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27/10/2007

La petite chronique strasbourgeoise de Daniel RIOT

JHK dans les dna : Qui a entendu « le concert des ralliements » ?

« Le dîner des ralliements ». Le titre de l’articulet que les dna consacrent au dîner organisé pour la promotion du livre d’entretiens de Jacques Schmitt avec Mme Hug-Kalincova organisé, selon les même dna, par LHK (dna dixit encore) pour tenter de « prouver aux instances du MoDem qu'elle pouvait rassembler au-delà des clivages »… Où est cette preuve ? Où sont ces « ralliements » ?

A gauche ?  Marie-Françoise Janot (ex-PS), présente, «  se défend de soutenir Mme Kalinkova »… Alors...

(A propos, c’est un drôle de réflexe démocratique (et journalistique) de considérer que dans un dîner-débat « présence » devient synonyme de « caution » ou de « soutien »…

Il y avait aussi dans ce caveau des membres de « Strasbourg je t’M », l’association qui soutient Chantal Cutajar et son équipe. Quoi de plus normal ? Il y avait encore des animateurs d’associations qui veulent voir et écouter, poser des questions et pas forcément soutenir la dame de la soirée. Cette conception de la  politique repose sur une vision dépassée du débat démocratique qui nie et le débat et la démocratie. Mais là n’est pas mon propos du jour…)

« Rassemblement », disions-nous.  A droite ? Personne de « déclaré ». A moins que Cathy Loos en accepte l’étiquette, ce dont je doute… D’ailleurs, l’épouse de l’ex-ministre radical/ump se contente de mettre en relief « les qualités humaines » de LHK.  C'est la moindre des choses...  (A propos, Kinnereth Weill dont les dna avaient annoncé le transfert dans le groupe municipal de LHK ne mérite plus mention ou manque-t-elle déjà à l’appel ?)

Chez des écologistes ? On y a vu  quelques silencieux « verts de rage » (ils m'ontraconté!) mais aucun écologiste.

A l’extrême-droite ? Ils sortent souvent masqués, ceux-là. A l’extrême-gauche ? N’en parlons pas.

Alors au Centre ? Il y avait quelques MoDem. Heureusement d’ailleurs puisque l’interviewée de Jacques Schmitt a adhéré au mouvement Démocrate, comme près de 50 000 personnes, dit-on. Mais quels « ralliements » ? Quelques « alliés », Oui, peut-être… Quelques experts en reniements, éventuellement, mais non en ralliement.

En tête, Jean-Claude Petitdemange qui a de plus en plus de difficultés à cacher un jeu que bien des informations concordantes (et non des rumeurs) confirment. J’y reviendrai bientôt, puisque sur son cas, les dna ne parlent qu’en points de suspension…

En queue, Jacques Bon !  Cet apparatchik ne représente que lui (même si par la grâce  du maire de Pfaffenhoffen il se targue toujours d’être « responsable (sic) de la première circonscription). Avec  son horreur et sa peur des gens intelligents, sincères  et courageux, il déteste Chantal Cutajar, ce qui est tout à fait son droit.

Mais cela lui a déjà fait faire des dégâts : il a affaibli Bayrou durant la campagne des présidentielles et l’udf-modem durant celle des législatives. Il est vrai que son sens politique ne lui permettait pas de prévoir la percée de François Bayrou : il le voyait à 8%. Comme il prédisait un « bon score » de 6-7% à Chantal !  Mais je n’insiste pas. Il me semble l’avoir déjà entarté, à juste titre, dans cette chronique. Et critiquer quelqu’un  qui n’est en rien perfectible est une perte de temps.

Juste un rappel : Cet ancien giscardien qui se prend pour un ami de Bayrou partage avec JCP le vice extrême de savoir jouer contre son camp (avec moins de brio et d’intelligence maligne). Il n’est  « anti-tandem » que pour des raisons exclusivement personnelles et non pour des divergences de fond. Et comme d’autres « bras cassés » srasbourgeois de la politique  plus centreux que centristes, il est l’une des chevilles (non ouvrières) qui tentent d’offrir un matelas Modem à LHK et donc à JCP…

Alors, il était où ce «  concert des ralliements » ?  Il y a (involontairement, bien sûr) vocabulaire trompeur, donc publicité (puisqu’il s’agit de cela) mensongère.

Pauvre Ludmilla ! Avoir J B et JCP avec soi, c’est afficher un vrai goût du risque… Mais il est vrai que Christian Bach,  montre dans ses écrits et ses choix (oh! les "bonnes feuillles" de LHK, quelle exclusivité!) un oeil complaisant  et une oreille complice... Mais j'ai trop défendu le blog de la locale des dna contre les attaques de Grossmann pour le critiquer maintenant. Ce n'est pas le blog qui est en question, c'est le blogueur qui devrait se poser quelques questions...

Je dis cela en toute confraternité, bien sûr. Mais, excusez-moi, Christian, je conserve des facultés d'étonnements...étonnantes. Contrairement à Robert G., j'ai tendance à en rire, non à m'en fâcher. C'est comme le jour où le même blog réussisait l'exploit d'annoncer la venue de Corinne Lepage à Strasbourg tout en prétendant qu'elle n'aurait sans doute pas lieu. Cela, je n'avais jamais vu encore...Mais je n'ai évidemment pas tout vu... Et peut-être n'aie-je pas vu dans le titre sur le "diner des ralliements" une allusion perfide à un autre dîner (de..C) dont on a fait bon film...Christian Bach a peut-être une ironie cinglante... au quatrième degré.

Daniel RIOT.

Strasbourg: Du Pacte écologique au Pacte démocratique

Le bulletin de Chantal CUTAJAR

On ne peut pas avoir souscrit au « Pacte écologique » de Nicolas Hulot (comme je l’ai fait personnellement) et se montrer déçue du résultat de ce « Grenelle de l’environnement ». Certes, nombre de décisions restent à prendre, nombre de mesures techniquement complexes restent à affiner et bien des engagements ne valent que s’ils sont partagés par nos partenaires de l’Union européenne. Mais, incontestablement, un virage culturel et psychologique est pris, une prise de conscience collective indispensable a une traduction politique qui dépasse les clivages politiciens, des chantiers d’avenir sont ouverts et (très important !) un suivi est prévu.

C’est sur ce suivi bien sûr que toutes celles et tous ceux qui partagent les idées de « l’éco-économie » et de la « démocratie sociale » développées par François Bayrou et Corinne Lepage devront faire preuve de vigilance. Et c’est sur l’application de cet « esprit de Grenelle » au niveau local qu’il faudra travailler.

L’européenne que je suis se félicite des références faites à l’Union européenne et de la présence (plus que symbolique) de M. Barosso à l’Elysée pendant l’allocution du Président de la république. Nous avons sur le plan national,  mais aussi localement, beaucoup d’efforts à faire pour transcrire et appliquer les directives communautaires en souffrance et pour suivre les recommandations les plus pertinentes faites par les institutions et organisations européennes (Conseil de l’Europe inclus, bien sûr). Nous nous battrons pour tenter d’appliquer à tous les niveaux ce que Corinne Lepage a appelé lors de sa récente visite strasbourgeoise, « la clause du citoyen le plus favorisé ». En ces matières, l’  « l’agir local » est aussi déterminant que le « penser global »

La démocrate que je suis a été très intéressée par le bon fonctionnement de ce « Grenelle ». Cela va tout à fait dans le sens de la concertation (préalable), de la démocratie vivante, de la participation citoyenne et de la confrontation d’idées et d’intérêts différents et de personnalités d’horizons et de disciplines différents qui sont à la base même de la création du MoDem.

Il est évident que j’approuve ce type de démarches qui s’inspirent des meilleurs principes de gouvernances définis par le Conseil de l’Europe et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. C’est dans cet esprit d’ailleurs que nous travaillons à un programme d’approfondissement de la démocratie locale qui se traduit déjà par les travaux informels des « Conférences de Citoyens de Strasbourg » (formule qui, pour l’heure, n’existe que dans l’Europe du Nord)

Le « pacte écologique » ne prendra toute sa force que si les engagements pris lors de ce grenelle sont tenus, bien sûr, mais aussi s’il est complété par des « pactes démocratiques » au niveau local. C’est encore plus vrai à Strasbourg, « ville libre », qu’ailleurs.

Chantal CUTAJAR

LE BLOG POLITIQUE DE CHANTAL CUTAJAR >>>>>>>>>>>

25/10/2007

Quand Sarkozy se surprend lui-même….

Il a réussi un joli coup, Sarko : il s’est étonné lui-même ! La fin de son discours sur la fin de la première phase du « Grenelle » est un morceau d’anthologie. Mal écrit, le passage. Mais révélateur : « Pour qu’un homme comme moi, tienne un tel discours, préconise de telles mesures… ». Les vraies ruptures sont avec soi –même.Et l'on est qui l'on devient...

bb8f86326a50139f9c05d1adebacbb85.jpgl'ami de Bush avec Al Gore...

Eh oui ! Son « j’ai changé » de la campagne électorale a pris son sens aujourd’hui. « Pour qu’un homme comme moi », pour qu’un gouvernement comme le sien, pour qu’une majorité comme la sienne…pour qu’autant de gens qui méprisaient tant depuis tant d’années les « écolos », ces « gauchistes », ces « illuminés », ces « passéistes », ces « réactionnaires » et  affichent dans leur défense de l’environnement, de la planète, de la nature cette foi des nouveaux convertis, il faut croire effectivement que « la France a changé ».

Surtout si cette France, repeinte en vert de l’espérance,  tient ses engagements de transformer le « cancre » de l’éco-politique européenne qu’elle était en « premier de la classe »…

Même Voynet ( qui pour moi reste « la tueuse du Rhin-Rhône ») est obligée de reconnaître ce qu’elle est plutôt agréablement surprise. Et quand Hulot met « 18/20 » au travail effectué ce n’est pas seulement pour caresser Sarkozy en courtisan ou ajouter au plaisir de Borloo qui se dit « fou de joie ».

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Tout bien sûr est à regarder avec distance. Je l’ai fait dans une autre analyse. Mais il est des plaisirs qu’il ne faut surtout pas bouder… Même si, « l’inertie, la routine, l’aveuglement, l’idéologie » qui sont à combattre désormais au nom de « l’esprit de Grenelle » se trouvent encore plus à l’UMP (où tout le monde n’a pas-encore- changé) qu’ailleurs…

Au fait, j’ai dit « esprit de Grenelle »…Ah ! Oui… Chirac, déjà et mai 68, encore… Avec un bond historique du Smig ! Faut-il dire « merci mai 68 » ? Qui disait déjà qu’il fallait en  « liquider l’esprit » ? Quelqu’un qui ne s’était pas encore surpris lui-même…

Daniel RIOT

LE PARADOXE DE GRENELLE >>>>>>>>>

La "révolution verte" de Sarkozy: Le « Paradoxe de Grenelle »

Editorial de Daniel RIOT pour RELATIO.

« En un sens, la France a la chance d'être pionnière, de donner un bon exemple dans une situation où malheureusement elle est en retard par rapport à ses voisins européens », a lâché  l'astrophysicien Hubert Reeves qui a appris à bien regarder la Terre en auscultant les étoiles… Voilà un bon résumé de ce qu’il faut bien appeler le « grand paradoxe de Grenelle ».

On y a fait du bruit. Il le fallait pour réveiller les consciences. La médiatisation, ici, n’est pas sans effet positif. La "méthode Sarko" a du bon. Surtout quand elle est mise au service de bons principes:précaution(réaffirmée,contrairement aux appels d'Attali),transparence, responsabilité, politique de vérité, état de droit...

On y a réuni des parties prenantes variées aux intérêts contradictoires et aux aspirations différentes. Borloo, en l’occurrence, a bien rempli son rôle de GO, comme on dit au ClubMed,  avec l’aide de la technicienne compétente Nathalie Kosciusko-Morizet, et  l’active participation de Nicolas Hulot, grand prêtre de l'écologie bien communiquée.  Un bon exemple de concertation entre autorités politiques et représentants de la « société civile ».

Et on y a pris, surtout, des décisions et des engagements qui constituent des progrès mais qui,  dans leur grande majorité, … ne suffisent à pas à combler les retards européens de la France  en matière d’environnement. Il est LA, ce "paradoxe de Grenelle", un paradoxe bien français... Même si, sur bien des points, les engagements pris par Sarkozy ouvre des horizons qui finissaient par être inespérés...

Les discussions sur les pesticides sont les plus révélatrices de nos difficultés nationales à appliquer des orientations européennes et a fortiori à nous montrer, jusqu'ici,  « en flèche » au niveau européen.

Le texte adopté à Strasbourg par le Parlement européen est plus ambitieux et rigoureux que les résolutions prises, après bien de polémiques, à « Grenelle ».

Il est vrai que ce texte euro-parlementaire n’a été approuvé  qu’en première lecture, et que des batailles d’amendements s’annoncent difficiles  dans les débats prochains. Mais le Parlement durcit les mesures préconisées par la Commission, alors qu’à Paris les objectifs affichés ont été revus sérieusement à la baisse et lié « aux solutions de substitution » (non encore mise au point).

Rappel des mesures "strasbourgeoises": Réduction de l'utilisation de pesticides de 25% d'ici 5 ans et de 50% d'ici 10 ans, interdiction de pulvérisations aériennes, plus grandes règlementations plus rigoureuses de « l’usage banal » des pesticides (dans les jardins publics, par exemple) et des agréments des nouveaux produits…  

Rappel de la réalité: la France est le plus gros consommateur de pesticides en Europe (triste titre de « champion » !) et le troisième du monde ! Selon une étude de l'Institut français de l'environnement (IFEN) 90 % des rivières et 50 % des nappes phréatiques sont contaminées par ces pesticides qui se retrouvent bien sûr dans les aliments. Selon une étude de 2005 de la répression des fraudes française (DGCCRF), portant sur les fruits et légumes (3 098 échantillons), seuls 55,4 % des échantillons ne contiennent pas de résidus… Et ne parlons pas des catastrophes des Antilles françaises : le scandale du chlordécone, interdit mais utilisé illégalement aurait dû (et devrait) être dénoncé avec plus de vigueur, pour le moins...

Dans ce contexte, la détermination affichée par  Sarkozy fait plaisir à voir : elle autorise même quelque optimisme. Mais son autosatisfaction étalée vaut d’être nuancée. Chacun sera jugé sur les actes. Comme après  le « Grenelle de 68 », les « événements » continuent…"Le Grenelle n'est pas une fin, mais un commencement", a dit Sarkozy.

Désormais, c’est en effet le « suivi de Grenelle » qui va compter.

Des réticences sectorielles se manifestent déjà : c’est prévisible, « gros comme un camion ». En matière législative, l’UMP se morcelle déjà en fonction des « groupes de pressions » qui s’activent… Et en matière fiscale, « l’usine Bercy » va jouer à fond de son hyper-puissance.

La taxe carbone sera plus qu’un test.  Comme la loi annoncée sur les OMG. Comme le triplement des surfaces consacrées à l’agriculture biologique (de 2% aujourd'hui à 6% d'ici 2010 ou 2012) .Comme le retrait du marché d’ici quatre ans des 50 substances les plus dangereuses utilisées dans l'agriculture. Comme les financements qu’il faudra bien trouver, car de tels programmes ont un coût…

Mais il est permis de rêver. Les sceptiques n’ont pas toujours raison ! Si au moins ce « Grenelle » aboutissait à une accélération de la traduction des directives communautaires dans notre législation nationale…Si, pour reprendre, une exhortation de Corinne Lepage, ce « Grenelle » nous engageait en termes de protection de la nature, de qualité de la vie, d’écologie sur la voie de la « clause du citoyen européen le plus favorisé »…

La révolution culturelle qu’implique une « éco-économie » reste à faire. Au moins, Sarkozy a-t-il entamé une belle révolution politico-administrative en termes de concertations et en matière de vigilance écologique. En cela, comme dit Reeves, la "France est pionnière" là où elle est tellement "en retard". Que Sarkozy ait invité Barosso à assister à cette première synthèse de Grenelle est encourageant. Après le "paradoxe de Grenelle": la "cohérence de Grenelle"? Ce serait vraiment bien...

Daniel RIOT

24/10/2007

Politique: Une chance pour Strasbourg et pour le MoDem

Pourquoi je soutiens (à fond) Chantal Cutajar et son équipe

La petite chronique strasbourgeoise de Daniel RIOT

« Mais pourquoi soutenez-vous à ce point Chantal Cutajar ? »… Combien de fois m’a-t-on interpellé, par courriel, ou de vive voix, ces derniers temps ? « Pourquoi roules-tu pour elle ? »… « Mais qu’est-ce que tu lui trouves ? »… Je passe bien sûr sur des sous-entendus où la grivoiserie perce sous le sexisme. Ou sur quelques fantasmes de quelques uns et …de quelques unes. Alors, je vais être clair. Pour moi, Chantal Cutajar est une chance fantastique pour Strasbourg et ... pour le MoDem. Explications.

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Je ne soutiens pas Chantal Cutajar : je mène les mêmes combats qu’elle. Avec mes moyens, comme elle avec les siens. Et elle les conduit bien, ces combats. Je me reconnais pleinement dans les valeurs qu’elle porte et qui la porte. Des valeurs qu’elle défend avec lucidité, courage, ténacité. Je suis tout à fait sur la même longueur d’ondes qu’elle sur les idées forces du MoDem : éco-économie, démocratie sociale, engagement européen, valeurs personnalistes, citoyenneté active… Et j’apprécie beaucoup sa volonté « d’agir local » pour tenter d’appliquer ce « penser global » du MoDem incarné aujourd’hui par François Bayrou et Corinne Lepage.

Je ne « roule » pas pour Chantal Cutajar : je roule  AVEC Chantal, comme toutes celles et ceux (150 au moins à ce jour, dont au moins 80 très actifs) qui ont adhéré à « Strasbourg je t’M ». Avec un M, comme MoDem, comme Modèle, comme Moderne. Comme Méthode aussi. Méthode de consultation, d’écoute, de concertation, de travail. Méthode de gouvernance ! Méthode de rassemblement de talents et de compétences  complémentaires et de sensibilités différentes, au-delà des clivages politiciens dépassés.

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Je ne m’engage pas en politique pour « faire carrière », pour « avoir une place », pour « me faire voir » ou…pour agir par procuration. Je ne suis candidat à rien : je sais ce que je sais faire et ce que je ne sais pas (ou peut pas ou ne veut pas) faire. J’agis en citoyen, libre et responsable : c’est déjà beaucoup. J’ai trop fait mienne la formule de Paul Valéry, « il n’y a que les huîtres et les sots qui adhèrent » pour jouer les militants inconditionnels, les « béniouioui », les cireurs de pompes,  les adorateurs dévoués de qui que ce soit. Et c'est en citoyen, libre et responsable, que je soutiens à fond Chantal Cutajar dans sa bataille POUR Strasbourg.

Il se trouve que  Chantal Cutajar a, à mes yeux, toutes les qualités qu’un acteur politique digne de nom doit avoir, à commencer par cette denrée rare en politique qui s’appelle l’honnêteté intellectuelle. Et le courage d’agir avec franchise et cohérence. Selon ses convictions et non en fonction des circonstances, des interlocuteurs, de calculs d’habileté. Avec une vraie sincérité, et non avec des sincérités successives ou simultanées…

Qu’elle ait été (et soit encore) victime d’injustices, de mauvais procès, de critiques infondées n’enlève évidemment rien à l’estime que j’ai pour elle et la confiance que je porte en elle. Bien au contraire. On ne peut pas avoir autant de belles qualités sans  avoir des adversaires acharnés, sans subir des haines, sans souffrir d’aigreurs, de jalousies, d’envies...

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Cette femme est effectivement dangereuse pour celles et ceux qui se complaisent dans la politicardise, qui vivent d’hypocrisies ou qui ont des idéaux contraires aux valeurs du Conseil de l’Europe (plus nombreux qu’on veut bien le reconnaître). Ou qui profitent du système qu’elle dénonce, professionnellement et personnellement : celui de la criminalité en col blanc, de la corruption, de l’économie souterraine, des sociétés écrans, des magouilles… 

La première fois que j’ai vue Chantal, c’était à une conférence de presse du futur « Tandem », sur l’Europe à Strasbourg: je me suis vraiment demandé ce que cette prof de qualité faisait avec cet attelage. Non que j’aie une opinion négative de Fabienne ou de Robert. Mais, il est des différences qui sautent aux yeux. Surtout celle-ci : l’être et le paraître, chez elle, passent après le faire. Le faire avec conviction. Le faire avec l’obsession de « l’utile et du juste ». Du bien commun. Du respect de soi et des autres. Le faire avec la rigueur qu’impose  le droit et la générosité qu’implique une philosophie personnaliste, authentiquement humaniste 

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Chantal, je l’ai perdue de vue jusqu’à sa réaction contre la lâcheté des universitaires face aux propos éhontés, négationnistes et, soyons clairs, antisémites, d’un universitaire très politiquement correct à l’extrême-droite…J’ai entendu dire qu’elle avait fait du « cinéma au Struthof » pour se « faire mousser dans la presse ». « Nos jugements nous jugent »,  disait Valéry…. Ceux qui ont osé dire cela, sans rien savoir de ses motivations profondes, n’ont fait qu’afficher un mépris méprisable. Honte à eux et à elles ! Passons.

Il est vrai qu’entre temps, le « Tandem » qui était venue la chercher pour les municipales parce qu’elle était une excellente représentante de la société civile sur une liste plutôt bricolée (cela se sent encore aujourd’hui!) s’était « fâché » avec elle, au point de la virer de ses fonctions … (Ce qui signifie, cela étant  rappelé en passant,  que le mot « dissidente » dont elle fut affublée était -et est encore- incorrect, impropre et injuste dans la tonalité péjorative qui lui a été donnée)…

Quand on pense qu’elle était chargée de la sécurité sans avoir accès aux informations des services de polices,  on a tout compris des dysfonctionnements dans la gouvernance actuelle de cette ville !

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De toutes façons, Chantal est la première à reconnaître qu’elle doit beaucoup au « tandem » : à ses cotés, elle a beaucoup appris, y compris (et surtout)…. ce qu’il ne fallait  pas faire quand on prétend diriger une ville ! Celles et ceux qui aujourd’hui pensent qu’elle agit par ressentiment, par rancoeur ou rancune commettent une erreur grossière et une faute de goût. Ou déforment délibérément la réalité.

Chantal Cutajar ne s’engage  d’ailleurs pas CONTRE mais POUR. C’est une autre de ses qualités. Elle sait positiver. Même si   nombre de ses combats, menés concrètement, non dans des discours, ne sont guère dans l’air du temps. Les droits de l’homme ? « Du droitdel’hommisme »… L’égale dignité ? « Contraire à la compétitivité »… Les valeurs du Conseil de l’Europe ? « De l’Humanisme ringard » … La justice ? « Un idéal, pas une réalité »…Une façon nouvelle et propre de faire de la politique ? « Du baratin ». La transparence ? « Cà cache quoi ? »…La « démocratie locale » ? Diriger, c’est décider… Refrains trop connus, trop entendus. La démocratie, ce jardin, cette arboriculture, est d'abord un combat...

Comment voulez-vous qu’elle n’ait pas beaucoup d’ennemis, Chantal ? Elle gêne trop de gens en place ou candidats à des places. Elle est exigeante, sans démagogie. Elle sait avaler bien des couleuvres et des clous rouillés. Et, contrairement à ce que me disait récemment un jeune représentant de la « droite strasbourgeoise » (qui ne se gêne  pourtant pas  pour geindre publiquement contre la méchanceté bête de quelques leaders de son « camp »), elle n’est pas « trop gentille »…

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Elle respecte les gens, y compris ceux qui ne la respectent guère. Et elle est soucieuse de faire le plus possible « de l’utile et du juste ». Donc du bien et du bon. C’est en cela qu’elle est « gentille »… Mais ses facultés (réelles) d’écoute n’impliquent aucun  suivisme…Elle n’est pas du genre « je suis leur chef, donc je les suis ». Et son refus de l’autoritarisme n’est en rien un manque d’autorité, même si elle sait « jouer collectif », contrairement à ce que  tentent de faire croire des rumeurs malicieusement répandues par des aigris ou des malveillants. Elle a même fait des progrès en la matière : d’une campagne à  l’autre, on apprend, c’est logique. Surtout quand on porte à un degré développé la plus belle des qualités humaines : la perfectibilité.

Et des campagnes, c’est la troisième en un an  qu’elle mène. Avec détermination.

Présidentielles : qui mieux qu’elle a fait, au sein de la « famille » centriste strasbourgeoise, une campagne aussi active et efficace pour François Bayrou ?  Il suffit de « feuilleter » les archives de son blog politique pour voir à quel point elle a servi, avec pédagogie, les idées du fondateur du Modem. Et sa présence sur le terrain, avec ses «politicodatings » (entre autres), a été plus qu'exemplaire. A un point tel que quelques udf bien timides (sauf pour se faire voir dans des jeux d'intrigue) peuvent en tirer quelques sentiments de culpabilité qu'ils surmontent par une sotte agressivité...

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Législatives : elle a dû se battre plus contre des faux centristes que contre des adversaires déclarés du MoDem. Elle l’a fait, là aussi, en défendant les idées de Bayrou. Avec un résultat excellent dans les circonstances d’alors.

Et la voici en bataille pour l’investiture afin de mener le MoDem à l’Hôtel de Ville.

Car, là est l’enjeu : l’Hôtel de Ville. Sa candidature est claire : elle conduit une équipe qui veut et peut gagner. Je dirais même qui DOIT gagner si les cadres du  « centrisme central » alsacien  jouent  le jeu de l’efficacité dans la clarté.

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Je dis cela non en militant, mais en observateur qui (je peux  le dire puisque nombre de témoins le savent) avait prévu les résultats des trois dernières élections municipales à Strasbourg… Cela ne veut rien dire, c’est sûr, et la bonne analyse ne fait pas toujours le bon pronostic (je le sais aussi),  mais je crois connaître Ma Ville. Et je prends le risque du pari. Même si j’entends d’ici les rires gras des uns et vinaigrés des autres.

Nulle mieux qu’elle ne peut mieux conduire à la victoire celles et ceux qui se reconnaissent dans les idées de François Bayrou et de Corinne Lepage réunis, qui veulent que la métropole alsacienne soit digne de la MISSION européenne qui est la sienne et qui souhaitent que Strasbourg soit un modèle de cité où s’applique « la clause du citoyen européen le plus favorisé » dans tous les secteurs. A commencer par celui de la qualité de la vie et du « Vivre ensemble » harmonieux.

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Mais de tout cela, nous aurons l’occasion de reparler. « Strasbourg, je t’M » est déjà le cri de ralliement de celles et de ceux qui sont « MoDem sans modération »… si Bayrou peut rester fidèle aux espérances qu’il a fait naître. Ce MoDem-là peut constituer une chance pour Strasbourg et…Strasbourg, « ville libre », peut être une belle chance pour le MoDem, parti libre.

Daniel RIOT 

23/10/2007

Europe : Vous avez dit « populisme » ?

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

POPULISME. Le mot s’étale, une fois de plus, dans tous les commentaires, ou presque, sur l’échec des jumeaux de la droite « dure » de Pologne et sur la réussite de  Blocher, en Suisse. Comme sur les poussées indépendantistes des flamands belges, les inspirations xénophobes des législations européennes sur les immigrations, les développements de la politique-spectacle, les excès de la médiacratie, les contestations de la démocratie représentative,  les poussées des idées néo-conservatrices de droite, les dominations des croyances sur la rationalité, et/ou les démagogies révolutionnaristes d’extrème-gauche…

POPULISME. Quelle définition donner à ce mot qui s’appliquant à tout, ou presque, finit par ne plus avoir de sens ? Est populiste celui qui flatte le peuple en prétendant le servir tout en le trompant ? Sans doute.

Est populiste celui qui tente de séduire le plus grand nombre en jouant sur les leviers les moins nobles de la nature humaine : jalousie face à ceux qui ont « réussi » (les « élites ») ; sentiments d’insécurité ; émotivité mal maîtrisée ; simplisme des solutions face à une société de plus en plus complexe ; peur de la concurrence des « autres » (réflexes des petits blancs aux Etats-Unis) ; rejet de « l’Autre », trop différent ou trop semblable ; transformation, selon le mot de Finkielkraut, de « la culture de l’autre en négation de l’autre » ; exaltation des pouvoirs des « masses » ; culte du « chef »…

POPULISME. Le mot est lié bien sûr à PEUPLE, un autre terme que les dictionnaires peinent à définir…  Un « ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire ou ayant en commun une culture, des mœurs, un système de gouvernement. » Oui, mais cela sous-entend un unanimisme impossible...

Coup d’œil dans le rétroviseur : Le « populisme » contemporain est né (signe d’une Europe prise en sandwich ?) en Russie et aux Etats-Unis…

Le mot  a été inventé lors de la seconde moitié du XIXe siècle par des intellectuels révolutionnaires anti-tsaristes russes et correspond peu ou prou au mot « narodnik ». Ces révolutionnaires idéalisaient les paysans, leur mode de vie et surtout l’âme du peuple russe pour lutter contre l’arbitraire…

Le mot a trouvé sa version américaine en 1890 aux Etats-Unis avec le « People’s party », qui réunissait des petits propriétaires terriens…contre les riches de « Wall Street ». Un « agrarianisme » que l’on retrouvera au XX ième siècle en Europe centrale et orientale : les roumains du Parti paysan de Stere, les mouvements agrariens en Pologne (le Parti paysan Piast), en Bohémie (le Parti des fermiers et des petits paysans) ou en Serbie (le Parti agraire serbe).

Et un mot qui prendra sa pleine signification à la fois péjorative et laudative en Amérique latine dans les années 30… Avant le triomphe du Péronisme.

En France, le mot « populisme » est très en vogue depuis les années 90. Il a d’abord été utilisé, par facilité,  en litote : à la place de anti-démocrate, de raciste, de xénophobe, d’hostile aux droits de l’homme… Il s’agissait de ne pas accabler  Le Pen de qualificatifs trop « forts » susceptibles de fonder bien des procès en diffamation… Le racisme, l’antisémitisme sont des délits : le populisme est une façon d’être et de faire…   

Il est aussi utilisé, par excès,  en emphase, d’une façon stupide : « populistes », les attaques (justifiées)  de Bayrou contre les « puissance d’argent qui dépendant des commandes d’Etat et dominent les média » ? On est toujours le populiste de quelqu’un, sans doute…

Et comme nous ne sommes jamais en panne d’un « post » ou d’un "néo" pour masquer notre manque d’inspiration, nous avons créé le « néopopulisme » qui vise ceux qui utilisent les média en  privilégiant le pathos au détriment du logos. Comme si cela était nouveau …

A force d’être mis à toutes les sauces, le mot « populisme » est  devenu un terme « auberge espagnole » : chacun y trouve ce qu’il y met. Et cela n’est pas que français. « il y a en Europe autant de populisme que de pays », constate Jean-Yves Camus, chercheur spécialisé dans les « extrêmes droites »,  en faisant la différence entre le « populisme de récession » (la France de Le Pen), le « populisme d’ajustement» (la Pologne des jumeaux), le « populisme de prospérité » (la Suisse de Blocher)…

Peut-être. Tous, en tous cas, recouvrent des idéologies, des pratiques ou des desseins qui reposent sur une exaltation du nationalisme (et non du patriotisme), de la loi du plus fort, de l’autoritarisme, de la méfiance envers les élites et de la défiance démocratiques, du non respect des droits de l’Homme, d’un « Vivre ensemble » marqué plus par ce qui divise que par ce qui réunit et d’un air du temps liberticide … Sans doute parce que la Liberté est plus facile à être célébrée en chantant qu’à être assumée. Et parce qu’en cette ère de « l’individualisme de masse », la « massification des individus » se paye cher par l’altération, l’amputation voire la négation, de la …Personne.

Cette déferlante des « populismes » est plus culturelle que politique. C’est ce qui la rend particulièrement inquiétante. En cela, la Suisse n’est pas une exception européenne … même si, avec Blocher, elle est condamnée à rester longtemps un trou sur la carte géographique de l’Union européenne.

Au moins, pour l’heure, Blocher n’a pas inscrit à son programme le retrait de l’Helvétie du Conseil de l’Europe, donc de la famille des droits de l’Homme : ce filet de sécurité peut être utile, au bord du lac de Genève, et ailleurs.

Daniel RIOT

Le traite de Lisbonne et les Verts: le Oui résigné de Yann Wehring

Le nouveau Traité européen ne relance pas la construction européen, par Yann WEHRING
- En négatif : l’intergouvernemental revient en force avec l’abandon des symboles qui font le minimum de ciment d’une Europe politique (le mot de “constitution” sort, l’opting out est accepté pour la GB pour ce qui est de la charte des droits fondamentaux, il n’y a plus de références au drapeau, hymne, …)
- En positif : on sort du système des votes à triple majorité du Traité de Nice … mais seulement d’ici 2014 si tout va bien - et le Parlement européen double ses pouvoirs… mais c’est nettement moins audacieux que le TCE sur ce volet.
- en statu quo : les politiques sont toujours là en objectifs, comme elles l’étaient dans Nice, et notamment cette histoire de principe de la concurrence qui pèse si lourd dans les orientations des politiques de l’Union.
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Conclusion :
C’est moins bien que le TCE sur le volet institutionnel, c’est moins bien sur l’idée d’Europe politique (symboliques communes - on ne parle plus de constitution), il y a toujours les politiques dans le Traité (statu quo par rapport à Nice), mais c’est toujours mieux que Nice sur le plan institutionnel.
Rejeter ce texte parce qu’il y a toujours les politiques, ça revient à garder Nice (avec les mêmes politiques mais avec les timides avancées institutionnelle en moins).
On est toujours sur le débat que nous avions connu sur le TCE, sauf que si on avait adopté le TCE on aurait la même chose, mais avec des avancées plus importantes sur les institutions.
Sans aucune hésitation, je défendrai l’idée qu’il faut adopter ce texte au Parlement… juste pour sortir de l’impasse absolue de Nice et pouvoir continuer à travailler à la relance de la construction européenne.

Quant à l’idée de demander l’avis des français, je suis pour sous la réserve expresse que ce soit dans le cadre d’un référendum européen (à savoir, le même jour dans tous les Etats)

Yann Wehrling

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La mondialisation vue par Yann Wehrling. Voir son site de dessins >>>>

22/10/2007

Europe: Les "nonistes" se rebiffent.

Le traité de Lisbonne : le coup de gueule de Chouard...

4a4bd5139e374ee7260675916f486856.gifPOLEMIQUE RELATIO par Daniel RIOT- Il repart en croisade, le grand vainqueur du Non au référendum sur la Constitution, l’homme qui, de son site internet, avait réussi à décortiquer le projet de « traité constitutionnel » avec des quelques arguments fondées, d’innombrables arguties et des raccourcis intellectuels d’une honnêteté plus que discutable…

Il repart en provoquant …les journalistes. Ceux qui défendent le traité de Lisbonne, dit-il dans Libé, « sont des subordonnés. Ils ne font pas leur boulot de journalistes ». Et les « bons journalistes »   devraient faire sonner l’heure de la révolte ! «Pour moi, c’est un viol. Un viol politique, c’est une cause de guerre civile. » (…) « Les visites sur mon site n’ont pas augmenté pour le moment. Mais je compte sur les journalistes pour être les sentinelles du peuple et l’alerter ». Ben voyons…

C’est terrible d’avoir eu ainsi son heure de gloire (en jouant les modestes) grâce à des journalistes qui ont fait monter la mayonnaise de la mauvaise foi servie par une logique juste avec des prémisses et des conclusions fausses,  et, au bout du compte, de retomber dans l’anonymat.

Pourtant, Libé fait bien sa « pub » et moi-même ici je fais indirectement sa promo, même si, en bon « subordonné » (à qui, grand dieu ?), je ne combats évidemment pas un traité qui sauve les meubles que ce professeur voulaient faire brûler dans une de ces passions de pyromane qui parfois font des ravages. Je  regrette que ce traité de Lisbonne soit la constitution en moins bien. Alors que je regrettais déjà, durant le référendum, que le projet de Constitution n’aille pas suffisamment loin dans l’organisation d’un vrai pouvoir politique européen….

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Notre inspirateur du refus, comme d’autres bons esprits d’attac et de Copernic dont on attend toujours le « plan B », n’a fait pour moi qu’une vraie faute intellectuelle. Il dénonçait le projet de Constitution au nom d’un « autre Europe ». En fait, comme tous les « alter-européens » (ou presque), il militait pour une Europe altérée, liquidée, rayée… Les vrais anti-européens déclarés étaient (et restent) moralement et intellectuellement plus estimables, du moins moins hypocrites…

Cela dit, ses critiques d’aujourd’hui sont plus fondées que celles qui ont fait sa fausse gloire et ses vrais succès d’hier…

Oui, le texte de Lisbonne est une reprise de la constitution rejetée.  « On a retiré trois détails sans importance : le drapeau, l’hymne, la référence à la monnaie, le mot Constitution, comme si le fait de retirer l’étiquette retirait le danger. Et puis on nous impose par voie parlementaire ce qu’on vient de refuser par référendum ». C’est vrai mais les symboles vivront et la démocratie n’est pas que directe. Elle n’est surtout pas synonyme de doxocratie. D’ailleurs, Sarkozy avait annoncé clairement la couleur avant son élection : c’est à ce moment là qu’il fallait lancer ce débat sur le référendum qui aujourd’hui est obsolète.

Oui, il y a institutionnalisation d’une certaines confusion des pouvoirs. Le fait notamment que les juges européens soient  nommés pour six ans par les gouvernements, et renouvelables est critiquable. Mais la construction européenne a une qualité irremplaçable : sa perfectibilité.

Oui, la partie III du projet de traité constitutionnel a été retirée mais elle reste en vigueur. Heureusement d’ailleurs… C’est tout l’acquis communautaire, donc toute la construction européenne qui aurait volé en éclats. Donc toute l’Union européenne qui aurait été assassinée !

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Mais, Etienne Chouard, dans son hostilité à l’article 104 de Maastricht, c’est-à-dire "l’interdiction pour les Etats  de créer la monnaie", confirme le sens de son engagement et de son travail de sape : il est foncièrement anti-européen. Au nom d’un « souverainisme » mal compris.

Son Non d’aujourd’hui est un NON clair à l’Europe, comme l’était le NON qu’il a tant favorisé durant la campagne référendaire. C’est son droit. Mais qu’il ne parle pas d’une « autre Europe » ! Là est la malhonnêteté intellectuelle. La tromperie. L’escroquerie. La manipulation du peuple.

Chaourd est pour une Europe morcelée. Comme  celle qui a existé durant des siècles. Celle des peuples contre les peuples. Ou des peuples soumis à la loi du plus fort, impérial ou totalitaire.Celle des tueries, des cimetières, des camps.Des lignes Maginot et des barbelés. Du Chemin des Dames et des jeunesses fauchées. Des murs, des bunkers, des barbelés.

 Quelle nostalgie vous habite, Monsieur Chouard? Napoléon, Staline, Hitler? Un mélange des trois, peut-être. Ou le Saint Empire, Charlemagne, César? Et quelle utopie vous travaille? Celle du village gaulois ou celle d'un totalitarisme continental? Le juridisme est un outil pour toutes les causes. Mais là, pardon, j'en conviens, je sombre dans des procès d'intentions. Ce n'est pas bien du tout. Mais j'ai vraiment du mal à comprendre. Trop "subordonné" à un QI trop faible peu-être...

L’Europe qu’il s’agit de construire, « pas à pas », par le traité de Lisbonne, comme par ceux qui l’ont précédé…et ceux qui suivront, c’est celle d’un continent « uni dans le respect de ses différences, de sa diversité ». Et dans le respect de ses peuples. Avec des adhésions librement consenties : les refus suisse et norvégien le confirment bien....

Les analyses de textes d’Etienne Chouard sont forcément faussées puisqu’il ne respecte en rien l’esprit qui les anime et ne  cherche qu’à détruire ce qui, heureusement, se construit.

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Cette Europe-là se construirait d’ailleurs plus et mieux et d’une façon plus démocratique sans les lourdeurs et les pesanteurs qu’imposent ceux qui, comme Chouard, font le jeu des nationalistes, des passéistes, des rétro-futuristes.

La pub que lui fait Libé et la promo que je lui offre ici permettent  au moins d’enlever quelques masques et quelques faux nez. Les vrais clivages, en France, comme ailleurs sont entre deux partis non constitués qui transcendent les clivages politiques : celui des frontières et celui des passe frontières. C’est ce que des « penseurs » du type Chouard ont réussi à faire oublier lors de ce referendum qui a affaibli et la France et l’Europe.

Daniel RIOT

Trois débats sur AGORAVOX

France: Le MoDem de Bayrou à l'épreuve

L'analyse politique  fait l'objet d'un débat sur AGORAVOX >>>>>>>>>>>>>

FRANCE: Ecoles et fait du prince

Le billet sur la "journée Môquet" repris sur AGORAVOX >>>>>>>>>>>>>>>

UNEF: L'affiche qui fait causer...

Le billet d'humeur   fait l'objet d'un forum sur AGORAVOX >>>>>>>>>>>

21/10/2007

SOS MoDem ! Epreuve de vérité pour Bayrou

A travers plusieurs articles intéressants et des forums riches en réflexions, Agoravox  vient de donner aux débats internes au Modem un relief nouveau qui peut être salutaire. Car une chose est incontestable : le MoDem tout neuf connaît sa première crise existentielles avant même de naître. Pas seulement à cause des municipales  mais en raison des ambiguïtés de son  accouchement qui ne se fait pas sans douleur

Pourquoi ? Parce que François Bayrou n’a pas pu (ou su) adapter ses actes à son discours. Parce qu’il n’a pas pu (ou su) se libérer complètement de ce qui l’a pourtant poussé à transformer l’Udf en parti du « penser libre » d’abord et du mouvement démocrate ensuite.

Une accusation grave ? Non : un constat plus qu’attristant. Mais sans doute le co-fondateur (avec Corinne Lepage) du MoDem, est-il le premier à en avoir pris conscience. C’est ce qui autorise (encore) celles et ceux qui ont cru (et croient encore) aux vertus du « premier parti du XXI ième siècle »   à ne pas baisser les bras et à ne pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Trois constats d’abord :

1) François Bayrou ne doit  son succès de la campagne présidentielle qu’à lui-même et qu’à la qualité de son programme. Je fais partie de ceux qui pensent que son résultat aurait été meilleur si plus de responsables de  structures départementales et locales de l’udf avaient davantage cru en sa victoire.

Ces « strapontins de la droite » (j’ai constaté cela très concrètement sur le terrain en Alsace, et plus particulièrement à Strasbourg) ont été militants par devoir plus que par convictions... en pensant déjà à d’autres échéances, où les notables et candidats notables font des calculs politiciens plus  personnels que collectifs. C’est humain.

Celles et ceux qui soutenaient Bayrou à fond, par partage de convictions et non par ambitions, en ont même soufferts. Et en souffrent encore. La sincérité, en politique, est suspecte aux yeux de celles et de ceux qui n’ont que des sincérités successives, simultanées ou simulées.

Faire de la politique « autrement », c’est d’abord repenser, à tous les niveaux, les relations que les « politiques » entretiennent avec le pouvoir… La réussite de Bayrou dépend d’une révolution culturelle qui n’est pas encore faite. Pour être clair, en l’état, « Cap 21 » est plus authentiquement dans la « ligne Bayrou » que l’udf. C’est bien pour Cap 21, mais c’est très triste pour l’udf…

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2) Dans sa vie privée, Bayrou (qui heureusement ne cède pas à la mode détestable de la pipolisation) est le seul des trois grands candidats à la Présidentielle à être sorti indemne de cette terrible épreuve. Mais politiquement, il est trois fois le grand cocu de l’Histoire

>>>Il aurait dû accéder au second tour sans cet étau politico-médiatique des fanatiques, de droite et de gauche,  de la bipolarisation,  si artificielle et si nocive… Ah ! Avec des si…

>>>Il a été lâché, ou plutôt trahi, par ses lieutenants qui se retrouvent aujourd’hui dans un Nouveau centre qui n’est ni nouveau ni  centriste mais qui constitue un pôle risquant de perpétuer longtemps cette bipolarisation dénoncée, les marais à girouettes et l’art du « compromis-compromission ».

Ce pôle, de surcroît, encourage les sénateurs udf à rester plus udf que modem… Avec tous les considérations financières que cela comporte. Or, un parti n’est INDEPENDANT que s’il est financièrement autonome. Le « nerf de la guerre » est aussi le muscle de la paix. Personne n’en parle beaucoup, mais ce n’est pas un hasard si Mercier, à Lyon, est si écouté : on n’est pas trésorier du groupe sénatorial sans moyens de pression.

>>>Les débauchages qualifiés d’ « ouverture » pratiqués avec talent par Sarkozy visent en fait plus le Modem en herbe que le PS en friches. Les « socialistes » recrutés étaient (presque) tous prêts à rejoindre Bayrou ou travaillaient déjà avec lui.  C’est un fait qui n’a guère été mis en relief par les commentateurs politique à la vision binaire…

3) La chance et le mérite de François Bayrou sont fantastiques : un tel d’élan populaire, autant d’adhésions virtuelles puis réelles, autant de militants potentiels. Du jamais vu en temps de paix ! Une vraie occasion historique.

Mais cette chance et ce mérite ont leurs revers. Un parti, ce doit être structuré. Avec tout ce que cela comporte. Et un nouveau mouvement intéresse d’une façon perverse deux catégories qui se trouvent (temporairement) « alliés objectifs » : les forces de résistance internes et les forces de concupiscence externes.

Les deux adhèrent officiellement à la « ligne » non par conviction, mais par calcul. Là encore, ce constat se nourrit de ce qui observable dans de nombreuses régions sur des sites internet « démocrates » et de ce que je peux observer dans le microcosme strasbourgeois.

C’est drôle, d’un certain point de vue : les plus « archéo-udf » font ouvertement le jeu des plus « néo-modem »…

« Archéo-udf » : c’est l’expression qui convient pour qualifier celles et ceux qui s’accrochent à l’udf en souhaitant … l’échec du moDem. Leur vrai pouvoir, c’est celui de nuire. Et dieu sait qu’ils en abusent…

« Néo-Modem » : c’est le mot qui convient pour désigner celles et ceux qui n’ont soutenu ni Bayrou aux Présidentielles, ni les candidats du Modem pendant les législatives, mais qui trouvent subitement chez les « démocrates » un havre avec des bittes d’amarrages à… leur service.

Evidemment, ils font cela en toute « légitimité démocratique » puisqu’ils tirent parti des onctions qu’ils pensent avoir reçues des « instances parisiennes », voire de Bayrou en personne, et des « responsables » archéo-udf locaux lesquels voient en eux un geste de la providence:ils sont susceptibles  de noyer... les espérances du moDem.

Face à ces constats de réalité, François Bayrou qui dit et redit qu’il « ne reviendra pas en arrière » peut avoir un atout décisif : pousser sa logique au bout. Avec courage.

Pour l’heure, les conditions dans lesquelles sont décidées les investitures pour les municipales ne s’inscrivent pas sur ce chemin. Un  «  fonctionnement curieux » qui , sans rappeler une certaine proximité soviétique, est  « prévu en dehors de tout cadre statutaire », note Benjamin Sauzay " Nous sommes dans le simple fait du prince". Vous avez dit "démocrate"?

Les non-réponses données aux lettres et autres messages envoyés à Bayrou ou aux "instances" ne s’inscrivent pas dans le dessin promis du destin proposé. Il ne suffit pas d’ouvrir des forums : il faut en tenir compte…Vous avez dit "démocrate"?

Que des militants, responsables et éclairés,  éprouvent le besoin de faire circuler une pétition  simplement pour rappeler le pourquoi de leur adhésion au Mouvement démocrate   a valeur d’avertissement pour le dessein même de Bayrou. Vous avez dit "démocrate"?

Que des nouveaux encartés se disent (déjà) prêts à renvoyer leurs cartes orange (j’en connais !) avec une demande de remboursement de leur cotisation pour « publicité mensongère » est beaucoup plus grave que les errements opportunistes d’un Morin qui pour l’heure n’a tiré parti de sa nomination ministérielle que pour illustrer son « degré de Peter »…

Que nombre de sympathisants n’aient pas traduits en  une adhésion programmée leur partage des idées de Bayrou est un vrai signal d’alarme : Attention une chance fantastique risque d’être gâchée ! Ni à cause de la droite, ni à cause de la gauche ni à cause de la presse, mais à cause d’une mollesse coupable et de jeux « politichiens » de centreux qui se voudraient « centristes » et d’autocrates qui se voudraient « démocrates ».

Qui parlait de « centrisme couillu » ? Bayrou en personne, il me semble. Allons François, encore un effort. Le plus décisif peut-être. Tout peut être encore gagné. Trop de temps et d’énergie déjà ont  été perdus… Mais tout peut être encore être gagné. Le courage, parfois, c’est de savoir surtout faire preuve de bon sens…

Daniel RIOT  

ECOLES : La journée de Môquet ou de…Guaino ?

« Alors cette lettre de Guy Môquet, vous la lisez ? »… Comment ne pas comprendre les hésitations ou les refus des enseignants de la République qui n’ont pas à subir et à faire subir à leurs élèves (en bien ou en mal) les caprices, les coups de cœur ou les phobies d’un Président qui a été élu pour diriger la France mais non pour jouer les maîtres de lecture, rendre la justice sous un chêne, ou imposer une morale de vie…

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L’initiative de Sarkozy pour son investiture était on ne peut plus respectable. J’ai eu les larmes aux yeux en écoutant cette cérémonie bien orchestrée par Max Gallo : les symboles nationaux ou autres n’appartiennent qu’à ceux  qui savent en prendre la mesure.  Mais pourquoi imposer ce texte, tel une page d’un catéchisme, dans les classes, le même jour à la même heure… A quand le retour à la prière matinale pour la Patrie et son chef ? « Maréchal, nous voilà …vaccinés » !

Le sentiment national (et européen) doit effectivement être développé dans les écoles. Comme les règles du « Vivre ensemble ». Comme l’apprentissage du respect de soi et des autres (y compris des différents, des « étrangers ». L’instruction civique peut et doit recouvrer toute sa place. Comme l’Histoire, base de toute culture. Comme tant d’autres disciplines abandonnées, négligées ou mal pratiquées : la récitation, le calcul mental, les analyses de texte et d’image, la grammaire, l’art du bien écrire et du bien parler, l’organisation de nos sociétés et de nos institutions. Elémentaire ? Dès le primaire…

Mais, de grâce, un peu de pudeur dans la communication officielle autour de tout ce qui fait « l’âme de la France », pour reprendre le titre du livre de Gallo qui a été tellement pillé pendant la campagne présidentielle par la « plume » de Sarkozy, Henri Guaino, ce « négro de la République » selon son dernier surnom bien trouvé !

On oublie à l’Elysée (et ce n’est pas vrai que pour l’éducation nationale ») qu’une « vérité officielle », est officielle, non véritable… Déjà, Bernard Laporte, cette caricature de « Sarkoman », a franchi la ligne jaune du ridicule en imposant la lecture de la lettre de Moquet dans les vestiaires du XV de France… Contre les Anglais, il aurait dû implorer Jeanne d’Arc, ce « gagneur » perdant !

Face  aux troubles, aux réticences et aux refus d’obtempérer des enseignants (qui ne sont pas tous « de gauche », « corporatistes », « conservateurs »), c’est la « plume » de Sarkozy qui sort son flingue.

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Mais de quoi se mêle-t-elle cette « éminence  grise »  qui fait de plus en plus tache noire sur notre tapis « bleu, blanc, rouge » ?  « Tout ça est très triste mais amène à s’interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l’éthique et les devoirs d’un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants », ose clamer sur RTL ce populiste qui enfile des habits de  maître à penser de la France d’aujourd’hui ?

Etre traité de « petit con prétentieux » par ce collectionneur de citations qui se prend pour un intellectuel cultivé a été pris comme un véritable hommage  par Bernard-Henri Lévy. Il a raison BHL. « Nos jugements nous jugent » redirait Paul Valéry. Et les lambris dorés du pouvoir ne transforment pas en rivière de diamants la bave des crapauds. 

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Il n’y a pas que la solitude qui peut être « poisseuse ». L’inspiration peut l’être aussi…Surtout chez des « plumes » qui ont plus de verve que de verbe, de tripes que de cervelle, de (faux) savoirs que de (vraie) culture.

Il est vrai que par rapport à d’autres « flèches » qui brillent à la Cour, Guaino l’habile, peut nourrir quelques sentiments de supériorité… « J’existe, donc je parle », dit-il. Voilà qui nous permet au moins de lui répondre : Son drame, sans doute, c’est « qu’il n’est pas assez entré dans l’Histoire », qu’il «  vit avec les saisons » et  «  ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». Dans son « imaginaire où tout recommence toujours », y a-t-il une place «  pour l’aventure humaine » et «  pour l’idée de progrès. » ?

Selon Yasmina Reza, le Président le juge indispensable parce qu’il est « fêlé ». Tout est dit, en effet. Ou presque. Un « fêlé » à l’Elysée, ce pourrait être drôle : le retour du fou du roi… Mais ce rôle est trop étroit pour ses prétentions : c’est en fou de la République qu’il fait (et peut faire) des dégâts. Il paraît que le secrétaire général de l’Elysée, (qui est sérieux, lui,) en a conscience. Tant mieux.

Daniel RIOT

20/10/2007

la Suisse aux urnes: Le scrutin de la peur...

DECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT : Paradoxe suisse.  L’Helvétie va bien. Très bien même.  « Tous les indices de prospérité, de compétitivité, d'investissements dans le futur, tout ce qui dit le bonheur d'un peuple dans ce qu'il a de mesurable, dressent un portrait de premier de classe mondial, envié comme tel » souligne Le Temps.

Certes, il y a des laissés-pour-compte et ceux qui redoutent de le devenir, sous les coups d'une mondialisation qui met la concurrence partout : le paradis n’est nulle part sur terre, pas même dans les vallées si calmes de ce pays si paisible…Mais de tous les pays d'Europe, la Suisse est socialement le moins à plaindre. C'est clair. 

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Pourtant, la Suisse vient de connaître la campagne électorale la plus violente, la plus raciste, la plus xénophobe et la plus marquée par la peur de son histoire contemporaine ! A tel point que le scrutin de dimanche prend une signification qui dépasse largement ses frontières.

Contradiction. Phénomène bien inquiétant…Pour ceux qui sont attachés aux valeurs démocratiques et humanistes. « Combien fera-t-il ? ». Là est la question. En 2003, il avait fait 27% des suffrages—ce qui était déjà énorme…

« Il » ? Christoph BLOCHER ! L’homme qui donne froid dans le dos, notamment en Suisse romande où, comme dit Jean-Jacques Roth, éditorialiste au Temps,  «  la culture institutionnelle et la sensibilité sociale sont plus vives » et où «  les thèmes du complot et du mouton noir, associés à la sacralisation de Christoph Blocher, ont le plus choqué ».

 

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19/10/2007

La France en Europe : Quand les « Fabusiens » disent OUI au traité de substitution…

Un billet d’humeur de Daniel RIOT pour RELATIO : « Je crois qu'il met fin à une longue période d'interrogation sur le fonctionnement des institutions de l'Union européenne, qui correspond à une sorte de lassitude des chefs d'Etat et de gouvernement quant à leur capacité à traiter de ces questions. Fondamentalement, je crois que la grande Europe avait besoin d'institutions adaptées et je pense que l'équilibre institutionnel repris par ce traité correspond à ce dont l'Europe a besoin, avec cet avantage de ne pas confondre ce qui relève du fonctionnement des institutions et de ce qui relève des politiques comme le faisait la Constitution. ».

d7284f01a4148836621e0e896e37e466.jpgDe qui est ce splendide commentaire donné dans une ITW à Toutel’Europe.fr ? D’une euro-députée fabusienne, Pervenche Berès,  qui a fait voter Non au referendum sur la Constitution et qui aujourd’hui applaudit le traité de substitution... parce qu’il ne contient pas la partie III du texte "de Giscard", comme elle disait alors qu'elle y avait bien contribué… Cette partie III, il faut peut-être  le souligner,  ne faisait qu’une synthèse de traités qui ne sont évidemment pas supprimés, donc qui restent (heureusement) en vigueur….

Le culot, en politique, c’est indispensable ? Il est vrai que le leader de son « courant », Laurent Fabius, est pour l’heure très silencieux sur ce sujet. Il vaut mieux sans doute. Un jour, peut- être, un historien montrera comment par son faux calcul politicien anti-européen, Fabius (qui veut ressusciter le parti qu’il a si fortement contribué à mettre en pièces) a empêché le PS de remporter les dernières présidentielles.

L’intelligence ne se résume pas plus au QI que l’identité en une carte…

Daniel RIOT

21:15 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, PS, europe, fabius, traité

Union européenne : Les choses sérieuses peuvent (re)commencer !

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

« Sur le long chemin de l’unification de l’Europe, il faut toujours voir le verre à moitié plein même quand il est surtout à moitié vide », souriait Pierre Pflimlin en commentant un de ces compromis jamais complètement satisfaisants mais qui, « pas à pas », font tout de même avancer les choses. « L’Europe est une longue patience ».

C’est sous la Présidence de Pierre Pflimlin que le Parlement européen avait lancé, grâce aux réflexions du « Club Crocodile » de Spinelli,  l’idée d’une Constitution pour l’union européenne. Cette « Constitution » a été rejetée comme on le sait trop. Mais le « nouveau traité » adopté à Lisbonne sauve les meubles d’une maison inachevée et permet d’envisager  d’autres progrès.

Oui, c’est la fin d’une crise grave…Même si les ratifications peuvent encore poser quelques problèmes.

Oui, c’est une « belle victoire » de la France, puisque l’initiative en revient à Sarkozy qui a réussi l’exploit (il faut le reconnaître !) de surmonter le « NON » de Français par un tour de passe passe sémantique et (il faut aussi le reconnaître !) démocratique.

Oui, c’est une belle victoire de celles et ceux qui dans l’Union, (Angela Merkel, Jean-Claude Junker, Tony Blair (mais oui !), la présidence portugaise, Barosso en tête) ont su faire quelques petits miracles en sachant sacrifier l’accessoire sur l’autel de l’essentiel.

Mais la satisfaction d’aujourd’hui ne se mesure qu’à l’aulne de ce qu’aurait été la déception en cas de mission non  accomplie… Elle tient plus du soulagement que de la joie. Elle est surtout une occasion de donner du souffle à bien des exhortations. Car c’est maintenant que les choses sérieuses doivent commencer, ou recommencer. Ce Conseil de Lisbonne ne restera dans l’histoire comme une grande date que si les perspectives qu’il  a  dégagées sont bien exploitées.

N’insistons pas sur les points faibles de cet accord (ils pourront être surmontés) pour ne mettre  en relief que son principal avantage : le traité nouveau doit permettre d’éviter qu’une Union plus étroite, plus juste, plus utile, soit rendue impossible par des refus de quelques uns.

Cela signifie-t-il que nous allons vers une « Europe à la carte » ou « à plusieurs vitesses » ? Mais assez de mots piégés : L’Union est déjà à géométrie variable et à plusieurs vitesses. Et cela ne tue pas pour autant son caractère « communautaire ».

« Communautaire » : c’est sans aucun doute le mot qu’il faut remettre en mode si l’on veut que l’Union progresse.  Et, sur ce point, les responsables français ont bien des progrès à faire : dans l’application et l’amélioration de ce qui existe déjà et dans les propositions qui sont avancées (Union méditerranéenne, notamment).

Si l’unité européenne ne joue pas à plein ses effets de « levier d’Archimed », comme disait de Gaulle, si elle reste mal perçue par nombre de citoyens souvent insuffisamment informés (des sondages viennent de le confirmer), si elle ne donne pas à chacune de ses composantes plus de « valeur ajoutée », c’est parce que « l’intergouvernemental » l’emporte trop sur le « communautaire ». Et parce que la « dimension européenne » n’est pas suffisamment prise en compte dans des politiques nationales trop nombrilistes.

 Ce « nombrilisme » et ces vues basses n’ont pas permis de   donner corps à toutes les espérances de la « Stratégie de Lisbonne ». Que ce « nombrilisme » (cet « escargotisme », redirait Tomi Ungerer) ne gâche pas les espérances débloquées par le présent accord de Lisbonne.

Daniel RIOT

18/10/2007

Cécilia, " femme libérée": Cookie Dingler à la Une

Allez savoir pourquoi:j'ai depuis le début de l'après-midi le tub de Cookie Dingler en tête... Il est vrai que d'autres ont la "cécilia" de Joe Dassin  à l'esprit. En France tout se terline par de chansons, non? A propos, aux Etats-Unis se dévelopent les "fêtes de séparations" où l'on donne autant d'éclat aux divorces qu'aux mariages. A quand une grand Fête de la "rupture" à la Lanterne, ou chez Louis XIV? Soller voit bien un remaraige rapide entre Nicolas et Rachida (ce qui est difficile, puisque Dati est l'amie de Cécilia). Pascal Bruckner, lui, verrait bien une union Nicolas-Ségolène: une vraie "ouverture" pour une vraie "rupture"... Ce serait royal, en effet. La France s'amuse: "tout va très bien madame la marquise"... C'est jour de grève, pourtant. Il nous faut bien un système de service public (d'humour) minimum...

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"Elle est abonnée à Marie Claire
Dans L'nouvel Ob's elle ne lit que Brétécher
Le monde y a longtemps qu'elle fait plus semblant
Elle achète Match en cachette c'est bien plus marrant

{Refrain: 2x}
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Au fond de son lit un macho s'endort
Qui ne l'aimera pas plus loin que l'aurore
Mais elle s'en fout, elle s'éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de "je t'aime"

{Refrain}

Sa première ride lui fait du souci
Le reflet du miroir pèse sur sa vie
Elle rentre son ventre à chaque fois qu'elle sort
Même dans "Elle" ils disent qu'il faut faire un effort

{Refrain}

Elle fume beaucoup elle a des avis sur tout
Elle aime raconter qu'elle sait changer une roue
Elle avoue son âge celui de ses enfants
Et goûte même un p'tit joint de temps en temps"

EN VIDEO: Vivement Dimanche >>>>>>>

Sarko en célibataire à Lisbonne

A LIRE SUR RELATIO >>>>>>>>>>>

fragment de pensée

 « La gloire est le deuil éclatant du bonheur. »

 Germaine de Staël

Fin du Vaudeville d'Etat:la "rupture" consommée"

Fin du feuilleton? Presque.... Cécilia et Nicolas Sarkozy ont annoncé, aujourd'hui, leur "séparation par consentement mutuel", a indiqué l'Elysée dans un communiqué de quinze mots. "Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire".

 Question de vocabulaire: on parle de "séparation" et non de "divorce". Nuance de pudeur ou différence juridique? No comment...

Vraie question: pourquoi avoir tant attendu pour annoncer publiquement ce qui ne serait qu'une affaire privée si Sarkozy lui-même n'en avait pas fait une affaire publique? Enfin, Paris Match, sans info mais avec photos exclusives, tire à un million d'exemplaires aujourd'hui. Qui parlait de crise de la presse?

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Cécilia et Nicolas Sarkozy étaient mariés depuis 1996. Des rumeurs persistantes faisaient état depuis plusieurs jours de la séparation du couple présidentiel, alimentées par les absences répétées de la première dame aux côtés de son mari. Le chef de l'Etat est attendu ce soir à Lisbonne pour un sommet européen. Cécilia Sarkozy aura connu un passage à éclipses de cinq mois à l'Elysée, marqué autant par ses apparitions officielles que par ses absences. "Mon seul problème, au fond, c'est Cécilia", avait confié le président français peu après son élection, dans des entretiens avec des journalistes. L'inquiétude du chef de l'Etat semblait fondée.

 "Je ne me vois pas en First Lady, ça me rase", avait déclaré Cécilia Sarkozy en 2005 à un magazine de télévision. Voici la France sans "Première Dame". Personnellement je m'en moque complètement. Je souhaite simplement  à chacun des deux de vivre le mieux possible cette "rupture". Mais, ils se moquent certainement de ce que je peux souhaiter. Alors...

Maintenant, j'en vois déjà en train de surveiller les messages sur le net:"HM bien sous tout rapport cherche JF de qualités susceptible de devenir première Dame de France". Mais non: les services du courrier de l'Elysée sont déjà débordés par des CV de qualité...

J'en vois aussi qui tentent déjà de réécrire l'histoire. De la politique spectacle les "belles images" d'une famille "bien recomposée" lors de l'intronisation de Sarko à l'Elysée? De la frime? Du théatre? Du cirque?  "J’ai fait mon devoir. J’ai emmené Nicolas là où il fallait qu’il aille", aurait dit Cécilia ... Mais maintenant, comment et où ira-t-il en "solo", notre Sarko? Déjà, ses cravattes sont choisies avec moins de bonheur qu'avant, si j'en crois une consoeur qui a un sens de l'observation que je ne peux avoir... Et qui va le conseiller dans l'avenir, y compris dans les nominations ministérielles? «Certains ont été nommés ministres grâce à elle, d'autres ne l'ont pas été à cause d'elle», avait dit, en temoin direct, un responsable de l'UMP...

Ce n'est pas dans la presse que cette "séparation" fait le plus de bruit. C'est à la Cour. Une "Madame de Maintenon" en moins, c'est des points d'interrogations en plus... Si L'Elysée nous était conté!

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17/10/2007

Cécilia/Nicolas : Quand le silence fait parler…

Pouvoir et sexe. Un vieux couple. Qui brise bien des liens ! Les bibliothèques débordent de bons textes… Rien ne nouveau sous le soleil. Et rien de neuf sous les nuages. Ou plutôt si : en notre République, un divorce du chef de l’Etat ne peut se faire que par « consentement mutuel ».

C’est visiblement ce qui complique le dénouement d’une séparation annoncée et différée pour cause d’échéances électorales, puis de fête du couronnement, puis d’état de grâce. Tout de même, le conte de fée peut finir sans se terminer par des vilains comptes, non ? 

Quel scrutin (cela dit entre parenthèses)  cette élection présidentielle 2007 ! Les deux finalistes en sont sortis,  cœurs brisés et foyers explosés ! Politique et amour… La « poeple-politique », qui exige des campagnes « glamour », n’arrange rien, bien sûr.

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Bon. On écrit bientôt le mot FIN à ce (mauvais) feuilleton d’Etat ? Le silence trop entretenu a déjà trop fait parler.

Un vaudeville ? C’est bon pour la vente des magazines et des journaux, paraît-il…Surtout quand il commence dans la salle des mariages de Neuilly!  Même les bobos adorent les pièces de boulevards… Une pantalonnade ? C’est bon pour l’audimat, même si le suspense vient à manquer… Une affaire d’Etat ? Internationale, même : CNN en fait son « ouverture »… quand TF1, pourtant  championne toute catégorie du voyeurisme au nom du « droit de savoir », observe (ce soir encore) la pudeur mensongère qu’implique le respect hypocrite de la chose privée, même chez les exhibitionnistes authentiques. C’est l’histoire des « habits du roi »… sans enfant pour dire ce que tout le monde voit.

Un casse-tête pour les services du protocole de l’Elysée ? Assurément. Ils  doivent travailler plus sans gagner plus… Et Mazarin, pardon, Claude Guéant, a dû « mettre la pression » pour tenter de clarifier les choses, entre Cécilia la décidée et Nicolas le non résigné… Secrets de Cour. Une plume inspirée en fera un roman à succès, n’en doutons pas. « Cécilia » : rien que le nom fait un titre qui sonne bien.

Plus simplement, il s’agit d’une affaire de cœur, commencée dans la concupiscence déclarée et poursuivie dans la passion fusionnelle exhibée, qui finit tristement. C’est toujours douloureux, les « ruptures ».Cabu  l'avait annoncé voilà logtemps déjà.

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Mais si on  accorde à cette petite affaire ici un peu d’attention, bien tardivement, en faisant une concession à la pression de cet air du temps si détestable, c’est surtout parce que cette historiette constitue une illustration de l’un des points faibles de la Super Communication de l’Hyper communiquant qui nous gouverne: les mélanges des genres peuvent devenir explosifs…

Pauvre porte-parole de l’Elysée ! Cela doit être dur de dire aussi souvent depuis si longtemps que l’on n’a rien à dire sur ce qui fait causer tout le monde. Mais Neuilly vaut bien quelques sacrifices de Polichinelle.

Sur ce sujet qui doit donner des frissons dans les cheveux à Mireille Dumas, j’ai bien aimé l’édito  de Christian Barbier dans l'Express. Mais oui, Sarkozy s’est fait piéger lui-même,  par lui-même ! Vie privée, vie publique: il a été le premier à fonfre et confondre les deux... 

Mais cela n’est pas grave pour lui dans ses fonctions : dans sa solitude glacée l’Hyper Président va compenser en recettes de compassion ce qu’il vient de perdre en points de popularité en raison des vrais problèmes de la France…

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« Tout de même, cette Cécilia, quelle ingrate ! Vous vous rendez- compte ? Un homme comme lui, avec une vie de princesse. Oh ! Non. Ce n’est pas juste, lance l’une de mes épicières préférées… 

-          C’est triste d’être un pays sans première Dame !, se plaint une acheteuse de pain

-          Ne vous en faites pas : Elles vont se bousculer les courtisanes ! Une de perdue, dix de gagnées, surtout quand on est Roi », sourit un bon monsieur au sourire de grand sage qui en a vu d’autres.  

Mais Sarkozy n’est pas au bout de ses peines : s’il est une maîtresse exigeante, capricieuse et « jamais contente », c’est la France, Monsieur. Et ce jeudi c’est la grève dans des transports qui ne sont en rien amoureux.

Daniel RIOT

Corinne Lepage: Pour la clause du citoyen européen le plus favorisé

 La préparation de la Présidence française de l’Union européenne 

Commentaire RELATIO par Daniel RIOT : OUI à l’EUROPE PAR LE HAUT

« Imposer, dans l’Union européenne,  la clause du citoyen le plus favorisé »...Cette démarche de Corinne LEPAGE s’inscrit tout à fait dans la logique de l’Europe unie par le haut, harmonisée par le meilleur. Une Europe animée par le souffle de l'excellence!

C’est cette unité dans le respect des diversités, des spécificités, des règles de subsidiarité qui inspire (le plus souvent) les travaux du Conseil de l’Europe.

C’est cette « Europe par le haut » que visaient les pères fondateurs de la CECA et du marché commun. C'est cette Europe de l'excellence qui peut répondre aux attentes des citoyens.

Mais c’est cette « Europe par le mieux » qui est trop souvent sacrifiée sur deux autels:

>>>Celui du manque de vision extra-nationale, d’excès d’ « escargotisme » (pour reprendre une formule de Tomi Ungerer), de vues trop basses, de paresse politique...

>>>Et celui de compromis imposés par une règle de l’unanimité trop utilisée qui entraîne des décisions inspirées par la recherche du « plus petit commun dénominateur ».

Il est évident que Corinne Lepage a toutes les qualités, y compris juridiques bien sûr (et cela compte énormément dans ce domaine comme dans d’autres), pour faire progresser cette « Europe par le haut ».

Ce n’est pas la teneur et la qualité de son rapport qui peuvent susciter des doutes : c’est la volonté politique qu’il faudra à la Présidence française pour que cette clause « du citoyen le plus favorisé » devienne une réalité.

Le plus « favorisé », c’est le citoyen  qui est le mieux protégé, qui bénéficie de la plus grande qualité de vie, qui est le plus respecté, qui est incité à faire le plus et le mieux pour la « Planète Terre », notre « Village Terre ».

Daniel RIOT

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LES FAITS : UNE MISSION POUR BORLOO DANS LA PERSPECTIVE 2008

Corinne Lepage, ancien Ministre de l'environnement et présidente de CAP 21, vient d'accepter une mission gouvernementale proposée par le Ministre de l'écologie et du développement durable, Jean-Louis Borloo : une mission technique du suivi du Grenelle de l'environnement en vue de la présidence Française de l’Union en 2008 portant sur les conséquences juridiques du Grenelle. Elle devra remettre son rapport fin mars 2008.

« Cette mission n’est en rien un changement de mon positionnement, de celui de Cap 21 ou de celui du moDem », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse organisée par Yveline Moeglen,(déléguée 67 de Cap 21, membre du groupe municipal UDF-MoDem présidé par Chantal CUTAJAR et membre de « Strasbourg je t’M »).

« Je ne rallie rien ni personne. J’ai refusé le poste ministériel au Quai D’Orsay que Bernard Kouchner m’avait proposé et je ne regrette rien. Jean-Louis Borloo me propose une mission sur des sujets que je connais bien. Il est normal que je mette mon expérience au service de mon pays. D’autant plus que j’espère des avancées dans des secteurs et sur des sujets qui me tiennent à cœur. Et qui me semblent essentiels.

En matière d’environnement, nous avons énormément de retards dans l’application des directives environnementales et dans une série de secteurs. Des retards que nous payons et que nous paieront cher, très cher. Ce doit être l’occasion de rattraper nos retards et, pourquoi pas, de prendre de l’avance dans certains domaines.

Dans la perspective de la présidence française, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour tenter d’imposer un principe simple que l’on peut appeler « la clause du citoyen européen le plus favorisé ». Etudier et comparer ce qui se fait de mieux en matière de protection de l’environnement, de développement durable, de cette éco-économie qui est la colonne vertébrale de notre philosophie d’action au sein du MoDem qui doit devenir LE parti du développement durable".

A LIRE AUSSI >>>>>

LE DOSSIER DE TOUTEL'EUROPE.fr SUR L'ENVIRONNEMENT >>>>>>>>>

LE SITE DE L'AGENCE EUROPENNE POUR L'ENVIRONNEMENT >>>>>>>>

15/10/2007

Strasbourg : Tentative d’OPA sur le Modem…

Les ambitions masquées de Jean-Claude  Petitdemange, « préfet hors cadre »

(ma petite chronique strasbourgeoise) 

Voilà près de trois semaines que j’attends que l’info sorte dans les « dna ». Je dis info, pas rumeur… Alors, je joue ici les « chuchoteurs » (salut Jean-Louis !). Après tout, ma « petite chronique strasbourgeoise » est faite aussi pour cela…Le « pape strasbourgeois des souverains poncifs », comme me promeut la « droite strasbourgeoise », a encore quelques bons restes d’info-fouineur, peut-être.

On le sentait venir de loin. Son dessein s’est fait dessin : Jean-Claude Petitdemange, préfet hors cadre, a fait un travail de fourmi rouge, ou de taupe,  pour tenter une OPA sur le Modem strasbourgeois.

OPA : Offre privée d’achat, en l’occurrence, puisque rien n’est public.

Ce maître en combines politiciennes doté d’incontestables talents dans l’une des capacités les plus répandues en politique, celle de nuire, a adhéré au MoDem. Pourquoi pas ? Le Modem est ouvert à tous les talents. Et il a lui des « amitiés » dans tous les rangs, sur tous les bancs, c’est un signe d’ouverture d’esprit, non ?

Mais il le fait discrètement, en catimini, à huis clos,  au « sommet », au siège de l’udf-Modem, à Paris, en tirant parti de quelques unes des nombreuses relations qu’il a pu se faire dans ses fonctions de chef de cabinet de Rocard (qui l’a rayé de son carnet d’adresses). Et en ignorant, avec cette élégance chargée de mépris et d’arrogance qui est l’une de ses caractéristiques, les militants locaux de ce Mouvement démocrate qui gêne tant de monde, à droite, à gauche et…au centre !

C’est qu’il sait « présenter bien » Jean-Claude ! C’est qu’il est tout sauf bête ce « Pasqua de gauche »,  comme je  le surnommais voilà longtemps déjà, à une époque où au PS tout le monde chantait ses louanges !  Et c’est qu’il sait, en tout et pour tout, se montrer fin calculateur, comme tous ceux qui se placent au-dessus de la morale ordinaire pour ne suivre que leur propre « moraline » (selon l’expression de Nietzsche).

Ceux qui ne le connaissent pas ou mal lui font facilement confiance. Il a même l’art  de faire illusion. Un vrai séducteur, sous certains angles (politiquement, bien sûr). Malheur à celles et ceux qui s’en rendent compte trop tard.

Comme il a aussi un bagout de représentant de commerce quand il se vend lui-même, il « embobine » facilement… « Il est très bien ce type ». Mais bien sûr ! S’il savait construire aussi bien que détruire, il serait même très, très, très fréquentable. J’ai même failli me faire piéger, voilà bien des années, quand il animait un club de réflexions transformé en cercle de conspirations…

Enfin, il est très utile, Jean-Claude. Pour les adversaires de ses amis. Fabienne Keller et Robert Grossmann ne pourront jamais le remercier comme il convient : c’est grâce à lui qu’ils sont entrés dans l’histoire de  Strasbourg.

 Pascale Jurdant-Pfeiffer aussi peut lui dire « merci » avec chaleur : c’est grâce à lui qu’elle a pu gagner(face au FN) des élections cantonales où le « traître à sa cause » (conseiller sortant) avait obtenu un score que n’importe quel homme politique un peu lucide aurait considéré comme un désaveu et une invitation à une retraite bien méritée. Un sortant sorti avec 13% des voix : quelle belle popularité !

Au MoDem, Jean-Claude Petitdemange  (silencieux pendant les Présidentielles comme durant les Législatives) se dit qu’il a un ou deux bons coups à jouer. Il y a un tel « bordel » au centre, avec les UMP venus du centre, le Nouveau Centre, les Udf  fidèles à Sarko mais ennemis du tandem, ou amis du tandem mais ennemis de Sarko, les Udf-Modem qui détestent Cutajar et ceux qui adorent Cutajar, les nouveaux centristes et les anciens, les (faux) « historiques » et les (vrais) histrions, les centreux, les centraliens, les décentrés, les excentrés, les centraux…Y a bon marécage !

En plus,  de nouvelles figures brouillent les cartes dès que le jeu semble se clarifier. Pascale, la corde au cou, s’agenouille aux pieds du tandem et fait plusieurs me culpa, mais voici qu’émergent Marc (qui rallie publiquement par voie (x) de presse Chantal puis se dédit comme s’il n’avait rien dit) et, ralliée elle aussi par adhésion directe à Paris, Ludmilla la magnifique.

L’auteure d’un livre (dont les bonnes feuilles sont publiées sur le blog des dna au grand dam de Robert Grossmann) annonce sa candidature à l’investiture juste après avoir affirmé publiquement qu’elle ne briguerait pas  la tête de liste ! On peut changer d’avis, non ? Il n’y a aucun mal à cela. Et elle veut l’investiture sans rejoindre le groupe municipal de l’udf-Modem ! Et alors ?

Comme dit le « déblogueur » qui lui sert d’attaché de presse (ou de chef du protocole, puisque c’est lui qui adresse les invitations à un dîner-débat), « personne ne peut revendiquer une quelconque légitimité ! »).  Ben voyons…

Il y a les « centro-n’importquoistes », aussi : je les avais oubliés, ceux-là ! Y a bon, vraiment bon, marécage ! « Petitdemangetout » avoir bon appétit ! De plus en plus.

Le calcul devient simple : la commission nationale d’investiture du MoDem va se retrouver avec trois dossiers, ou plutôt avec deux puisque celui de Marc n’existe que parce que la locale des dna y prête (un peu) attention. Que se passe-t-il, parfois, dans ce cas de figure ? Le « troisième homme » n’est pas que viennois…

Jean-Claude Petimanche (pardon mon clavier patine) Petidemange,  fort de ses « excellentes relations » avec quelques membres de la dite commission peut arriver, en potion (position) de synthèse. En plus, il pourrait être servi par un argument (fort répété  en ville) : « Les Strasbourgeois en ont marre d’avoir des femmes à la mairie… Catherine, Fabienne, çà suffit ! On a donné ! »

C’est qu’il a un programme, Jean-Claude : le meilleur de ce qu’ont préparé les autres… La vie quotidienne des Strasbourgeois : il ne chante que cela le « préfet hors cadre » ! Qui n’en fait pas sa priorité? « Synthèse » : un mot qui serait nouveau dans son lexique personnel plutôt marqué par « antithèse »  Et,en plus,  il a sa vieille  équipe, Jean-Claude. « Strasbourg citoyenne ». Qui est prête à discuter avec tout monde , sauf avec la droite UMP et avec le PS. Le blog de la locale des dna qui est devenu (par ce qui est publié…et par ce qu’il n’y est pas) un révélateur des faux et des vrais calculs des uns et des autres (y compris des journalistes) lui a même consacré une longue note. « Strasbourg citoyenne » rajoute un peu de confusion au centre : Cela arrange qui, à votre avis ?  

Le « briseur de Catherine qui veut briser Roland » compte en profiter en tous cas. Avec ses deux fers encore au feu : son OPA sur le MoDem Strasbourg et son Oui au tandem « en quête d’un Kouchner ou d’un Bockel local » (Rien de moins !).

Pour l’heure, il se concentre sur l’OPA, le « préfet hors cadre ». Avec le soutien ou dans le dos de Ludmilla Hug- Kalinkova ? De cela, je ne sais rien.

Drôle d’attelage en vue, en tous cas : l’une veut la perte du « tandem », l’autre l’échec de Ries. Comme s’il suffisait de faire perdre pour gagner. Pour le Modem l’enjeu suprême n’est pas de gagner ou de perdre, mais de faire gagner Strasbourg !

Un de ses proches  me dit que Hug-Kalinkova serait sûre de « faire un tabac » si Petitdemange était tête de « sa » liste…D’où l’idée de l’OPA, peut-être… Les interdictions de fumer dans les lieux publics ne sont pas (heureusement) des interdictions de rêver. Mais les illusions tuent, parfois. Allez savoir. L’heure n’est pas aux pronostics…

Ce dont je suis sûr en revanche c’est ce que l’émergence de Petitdemange en première ligne ferait perdre au MoDem à Strasbourg et ailleurs. Rassembler n’est pas jouer les sacs poubelles des déçus, des aigris et de ce que De gaulle nommait les « politichiens ». Or, le « préfet hors cadre » est un « politichien hors normes »

Il me semblait que l’appartenance au Modem impliquait l’adhésion à une éthique politique nouvelle, plus rigoureuse, plus honnête, moins calculatrice. Si faire de la politique « autrement », c’est savoir avancer caché et masqué, marcher en crabe tout en  tentant d’imiter les crocodiles (belle gymnastique !), le Modem sera condamné sans modération. Mais le pire n’est jamais sûr, surtout quand l’objet de l’OPA n’a rien à vendre. Surtout pas son âme…

Daniel RIOT

L’Europe trop oubliée dans le « Grenelle de l’environnement »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO :Sur quoi le « Grenelle de l’environnement » va-t-il déboucher, en France ? Quelques petites mesures à effets d’abord médiatiques, quelques réformettes à portée limitée et quelques perspectives de réformes structurelles qui de toutes façons s’imposaient, et qui sont déjà en cours (en Allemagne, par exemple).

D’ailleurs, les industriels de la voiture et de la construction, principaux intéressés, sont prêts à jouer un jeu qui les arrange économiquement. Et en dehors des gros exploitants qui sont plus des industriels de l’agro-alimentaire que de vrais paysans (par définition soucieux du paysage, donc du pays, donc de notre planète nourricière), les agriculteurs sont ouverts à tout ce qui peut non seulement préserver l’environnement mais l’améliorer.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille minimiser la portée de l’initiative. Mais les mesures structurantes attendues, notamment par Nicols Hulot, et espérées par tous ceux qui savent que l’écologie non seulement ne freine pas le progrès mais le favorisent, comme Corinne Lepage, ne sont pas encore prises. Mieux vaut être agréablement surpris que déçu par excès d’optimisme…

En attendant cette « heure de vérité » des vrais choix et des vraies décisions, un constat qui vaut déjà regret :la dimension européenne n’a pas jusqu’à présent la place qu’elle aurait du et pu avoir dans les discussions. Certes, l’Europe, on l’a évoquée, invoquée voire exhortée, mais « l’Europe », ce n’est ni un concept, ni une abstraction, ni « les autres »… L’Europe, c’est nous. C’est ce que nous voulons en faire. C’est ce que nous pouvons en faire en entraînant nos partenaires. « L’Europe verte » ne doit plus être le surnom de l’Europe agricole, mais devenir le nom de l’écologie européenne.

1)      Nombre de directives européennes n’ont pas ou ont mal été transcrites dans le droit français. C’est scandaleux! Nul besoin d’un « Grenelle » pur cela, mais des mesures courageuses pour appliquer des décisions qui ont été prises par tous, y compris …par nous. L’écologie, c’est d’abord une éthique du  respect. Commençons par respecter la parole donnée par la France. C’est vrai pour les nitrates et pour les eaux sales, mais pas seulement…

2)      Sur nombre de problèmes, la France est en flèche par rapport à ses partenaires européens : l’utilisation intensive et abusive des pesticides notamment. Ou à la traîne : le tri des déchets, notamment. Pourquoi ne pas pour chacune des sources de pollution nous calquer systématiquement sur ce qui se fait de mieux dans chacun des pays européens. C’est cela « l’Europe par le haut, l’Europe par le mieux ».

3)      Sur nombre de pistes ouvertes par le « brainstorming » écolo, ce sont des solutions européennes qui seules peuvent améliorer les choses. Trois exemples significatifs sous-entendent des mesures fiscales : Taxe carbone, taxe aux frontières (taxe Cambridge), fret routier…

POUR DES ECO-TAXES EUROPENNES

Certes, l’Europe fiscale n’existe pas encore (hélas!) et les Britanniques notamment y sont hostiles, mais pourquoi ne pas sur ces sujets là créer des « impôts européens » dont les recettes seraient effectivement destinées à donner des moyens d’actions et d’impulsions à l’Union européenne.

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14/10/2007

MoDem: Pas d'Orange...orange sans verts orangers

L'écologie, comme éthique, comme culture, comme politique

 A la veille de la venue à STRASBOURG, de Corinne e2cd5b0669bbdfd19f684d76aec19015.jpgLEPAGE, il est intéressant d'étudier de près (ce que l'équipe réunie par Chantal CUTAJAR fait depuis des mois) quelques unes des contributions de Cap 21, dont Yveline MOEGLEN est déléguée départementale,  aux réflexions du MoDem

"Ecolo, rejoint le MoDem", ce n'est pas qu'un slogan, lancé pendant les campagnes présidentielles et législatives. L'Orange est le Vert vivent en harmonie, en effet. Pas d'orange...orange, sans verts orangers! 

 La vraie écologie politique, c'est celle qui met l'écologie en souci éthique, en culture,  au centre de la politique, ou plutôt Du politique. Loin des dogmatismes et des intégrismes archaïques et loin aussi des idées-gadets agitées par mode plus que par conviction à droite et à gauche.

S'il est un domaine où les clivages politiciens binaires sont vraiment inadaptés, c'est bien l'environnement. D'où l'eco-économie, l'éco-efficacité, l'éco-responsabilité, l'éco-citoyenneté, la dimension écologique de toute décision à prendre, localement et globalement. Quelques soient les résultats du "Grenelle"...

 

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Voici un document parmi d'autres (signalés en liens) de Cap 21  qui concernent directement les élections municipales. Merci de faire part de vos remarques et réactions, ici ou sur le forum ou la boite aux lettres de Strasbourg je t'M.

 

DR

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Elections municipales : projet de charte « Pour des Territoires et Communes Durables »

Le développement durable est nécessairement au coeur du projet humaniste que doit porter le Mouvement Démocrate. Il implique une révolution culturelle importante dans la conduite des affaires publiques et donc des élus suffisamment formés pour impulser de nouvelles dynamiques territoriales.

A l'approche des élections locales de mars 2008, CAP 21 propose que les élus qui porteront les couleurs du Mouvement démocrate se dotent d'une charte « Territoires et Communes Durables » qui fixe des principes de mise en oeuvre du développement durable sur les territoires et offre des propositions d'actions très concrètes que ce soit en matière d'urbanisme, d'environnement, de transports, de logement, d'éducation, de culture, de gouvernance.

LIRE LE PROJET DE CHARTE SUR CCS (Les Conférences de Citoyens de Strasbourg) >>>>>>

Internet: L'association de soutien à Chantal Cutajar citée en exemple au MoDem

 "Et si j'étais maire" de "Strasbourg je t'M"...

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Lu sur Forum démocrate

72f154ff98cd6179cf526843ac0abf4b.jpgDans un article (repris sur le site des Conférences de Citoyens de Strasbourg)  très intéressant, une Démocrate de Rouen, qui anime un blog très vivant, Laure Leforestier, cite sur Forum DEMOCRATE  l'initiative de "Strasbourg je t'M" de lancer "Et si j'étais maire" en exemple de ce qu'il faut faire.

"Comment impliquer les électeurs dans le débat citoyen ? 

La récente élection présidentielle a su passionner les Français et la participation massive aux votes en fut l’éclatante démonstration. Cette première satisfaction citoyenne fut quelque peu assombrie par la faible participation au scrutin législatif. Saturation ? Impression que tout était joué d’avance ? Prise de conscience du pouvoir relatif de l’Assemblée Nationale ? On peut aussi se poser la question de savoir comment les débats furent exposés dans les médias.

Dans ma propre expérience, j’ai été assez globalement ignorée par les médias locaux trop empressés à évoquer les duels du second tour UMP-PS. La seule fois où la télévision régionale m’a donné la parole fut au lendemain du premier tour pour savoir ce qu’il allait advenir de mes 9,36 % !

Nous risquons de rencontrer ce même problème aux municipales. A nous de mettre le débat citoyen à la portée des électeurs et d’imaginer, en plus des actions communément utilisées lors des campagnes (tractages sur les marchés, boîtages, porte-à-porte, débats et réunions) des actions résolument originales et innovantes.

L’apparition d’Internet dans le débat politique et son audience croissante, quoique encore limitée, m’incite à citer l’initiative de Chantal Cutajar, candidate à l’investiture Mouvement Démocrate à Strasbourg. Très présente sur la toile avec de nombreux blogs, elle vient de créer un forum Et si j’étais maire ? : une boîte aux lettres qui propose aux citoyens d’envoyer leur contribution pour "changer la ville". Ces contributions seront regroupées dans un livre blanc qui sera remis à la prochaine équipe municipale, quelle qu’elle soit." Laure LEFORESTIER

FORUM DEMOCRATE >>>>>>

LE SITE DE LAURE LEFORESTIER >>>>>>

LES CONFERENCES DE CITOYENS DE STRASBOURG >>>>>>>

12/10/2007

Strasbourg: Du nouveau sur le web

Strasbourg demain ? Appel à idées, à suggestions et à dialogue.

Les seuls propriétaires d’une ville sont ses habitants. Les   vrais acteurs d’une ville sont ses citoyens. La démocratie représentative est par définition délibérative, participative, citoyenne. « Rendre Strasbourg aux Strasbourgeois » : c’est l’un des buts de « Strasbourg, je t’M ». Dans cette perspective, cette association  « couleur orange » travaille à un développement de la e-démocratie, de la e-administration, de la web-participation. Dans la ville de Gutenberg, on doit savoir plus et mieux qu’ailleurs tirer parti des nouvelles technologies et les mettre au service de l’Homme et de la société.

Il ne s’agit pas, pour elle,  de construire un projet et un programme uniquement à partir de ces « démarches participatives » dont on parle tant ici et là sans toujours en respecter ni la lettre ni la logique : Chantal Cutajar et son équipe ont mis au point un programme qui sera publié en temps opportun pour « agir local » en appliquant le « penser global » du MoDem tel qu’il est défini par François Bayrou et les autres co-fondateurs du Mouvement démocrate, dont Corinne Lepage.  

Mais cet « agir local » et ce « penser global » reposent sur une  citoyenneté active et sans cesse approfondie qui permette d’améliorer ce « Vivre ensemble » si perfectible. STYRASBOURG, DE TOUTES NOS FORCES!

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Je reproduis ici le communiqué de Guillaume BECHADE, le Président de Strasbourg je t’M

« Dans moins de 150 jours, la campagne pour l’élection municipale de mars 2008 battra son plein. Dans une démocratie vivante, active, renouvelée, nous invitons chaque citoyen à préparer cette grande échéance pour la vie de notre cité.

Une volonté de changement se manifeste à Strasbourg pour une autre politique, dans un autre état d’esprit et surtout pour des relations apaisées et fructueuses entre le futur exécutif municipal et la population.

Dans cet esprit d’ouverture et de renouveau, l’Association Strasbourg je t’M (http://strasbourgjetm.blogspirit.com)  lance, à partir du samedi 13 octobre 2007, deux nouveaux sites internet de consultation des Strasbourgeoises et Strasbourgeois.

Ü Et si j’étais maire ? Le forum  (www.etsijetaismaire.eu) se veut un espace de rencontre, de dialogue et de confrontation d’idées pour le Strasbourg de demain.

Ü Et si j’étais maire ? La boîte aux lettres (www.etsijetaismaire.blogspot.com) propose aux citoyens d’envoyer leur contribution pour « changer la ville ». Nous regrouperons ces contributions dans un livre blanc que nous remettront à la prochaine équipe municipale, quelle qu’elle soit. »

Alors, à vos ordinateurs ! Sur le forum ou par courriel guillab@gmail.com 

 Ou à vos stylos si vous préférez les lettres plus classiques : Guillaume Bechade : 7 rue Mercière F-67000 Strasbourg

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Ces trois blogs et sites de "StrasbourgJe t'M" s'ajoutent évidemment

 

*au blog politique de Chantal Cutajar, Strasbourg, Jardin de la démocratie. (http://strasbourgjardindelademocratie.blogspirit.com/ )

 

*au blog personnel de Chantal Cutajar (http://chantalcutajar.blogspirit.com/)

 

*et au site de réflexion du collectif les "Conférences de Citoyens de Strasbourg" http://conferencecitoyens.blogspirit.com/ Sur ce site aussi vous pouvez publier, en dehors de toute considération politicienne, et au-delà des clivages politiciens,  des notes de réflexions sur les problèmes de ce temps et de notre société. Textes à envoyer en cliquant ICI.

J'ose rappeler que sur ce blog, je poursuivrai mes petites chroniques strasbourgeoises qui me valent de nombreuses réactions en tous genres... Que celles et ceux qui y prêtent attention en soient remerciés avec chaleur. La plupart des réactions que j'enregistre me conforte dans le soutien à la démarche de Chantal Cutajar qui peut, avec son équipe composée de peronnalités très complémentaires,venant d'horizons variés, faire règner un nouvel esprit dans cette capitale de l'Europe démocratique qui doit mieux assumer sa MISSION européenne et sa vocation humaniste. Et qui doit surtout devenir une Ville où les expressions "Qualité de la Vie" et "Vivre ensemble" ont autant de valeur que de sens.

 

RAPPEL:

 

Le site de François BAYROU >>>>>

 

Le Site de Corinne LEPAGE >>>>>>

 

ADHEREZ AU MOUVEMENT DEMOCRATE >>>>>>

11/10/2007

Les "vents mauvais" français vus par Serge BILE

L’ADN des polygames...

TRIBUNE LIBRE DE  RELATIO: Serge Bilé est journaliste, auteur de plusieurs ouvrages, dont le best-seller Noirs dans les camps nazis, en 2005. Il a également connu un succès avec son second livre La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et publie, le 10 janvier prochain, un essai sur les grands empires soudanais du Moyen-âge. Passionné de musique, il vient d’achever une comédie musicale inspirée de la vie de Nelson Mandela, qui sera jouée aux Antilles et à Paris en avril 2008. Je reprends ici ce que j'ai publié sur RELATIO (en l'approuvant): sa réaction aux polémiques qui font rage en France sur l'utilisation de l'adn pour les regroupements famaliaux, sur les procès de la colonisation  et sur les suites d'une partie du discours de Dakar de Sarkozy. Un discours que BHL n'est pas seul à juger "raciste"

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A l’heure où la France cherche à réduire ses dépenses publiques, il est surprenant que ses députés et sénateurs gaspillent l’argent des contribuables dans un interminable débat sur le regroupement familial, dont on connaissait, par avance, l’issue. Car, que révèleront les tests ADN, qu’on ne sache déjà ? D’abord que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », d’où son retard ; ensuite qu’il reste, même loin de sa base, un indécrottable « polygame », d’où les émeutes en banlieues ; enfin que la violence est « culturelle » chez les Noirs, d’où leur incapacité à s’intégrer ; sans oublier qu’il y a « trop de Blacks chez les Bleus », d’où leur défaite à la dernière coupe du monde de football !

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, avec les économies réalisées, enrichir la bibliothèque de l’assemblée nationale et du sénat, voire celle de la présidence de la république, de quelques ouvrages essentiels, pour les aider à combler leurs lacunes sur l’Afrique, dans la perspective des futures lois sur l’immigration qu’ils ne manqueront pas de voter à nouveau.

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Ils auraient pu, ainsi, acquérir le récent livre de l’historien anglais Hugh Thomas, La Traite des Noirs, qui rappelle, opportunément, qu’au, Moyen-âge, donc bien avant l’esclavage et la colonisation qui l’ont affaiblie, « l’Afrique de l’ouest travaillait le fer et l’acier comme l’Europe au 13ème siècle avant l’utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal ». L’évidence même !

Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou Léon l’Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s’enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l’eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».

Ils fréquentaient l’université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n’avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d’un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. « Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou ».

Faut-il, par ailleurs, rappeler, que L’Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d’écritures qui, pour des raisons historiques, n’ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu’elles.

Faut-il, également, souligner, que c’est au Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango ? Il s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l’intérieur de l’Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au xviiie siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu’il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.

 La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l’ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d’ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :

>>>Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l’homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l’article 16 stipulait, déjà, que « les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ». 

>>>Aboubekr II entreprit de traverser l’Atlantique et de rallier l’Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l’auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
>>>Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de… l’intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.

Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l’hospitalité du lieu, l’histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s’était converti à l’islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d’accorder au moins deux choses à sa ville. La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l’indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu’il oubliât son ancienne ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d’un nombre d’étrangers supérieur à celui de ses nationaux ». 
Ce n’est pas aujourd’hui qu’on entendrait ça !!!


 Serge Bilé

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10/10/2007

Sarkozy de retour de Moscou :Un bilan ...« globalement positif »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO. Un voyage à Moscou n’est jamais négatif… Donc parlons d’un bilan « globalement positif »,  en espérant que « la police des mots » qu’agite tant Fillon n’y verra aucune malice politiquement incorrecte…  Vladimir et Nicolas pouvaient difficilement mieux s’entendre …en l’absence de terrains d’entente ! C’est l’art partagé du désaccord cordial, de la glace non brisé mais pilée, du «je ne t’aime pas, moi non plus, donc c’est clair », du « j’ai mes convictions et tu as les tiennes , donc respect !», du « tentons de faire le moins mal possible, puisque le meilleur est impossible »….

La « franchise » de Sarkozy sur les droits de l’homme, sur la démocratie, sur le pluralisme, sur les valeurs ? … Celui qui ne « veut pas donner de  leçons  en matière de droits de l’homme» a joué les professeurs « de démocratie ». Poutine en a sourit… Angela Merkel, sur les mêmes problèmes, s’était montrée plus nette, plus précise, plus sèche, plus ferme…sans effets de manche, et sans éprouver le besoin de (presque) s’en excuser !

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Pourtant, elle n’a pas, dans son dos,  un André Glucksmann qui joue du tambour ou, dans un coin,  un BHL qui joue de la trompette pour l’inciter à être « ferme sur les principes »… Non, Sarkozy, si tranchant avec la politique russe dans ses interventions de candidats et ses premières prestations de Président n’a pas demandé à Poutine de lui rendre une Légion d’honneur trop généreusement offerte par Chirac…Heureusement d'ailleurs! 

Sarkozy, toujours en quête de mots qui font de la bonne « com’ » a parlé de  « convergences » et de « rapprochements »  sur quelque points chauds (Iran,Kosovo), Poutine, le « très cher Vladimir », a vite étalé de vraies divergences,  clairement, en conférence de presse. Pris de court, Nicolas ! Réduit à se contenter de très peu : « C'est important ce que vient de dire M. Poutine (...) Dire qu'il coopère, qu'il veut continuer à coopérer, c'est quelque chose d'important, je pense que c'est le point essentiel ». Vous imagez qu’il ait dit le contraire, Poutine ?  

Reste la coopération bilatérale qui va sans doute s’accroître (comme entre la Russie et l’Allemagne, d’ailleurs) : c’est  logique, puisque chacun  a à y gagner (sauf si l’excès d’ouverture aux capitaux russes nous met à la merci des tactiques politiques du Kremlin, car les finances de Gazprom sont au services d’une vraie stratégie qui n’est pas que financière)… Nous verrons ! En attendant, il est un signe qui ne trompe pas : pour les suiveurs de Sarkozy, l’événement, c’est la présence dans l’avion présidentiel du retour d’Amélie Mauresmo qui participait à un tournoi de tennis à Moscou. People diplomatie…

Nombre d’observateurs avaient présenté ce voyage à Moscou comme un « test » de la diplomatie nouvelle de la France sarkozyenne. Le « test » n’a pas testé grand-chose…La seule confirmation:les talents de stratége de Poutine!  

Daniel RIOT

EADS : « Que la justice aille jusqu’au bout »…

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO : Un menteur ou un incompétent ? « Les deux », dit le socialiste Montebourg en parlant de Thierry Breton, l’ancien ministre de l’économie,  qui s’est pris les pieds dans le tapis (c’est le moins que l’on puisse dire) de l’affaire EADS. Une « affaire d’Etat », comme dit justement Bayrou qui y voit à juste titre l’illustration de tout ce qu’il a pu dire durant la campagne présidentielle.

Face à cette « affaire d’Etat », Nicolas Sarkozy a eu la réaction qu’imposaient ses devoirs d’Etat. « Je veux savoir la vérité s'agissant de ce qui s'est passé au niveau de l'Etat (…) Si la justice devait confirmer les informations qu'on voit, c'est grave et ça ne peut pas rester sans conséquences (…) « S'il y a des gens qui ont fraudé chez EADS, il faut que la justice aille jusqu'au bout, qu'on connaisse la vérité et que ceux qui se sont comportés de façon malhonnête soient punis à due proportion de ce qu'ils ont fait ».

Bien. Il faudra le prendre au mot. Ce qui implique plusieurs choses : des moyens d’investigations, à charge et à décharge pour tous,  et une totale indépendance pour la justice, des positions claires des représentants de l’Etat au sein du CA d’AEDS (où le siège de Lagardère doit être renouvelé),  un dépassement des liens personnels entre le chef de l’Etat et les intéressés, à commencer par son « frère » Arnaud Lagardère…

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09/10/2007

Politique: Parler "en tant que fille d'immigrés"...

Fadela Amara a raison de dénoncer ce qui est « dégueulasse », mais pourquoi le fait-elle « en tant que » ? …

Elle a raison, Fadela Amara ! « L'ADN, je ne suis pas d'accord parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour notre pays » a-t-elle déclaré. « Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse! ».

Il n’y a qu’un morceau de phrase que l’on peut regretter dans ce jugement qui est d’abord un constat : « en tant que fille d’immigrés ». Moi, c’est en tant qu’homme, en tant que citoyen, en tant que personne, que je trouve « dégueulasses » l’instrumentalisation de l’immigration, l’usage sélectif de l’ « adn » pour les immigrés, les discours de « la plume » de Sarkozy, Henry Guaino,  que BHL traite de  « racistes ».

Quand cessera-t-on de mettre en avant des réflexions ethniques, des pensées biologiques, des explications génétiques, des justifications racialistes ? Fedala, « ni pute ni soumise », soit, mais pas encore libérée de ces réflexes identitaires qui faussent les identités, de ces liens ombilicaux mal coupés, de ces « fille ou fils de… », de toutes ces références qui, au bout du compte, font le (mauvais) jeu de tous les Hortefeux de la planète. 

« Cultive tes racines et plante-les dans les étoiles », Fadela. C’est un proverbe alsacien que je ne me lasse d’asséner et qui existe aussi en arabe… D’ailleurs, tu le dis toi-même : « Je ne veux pas qu'on définisse les gens en fonction de leurs origines, de leur religion. Créer des catégories de population c'est dangereux ». Alors ? Pourquoi se montrer ainsi prisonnière de sa « catégorie » ? Etre une femme (ou un homme) « libre », c’est se libérer de ce qui ne dépend pas de soi. On ne naît pas Personne, on le devient.

Cela dit, c’est bien de se proclamer « libre » et de le montrer dans ses propos, mais être en désaccord sur des questions de valeurs, donc de fond, avec le  gouvernement dans lequel on est et duquel on doit être solidaire, cela doit avoir des limites, non ? D’accord, la « solidarité gouvernementale » est plus une tradition qu’une obligation. « Un ministre, çà ferme sa gueule, on çà s’en va ! », disait Chevènement…

Mais c’est une affaire de conscience pour l’intéressé (e) et une question de calcul pour le chef du gouvernement. Cette cacophonie apparente doit faire, pour l’instant, le jeu de Sarkozy qui doit s’amuser beaucoup, y compris en voyant la tête de son ami Hortefeux. Mais je ne relève cela qu’« en tant qu’observateur » (amusé aussi) …

Daniel RIOT

07/10/2007

« La Voix de la France »

Le Monde en a fait un édito : cela s’imposait. Mais l’information n’a guère eu d’écho, pas même chez les socialistes à l’origine de cette prise de position. Le président du CSA, Michel Boyon - nommé par la droite, comme tous ses collègues -, a envoyé Hollande sur les roses : « Le temps de parole du président de la République n'a jamais été pris en compte par les autorités de régulation de l'audiovisuel depuis 1982 », au motif qu'il ne s'exprimerait pas au nom d'un parti ou du gouvernement, mais au nom du pays. Circulez, Monsieur Hollande, il n’y a rien à voir…

Vos protestations auprès de ce Conseil Supérieur de l’audiovisuel en principe chargé de garantir un certain pluralisme sont nulles et très mal venues. Sarkozy a été élu Président, il a tous les doits de vouloir être omniprésent ! D’ailleurs, les Français l’adorent leur président ! Alors…

Qui plus est,  le très sympathiquement docile Michel Boyon qui est Président parce qu’il a toujours eu l’audace de ne déranger personne,   n’est pas où est pour réfléchir au bien-fondé de telle ou telle pratique : Balladur préside une commission pour cela, non ? Enfin, si quelqu’un ne veut pas écouter et voir Sarkozy, qu’il zappe ou qu’il éteigne sa télé  (dans ce dernier choix, le dérèglement du climat de la planète s’en trouvera amoindri)

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Dessin Antonelli

On pourrait ajouter (comme Drucker s’en est félicité cet après-midi dans son émission de promotion sur Rachida Rachi) que Sarkozy a toutes les qualités pour être le super rédacteur en chef de la « Voix de la France », publique ou privée, puisque TF1 est la reine de l’actuelle Ortf.

Dans ses conditions, à quoi bon remettre en cause  la « règle coutumière » des « trois tiers », selon laquelle les télévisions doivent respecter un équilibre entre les personnalités du gouvernement, celles de la majorité et celles de l'opposition ? Elle n’est en rien caduque dès lors que le chef de l'Etat est aussi chef du gouvernement, chef de la majorité, ministre de l’information et de la communication et téléguideur de l’opposition….

Au fait, il est dans quel tiers, de Villepin en ce moment ? Passons.

Reste à espérer, exhorte Le Monde,  « que, à défaut du CSA, le Comité pour la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur, s'empare de la question et adapte les règles de la communication politique à la nouvelle donne institutionnelle. Quand bien même cela agacerait l'actuel locataire de l'Elysée, ce serait tout à son honneur ». Un joli vœu pieux.

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Antonelli

On pourrait espérer aussi et surtout que les journalistes, et pas seulement ceux de la télévision, n’accordent de l’espace à Sarkozy qu’en fonction de l’importance de ce qu’il dit. Donc de la teneur de l’information donnée et non de la surface de la communication distillée.

Il est vrai que même chez ceux qui paraît-il incarnaient le « quatrième pouvoir » (belle légende !) la mode est à confondre, à rendre synonymes, communication et information… Comme dans les régimes que l’on disait « totalitaires ». Ah oui! On disait propagande à l’époque. Un mot qu’on utilise encore quand on parle de Castro, de Kadhafi ou de Poutine. Alors que le numéro un russe n’est pas en même temps chef de l’Etat et chef du gouvernement, mais successivement….

Quand la communication fait office de politique, il faudrait que les média  servent la politique en contrôlant la « com’» : ce serait cela un « contre-pouvoir » responsable ! Mais on préfère la contestation-gadget (du style du ridicule « un jour sans Sarkozy ») à la conduite responsable… Signe des temps !

Mais restons optimistes : trop de com’ tue la com’, dit-on pour se rassurer. Certains grands communicateurs ont duré très longtemps, pourtant…

Daniel RIOT

Strasbourg: Vous avez dit "démocratie locale"?

Petite chronique strasbourgeoise à partir des dna

Vous avez dit « démocratie locale » ? J’ai souris en lisant les dna de cette semaine avec un mini-dossier sur un maxi-bilan : celui des « conseils de quartiers » de Strasbourg.

*D’un coté des « super citoyens super contents des super élus qui assistent le super tandem qui super-dirigent la super-ville de super-Strasbourg ».

*De l’autre, des « super-déçus »… Où est le clivage ? Les super-contents sont des… porte (bonnes) paroles. Les super déçus sont des gens réalistes, dont certains ont un tort :avoir suffisamment de mémoire pour se souvenir des engagement en matière de « démocratie de proximité » de la liste UDF-UMP-Société civile candidate, devenue UMP élue…

Cela vaut quelques citations.  

>>>Dans l’article de Barbara Romero : « Attablés hier à l'heure du déjeuner autour de Fabienne Keller et Robert Grossmann, les seize porte-parole ont pu passer brièvement en revue leurs actions sur quatre ans. Parmi les projets réalisés en concertation : la fête de quartier de l'Orangerie, la plaque commémorative des bombardements de Neudorf, l'aménagement de la placette des Halles, les Ateliers-mémoire de la Meinau, les chantiers de la presqu'île André-Malraux etc.

Deux cents réunions de commission, 4 341 participants, un budget total de 378 506 € étalés entre 2004 et 2007 : pour l'élue en charge de la démocratie de proximité, Frédérique Loutrel, le bilan est très positif. « Entre les deux mandats, nous avons quasi doublé les moyens, votre activité a été très riche, et grâce à vous, les habitants des quartiers sont devenus des "super-citoyens". C'était une obligation légale, vous en avez fait une réussite locale ».

On se lève, et on applaudit. En imaginant que la gentille Frédérique ait pu dire autre chose : quel bel événement virtuel!

Précision : « Et tous les porte-parole d'affirmer leur apolitisme ». Ben voyons… « Seul regret général : la mise en veilleuse de leur activité, élections municipales obligent... » Allons donc…

>>> Dans l’article de Chantal GRANDGEORGES, sous le titre : « La démocratie participative, une illusion ? » 

Premier témoignage : « André Plouzin a participé aux comités de quartier de l'ancienne municipalité et aux conseils de quartier de l'équipe municipale actuelle. Il a fini par démissionner en même temps que les autres membres du conseil de quartier du centre-ville. Et a perdu ses illusions sur la démocratie participative.

 « Quels que soient les élus, ça ne marche pas. Quand on n'a pas le pouvoir, on est prêt à le partager. Quand on a le pouvoir, on ne veut plus le partager. Il n'y a pas de vaccin contre ça. C'est une déformation politique », déclare-t-il. Pourtant, raconte-t-il, il s'est battu pour la création des comités de quartier. « Si on dit quelque chose contre le projet de la municipalité, les élus estiment qu'on est contre eux. Il a fallu se battre, même du temps de Trautmann. Mais on a quand même obtenu les parkings-relais et les macarons résidentiels pour le stationnement payant au centre-ville. ».

Selon lui, tout dépend de l'adjoint de quartier. « Avec Robert Herrmann, ça se passait mieux qu'avec Marie-Hélène Gillig. Avec Catherine Seegmuller, on n'a pas eu de chance. Certains membres, pourtant de droite et choisis par la municipalité, étaient morts de trouille, notamment des commerçants qui avaient peurs de représailles ». Aujourd'hui, affirme-t-il, même le milieu associatif disparaît. « Il ne sert plus à rien, puisqu'il n'y a plus de grains à moudre. Il n'y a plus de contre-pouvoir possible ». Selon lui, les élus sont en train de « se griller ».

Allons, allons, Monsieur Plouzin : Il ne faut pas désespérer. Sous la gauche, c’était nouveau. Et cela n’avait rien d’évident. C’était avant les « obligations légales » de 2002. Alors, un peu d’indulgence (on va encore dire que je soutiens la gauche !). Sous le « tandem » de droite, c’était un peu différent. Comment organiser de bonnes concertations quand on n’a pas confiance en soi, étant évident que l’arrogance affichée est un signe de méfiance ?… La parano au pouvoir, c’est « vents vilains » sur la ville… Au fait, c’est quoi, cette « peur des représailles » ? Joli climat…

Deuxième témoignage : « Pierre-Philippe Bayart, membre du bureau du conseil du quartier gare, a aussi connu les comités de quartier de l'ancienne municipalité. Il reste persuadé que ça pourrait fonctionner, sous une autre forme. S'il a décroché du conseil de quartier depuis un an, c'est « parce qu'il n'y a plus aucune discussion possible. On est toujours mis devant le fait accompli. Les assemblées plénières sont préparées par le bureau, mais complètement détournées par l'adjointe de quartier qui désavoue l'ordre du jour qu'elle avait signé ». Depuis des mois, il ne se passe plus rien à cause des élections présidentielles, puis municipales. « Pourtant, on dit qu'on n'y fait pas de politique. Alors pourquoi ne pas continuer à exister. Dans certaines villes, les conseils de quartier ont pris beaucoup plus de distance ».

Il estime toutefois que le conseil de quartier devrait être repris. « Ça pourrait fonctionner comme instance de concertation et de communication. Mais pour cela, il faudrait un budget ». Du temps de l'ancienne municipalité, un comité de liaison des associations de quartier s'était formé avec le soutien de la Ville pour l'organisation de forums sur la démocratie participative. « Roland Ries voulait reformater les comités de quartier », se souvient-il »

Ce « reformatage » reste d’actualité, et pas seulement chez Roland Ries !  C’est curieux de voir l’incapacité de nos gouvernants actuels ne pas tenir compte de ce qui se fait de mieux dans les villes européennes les plus authentiquement démocratiques. Mais les esprits de nos gouvernants actuels sont aussi « européens » que la foire du même nom…

Et comment aurions-nous pu avoir une « démocratie locale » vivante, active quand au niveau du conseil municipal l’opposition est méprisée et quand la majorité n’est autorisée à parler que pour exprimer ses accords avec la ligne décidée.

Il n’y a en fait qu’une concertation réelle : celle entre Robert et Fabienne. Ah ! Si les murs pouvaient parler… Mais ils parlent, figurez-vous. Ils crient même, parfois. Mais Chut !  Tout va très bien Madame la marquise… Et puis, « attention aux représailles » !

REPERES : Excellente initiative des dna de reproduire les obligations légales en matière de « démocratie de proximité ». Elles sont vraiment peu contraignantes… « L'article 1 de la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité stipule : « Dans les communes de 80 000 habitants et plus, le conseil municipal fixe le périmètre de chacun des quartiers constituant la commune. Chacun d'eux est doté d'un conseil de quartier dont le conseil municipal fixe la dénomination, la composition et les modalités de fonctionnement. »« Les conseils de quartier peuvent être consultés par le maire et peuvent lui faire des propositions sur toute question concernant le quartier ou la ville. Le maire peut les associer à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des actions intéressant le quartier, en particulier celles menées au titre de la politique de la ville. » « Le conseil municipal peut affecter aux conseils de quartier un local et leur allouer chaque année des crédits pour leur fonctionnement. »

Autant dire que l’esprit compte plus que le texte. Les « super citoyens », comme dit Loutrel,  méritent une super-démocratie de proximité. Qui reste à mettre sur rails… On en reparle pendant la campagne, j’imagine. Il suffirait d’élire quelqu’un qui soit capable de tenir, sur ce terrain,  les engagements pris par le tandem avant son élection (qu'il n'imaginait pas) et pas respectés depuis…

Un "détail où le diable se cache"...

LES MOTS NE SONT JAMAIS INNOCENTS...

Les propos du Premier ministre François Fillon qui a qualifié samedi 6 octobre de "détail" l'amendement controversé sur les tests ADN pour des candidats au regroupement familial "révèlent une stratégie préélectorale préoccupante", a déclaré à l'AFP le directeur général de France Terre d'Asile. Je partage son opinion, avec en tête ce proverbe alsacien:"Le diable se cache dans les détails"... 
"Qualifier l'amendement ADN de détail et juger ridicule l'émotion qu'elle suscite dans une large partie de l'opinion publique révèle une stratégie préélectorale préoccupante de la part du Premier ministre", a estimé Pierre Henry.
"Le mot détail, employé dans le contexte actuel est lourd de sens et ne peut qu'attiser les divisions", a-t-il poursuivi. "Le Premier ministre n'a rien à gagner à manipuler les symboles sauf à considérer que l'agrégation de l'électorat d'extrême-droite autour du bloc majoritaire vaut bien l'instrumentalisation de la question migratoire à 10 mois des municipales".
Ce n'est pas avec ce genre de "détails" que l'on fait ce qui était promis par le candidat Sarkozy:"Une République exemplaire", une "démocratie apaiséee". Et Fillon est trop intelligent pour ne pas le savoir.

 
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