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06/10/2007

« Touche pas à mon ADN ! » : Une pétition de Résistance.

Il n’y a qu’un problème avec la pétition lancée par Charlie Hebdo et SOS Racisme : le site www.touchepasamonadn.com,   est trop sollicité…Déjà 100 000 signatures à l'heure où j'écris cette note ! Prenez patience, donc, si vous voulez y aller ! Et « rechargez la page » à plusieurs reprises s’il le faut.

Car cette pétition, il faut la signer : elle est une mesure de salubrité civique. Et une bouffée d’oxygène dans un air bien pollué par une perverse imbécillité. « Un détail », ose dire Fillon à propos d’un amendement que même Pasqua a, dans un mouvement réprimé, trouvé indigne des combats menés en d’autres temps contre le fascisme.Le mot "principe" ne doit pas devenir politiquement incorrect! Le mot "valeur", si chanté, doit recouvrer du sens. 

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Plus cette pétition recueillera de signatures, plus on pourra garder espoir dans la perfectibilité démocratique. Et plus nous pourrons avoir confiance dans la capacité de RESISTANCE des Personnes aux forces terribles de ce « mimétisme de masse » qui entraîne l’humanité vers des catastrophes collectives quand la légende du joueur de flûte et des rats devient réalité.

C'est tout le sens aussi de la pétition lancée par le collectif "Sauver la recherche" qui a recueilli plus de 44 000 signatures: les chercheurs comme les médecins (et les juges!) dignes de ce nom savent où peut mener une conception exclusivent biologique de la nature humaine....

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Cet amendement parlementaire à un texte déjà chargé de germes d’inhumanité est en effet honteux en tant que tel, par son  texte (même  mal corrigé) et par son contexte. Par son texte : «cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d'immigration», écrit justement Philippe Val, le directeur de Charlie.

Par son contexte : les dérives droitières extrêmes en ce pays de « droit du sol » où l’on combattait le « doit du sang » deviennent banales, trop banales. C’est ce qui les rend dangereuses.

C’est la banalité des dérives accumulées qui enfante ce « fascisme ordinaire » toujours condamné trop mollement et trop tardivement quand il imprègne une société.

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Lier « adn » et « immigration », donc adn et « étrangers », c’est contraire à la loi républicaine. C’est sortir de ce qui était une règle morale et éthique française : « l’adn » est réservée à des fins scientifiques et judiciaires. Et c’est réduire la filiation aux liens de sang. La nature humaine n’est pas qu’un paquet de viande, d’os et d’eau…

Un argument avancé est irrecevable : « ce texte n’est pas contraire au droit européen ». Ce n’est pas un juge qui l’a dit : c’est le Commissaire chargé de la Justice qui se prend pour le ministre de l’intérieur de l’UE, Franco Frattini , l’homme qui rêve  d’une Europe où la droite polonaise ferait figure de force « progressiste »…

Le recours à l’adn est effectivement déjà utilisé à des fins de « regroupement familial » dans sept pays de l’Union, mais il n’est pas appliqué dans le même esprit,  il n’y a aucune norme communautaire en la matière et toutes les recommandations du Conseil de l’Europe en bioéthique ne confondent pas l’identité et le groupe sanguin…

Un argument n’est jamais avancé, en revanche, mais il pèse lourd. Il suffit de surfer un peu sur internet, et vous le découvrirez : des esprits entreprenants et imaginatifs voient dans le recours systématique aux tests adn un champ d’action juteux...

 

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Cette pétition, demande le retrait pur et simple de l’amendement Mariani. Cela s’impse en effet d’autant plus qu’elle est incohérente avec le but avoué de cette loi (la Xième sur la maîtrise de l’immigration) qui est de limiter les regroupements familiaux, ces regroupements autorisées sous Giscard et reconnus comme légitimes dans les accords internationaux qui engagent la France.

Une remarque, au passage : c’est terrible de voir qu’une telle pétition est lancée par un journal dit satirique…Dans les pays qui souffre d’ « inforexie » et d’un système d’information apathique, seuls les organes de presse anticonformistes font sinon avancer les choses, du moins freiner les régressions. Merci à Philippe Val !

Daniel RIOT

Parmi les premiers signataires de la pétition initiée par Dominique Sopo (SOS-Racisme), Philippe Val (Charlie) et Bernard-Henri Lévy entre autres, on compte notamment l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le président du Modem François Bayrou, le Premier secrétaire du PS François Hollande, le généticien Axel Kahn, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault et les actrices Jeanne Moreau et Isabelle Adjani. On retrouve également le chanteur Akhénaton, l'ensemble de l'équipe de Charlie Hebdo et la secrétaire nationale du PCF Marie-Georges Buffet

Affaires et affairisme : Où souffle « l’esprit Dallas »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO :Thierry Breton (que je connais depuis bien longtemps) est un homme d’une intelligence  peu ordinaire. Cela l’a conduit avant ses carrières industrielles et ministérielles à écrire des livres et à avoir des vues prospectives d’une pertinence exceptionnelle. Il affiche une de ces lucidités que l’on aimerait voir plus répandues. C’est en raison même de ses qualités que sa prestation devant les sénateurs laisse dubitatif…

«Transparent», mais «pas convaincant» dit, devant des journalistes, Philippe Marini, le rapporteur UMP de la commission des Finances du Sénat. Un bon résumé. Pourquoi ?

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A trop clamer que « L’Etat a eu un comportement exemplaire », en s’abritant un peu maladroitement derrière des structures (logiques en régime capitaliste) dont ses prédécesseurs sont responsables (Fabius et DSK) et en avouant  sa méconnaissance voire son ignorance de « l’affaire », l’ex-locataire de Bercy a paru très gêné par les questions des parlementaires… qui comprennent mal pourquoi cet ex-consultant n’ait pas su se faire mieux écouter par les dirigeants d’EADS…

Quand Manfred Bischoff (Daimler) et Arnaud Lagardère sont venus, en novembre 2005, l’informer de leur intention de céder leurs parts (7,5 % du capital chacun), il leur a signifié sa « très grande réserve»… Pas plus ?

Et quand  la Caisse des dépôts - un organisme public  - a racheté une partie des actions de Lagardère, il l’a appris «en lisant la presse»… Heureusement qu’il ne lit pas que « l’Equipe », notre actuel prof d’économie à Harvard, contrairement à ce que disent les « Guignols »… Manque d’autorité, là, manque de contrôle de ses services (directs et indirects) ici… Oh ! Thierry, ils étaient pourtant bon vos livres sur « La fin des Illusions » et sur « La Dimension invisible »…

On comprend que Christine Lagarde qui avait pris la défense de son ministère avec force, comme par réflexe, se ravise et exige une enquête interne… C’est la moindre des choses, peut-on dire sans rire. 

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 Qui plus est, un fait et une chronologie jettent un sérieux trouble. Le 8 mars 2006, le directeur adjoint du cabinet de Breton apprend de la bouche du directeur financier de Lagardère que ce dernier, (« mon frère », dit de lui Nicolas Sarkozy) ­s’apprêtait à vendre sa participation. L’information est transmise immédiatement  à l’APE, l’Agence des participations de l’Etat.  Mais elle ne sera rendue publique que le 5 avril. Pourquoi ? Or,  entre-temps, les hauts dirigeants d’EADS ont vendu massivement leurs actions. Etrange, non ? Surprenant, non ?  C’est l’un des points que l'inspecteur général des finances Bertrand Schneiter (à qui Lagarde a confié l’enquête) devra éclaircir. Avant jeudi !

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Il est un autre point d’ombre : qui peut croire, en connaissant un peu la « maison » que la Caisse des Dépôts et Consignations puisse acquérir un tel paquet d’actions d’une entreprise européenne hautement stratégique sans que les autorités politiques en soient averties ?  

La Caisse des dépôts et consignations affirme haut et fort avoir agi de façon « autonome » et sans instruction de la part de l'Etat. C’est beau l’indépendance ! Mieux : elle  confirme qu'elle se joindrait à la procédure qui serait engagée à l'issue de l'enquête en cours menée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'il apparaissait que des agissements aient pu lui nuire en tant qu'actionnaire. Nous voilà rassurés. Pas vous ?

En tous cas, si l’Etat a eu une « conduite exemplaire », ses « serviteurs » n’ont pas eu, visiblement, la conduite qui s’imposait. Ni financièrement, ni politiquement, ni moralement.

Au-delà des personnes en cause, n’est-ce pas là  l’une des illustrations de cette connivence presque institutionnalisée entre les « milieux d’affaires », ces artistes de la géofinance, ces virtuoses de « l’économie casino »,  et les « sphères politiques »…qui devraient, par définition, placer les intérêts de la Cité (au sens large du terme) avant ceux des champions de la « corbeille ». De cette « Corbeille », où selon de Gaulle, ne devrait pas se faire la politique de la France…

Mais depuis le général, la « Corbeille » a pris une influence que la politique n’a plus… L’Italie a eu Berlusconi : elle n’en est pas encore guérie. Et le « berlucosnisme » n’est pas qu’une spécialité italienne : « l’esprit Dallas » fait trop de ravages. Ce qui ne nous empêche pas de « réfléchir », à la demande de Sarkozy et sous l’autorité de Rachida Dati,  à une « dépénalisation du droit des affaires ». Une urgence, on vous dit ! Un impératif ! Une réforme qui s’inscrit dans la profonde réforme de la justice « souhaitée par les Français qui ont élu Nicolas Sarkozy ».

Ben voyons … Si la croissance est en panne, est-ce parce que « l’esprit Dallas » est trop freiné au pays de Colbert par une justice pénale trop sociale ?... Si les dettes françaises sont aussi vertigineuses, est-ce parce que la « droits des affaires » secrète trop de vilaines « affaires » qui empêchent de « belles » affaires ?...

Réformer le droit des affaires, peut-être : là comme ailleurs, il y a trop de lourdeurs et d’arbitraire bureaucratiques. Mais, attention ! « L’esprit Dallas » voudrait que « l’affairisme » devienne un droit….

Au  fait, (on passe d’une affaire à l’autre, c’est cela le dynamisme !),  il a toujours ses nobles fonctions au Medef, le sieur  Denis Gautier-Sauvagnac. « Négociateur en chef sur la modernisation du marché du travail » : voilà un joli titre, non ? Surtout pour quelqu’un qui reste présumé innocent mais qui a opéré des retraits de fonds qui dépassent l’entendement de gens normalement constitués…

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Aux dernières nouvelles, deux autres comptes bancaires suspects ont été découverts par les policiers de la brigade financière (BF) enquêtant sur les retraits de fonds qu'aurait opéré Denis Gautier-Sauvagnac dans une caisse de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM).

Selon l’Express, le négociateur du Medef aurait sorti en liquide, entre 2000 et 2007, non pas cinq mais quinze millions d'euros sur le compte de l'UIMM. Tout augmente… Il y a trop de zéros pour qu’un esprit ordinaire (vous et moi)  voit la montagne que cela représente…

Piment de plus :  la piste privilégiée par les enquêteurs concernerait le financement occulte des syndicats, ce qui ferait de cette affaire « une bombe politico sociale », toujours selon l’Express.  Les syndicats s’en montrent outrés, évidemment. Attendons… puisque Denis Gautier-Sauvagnac a nié toute malversation.

Mais si cette piste se vérifie, nous aurions là une version originale du grand rêve (gaullien) de l’association « capital-travail). « L’esprit Dallas », c’est d’abord la culture du résultat, le culte de la fin et… l’occultation des moyens.  « JR » n’est pas méchant mais cyniquement efficace.Dans un "univers impitoyable".

Cela dit, nous attendons aussi des nouvelles …d’Allemagne. Car le scandale EADS, puisque scandale il y a même si l’enquête n’est pas terminée, est franco-allemand. Or, pour l’heure, du coté de chez Daimler (et de la Chancellerie), c’est plutôt une discrétion étourdissante :il est des silences qui font du bruit !

Impression et supputation : le refus politique allemand d’ « allonger » les euros nécessaires à Galiléo ne s’explique-t-il pas en partie par le trouble provoqué par cette secousse EADS ? Cela se comprendrait… C’est en cela d’ailleurs (aussi) que nous parlions ici d’un « crime contre l’Europe ». Un crime commis au nom de « l’esprit Dallas ».

Daniel RIOT

POUR OU CONTRE LA DEPENALISATION DES AFFAIRES ? VOTRE AVIS >>>>  

 

05/10/2007

POUR OU CONTRE la dépénalisation du droit des affaires

Un sondage de DpJ, le Droit pour la Justice

Le grand débat sur

 

 

la dépénalisation

 

du droit des affaires est lancé

 

 

Et vous qu'en pensez-vous?

 

 

 Ecrivez-nous 

 

 

 

ou VOTEZ >>>>

 

Toutes les infos sur le site de DpJ, Le Droit pour la Justice >>>>>> et >>>>>>>>>>>>>

04/10/2007

FRANCE:Rachida Dati, « la femme battue du gouvernement » ?

Elle prend des coups que Nicolas Sarkozy devrait recevoir parce qu’il veut ignorer Montesquieu

Editorial RELATIO par Daniel RIOT -- Que Hortefeux le bien nommé soit une cible privilégiée pour toutes celles et ceux qui n’ont pas de l’idée républicaine et des valeurs humanistes la même conception que celles qui sous-tendent les options « identitaires » contestables de Sarkozy, c’est logique. Il est dans le rôle du « méchant », d’ordinaire dévolu aux ministres de l’intérieur toujours exposés dans tous les régimes, Hortefeux ! Et visiblement, il ne déteste pas cela…

Que même « Le Figaro » commentant les sondages s’interroge sur la « fin de l’état de grâce » du Président, c’est logique aussi. La communication a ses limites. Sarkozy doit être le premier à le savoir : c’est sans doute ce qui le rend aussi omniprésent dans les médias d’ailleurs. Exister politiquement, aujourd’hui, c’est d’abord se faire voir et écouter…Confusion de l’être et du paraître, avec tous les risques d’explosion en vol que cela comporte : Le citoyen-zappeur change vite d’humeur…

Mais que le garde de Sceaux soit le personnage du gouvernement qui collecte le plus de critiques crédibles, attire le plus de griefs en tous genres et fasse tous les jours ou presque l’objet de controverses les plus variées, c’est grave.Surtout dans la situation actuelle du système judiciaire français.Harcelée, Rachida !  

«  La femme battue du gouvernement », ironise un député UMP prêt à tout lui pardonner y compris la suppression d’un tribunal d’instances dans sa circonscription, tant il l’apprécie « sous tous les angles ».

Elle a pourtant tout pour séduire Rachida Dati ( notre ami député UMP n’est pas le seul à le penser), même  si son caractère (selon ses ex-collaborateurs) n’est pas de tout repos pour ceux qui l’entourent. Un caractère bien trempé n’est pasforcément synonyme de « mauvais caractère »…

Ceux qui crient au sexisme, aux jugements discriminatoires voire au racisme pour expliquer l’âpreté des attaques dont elle est l’objet font fausse route. Ceux qui, comme M° Bilger, osent dénoncer son « incompétence » ou, comme tant d’autres, parlent de « favoritisme » envers une « amie du couple Sarkozy » se trompent sans doute aussi.

En fait,  Rachida Dati fait face à trois problèmes majeurs :

n      Le premier tient au conservatisme des acteurs (élus locaux compris en ce qui concerne la carte judiciaire) de ce système  qui doit être effectivement réformé. En matière de justice, de lenteurs des procédures, de « droit au service de la justice »,  de condition pénitentiaire, d’indépendance des pouvoirs, la France n’a rien d’un modèle. C’est le moins que l’on puisse dire. Mais, en ce domaine comme en d’autres, tous veulent des réformes…pour les autres !

n      Le deuxième problème de Rachida Dati tient à la nature des réformes entreprises à laa demande de Sarkozy. Certaines vont à l’encontre des principes d’efficacité et de réalité : le problème de la justice pour les enfants et les jeunes notamment. D’autres, et c’est là que Sarkozy lui confie des missions on ne peut plus difficiles, sont carrément à l’opposé de ce qui devrait être fait en bonne démocratie.

En s’abritant derrière la légitimité incontestable de son élection, le Président oublie que certains des points de son programme ne sont pas majoritairement approuvés par les Français.

Ceux-ci ne rêvent-ils pas d’une justice réellement indépendante, en qui l’on ait confiance et égale pour tous. Or, c’est un renforcement des liens entre le politique et le judiciaire qui est visiblement visé.

Si des incidents mineurs (comme le déplacement du procureur d’Agen à huit mois de sa retraite) prennent l’ampleur qu’ils ont, c’est bien en raison de ces finalités qui, pour le moins, mériteraient de vrais débats…

Une élection présidentielle ne se jouant pas sur ce type de questions, les décisions prises en la matière ne devraient pas n’être dictées que  par le résultat des urnes… Et la « magie Sarko » n’autorise pas tous les (mauvais) tours.

n      Le troisième tient aux hasards des calendriers. Lancer, aujourd’hui, une « réflexion sur une dépénalisation du droit des affaires » au lendemain de révélations (ou de confirmations autorisées) sur les scandales de l’EADS  a quelque chose de surréaliste… Contrairement à la patronne du Medef  qui a le mérite de crier haut et fort son écoeurement, Fillon se montre serein devant « une affaire privée » face à une note dont les « conclusions sont loin d’être acquises ».

Mais, politiquement et moralement, voici une série de questions juridiques posées en un temps plutôt inopportun, non ? Or, la bonne politique repose sur le bon vieux « kaïros », sur le temps opportun : nous le savons depuis les Grecs…

Rachida Dati n’est évidement pas responsable de ce contexte, mais c’est elle qui est « au front ». Et sur ces fronts là, elle ne peut prendre que des coups. C’est si elle était épargnée que nous pourrions crier au sexisme, au racisme, aux jugements discriminatoires. 

« La femme battue du gouvernement » prend des coups que Sarkozy devrait prendre puisqu’elle ne fait, en « chef des procureurs » (selon sa propre expression) qu’obéir au chef de l’Etat, Président du conseil supérieur de la magistrature, maître des nominations…et complètement oublieux de Montesquieu !

Daniel RIOT

02/10/2007

De l’usage du fauteuil roulant en politique...

 ...ou comment un débat de fond lancé par les dna est détourné par des prétentions politiciennes mal « communiquées »

Ma petite chronique strasbourgeoise

J’ai longtemps hésité à publier cette note : il est des questions qui fâchent vraiment sans que l’on puisse  s’en consoler par quelques traits d’ironie, d’humour ou de dérision…. Il est des personnes que l’on ne critique pas sans scrupule.  Et il est des sujets pour lesquels l’intelligence de la lecture compte plus que celle de l’écriture : la qualité d’un « message » dépend aussi des qualités des « récepteurs »… Mais je franchis le pas : faire de la « politique d’une autre façon » c’est aussi se montrer exigeants envers ses propres amis politiques.

Le sujet  qui m’inspire ces quelques remarques préliminaires ? Une question simple : Comment un débat intéressant sur un sujet important lancé avec lucidité, pertinence et courage par les dna peut-il être ainsi détourné de son but par l’un de ceux qui aurait dû être le premier à s’en réjouir, et pas seulement par un post de remerciement qui sonne comme une excuse à un post de posture politicienne?

Sous un titre un peu provocateur (et c’est bien), «Accessibilité : Faut-il des élus en fauteuil roulant ? », les dna tentent de lancer un débat (ou plutôt relaient un débat lancé par l’association « Handicap : Agissons ensemble ») avec la participation de l’excellent Michel Krieger qui a été élu municipal.

C’est le type de débat qu’il faut multiplier, en effet. Tant restent grands, en France (et à Strasbourg en particulier), les retards dans l’application des recommandations du Conseil de l’Europe et des suggestions de bien des organismes en la matière…

Je me souviens (privilège de l’âge !) de discussions  avec un adjoint au maire de Strasbourg dans les années 70 sur l’inadaptation des trottoirs  de la Ville : « Mais tu n’y penses pas. Cela reviendrait trop cher !»…

Il en a fallu du temps pour qu’enfin cette métropole de l’Europe accepte de mettre des plans inclinés conformes à ce qui se faisait depuis longtemps dans l’Europe du Nord et à ce que préconisait le Conseil de l’Europe dont on est si fier mais dont on suit si mal les travaux…  De même, je me souviens des discussions interminables au sein de l’Union européenne pour que les ascenseurs neufs soient adaptés aux nécessités les plus évidentes : plus de trois décennies de tractations avant un accord (négocié par Nicole Fontaine, pour être précis).

Juste avant de lire  la note du blog des dna je m’interrogeais avec la mère d’une handicapée sur l’état des immeubles strasbourgeois (anciens et …neufs) en termes d’accessibilité ! Il reste tant à faire. Dans le privé et dans le public ! Et dans ce domaine plus que dans d’autres encore, le décalage entre les promesses électorales et les actions concrètes est si flagrant et si scandaleux qu’il faut effectivement secouer sérieusement le cocotiers des habitudes, des paresses et des hypocrisies…

En cela, le titre provo de la locale des dna pouvait avoir un coté salutaire. Pour les handicapés dans la cité, les gens à mobilité réduite dans la ville, et pour les responsables des collectivités qui doivent développer de nombreux efforts en faveur de celles et de ceux qui ne bénéficient pas de toutes les facilités de mobilité. Ou de perception, ou d’expression,  ou de réflexion, ou d’action, ou de logement, ou de soins, car les « handicapés » ne se réduisent pas  aux « personnes à mobilité réduite »

Mais d’entrée, en fonçant tête baissée dans la colonne « « commentaire » avec cette soif de « communiquer » devenue maladive chez les politiciens apprentis ou avertis, un « homme à fauteuil »  a faussé l’objet même du forum. Dommage.

Marc Merger  (puisqu’il s’agit de lui, sous le pseudo de marc1 et sous sa propre signature) a des ambitions politiques. C’est son droit. Je suis même de ceux qui l’a encouragé à en avoir : il a des qualités incontestables, même si je ne le connais pas suffisamment pour avoir testé celle qui devrait le plus compter si l’on veut vraiment « faire de la politique autrement », cette « honnêteté intellectuelle » bien trop rare.

Mais ambition s’autodétruit souvent en devenant prétention. Et les meilleures des intentions ne font pas de tout rêveur un prétendant à la Présidence de la République… Surtout quand on a l’humeur versatile et l’esprit plus influençable qu’ouvert.

Il ne s’agit là que d’une réflexion générale qui trouve ici, et bien malgré moi, une illustration particulière. Comme celle qui suit d’ailleurs : «l’autodistrimination positive » (teintée d’un exhibitionnisme  impudique) manifestée par Marc1  nous ferait entrer dans une logique communautariste, dans un engrenage de quotas en tout et pour tout et dans des calculs qui feraient oublier que l’intérêt général à servir n’est pas que la somme des intérêts particuliers.

Je suis d’autant plus étonné et attristé par les réflexes de Marc1 que je l’avais apprécié en l’entendant dire et redire  qu’il  ne voulait en aucun cas que son fauteuil roulant soit exploité d’une façon compassionnelle ou autre dans ses engagements politiques. Il a eu même l’air offusqué quand on lui a proposé le plus logiquement du monde de faire sur les questions d’accessibilité et de mobilité en ville des propositions susceptibles d’améliorer les choses. Comme si des expertises faites dans des enceintes de réflexions devenaient moins nobles en se transformant en propositions concrètes, sur le terrain.

Il faut croire  que la perfectibilité de la personne humaine est souvent contrariée par la force de son imperfectibilité intrinsèque…Cela n’est pas nouveau et ne dépend en rien des degrés de la mobilité des uns et des autres. Comme le poids des paroles données, d’ailleurs. Mais il s’agit là d’un autre problème que Marc connaît (déjà) trop bien : celui des ralliements et des reniements, des engagements et des retournements. Des paroles données et reprises, bref, de ce qui fait faire de la politique non « autrement », mais trop classiquement.

Daniel RIOT

30/09/2007

Politique: Quand Jospin donne raison à ... Bayrou!

Le livre de Jospin devrait faire un heureux : François Bayrou. Les ouvrages d’autres « dealers » de la pensée socialiste mal raffinée (pardon d’autres « leaders » du PS non rénové), comme Mélanchon devraient conforter un homme dans ses convictions : François Bayrou. La rentrée de Fabius, « candidat à rien » (donc à tout), devrait donner un surplus d’énergie à un leader : François Bayrou.

Sur quoi en effet repose le pari de Bayrou ? Sur l’incapacité du PS de s’arracher à ses mythes, à ses archaïsmes, à son passéisme en dépit de ce qui peut être dit sur la « social-démocratie », sur « l’acceptation de l’économie de marché », sur les « valeurs » du socialisme, sur la modernité de l’idée sociale…

Or Jospin, Fabius, Mélanchon et d’autres confirment le diagnostic du fondateur du MoDem. Le PS  reste figé dans son idéologie du XIX ième siècle et dans sa fidélité à des alliances (contre nature) avec l’ultra-gauche, la gauche de la gauche et les pires réactionnaires  de gauche. Irrécupérable…

N’est pas Mitterrand qui veut. Et ce n’est pas la désertion (pour cause de promotion) de DSK qui va améliorer les choses, faire « bouger les lignes », faire sonner l’heure d’une sociale démocratie moderne. Et digne des  valeurs proclamées.

Bien sûr, il reste le « désir d’avenir » en panne « d’avenir de désir » : la Jeanne d’Arc victime (selon elle) du « sexisme » et du « racisme » des « évêques Cochon » qui la voudraient sur un bûché. Elle représente plus qu’elle-même en effet, Ségolène. Et elle pourrait incarner cette « voie nouvelle » qui s’impose tant dans un paysage politique que Sarkozy a réussi (provisoirement) à modifier sans changer le pays.

Mais elle a tellement montré les limites du charisme de paillettes (à la Star’Ac, Sarko a su faire, et sait faire,  nettement mieux qu’elle !)… Et, sur le fond, son programme ne repose ni sur un « projet de société » cohérent, ni sur un socle de valeurs très affirmé, ni sur une éthique politique bien précise.

Le Modem ne se confond pas avec un « bayrouisme » imprécis : ce mouvement qui puise sa force dans les vleurs de l’Europe personnaliste pourrait même s’imaginer sans Bayrou (et c’est un atout considérable, tout à l’honneur de son leader). Mais Ségolène ne porte qu’un « Royalisme » (républicain) mal défini qui ne vaut (en bien et mal) que par sa personne. La nuance est de taille !

Ces constats doivent  consoler Bayrou de bien des déceptions. Je ne parle pas là des « lâcheurs » du nouveau Centre ou des nostalgiques d’une UDF dépassée, mais des « prises » faites dans sa sphère par Sarkozy.

Car on ne l’a pas assez relevé : ce que Sarkozy appelle « l’ouverture » se résume  d’abord en des  débauchages en série de personnalités qui se retrouvaient dans… la « Bayrousphère » et qui auraient pu rejoindre le MoDem…

Bockel, Kouchner, Ruffin, Jouyet, AtaIli, Rocard… La liste est longue, avec quelques exceptions qui confirment la règle (comme Védrine, trop peu « pro-européen » pour être Modem sans modération) …  

Sarkozy a fauché dans le pré du Béarnais ! Seuls les observateurs politiques sous influences élyséennes ou prisonniers des clivages droite-gauche si pratiques,  ne le voient point !

Cela doit surtout encourager Bayrou à être le premier fidèle à son cap, à son « chemin », à sa stratégie. Ce n’est pas simple.

Mais c’est à lui de bien montrer que le Modem n’est pas fait d’"habits neufs" d’une formation qui a fait sa grande mutation au Congrès de Lyon avec le « Penser Libre » mais qu'il est un mouvement vraiment nouveau, le vrai premier parti du XXI ième siècle. Preuve n’est pas encore faite. On attend le Congrès, les statuts et les municipales.

Daniel RIOT

28/09/2007

Strasbourg : Les parlementaires de l’UMP avant les Enfoirés dans la « grande » capitale des « grandes » têtes d’affiches !...

... Et le « tandémisme » n’est pas encore à son zénith…

La petite chronique strasbourgeoise de Daniel RIOT

Avant-hier, les dna m’avaient fait gentiment sourire. En « Une » (ce n’est pas rien) et en « grand » titre, le « OUI » (massif et franc, comme il va de soi depuis de Gaulle) des usagers des nouvelles lignes du tram. Quelle surprise ! Qui pourrait dire NON ?

Mais quand on prenait le temps de lire un peu le texte, que voyait-on ? Des récriminations en série, comme dans le courrier des lecteurs de la veille d’ailleurs. Logique. Ayant complètement renoncé à la voiture en ville, j’utilise suffisamment le tram pour comprendre bien des insatisfactions (ce qui ne m’empêche pas d’avoir souvent une pensée émue et reconnaissante pour Catherine et Roland qui ont eu le mérite de faire la double révolution du tram et du vélo dans cette ville : j’insiste sur cette paternité par esprit de justice).

Et que vois-je aujourd’hui dans les mêmes dna ? La justification des plaintes et des avertissements lancés par les usagers et les syndicats, malgré le OUI crié de la veille. Il est vrai que, comme l'émotion gouverne nos gouvernants, quelques incidents ont  perturbé l’autosatisfaction « tandémique » strasbourgeoise…

« Tandémique » ? Tiens moi aussi je sombre dans la mode des néologismes…Mais le « tandémisme » peut trouver sa place dans le « Petit Robert » si quelques psycho-sociologues veulent bien décrypter cette pathologie de « l’autosatisfaction affichée à deux en toute circonstance, surtout quand elle n’est pas justifiée ».

Une pathologie « perverse » comme dit Robert Grossmann pour qualifier les raisonnements jugés « politiciens » de ses adversaires au sein du conseil de CUS (si j’en crois encore les dna de ce matin).

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Pardon pour cette parenthèse sémantique…J’en reviens au tram. D’abord, les accidents n’ont pas fait de blessés graves ni de trop gros dégâts. C’est bien. En matière d'accidents, il n'y a pas de risque zéro.Ensuite les retards occasionnés par ces chocs aux carrefours ont au moins un mérite : celui d’avoir une explication. Il en est tant d’autres qui, chaque jour,  sont inexpliqués. Enfin, et surtout, les réactions « tandémiques » de  Dame Fabienne et de Sir  Robert (toujours selon les irremplaçables dna) en Conseil de CUS ne manquent pas de sel.

Le deuxième engueule les employés de la CTS, la première fait la leçon aux automobilistes et aux autres usagers. Les défauts du réseau provoqués par l’empressement « tandémique » de jouer politiquement (donc d’une façon « perverse ») avec les inaugurations programmées ? C’est un signe du « tandémisme » : ce qui ne va pas ou pourrait aller mieux est de la responsabilité des autres…

Puisque je fais un peu de pub, dans cette petite chronique strasbourgeoise, pour les dna, je vais continuer. Deux réactions intéressantes relevées sur le blog de la locale des dna qui illustrent bien cette maladie du « tandémisme » qui se traduit aussi par voir « grand » tout, même ce qui ne l’est pas …

Je les reproduis ici, en regrettant, bien sûr, une fois de plus que leurs auteurs utilisent des pseudos (c’est l’une des plaies des forum sur le net), mais je les comprends :oser critiquer le tandem à visage découvert, c’est défier ceux qui par « tandémisme » ont tendance à se déifier…

>> (signé ecureuil) : « Un "grand" Zénith, après la "grande" verrière et avant la "grande" bibliothèque. Fabienne Keller et Robert Grossmann veulent tout ce qui est le plus "grand". Ils oublient de dire qu’il y a, aussi, la "grande" misère des associations, le "grand" mépris qu’ils ont pour tous ceux qui ne partagent pas leurs idées, la "grande" solitude de leur pouvoir puisqu’ils dirigent SEULS ville et communauté urbaine. Depuis 2001, il y a une "grande" absente à Strasbourg : la démocratie. »

Alors là… Comment osez-vous « écureuil » ? Pas « démocrate », le tandem ? Ils avaient tellement promis de l’être dans leur programme de 2001… Je m’étonne que Robert Grossmann n’ait pas encore pondu un œuf sous votre commentaire  pour vous traiter comme il conviendrait. Pensez- vous qu’ils ont été élus pourquoi ? Pour faire le jeu de leurs oppositions ? Avez-vous suivi toutes les concertations qu’ils ont orchestrées en tout et pour tout ? Avez-vous vu avec quel tact ils traitent tous ceux qui osent de ne pas être d’accord avec eux ?

La démocratie, ce n’est pas abstrait, vous savez : unis dans la peur l’un de l’autre, réunis par l’obsession du complot, soudés par la peur des trahisons, cimentés par leur haine viscérale de celles et de ceux qui pourraient leur faire de l’ombre, collés l’un à l’autre par défiance de leurs amis et de leurs ennemis, ils sont authentiquement démocrates…entre eux, à huis clos. Il faut qu’une démocratie soit ouverte ou fermée, vivante ou morte, réelle ou formelle. La leur est fermée, morte et formelle, mais elle est…

Désolé « écureuil » : retourner à vos noisettes. Le tandem veille sur la Ville. Le pouvoir, monsieur, ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Ils s’en servent pour faire de « grandes »  choses. Puisqu’ils le disent…

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>>>(signé  oracle131) « Le "marché" des Zéniths en France, c’est à tout casser 5 personnes (la plupart regroupées dans le syndicat "Prodiss") qui le contrôlent ; ce sont plus des chefs d’entreprise de l’industrie culturelle que des "amoureux des arts et des lettres". L’adjoint à la culture et président de la CUS, si prompt à défendre les acteurs et les opérateurs institutionnels de la culture, aurait dû s’interroger en amont sur cette industrie particulière qui est à la musique ce que sont les multiplexes à l’art et essai, des machines à fric qui accélèrent la marchandisation de la culture. Combien de salles intermédiaires (entre "La Grotte" et Artefact) auraient pu voir le jour dans l’agglomération avec l’équivalent de cet investissement ?

Les cultures urbaines, pourtant les plus populaires, n’ont toujours pas leur lieu dédié, la diversité culturelle et l’identité cosmopolite de Strasbourg n’ont toujours pas une Maison des Cultures du Monde, toujours pas de véritable structure de formation et d’accompagnement des musiques actuelles (quelques centres de ressources aux budgets bien limités).

De surcroît, les" heureux élus" vont bénéficier de subventions, c’est comme si on donnait de l’argent public à un consortium qui défie toutes les lois de la concurrence. Quant aux "Enfoirés", tout un chacun est en mesure de constater que cette opération suit les règles du marché en question ; à savoir "recycler" quelques produits médiatiques en mal d’inspiration et d’audimat en s’appuyant sur la générosité populaire.

Drôle de politique culturelle qui magnifie le Zénith comme le point culminant de son ambition au détriment d’une culture vivante, de proximité, seule à même de préserver un lien social suffisamment mis à mal alors que la scène locale est en pleine crise de confiance (économique, professionnelle, esthétique, ...) à quelques rares exceptions. »

C’est long, mais c’est bon, non ? C’est juste surtout… Même si en matière culturelle, personne ne contentera jamais tout le monde. Vous imaginez Malraux, l’idole du « Mérimée de la Robertsau », magnifier ce qui sera sans doute le plus grand mais aussi le dernier Zénith de France ?

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Dieu sait pourquoi, je pense subitement à ce qu’aurait pu et du devenir le « Babel » lancé par l’ami Roger Siffer, qui sait ce que « cultures du Monde » veut dire… Mais c’était un projet de « gauche » et le « tandem » ne savait pas encore que la droite française, sous l’impulsion de Sarko,  allait remplacer  « fermeture » par « ouverture » ! Au fait, un Festival Babel, Bruxelles en a un. mais Bruxelles, c'est Bruxelles, n'est-ce pas? On y fête le 50 Ième anniverasaire du traite de Rome par une expo vraiment européenne qui va attirer plus de deux millions de personnes...EUROPALIA !

Heureusement qu’ils  n’ont pas osé revenir sur le tram et sur le vélo… Et qu'ils ont tenu parole envers Tomi Ungerer.

A l’époque, ils n’auraient jamais subventionné les « Resto du cœur » : ils avaient même refusé de soutenir un Congrès mondial contre la peine de mort, ce combat premier du Conseil de l’Europe. Mais, tout va si vite que les mémoires sont défaillantes… Pas toutes, heureusement !

Enfin, ne nous plaignons pas : ce soir, c’est l’inauguration de MUSICA qui est un vrai Festival (comme ne l’est plus celui de la musique dite classique). Merci à Pierre Pflimlin (qui savait oser… l’audace!) et à ceux qui ont permis à cette manifestation bien organisée et remarquablement animée de s’imposer comme le rendez-vous mondial de la création. A propos de « Musica », on ne se croit pas obliger de parler d’un « grand » Festival…

Mais (j’y pense), Strasbourg la culturelle accueille aujourd’hui une autre « grande » manifestation : les journées parlementaires de l’UMP. Avec un « grand » discours de Fillon et une « grande » mobilisation médiatique. De quoi faire oublier le « petit » budget  et la fin du « grand » état de grâce de l’ère Sarko. L’UPS, l’Union pour Sarkozy, qui a un « tandem » en logo, va cultiver une fois de plus son « tandémisme » aigu et chronique. Un « tandémisme » qui n’a pas encore atteint  son Zénith : il reste tant de « grandes » inaugurations à faire…

L’UMP avant les « Enfoirés » : Strasbourg (« grande ») capitale des « grandes » têtes d’affiche !

Daniel RIOT

Politique : les « pieds sur terre » de Copé

« J’ai besoin de  garder les pieds sur terre…Ca ne perturbera en rien mes activités de parlementaire ou de maire. Les journées d'homme politique sont sur sept jours, vous le savez bien, même si pour beaucoup d'entre vous, vous êtes aux 35 heures ! »… Jean-François Copé, l’auteur de « Promis :j’arrête la langue de bois » et de « Ce que je n’ai pas appris à l’Ena » s’explique ainsi devant des journalistes qui s’inquiétaient de son embauche à mi-temps dans un cabinet d’avocats d’affaires  fort actif, y compris dans quelques dossiers qui concernent l’Etat ou des sociétes mixtes…

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Les journalistes  s’inquiétaient pour sa santé (le surmenage n’est pas toujours psychosomatique), pour son art de gérer son temps entre la mairie de Meaux, (ville d’art et d’histoire célèbre pour son Brie et sa moutarde), ses responsabilités de président de la communauté d’agglomération,  son siège de député (qu’avait du lui filer Guy Drut), son poste de président du groupe UMP à l’Assemblée (lot de consolation pour non portefeuille chez Fillon), ses prestations audiovisuelles (qu’il adore) , ses activités dans « Générations France » (0% petites phrases, 100% débats d’idées), ses réflexions promises sur le mandat de députés,  mais aussi et surtout pour des questions d’éthique politique qui semblent bien ringardes  en cette ère d’une « Sarko attitude »…

« Voilà quelqu'un qui a entendu le message du président : travailler plus pour gagner plus », ironise le député UMP François Goulard. Cela n’a rien ni d’une bourde ni d’une plaisanterie. On en rit ou en pleure ? « la politique c’est un vrai métier », écrit Copé sur son blog.  « Un métier difficile, souvent violent. Un métier qui s’apprend ».Et un métier  où ce que l’on a appris (comme ministre du budget, par exemple,) peut servir dans un bon cabinet d’affaires, par exemple. Là, effectivement, on sait garder les « pieds sur terre »…"Des députes avocats d'affaires, ce n'est pas nouveau", sourit Copé."J'en connais un qui est devenu Président de la République"

27/09/2007

La France en Europe: Un budget "sarkomédiocre" qui ne prépare guère la présidence Française de l'Union

La France financière, « point noir de l’Union »

La « sarkomédiocrité » des chiffres  risque de faire « exploser en vol » la « sarkomania » de la communication

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Ayant toujours préféré les lettres aux chiffres, j’ai toujours scrupule à commenter les maîtres à compter du budget national. Trop de zéros me donnent le vertige ! Mais il est des choses que j’ai un peu de difficultés à comprendre…Comment peut-on se réjouir (presque crier victoire) en présentant la copie mise au point pour le premier budget de l’ère Sarkozy ?  Il nous lancer (à regret) un nouveau néologisme (c’est à le mode) : la « sarkomédiocrité ». Par opposition à cette « sarkomania » qui, comme aurait pu dire Hervé Morin, risque « d’exploser en vol ». Sous le choc des réalités trop oubliées.

J’ai cherché en vain un seul nombre qui puisse laisser entrevoir un « choc de confiance » susceptible de provoquer un « bond de la croissance »… Je ne peux pas même chercher consolation dans des analyses d’économistes ou de journalistes spécialisés plutôt complaisants avec Sarkozy et sa majorité : rien de réjouissant. Le Figaro lui-même peine pour trouver quelques vertus à ce document chargé de vices et ne trouve que des experts dubitatifs ou sceptiques... 

Est-ce vraiment pour ouvrir de telles perspectives que Sarkozy, comme il ne cesse de la répéter, à été « élu » ? Est-ce pour ce texte (qui est tout de même essentiel dans la vie d’une nation) que tant de belles paroles, tant de temps d’antenne, tant de couvertures de magazines, tant de vent brassé, tant d’effets de communication, tant de « bougisme » présidentiel nous ont  été infligés ?

L’  « homme pressé », le champion de la « rupture », « l’hyperactif », le grand prêtre de « la culture du résultat », les donneurs de leçons économiques et financières à l’Europe entière, le Guizot du XXI Ième devra travailler mieux s’il veut que la France gagne plus.   

Un « budget d’attente », disent les plus indulgent en usant d’une  litote vide de sens puisque personne ne dit ce qui est en attente (municipales mises à part, bien sûr)… Nous voici loin des « je veux », des promesses du style « vous allez voir ce que vous allez voir » faites aux ministres des finances de l’eurogroupe, des exhortations dignes de la magique méthode Coué.

Nous voici loin surtout des mesures chirurgicales qu’impose un « Etat en faillite » !

Feuille de route pour une déroute : voilà confirmé le sombre diagnostic des responsables européens les  plus lucides : « Le point noir de l’union européenne, c’est la situation économie et financière de la France… Sarkozy est en train de perdre en Europe tout le crédit qu’il avait su gagner avec son activisme en faveur du « mini traité »… On voulait croire en un retour de la France en Europe, mais le retour d’une France faible affaiblit l’Europe comme une Europe faible affaiblit la France… »

Avec un  déficit public (41,7 milliards d'euros) qui reste abyssal, une dette publique (64 % du PIB) qui reste colossale, des « prélèvement obligatoires qui demeurent catastrophiquement stables, un déficit commercial qui donne toujours le vertige,   la France est plus que jamais le plus mauvais élève de la classe européenne. Celui surtout qui consacre le plus d’argent (qu’il n’a pas) aux dépenses publiques. Et celui qui s’abstient de faire des réformes de structures qui s’imposent.

Si on fait des « budgets d’attente » quand on parle encore d’ « état de grâce », que pourra-t-on faire en état de disgrâce ? La meilleure façon de préparer la Présidence française de l’Union dont on fait tant de cas aurait été de mettre de l’ordre dans la Maison France : c’est mal parti ! L’illusionniste s’illusionne-t-il  lui-même ? Pour réformer la France, il faut commencer par réformer les réformateurs…

Personne ne peut s’en réjouir, pas même ceux qui avaient raison de douter de la crédibilité du programme du candidat aux présidentielles d’une UMP qui avait plongé la France dans l’état que Fillon, aujourd’hui,  dénonce par une « image »…mal choisie mais juste! 

Daniel RIOT

26/09/2007

"Le nucléaire n'est pas un gros mot"...

Editorial RELATIO par Daniel RIOT : « Le nucléaire n'est pas un gros mot. La France a fait le choix du nucléaire. Nous ne voulons l'imposer à personne, mais nous disons que dans un univers où dans un siècle, il n'y aura plus de gaz et dans quarante ou cinquante ans, il n'y aura plus de pétrole, on ne peut pas se contenter de dire : « Le nucléaire fait peur, on n'en parle pas. » Il faut parler, du nucléaire comme de toutes les autres énergies renouvelables. J'ajoute que la France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile. » Un passage en gras dans le texte du discours onusien transmis à la presse… Heureusement que l’ONU ne siège pas à Hiroshima…

« Nucléaire n’est pas un gros mot »…Sarkozy a (ce dit, entre parenthèses)  avec « gros mot », comme avec « tabou »,  un vrai tic de langage…

Je ne suis pas un anti-nucléaire dogmatique, idéologique, mystique. L’énergie nucléaire, en tant que telle, est moins polluante que d’autres…

Mais j’ai visité Tchernobyl : ce n’est pas un mythe. Et le nuage ne s’est pas arrêté au pont de l’Europe entre Kehl et Strasbourg…

Le mot « nucléaire » serait plus « petit » si les chercheurs avaient les moyens de mieux régler les lourds, trop lourds, problèmes des déchets (transports, stockages et surtout élimination), d’assurer une meilleure sécurité des centrales (vieillissantes, surtout), des ponts trop aisés à construire entre les technologies « civiles » et « militaires »…

Le choix de l’énergie nucléaire est déjà une décision nationale discutable. L’exhortation à un développement généralisé de ce type d’énergie donne le vertige. D’autant plus que ces incitations au nucléaire passent sous silence les richesses de certains continents en soleil, par exemple, ou la force que peuvent avoir les eaux des océans, ou encore l’art et la manière de mieux se servir des vents.

« Nucléaire » n’est pas un « gros mot », mais l’expression « Grenelle de l’environnement », dans ces conditions, devient (pour ceux qui ne s’en étaient pas encore rendu compte) un rideau d’illusions…

Cela dit, sur le nucléaire, Sarkozy candidat avait annoncé la couleur. Qu’il joue aujourd’hui, avec cynisme les VRP de notre « nucléaire national », était inscrit à son programme.

 Petit rappel :

« L’énergie du futur n’a pas vocation à être la possession exclusive des pays les plus développés dès lors qu’un système de garanties peut fonctionner efficacement. J'ai proposé pour cela la création, sous l'égide de l'ONU et de l'Agence Internationale pour l'énergie atomique, d'une véritable banque mondiale du combustible nucléaire civil qui garantirait aux pays émergents l'accès aux bienfaits de l'énergie atomique sans risque de détournement militaire. Cette institution aurait donc l'avantage d'ôter tout avantage économique et politique aux programmes nationaux d'enrichissement de l'uranium et de retraitement des combustibles irradiés.

Sur le nucléaire, une coopération est possible avec nos partenaires du Sud. Je souhaite par exemple proposer à l’Algérie, avant d’autres Etats, de l’aider à développer une capacité nucléaire civile en échange d’un partenariat sur l’exploitation des champs gaziers. Dire ceci, c’est aussi pour moi une façon de dire à l’Iran qu’une coopération est possible et que nous ne sommes pas condamnés à la confrontation. Au travers de l’exemple algérien, grand pays d’Afrique, c’est aussi dire que pour moi, le développement du Sud passe par l’accès à l’énergie et donc au nucléaire. » (Conférence de presse sur la politique internationale 28/02/07)

Vous voyez : c’était annoncé ! Il pourra même dire qu’il tient ses promesses…Tant pis pour celles et ceux qui ont voté pour lui en dépit de leur angoisse du nucléaire : j’en connais… Comme dit  Yann Wehrling, « les déclarations de Nicolas Sarkozy à l'ONU sur le réchauffement climatique ont le mérite de la clarté. Le réchauffement climatique n'est qu'un enrobage et un prétexte de ses véritables intentions : vendre le nucléaire made in France »(…).  « Si les conséquences n'en étaient pas dramatiques pour la planète, cela pourrait en devenir ridicule et faire sourire » (…) « Que le candidat Sarkozy ait fait des promesses au lobby nucléaire français est une chose. Mais le président de la République, martelant son nucléaire français à chacun de ses déplacements à l'étranger, est en train de dégrader l'image de la France en rabaissant sa fonction à celle d'agent commercial du nucléaire »

Mais, Yann, « agent commercial », ce n’est pas un « gros mot ». « Vendre » non plus… Quand à « l’image de la France », voilà longtemps qu’elle n’avait pas été aussi bonne, selon des sondages…français.

Alors, où est le problème ? D’ailleurs, il l’a dit lui-même : s’il a parlé de l’énergie nucléaire en Allemagne, c’est « pour rendre service à Angela Merkel»… Quand on pense que c’est la France gaulliste (à cause du nucléaire militaire) qui a cassé l’Euratom, cette Europe de l’énergie atomique qui aurait dû se développer parallèlement à la CECA puis être intégrée au Marché Commun… L’histoire est une suite de pieds de nez. La relance d’EURATOM au programme de la Présidence française ? Il y aurait des réactions en chaîne…

Daniel RIOT

24/09/2007

Politique:Les Guignols de l’intox plus forts que les Guignols de l’info

Je n’en finis pas de m’émerveiller ! Sarko a vraiment réussi à donner une nouvelle dimension au spectacle politique. Seuls les « Guignols » doivent en être marris : ils sont trop imités par celles et ceux qu’ils devraient  railler. Les « Guignols de l’intox » battent les « Guignols de l’info » ! Et Sarkoland s’en trouve plus hilarant que Groland…

Canal moins plus fort que Canal+ … Amis du « Canard enchaîné », attention ! Vous allez finir par perdre des plumes puisque les seules narrations  des faits, gestes et des propos des Maîtres du Royaume finissent par être plus drôles que ce que vos esprits brillants peuvent pondre. Et ils communiquent tellement que le mot « indiscrétion » ne recouvre plus rien, ou presque. On va devoir créer dans les bons quotidiens une nouvelle rubrique : « La bourde du jour »

Le bon sens de Raffarin

Jean-Pierre Raffarin, heureusement, vient de rappeler tout ce beau monde de grands communicateurs à l’ordre : « Un mot maladroit est un mot qui n’est pas juste » a lancé le père des « raffarinades »…en  désignant du doigt les auteurs de « mots » qui font (trop) mouche : « guerre, faillite, rigueur ». Il aurait pu mettre « état de grâce » dans le même sac. Car l’expression ne veut plus dire grand-chose,  malgré les sondages,  en raison de la multiplication des « couacs », des « hic », des erreurs de « com’ », de l’équipe Sarko-Fillon and Co. Ce qui est un comble !

Les 40 paires de bottes de Boutin

Vous avez vu Mme Boutin et ses quarante paires de bottes, dans son Algéco de la  place Belcourt à  Lyon ? Chez Bocuse, où elle était l’invitée de responsables d’organisations à vocation sociale, c’était plus classe, il est vrai. On se demande pourquoi sa « consoeur » a cru le besoin d’en parler.  Pas très gentille, Fadela Amara, l’ancienne cheftaine de « ni putes ni soumises » pacsée (politiquement) avec Mme anti-Pacs. Il est vrai que Fadela et Christine se retrouvent d’accord (pour des raisons différentes) pour critiquer le recours à l’adn dans la « panoplie Hortefeux ».

Hortefeux se délocalise dans un centre de rétention ?

Christine Boutin, me dit-on, a donné de mauvaises idées dans d’autres cabinets : Rachida la magistrale magistrate irait tenir des réunions de cabinet dans une prison surpeuplée,(au fait, les huit partants du « cab » ont été remplacés chez Dati ?), Hortefeux le flamboyant irait s’installer pour 15 jours dans un centre de rétention pour migrants illégaux, MAM, femme d’intérieur du gouvernement, va s’installer dans un refuge de la SPA pour chiens méchants, Roseline Bachelot fait semblant d’hésiter entre les vestiaires du XV de France et les services d’urgence si confortables d’un de nos hôpitaux, Fillon lui-même songe à se décentraliser du  coté de Cambrai ( pour les « bêtises » ?)

Le Sarko-Rubicon de Morin : «sans retour»

Le plus fort en « bêtises » additionnées, c’est sans aucun doute notre ministre de la défonce et de la défausse, Morin qui vient de crier par AFP interposée que son divorce avec Bayrou était définitif…Comme si Bayrou souhaitait une quelconque réconciliation…

Imaginons un instant que Morin ait dit le contraire (ce qui n’aurait rien de surprenant dans la bouche de quelqu’un qui a distillé tellement de venin contre Sarkozy avant de ramper comme le plus servile des lèche-bottes n’oserait faire). C’est le MoDem qui explosait en vol ! Ouf ! Merci à lui et à son Nouveau Centre d’exister… Il a rendu service à Bayrou, le Grand Morin, en franchissant le Sarko-Rubicon

Un seul regret à ce propos : le général Morin ne compte pas assez, dans ses troupes,  de personnalités de premier plan dotées d’un certain charisme pour attirer tous ceux qui se complaisent dans leurs rôles de taupes de la vraie droite dans le faux centre qu’était devenue l’udf avant le « centre Libre » du congrès de Lyon… Mais mon propos de ce jour n’est pas dans ce registre

Le ministre de la défense fait exploser le Rafale en vol

A deux reprises, le ministre de la Défense (dans un grand pays ce n’est pas rien comme titre !) vient de se voir tirer les oreilles par l’Elysée. Sarkozy savait pourtant depuis longtemps qu’il vaut mieux parfois avoir de bons et vrais ennemis que de mauvais et faux amis… >>>D’abord, il a fait courir le bruit d’un remaniement ministériel, en se fondant sur des « confidences » du Président… Explosé avant de voler, le pauvre Morin…

>>>Ensuite, et c’est pire puisqu’on devrait le traduire en Justice (militaire ?) pour atteinte aux intérêts supérieurs du pays : il démolit publiquement le « Rafale » (par lui jugé « trop cher » et « trop hypertechnologique ») alors que nos avionneurs tentent désespérément de conclure quelques ventes de ce « meilleur avion du monde » (à la Suisse et au Maroc, notamment).Un bon VRP, Morin le VIP…

Le grand jeu de l’Ego-Sarko : Un « Je » toutes les 12 secondes…  

Il est vrai que tout cela n’a guère d’importance puisque Sarkozy fait tout, tout seul. D’ailleurs, c’est logique puisque c’est lui qui a été élu ! Il n’en est toujours pas revenu, si on sait bien l’écouter. Autrement, il n’éprouverait pas le besoin de le dire et le redire en toute occasion comme s’il devait surmonter un doute sur une légitimité incontestable ou comme s’il était dans le situation d’un gamin trop vernis par un cadeau du ciel auquel il ne veut pas croire : « trop beau pour être vrai » !

C’est peut-être parce que trop d’ego tue l’ego ! Des blogueurs sérieux et méticuleux du Monde ont compté dans les 53 minutes et 5 secondes de sa dernière intervention (je ne dis pas ITW) sur TF1 et France 2 a compté 226 « Je » dans la bouche de Sarkozy, soit un « je » toutes les douze secondes (je n’ai pas vérifié les comptes). Les jeux du « Je » sont toujours intéressants à décrypter. A la fin de son premier mandat, utilisera-t-il daans ce jeu de l’Ego-Sarko un « Nous » de majesté ?

Daniel RIOT

22/09/2007

Strasbourg: Chantal Cutajar sur la même longueur d'ondes que Bayrou

Petite chronique ("centrale") strasbourgeoise

Les leçons de Seignosse tirées à Strasbourg : Chantal Cutajar et six acteurs du Forum Démocrate témoignent. Une réunion d’information citoyenne exemplaire.

Ce n’est qu’un hasard. Mais le fait n’est ni sans sens ni sans  portée : Les seuls Strasbourgeois adhérents du Modem qui ont fait le déplacement de Seignosse pour participer au Forum démocrate de François Bayrou organisé sous la direction de Jean-Marie Cavada sont sept membres très actifs de « Strasbourg Je T’M », l’association de soutien à la candidature aux municipales de  Chantal Cutajar.  

Ne me demandez pas pourquoi celles et ceux qui se prétendent UDF ou UDF-Modem tout en partageant les idées et l’opportunisme du Nouveau Centre ou qui espèrent que le MoDem ne sera que la continuation de l’Udf sous une autre forme n’ont pas fait le voyage… Les Landes, c’est loin, il est vrai. Et un week-end dans un VVF, çà ne fait guère « distingué ». C’est plus simple de bavasser, d’intriguer ou de jouer les casseurs de dynamique sur des blogs, dans des bistrots ou ailleurs…

J’en parle d’autant plus librement que moi-même, je n’étais pas à Seignosse. C’est d’ailleurs pour cela que ce matin j’étais l’un de la centaine d’auditeurs qui, au FEC,    ont écouté les compte rendus faits par quelques uns de ces témoins-acteurs du travail effectué dans les ateliers et en séance plénière lors de ce rendez-vous de Seignosse.

L’indépendance dans la clarté

Après des débats conduits avec sérénité, rigueur et esprit d’écoute,  l’Assemblée réunie par Chantal Cutajar a visiblement apprécié les grands axes d’actions dégagés à Seignosse et notamment trois lignes directrices :

1)      L’impérative nécessité que le MoDem soutienne une liste vraiment indépendante de la droite et de la gauche aux prochaines municipales dans les grands villes, donc à Strasbourg et partage pleinement les valeurs et les idées du Mouvement démocrate

2)       La volonté de tenir compte en tout et pour tout de la dimension européenne des problèmes à résoudre et des actions à entreprendre ;

3)      La volonté de mettre en œuvre à tous les niveaux  les idées développées par François Bayrou et Corinne Lepage : lier d’une façon nouvelle l’économie, le social et l’écologie. Cette « économie sociale durable » ou cette « éco-économie sociale » constitue le socle de l’économie sociale de marché qui dépasse les clivages binaires droite-gauche et qui doit être la référence à tous les niveaux (locaux, régionaux, national, européen, international) si l’on veut remettre (ou mettre) « l’Homme au cœur de toute action ».

« Pluralisme et rassemblement »

Dans une courte déclaration, Chantal Cutajar a insisté sur l’importance de la charte des valeurs qui doit servir de Code de bonne conduite au moDem et  mis quelques points sur les « i » notamment face à l’UMP et au PS locaux.

>>Entre le « tandem » et elle, « il n’y a aucun cadavre », mais des divergences de fond qui portent sur les valeurs, sur la nature de la démocratie locale, et sur la manière de diriger la Ville. « Nous rendrons Strasbourg ville Libre aux Strasbourgeois ».

>> Face aux propos tenus récemment dans les dna par un responsable local du PS, elle a redit sa totale indépendance et son refus de toute perspective d’alliance éventuelle soumise à conditions. Un partenariat éventuel, après le deuxième tour, si cela s’avérait nécessaire, se ferait en toute transparence sur la base d’engagements précis. « Nous ne seront les godillots de personne » (…)  « Nous ne nous allierons qu’avec ceux qui acceptent le pluralisme et le rassemblement au-delà des frontières de leur camp »

J’ai rédigé ce compte rendu d’une manière assez factuelle parce que je n’ai vu aucun journaliste dans la salle. Cela  est un constat non un reproche. Alors j’ai essayé de résumer au mieux, en faisant abstraction de mes humeurs. De mes humeurs qui me pousseraient à applaudir ce type d’initiative d’information citoyenne bien menée…

J’ai assisté à une  réunion politique qui ressemble à ce que devraient être toutes les réunions politiques, donc à  mille lieues de celles auxquelles j’ai pu assister ou participer ces derniers temps…Mais n’est pas authentiquement « démocrate » qui veut ! Chantal Cutajar avait raison d’appeler son blog politique, « le jardin de la démocratie ». Etre démocrate n’est pas un état mais une culture, aux deux sens du terme,  un savoir faire, un savoir vivre et savoir améliorer.

Une nouvelle convertie au MoDem  en lice

Nombre de correspondants me demandent ce que je pense de la candidature de Mme Hug-Kalinkova à l’obtention de l’investiture du MoDem comme tête de liste pour les municipales à Strabourg. Merci à eux pour leur curiosité, mais je n’exprime mes opinions que lorsque j’en ai. Et je n’en ai que sur les sujets que je connais.

En l’état, je ne connais guère cette dame autrement que parce que j’ai pu lire sur elle ou d’elle  dans la presse. Mais mon personnalisme intrinsèque me fait croire, jusqu’à confirmation ou preuve du contraire, que cette dermatologue engagée en politique gagne à être connue. J’espère donc avoir l’occasion de la rencontrer prochainement.

 

En attendant, je vois que sa candidature se veut « indépendante », donc qu’elle s’inscrit dans la ligne du MoDem. Cela est plutôt sain. Nous voilà loin des combats d’arrières garde des manipulés de la droite qui voudraient prendre le contrôle du MoDem avec les méthodes de ce Nouveau Centre qui n’est ni nouveau ni central.

"Bonnes feuilles"  et "lettre ouverte"

 Je ne suis surpris que par trois petits détails.

>> Je l’ai entendue dire voilà une dizaine de jour dans une réunion officielle de l’udf qu’elle ne serait pas candidate pour être de liste mais qu’elle ferait tout pour défendre ses idées qui seront bientôt publiées dans un « Livre blanc ».

>> Dans la même réunion, je l’ai entendue répondre NON à une question simple posée par un militant : « Votre groupe municipal d’opposition va-t-il rejoindre le groupe UDF-Modem du  Conseil municipal ?».

>> Elle a réservé aux DNA quelques « bonnes feuilles » de son livre (que je suis en train de lire) et la primeur de la lettre par elle envoyée à Bayrou pour en entrer en lice afin de tenter de devenir tête de liste.

Entre parenthèses, c’est drôle de voir à quel point des militants d’un parti  a priori favorable à la décentralisation sont les premiers à favoriser la centralisation : « Paris décidera » aie-je entendu au moins quinze fois en trois heures dans la bouche  d’un « maître jacques » de « cellule », pardon de section, de l’udf (non encore Modemisé)

Je comprends la première démarche de Mme Kalinkova (qui a donné un coup de sang à  Robert Grossmann). J’ai plus de difficultés à comprendre la seconde, n’ayant pas coutume de publier mon courrier privé dans les journaux (oui, moi aussi j’ai écrit à Bayrou : c’est une info, non ?)

Des Recommandés... non réceptionnés

Il est vrai que Mme Hug-Kalinkova a au moins deux  excuses à faire valoir :

 

·         les « autorités » locales de l’udf  n’ont pas les moyens d’aller retirer les lettres (recommandées) qu’elles devaient recevoir (à leur demande) avant le 31 août de la part des candidats à l’investiture. Terribles, ces problèmes de secrétariat… Après ne vous étonnez pas de ne pas recevoir de réponse… Ils sont une cinquantaine (et non 15 comme je l'ai lu sur un blog riche en imprécisions, en imprécations et en oukases qui n'engagent que son auteur) à voir ainsi leur courrier revenir à eux. Aucune mauvaise volonté: de la négligence!

·         les adhérents direct du Modem ne sont invités que d’une façon très sélective (ou du moins curieuse) aux réunions organisées par les mêmes « autorités » udf. Le département du Bas-Rhin est l’un des rares à ne pas avoir désigné (ou plutôt fait élire) un « représentant Modem » chargé de faire le lien entre les structures udf et les adhérents directs du Modem. Aucune arrière-pensée: pas de pensée du tout.

Que personne ne m’accuse d’avoir ici quelques griefs : je comprends que le MoDem soit un chantier qui perturbe bien des habitudes bureaucratiques dans cette Udf  qui avait réussi l’exploit d’exclure ou de suspendre des gens de ses rangs passés chez l’adversaire en pleine campagne des législatives, sans leur signifier officiellement la sanction qui à eux s’imposait par simple respect du règlement intérieur de cette « Union » si désunie…

Je comprends moins  en revanche  l’obstination de quelques « cadres » udf locaux  de faire exactement les deux bêtises qui,plus que tout (et plus que la pauvre Ségolène) ont fait perdre la  PS aux présidentielles (pas assez pour que Bayrou soir au second tour, hélas !) : concevoir un programme sans savoir qui conduira la liste et organiser des primaires. Il faut croire que les bourdes des uns ne servent pas toujours de leçons aux autres. Localement, le PS au moins a su en tirer quelques enseignements. Même si derrière  Roland Ries, on trouve (dans l’attente des « surprises » annoncées) une liste « voiture balais » pour perdants en quête de revanche et pour apparatchiks en souci de légitimité.

Anciens et modernes : La bataille de Zizanie

Il est donc  vraiment temps que l’UDF se métamorphose, change de peau (et pas seulement d’habits) et d’esprit (pas seulement de nom)… même si cela entraîne quelques clivages entre les «Anciens » (même très jeunes) et les « Modernes ». Cette bataille d’Hernani n’a pas fini de semer la zizanie…entretenue par ceux qu’elle arrange.

Au fait, avez-vous remarqué qu’à Seignosse un tiers des participants venaient de l’udf ou d’un autre parti et deux tiers n’avaient jamais été encartés ? Les « traditionalistes » (qui n’ont rien d’« historiques » contrairement à ce qu’ils revendiquent par sens aigu de l’autodérision sans doute) devraient s’en réjouir. Mais les réflexes de (mauvais) boutiquiers l’emportent sur la réflexion et la vision. Surtout quand ils passent leur temps à faire des calculs …binaires du style : « On perd plus à droite que l’on gagne à gauche ». Comme si le vrai pari de Bayrou ne visait pas à « gagner » des voix qui ne sont ancrées nulle part et qui précisément refusent le choix d’un camp ou le zapping entre deux camps.

Heureusement (et ils sont nombreux autour   de Chantal Cutajar dans « Strasbourg je t’M ») bien des militants Udf ne soutiennent pas Bayrou dans son actuelle stratégie que du bout des lèvres par opportunisme ou à reculons. Ceux-là   ont compris le nouvel état d’esprit qu’impliquent la « résistance » et la « révolution culturelle », donc le pari d’avenir  de Bayrou. C’est d’ailleurs ce qui est encourageant pour les « Démocrates ».

Daniel RIOT

21/09/2007

Le scoop de Fillon: L'Etat est en faillite..."Elysee.com" cherche syndic?

Quand le coéquipier de Srakozy reconnait aujourd’hui une situation que Bayrou dénonçait, que la Commissionde Bruxelles pointe du doigt et que Berlin déplore...

EDITO RELATIO par DANIEL RIOT: « Je suis à la tête d'un Etat en situation de faillite »…Alors, çà, il faut oser le dire quand on est le co-équipier (puisque « collaborateur » est proscrit) du Président de la République ! Même si ce n’est qu’une « formule » (guère imagée)…

Bayrou l’avait dit pendant la campagne électorale et il proposait des  moyens cohérents pour sortir de la situation décrite. Mais il n’a pas été entendu et son projet devenu programme a été étouffé par les flonflons et les paillettes de ceux qui au lieu d’assumer leur bilan désastreux ont su faire croire que la « rupture » avec eux-mêmes allait suffire à redresser la barre !

«2007,  c’est pas moi », a lancé Sarkozy, l’autre soir dans deux de ses chaînes de télévision,  à propos de la mauvaise croissance actuelle. Ben voyons. Ce n’est   ni lui, l’ex-ministre d’Etat, ni sa majorité d’hier reconduite aujourd’hui dont il a su si bien faire oublier le bilan, par des impostures de génie, et un art d’exploiter les faiblesses d’un PS, aussi nul au gouvernement avec Jospin que dans l’opposition sans Jospin…

Les faiseurs de débâcle se sont faits passés pour des faiseurs de miracles. Avec une belle alliance objective entre les conservateurs de droite, de gauche et des médias si conformistes. Et avec ces recettes du populisme et du clientélisme démagogique qui sont très efficaces dans tous les pays en crise de repères… Fillon, aujourd’hui, reconnaît les erreurs et les fautes du passé et montre son impuissance face au présent.

Pire : De Villepin (qui avait déjà dit, à Ripostes, que sa politique avait été délibérément été sabotée dans l’optique des Présidentielles) peut se permettre de rappeler que sous son gouvernement la France bénéficiait d’une croissance supérieure, d’«un chômage qui a baissé de 2 points» et d’«une politique de désendettement qui avait amélioré les choses »…ce que ne font évidemment pas les « cadeaux fiscaux » faits (et que Sarkozy voulait même faire d’une façon rétroactive si le Conseil constitutionnel n’avait pas fait son boulot)

Tout regret bayroutiste serait inutile (et stupide), mais le vrai grief demeure : comment sortons-nous d’une telle crise (d’une telle « faillite ») en refusant le mot « rigueur », en octroyant des « cadeaux fiscaux » à la minorité des Français qui en a le moins besoin, en faisant passer pour « révolutionnaires » des réformettes  à portée plus politique qu’économique et en misant sur une augmentation de la consommation (sans hausse du niveau de vie) pour stimuler la croissance…Une croissance qui serait encore plus faible sans l’effet d’entraînement des bons résultats allemands et qui sera encore limitée si les turbulences américaines tournent à la tempête.

Expliquez-nous, Monsieur Fillon…. « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ca ne peut pas durer », a martelé le chef du gouvernement en s’engageant « à ramener le budget de l'Etat à l'équilibre avant la fin du quinquennat ».

Encore  cinq ans en faillite, c’est long et coûteux, non ? Le « travailler plus pour gagner plus » doit-il se traduire par « travailler plus aujourd’hui  pour gagner plus dans le deuxième mandat ». Qui disait que Sarkozy se sentait toujours en campagne électorale ? Tout y est en effet : l’omniprésence, les exhortations, les promesses. A coté de l’Hyper-Président, illusionniste de talent, Fillon en Corse a trouvé sa place : dire (tardivement et partiellement) la vérité !  

Mais si l’Etat est en faillite,  la République  cherche un syndic. Avec un esprit d’ « ouverture », si possible… Ce n’est qu’une « formule » va redire Fillon ! Une de ces formules qu’adorent les agences de communication.

Daniel RIOT

19/09/2007

Le grand oral de Sarkozy: Vous avez bien entendu « contrat social » ?

Une illusion et une faute : pourquoi avoir commencé ce « grand oral social » par promettre un  « contrat social » nouveau ? Sous les nuages, rien de neuf : Des réformes qui s’imposent (depuis longtemps, d’ailleurs) seront menées sans que l’on jette les bases d’une nouvelle social-économie, caractérisée par ce qui manque le plus la France: des structures rénovées d’un « dialogue social » innovant. Sous les pavés, pas de plage : Les « sacrifices » demandés ne sont ni équitablement répartis, ni efficacement programmés.

La seule vraie « rupture » dans la prestation d’hier de Sarkozy, où un texte un peu fourre-tout n’a pas toujours été lu avec la force de conviction habituelle du « grand communicateur », tient en un constat : il y a un décalage très net entre les promesses électorales faites et les mesures annoncées.

« Candidat, il a dit ce qu’il ferait. Chef de l’Etat, il ne fait pas ce qu’il a dit », résume avec pertinence, par constat plus que par opinion,  Martine Gilson qui dirige le service économique du Nouvel Observateur et qui va ainsi à contre-courant des commentateurs qui ne font que répéter les mots d’ordre de la cellule communication de l’Elysée.

Nous sommes loin, en effet, des coups de hache, de butoir, des « traits de plume » législatifs, des "ruptures" promis sur les 35 heures, le service  minimum dans les transports publics, les régimes spéciaux de retraites, les frais médicaux, le « travailler plus pour gagner plus »…

Le calendrier des réformes est serré, c’est un fait. Trop pour faire du travail sérieux, même. Mais 2008 est une échéance préprogrammée dans la loi, pour les retraites notamment. Les objectifs sont clairs, mais les moyens de les atteindre ne sont pas détaillés (sur l’emploi des seniors notamment). Et l’on s’en tient à des mesures dictées par l’urgence non par le souci de construire l’avenir, par des réformes structurelles.

Je suis assez d’ accord avec Martine Gilson : « Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a réalisé qu’une seule promesse : le « paquet fiscal » : quatorze milliards d’euros destinés aux plus riches ». En guise de « contrat social » nouveau, on peut rêver mieux…

Philippe Séguin, le Président de  la Cour des Comptes, vient de faire une remarque fondée sur des réalités dont on ne parle pas assez : Les « stocks options » ainsi que les indemnités de départ (devenues colossales) dont bénéficient les grands dirigeants d’entreprise ne sont pas soumises aux cotisations sociales… comme doivent l’être tous les  revenus du travail.

C’est ce que l’on appelle un « régime spécial », non ?  Un privilège qui se chiffrerait par un manque à gagner de  six milliards et demi d’euros par an. Un chiffre plus vertigineux encore que celui du déficit général des régimes dits spéciaux : 6,2 milliards… On n’en tient pas compte dans l’élaboration d’un vrai « contrat social » ?

Les électeurs de l’UMP ne sont pas tous des privilégiés. En 1995, déjà, les sondages montraient que les Français étaient majoritairement d’accord avec la réforme des « régimes spéciaux »…Cela n’a pas empêché Juppé de se planter.

Daniel RIOT

18/09/2007

Le baptême du feu de Brice Hortefeux à l’Assemblée : Au Sénat, Sarko vole la vedette à son « mécano ».

Ce devait être « SA » journée. Son vrai « baptême du feu » ! Mais son ami (et maître) Sarkozy lui pique la vedette : Nicolas parle « social » (un « grand oral social » disent les animateurs des  télé-infos) au Sénat pendant que Brice lance le débat sur la nouvelle loi sur l’immigration (son « œuvre première») à l’Assemblée… Partage des rôles (et des temps d’antenne) : Sarkozy et Hortefeux travaillent en vrai « tandem ». Le second pédale et le premier tient le guidon… Hortefeux ? « Le mécano de Sarko » a écrit l’ami Philippe Reinhard (éditions Le Cherche Midi)

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Cette loi devrait être d’abord le signe et l’aveu d’un échec des politiques menées (par Sarkozy, ministre) jusqu’ici : c’est le quatrième texte législatif en peu de temps, donc les trois précédents n’étaient pas adaptées…

Mais sur ces sujets qui (à juste titre) mettent à rude épreuve les « messages universels » de la « France généreuse » en matière de droits de l’homme, les gouvernants appliquent la tactique de l’étranglement progressif, du « serres-moi doucement mais longtemps »… Du liberticide « soft », approuvé par l’opinion, sondages à l’appui. Comme si dans ses domaines la loi de la majorité n’avait pas démontré suffisamment toutes ses limites dans l’Histoire,  en diverses périodes (et dans presque tous les pays).Le sécuritaire a toujours été plus facile à cultiver que la sécurité à assurer ! Et la Liberté se chante plus qu’elle s’assume…

Cette fois, on va  rompre (avec le soutien d’associations communautaristes !) avec la loi républicaine de la non-distinction des signes qui peuvent alimenter les pratiques discriminatoires (« statistiques ethniques », dit-on).

A quand la religion sur les cartes d’identité ? Voilà quelques années, nous étions scandalisés par les Grecs rappelés à l’ordre des droits et de la dignité humaine par les instances européennes,  mais plus le temps passe, plus « on s’habitue à tout »…

On va ouvrir aussi le champ (vaste) de l’utilisation de l’ADN en dehors des affaires criminelles. Avec la bonne conscience que donnent les « exemples » d’autres pays européens et la surdité soigneusement entretenue aux débats (rarement médiatisés) sur « progrès technologiques et éthique »…

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L'immigration, avant-hier...

Surtout, (en  avocats de la francophonie ?), nous allons exiger que les candidats à l’immigration soient dignes de venir à notre table. Connaissances de français et apprentissage des codes républicains AVANT le visa…

« Choisie », l’immigration nouvelle ! Pas comme celle « moisie » (tiens on ne la pas encore dit, çà, mais cela ne saurait tarder …)  « subie » jusqu’à présent.  

Si au moins cette « condition préalable» (culturelle et censitaire)  s’accompagnait de nouveaux efforts en faveur du français dans le monde (nous comptons toujours sur nos amis suisses, belges et québécois plus que sur nos propres forces) ! Et  si (enfin !),  cette obsession des « flux » ne se développait pas au détriment du souci des « stocks » migratoires !

Mais, là, on se garde bien de soutenir les associations qui depuis les années 50 (le « Castami » à Strasbourg, par exemple) font un travail considérable d’alphabétisation, d’information, de formation et d’insertion.

La « glandouille » dans les cités vient aussi de la « glandouille » des pouvoirs publics, à tous les niveaux, depuis des années dans ce qui est devenu les « quartiers »…

Mais à Neuilly où il est né et où il a grandi, et on il a « assisté » Sarko dans toutes ses batailles, Hortefeux le bien nommé par son tempérament incendiaire et son style (souvent) pompier n’a rencontré que des immigrés qui sont devenus « plus français que des Français » (une expression qui ne veut rien dire, évidemment).

Et à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne du Bonhomme Michelin, qu’il rêve de transformer en fief, il sait séduire les Bourgeois les plus à droite mais pas ces Français qui n’ ont pas  besoin qu’on leur dise de « travailler plus » …et qui savent que « pour gagner plus », il faut surtout savoir faire travailler l’argent des autres.

Pourtant, il sait séduire Hortefeux ! Avec ses chaussures toujours bien cirées, son maintien de colonel de réserve d’une armée de l’air  sortie d’une BD, son coté « british » (qui plait énormément aux femmes en quête de « classe »), son « ironie » (meurtrière, donc séduisante pour ceux qui ne lui servent pas de cible), son « esprit » (il sait en montrer, cet ami de Bigard), il n’a pas que les défauts de ses fonctions de « garde du corps », de « gourou », de « porte-flingue », de « chargé des basses œuvres », d’  « homme de confiance », « d’homme lige » du « petit Nicolas »  devenu « grand Président ».

En fait, Hortefeux a un profil assez courant dans la vie politique française. Sulfureux, ambigus, à la fois tireurs de ficelles et marionnettes, ces personnages de l’ombre qui savent se faire plus craindre qu’aimer ne manquent jamais dans les Cours des pouvoirs. Surtout dans notre très monarchique V ième République en passe de devenir impériale sir « l’absolutisme présidentiel », comme dit justement  Bayrou ne trouve pas ces « contre-pouvoirs » qui seuls mesurent le degré démocratique d’un régime.  

Une pincée du Michel Debré (et son entonnoir légendaire) du général. Une pointe  de …Focard (en moins discret) : Chargé (aussi) du « codéveloppement », il va tenter de rompre avec la Francafrique , mais pour quelle  Sarkofrique ? Un saupoudrage du Charasse mitterrandien : ou l’art de susciter sympathie et antipathie de conserve…Un petit coté de Pasqua : l’élève reste toutefois très loin du maître…

Ce dont il souffre le plus (tout en en tirant un peu de fierté sans doute), c’est de la comparaison avec Michel Poniatowski, qui fut ce que Hortefeux n’est (officiellement pas) ministre de l’Intérieur (sous et de Giscard).

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Très franchement, en fondant mes jugements sur des constats faits lors de rencontre au (et en marge du) Parlement européen, il n’y a pas photo. Sauf peut-être sur l’art de caresser l’extrême-droite et sur le plan de cette parano des « ennemis de l’intérieur » sans laquelle les « anges gardiens diaboliques  des  maîtres au pouvoir » ne peuvent pas  bien remplir leurs fonctions et jouer leur rôle.

« Poniat » avait une culture, un sens de l’Histoire et surtout un art de l’anticipation géopolitique, une vision des enjeux planétaires de demain,  que Brice n’a pas. Il avait aussi des talents (d’esprit, d’expression et d’écriture) que le « trop gavé »  (Nicolas dixit, après une bourde) n’a pas. Il est vrai que le  « parler cru » (« cash ? »)  sous Giscard n’avait rien à voir avec la subtile  vulgarité ambiante

On avait Bigeard et cette odeur (« messmerienne ») du « sable chaud » : c’était finement rétro. Nous avons Bigard : son succès suscite un mimétisme bien peu conciliable avec le réapprentissage des bonnes manières dans les écoles primaires. Mais comme écrivait feu Poniatowski : « L’avenir n’est écrit nulle part »…

Mais j’arrête, c’est l’heure ou sur les chaînes d’info continue les duettistes de Neuilly, de l’UMP, de l’Elysée et de « l’identité nationale » vont se faire une petite concurrence. Je plains ceux qui ne peuvent pas suivre leurs prestations… « Sarko » concurrencé par son « mécano » : il y a une faute de calendrier dans la cellule « communication » du pouvoir. Mais que fait Fillon ? « Une peu de méthode », SVP…

Daniel RIOT

Europe de la Justice: des retards à combler d'urgence!

Quand Rachida DATI écoute enfin des appels lancés depuis des années! Les ministres sont là pour agir non pour écrire des tribunes dans les journaux... Alors, des actions, SVP...

Commentaire RELATIO:  "Maintenant, il faut un vrai espace judiciaire européen", écrivent dans une tribune publiée dans le Figaro plusieurs ministres de la Justice. Ce n'est évidemment à RELATIO qui fait campagne, sous l'impulsion de Chantal CUTAJAR notamment, pour une EUROPE POLITIQUE DE LA JUSTICE depuis son lancement que nous allons critiquer cette initiative. Oui, Rachida DATI faites vite ce qui ne figure guère dans les priorités de votre "feuille de route" et ce qui a été si peu mis en relief dans la campagne présidentielle française! Il n'est jamais trop tard pour bien faire...

Deux questions seulement: Pourquoi les appels précédents allant dans le même sens n'ont-ils pas débouché sur des résultats concrets? Pourquoi ces ministres ne font-ils pas  de cette espace judiciaire européen (une expression lancée par VGE quand il était président de la République française, donc au siècle dernier) une vraie priorité. Au pouvoir, on prend des mesures, on ne se contente pas d'écrire des articles...dictés par l'actualité plus que par des convictions bien ancrées dans des réflexions. Une Europe de la Justice ne devient pas une nécessité:elle est un impératif depuis longtemps.

Cet espace judiciaire que Giscard d'Estaing préconisait dès les années 70 et qui reste à construire...

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UNE TRIBUNE de  Rachida Dati, Alberto Costa, Mariano Fernandez Bermejo, Clemente Mastella, Lovro Sturm, Brigitte Zypries, ministres de la Justice, en France, au Portugal, en Espagne, en Italie, en Slovénie, en Allemagne, publiée dans LE FIGARO.

« Très récemment, le 15 août 2007, le meurtre de six Italiens à Duisbourg, en Allemagne, vraisemblablement commis dans le cadre d'un règlement de comptes entre organisations mafieuses, a mis en lumière, une fois de plus, que la criminalité et la violence ne s'arrêtent pas aux frontières des États et que tous les pays sont confrontés aux mêmes défis
LIRE LA SUITE >>>>>>>>>>>>.

16/09/2007

A « Riposte » : Le nouveau réquisitoire de Dominique de Villepin contre Sarkozy

Une « Riposte » ? Non, Sire, un réquisitoire…

Dopé, Dominique de Villepin !

Remonté, bien sûr,  par ses démêlés avec la Justice où il se pose en victime d’une injustice programmée par instruction téléguidée (« impressionnée », dit-il). Allez savoir…

Stimulé,  par le souvenir qu’il garde du travail de sape « systématique » orchestré par Sarkozy après sa prise de contrôle de l’UMP en novemnre 2004 (c’est lui  qui le dit)…

Mais, surtout, musclé par les inquiétudes que suscitent chez lui (et chez d’autres de plus en plus nombreux) les politiques menées par Sarkozy dans cette ambiance de « Cour », de « bal masqué » et de paillettes qui règne à l’Elysée devenu siège de ce que Bayrou  appelle « l’absolutisme présidentiel »…

J’avais commis un article dont le titre avait été très repris « De Villepin, chef de l’opposition à Sarkozy ! »… C’est encore plus vrai aujourd’hui, malgré le retour (réussi) de Bayrou et les velléités d’un PS toujours déboussolé ! « Je ne veux être que le chef des propositions », sourit-il dans sa brillante intervention dans l’émission de Serge Moatti sur France 5.

Des propositions, il en fait quelques unes, en effet,  dont une essentielle sur l’Iran où l’on ne doit effectivement pas se laisser enfermer par l’alternative « bushienne » résumée par Sarkozy : « le choix entre la bombe iranienne et le bombardement de l’Iran ».

Si la guerre est toujours une mauvaise solution, il importe de tout faire pour l’éviter. « Diplomates de tous les pays , mobilisez-vous », exhorte-t-il, en craignant que le goût prononcé des « hot-dogs » de Sarkozy (expression semblable à celle utilisée par Bayrou) ne finisse par entraîner la France dans un conflit « pire en conséquences que la guerre en Irak ». Ce ne sont pas les dernières déclarations de Bernard  Kouchner, crédibilisant l’hypothèse du « pire », de « la guerre » qui va le (et nous) rassurer.

Pour de Villepin (qui a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire contemporaine de  la diplomatie française pour son discours à l’Onu sur l’Irak mais aussi pour ses négociations discrètes en collaboration avec les Anglais et les Allemands avec l’Iran), Sarkozy a fait une erreur qui est une faute : abandonner la ligne gaulliste et gaullienne vis-à-vis de l’Otan et de Washington dans le contexte actuel, faire plaisir à Bush sans obtenir en contrepartie l’engagement  d’un dialogue Iran-USA avec une  participation européenne active.

De Villepin se fait aussi très critique envers la politique intérieure de Sarkozy : déficit, panne de la croissance, réformes structurelles, approfondissement de la démocratie. Aussi sévère (et aussi pertinent) dans ses critiques de Sarkozy que Bayrou.

Le président contre-attaquera sans doute mardi. Avec ou sans paillettes ? En faisant « entrer la réalité » dans la paysage politique ou en poursuivant ses prestations plus faites pour cultiver une « sarkolâtrie » de Cour ? En restant un politicien encore et toujours en campagne ou en révélant de vraies qualités d’homme d’Etat. Qualités qui ne vont pas, selon De Villepin, sans un doute permanent (et non de fausses certitudes)  et sans « cette conscience permanente du tragique » peu compatible avec le goût des paillettes. Et des gadgets !

Bayrou à Seignosse, De Villepin chez Moatti, et colères anti-sakozyennes dans toutes les capitales de l’euroland : sale week-end  en « Sarkoland »... Heureusement pour le Président, ce ne sont pas les cris de Hollande devant des partis dits de gauche si mal réunis qui vont faire du PS une force d’opposition crédible.

De Villepin l’a pronostiqué : c’est au sein de l’UMP (« qui n’existe plus ») que l’opposition au nouveau « Bourgeois gentilhomme » ne va pas tarder à se développer. Après les municipales, bien sûr…

Daniel RIOT  

Europe : « Retour de la France » ou retours de bâtons du « Style Sarko » ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT :« Aucun sujet n’est tabou »…Tous les ministres (en quête de totem ?) dans tous les secteurs, n’ont que cette expression à la bouche,  à tout propos… Alors, pas de tabou, pas même pour apprécier Sarkozy dans ses oeuvres : La politique et la diplomatie pour Sarkozy ne sont-elles que  la continuation de la guerre sous une autre forme ? Sarkozy n’est-il pas dangereux dans les situations de crise ? Le « style Sarko » ne va-t-il pas finir par aggraver les problèmes de  l’Union européenne ?

 Eh ! Oui, on s’inquiète dans plusieurs capitales européennes (et chez les connaisseurs de  l’«alchimie communautaire »). Non du « retour de la France en Europe », mais des retours de bâton pour la France et pour l’Europe que le « style Sarko » commence déjà à provoquer !

 

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 « Notre « petit soldat » se prend pour un général d’Empire », confie un diplomate. « Mais ses foucades, ses initiatives intempestives, ses propos mal contrôlés finissent par heurter les meilleurs amis de la France et ceux qui se réjouissaient de l’élection d’un manager dynamique et moderne à la Présidence de la République. »

Ce n’est pas tout : « Notre Président oublie que l’Europe par définition n’est pas que française et que le « sarkozysme » reste trop flou, trop incohérent et trop chargé d’ambiguïtés pour qu’il séduise tout le monde, tout le temps, en tout... Son goût pour les jeux dangereux du   « cavalier seul » est déjà devenu très contre-productif. Son coté gamin farceur et volontiers provocateur ne fait plus sourire. Son égotisme atteint des proportions ridicules.  Et à trop vouloir flatter les pulsions les plus nationalistes de l’opinion française, il perd le crédit qu’il commençait à acquérir. Il est déjà classé, comme Chirac l’était (là, il n’y a pas de rupture) dans la catégorie des politiciens qui sont meilleurs en campagne électorale que dans l’exercice de ce pouvoir suprême qui exige des qualités d’homme d’Etat »

Diplomate, mais franc du collier, notre interlocuteur (qui, il est vrai, n’en est pas à son premier Président…)

Les dirigeants français (hauts fonctionnaires inclus), en Europe, ont trop affiché dans un passé encore récent mépris et arrogance, ces épices qui rendent les indigestes les plats les mieux préparés.  A cet alliage (qui nous a fait tant de mal) Sarkozy ajoute des ingrédients qui sont de vrais  poisons : la prétention hâbleuse, la gesticulation frimeuse, la réflexion fumeuse et les récriminations injurieuses… Cela fait beaucoup ! Trop.

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Strasbourg: Ces rumeurs du web qui font des ravages....

"Le combat contre l'antisémitisme, les racismes et les discriminations continuent"

Je reprends ici l'article publié par Chantal Cutajar sur son blog personnel et sur son blog politique à la suite des articles de presse sur les rumeurs éhontées et les désinformations dont elle a été l'objet.

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A propos d'une campagne de dénigrement

La presse s’en est fait l’écho. Sur ce blog politique comme sur mon blog personnel, je me suis abstenue délibérément  de tout commentaire. Ce n’était évidemment pas à moi de nourrir (même indirectement par des démentis) une rumeur sans fondement lancée en janvier dernier, relancée en juin et réactivée en septembre (à la veille de ma rentrée politique annoncée) par des rumeurs de ville reprises sur des blogs.

Cette « affaire » qui n’aurait jamais en être  une vient de se terminer par une déclaration de la Présidente de l’Université Robert Schuman : « L'université doit encourager l'innovation pédagogique, il n'y a donc pas lieu de laisser ouvert ce dossier ».    Le dossier est donc clos, comme écrivent les DNA.  

J’ai rédigé un communiqué publié dans les DNA : « Mon combat contre l’antisémitisme, le négationnisme, le racisme et les discriminations est utile et juste.

Ce combat, je le mènerai partout où je serai. A l’Université, et dans la sphère politique.

Je suis heureuse de la décision prise par la Présidente de l’URS. Je saisirai les instances universitaires afin d’adapter le règlement d’examen aux actions pédagogiques et de solidarité tournées vers la cité et au service de valeurs fondamentales.

J’introduirai une action en diffamation contre quiconque, sans exception, et en quelque lieu que soit, y compris dans l’enceinte du Conseil municipal de Strasbourg, propagerait des informations et des rumeurs portant atteinte à mon honneur, ma réputation et ma probité professionnelle, quelque soit le moyen de diffusion ».

Je m’en tiens là. J’ajouterai seulement trois choses qui me semblent essentielles :

1)     Je suis vraiment désolée que l’honneur des étudiantes et des étudiants qui ont travaillé  beaucoup et bien  dans ces opérations ait été atteints à travers les attaques dont j’ai été l’objet. Il n’y a eu ni « surnotation », ni « surprime », ni « cadeau  bonux pour les fayots » comme j’ai pu le lire. Les points attribués étaient justifiés non par le volontariat mais par la qualité et la quantité du travail fourni et des prestations effectuées. Les travaux qui à mes yeux ne méritaient pas une note d’excellence ont été soit retournés soit retravaillés. En quoi une note d’excellence pour un travail excellent peut-elle être « discriminatoire » ? Chaque étudiant pour cette option a travaillé au moins 135 heures!

2)     Contrairement à ce qui a été dit et écrit, la médiatisation de mon cours au Struthof et de mes cours n’a pas été faite pour faire « mousser » qui que ce soit et surtout pas moi. Je déplore même qu’elle n’ait pas été plus grande cette année : 1000 lycéens ont été concernés par ces cours d’éveil.

3)     J’espère que cette action, menée à Strasbourg et à Marseille, continuera à avoir un effet boule de neige et devienne une opération nationale voire européenne puisqu’elle s’inscrit dans le cadre de campagnes pédagogiques stimulées par le Conseil de l’Europe.(Année de l'égalité des chances , notamment)

Merci à celles et à ceux qui dans cette épreuve (car épreuve, il y a) m’ont soutenue et ont continué à me faire confiance.

Les attaques injustes dont j’ai été l’objet et qui atteignent toutes celles et ceux qui travaillent avec moi pour développer une pédagogie active du droit (il s’agit  surtout et d’abord de cela) me confortent dans ma détermination de continuer à défendre les causes qui me semblent essentielles dans l’application des droits de l’homme. L’antisémitisme, les racismes, les discriminations en tous genres ne sont pas seulement des fautes morales, mais constituent des délits.

Chantal CUTAJAR

LIRE MON MEMO SUR MON INITIATIVEChantal CUTAJAR. DROIT ET DISCRIMINATIONS.doc

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LE BLOG POLITIQUE DE CHANTAL CUTAJAR >>>>>>

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15/09/2007

Strasbourg : Les blogs, une nouvelle donne dans les relations presse-pouvoirs !

L’excellente « webinitiative » de la « locale Strasbourg » des DNA…Quand « Cher Robert », s’en prend à « Cher Denis «  et à « Cher Christian »… Quand Grossmann incite à cet « anonymat » que Sarkozy dénonce…  Où le « localier »ne doit pas être  un « bocalier »… Quand la  devise de « l’ouverture » devient « Qui n’est pas avec nous est contre nous »…

Ma petite chronique strasbourgeoise:Constats locaux de portée générale.Les DNA reviennent ce matin sur la « rumeur des surprimes » dans les notations d’une option crée par Chantal Cutajar dans le cadre de ses activités d’enseignante-chercheur en droit pénal sous la plume de Denis Tricard qui, je tiens à le réécrire, a fait sur ce sujet un travail journalistique remarquable. Sur le fond, comme dans la forme.

Rien n’est plus délicat de faire un article sur une affaire qui n’en est pas une, sur une rumeur lancée, propagée et gonflée par  des manipulateurs (conscients et inconscients) et une (vraie) « intox » transformée en (fausse) info. Surtout par ces « cybercafés du commerce » que sont trop de blogs qui « débloguent »… dans un anonymat exécrable.

Tricard se devait de faire enquête et article puisque l’exploitation politicienne du dénigrement orchestré d’une action noble, novatrice et indispensable  constitue à elle seule un événement. Il l’a bien fait. Avec rigueur. Je souhaite vraiment que de nombreux jeunes journalistes aient les qualités qu’il vient d’afficher. Et ne se laissent pas manger par les dévoreurs de talents et d’énergie si nombreux dans le marres médiatico-politiques.

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Je reviendrai dans une autre note sur ce qui est titré « la contre-attaque de Chantal Cutajar » et qui me vaut bien des courriels en tous genres…Anonymes, sous pseudos,quand ils sont insultants, bien sûr…

Mais, puisque mon propos se rapporte au journalisme (et aux blogs) je tiens à faire une petite remarque de portée locale mais d’intérêt général : j’ai trouvé ridicule et, surtout,  scandaleux le commentaire laissé par Robert Grossmann sur le « blog de journalistes » que l’équipe de la « locale Strasbourg » des DNA vient d’ouvrir avec courage, intelligence et talent.

Sous le prétexte d’une information qu’il juge erronée (mais qu’il confirme en grande partie), ce tenancier d’un blog personnel (que je fréquente avec intérêt), ce Roi-blogueur de la CUS,  se lance dans une attaque en règle contre Denis Tricard et  Christian Bach, traités ouvertement et  entre les lignes, comme un patron de presse digne de ce nom n’oserait traiter ses employés.

Indignes de leur journal de la rue de la Nuée Bleue, les deux « Cher Denis, Cher Christian » ? C’est ce qu’il tente de dire, d’insinuer, ce « Cher Robert »…

Attention : Sarko n’est ni le premier ni le seul à  téléphoner aux actionnaires, ou à faire téléphoner, ne serait-ce que pour jouer du « photoshop » sur une « poignée d’amour »présidentielle…

A l’échelle locale, c’est souvent pire. Plus sournois. Le « localier » (l’accrédité à l’Elysée ou ailleurs en est un !),  doit résister aux tentatives d’être  transformé un « bocalier ». Enfermé dans le bocal des détenteurs du pouvoir (petit ou grand, fictif ou effectif). Ou des opposants d'ailleurs qui savent aussi exceller dans les désinformation.... 

Ce ne sont jamais les pressions qu’il faut condamner. Elles sont logiques. C’est l’art de se doter des moyens de résister aux pressions qu’il faut cultiver. Pour s’assurer liberté et indépendance.

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J’en reviens aux faits, en  citant RG : « Cher Denis Tricard n’écrivez pas n’importe quoi ! Ne ramassez pas n’importe quel ragot, dans n’importe quel blog partisan qui, sous votre plume, acquiert de la crédibilité. » (…) «  Cher Denis, Cher Christian Bach, Si ce blog devait être le blog des ragots, pire, le blog des fausses vérités écrites pour susciter des réactions de la part gens touchés par ces ragots ou fausses vérités, ce serait indigne. Ce n’est pas l’idée que je me fais d’un blog de dialogue moins encore de celui d’un quotidien régional qui a de la crédibilité. N’associez pas alors le nom DNA à ces bruits parfois sans aucun fondement et transcris dans le seul but de provoquer. Ouvrez un blog personnel ou même sous pseudo, ce serait plus conforme. »   

Le journaliste (quand il fait du bon boulot) passe une partie de sa vie à subir  les foudres des politiques. Cela ne date pas d’aujourd’hui, et il faut espérer que cela continuera. Un bon journaliste est un emmerdeur ou n'est pas, pour celui qui rêve de faire ce qui lui plait , sans avoir de comptes à rendre et qui ne voit l'information que sous le nom de "propagande". C'est aussi le  vieille histoire du messager qu’on tue parce que le message déplait… Que Grossmann se défoule sur des gens de presse (ou tente de les intimider ou de les manipuler)  n’a donc rien d’un événement. C’est si fréquent… « Cher Denis, cher Christian », vous en subirez d’autres…

Mais qu’une irritation entraîne le bouillant ancien patron de « l’Union des jeunes pour le progrès »  à donner des leçons de journalisme, à décourager une initiative louable et à inciter les animateurs du « webnews » de la locale des  DNA à se réfugier dans la facilité et la lâcheté des « blogueurs anonymes »,  pire à se cacher derrière des « pseudos », a quelque chose d’amoral. « Incitation à la lâcheté », c’est prévu, çà, dans un Code de mauvaise conduite quelconque?

Allons, allons, « Cher Robert »: pas de cela à un moment où  Sarkozy qui veut « jeter à la poubelle toutes les dénonciations anonymes »…Contrairement à tous les spécialistes de la lutte contre la corruption et l’économie criminelle, je lui donne raison sur ce point, d’ailleurs, à ton ami Nicolas. Et je mène combat contre les masques qui gangrènent le Net en encourageant l’irresponsabilité. Le pseudo (j’en ai et j’en utilise) n’est pas fait pas se cacher, mais pour s’amuser et expérimenter, sourire et tester, jouer et se jouer de,  non pour dire n’importe quoi, n'importe quoi, sur n'importe qui, n'importe comment.

Quel réflexe, Monsieur Grossmann !  « Cher Robert », vous avez trop de qualités intellectuelles  pour (une fois de plus) afficher de tels défauts. Et prôner de telles conduites…

Il est vrai que dans sa longue carrière politicienne, l’ancien « coach » du « jeune Nicolas », a eu l’occasion d’apprendre (et d’enseigner) sur le terrain toutes les astuces de la « politicardise ». Ces astuces qui contribuent tant au discrédit du « monde politique ». Et qui souvent se font sous couvert de l’anonymat ou par marionnettes interposées. C'est la vie...

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Résistez, « Cher Denis », « Cher Christian » avec tous vos coéquipiers ! La « blogosphère » révolutionne les circuits de l’information. Il est bien que vous tentiez d’en tirer leçons et vous vous lanciez dans cette véritable aventure qui consiste à enrichir  le Net, à participer aux entreprises de crédibilisation des blogs de journalistes, à jouer la complémentarité entre les différentes formes d’expression médiatiques, à adapter l’exercice de notre métier aux nouvelles technologies.

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Christian Bach

Le web transforme les conditions de la diffusion des infos et du débat citoyen. Il facilite évidemment les délires, les rumeurs, les campagnes de désinformation. Mais (vielle histoire du couteau !) il a bien des vertus aussi. Il est qualitativement neutre. Tout dépend de l'usage qu'on en fait...

Que la rédaction locale d’un quotidien régional prenne le risque d’assumer les responsabilités que ces nouveaux espaces de liberté impliquent vaut d’être salué, non dénoncé, attaqué, critiqué.Je l'ai fait ici le jour même de son lancement.  Le plus terrible, dans la réaction de « Cher Robert » ce n’est pas la « précision »  qu’il se croit obligé d’apporter par un « J’affirme » qui d’entrée enlève ou atténue la crédibilité du message. C’est qu’il mette en garde, menace et  condamne, dénonce l’entreprise menée en tant que telle.

Résistez et persévérez, « Cher Denis » , « Cher Christian » : L’échec de votre blog ne serait pas le votre, mais celui de ceux qui ont  du débat politique une conception qui même hors du Net ne fait pas honneur aux mots « Agora », « forum » ou…démocratie. Quand on ne supporte aucune contestation ou contrariété au sein du Conseil municipal, on peut difficilement la supporter sur le Net !

Il est vrai que le mouvement d’humeur de Robert Grossmann à votre égard ne vient pas de votre info sur le souci actuel (bien forcé) « d’ouverture » de l’équipe municipale la plus fermée de l’histoire contemporaine de Strasbourg. Tout est dans la dernière phrase du donneur de leçons en journalisme affectueusement surnommé ici et là (sur le web et dans les bons bistrots) « le Malraux de Pourtalès » ou « le Mérimée de la Robertsau ». 

Je cite encore :« Vous avez par ailleurs pris la décision d’accorder votre patronage médiatique aux effusions de madame Kalinkowa. C’est un choix, il vous regarde ! ».

Diable ! Pourquoi cette précision ? Pourquoi cette (fausse) générosité, cette (fausse) tolérance, ce (faux) respect et surtout ces (vrais)  regrets et ces (vrais) griefs ?  Le point d’exclamation final  vaut poing dans la figure sur d’autres terrains…

Là, « Cher Denis, Cher Christian », vous avez commis plus qu’une faute : un crime. De lèse-majesté. D’autant plus que les extraits du livre que vous avez publiés donnent envie de lire cet ouvrage que le tandem et ses amis considèrent comme un outrage. Pourtant, elle semble plus indulgente envers Robert qu’envers Fabienne, cette madame Kalinkowa que personnellement je ne connais pas, bien qu’elle vienne d’adhérer au MoDem.

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Denis Tricard

Vous devriez le savoir, « Cher Denis, Cher Christian », les DNA (même généreuses en espace et même  indulgentes envers les pouvoirs en place, ce qui est logique et normal) n’en feront jamais assez pour  le « tandem »… Quand je pense, comme nombre des lecteurs, aux matins qui fâchent, tant les DNA apparaissent comme le JO du Duo !

Mais pour le pouvoir bicéphale local, c’est la brosse à reluire en permanence, ou rien. Ou l’interrogation sarkozyenne faussement angoissée du « Pourquoi tant de haine ? »

La phrase la plus utilisée par le « tandem » est simple  à retenir : c’est un classique du genre… « Qui n’est pas avec nous est contre nous ». Nous ne sommes là ni dans les chuchotements, ni dans les rumeurs, ni dans les ragots… Toute la ville le sait, même sans les blogs… C'est l'un de leurs problèmes d'ailleurs. C'est dur de jouer l'ouverture avec un esprit fermé ou renfermé. Sarko est meilleur comédien: c'est sa force!

Daniel RIOT

14/09/2007

STRASBOURG: La fausse affaire des "surprimes" à la la fac fait pschitt...

Dossier clos pour Cutajar

« L'université doit encourager l'innovation pédagogique, il n'y a donc pas lieu de laisser ouvert ce dossier ». Tel est le sentiment de Florence Benoît-Rohmer, présidente de l'université Robert-Schuman, sur l'affaire concernant Chantal Cutajar.
Une sanction avait été réclamée par le nouveau doyen de la faculté de droit, Jean-Michel Poughon, à l'encontre de cette enseignante-chercheuse de l'université strasbourgeoise (lire DNA d'hier). La raison ? Chantal Cutajar avait accordé un bonus de 10 points à certains de ses étudiants, volontaires pour une action qu'elle avait initiée et qui consistait à faire prendre conscience aux lycéens des dangers du négationnisme.
Maître de conférence à Robert-Schuman et ancienne numéro trois de la municipalité strasbourgeoise, avec laquelle elle a coupé les ponts, Mme Cutajar brigue la tête de liste UDF-Modem aux prochaines élections dans sa ville.

Ce filet des DNA fait suite à ma note précédente. No Comment, comme on dir sur Euronews. Mais là, il n'y a même pas d'images... Encore une précision tout de même: parler de Bonus fait un peu "cadeau Bonux" C'est insultant pour les étudiants qui ont accompli des travaux d'une très grande qualité, réclamant recherche, temps, réflexions et talents d'expression. C'est comme le terme surnotation qui ne convient en rien à la notation d'un travail qui mérite effectivement rétribution et qui n'est acceptée que s'il conrrespond aux critères qui justifient un 10. Un 10 qui d'ailleurs n'est guère utile: tous les étudiants volontaires pour cette mission pédagogique et civique dans les lycées sont des bons étudiants qui n'ont nul besoin d'une "surprime". Mais "l'innovation pédagogique", comme dit Florence Benoît-Rohmer n'est pas simple dans le conservatisme si caractéristique de certains milieux universitaires. Question au Doyen:ce type d'injustices à l'egard d'une enseignante (et des étudiants concernés) se répare comment? En l'occurence, le droit des victimes n'existe pas puisque c'est non le  droit civil mais les codes de l' incivilité  qui doivent être agités... A quand la "tolérance zéro" pour les allumeurs et les colporteurs de rumeurs? DR

Université: Le Doyen de la fac de droit incite des étudiants à déposer des recours contre les notations d'une enseignante engagée au Modem

Université et politique : Quand le Doyen de la fac de droit de Strasbourg se discrédite en donnant crédit à une désinformation orchestrée contre une de ses collègues

CUTAJAR A LA UNE ! C’est un slogan qu’elle aurait pu prendre pour sa campagne des Législatives dans la première circonscription de Strasbourg, Chantal ! Mais cela ne correspond pas à son style, plus réservé, moins pschitt, moins creux… Cutajar à la « Une » : ce fut dans les DNA d’hier matin ! Bien malgré elle.

Bandeau en Une générale et en Une région ! Avec une photo très bien : l’une des plus réussies d’elle publiée à ce jour dans le journal local. Et avec un texte (je ne plaisante pas) remarquable de Denis Tricard. Sur ce sujet qui n’est en rien une « affaire » mais qui soulève des problèmes délicats, il a su confirmer ses qualités journalistiques. Sérieux de l’enquête et rédaction intéressante.

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(photo DNA)

Je résume pour ceux qui ne savent pas : Mme Cutajar, enseignante-chercheur à l’Université Robert Schuman et …candidate aux prochaines municipales de Strasbourg, est attaquée  à la suite d’une initiative (soutenue par la Région, par le rectorat, par la Présidente de l’université, par la Halde, par la secrétaire générale adjointe du conseil de l’Europe et par ceux qui luttent contre les délits de racisme, d’antisémitisme, de  discriminations et de négationnisme. Le Doyen regrette par voie de presse qu’aucun étudiant n’ait déposé de recours sur ce qu’il appelle des « surnotations » et demande des sanctions contre l’enseignante. La présidente de l’Université ne traduit (évidemment) pas Mme Cutajar devant le conseil de discipline. Mais le mal est fait. La réputation (« c’est ce qui ne dépend pas de nous », disait Aristote) de Mme Cutajar est touchée. Celle de l’université Robert Schuman aussi. Et le Doyen se dédouane en accusant le journaliste d’avoir trahi ses propos…C’est si facile!

Je n’ai pas ici (ce n’est pas de ma compétence) à commenter ce qui est dit ou écrit sur les fautes de vocabulaire commises dans les narrations de cette affaire qui n’en est pas une (« surnotation » sur le volontariat, par exemple !) ou sur la mémoire très sélective du doyen, ou sur tous les détails qui mériteraient des démentis. Mais cet article (qui va en entraîner d’autres ailleurs, c’est la loi du tapage médiatique)   met en relief quelques signes de notre temps  qu’il serait criminel de ma part de ne pas souligner

1° Une rumeur dénuée de tout fondement, partie d’informations fausses, partiales et partielles se répand dans quelques bars (par des faux amis puis par de vrais ennemis politiques de Chantal). Elle est reprise par des blogueurs anonymes qui se voient porteurs de scoops et se sentent chargés d’une mission de Zorro du Rhin. Ce bruit de ville comme il en est tant d’autres à propos de toutes celles et de tous ceux dont « la tête dépasse » dans Strasbourg-Village devient une information « puisque c’est écrit dans le journal ». Relire « La rumeur d’Orléans » d’Edgar Morin ! Ce fut écrire avant le NET, le web, les blogs. Sociologues de l’information, à vos plumes : cette belle étude  est à refaire…

Comme l’a  écrit un lecteur (qui a joué les incendiaires sur son propre blog) dans un commentaire publié sur mon blog-notes, on vit dans une époque,   où l’accusation n’a pas à fournir des preuves du bien fondé de ce qu’elle avance, mais où l’accusée (même à tort ou de rien) doit faire preuve de son innocence… C’est le genre de raisonnement qui peut mener loin. Le stalinisme (comme le fascisme) reste vif dans bien des têtes…

2° En politique, tout est bon… Ce n’est pas nouveau. Et l’exemple vient d’en haut… Chronologie de ce qui est devenue la « rumeur Cutajar » …

Cette rumeur soigneusement gonflée est née à la fin janvier (et non en juin). A la suite d’une note mal attribuée par les services et rectifiée. Avec la signature du Doyen. J’attendais d’ailleurs que cette (fausse) affaire monte à la surface pendant la campagne des législatives. Mais non… Ceux qui auraient pu le faire ne croyaient pas que Chantal ferait l’excellent score qu’elle a fait. Alors, pas de vile attaque qui aurait pu avoir un effet boomerang !

Elle est revenue, cette rumeur,  sur quelques blogs (de droite) dès que la candidature de Chantal aux municipales s’imposait …telle une évidence. Naturellement. N’en déplaisent aux jaloux, aux misogynes, aux drogués de la propagande du « tandem », aux rancuniers et aux rivales, à celles et ceux qui n’ont pas été jugés assez compétents, ou fiables,  pour remplir des fonctions dans l’équipe de Chantal…Eh ! Faire de la « politique autrement », c’est faire preuve d’une exigence qui peut blesser des susceptibilités écorchées.Et alimenter des rancunes et des rancoeurs.    

Cette rumeur réapparaît et court d’abord dans les nids « centristes » (ou plutôt « centreux », comme je me dois de  faire la différence) qui supportent mal les qualités personnelles de Chantal Cutajar, ses chances de réussite,  et son engagement sans faille sur la « ligne Bayrou ». Indépendance et Liberté, non proclamées mais assumées !

Cette rumeur diffamatoire  et infamante a même été évoquée,(avant la publication de l’article des DNA) en pleine réunion de la première section de l’UDF par le Président de séance Jacques Bon (expert en affaires universitaires sans doute ?) avec la spontanéité qu’ont parfois les esprits limités et grossiers (voir ma précédente chronique).

Cela, bien sûr, (j’étais remarquablement placé pour lire sur les visages) pour la plus grande joie de celles et de ceux (minoritaires en la circonstance) qui ne veulent évidemment que du « bien » à Chantal. Les personnalités intègres, courageuses et tenaces se font toujours beaucoup d’ennemis, c’est la vie. Surtout quand elles font de l’ombre à celles et ceux qui se prennent pour des soleils malgré leur esprit en lampe de poche.

Certains, avec cette campagne de désinformation,  ont vite affiché une triple satisfaction, ou plutôt trois satisfactions additionnées :

>>>Celle de (tenter de) démolir une « femme à abattre » du « tandem » UMP qui dirige Strasbourg. Il est vrai qu’elle n’est pas gagnée gagnante par les politiciens locaux, mais c’est elle qui est la mieux placée pour faire tomber le « tandem » aux pneus dégonflés. 

>>>Celle de (tenter de) salir une enseignante-chercheur qui s’est taillée une réputation internationale dans un domaine du droit qui gêne considérablement bien des « milieux » (le droit des affaires et la lutte contre l’économie criminelle, donc la corruption). La jalousie à l’Université, vous connaissez ? Non, il n’y en a pas…Et la haine de ceux qui n’enseignent le droit que pour permettre à des vrais pro de contourner le droit, vous ne connaissez pas ? Oh !Non. Ce serait « juridiquement incorrect » d’en parler…

>>> Celle de (tenter de) blesser une humaniste ou plutôt une personnaliste qui fait croisade (sans arrière pensée politicienne) contre les discriminations, contre tout ce qui nourrit l’antisémitisme, l’islamophobie, les racismes, les discriminations et contre tous ceux (et celles) qu’on nomme les « négationnistes », ceux (et celles) qui nient l’indicible. C’est parce qu’elle avait honte de la passivité des profs de droit (pas seulement de Strasbourg !) devant les propos inadmissibles et révoltants d’un prof lyonnais député européen et responsable du front national que Chantal Cutajar a pris son initiative. Une initiative tout à fait conforme, en plus,  à la volonté de faire bénéficier les lycéens du savoir des étudiants. Plus de 1000 lycéens en ont tiré parti cette année ! Et cette initiative a (ou avait, allez savoir, après les exploits du jour du Doyen !) vocation à devenir nationale. Ce qui serait tout à l’honneur de l’Université Robert Schuman.

Passons. A force de prendre des coups, Chantal se durcit l’épiderme. Elle en devient plus forte. Le « tandem » pendant quelques mois de « cohabitation » lui a appris tout ce qu’il ne faut pas faire quand on veut bien diriger une ville. Les attaques dont elle est l’objet depuis lui ont appris à  résister à la méchanceté, ont renforcé son refus des injustices  et ont dopé son énergie. Du coup, ceux qui l’estimaient l’admirent. A quelque chose malheur est bon.

Elle est de celles et de ceux que la petitesse des médiocres grandit, non de celles et de ceux qui se laissent rapetisser par les petits.

3° Comme me dit une amie enseignante (pas en droit !) :« Nous, les profs et les maîtres de conf’,  nous sommes plutôt inquiets par ce qui arrive à Cutajar… Si la moindre divergence sur une notation ou sur autre chose des enseignants avec leur hiérachie finit dans les DNA, le journal devra créer une nouvelle rubrique. Et si les Doyens se mettent à inciter les étudiants à contester leurs notes, nous ne sommes pas sortis de l’auberge »…

Il est vrai qu’un Doyen qui regrette publiquement l’absence de plainte ou de recours de la part des étudiants est un personnage qui mérite soit une médaille soit une sanction. Tout dépend de l’idée que l’on peut se faire de l’Université. Exprimer un tel regret devant un journaliste (ou au téléphone) revient à une incitation à la délation, non ? Enfin, je ne suis pas juriste, comme ce cher Doyen est sensé l’être.

Si je m’écoutais, à ce stade, je m’interrogerais publiquement sur quelques rumeurs qui traînent en ville sur ses idées et ses engagements politiques, mais je ne peux faire ici (même sous signature identifiable) ce que je dénonce ailleurs…Plus vicieux, encore, je pourrais publiquement lui demander pourquoi il ne se rend compte qu’en juin de faits qu’il connaît et qu’il avait avalisé en janvier. Mais je ne veux aucun mal à ce Doyen. Je lui reproche seulement de donner de son université une image qu’elle ne mérite pas. Et de s’être rendu complice d’une entreprise visant à discréditer une de ses collègue.

On démissionne quand Monsieur le Doyen ? Je me permets de vous poser la question (presque) en direct puisque je viens de recevoir à l’instant, en finissant cet article,  copie du courriel par vous envoyé cet après-midi aux enseignants de votre université où vous traitez de menteur (c’est comme cela que je lis ce que vous avez écrit) le journaliste des DNA.

Géniale, votre mise au point. Vous l’avez envoyée aux DNA, j’espère. Vous devriez écrire à la Présidente pour réclamer contre vous une « sanction plus que symbolique » et réunir pour (contre) vous le « conseil de discipline ». Allez va, je la publie intégralement cette rectification si bien écrite, avec un souci de la grammaire que vos confrères de Marc Bloch apprécieront aussi.

« Madame, Monsieur, Chers Collègues, Dans l’article des DNA du 13 Septembre 2007 intitulé “Certains étudiants surnotés en Droit Pénal” et relatant les problèmes rencontrés précisément à propos de la notation dans cette discipline, il m’est prêté les propos suivants : ” Le Doyen….se désole qu’aucun étudiant n’est à ce jour déposé de réclamation“. J’oppose naturellement un démenti formel à ces propos qui laissent entendre que le Doyen se réjouirait des réclamations des étudiants…
J’ai simplement précisé au journaliste qui m’interrogeait par téléphone, sur une affaire dont il était déjà totalement informé, que les étudiants concernés n’avaient pas déposé de réclamation. Il est évident que je souhaite personnellement que cette affaire soit réglée au plus vite, dans la sérénité et au mieux des intérêts universitaires. »
. Signé « Jean-Michel POUGHON - Doyen de la Faculté de Droit »

Etrange façon de faire montre de sérénité et de servir au mieux les intérêts universitaires, Monsieur le Doyen. Tout est dans les points de suspension, peut-être…Voilà qui dénote une sérénité étrange. Et un sens de l’expression détonant.  

Mais j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier votre style en lisant un « Que sais-je ? » qui restera dans l’histoire du droit civil, et j’avais apprécié votre haine viscérale de l’Etat à travers votre éloge (et votre interprétation surtout) de l’œuvre de Gustave de Molinari (1819-1912), cet « homme de  gauche « qui serait aujourd’hui un « ultra-libéral ».

Vous vous dites, il est vrai,  spécialiste de la pensée politique et de la philosophie du droit, deux domaines que j’adore labourer. Quand vous nous offrirez-vous une étude sur la rumeur en politique ou sur la désinformation en communication ? Je suis sûr que ce serait, sous votre plume alerte,  un grand succès de librairie.

Un autre thème est possible, évidemment : de l’art de salir la réputation d’une collègue qui a le mérite de ne pas réduire le droit à une simple technique utilitariste comme on le fait tant dans tant de têtes juridiques « politiquement correctes » en ce moment…

Rassurez-vous Monsieur le Doyen : Les ennemis politiques de Chantal Cutajar vont vous adresser des félicitations. Les négationnistes aussi, peut-être. Vous aviez réagi, vous, en tant que juriste, aux atteintes contre le droit des profs négationnistes ?  Pourtant, ces  affaires-là concernent directement la philosophie du droit et la pensée politique….

Daniel RIOT

11/09/2007

STRASBOURG:Une semaine de « rentrée » très réussie pour Chantal Cutajar

Voilà une semaine déjà. Et seulement. Une semaine que Chantal Cutajar s’est déclarée candidate à la mairie de Strasbourg, à la tête d’une liste qui sera constituée en suivant la lettre et l’esprit du MoDem en voie de formation sur les bases définies par François Bayrou.

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Une semaine et  un premier bilan qu’il importe de dresser avec réalisme, mais sans fausse modestie par Chantal et par celles et ceux qui travaillent à ses cotés. AVEC elle :

1)                  Le MoDem à Strasbourg ne peut et ne doit présenter qu’une liste INDEPENDANTE. C’est celle que constitue Chantal Cutajar. Cela est devenu (presque) une…évidence. « Une candidature naturelle et légitime », résume Guillaume Béchade, qui préside « Strasbourg, je t’M ». Quel chemin parcouru en peu de temps ! Malgré l’été, les sceptiques de tous bords  et des manœuvres déstabilisatrices en tous genres. La « feuille de route » est claire. Et celles et ceux qui se sont déjà engagés savent que le chemin sera difficile. Mais on navigue mieux, en évitant bien des récifs, quand on sait où l’on va et pourquoi on y va.

2)                  La mise en commun des idées, des énergies, des valeurs de Chantal Cutajar et de Marc Merger permet de clarifier la situation du vrai Centre (c’est à dire du MoDem) à Strasbourg et surtout apporte une vigueur supplémentaire à l’entreprise. Résistez à la tentation de parler de « tandem » ou de « ticket » : c’est toute une équipe qui met le « turbo ». Non pour glaner des places à distribuer, mais pour travailler ENSEMBLE, dans un esprit de respect mutuel et de responsabilité.

3)                  Les adhésions au groupe municipal UDF-MoDem présidé par Chantal Cutajar, au MoDem et  à « Strasbourg je t’M » de Pierre Henninger et d’Yveline Moeglen constituent une force supplémentaire  de propositions, de réflexions et d’actions incontestable et riche d’actions futures.

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4)                  Le soutien actif de Corinne Lepage (qui viendra s’associer à la démarche de Chantal Cutajar et d’Yveline Moeglen le 25 octobre) et l’appui manifesté publiquement par l’eurodéputé Jean-Luc Benhamias confirment que le « vert » et « l’orange » sont faits pour s’allier naturellement. Mettre l’homme au cœur de toute action implique que les dimensions écologiques, sociales et culturelles soient prises en considération en tout et pour tout. Dans les actes, et pas seulement dans des discours, des effets d’annonce ou des mesures-gadgets.

5)                  La force de mobilisation, le dynamisme, l’esprit d’initiative des adhérents de « Strasbourg Je t’M » impressionnent tous les observateurs de bonne foi et constitue l’amorce d’un grand mouvement citoyen qui appliquera localement les idées nationales et internationales développées par François Bayrou. Des idées auxquelles Chantal Cutajar et ceux qui la soutiennent n’adhèrent pas seulement, mais partagent et portent. Avec la volonté de les appliquer concrètement. Localement.

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Cette « rentrée politique » strasbourgeoise restera donc marquée par la clarté, la cohérence, le réalisme et la volonté de  Chantal Cutajar. Son intervention préliminaire à sa conférence de presse du 5 septembre  restera une référence dans la campagne qui commence. A lire en cliquant ici.Déclaration de candidature de Chantal Cutajar.doc

Autre info: « Strasbourg je t’M » vient d’ouvrir un blog. Celui-ci complète le blog politique de Chantal Cutajar et le site des « Conférences de citoyens » qui vont permettre de développer réflexions et concertations.

Ces trois sites sont bien sûr des outils d’information, mais surtout de dialogue.

La campagne ne fait que commencer. Elle doit servir à redonner Strasbourg aux Strasbourgeois. A donner du sens à l’expression « démocratie locale », si vidée de sa substance. Et à mobiliser les énergies, à libérer les imaginations, à délier les esprits pour que les Strasbourgeois soient plus heureux et plus fiers de leur ville, de cette capitale démocratique de l’Europe qui n’a pas encore la dimension et le rayonnement qu’elle peut avoir. Et se doit avoir.

Daniel RIOT

LIRE L’ACTE DE CANDIDATURE DE CHANTAL CUTAJAR Déclaration de candidature de Chantal Cutajar.doc

LIRE LES PREMIERES NOTES PUBLIEES SUR LE BLOG DE STRASBOURG Je t’M (http://strasbourgjetm.blogspirit.com)

SELECTIONNER LE BLOG DES « CONFERENCES DE CITOYENS » DANS VOS FAVORIS >>>>>>

06/09/2007

De Villepin, leader de …l’opposition à Sarko ?

C’est trop drôle…Le Modem se tait, le PS dit n’importe quoi… Et de Villepin parle comme s’il était leader de l’opposition…. A trois niveaux : l’indépendance de la justice (mais oui !), l’action réformatrice de Sarkozy et le type de gouvernance de ce « Bourgeois Gentilhomme » très people qui occupe l’Elysée et est entouré de « cire-pompes »….

A une semaine de son audition dans le dossier Clearstream, l’ancien premier ministre affûte sa défense. En passant à l’attaque. Avec une cible principale, esquissée plus que dessinée : Nicolas Sarkozy…A tel point que « l’affaire  de Villepin » pourrait bien devenir « l’affaire Sarkozy », ne serait-ce que dans la mesure où travers son cas, l’ancien Premier ministre met en cause l’indépendance de la justice….Reste à savoir comment les juges qui viennent de recevoir une lettre de lui vont réagir….

 

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Dans sa lettre aux juges (révélée en partie par Paris Match) proteste contre le montant de la caution qu’il doit payer (200 000). Il réitère son innocence et met en cause l’instruction : « Permettez-moi, par ailleurs, de m’étonner du procès d’intention politique qui m’est fait. Il est plus qu’absurde de m’accuser d’avoir voulu discréditer un soi-disant rival», affirme-t-il, faisant allusion, bien sûr, à Nicolas Sarkozy. Sarkozy qu’il accuse d’avoir mis et de mettre de l’huile sur le feu : « Que penser d’une instruction, où la partie civile, en tout cas la seule qui retienne l’attention, est le Président de la République, lui-même, et à ce titre susceptible de donner à la Chancellerie toute instruction qu’il juge opportune. Etrange situation pour un Etat de droit, mais je veux croire en la justice de mon pays. Je veux croire aussi en la force de la vérité et je me battrai sans relâche pour cela ».

Dans une émission enregistrée à diffuser vendredi sur France 2, de Villepin va loin , d’un façon plus précise : « Quand on dit qu'on veut pendre quelqu'un à un croc de boucher et qu'on est ministre d'Etat, ministre de la sécurité ou président de la République, on impressionne d'une façon ou d'une autre la justice », dit-il en faisant allusion à des propos prêtés dans plusieurs livres à Nicolas Sarkozy

« Je veux comprendre », lance-t-il enfin dans cette émission (« Esprits libres »), avant de promettre qu'il demandera « excuses et réparation » : « Le 13 au soir, la fiction d'une affaire politique dans Clearstream, qui serait au cœur du dossier sera finie » (…)

« Quand on n'a rien à se reprocher, on n'a pas peur »(…) « Il n'y a rien » dans le dossier, continue-t-il, se demandant « comment une affaire internationale (qui) pouvait menacer les intérêts français" serait devenue politique « par un tour de passe-passe".

« Qui l'a organisée ? », s'interroge Dominique de Villepin : « Qui a eu intérêt pendant 3 ans à multiplier les fuites de l'instruction pour démontrer que j'étais, au fond, l'homme qui avait organisé tout ça ? Il se trouve que c'est faux et qu'on le saura le 13 septembre. »

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L'ex-Premier ministre de Jacques Chirac critique aussi Sarkozy sur le plan politique :

Il a ainsi affirmé sur Canal+ qu'il n'était « pas sûr » que la France aille mieux si l'on se « contente » d'appliquer toutes les promesses de Nicolas Sarkozy.Dominique de Villepin a préconisé de « prendre d'autres mesures » : « Faisons en sorte, puisque l'état de confiance est là, que notre économie puisse repartir sur de nouvelles bases. Ca implique aujourd'hui des dispositions fortes ».

« J'entends dire ce que je pense », avait  prévenu l'ancien chef du gouvernement, qui multiplie les interventions dans les médias depuis fin août à l'occasion de la parution de son nouvel ouvrage sur Napoléon, « Le Soleil noir de la puissance ».

Ce passionné qui aime à disséquer le pouvoir en presque chirurgien se pose en « conscience » de la majorité face à « l'esprit de cour » des « béni oui oui » et des « cire-bottes » qui menacent selon lui l'action du chef de l'Etat .

« Ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays », a-t-il dit à, invoquant l'exemple du "Bourgeois gentilhomme", personnage fat, entiché de noblesse, créé par Molière.  « On confond parfois le pouvoir et la gloire », a-t-il souligné. « Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent ».

« Je suis celui qui remplit le rôle de conscience et d'aiguillon d'une majorité qui ne doit pas s'endormir sur ses lauriers », a-t-il expliqué, rappelant les « courtisans » à la réalité d'  « une conjoncture économique difficile », d'un « investissement pas glorieux » et d'un commerce extérieur qui « atteint les chiffres les plus mauvais ».

02/09/2007

STRASBOURG: Vive la rentrée politique !

Quand SuperBob prépare l’ordre du jour du SuperConseil des ministres de SuperSarko en SuperStrasbourg… Quand le PS prépare une liste de réconciliation municipale…Quand les excentrés du centre peuvent priver le Modem d’une place centrale… Quand Chantal Cutajar résiste et permet de rallumer des espérances.... 

 

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En fanfare, la rentrée politique strasbourgeoise! Même Super Bob Grossmann finit par se prendre pour ce qu’il fut jadis : le coach de Sarkozy. Sur son blog, il « conseille » un ordre du jour pour le Conseil des ministres « exceptionnel » annoncé pour vendredi prochain. Bien Robert, très bien… Et tout le monde se réjouit d’apprendre que « Strasbourg ne peut être le lieu d’un jour », qu’il  faut « du sens à cet événement, il faut du contenu, il faut des actes forts. »

Très juste : « A quoi servirait un conseil des ministres à Strasbourg si la région et ses problèmes ne devaient y être évoqués » ? Pertinent : « Strasbourg, l’autre capitale, la ville du parlement européen, serait donc, en toute logique une sorte d’étape régulière des plus hautes autorités de l’état, à partir de ce conseil des ministres. Strasbourg, c’est la France sur le Rhin, c’est la France au cœur de l’Europe ». Bien dit… J’applaudis. Comme j’applaudis aussi à la « bibliothèque idéale » C’est le Grossmann que j’aime, celui-là. Mais oui. Sincèrement. Quand on aime les livres comme il les aime, on a forcément des qualités.

Il faut le lire entre les lignes, Robert…Et pas seulement à travers son art du 4X4. Au fait, est-ce à lui qu’est dédié le numéro de « Saison d’Alsace » sur ces véhicules de campagne trop utilisés en ville. Ah !  L’écologie urbaine, c’est une vraie conduite…Mais je m’égare. Je me gare, donc. Où je peux.

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A propos de gare, on me dit que notre « Malraux de Pourtalès » insiste (lourdement) pour que la verrière de la gare TGV (de Strasbourg, pas de Baudrecourt ) soit inaugurée le jour de son anniversaire…Une rumeur entretenue par des mauvaises langues, sans doute.

Robert adore les inaugurations (et sa propre personne) mais de là à s’engager sur les voies d’un tel  égocentrisme (tiens, il y a centriste, dans ce mot…). Non, je n’y crois pas.

Ce qu’il mériterait Robert, c’est une station de tram (celle du musée d’art moderne, par exemple) à son nom : il est tellement pour le tram de Fabienne après avoir été tellement contre celui de Catherine et de Roland que cela en devient attendrissant : «  Strasbourg, capitale du tram », écrit-il sur son blog

J’aime bien son blog, à Robert. Pour ce qu’il y met, et pour ce qu’il n’y place point. Rien sur la mort du Messmer, par exemple. Pourtant, en bon gaulliste, l’ancien patron de l’UJP aurait pu avoir une pensée…Mais suis-je bête ?…C’est quand l’ancien maire de Sarrebourg était à Matignon que « Grand Robert » a du refermer le premier chapitre de sa carrière « ministérielle » engagée grâce à André Bord. Mais là encore je m’égare dans des histoires qui remontent à l’époque de la guerre froide et qui ne sont pas dignes de figurer dans l’Histoire. Rumeurs du passé…

Rumeur du présent : une plongée dans le « microcosme » parisien (où l’on raconte tout et sans doute n’importe quoi y compris des histoires de cœur pour un « Gala » ou un « Voici » local) me donne confirmation que le Palais (il n’y en a plus qu’un en France, celui de l’Elysée) cherche pour « l’ami Robert » une responsabilité nationale de très haut niveau (mais pas gouvernementale) dans le champ culturel. Ce serait bien. Et il le mériterait bien, Robert.

Au fait, qui a des nouvelles de Norbert ? Je parle d’Engel, bien sûr, l’ex-conseiller culturel de Catherine Traumann qui n’en revenait pas de travailler au cœur du « triangle d’or » (ou du carré, je ne sais plus) de la République et qui est l’un des politiques à avoir su qu’on pouvait tirer parti de la culture sans être cultivateur : l’inspection générale, c’est quelque chose ! Mieux que la préfecture « hors cadre »).

On me dit qu’il serait partant (si l’on peut dire pour un revenant) sur la liste de réconciliation (plus que d’union) qui se concocte au PS selon des nouvelles fraîches des DNA (je dis « fraîches », parce que l’article dit « a-t-on appris hier » à propos  d’infos connues depuis… plusieurs semaines ou mois).

Comme dit l’un de mes amis qui vient de quitter le PS avec la tristesse des gens qui ont donné beaucoup à une cause mal servie : « On ne change pas une équipe qui perd ». Même en rajoutant LE député et sa femme. Enfin…Norbert, comme Robert, est un homme de qualités aussi. Puisqu’il aime tellement les livres que jadis il était fier de les dérober…

Rumeurs du passé, encore…

Qui plus est, n’a-t-on pas vu aux législatives des perdants gagner ? C’est « l’effet Sarko » que les Républicains américains nous envient (et que le « tandem » actuel de Strasbourg tente d’illustrer) : « Celui qui sait conquérir le pouvoir en faisant oublier qu’il l’avait bien mal exercé » dit un conseiller de Bush…

Bon. Assez plaisanté. Roland Ries, que j'apprécie comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici,  sera tête de liste. Cela doit être annoncé officiellement très bientôt et c’est le mieux que le PS, en l’état pouvait faire. Et le « tandem » UMP, sauf surprise déjà annoncée dans le « microcosme parisien » dont je parlais se représentera, fier de son bilan visible.

Et le « centre », me direz-vous ? Obligation (acceptée de plein gré et de ma propre initiative) de réserve…

J’en reparlerai ici, bien sûr, quand le centre sera recentré sur le centre, donc sans les excentrés du Nouveau Centre ou les centrifugés de la droite masquée…Vous me suivez ? Non ? J’ai du mal à suivre aussi, rassurez-vous…

Quel « milieu », ce centre qui a du mal à devenir central ! Le PS a ses éléphants et ses jeunes lions. L’UMP a ses cocus du sarkozysme triomphant et ses jeunes loups sarkomaniaques. A l’udf ( à ce qu’il en reste), il est des « cadres » (prononcez câââdres)  qui ne facilitent pas l’accrochage dans le paysage politique et la mise en relief du tableau (encore à l’état d’ébauche) du  Modem. Encore les arts et la culture, décidément ! Mais avec des œuvres qui ne sont destinées ni à une « bibliothèque idéale » ni à un « musée imaginaire ».

Mais ne désespérons surtout pas. Attali a raison :  « la croissance doit être libérée par la confiance ». Alors, en faisant un silence de deuil sur tout ce qui pourrait décourager les meilleures volontés,  affichons notre confiance…en terminant cette chronique strasbourgeoise par une excellente nouvelle : Chantal Cutajar n’a pas été découragée par les entreprises de démolition dont elle est l’objet.

Oui. Elle aurait pu réagir différemment, celle qui est traitée « d’emmerdeuse » ou de « semeuse de merdre » (quelle classe !) par celles et ceux qui ont peur d’une vie politique plus propre et plus probe, plus digne et plus respectueuse des valeurs proclamées, plus nourrie de convictions que d’opportunisme. C’est fou comme des insultes peuvent devenir des éloges dans certaines bouches.

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Elle aurait pu surtout renoncer à la politique si chronophage et si ingrate face aux campagnes insidieuses, diffamatoires et calomnieuses soigneusement orchestrées dont elle est l’objet, (y compris par des blogeurs courageusement anonymes) dans certains cercles. Mais elle a appris que la politique, c’est d’abord le dur apprentissage de la digestion des clous rouillés, des coups tordus et des peaux de bananes, semés, donnés et balancés de tous cotés, y compris dans les étranges familles des « faux amis »…

Que voulez-vous ? Elle est intelligente, plutôt agréable à regarder, intéressante à écouter, attentive aux problèmes des autres, soucieuse de l’intérêt général, imprégné du sens de la justice (donc allergique aux injustices), Croisée des droits de l'homme,  courageuse, ambitieuse, et capable de se doter des moyens de ses légitimes ambitions… Voilà beaucoup de défauts en ce (bas) monde. Surtout pour quelqu’un qui  apparaît, comme Bayrou ou Corinne Lepage,  trop à droite pour la gauche maladroite et trop à gauche pour la droite très gauche. Dure, dure la vie d’une vraie Centriste du centre central !

Chantal CUTAJAR ne s’est pas découragée. Tant mieux. Elle fait sa rentrée politique personnelle le 5 septembre à l’Art café, à 19 heures.

Elle vient d’accueillir deux personnalités pour laquelle j’ai beaucoup d’estime dans son (mini)groupe municipal Udf-Modem : Pierre HENNINGER, le gestionnaire de qualité qui sait allier réalisme et idéalisme, loyauté et intelligence, et qui a Strasbourg chevillé au corps et au cœur,  et Yveline MOEGLEN, qui sait que l’écologie est inséparable de l’économie et qui a beaucoup appris (elle aussi) depuis qu’elle est entrée (activement) en politique. Tant mieux.

D’après ce que je crois savoir, les bonnes nouvelles ne s’arrêteront pas là. Les « bonnes nouvelles », ici,  sont celles, bien sûr,  qui sont porteuses de vraies « ruptures », donc de ruptures qui entraînent des progrès et non des régressions…

Une confidence qui ne surprendra pas celles et ceux qui me suivent sur ce blog : j’ai adhéré à « Strasbourg je t’M », l’association crée par des jeunes démocrates (y compris septuagénaires) qui voient en Chantal Cutajar une vraie Chance pour Strasbourg et pour les Strasbourgeois

Il est sûr que Chantal qui sait ce que les mots « engagement » et « respect » veulent dire (et impliquent), a déjà un début de programme municipal tout trouvé : tenir les engagements pris pendant la dernière campagne par la liste de l’actuel « tandem » (où elle avait été appelée en troisième place pour ses compétences dans la « société civile »)   en matière de démocratie locale, d’excellence dans la gouvernance, de rigueur dans une gestion non politicienne de la cité.

C’est fou ce que l’on peut bien apprendre en voyant faire de près ce qu’il ne faut surtout pas faire. Et en « rompant », courageusement,  sans attendre que le mot « rupture » soit à la mode avec ceux qui la trompant ont trompé leurs électeurs… Là, je ne m’égare pas. Et je ne plaisante surtout pas.

Bonne rentrée politique, citoyennes et citoyens !

Daniel RIOT

31/08/2007

L’Europe entre libéralisme et dirigisme : un double échec…plein de promesses !

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : En panne, l’Union ? Mais non… Derrière l’impasse institutionnelle et les grandes hésitations idéologiques se profilent deux échecs qui peuvent être salutaires. Celui de l’Europe à la « française » : on se dit « européen » mais on refuse de donner à l’Union les moyens de ses ambitions. Celui de l’Europe à l’anglaise : L’union ? Un simple « super marché »…Des échecs, il faut tirer leçons...

C’est l’échec de l’Europe « à la française » qui avait laissé le champ libre à l’Europe « à l’anglaise ». Mais celle-ci est en échec, aussi.

Après le rejet de la directive Bolkestein qui devait ouvrir les marchés de services à la concurrence, voici le refus des OPA transfrontières dans l'électricité au profit de la constitution de « champions nationaux ». « L'Europe des services est morte, l'Europe de l'énergie aussi », résume Eric Le boucher dans Le Monde.

Les échecs ne sont jamais réjouissants. Ils entraînent même au niveau européen des replis nationaux qui sont des régressions. L'idée (fausse) s'est peu à peu  installée telle une « pensée unique » : la sécurité énergétique est mieux assurée par soi-même, au niveau de la nation, qu'au niveau de l'Union. Par défaut, c’est vrai… Mais ce n’est vrai que par défaut…

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Sarkozy et l’économie européenne : De bons diagnostics, mais pour quels remèdes ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: Barroso a raison de se féliciter de l’esprit de volonté en Europe de Sarkozy… Les hasards du calendrier font que la visite en France du Président de la Commission coïncide avec le discours du chef de l’Etat sur l’économie devant l’université d’été du Medef.

Passons sur son sens de l’humour et sur son besoin de se nourrir d’une autosatisfaction dont les disciples du docteur Coué devraient tirer parti pour améliorer la célèbre « méthode ». Passons aussi sur ses accents à la Guizot sur le « travaillez plus pour gagner plus ». Passons encore ici sur les aspects strictement intérieurs de son intervention. Passons enfin (pour nous en réjouir) sur ses nouveaux pillages du programme présidentiels de Bayrou. Et n’en restons qu’à l’Europe. Où il dit des choses justes, mais où il en reste (trop) au diagnostic.

Sarkozy l’avait déjà dit : il veut remettre de la politique dans les affaires européennes. Il a raison. Il le faut. Comme il faut lier économie et social, économie et écologie, monnaie et économie, compétitivité et solidarité. Comme il nous faut revenir sur ce qui a fait l’une des clefs de la réussite des « pères de l’Europe » : protection d’abord donc préférence communautaire.

En fait, au-delà de sa rhétorique et de sa dialectique, le Président de la République propose une redéfinition du « libéralisme » dans l’optique de « l’économie sociale de marché » qui constitue le fondement et le but de l’Union européenne, du « libre-échange » dans la réalité d’une mondialisation qui n’existe pas puisqu’elle accentue les inégalités, les avantages des spéculateurs, les pratiques de « dumping » (social, fiscal, environnemental, monétaire), de la « politique industrielle » en une mode d’un économisme plus doctrinaire que réaliste.
Oui, il faut un vrai gouvernement économique de l’Euroland : il faudrait même un vrai gouvernement européen- ce que ne sont ni la Commission ni le Conseil européen

Oui, il faut que les échanges internationaux qui reposent sur la transparence et le principe de réciprocité.

Oui, il faut renouer en tout et pour tout secouer les idées reçues, bousculer les tabous, tout mettre en débat…y compris ses propres idées.

Mais, en dehors de la recherche, de la promesse d’une meilleure administration fiscale, d’une vraie rupture avec l’ignoble tradition française des dénonciations anonymes, Sarkozy se doit de se montrer plus concrets. Pas de solution au pouvoir d’achat en panne, pas de solution au gouffre de la dette (ce boulet de l’économie française que seul Bayrou avait bien évalué), pas de solution concrète à une redéfinition de la stratégie commerciale de l’Union. Un discours qui aiguise l’appétit, donc nous laisse un peu sur notre faim. Nous ne sommes plus en campagne électorale… Sarkozy doit apprendre à rompre avec sa rupture verbale, pour engager une vraie rupture dans l’action. Ropre avec le volontarisme pour afficher une vraie VOLONTE dans l'action.

Daniel RIOT

 

 

25/08/2007

Raymond Barre: Une "certaine idée de l'Europe"...

Le père de l’Union économique et monétaire… Un homme d'Etat rigoureux qui savait que l'Europe doit se construire "pas à pas" en réconciliant les principes de De Gaulle, les idées de Monnet et les idéaux de Mendes-France

COMMENTAIRE RELATIO PAR DANIEL RIOT: Un « esprit carré dans un corps rond »: c'est ainsi que Raymond Barre a toujours aimé à se décrire. Il fut contempteur amusé et irrité du « microcosme », de ce petit monde politique parisien plus agité par la politicaillerie que par la Politique, avec un grand P. Jamais, même quand il a fait campagne pour les Présidentielles, il n'a cherché à séduire, à flatter, à caresser l’opinion et les médias dans le sens du poil. Il avait un souci constant : conserver son indépendance d'esprit au service d'une idée certaine de la France et d’une certaine idée de l’Europe.

Ce centriste, plus par raison que par tempérament, avait une nature gaullienne : sens de l’Etat, des responsabilités assumées, des réalités. Il avait aussi, par sa probité, un coté mendésiste. Et il était de la trempe d’un Jean Monnet, toujours soucieux d’allier « nécessité et idéal ».

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Comme nombre de gens de ma génération, j’ai découvert Barre sur les bancs de la Fac. Que d’heures passées (mais non perdues) à lire, éplucher, étudier son « manuel » d’économie politique ! Professeur, il était d’abord. Professeur, il est resté. Un bon professeur, qui forme sans déformer.

Professeur, il l'est resté surtout quand il était le « Monsieur Economie » de la Commission de Bruxelles. Quel bonheur de l’écouter quand il intervenait devant un parlement européen qui à l’époque n’avait pas les pouvoirs qu’il détient aujourd’hui !

Ceux qui l’ont traité d’eurocrate ou de technocrate ne l’ont pas écouté : professeur, il était. D’économie ben sûr, mais aussi et surtout de réalisme, de lucidité, de vision. Un « honnête homme » cultivé, éclectique, curieux. Il dévorait (et relisait) Stendhal, Chateaubriand, l'anthologie poétique de Gide... et de bons polars. Cet amateur de  musique  adorait Mozart et ne cachait passa fascination pour quelques coins d’Europe, Venise notamment. C’est cette culture qui lui permettait d’échapper à ce qui guette le plus les politiques :la superficialité…

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Il avait bien sûr, souvent,  l’impression de parler dans le vide, de jouer les Cassandre, de se faire donneur de leçons à des gouvernements européens  trop prisonniers de leurs vues à court terme, de leurs intérêts étroits, de leurs réflexes nationaux pour ne pas dire nationalistes.

Il voulait PLUS d’Europe, une Europe construite sur une volonté politique mise au service des desseins des « pères fondateurs ». Il appartenait à la classe des euro-déterminés, des euro-volontaires, par réalisme autant que par idéalisme. Car il savait que coincée entre les deux « grands », la petite Europe toujours prête à revenir à ses querelles villageoises laissait passer ses chances. Ou les gâchait.

Ce ne sont pas les « autres », les Américains notamment, qui sont trop forts, c’est nous qui sommes trop faibles…et qui ne voyons rien venir de ce qui risque d’advenir. Les crises de l’énergie, la coupure NORD-SUD plus chargée de périls, comme l’avaient dit Kennedy et Brandt, que la cassure Est-Ouest, l’importance de la recherche et de l’innovation, l’impérative nécessité de nous mettre à l’abri des tempêtes monétaires et de nous unir vraiment face aux défis du futur.

Nous sommes entre 1967 et 1972 : des années charnières, géopolitiquement complexes, économiquement difficiles. C’est lui qui tracera  les grandes lignes de la future union économique et monétaire. Cette Union qui grandira sous Giscard, avec lui à Matignon, et qui devra attendre Mitterrand et Delors

Premier ministre, il ne sera jamais vraiment populaire. Il est vrai qu'il a dû  se battre contre la mauvaise conjoncture économique (« c'est le Joffre du redressement économique », dira de lui VGE), la montée du chômage, un PS grandissant et un RPR menaçant. De cette époque-là, il gardera d'ailleurs une dent contre le mouvement gaulliste, qui ne l'a guère ménagé à l'Assemblée nationale entre 1976 et 1981…et après.

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Ce «  sourd qui a l'oreille fine », comme disait  Edgar Faure, était selon ses propres dires un adepte de la « métaphysique de la tortue ». Il entretenait avec le temps, « une relation semblable à la manière dont il occupait l'espace avec son corps: posément, rondement, sûrement, agrémenté d'un soupçon d'éternité... ».

Un art de donner du temps au temps ? Une façon surtout de prendre en compte tous les freins qui font perdre du temps, précisément, à cette Europe si difficile à unifier. « L’Europe puissance » que VGE oppose à juste titre à « l’Europe espace », c’était l’un de ces buts. Et il était pressé de l’atteindre.

Mais les centristes français « mettaient leur drapeau européen dans leur poche », comme disait Pierre Pflimlin face aux coqs du RPR. C’est Mitterrand qui le sortira ce drapeau, avec Delors, et non sans mal…

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Ce passionné d’histoire appartient désormais à l’Histoire. Comme son dernier livre (des entretiens avec Jean Bothorel, chez Fayard)…Son «  Expérience du pouvoir » vaut relecture, y compris par ceux qui détiennent le pouvoir ou y aspirent…

L’Europe ? « Je suis conscient que le temps des adaptations n’est pas terminé (…), mais je suis confiant : Le mouvement est irréversible »… « Pas à pas », comme l’annonçait Schuman !

La France ? « La nation française est la plus facile à gouverner quand on ne la prend pas à rebours », disait Napoléon »…

C’est bien le problème !

« Il y a prodigieusement d’esprits en France, mais on manque de tête et de bon sens. Deux phrases nous enivrent. On nous mène avec des mots », disait Chateaubriand. Les Français résistent mal à la démagogie »

C’est vraiment tout  fait le problème !

Bon repos, loin du « microcosme », Monsieur le Professeur 

Daniel RIOT

 

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24/08/2007

La France face à la folie pénale…

6711682b880b32e5d107acd5cca4bbae.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : La France a la chance (peu commune)  d’avoir à la tête de son Etat un Président qui a plusieurs idées par jour.

Le problème, c’est qu’il les rend souvent publiques sans les avoir mûries : l’effet d’annonce importe souvent plus que l’évaluations des  effets possibles de l’annonce…

La difficulté, c’est que son goût (appréciable) du « nouveau », de la « réforme », de la « rupture » et de la chasse aux « tabous » s’inscrit souvent dans des réflexes plus que dans des réflexions. C’est particulièrement net, visible, et hélas spectaculaire en matière de Justice, de police, de sécurité.

Quand un faits divers surgit ou revient à la surface, sa réponse est (presque) toujours la même : « il faut une nouvelle loi contre (ou pour) » ou « il faut changer la loi ». Comme si l’inflation législative et règlementaire qui sévit en France depuis tant d’années avait débouché sur plus de sûreté, plus de justice, plus d’harmonie dans ce « vivre ensemble » si complexe.

Trouvaille du jour, prise sur un coup de tête, transmise à la Garde des Sceaux par un coup de fil et annoncé comme un coup de pub :il faut étudier la possibilité de juger tous les auteurs (présumés) de crimes, y compris les fous, c’est-à-dire des gens déclarés « irresponsables pénalement »

 « Le procès, cela permet de faire le deuil », souligne-t-il avec une pensée émue pour les victimes (qui mériteraient effectivement plus d’aide et de considération si l’on donnait à la Justice les moyens d’appliquer les textes…en vigueur).

Qu’on se le dise : un procès n’est pas qu’une mise en scène pour tenter d’établir la véracité des faits et trancher sur la culpabilité des coupables, c’est aussi une séance de thérapie. Psychiatrie et justice… Trop de colloques ont évité la question clef : le juge doit  d’abord être un psychiatre.

Et il serait temps de réviser le vocabulaire : «Je ne suis pas sûr que le mot non-lieu soit parfaitement compréhensible pour un mari dont on a égorgé la femme ou par une soeur dont on a décapité le frère » a soupiré cet ancien avocat (d’affaires)…

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Un aveu toute de même qu’il importe de retenir dans une perspective d’avenir (et d’autres « idées » du même genre : « L'irresponsabilité, ce n'est pas un sujet pour un ministre de l'Intérieur ou un président de la République, ce n'est pas à nous de la prononcer », a-t-il nuancé. Ouf ! nous n’en reviendrons pas à Saint-Louis sous son chêne… Mais le chef de l’Etat doit tout de même veiller «  à ce que les victimes aient le droit à un procès où le criminel, où les experts, où chacun devra exprimer sa conviction ».

Notez au passage le choix des mots : l’accusé devient le criminel. Notez aussi l’incongruité qu’il peut y avoir dans le fait de demander à un fou d’exprimer sa conviction...

 

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Oh ! Cette idée n’est pas nouvelle… Certains « cercles » la défendent depuis longtemps. En taisant soigneusement le fait qu’en l’état, la déclaration d’irresponsabilité n’est pas faite sur un caprice, une expertise douteuse ou un coup de dés… Mais dans certains « cercles », on veut aussi remettre en question la « présomption d’innocence ».  Ou le droit de chacun à un « procès équitable ».  Ou la restauration des pratiques d’une « justice expéditive ».  Ou la détection par la sélection au berceau des « anormaux » potentiels. Ou la criminalisation des démences.

L’Europe a fait en la matière toutes les expériences, y compris les pires. D’ailleurs, aux yeux de certains "cercles", qu’est-ce qu’un criminel, sinon un fou dont la folie n’a été reconnue?…Et tous les fous ne sont-ils pas d’une façon ou d’une autre, des « furieux » à enfermer ou à éliminer ? On aurait envie d’en plaisanter : L’absurde est une philosophie pleine d’humour…noir. Mais c’est le type de sujets sur lesquels il vaut mieux ne pas plaisanter.

« Absurde et inutile » : ce sont les premiers mots utilisés par bien des pénalistes pour commenter l’une des « idées du jour » du Super-Président qui commence, après 100 jours seulement, à inquiéter bien de nos partenaires européens… ?

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Avocate pénaliste au barreau de Paris, Nathalie Schmelck déclare au très respectueux Figaro : « Ce serait une refonte totale de notre système pénal, qui repose sur un certain nombre de piliers, dont celui de la responsabilité pénale, ancré depuis plusieurs siècles, et qui détermine qu’on n’est pas responsable en cas d’abolition du discernement ».

Elle ajoute : « C’est absurde de faire comparaître un fou à un procès qu’il ne comprendra pas. Ce que veulent les victimes, c’est avant tout connaître la vérité, les circonstances du crime. Cette vérité est généralement connue dès l’instruction. A l’audience, on n’apprend pas grand-chose de plus, sauf lorsque le prévenu finit par reconnaître ses actes, ce qui n’est pas souvent le cas pour un malade mental. Généralement, lors d’un procès, on juge un acte, mais aussi une personne. Mais dans le cas d’un déséquilibré, on ne jugerait plus que l’acte, puisque la personne ne comprendrait pas de quoi on l’accuse. La vertu pédagogique de l’audience disparaîtrait ».

Une affaire de ce bon sens qui n’est évidemment pas la chose que voulait voir Descartes…

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Mais, heureusement, en cette matière comme en d’autres, les valeurs européennes servent de boucliers, de filets  de sécurité. Plus que jamais, si le Conseil de l’Europe n’existait pas, il faudrait l’inventer… Le seul problème du Conseil (qui explique l’insuffisance de ses moyens), c’est que  tous les détenteurs du pouvoir ou plutôt de pouvoirs  d’Etat croient toujours bien faire et penser et agir pour le bien. Toujours ces chemins pavés de bonnes intentions… Mais ne dramatisons pas : Sarkozy appelle Rachida Dati à  « mener une réflexion ». Comme dans un « Think thank », en quelque sorte…

Daniel RIOT

REPERES:

LES CAUSES D'IRRESPONSABILITE >>>>>>>>>>>>

L'IRRESPONSABILIE DANS LA LOI >>>>>>>

LE MALAISE DES PSYCHIATRES >>>>>>

LA JUDICIARISATION DES MALADIES MENTALES >>>>>>>>

 

19/08/2007

Economie et politique: Ces faiblesses françaises qui inquiètent l’Europe…

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Belle cote de popularité ! La « Sarko-attitude » plait toujours aux Français. La « sarkomania » ambiante a bien résisté au creux de l’été…

Son style direct, « décomplexé », son toupet (« les vacances de Monsieur Culot », titrait, sobrement le Canard Enchaîné), son habileté à tirer médiatiquement parti de toutes les situations, son aptitude à bousculer bien des habitudes, y compris dans sa famille politique, son génie politique qui, pour l’heure, accentue le coup de vieux du PS et le désarroi de Bayrou…

Tout cela est bon pour lui. Le coq français aime son coté « Sarkonapoléon » élève de Machiavel et enfant de la télé. Même ses goûts de luxe, sa fascination du « Gotha », son coté People (pipôle) séduit.

Il n’y en a qu’un qui, dans le concert des chef d’Etat et de gouvernement, rivalise avec lui et sait se montrer à ce point omniprésent dans les médias  de son pays : Poutine, super star et super tsar !

Dans les milieux européens, on préfère ce « dynamisme » et ce « volontarisme » à l’effacement français des « années Chirac ». Et l’on est surtout satisfait de voir que, pour l’heure, son idée de traité « modificateur » est susceptible de sortir l’Union de son impasse institutionnelle. Même si cette bataille du « nouveau traité » n’est en rien gagnée…

Mais  les meilleurs amis de la France ne manquent pas une occasion de  mettre en garde ce « SuperPrésident omniprésent »  contre les effets pervers  de son hyperactivité presque maladive et son égotisme pathologique… « Arrêtes de faire des misères à Angela », lui glisse Junker, le solide luxembourgeois… « L’Europe, c’est une équipe. On n’est efficace que si l’on sait jouer collectif », lui rappelle-t-on avec ménagement ici et là.

En fait, bien des faiblesses françaises inquiètent nos partenaires. Certaines sont liées au « tempérament du manager de la France SA » : son « bougisme » extrême et sa boulimie de « résultats »  sont parfois contreproductifs.

Trop de précipitations par exemple dans le lancement de son « Euro-Méditerranée ». Euromed est à revoir, l’idée (ou plutôt le vieux rêve) d’une Union qui transformerait la Mer des mers en lac est excellentes,  mais des structures existent, des gens travaillent et, surtout, les normes européennes en matière de droits de l’homme ne doivent pas être oubliées…

N’insistons pas sur le dénouement de l’affaire des otages de la Libye… La vie sauve pour les soignants, c’est bien. Oublier qu’ils étaient victimes d’un terrorisme d’Etat, c’est moins bien. Que se passera-t-il demain si d’autres chantages odieux de ce type s’exerçaient ?

La dernière en date des « bavures médiatiques » de Super Sarko est la plus inquiétante pour la crédibilité du « sommet » français. Pourquoi avoir éprouver le besoin d’écrire à Angela Merkel pour lui suggérer de  secouer le G7 ? Comme si les deux hauts responsables ne pouvaient pas se concerter plus discrètement. Comme Si Angela faisait montre d’inconscience devant ces tempêtes boursières. Comme si pendant une telle tourmente le premier rôle des vrais responsable politiques n’était pas de tenter de calmer le jeu ». Mais Sarkozy sait plus clamer que calmer. Quel besoin  de montrer en permanence qu’il est là, à l’écoute, en Docteur miracle de la planète, en Vigie du monde… A force de privilégier le faire savoir sur le savoir faire, Sarkozy prend de sérieux risques et prête le flanc à tous les procès d’arrières pensées. 

« S’il est aussi berlusconien, c’est qu’en fait, il n’a guère confiance en lui… »,  lâche un fin connaisseur des labyrinthes  politiques et diplomatiques européens. « Mais peut-être a-t-il raison de ne pas avoir confiance… Il doit tout de même avoir conscience des faiblesses structurelles qui font que le coq français a un plumage bien terne et un chant bien trompeur. Elles viennent quand les vraies réformes structurelles, celles qui peuvent redonner à la France cette santé économique et sociale qu’elle n’a plus? »

Pour l’heure, il est vrai, la session extraordinaire du parlement a servi à mettre sur rails  des réformettes « sociétales » plus faites pour caresser dans le sens du poil l’opinion que  pour   assainir ce qui doit l’être et moderniser en profondeur des mécanismes bloqués ou enrayés.

Ici, l’on retrouve la dette, bien sûr, ou plutôt les dettes. « C’est toute la France qui est dans l’état des petits propriétaires américains dans l’incapacité de faire face à leurs créances…Le subprime d’Etat provoque un « crédit crunch » politique… Et l’optimisme officiellement affiché n’est guère justifié par les clignotants du tableau de bord de l’économie national. La « rentrée » ? Un retour obligé à quelques réalités. Les exhortations à la Guizot, (« Enrichissez vous », « travaillez plus pour gagner plus ») semblent bien illusoires...Résumons les mauvaise nouvelles d’août

>>>> Le commerce extérieur est encore plus déficitaire au premier semestre 2007 qu'il ne l'avait été un an auparavant (15,3 milliards d'euros contre 12,9),

>>>> La production industrielle a chuté de 0,3 % au deuxième trimestre.

>>>> La croissance  n'a atteint durant ce deuxième trimestre que 0,3 %. C’est  moins qu'au premier trimestre (0,5 %). C’est surtout deux fois moins que prévu. Résultat : il y a peu de chance que la croissance économique atteigne l'objectif fixé par le gouvernement : entre 2,25 % et 2,5 % sur l'ensemble de l'année.

>>> Dire que cette croissance en panne se manifeste  dans toute la zone euro ne constitue en rien une excuse : le commerce extérieur allemand s'apprête à afficher en 2007 un excédent record de 150 milliards d'euros, alors que la France risque, elle, de connaître un déficit record de 30 milliards ? Dénoncer « l’euro fort » (alors que ce sont les autres devises qui sont trop faibles, la chinois, notamment) relève de la propagande politique et de la malhonnêteté intellectuelle. D’ailleurs, c’et l’euro fort qui nous permet de ne pas avoir une factuere énergétique trop lourde…

>>> Les faits sont têtus, comme disait Lénine. Et il des constats qui sont sans appel.  Je reprends ici Le Monde : « « La  France exporte deux fois moins en Chine que l'Allemagne. C'est une des faiblesses françaises : nos exportations en dehors de la zone euro (en parts de marché détenues par les pays de l'eurozone) sont inférieures de 16 % par rapport à ce qu'elles étaient au moment de la constitution de l'Union monétaire (1999), alors que celles de l'Allemagne ont progressé de 11 %, a calculé l'économiste Eric Chaney. »

>>> Le comble, c’est que la seule réforme économique lancée cet été (rognée en partie par le conseil constitutionnel) vise à stimuler une consommation… Qui se porte plutôt bien et qui alourdit nos importations…. Il y a comme un erreur de diagnostic provoquée par un souci de « plaire »

Voilà quelques illustrations (parmi d’autres) de faiblesses structurelles qui rendent bien illusoires les belles déclarations de Christine Lagarde : « Les fondamentaux sont bons: le chômage baisse, l'inflation est totalement maîtrisée et on est sur des perspectives de croissance, si on s'en tient au moral des investisseurs et des ménages, qui devraient nous permettre d'avoir un bon troisième et quatrième trimestre ». C’est bon la « zen attitude », mais qui ne connaît pas les limites de la « méthode Coué » ?

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