmissible de l’esprit, de l'intelligence et des valeurs proclamées.

Comme se plait à dire l’ami Tomi Ungerer, « nous avions le siècle des Lumières. Aujourd’hui nous n’avons que l’électricité ». Avec des plombs qui sautent de temps à autres. Le bureau de l’Assemblée du Conseil de l’Europe a disjoncté.Et trop de parlementaires présents dans l’hémicycle au moment de l’adoption de l’ordre du jour ne se sont pas vus se transformer en ombres… «Veilleur, où en est la nuit ? » …

Daniel RIOT 

25/06/2007

Pub et environnement : ça coince ! Création d'un Observatoire indépendant


L’Alliance pour la Planète vient d’annoncer la création d’un Observatoire Indépendant de la Publicité (OIP) composé d’associations et de personnalités dont Corinne LEPAGE MoDem). L’OIP se donne pour mission :

d’assurer une veille sur l’activité publicitaire en France et de fournir une réflexion critique sur la publicité ;
de lancer des alertes à l’encontre des publicités irresponsables en matière d’environnement ;
de présenter chaque année un rapport public "Publicité & Environnement » ;
d’utiliser tout recours contre les publicités non conformes à la réglementation ;
de décerner des prix aux campagnes publicitaires les plus irresponsables en matière d’environnement ;

Agissant dans un premier temps sur les questions environnementales, l’OIP pourra rapidement s’étendre à tous les aspects du développement durable.
« Publicité et Environnement » L'alliance pour la Planète

Par ailleurs l’ADEME et le BVP ont présenté jeudi 14 juin une étude démontrant que seuls 6 messages publicitaires sur 10 respectaient les règles que s’est donné la profession en la matière bien que celles-ci soient insuffisantes ou floues.
Télécharger l'étude
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Rappel des propositions de CAP21 en la matière

Mettre en œuvre des dispositifs luttant contre les publicités « écologiquement » mensongères ;
Repenser La totalité de la publicité, qui joue dans notre société un rôle majeur, de manière à décourager les comportements incompatibles avec une réponse à l’urgence écologique
Appliquer la loi sur l’air qui prévoit la réglementation de la publicité qui favorise la consommation énergétique ;
Interdire toute publicité pour des produits ou services sur-consommateurs en eau
Interdire la publicité mensongère sur les produits de consommation courante se revendiquant naturels quand ils sont issus de la pétrochimie
Remplacer le Bureau de Vérification de la Publicité par une autorité administrative indépendante de la publicité;
Sensibiliser et former le monde de la publicité au développement durable

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Analyses et critiques de publicités récentes les plus… exemplaires

L’Alliance pour la planète a établis une sélection des publicités qui respectent le moins la déontologie professionnelle que s'est pourtant donné à lui-même le secteur publicitaire. L'objectif est d'expliquer à chacun comment décrypter ces publicités qui usent et abusent de l'argument écologique.
Analyses et critiques de publicité récentes les plus ......exemplaires

 

24/06/2007

STRASBOURG: Réflexions sur la sociale-démocratie et la social-économie

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DES ARTICLES A LIRE ( ET A FAIRE LIRE) SUR LE BLOG DES CONFERENCES DE STRASBOURG

*Une ITW de Pierre ROSENVALLON >>>>>>

*Une vraie sociale-démocratie moderne à la française passe par l'extrême-Centre>>>>>

*FAIRE DU MODEM UN PARTI D'UN TYPE NOUVEAU.UNE CHANCE A SAISIR>>>>>>

DEMOCRATIE et ART de GOUVERNER

* Lettre au Président SARKOZY, par Edgar PISANI >>>>>>>

*Paradoxes du néo-bonapartisme à la française, par Jacques PILET >>>>

RAPPEL: FAUT-IL TOLERER LE MINISTERE HORTEFEUX? >>>>>

ABONNEZ-VOUS A LA NEWSLETTER DES CCS, les Conférence de Citoyens de STRASBOURG

FAITES CONNAITRE CE NOUVEAU SITE DE REFERENCES ET DE REFLEXIONS. ECRIVEZ-NOUS: LES CONFERENCES DE CITOYENS SERONT CE QUE VOUS EN FEREZ....

23/06/2007

Europe: le maintien de la Charte des droits fondamentaux est une victoire de l'esprit de Strasbourg

L'Union européenne remise sur rails: reprenons le combat pour une Europe politique de la Justice

Le billet de Chantal CUTAJAR

Ouf! L'essentiel est sauvé. On pouvait s’attendre à mieux…Mais on pouvait surtout craindre de pires conclusions.  L'Union européenne peut recouvrer son élan.

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Bien sûr, comme tous les démocrates soucieux de logique, j'aurais préféré que le nouveau traité  qui remplacera le projet de texte instituant Constitution soit approuvé, en France, par l'outil du referendum.

Bien sûr, je regrette que les symboles, si essentiels, soient sacrifiés sur l'autel du pragmatisme britannique.

Evidemment, je regrette devoir attendre 2014 (si tout va comme prévu) pour que le mode de décision décidé dans le traité de Nice entre en vigueur.

Mais, comme François Bayrou, je salue les efforts déployés par Sarkozy. La Charte est maintenue (sauf pour les Anglais). C'est une excellente nouvelle. Cette reconnaissance des droits (y compris sociaux) est en fait une  victoire de l'Europe De Strasbourg, de l'esprit du Conseil de l'Europe. Je m'en réjouis. En regrettant que les citoyens britanniques ne puissent en bénéficier. Cela viendra...

 Des voies nouvelles peuvent s'ouvrir, grâce à cette sortie de crise et aux élans qui pourrot être (re)onnés,  notamment dans des secteurs que je considère comme essentiels, l'Europe politique de la Justice notamment pour laquelle je continue à me battre, au nom du réalisme. Elle est indispensable pour luttercontre la grande criminalité, contre l'économie criminelle, contre les trafics en tous genres. Contre tous ces fléaux qui doivent être combattus par des instruments juridiques que seuls les politiques peuvent créer.

Je constate que Sarkozy a suivi les conseils de François Bayrou qui l'incitait, lors de son audience à l'Elysée (dont les médias ont si peu parlé) à prendre en compte la position de la Pologne, même si les maîtres de Varsovie sont porteurs d'une idéologie et des réflexes que je désapprouve.

Et je désapprouve les réactions réductrices du PS: L'Europe est l'un de ces sujets où les clivages droite-gauche sont vraiment dépassés! Et à propos desquels les positions partisanes et politiciennes sont inadmissibles. Hollande est bien mal placé pour donner des leçons d'Europe, alors que ce sont les NON d'une partie du PS qui ont cassé le processus constitutionnel...Ce n'est pas le mensonger "plan B" de Fabius, Chevènement et autres qui nous ont permis de  sauver les meubles et de préserver l'avenir.

Attendons la suite. la CIG et ...les ratifications. Et continuons à agir, chacun à sa place, pour un renforcement de l'unité européenne! "Une heureuse journée pour l'Europe" a dit Mme Merkel. Merci à elle. Au passage, la Chancelière confirme que des grandes coalitions formées dans la clarté ont bien des vertus en cette époque où les problèmes complexes exigent autre chose que des solutions...simples!

Chantal Cutajar  

LIRE L'ANALYSE DE DANIEL RIOT: "Du pire évité, le meilleur se compose" >>>>>>> 

 

PS : Les dinosaures du « Jurassique Parc » donnent encore du temps au temps

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer 

L’immobilisme, voilà le mouvement ! Les apparatchiks du PS donnent du temps au temps pour réaliser cette « rénovation », cette « refondation », cette « résurrection » qu’ils ont été incapables de concrétiser ces cinq dernières années. DESIRS D'AVENIR... DANS LE RETROVISEUR!

En l’absence de Ségolène Royal, boudeuse boudée,  le PS, réuni en Conseil national,  approuve en effet, à mains levées et avec de nombreux absents dans la salle (dont DSK et Fabius)  le calendrier proposé par François Hollande. L’université d’été, comme prévu, et un Congrès extraordinaire en 2008. Après les luttes intestines pour quelques postes à l’Assemblée.Après le "festival" annoncé de l'hyper actif et omni présent Sarkozy. Et surtout, après les « municipales »…que le PS voit bonnes pour lui en se référant (par optimisme?) aux résultats du deuxième tour des législatives. 

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On raisonne en échéances électorales plus qu’en impératifs programmatiques chez les bureaucrates du PS où le « Tout Sauf Ségolène » remplace le « Tout Sauf Sarko ». Il serait pourtant temps de lancer le  « Tout Sauf les Stalagmites et les Stalactites » qui perturbent les cerveaux plongés dans cette grotte où des archaïsmes, des passéismes et des sectarismes ne se retrouvent que pour s’affronter … 

Patience donc pour règler (peu-être) les questions qui touchent au leadership, à la doctine et aux alliances. Pour définir le mot "socialiste" , tracer des lignes tactiques et stratégiques clairs et fixer des caps précis.

Des éléphants ? Des dinosaures, plutôt. Hollande, concierge d’un « Jurassique Parc » du progressisme en berne. Dans le deuil d'une "deuxième gauche" assassinée et d'une "troisième" méprisée.Est-ce un hasard si Jean-marie Bockel a rejoint Sarkozy après un déjeuner avec DSK?

C’est dommage. Le PS est riche de personnalités et de militants de qualité. Il est riche aussi de valeurs qui ont du sens. Il a aussi au niveau européen des partenaires qui ont une vision mieux adaptée aux défis de ce siècle.

« Je ne laisserai pas s'installer l'idée qu'il y aurait d'un côté les responsables et de l'autre les militants », a déclaré Hollande qui aurait fait une carrière extraordinaire dans des régimes où le pouvoir est d'abord dans les "appareils". « Lors du prochain congrès, chacun pourra déposer sa motion son texte, sa stratégie, sa ligne. Chacun pourra le faire et le faire devant les militants ».Et on pondra une "synthèse", comme d’habitude, depuis 1908 ? Ou  tranchera-t-on jusqu’à risquer la cassure ? SOS Vauban: La citadelle prend l'eau.

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Dessin Charlie hebdo

D’ici là, tout peut changer… Qui suivra Jean-Marie Bockel, Kouchner et quelques autres ?"Je suis le seul non socialiste de la délégation française" , a plaisanté Sarkozy en arrivant à Bruxelles pour un Cnseil européen que Hollande juge mauvais, en champion de l'opposition systématique, en "beni non-non"... comme royal, d'ailleurs pourtant déclarée en rupture avec l'opposition "frontale" si stérile depuis 2002.

Qui rejoindra le séduisant MoDem, qui a intérêt conserver son positionnement de "l'extrême centre" même si la création du Nouveau Centre (qui occupe une partie du centre-droit ou plutôt de la droite dite "centriste") le pousse naturellement, et culturellement,  vers  des démocrates soucieux de concilier efficacité économiqe et justice sociale, croissance et développement durable, et conscients de la nécessité de rompre vec des moeurs politiques d'un autre temps,   comme on en trouve en nombre au "centre-gauche"?

Qui rejoindra les forces conservatrices de la « gauche de la gauche » en s’alliant à une partie du PC sauvé des eaux ou à ces chapelles d’  « alter »  qui sont bien en peine de se fédérer et qui sont plus douées pour dénoncer que pour proposer, pour protester que pour construire?

Cet immobilisme technocratique du PS donne une responsabilté supplémentaire au MoDem: s'affirmer comme la vraie force de cette "social-économie" et de cette "démocratie sociale" plus moderne que la social-démocratie qui n'a jamis été la marque du socialisme français, sauf pour y être étouffé.Si Rocard nous était conté... 

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer. Car à droite aussi, la belle unité de l’UMP n’est que de façade. « L’effet Sarko » n’aura pas dans cette droite « décomplexée » à son sommet mais un peu voire beaucoup « déboussolée » ou « cocufiée » à sa base, que les bienfaits escomptés. Les « godillots » ne sont pas tous à l’aise dans leurs baskets…

Daniel RIOT   

Union européenne: Opération sauvetage réussie par Merkel, Sarkozy et les maîtres de "l'Europe des chefs"

L'accord de Bruxelles: du pire évité, le meilleur se compose...

 « Un succès pour la France, un succès pour l’Europe », exulte Sarkozy, légitimement fier de ses débuts réussis dans ce  « concert européen »… « Une victoire pour l’Europe, sans vainqueur ni vaincu », sourit Angela Merckel qui a réussi, il faut l’applaudir, une véritable « mission impossible ». Chapeau, Angela ! Sa présidence de l’Union est l’une des meilleures que l’on ait connues depuis très longtemps. Diriger une « grande coalition » n’est vraiment pas un handicap…C’est même un excellente école pour présider un aréopage de frères ennemis « unis dans leurs rivalités »

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La Présidence allemande devait recoller les morceaux d’une Union écartelée entre les 18 pays ayant ratifié le projet de Constitution avortée, les deux pays du « non » (France et Pays-Bas) et les sept ayant suspendu la ratification. Elle a réussi. En sauvant la plupart des avancées institutionnelles du défunt traité: la double majorité pour faciliter la prise de décision à 27, la présidence stable du conseil européen, une plus grande coordination des diplomaties nationales,  l'extension du champ de la majorité qualifiée…

Ségolène Royal ridiculisée…et le PS injuste

>>>Non, Mme Royal, ce ne sont pas là des « mini-ambitions ». Ce sont en partie les dégâts d’une aile (blessée) de votre parti qu’il a fallu réparer. Et votre déclaration ânonnée sur le perron de l’Elysée ajoute à votre discrédit croissant…La réaction de vos "camarades " de parti n'est guère meilleure."Ce n'est pas un traité simplifié, c'est un petit traité", a déploré Hollande.Nous avons une Europe qui sort d'une crise mais qui n'est pas encore dans une dynamique (...). Pour tous les Européens, qu'ils aient voté 'oui' ou 'non', ce qui vient de se produire ne répond pas à leurs attentes". Avec quelles proposition, Sieur Hollande?  Moscovici est dans le vrai:ce n'est pas le meilleur accord possible, mais on ne pouvait guère faire mieux. C'est aussi l'avis de DSK:"Une bonne base de travail".

>>>Oui, François Bayrou qui avait été reçu (sans écho médiatique, allez savoir pourquoi…) par Sarkozy à l’Elysée et qui avait encouragé le Président à jouer les médiateurs entre la Pologne et les autres : votre appui au « traité simplifié » (qui n’est plus le « mini-traité » de la campagne) était justifié puisque le résultat n’est en rien « une mini-Europe », même si la procédure préconisée n’est pas démocratiquement idéale. Seul un referendum devrait effacer un referendum. Un vrai gaulliste le redirait. Il est vrai que Sarkozy considère les Présidentielles comme un plébiscite  sur tous les volets de son programme…

>>>Oui mais,  Valéry Giscard d’Estaing : il importait de ne pas lâcher sur l’essentiel des fruits de la Convention mais ces fruits auraient été moins  empoisonnés si votre autosuffisance et votre manque de clarté rédactionnelle (un comble pour un académicien !) n’avait pas favorisé un front du refus bien hétéroclite dans le « funeste referendum ». Les Non l’ont emporté par la faiblesse, par vous provoquée, des arguments en faveur d’un Oui enthousiaste. L’Histoire jugera. Et vos leçons d’Europe données sur votre euro-blog n’atténuent en rien votre responsabilité dans cette magnifique occasion manquée.

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Objectif octobre sous présidence portugaise

L’essentiel est donc fait : la Présidence allemande a pu fixer le calendrier du « sauvetage de la dernière chance». Une CIG (Conférence intergouvernementale) s'ouvrira le 23 juillet prochain, sous présidence portugaise,  pour se terminer avant la fin de l'année : »courant octobre », dit-on à Lisbonne. L'objectif ?  Une entrée en vigueur du nouveau traité en 2009. Les 27 devront d'ici là ratifier ce traité. « L’Europe est une longue patience », redirait Robert Schuman. Et une débauche d’énergie.

Au bout de la nuit, cet accord à 27 ! A l’arraché. Au « finish ». Avec beaucoup de sueur… et «  quelques doses de vaseline », comme dit un ministre luxembourgeois déçu comme les représentants de huit autres pays qui ont ratifié la Constitution mort-née des concessions faites. La CIG ne s’annonce pas comme une suite de réunions calmes et sereines : tout n’est pas encore entièrement bouclé et, comme dit un proverbe alsacien, le diable va encore se cacher dans nombre de détails.

Le scénario classique des psychodrames européens  

Mais toute l’histoire de la « construction européenne » n’est-elle pas  faite de ce genre d’épreuves.

>>>Dramatisation des enjeux et des divergences avant. Avec des commentateurs partagés entre scepticisme et pessimisme : l’Europe ne fait la Une que si la crise menace. Et comme dans toute négociation, la tension ambiante favorise les surenchères.

>>>Extrêmes tensions pendant. Prolongations dans la (mauvaise) tradition des « marathons.  Avec des entretiens bi- et multilatéraux, des marchandages et des compromis, des discussions en coulisses qui permettent de gommer les  surenchères publiques. Avec de belles exploitations tactiques des médias par fine distillation de bruits de couloirs. Avec ces mystères de cette démocratie « secrète » bien loin des exigences de transparence d’une démocratique « Europe des peuples ». « C’est l’Europe des chefs », souligne l’ami Jean Quatremer.

>>>Et soulagement final. Avec les traits tirés d’une aube pleine de promesses…Chacun repart dans sa capitale avec le sourire satisfait de la « mission accomplie »…même si mes sourires se ferment parfois avec le recul et de lucides analyses à froids.

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Super-Sarko dans ses oeuvres

Sarkozy a amusé le « concert européen » par son style (beau changement !) et il a provoqué l’ironie des journalistes non français par son art d’inciter la presse à mettre en relief ses mérites. « Le coq se fait paon et le cocorico se fait romance », ironise un confrère allemand. « Il a vraiment un besoin fou d’être aimé votre Bonaparte de salon »…

Soyons justes : Sarkozy s’est imposé par sa ténacité et ses talents de joueurs (d’échecs et de poker menteur). Il n’a rien ménagé pour jouer les Zorro entre les Polonais et les Allemands. Il a impressionné par son activisme débordant. Son coté sportif, fasciné par le « résultat », est un atout incontestable dans ces jeux diplomatiques qui relèvent en partie de l’esprit de compétition.  

Sur le fond, le mérite du succès proclamé de ce Conseil « de la dernière chance »  lui revient en partie, c’est évident. Mais une fois encore,  c’est Angela Merkel qui doit surtout être couverte de fleurs. Par son sens du dialogue, par son art de céder sur le secondaire et par son refus de céder sur l’essentiel Et Tony Blair, José-Luis Zapatero, Junker,  Barosso et Prodi doivent être associé à ce succès.

J’ai dit « succès ». Oui. Sur mon blog, j’avais même parié que succès il y aurait… D’où d’ailleurs mon silence radio sur cet événement avant son dénouement, y compris sur « Relatio », le blog de l’Europe en revue. Pourquoi se rendre journalistiquement complice d’une orchestration bien faite et calculée à des fins politiques mais bien inutile et dangereuse pour le but visé ?

La loi du tapage médiatique ne facile pas l’efficacité diplomatique… Jamais Schuman et Monnet n’auraient pu lancer la CECA, vraie naissance de l’Union, en privilégiant la communication.

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« Il faut toujours positiver » 

C’est un succès, non seulement parce que l’Union européenne semble pouvoir sortir d’une impasse institutionnelle qui ne fait le jeu que de ses adversaires et de ses concurrents, mais parce que psychologiquement un échec eût été catastrophique. 

« Il faut toujours positiver les avancées de l’Europe, même quand la modestie des résultats n’est pas à la hauteur des ambitions satisfaites. C’est cela l’Union, pas à pas… », m’a appris Pierre Pflimlin ! J’ai retenu la leçon : c’est ce qui permet de rester un « euroconstructif » même dans les moments les plus déprimants.

Alors, tant pis si  les politiques communes énumérées dans la Constitution, qui avaient été l'objet de nombreuses polémiques souvent mal nourries (n’est-ce pas Fabius ?) au moment du référendum, ne sont pas reprises : elles restent dans les anciens traités, qui demeurent. Le projet de nouveau texte ne fait qu'amender sans la mise à plat envisagée par Sarkozy : un temps pour chaque chose.

Tant pis, aussi, si en termes  de simplification, on aurait pu faire nettement mieux : le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker,  a raison de juger ce traité «  encore moins compréhensible » par les citoyens que la Constitution.

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La double majorité... en 2014

Comme prévu, l'essentiel des discussions a porté sur la nouvelle règle de la double majorité (55% des Etats-membres et 65% de la population de l'UE) pour les votes au Conseil des ministres. Après deux jours de résistance de la part des frères Kaczynski, (les jumeaux populistes et nationalistes, prisonniers d’un passé qui ne passe pas et d’un antigermanisme pathologique) qui estimaient qu'il avantageait trop l'Allemagne.

La Pologne, trop bien servie par le très nocif Traité de Nice (fils indigne de Chirac et de Jospin) a obtenu que celui-ci soit prolongé jusqu'en 2014.  « Nous n'avons avalé aucune pilule empoisonnée », s'est réjoui le président Lech Kaczynski. « Il n'était pas possible, moins de 20 ans après la chute du mur de Berlin, de laisser de côté le plus grand des pays d'Europe de l'Est' », a expliqué le président français qui est allé jusqu’à proposer de faire le voyage de Varsovie pour expliquer les enjeux devant la Diète polonaise…

On perd (encore) du temps, mais c’est dans une perspective historique qu’il faut se placer, non à l’échelle d’une vie. Que sera le monde en 2014 ?

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La « concurrence libre et non faussée »  

Tout le reste (ou presque) est de l’ordre du symbolique. A commencer par la « surprise du chef » que Sarkozy a sorti de son chapeau : la suppression de cette phrase sur « la concurrence libre et non faussée » qui dans le projet de Constitution avait fait bondir les « nonistes » dits de gauche à la suite d’une intoxication des esprits digne du « Da Vinci Code ».

Une concurrence « libre et non faussée », c’est la règle du marché commun depuis 1957. Heureusement : c’est tout de même plus sain qu’une absence de concurrence (comme dans les régimes collectivistes) ou qu’une concurrence faussée (comme dans l’hypercapitalisme où les plus gros peuvent manger les plus petits). C’est ce principe qui autorise la Commission à lutter contre les agrégats, les monopoles, les ententes illicites.

Que quelques « penseurs » de « l’altermondialisme » y aient vu un symbole de l’orientation « hyper libérale » de la construction européenne et que cette mayonnaise intellectuelle ait pu monter dans autant de têtes pleins faites par un mimétisme de masse aveuglant restent l’une des aberrations qui méritent d’être inscrite dans le livre des records de la bêtise cérébrale d’intelligences vives !  Passons.

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Sarkozy en a pris acte. En  riant intérieurement. Au nom de cette concession faite à la « gauche » il va, à terme, disposer d’un argument pour que la Commission s’oppose moins à la constitution de « géants nationaux » (ce que De Villepin nommait le « patriotisme économique »). Il en a déjà tiré parti pour  se donner une belle image de « libéral » qui (comme dirait, presque, Bayrou) « ne considère pas la concurrence comme une fin mais comme un moyen » pour développer «  la prospérité, la croissance, la stabilité ».

Mais sur le fond, cela n’enlève rien d’essentiel. Même Blair le reconnaît : Le respect de la concurrence est mentionné dans 13 autres passages du projet de traité, « donc la situation ne changera en aucune manière ». Du coté de Sarkozy, on affirme : « Cela n'affecte en rien les bases juridiques de la politique de concurrence ». Alors ? Bravo Sarko : l’art de faire du neuf qui ne change rien exige du talent.

Au passage, le Président français a obtenu aussi de mettre en relief la nécessité de la croissance dans le texte du nouveau traité qui évoque l’Institut de Francfort. C’est bien, mais cela ne change rien à la nature du mandat  de la Banque centrale européenne (BCE), qui n'est pas en négociation. Autant dire que cela aura le même effet que le mot croissance rajouté du bout des lèvres lors du lancement du  « pacte de stabilité ». Qui se souvient et rappelle que ce Pacte est « de stabilité et de croissance » ? Effet psychologique encore …

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Plus de « ministre » :un haut représentant

Autre formule de style : « Le ministre des affaires étrangères » prévu dans le texte de la Constitution caduque s’appellera « Haut représentant de l’UE»… Les Anglais (hostiles à toute idée de supranationalité dans ce secteur, donc à toute perspective de diplomatie commune) sont contents. Les Polonais et les Tchèques, aussi. Les autres se font une raison : les fonctions attribuées à ce haut personnage sont inchangées. Vice-Président de la commission, il présidera le Conseil des affaires étrangères et tentera de coordonner les positions internationales des pays membres… Il est sûr que de créer un « ministère » dans une entité qui n’a pas de gouvernement était un peu étrange…Un gadget rhétorique à la Giscard ! L’Europe politique reste à construire. On le savait.

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Oui à une Présidence de deux ans et demi

Sur de nombreux points, les 27 États membres étaient déjà d'accord avant le début du Conseil. Quelques exemples:

>>>Les États membres de l'Union européenne restent attachés au poste de président permanent du Conseil proposé dans le projet de Constitution. Celui-ci exercera ses fonctions pendant deux ans et demi. La présidence par rotation serait donc supprimée. C'est une nécessité, mais le sysytème avait le mérite d'"européeaniser" chaque pays à tour de rôle. Cela doit être compensé par une plus grande prise en compte de la dimension européenne dans les structures et les politiques nationales.

>>>Renforcement des compétences attribuées au Parlement européen: grâce au développement des champs politiques dans lesquels Parlement et Conseil des ministres prennent des décisions communes.C'est un impératif.

>>>Renforcement des compétences nationales: grâce au développement des droits d'information des parlements nationaux. Il était temps..

>>>Réduction du nombre des commissaires: à moyen terme, il sera ramené de 27 actuellement aux deux tiers du nombre des États membres.Ce n'est pas forcément bon... C'est le statut des Commissaires qu'il faut revoir.

>>>Jusqu'à présent, l'unanimité est toujours requise dans de nombreux domaines politiques pour les décisions prises par le Conseil des ministres. Il est prévu de remplacer ce système de vote par la majorité qualifiée, ce qui permettra de réduire le risque de blocage. C'est une impérative nécessité, une condition nécessaire pour progresser dans des secteurs qui exigent des progres, celui de l'Europe de la Justice, notamment.

D’autres points peuvent susciter des regrets : l’abandon des symboles (drapeau et hymne, notamment). Mais les deux étoiles d’or sur fond d’azur resteront ce qu’elles sont et l’hymne à la joie, aussi. Et l’union ne progressera qu’unie dans sa diversité. Il fallait donner quelques sucettes à Tony Blair, l’euro-ambigu, qui va céder son poste à Brown, un « euro-minimaliste »

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La Charte maintenue…sauf pour les Anglais

Les autres concessions faites aux Britanniques ne seront dommageables qu’aux citoyens du Royaume Uni.Celui-ci bénéficiera notamment d'une dérogation sur l'application sur son sol de la charte des droits fondamentaux, à laquelle le futur traité donnera une valeur contraignante dans les 26 autres Etats-membres. Les citoyens de Sa Gracieuse Majesté perdent une voie de recours. Tant pis…pour eux.

Au total, cette Union qui est déjà « à la carte », selon une formule de Louis Armand des années 60,  le sera un peu plus. Pas de menu unique à 27 ! Mais l’essentiel, selon l’expression bien connue, reprise à son compte par Sarkozy, c’est que « ceux qui veulent aller plus vite et plus loin ne soient ni ralentis, ni empêchés par les autres ». Et les reculs de ce traité institutionnel pourront être compensés par des « coopérations renforcées ». La vie continue. C’est un combat. L’Union « de plus en plus étroite » continue. C’est aussi un combat. Un beau combat.

Daniel RIOT

22/06/2007

France:NON au nationalisme d’Etat et à la xénophobie de gouvernement.

Quand les démocrates dignes de leurs valeurs sont intrinsèquement  « sarko-incompatibles »…Oui à la pétition internationale lancée contre le ministère Hortefeux: tenir la promesse d'une mauvaise action n'est pas une bonne action.La légitimité du suffrage universel ne légitime pas tout...

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Une politique de régulation de l’immigration ? Evidemment. Dans le respect des engagements internationaux de la France (droit d’asile, statut des réfugiés…) et dans le respect des Droits de l’Homme. En s’attaquant aux vraies causes de l’immigration clandestine, ce fléaux qui fait la fortune de réseaux de trafiquants et d’employeurs esclavagistes, donc aux coupables et non aux victimes. Et en mettant sur rails une politique active d’un co-développement en vraie rupture avec les pratiques éhontées de la « Françafrique »…

Une politique d’ « intégration nationale », de façon à engendrer un « Vivre ensemble « plus harmonieux, à favoriser l’adaptation à nos lois et à nos mœurs des accueillis depuis longtemps ou des nouveaux arrivants ? Evidemment.

Des règles"utiles et justes" pour accorder la nationalité française ? Evidemment.

Avec des critères d’aujourd’hui, et non des réflexes hérités de législations mal « nettoyées » (raciales, racialistes, racistes ou xénophobes)  de temps qui ont fait la honte de la France. Avec ces exigences de droits et de devoirs sans lesquels  la « carte d’identité » n’est qu’un tatouage administratif souvent coloré par une dose d’arbitraire.

Mais un « ministère » qui lie « immigration » et « identité nationale » ? NON.

Non, en raison de la force symbolique (négative pour tout esprit soucieux d’humanisme et d’humanité) de ce lien.

Non, aussi, parce que le fait de confier la codification d’une identité nationale à un organisme d’Etat traduit une conception chargée de « vents mauvais », comme disait Pétain avant d’être pris dans la tornade vichyste.

Ce n’est pas à l’Etat de définir l'identité nationale, qui n'est ni unique ni figée. Du moins ce n’est pas à un Etat démocratique de le faire.  

 

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D’ailleurs, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République pourtant souvent secouée par des transgressions populistes et bureaucratico-arbitraires.  

Par ce qui se veut un acte fondateur de la  présidence sarkozyenne, la France inscrit l'immigration non  comme un « problème » à régler mais comme une force « ennemie »,  un bouc émissaire, comme un exutoire. France, terre des Droits de l'Homme? A démontrer. France, terre d'accueil? A prouver. France digne de ses valeurs? Restons sérieux...Ou redevenons-le!

Le péril n’est pas que dans des têtes d’intellectuels dénigrées avec une imbécillité populiste par le Président et son ami Hortefeux :il est réel.  Car personne ne peut dire de quoi demain sera fait.  Et car la morale politique (il s’agit aussi de cela) risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème existentiel et une menace réelle pour l'intégrité ou l'identité nationale. Revoici sous une autre forme le « parti de l’étranger ».  Et « l’ennemi de l’intérieur »…Allô, Kouchner? 

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Pour les démocrates soucieux d’approfondir sans cesse la Démocratie et de la protéger avec vigilance de tout ce qui peut altérer ce bien précieux qui, comme la Liberté selon Voltaire, « permet de jouir de tous les autres biens », il est clair que ce ministère Hortefeux constitue plus qu’une tache, plus qu’une maladresse, plus qu’une erreur. C’est une faute majeure. Et scandaleuse ! Contraire à l'esprit des valeurs du Conseil de l'Europe.

Sarkozy, qui dit adorer et savourer la « transgression », est trop réaliste pour ne pas en avoir conscience. Il l’avait promis, il l’a fait. Soit. Et alors ? Tenir la promesse d’une action mauvaise n’a jamais constitué une bonne action. Même avec cette légitimité du suffrage universel qui...ne légitime pas tout, surtout pas ce qui altère les fondations les plus belles de...l'identité nationale! Une affaire de principes (républicains) de valeurs (démocratiques) et de bon sens. Une question qui rend « sarko-incompatibles » les esprits les plus fidèles au « principe d’Humanité ».

Un espoir : que les pétitions internationales lancées sur cette question et traitées par le mépris au sommet de l’Etat recueillent le maximum de signatures. « Veilleur où en est la nuit ? »…

Daniel RIOT 

EN SAVOIR PLUS SUR DpJ, le Droit pour la Justice >>>>> 

medium_abolition_de_l_esclavage_Convention_du_16_pluviose_an_II.jpgNicolas A. Monsiau - L'abolition de l'esclavage proclamée à la Convention le 16 pluviôse an II
Dessin à la plume rehaussé de gouache - Musée Carnavalet, Paris

NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

POUR SIGNER LA PETITION >>>>>>>>>>

 

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La France que je n'aime pas.....

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Une affiche officielle d'un autre temps qui est (évidemment) hors sujet  dans le contexte d'aujourd'hui? L'identite nationale est aussi le fruit de tranches d'histoire qu'on aimerait oublier. Toute ressemblance avec le temps présent est évidemment .. délibérée. Non par provocation, mais par précaution. Pardon à celles et à ceux que je choque dans leur Sarkolâtrie. ...Mais Pétain aussi a connu un "état de grâce" très long. C'est un fait, non une opinion. L'illégitime, c'était De Gaulle. Je sais: j'exagère. C'est Sarkozy qui m'incite à la transgression. Cela devrait me faire pardonner, non? DR

Nicolas Sarkozy à l'épreuve des faits: Les risques de "passages en force" mal préparés

Le billet de Chantal Cutajar

On peut apprécier les qualités de tacticien de  Sarkozy, éclatantes  dans son art de piller  quelques idées du Modem, (partiellement et sans en respecter l'esprit), dans son "casting" gouvernemental, (même si la parité promise entre femmes et hommes n'est pas au rendez-vous et si le cabinet n'est pas aussi restreint qu'annoncé) ou dans sa manière de "secouer" sa propre majorité (surtout en Alsace où elle se sent "cocufiée" par la nomination de Jean-Marie Bockel)

"Chapeau Sarko!", ironise Daniel Riot sur son blog-notes ...pendant que le très sarkozyste Président de la CUS, sur le sien, écrit gravement:"Et si Nicolas faisait une erreur?"...

On peut aussi espérer (c'est mon cas) que le premier Conseil européen de Sarkozy se traduise par un déblocage de la crise européenne: Mme Merclel y serait pour beaucoup.

Mais je dois dire qu'en cette fin de soirée, ce n'est pas la fête de la musique pour tout le monde...  Etudiants et universitaires, avocats et magistrats, consommateurs, syndicats de fonctionnaires:toutes les informations reprises sur ce blog ce soir semblent montrer que si l'été est arrivé, l'état de grâce semble déjà se terminer. Malgré les excellentes prestations télévisées de ce "Président-premier ministre-ministre-chef de la majorité et... commentateur de ses propres actions! ", comme ironisent quelques éditorialistes.

N'entonnons surtout pas le refrain trop connu qui veut que "les Français n'acceptent les réformes qui ne les concernent pas" ou que dans ce pays "les réformes sont  impossibles"...

Oui, il faut des réformes, profondes.

Mais des réformes soigneusement préparées, lancées après des concertations dignes de ce nom et une pédagogie gouvernementale soignée. Or que voit-on? Des réformes bouclées en vitesse que l'on veut  faire "passer en force", imposer d'en haut. Comme par oukase présidentiel.
Bien sûr, le Président Sarkozy a été élu pour appliquer son programme.
Bien sûr, les Français lui ont donné une majorité parlentaire absolue pour qu'il puisse tenir ses engagements.
Mais la légitimité démocratique n'autorise pas tout... Voter pour un Président ne signifie pas adhérer à toutes ses propositions, surtout sur des sujets où les finalités ne sont pas toujours bien énoncées et  les modalités pas suffisamment expliquées.

Je ne dis pas cela pour regretter que les méthodes de "démocratie sociale" portées par François Bayrou n'aient pas été suffisamment approuvées  par les électeurs français.  C'est l'avenir qui m'intéresse, non le passé, même récent…
J'écris cela parce que j'espère que les méthodes en vigueur seront révisées, amendées, améliorées. Dans l’intérêt général, pour cet « utile » et ce « juste » qui motivent mes engagements politiques.

Les décisions d'un Seul imposées d'en haut ne sont pas adaptées aux exigences de notre époque. Et la situation française est trop grave pour que les mesures annoncées n'aient pas les effets escomptés sur la réduction de la dette, sur la stimulation de la croissance et sur plus de justice sociale.

L'épreuve des faits ne relève pas du  même ordre que les épreuves (réussies) des images. Après le virtuel, le réel.
Chantal Cutajar

21/06/2007

Parti socialiste: Avec ses aveux tardifs, "Ségostar", la « femme fatale », perd ce qui lui restait de crédibilité

Ségolène Royal reconnaît avoir dû défendre des idées qu'elle ne jugeait « pas crédibles »

L’AVEU. De mensonge. D'incohérence. De manque de sincérité. De médiocrité. Comment accorder quelque crédibilité  à quelqu’un qui, après avoir eu la prétention de gagner la confiance  des Français pour accéder au pouvoir suprême  de la République, reconnaît, une fois la défaite non admise mais venue, qu’elle avait soutenu des idées qu’elle ne partageait pas, pris des engagements dans lesquels elle ne croyait pas et qu’elle se sentait prisonnière des archaïsmes et des « retards » de son parti… ?

Scandaleuse, la « femme fatale » ! Fatale pour les idéaux qu'elle prétend incarner. Désirs brisés.Et avenir bouché...

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Je n’ai jamais été tendre pour Ségolène. mais je n'ai pas été assez sévère, quoi qu'en disent mes amis socialistes.

 Mon intuition était bonne : quelque chose, en elle, sonne faux. Même dans ses prestations les moins mauvaises. BHL aurait du le voir et l'entendre aussi...

Mon analyse était fondée : son « désir d’avenir » était plus un désir de pouvoir être que de pouvoir faire. Et la consistance, la cohérence et la pertinence de son "pacte" ne résistait guère à un examen attentif. Rocard, DSK et d'autres l'ont vu, mais bien peu ont eu le courage de la dire...

Transformée durant la campagne interne du PS en femme-objet marketing, en tête de « couv » glacée des magazines, en vedette des plateaux télé, bref en petite reine de la Star’Ac de la politique-spectacle, celle qui « s’autorisait tout » s’est permis de mentir à ses militants, à ses supporters et aux Français .

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Smic à 1 500 euros, généralisation des 35 heures. Y en a-t-il d’autres ?... Selon Ségolène Royal, « ce sont des idées qui ne sont pas crédibles, pas cohérentes avec le projet socialiste ». Elle a « dû les reprendre dans son pacte présidentiel », a-t-elle précisé, lors de l'émission Question d'info (LCP-Le Monde-France Info). La pauvre... Elle a du défendre des causes indéfendables! Les avocats le peuvent:pas les candidats à l'Elysée... Se trahir soi-même sur l'autel de ses propres ambitions, c'est le comble de l'arrivisme...  

Parlant du smic à 1 500 euros brut en cinq ans, « qui est une idée phare de Laurent Fabius », Mme Royal a rappelé que la mesure n'était pas évoquée dans sa « profession de foi ». Ce qui ne l'a pas empêché de crier :"je m'engage à...", sous les applaudissements de la foule des militants enthousiastes. Cependant, a-t-elle ajouté comme pour s'autoexcuser, « certaines mesures [étaient] en même temps politiquement fondées : le message politique était de dire que les socialistes sont favorables à une augmentation des bas salaires ». Ah! Oui. Et comment?

Ségolène Royal a aussi estimé que l'entrée dans le gouvernement Fillon de personnalités de gauche ou issues de la diversité devait « interpeller le PS ».  « Cela doit faire réfléchir. Je pense que la gauche a été en retard, les socialistes ont été en retard", a-t-elle affirmé. Sur ce point, elle a raison.

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Mais qui a écoeuré Besson, qui a découragé Kouchner, qui a méprisé Bockel (comme tous ceux qui ont présidé en région ses comités de soutien)? C'est elle.   Et c'est  elle qui s’est voulue cheftaine de ce train en retard. Qui ne semble pas prêt de se remettre sur les rails d'une "vonté d'avenir".

Evoquant l'idéologie socialiste, l'ex-candidate à l'Elysée a jugé qu'il fallait « remettre en cause un certain nombre de choses ». Selon elle, il faut « tout revoir de fond en comble, y compris le vocabulaire ». Elle s'est dite « favorable à ce que les militants soient le plus rapidement possible appelés à trancher une ligne et des priorités » car « sinon, il y a un risque d'inertie » et de départ des militants.

Tout cela est vrai. Mais l’aveu d’un mensonge n’efface pas le mensonge, la tromperie, l’escroquerie intellectuelle et morale. La première ligne, c’est la clarté des engagements et la sincérité des discours. La priorité des priorités, c’est l’honnêteté intellectuelle de celles et de ceux qui prétendent guider le peuple et gouverner le pays.

Le PS vient d’aggraver son cas. Gravement. Vraiment très gauche et maladroit. Intrinsèquement. Pathétique, Royal. Pathétique, Hollande… Et leurs histoires de cœur  n’ont rien à voir avec tout cela.

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Les cocus, ce sont ceux qui ont fait confiance à une candidate qui renie ses propres engagements. Qu’aurait-elle bien pu faire une fois à l’Elysée ? Elle n’a pas implosé en vol, contrairement à ce que le simple bon sens auraut voulu, durant la campagne. C’est vraiment dommage. 

Son tort n’est évidemment pas d’avoir, aujourd’hui,  raison sur le fond. Mais d’avoir osé se présenter en agitant un drapeau qu’elle voulait ou aurait du piétiner, déchirer.

Désolé, Madame. Vous n’êtes guère crédible aujourd'hui (et votre parti non plus) pour critiquer Sarkozy. S’il est où il est, s’il peut jouer les « Bonaparte de l’Elysée » c’est d’abord grâce, ou à cause, de vous… Sarko avait raison:Vous avez été et vous restez sa "meilleure ennemie".  Alors…Silence, Madame. On tourne. Votre page! Avec gravitude.

Daniel RIOT

Strasbourg: Jean-Marie Colombani "au fil du Monde", d'un siècle à l'autre

Pour Jean-Marie Colombani, il y a une vie après Le Monde : c’est évident. Il en parlera sans doute un peu, ce jeudi,à 17H00 à l’ENA lors d’un débat organisé par la Librairie Kleber que j’animerai avec plaisir, sur le rôle d’un éditorialiste dans un journal (et dans la vie politique) et bien sûr à propos du  recueil d’éditos qu’il vient de publier chez Plon.

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Remontée dans le temps, au fil du Monde, de l’élection de Sarkozy à …1994. D’un siècle à l’autre. Avec une planète qui bouge et une France chiraquienne en « manque d’espérances »…

Un livre à lire (même si, comme moi, Le Monde est l’une de vos tranches de pain quotidiennes). Un livre à conserver dans les rayons de votre bibliothèque, surtout, ces pages d’histoire écrite à chaud sont le reflet de faits mais aussi de la doxa de ce temps. De cette doxa, de cet air du temps, de ces modes de pensées ou de ces pensées à la mode dont  l’éditorialiste  doit se méfier…Ce que ses lecteurs ne comprennent pas toujours.

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Sa vie : Né en 1948, au Sénégal, Jean-Marie Colombani a fait  ses études au lycée Hoche de Versailles et au lycée La Pérouse à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) , puis à l'université de Paris II-Assas et celle de Paris I-Panthéon-Sorbonne. Un parcours sans faute qui le mène à suivre l’une des voies qui peuvent mener au journalisme: licence de droit, Sciences Po Paris et diplôme de droit public. Il entre 'dans la carrière' en 1973, en devenant journaliste à l'ORTF, puis au bureau de FR3 à Nouméa.

Intégrant l'équipe du 'Monde' comme rédacteur au service Politique, il ne va plus quitter le célèbre journal, gravissant les échelons de la hiérarchie, jusqu'au poste de directeur. En janvier 1995, Jean-Marie Colombani devient président du Directoire de la SA Le Monde. Parallèlement, il est administrateur de l'Institut régional d'administration de Bastia, et intervenant régulier à RTL. Il anime également l'émission hebdomadaire 'La rumeur du Monde' sur France-Culture.

20/06/2007

France: Chapeau Sarko !

Il est bon. Excellent, même... Et je fais le  pari qu’il va réussir son premier Conseil européen. Eh ! Oui… je parle bien de Nicolas Sarkozy!

J’ai été suffisamment critique, satirique, alarmiste (injuste, même, de cette injustice vénielle des polémistes) envers lui pour ne pas autocensurer les sentiments positifs que Sarkozy m’inspire aujourd’hui,  après ses débuts à l’Elysée, la formation de son gouvernement et  l’image de « gagneur » qu’il sait donner à une France qui a effectivement besoin de voir ses structures (et bien des têtes) dépoussiérées, secouées, modernisées.

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Son entretien avec Poivre et Claire Chazal, ce soir sur TF1, était un petit chef d’œuvre de prestations télévisuelles pour un chef de l’Etat qui doit incarner la Nation et représenter une France qui avait perdu ce dynamisme et ce moral  sans lesquels l’avenir est bouché. Entre nous, Sainte Ségolène dans la même situation m’aurait sans doute fait lever les yeux au ciel. Sarko m’incite à regarder droit devant. C’est peut-être d’abord cela, « l’effet Sarko ». Pauvre Ségolène: avec elle, la photo aurait été (parfois) bonne. Figée.Avec Sarko, c'est l'image et le son qui font impression. En mouvement.  

Victime de l’ « état de grâce », l’auteur de ce billet laudateur ? De l’hypnose collective déclenchée par ce magicien ou du moins, comme le dit Tapie, cet excellent comédien ?  De cette « sarkomania » ambiante ? Non, bien sûr. Je juge l’image et l’habileté. Pas le fond du programme mis en route et l’étrange manière de confondre démocratie sociale et bonapartisme à peine voilé, avec ce que tout ce peut comporter de positif et d’inquiétant.

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Mais reconnaissons-le : Il faut être excellent pour réussir aussi bien à siphonner l’électorat de Le Pen, à piller sans vergogne dans la boîte à outils de Bayrou (seul leader politique dont il ne cite pas le nom, bien qu’il l’ait reçu comme d’autres à l’Elysée), à accentuer encore le coté ringard et archaïque du PS, et... à prendre à rebrousse polis sa propre majorité condamnée soit au masochisme confortable du chien de la fable de La Fontaine soit à la vie du loup qu’elle serait bien incapable de supporter.

Le plus frappant, en ces lendemains d’élections, au niveau des images, c’est le contraste saisissant entre l’image du Chef, du Guide, du « Superman de l’Elysée » et le troupeau (au sens noble du terme, disons biblique,  bien sûr) de l’UMP, de ses apparentés et de ses valets de Chambre (des Députes, évidemment) : même les plus jeunes de ces notables réunis semblent très vieux dans cette digne assemblée d’élus du peuple…

Bien sûr, il y a des exceptions, ne caricaturons pas. Mais elles confirment la règle. Heureusement que selon son propre commentaire les « Français ont été sages dimanche dernier » en limitant la masse du conservatisme crasse.  

Le plus drôle, dans le même ordre d’idées, c’est le terrible décalage entre ce rassemblement d’élus par « l’effet Sarko » et la jeunesse, la diversité, et la qualité (mais oui) de la plupart des ministres (je ne parle évidemment pas de Santini, de Besson et de quelques autres, en place par calculs politiciens trop classiques et trop connus et non par choix ,de forme ou de fond.

Les socialistes peuvent toujours parler « d’équipe pour les caméras », « de casting pour la frime »…On a déjà vu nettement moins bien ces dernières décennies. Avec moins de jeunes, moins de femmes, moins de représentants de la « diversité française », comme on dit pour gommer un peu les effets désastreux d’expressions du type « d’origine étrangère », « issus de l’immigration », « des banlieues »

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Deux rappels copiés collés dans Le Monde :

medium_rama_yade.jpg* La moyenne d'âge du gouvernement "Fillon 2" est de 50,5 ans. Sur 32 ministres, 13 ont moins de 50 ans, 12 entre 50 et 60 ans (dont le Premier ministre François Fillon, qui a 53 ans). Les deux benjamins de l'équipe ministérielle sont Rama Yade (30 ans) et Laurent Wauquiez (32 ans), porte-parole du gouvernement.

medium_amara_fadela.jpg*Les femmes, avec deux ministères "régaliens" (Intérieur pour Michèle Alliot-Marie et Justice pour Rachida Dati) et la "forteresse" de Bercy (Christine Lagarde), plus quelques ministères "techniques" mais emblématiques (Culture, Logement, Santé, Recherche), se taillent une vraie place de premier plan dans le nouveau medium_rachida_dati_2.jpggouvernement.

Pas mal, effectivement ! Et les socialistes peuvent toujours exclure de leurs rangs ceux (et celle) qui se sont ralliés à Sarkozy : la gauche française est devenue ce qu’on disait de la droite voilà peu encore (avec raison), « la plus bête du monde ».

medium_kosciusko-morizet2.jpgConsolation pour les électeurs de Bayrou : preuve est ainsi donnée, par ricochet,  qu’en cas de victoire, la patron du MoDem n’aurait eu aucune difficulté pour réunir les meilleures compétences dans un gouvernement d’union nationale…Il aurait même pu mieux faire, sans doute.

Tristesse pour les mêmes électeurs : la République aurait été modernisée et assainie dans ses structures mêmes, non par des réformettes qui vont perpétuer la confusion et la concentration des pouvoirs, les tentations politiciennes de  « ralliements » et non d’ « alliances », et l’existence d’une Assemblée toujours coupée en deux et non devenue vraiment constructive grâce à ces « accords de législature » que Pierre Mendès France préconisait déjà. Et grâce à une vraie revalorisation du travail parlementaire.

Pas de regret à avoir : l’Histoire ne se refait pas ; elle continue. Et elle ne se fait pas uniquement par des effets d’annonce et des prestations (même très réussies) à la télévision. La loi du « tapage médiatique » qu’avait conceptualisée Kouchner a des limites. Comme disait De Gaulle : « Il n’est pas possible de se faire élire sur un programme et de l’appliquer. Car le choix est simple : ou l’élu trompe ses électeurs, ou il trompe l’intérêt du pays. >>

En attendant la suite, avec une vigilance critique comme il se doit, mais aussi dans l'espoir   de pouvoir applaudir à quelques actions "utiles et justes" pour la France et les Français, chapeau Sarko !

Daniel Riot

23:52 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, sarkozy, france, UMP

Politique, amitié et affaires:Une « sucette Sarko » pour Santini, le fumeur de Havane

André Santini aux affaires (à la fonction publique et non à la justice) ou la grande solidarité des Hauts-de-Seine…et le triomphe de la "pressomption d'innocence"

Il est d’une convivialité à toute épreuve. Comme Charasse…Et ce radical (en affaires donc très ouvert en politique) vient d’avoir la sucette du ralliement opportuniste (et de cette amitié à l’italienne que l’on sit si bien cultiver dans les hauts de Seine) : un secrétariat d’Etat.

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Ce n’est pas rien… même dans un gouvernement où les ministres en sont réduits à jouer les chefs d’ateliers de Fillon, chef de chantier. Ce sont les fonctionnaires qui vont être contents, surtout s’ils n’aiment pas la fumée du cigare. Un anti-Bur, André, l’homme d’esprit qui brille sur les plateaux de ces nouveaux salons où l’on cause pour ne rien dire qu’on appelle « talkshows » dans l’excellent français pratiqué par nos élites.  

« C'EST une preuve d'amitié et de fidélité », souligne Le Figaro. En effet. De « reconnaissance » et de « complicité » aussi, mais Le Figaro évite soigneusement les mots porteurs de vérités sous-entendues. Logique.

L'ex-vice-président de l'UDF  a très tôt lâché (on peut lire « trahi ») François Bayrou pendant la campagne du premier tour des  présidentielles. Dès janvier, même... Et en échange de la promesse de ce demi-maroquin, le député-maire d’Issy-les-Moulineaux a sacrifié quelques amis locaux prendre comme suppléant un ami et conseiller fidèle de Sarkozy que Cécilia avait « interdit d’Elysée », le Sieur Frédéric Lefebvre, promis à la députation comme tous les suppléants d’élus ministres ou appelés à l’être.

Un malin , ce Sarkozy : cela on le savait. Un très serviable, ce Santini,  surtout quand les services rendus sont monnayés. On le savait aussi.

Mais Santini pourr-t-il rester sous-ministre ? Même le Figaro note :  « Sa désignation marque une rupture avec une « jurisprudence » non écrite et instaurée par Pierre Bérégovoy et Édouard Balladur, qui stipulait que toute personne en délicatesse avec la justice ne pouvait pas exercer de responsabilités gouvernementales. André Santini est en effet mis en examen pour « prise illégale d'intérêts » dans l'affaire de la Fondation Hamon. »

Le Figaro ajoute :« Nicolas sait qu'il n'y aura aucune suite dans cette affaire », observe un proche des deux hommes. Nicolas le sait comment ? Ah ! J’oubliais :le pouvoir judiciaire, c’est lui aussi… C’est bien la France : on croît élire un Président de la république et on met sur le Trône un Juge suprême… Mais non : Nicolas sait qu'André "ne risque rien" parce que Nicolas aussi est concerné par cette affaire en tant que Président du Conseil général de ce département le plus riche de France…
Consolation : Santini n’a pas été nommé secrétaire d’Etat à la …Justice. Après tout, un « présumé innocent » aurait pu l’être, non ? D’ailleurs, c’est quoi cette « affaire Hamon » ? Comme dit Pasqua, Pape des Hauts-de-Seine,et champion en traversées de mailles du filet judiciaire,  il faut « faire confiance en la justice de son pays, mais pas en tous ses juges »…

À Matignon, toujours selon le Figaro, on préfère avancer une autre jurisprudence : « La règle du premier ministre, c'est celle du suffrage universel », confie-t-on dans l'entourage de François Fillon tout en faisant remarquer qu'André Santini est « présumé innocent ». C’est bien, la présomption d’innocence. Il faudrait l’appliquer à tout le monde, à ceux qui goûtent les joies de la préventive notamment. Mais j’ai mauvais esprit…

« André voulait absolument redevenir ministre. C'est son bâton de maréchal », raconte un élu des Hauts-de-Seine interrogé par Le Figaro. Même les bâtons de maréchal sont dévalorisés dans cette France du « Tout est possible ». 

DR 

France: Injustice et déraison d'Etat

Affaire Borel : Une preuve de l’extrême dépendance politique de l’injustice française et de la persistance structurelle de la déraison d’Etat

« Indépendance de la Justice » ? Voici une preuve (parmi bien d’autres) que la République française ne respecte pas ce principe républicain de simple bon sens… Je comprends la satisfaction (la consolation) de la veuve du juge Borrel : « L’Etat n’est pas contre la vérité ». Enfin… Quels combats menés par elle et d’autres (souvent ignorés par les médias et les politiques) depuis 1995 ! La justice retient enfin la thèse d’un homicide et non plus d’un suicide. Enfin…

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Mais la clef du déverrouillage se trouvait dans le coffre fort de la « raison d’Etat », donc de la déraison démocratique et de la négation de la Justice. Même la chronologie affichée de ce déverrouillage illustre à la fois le primat du « fait du Prince », le caractère monarchique et arbitraire de notre pyramide judiciaire et l’extrême dépendance du pouvoir judiciaire.

C’est quelques heures après avoir reçu (devant les caméras, bien sûr) la veuve Borrel que subitement  le procureur de la République (du Roi) a publié un communiqué qui vaudrait  analyse de texte à l’école de la magistrature : « Si la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée, les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur d'un acte criminel (…) Les expertises anthropologiques, médico-légales et de police scientifique concluent à l'existence de lésions osseuses sur le crâne et sur l'avant-bras gauche, faites à l'aide d'un objet contondant, et à la découverte de deux produits inflammables de nature distincte versés sur le corps. (….) Bernard Borrel était couché sur le sol lorsque les liquides ont été répandus sur sa personne de manière aléatoire », Comme tout cela est bien dit ; un « suicidé » qui réussit à s'assommer, à s’arroser, et à gratter une allumette…

Comme l’information circule vite : « depuis 2002 »! Le temps d’un mandat présidentiel… Comme la justice est rapide ! Douze ans d'enquête, cinq juges d’instruction, des pressions djiboutiennes sur RFI (pour déplacer un journaliste trop curieux), des résultats d’analyses (y compris adn) non publiés et haussements d’épaules d’hommes de loi sans foi qui prenaient Elisabeth Borrel « pour une folle, aveuglée par son chagrin ».

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Dans ce communiqué, précise les agences de presse,  « le magistrat précise qu'il répond à une demande de la juge d'instruction chargée de l'affaire et ne mentionne pas l'Elysée ». Belle pudeur.

Le procureur ne se prononce évidemment pas sur la piste d'un meurtre commandité par le pouvoir politique de Djibouti, hypothèse soutenue par Mme Borrel. "En l'état, l'instruction vise à compléter ces éléments par des auditions et de nouvelles expertises afin, notamment, d'identifier les auteurs et de connaître leurs mobiles", conclut le communiqué. C’est bien, cela. Djibouti vaut bien qu’on attende encore… Elle est digne et belle, la France d’aujourd’hui.

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Sans regretter le temps où ce « beau et grand pays » déclarait la guerre  à peuple pour un coup de chasse-mouche sur un émissaire qui ne remplissait qu’un rôle de facteur, on devrait tout de même ouvrir une vraie enquête sur « les raisons du silence de l’institution judiciaire », pour reprendre la belle litote de Sarkozy…

Sur le site du Quai d’Orsay, on peut lire :  «  Djibouti accueille la première base militaire française à l’étranger (2 700 hommes). Cette implantation dans une zone stratégique (accès à la Mer Rouge et au Golfe Persique) constitue un relais pour des opérations de projection et un terrain d’entraînement en conditions arides. La signature, le 3 août 2003, de la convention sur la situation financière et fiscale des Forces Françaises de Djibouti (FFDJ) pour une durée de dix ans inscrit dans la durée la présence militaire française à Djibouti. En vertu de cette convention, la France verse chaque année 30 millions d’euros à la République de Djibouti en contrepartie de la présence des FFDJ sur le territoire djiboutien. Plus de 4 000 ressortissants français vivent à Djibouti. » No comment, comme on dit sur Euronews.

Question subsidiaire et bien évidemment stupide : Combien d’"affaires Borrel", c’est-à-dire de dossiers dits « politiques » classés sans suite au mépris des règles les plus élémentaires de la justice, sur « ordre » des grands décideurs de la « déraison d’Etat » et avec la complicité lâche de magistrats prisonniers d’un système qui favorise la soumission à l’arbitraire ?

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A ce stade, Chantal Cutajar ne manquerait pas d'évoquer les mille et un dossiers liés aux "affaires politico-financières" et à "l'argent sale". Elle aurait raison. La déraison d'Etat se manifeste surtout de nos jours dans ce secteur de l'économie criminelle. Allô, Eva Joly? Allô, Denis Robert? Mais on est donc passé "l'appel de Genève"? Et qui connaît encore le "manifeste de Strasbourg"? Aucun rapport avec Djibouti? Non, mais...

La vraie « ouverture politique » consisterait non à plagier partiellement, avec perversité, les exhortations (si décriées durant la campagne des Présidentielles) de Bayrou pour un « gouvernement de rassemblement » mais de reprendre les proposition concrètes du même Bayrou sur l’indépendance de la Justice. Puisque c'est le seul qui faisait preuve d'audace et de raison dans ce domaine là. Un domaine où nos partenaires européens ont de grandes leçons à nous donner, même si la formule de Georges Brown, l'ancien ministre britannique, reste sans doute vraie:"Tous les Etats ont des cadavres dans leurs placards".

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Mais l’image de Saint-Louis rendant la justice sous son chêne est sans doute trop prégnante dans nos esprits…Même si nous ne sommes que très rarement gouvernés par des saints !

Au fait, si Chirac a  étouffé ce dossier que Sarkozy vient de sortir des oubliettes de l’injustice d’Etat, on ne lui demande aucun compte ? Je dois vraiment être resté très naïf….

Daniel RIOT

19/06/2007

Politique: SARKOZY ET BOCKEL "COCUFIENT" L'UMP D'ALSACE...

Oh ! La tête d’Adrien Zeller, ce midi,  sur France 3 Alsace ! Sarkozy avait pourtant prévenu : avec lui, « tout est possible ». Même l’ingratitude envers ses soutiens les plus déclarés, les plus dévoués, les plus zèles… Dans cette région qui n’a donné que des députes « Bleu-Sarko » (à l’exception de Jung dans la première circonscription de Strasbourg) c’est le sénateur-maire socialiste de Mulhouse, l’intelligent Jean-Marie Bockel qui devient (comme on dit improprement sur les bords du Rhin) le « ministre alsacien »…

Adrien Zeller,  Président de la seule Région métropolitaine contrôlée par l’UMP,  sait faire contre mauvaise fortune bon sourire. Il a bien sûr salué les « qualités de socialiste réaliste et ouvert » de Jean-Marie, ancien ministre de Fabius, ancien « chevénementiste » devenu « strauss-khanien » et … « bockelien » depuis toujours, Mais hors caméra, pas de sourire. Sauf de dépit.

Son amie Arlette Grosskost, la députée mulhousienne UMP qui rêvait de piquer la mairie à Jean-Marie n’arrête pas de crier au scandale, à l’injustice, à l’ingratitude… C’est, pour elle, une  "trahison" de l'Alsace, cette nomination.

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Arlette n’a pas appelé à la manifestation, à la levée des fourches,   à la grève des impôts ou au blocage du TGV Est, mais  elle a annoncé son retrait du groupe UMP à l'Assemblée nationale : "Je resterai dans le groupe des apparentés UMP tant que M. Bockel sera dans le gouvernement", a-t-elle précisé. Na ! Cela  a une portée absolument nulle, mais ce n’est pas grave.

La pauvre Arlette qui voit son ennemi juré devenir le coéquipier de ses amis sarkozystes n’est pas seule déçue dans cette affaire du remaniement obligé et de  l’élargissement annoncé d’un gouvernement qui reste pléthorique et ne respecte pas la parité promise.

Le député-maire UMP de Saint-Louis (Haut-Rhin), Jean Ueberschlag, a dit carrément se sentir "cocu" après l'entrée au gouvernement Fillon de l'élu socialiste d'une région qui a voté à 65,5% pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle.  « C'est une véritable gifle pour l'électorat de droite alsacien »,

 Mais la plupart des non-sélectionnés restent publiquement pudiques : la politique, c’est (aussi) l’art de dissimuler ses déceptions …et de reporter à plus tard ses espérances.

Le journal local, les  DNA,  avait eu ce matin  le mauvais goût de laisser entendre que Fabienne Keller, la sénatrice-mairesse de Strasbourg, serait de cette équipe ministérielle pour le moins hétéroclite (avec un cote à cote… Boutin-Amara très attendu, entre autres). Las ! Pas de Fabienne-de-Strasbourg dans l’ « équipe de France » sélectionnée, entraînée, dirigée, animée par Super Sarko, l’homme lancé sur l’Avant-scène par Robert Grossmann, le co-pilote de Mme Keller.

Les Dna ont des excuses… Nicolas Hulot (confondant sans doute les efforts qui avaient été faits en matière d’environnement à Strasbourg sous la gauche et ce qui est fait depuis 2001) avait cité cette élue UDF passée à l’UMP depuis longtemps, comme une des titulaires possibles du poste de vice-premier ministre de l’environnement par lui préconisé. Un poste devenu simple Ministre d’Etat malgré le Pacte signé… Et il est vrai surtout que certains des  supporters de Fabienne ont l’art de prendre leurs désirs pour des réalités  et sont d’excellents lanceurs de rumeurs…

Mais les DNA ont manqué de flair….

Si Juppé a dû quitter le gouvernement, cest parce qu’il a perdu les Législatives. Or Mme le Sénateur-maire de Strasbourg   a perdu, elle aussi, (par procuration) la batailles des Législatives dans la circonscription « centre » de sa ville.  

Qui  plus est,  les scores de Sarkozy et de l’UMP sur la ville co-dirigée par Fabienne Keller et  Robert Grossmann, l’ex-tuteur en politique de Sarkozy (déclaré « inexportable »)  ont été plutôt très mauvais par rapport aux résultats du reste de l’Alsace. Dans la circonscription 2, le candidat de l’UMP n’a  été élu que par 25,65 % des inscrits, si j’en crois les calculs  des DNA .Belle légitimité !

Enfin, il était logique que Sarkozy  choisisse  des « têtes d’affiche » qui pouvaient lui « rapporter quelque chose ». Efficacité d’abord. Bockel lui permet de faire la nique au PS (et au MoDem que le maire de Mulhouse allait sans doute rejoindre).

En termes d’image (ce qui compte le plus en ce début de Présidence consulaire), que pouvait lui apporter Fabienne Keller ? Elle gère la Ville d’une façon tellement « fermée » qu’elle pouvait difficilement symboliser « l’ouverture »…

Cette Dame, (« aux dents si longues qu’elles  rayent les parquets », comme dit l’un de ses parrains  en politique), devra donc attendre…

Personnellement, je suis très content  de la nomination de Bockel, non parce qu’il est « socialiste », mais parce qu’il a d’incontestables qualités, trop rares en politique.

En plus, chaque fois qu’il a rompu les amarres, ce fut toujours pour de bonnes raisons. Il s’est séparé de Chevènement sur l’Europe et sur sa conception des relations franco-allemandes. Il se sépare du PS parce que les éléphants l’ont méprisé parce qu’il a eu le tort de dire tout haut, depuis longtemps,  ce que les esprits éclairés du parti de la rose fanée pensent tout bas mais n’osent pas dire …

Comme me confiait Michel Rocard ce midi,  « les petits camarades du PS, ils m’emmerdent »… C’est vrai qu’ils sont sourds au simple bon sens depuis longtemps, les « camarades ». Mais la gauche n'a pas le monopole de ce type de surdité...

Daniel RIOT

 
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