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16/09/2007

A « Riposte » : Le nouveau réquisitoire de Dominique de Villepin contre Sarkozy

Une « Riposte » ? Non, Sire, un réquisitoire…

Dopé, Dominique de Villepin !

Remonté, bien sûr,  par ses démêlés avec la Justice où il se pose en victime d’une injustice programmée par instruction téléguidée (« impressionnée », dit-il). Allez savoir…

Stimulé,  par le souvenir qu’il garde du travail de sape « systématique » orchestré par Sarkozy après sa prise de contrôle de l’UMP en novemnre 2004 (c’est lui  qui le dit)…

Mais, surtout, musclé par les inquiétudes que suscitent chez lui (et chez d’autres de plus en plus nombreux) les politiques menées par Sarkozy dans cette ambiance de « Cour », de « bal masqué » et de paillettes qui règne à l’Elysée devenu siège de ce que Bayrou  appelle « l’absolutisme présidentiel »…

J’avais commis un article dont le titre avait été très repris « De Villepin, chef de l’opposition à Sarkozy ! »… C’est encore plus vrai aujourd’hui, malgré le retour (réussi) de Bayrou et les velléités d’un PS toujours déboussolé ! « Je ne veux être que le chef des propositions », sourit-il dans sa brillante intervention dans l’émission de Serge Moatti sur France 5.

Des propositions, il en fait quelques unes, en effet,  dont une essentielle sur l’Iran où l’on ne doit effectivement pas se laisser enfermer par l’alternative « bushienne » résumée par Sarkozy : « le choix entre la bombe iranienne et le bombardement de l’Iran ».

Si la guerre est toujours une mauvaise solution, il importe de tout faire pour l’éviter. « Diplomates de tous les pays , mobilisez-vous », exhorte-t-il, en craignant que le goût prononcé des « hot-dogs » de Sarkozy (expression semblable à celle utilisée par Bayrou) ne finisse par entraîner la France dans un conflit « pire en conséquences que la guerre en Irak ». Ce ne sont pas les dernières déclarations de Bernard  Kouchner, crédibilisant l’hypothèse du « pire », de « la guerre » qui va le (et nous) rassurer.

Pour de Villepin (qui a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire contemporaine de  la diplomatie française pour son discours à l’Onu sur l’Irak mais aussi pour ses négociations discrètes en collaboration avec les Anglais et les Allemands avec l’Iran), Sarkozy a fait une erreur qui est une faute : abandonner la ligne gaulliste et gaullienne vis-à-vis de l’Otan et de Washington dans le contexte actuel, faire plaisir à Bush sans obtenir en contrepartie l’engagement  d’un dialogue Iran-USA avec une  participation européenne active.

De Villepin se fait aussi très critique envers la politique intérieure de Sarkozy : déficit, panne de la croissance, réformes structurelles, approfondissement de la démocratie. Aussi sévère (et aussi pertinent) dans ses critiques de Sarkozy que Bayrou.

Le président contre-attaquera sans doute mardi. Avec ou sans paillettes ? En faisant « entrer la réalité » dans la paysage politique ou en poursuivant ses prestations plus faites pour cultiver une « sarkolâtrie » de Cour ? En restant un politicien encore et toujours en campagne ou en révélant de vraies qualités d’homme d’Etat. Qualités qui ne vont pas, selon De Villepin, sans un doute permanent (et non de fausses certitudes)  et sans « cette conscience permanente du tragique » peu compatible avec le goût des paillettes. Et des gadgets !

Bayrou à Seignosse, De Villepin chez Moatti, et colères anti-sakozyennes dans toutes les capitales de l’euroland : sale week-end  en « Sarkoland »... Heureusement pour le Président, ce ne sont pas les cris de Hollande devant des partis dits de gauche si mal réunis qui vont faire du PS une force d’opposition crédible.

De Villepin l’a pronostiqué : c’est au sein de l’UMP (« qui n’existe plus ») que l’opposition au nouveau « Bourgeois gentilhomme » ne va pas tarder à se développer. Après les municipales, bien sûr…

Daniel RIOT  

Europe : « Retour de la France » ou retours de bâtons du « Style Sarko » ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT :« Aucun sujet n’est tabou »…Tous les ministres (en quête de totem ?) dans tous les secteurs, n’ont que cette expression à la bouche,  à tout propos… Alors, pas de tabou, pas même pour apprécier Sarkozy dans ses oeuvres : La politique et la diplomatie pour Sarkozy ne sont-elles que  la continuation de la guerre sous une autre forme ? Sarkozy n’est-il pas dangereux dans les situations de crise ? Le « style Sarko » ne va-t-il pas finir par aggraver les problèmes de  l’Union européenne ?

 Eh ! Oui, on s’inquiète dans plusieurs capitales européennes (et chez les connaisseurs de  l’«alchimie communautaire »). Non du « retour de la France en Europe », mais des retours de bâton pour la France et pour l’Europe que le « style Sarko » commence déjà à provoquer !

 

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 « Notre « petit soldat » se prend pour un général d’Empire », confie un diplomate. « Mais ses foucades, ses initiatives intempestives, ses propos mal contrôlés finissent par heurter les meilleurs amis de la France et ceux qui se réjouissaient de l’élection d’un manager dynamique et moderne à la Présidence de la République. »

Ce n’est pas tout : « Notre Président oublie que l’Europe par définition n’est pas que française et que le « sarkozysme » reste trop flou, trop incohérent et trop chargé d’ambiguïtés pour qu’il séduise tout le monde, tout le temps, en tout... Son goût pour les jeux dangereux du   « cavalier seul » est déjà devenu très contre-productif. Son coté gamin farceur et volontiers provocateur ne fait plus sourire. Son égotisme atteint des proportions ridicules.  Et à trop vouloir flatter les pulsions les plus nationalistes de l’opinion française, il perd le crédit qu’il commençait à acquérir. Il est déjà classé, comme Chirac l’était (là, il n’y a pas de rupture) dans la catégorie des politiciens qui sont meilleurs en campagne électorale que dans l’exercice de ce pouvoir suprême qui exige des qualités d’homme d’Etat »

Diplomate, mais franc du collier, notre interlocuteur (qui, il est vrai, n’en est pas à son premier Président…)

Les dirigeants français (hauts fonctionnaires inclus), en Europe, ont trop affiché dans un passé encore récent mépris et arrogance, ces épices qui rendent les indigestes les plats les mieux préparés.  A cet alliage (qui nous a fait tant de mal) Sarkozy ajoute des ingrédients qui sont de vrais  poisons : la prétention hâbleuse, la gesticulation frimeuse, la réflexion fumeuse et les récriminations injurieuses… Cela fait beaucoup ! Trop.

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08/09/2007

Le ballon ovale tricolore n’a pas tourné rond : Modeste leçon politique sur les limites et les leurres de la méthode Coué

Drapeaux en berne. Coq déplumé. Ballon dégonflé. Promesse n’est pas messe. Le Quinze de France nous a déçu. Nous sommes tristes avec les joueurs et tous ceux qui les entourent. Et comme leurs supporters, y compris celles et ceux qui ne connaissent rien à l’ovale et à ce « sport de  voyous joué  par des gentlemen », nous souhaitons que la route de la finale ne soit pas définitivement transformée en impasse. Rien n’est perdu…même si tout reste à gagner. C’est la loi du sport et de sa légendaire incertitude. Roger Couderc revient ! Les « p’tits gars » ont besoin de toi.

Eh ! Oui, comme la dit l’un des brillants commentateurs de TF1 à plusieurs reprises, il  y avait des Argentins en face des Français. Pire : ils se plaçaient entre nos joueurs pour leur prendre le ballon… Nos grands média les avaient tellement ignorés dans les jours précédant le match, ces Argentins ! En ne suivant que les exhortations officielles impulsées par l’Elysée (évidemment). Et par un entraîneur plutôt sympathique qui sait (aussi) faire de la publicité et de la politique et qui (fait sans précédent) est ministre désigné en congé de gouvernement jusqu’à la fin de la Coupe du monde  (Ce qui risque pour lui d’arriver plus vite que prévu…)

En fait, c’est une belle leçon de politique et de sagesse populaire (et philosophique) que nos vaillants combattants de ce gazon devenu maudit viennent de  donner…  « Les faits sont têtus », redirait Lénine. L’espérance et l’exhortation ne garantissent jamais le résultat.

C’est l’illustration des limites du  « qui veut peut ».  Il ne suffit pas de « travailler  pour gagner » (même sans les deux « plus »). Aller chercher le résultat (comme la croissance) n’est pas une garantie de le (et la) trouver. La méthode Coué même pratiquée par des êtres très doués n’assure pas les finalités.  

Les joueurs l'ont confirmés à leurs dépends...Rien ne sert de courir en permanence dans tous les sens, de se défoncer dans toutes les mêlées, de donner de la voix jusqu’à l’extinction, pour exceller dans cette « culture du résultat » plus chantée que pratiquée. La frime ne fait pas la prime. Et tout a un prix, même l’excès de  communication…

Pardon à celles et à ceux qui pensent que j’ai des réflexes trop politiques. Mais ce n’est pas là politisation du sport. C’est la conséquence de l’usage (sans modération) du sport comme dopage politique…

J’ai tellement ri en voyant, sur France 2,  Roselyne Bachelot donner des cours de rattrapages (obligatoires) à Christine Boutin sur les « deuxième lignes »  dans le TGV qui a conduit la plupart des ministres de Paris à Beaudrecourt (pardon, à Strasbourg). Ou en voyant notre Super-Président et son assistant Fillon anticiper une victoire du XV impérial qui aurait dû être d’abord la leur que je ne peux m’empêcher de me consoler de ce vrai malheur par une lueur de bonne humeur : L’heure est trop au leurre pour que la crémière  nous gratifie à la fois du beurre et de  l’argent du beurre. Limites de l’état de grâce…

Daniel RIOT

31/08/2007

Sarkozy et l’économie européenne : De bons diagnostics, mais pour quels remèdes ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: Barroso a raison de se féliciter de l’esprit de volonté en Europe de Sarkozy… Les hasards du calendrier font que la visite en France du Président de la Commission coïncide avec le discours du chef de l’Etat sur l’économie devant l’université d’été du Medef.

Passons sur son sens de l’humour et sur son besoin de se nourrir d’une autosatisfaction dont les disciples du docteur Coué devraient tirer parti pour améliorer la célèbre « méthode ». Passons aussi sur ses accents à la Guizot sur le « travaillez plus pour gagner plus ». Passons encore ici sur les aspects strictement intérieurs de son intervention. Passons enfin (pour nous en réjouir) sur ses nouveaux pillages du programme présidentiels de Bayrou. Et n’en restons qu’à l’Europe. Où il dit des choses justes, mais où il en reste (trop) au diagnostic.

Sarkozy l’avait déjà dit : il veut remettre de la politique dans les affaires européennes. Il a raison. Il le faut. Comme il faut lier économie et social, économie et écologie, monnaie et économie, compétitivité et solidarité. Comme il nous faut revenir sur ce qui a fait l’une des clefs de la réussite des « pères de l’Europe » : protection d’abord donc préférence communautaire.

En fait, au-delà de sa rhétorique et de sa dialectique, le Président de la République propose une redéfinition du « libéralisme » dans l’optique de « l’économie sociale de marché » qui constitue le fondement et le but de l’Union européenne, du « libre-échange » dans la réalité d’une mondialisation qui n’existe pas puisqu’elle accentue les inégalités, les avantages des spéculateurs, les pratiques de « dumping » (social, fiscal, environnemental, monétaire), de la « politique industrielle » en une mode d’un économisme plus doctrinaire que réaliste.
Oui, il faut un vrai gouvernement économique de l’Euroland : il faudrait même un vrai gouvernement européen- ce que ne sont ni la Commission ni le Conseil européen

Oui, il faut que les échanges internationaux qui reposent sur la transparence et le principe de réciprocité.

Oui, il faut renouer en tout et pour tout secouer les idées reçues, bousculer les tabous, tout mettre en débat…y compris ses propres idées.

Mais, en dehors de la recherche, de la promesse d’une meilleure administration fiscale, d’une vraie rupture avec l’ignoble tradition française des dénonciations anonymes, Sarkozy se doit de se montrer plus concrets. Pas de solution au pouvoir d’achat en panne, pas de solution au gouffre de la dette (ce boulet de l’économie française que seul Bayrou avait bien évalué), pas de solution concrète à une redéfinition de la stratégie commerciale de l’Union. Un discours qui aiguise l’appétit, donc nous laisse un peu sur notre faim. Nous ne sommes plus en campagne électorale… Sarkozy doit apprendre à rompre avec sa rupture verbale, pour engager une vraie rupture dans l’action. Ropre avec le volontarisme pour afficher une vraie VOLONTE dans l'action.

Daniel RIOT

 

 

27/08/2007

La France en Europe: Sarko met le turbo... Bravo!

EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT:OUI. J’applaudis. Et j’invite à applaudir, si tant est que cette exhortation ne semble pas présomptueuse. Qui d’ailleurs, de bonne foi, pourrait ne pas applaudir au discours de Sarkozy devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France ?

On peut, bien sûr, contester ceci ou cela. Déplorer par exemple que la protection civile européenne et l’Europe de la Justice ne figurent pas dans les priorités définies pour l’Union. Bien sûr… Entre autres. Mais pour l’essentiel, dans le fond comme sur la forme, Sarkozy a tout fait (et bien fait) pour réunir une adhésion nationale, par-delà les clivages politiciens, à sa ligne diplomatique. Et, surtout,  pour atteindre ses objectifs au niveau européen.

Le dessein est clair. Les dessins restent à peaufiner en tenant compte des opinions des autres. Mais la voie tracée est bonne et la voix est forte. Y compris dans des clarifications fermes qui peuvent déplaire. Sur la Russie « qui joue d’une certaine brutalité de ses atouts ». Sur la Chine. Sur les nécessaires réformes pour que l’expression « ordre mondial » prenne (enfin) du sens (conseil de sécurité élargi, passage du G8 au G13, meilleur équilibre au sein du FMI). Sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Union.Sur l'intelligence recouvrée dans les relations franco-américaines.

Dans une optique européenne, trois faits essentiels à mettre en relief :

1)      L’affirmation nette que « l’Europe est la priorité absolue » de la diplomatie française. Pas seulement dans les discours mais dans les faits. Y compris à travers des initiatives extra-communautaire : l’Union méditerranéenne ne se fera ni contre ni sans l’Union. Le renforcement des liens (sur de nouvelles) avec l’Afrique se fera  dans le même esprit. Les relations franco-américaines, aussi.

2)      La volonté de travailler « collectif ». L’insistance mise à louer les institutions européennes (la commission Barroso notamment)  est à cet égard chargée de sens.  Accusé de trop jouer le  "cavalier seul", Sarkozy se veut le premier des équipiers. Sans arrogance (ce qui est important), mais avec franchise: on ne surmonte pas les divergences par des "non-dits". Pourvu que ses actes soient conformes à son discours! 

3)      Le sérieux de la préparation de la présidence française de l’UNION, avec trois priorités (immigration, énergie, environnement), un souci majeur (définir une « nouvelle stratégie européenne de sécurité » par une relance de l’Europe de la défense) et une réflexion de fond, par un Comité de Sages sur une question clef : « Quelle Europe pour quelles missions en 2020/2030 ».Une question qui  inclut bien sûr celle des frontières de l’Union, donc la « question turque »…qui doit comme il le souhaite être dépassionnée.

Si l’on ajoute à cela, l’accent mis à plusieurs reprises sur le primat des droits de l’homme, on voit bien que la diplomatie « active » de la France entre dans une ère nouvelle. De quoi, sur un plan franco-français, donner à Kouchner, Jouyet et Bockel de nouvelles raisons de se féliciter pour leur choix… Et de quoi, au  niveau européen, espérer un euro-dynamisme recouvré et salutaire. Comme dans les plus belles années Mitterrand-Delors… Si Sarkozy réussit à nouer avec Merkel les liens permanents et confiants que Allemands et Français savaient entretenir sous l’ère Mitterrand-Kohl. C'est possible. Il est même posible et souhaitable de faire mieux, sans que le moteur franco-allemand ne tourne que sur lui-même.

Sarko sur l'Europe met le turbo: Bravo!

Daniel RIOT

 

25/08/2007

Raymond Barre: Une "certaine idée de l'Europe"...

Le père de l’Union économique et monétaire… Un homme d'Etat rigoureux qui savait que l'Europe doit se construire "pas à pas" en réconciliant les principes de De Gaulle, les idées de Monnet et les idéaux de Mendes-France

COMMENTAIRE RELATIO PAR DANIEL RIOT: Un « esprit carré dans un corps rond »: c'est ainsi que Raymond Barre a toujours aimé à se décrire. Il fut contempteur amusé et irrité du « microcosme », de ce petit monde politique parisien plus agité par la politicaillerie que par la Politique, avec un grand P. Jamais, même quand il a fait campagne pour les Présidentielles, il n'a cherché à séduire, à flatter, à caresser l’opinion et les médias dans le sens du poil. Il avait un souci constant : conserver son indépendance d'esprit au service d'une idée certaine de la France et d’une certaine idée de l’Europe.

Ce centriste, plus par raison que par tempérament, avait une nature gaullienne : sens de l’Etat, des responsabilités assumées, des réalités. Il avait aussi, par sa probité, un coté mendésiste. Et il était de la trempe d’un Jean Monnet, toujours soucieux d’allier « nécessité et idéal ».

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Comme nombre de gens de ma génération, j’ai découvert Barre sur les bancs de la Fac. Que d’heures passées (mais non perdues) à lire, éplucher, étudier son « manuel » d’économie politique ! Professeur, il était d’abord. Professeur, il est resté. Un bon professeur, qui forme sans déformer.

Professeur, il l'est resté surtout quand il était le « Monsieur Economie » de la Commission de Bruxelles. Quel bonheur de l’écouter quand il intervenait devant un parlement européen qui à l’époque n’avait pas les pouvoirs qu’il détient aujourd’hui !

Ceux qui l’ont traité d’eurocrate ou de technocrate ne l’ont pas écouté : professeur, il était. D’économie ben sûr, mais aussi et surtout de réalisme, de lucidité, de vision. Un « honnête homme » cultivé, éclectique, curieux. Il dévorait (et relisait) Stendhal, Chateaubriand, l'anthologie poétique de Gide... et de bons polars. Cet amateur de  musique  adorait Mozart et ne cachait passa fascination pour quelques coins d’Europe, Venise notamment. C’est cette culture qui lui permettait d’échapper à ce qui guette le plus les politiques :la superficialité…

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Il avait bien sûr, souvent,  l’impression de parler dans le vide, de jouer les Cassandre, de se faire donneur de leçons à des gouvernements européens  trop prisonniers de leurs vues à court terme, de leurs intérêts étroits, de leurs réflexes nationaux pour ne pas dire nationalistes.

Il voulait PLUS d’Europe, une Europe construite sur une volonté politique mise au service des desseins des « pères fondateurs ». Il appartenait à la classe des euro-déterminés, des euro-volontaires, par réalisme autant que par idéalisme. Car il savait que coincée entre les deux « grands », la petite Europe toujours prête à revenir à ses querelles villageoises laissait passer ses chances. Ou les gâchait.

Ce ne sont pas les « autres », les Américains notamment, qui sont trop forts, c’est nous qui sommes trop faibles…et qui ne voyons rien venir de ce qui risque d’advenir. Les crises de l’énergie, la coupure NORD-SUD plus chargée de périls, comme l’avaient dit Kennedy et Brandt, que la cassure Est-Ouest, l’importance de la recherche et de l’innovation, l’impérative nécessité de nous mettre à l’abri des tempêtes monétaires et de nous unir vraiment face aux défis du futur.

Nous sommes entre 1967 et 1972 : des années charnières, géopolitiquement complexes, économiquement difficiles. C’est lui qui tracera  les grandes lignes de la future union économique et monétaire. Cette Union qui grandira sous Giscard, avec lui à Matignon, et qui devra attendre Mitterrand et Delors

Premier ministre, il ne sera jamais vraiment populaire. Il est vrai qu'il a dû  se battre contre la mauvaise conjoncture économique (« c'est le Joffre du redressement économique », dira de lui VGE), la montée du chômage, un PS grandissant et un RPR menaçant. De cette époque-là, il gardera d'ailleurs une dent contre le mouvement gaulliste, qui ne l'a guère ménagé à l'Assemblée nationale entre 1976 et 1981…et après.

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Ce «  sourd qui a l'oreille fine », comme disait  Edgar Faure, était selon ses propres dires un adepte de la « métaphysique de la tortue ». Il entretenait avec le temps, « une relation semblable à la manière dont il occupait l'espace avec son corps: posément, rondement, sûrement, agrémenté d'un soupçon d'éternité... ».

Un art de donner du temps au temps ? Une façon surtout de prendre en compte tous les freins qui font perdre du temps, précisément, à cette Europe si difficile à unifier. « L’Europe puissance » que VGE oppose à juste titre à « l’Europe espace », c’était l’un de ces buts. Et il était pressé de l’atteindre.

Mais les centristes français « mettaient leur drapeau européen dans leur poche », comme disait Pierre Pflimlin face aux coqs du RPR. C’est Mitterrand qui le sortira ce drapeau, avec Delors, et non sans mal…

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Ce passionné d’histoire appartient désormais à l’Histoire. Comme son dernier livre (des entretiens avec Jean Bothorel, chez Fayard)…Son «  Expérience du pouvoir » vaut relecture, y compris par ceux qui détiennent le pouvoir ou y aspirent…

L’Europe ? « Je suis conscient que le temps des adaptations n’est pas terminé (…), mais je suis confiant : Le mouvement est irréversible »… « Pas à pas », comme l’annonçait Schuman !

La France ? « La nation française est la plus facile à gouverner quand on ne la prend pas à rebours », disait Napoléon »…

C’est bien le problème !

« Il y a prodigieusement d’esprits en France, mais on manque de tête et de bon sens. Deux phrases nous enivrent. On nous mène avec des mots », disait Chateaubriand. Les Français résistent mal à la démagogie »

C’est vraiment tout  fait le problème !

Bon repos, loin du « microcosme », Monsieur le Professeur 

Daniel RIOT

 

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Argent sale: Quand RELATIO provoque des polémiques...dans l'île Maurice

Ce n'est pas un droit de réponse, mais cela y ressemble. L'ITW accordée par Daniel RIOT, directeur de RELATIO et vice-président de DpJ, dans l'hebdomadaire "L'EXPRESS" de l'ile Maurice a entraîné cette semaine la publication dans le même hebomadaire de l' article que nous reprenons ici intégralement, par courtoiise et par souci d'information.

Économie : SYSTÈME DE CONTRÔLE DU « GLOBAL BUSINESS »

La FSC fait le point

À la suite des propos de Daniel Riot publiés la semaine dernière dans nos colonnes, la Financial Services Commission (FSC) tient à préciser son rôle de régulateur dans le global business.

dba3e87468cabec81a99889e0cf79a3a.jpgLa Financial Services Commission (FSC), le régulateur des activités du global business mauricien, a réagi aux propos tenus dans l’édition de l’express-dimanche par le journaliste Daniel Riot.

Elle souligne que toutes les activités du global business sont soumises à sa supervision sur la base d’un cadre légal et réglementaire qui repose sur des normes internationales et des critères d’opération proposés par les International standard-setters.

La commission indique qu’une de ses missions consiste justement à veiller à l’intégrité du système financier mauricien dans son ensemble. Mais aussi à s’assurer que les sociétés autorisées à opérer mettent en place les procédures et les dispositifs appropriés afin d’enrayer les risques de blanchiment d’argent dans le centre financier mauricien.

Lutte contre les risques de blanchiment d’argent

La FSC précise aussi que les Global Business Companies sont incorporées et administrées par des Management Companies. Ces dernières qui opèrent selon des conditions strictes et spécifiques ont l’obligation de s’assurer de l’intégrité de tout investisseur, notamment à travers une procédure préalable de vigilance relative à la clientèle. Ces sociétés sont tenues de conserver des documents, avant de faire une demande pour l’obtention d’une licence.

D’autre part, la commission met en exergue l’importance qu’elle attache à la lutte contre les risques de blanchiment d’argent. Une de ses mesures phare fait obligation à tout opérateur des services financiers, dûment autorisés par la commission, de nommer un Money Laundering Reporting Officer. Le rôle de ce dernier est de rapporter toute transaction suspecte à la cellule de renseignements financiers, à savoir la Financial Intelligence Unit.

La FSC rappelle également ses prérogatives concernant la suspension ou le retrait d’une autorisation dans l’éventualité où une activité s’avérerait illicite ou nuisible à l’intégrité du centre financier mauricien. En ce qui concerne la provenance probable de fonds investis en Inde à travers des sociétés mauriciennes, la commission note que des mesures importantes ont été prises dans le but d’empêcher que des fonds originaires de l’Inde ne soient réinvestis dans ce pays.

Par ailleurs, la commission indique qu’il existe une différence fondamentale entre l’évasion fiscale et la planification fiscale. Cette dernière « est tout à fait légitime et constitue une partie intégrante de la façon dont les investissements internationaux sont structurés. »

Lindsay PROSPER

L'ITW  de Daniel RIOT publiée voilà quinze jours dans "l'EXPRESS dimanche" >>>>>>>>>

L'article de RELATIO qui a suscité l'ITW >>>>>>>>

24/08/2007

La France face à la folie pénale…

6711682b880b32e5d107acd5cca4bbae.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : La France a la chance (peu commune)  d’avoir à la tête de son Etat un Président qui a plusieurs idées par jour.

Le problème, c’est qu’il les rend souvent publiques sans les avoir mûries : l’effet d’annonce importe souvent plus que l’évaluations des  effets possibles de l’annonce…

La difficulté, c’est que son goût (appréciable) du « nouveau », de la « réforme », de la « rupture » et de la chasse aux « tabous » s’inscrit souvent dans des réflexes plus que dans des réflexions. C’est particulièrement net, visible, et hélas spectaculaire en matière de Justice, de police, de sécurité.

Quand un faits divers surgit ou revient à la surface, sa réponse est (presque) toujours la même : « il faut une nouvelle loi contre (ou pour) » ou « il faut changer la loi ». Comme si l’inflation législative et règlementaire qui sévit en France depuis tant d’années avait débouché sur plus de sûreté, plus de justice, plus d’harmonie dans ce « vivre ensemble » si complexe.

Trouvaille du jour, prise sur un coup de tête, transmise à la Garde des Sceaux par un coup de fil et annoncé comme un coup de pub :il faut étudier la possibilité de juger tous les auteurs (présumés) de crimes, y compris les fous, c’est-à-dire des gens déclarés « irresponsables pénalement »

 « Le procès, cela permet de faire le deuil », souligne-t-il avec une pensée émue pour les victimes (qui mériteraient effectivement plus d’aide et de considération si l’on donnait à la Justice les moyens d’appliquer les textes…en vigueur).

Qu’on se le dise : un procès n’est pas qu’une mise en scène pour tenter d’établir la véracité des faits et trancher sur la culpabilité des coupables, c’est aussi une séance de thérapie. Psychiatrie et justice… Trop de colloques ont évité la question clef : le juge doit  d’abord être un psychiatre.

Et il serait temps de réviser le vocabulaire : «Je ne suis pas sûr que le mot non-lieu soit parfaitement compréhensible pour un mari dont on a égorgé la femme ou par une soeur dont on a décapité le frère » a soupiré cet ancien avocat (d’affaires)…

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Un aveu toute de même qu’il importe de retenir dans une perspective d’avenir (et d’autres « idées » du même genre : « L'irresponsabilité, ce n'est pas un sujet pour un ministre de l'Intérieur ou un président de la République, ce n'est pas à nous de la prononcer », a-t-il nuancé. Ouf ! nous n’en reviendrons pas à Saint-Louis sous son chêne… Mais le chef de l’Etat doit tout de même veiller «  à ce que les victimes aient le droit à un procès où le criminel, où les experts, où chacun devra exprimer sa conviction ».

Notez au passage le choix des mots : l’accusé devient le criminel. Notez aussi l’incongruité qu’il peut y avoir dans le fait de demander à un fou d’exprimer sa conviction...

 

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Oh ! Cette idée n’est pas nouvelle… Certains « cercles » la défendent depuis longtemps. En taisant soigneusement le fait qu’en l’état, la déclaration d’irresponsabilité n’est pas faite sur un caprice, une expertise douteuse ou un coup de dés… Mais dans certains « cercles », on veut aussi remettre en question la « présomption d’innocence ».  Ou le droit de chacun à un « procès équitable ».  Ou la restauration des pratiques d’une « justice expéditive ».  Ou la détection par la sélection au berceau des « anormaux » potentiels. Ou la criminalisation des démences.

L’Europe a fait en la matière toutes les expériences, y compris les pires. D’ailleurs, aux yeux de certains "cercles", qu’est-ce qu’un criminel, sinon un fou dont la folie n’a été reconnue?…Et tous les fous ne sont-ils pas d’une façon ou d’une autre, des « furieux » à enfermer ou à éliminer ? On aurait envie d’en plaisanter : L’absurde est une philosophie pleine d’humour…noir. Mais c’est le type de sujets sur lesquels il vaut mieux ne pas plaisanter.

« Absurde et inutile » : ce sont les premiers mots utilisés par bien des pénalistes pour commenter l’une des « idées du jour » du Super-Président qui commence, après 100 jours seulement, à inquiéter bien de nos partenaires européens… ?

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Avocate pénaliste au barreau de Paris, Nathalie Schmelck déclare au très respectueux Figaro : « Ce serait une refonte totale de notre système pénal, qui repose sur un certain nombre de piliers, dont celui de la responsabilité pénale, ancré depuis plusieurs siècles, et qui détermine qu’on n’est pas responsable en cas d’abolition du discernement ».

Elle ajoute : « C’est absurde de faire comparaître un fou à un procès qu’il ne comprendra pas. Ce que veulent les victimes, c’est avant tout connaître la vérité, les circonstances du crime. Cette vérité est généralement connue dès l’instruction. A l’audience, on n’apprend pas grand-chose de plus, sauf lorsque le prévenu finit par reconnaître ses actes, ce qui n’est pas souvent le cas pour un malade mental. Généralement, lors d’un procès, on juge un acte, mais aussi une personne. Mais dans le cas d’un déséquilibré, on ne jugerait plus que l’acte, puisque la personne ne comprendrait pas de quoi on l’accuse. La vertu pédagogique de l’audience disparaîtrait ».

Une affaire de ce bon sens qui n’est évidemment pas la chose que voulait voir Descartes…

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Mais, heureusement, en cette matière comme en d’autres, les valeurs européennes servent de boucliers, de filets  de sécurité. Plus que jamais, si le Conseil de l’Europe n’existait pas, il faudrait l’inventer… Le seul problème du Conseil (qui explique l’insuffisance de ses moyens), c’est que  tous les détenteurs du pouvoir ou plutôt de pouvoirs  d’Etat croient toujours bien faire et penser et agir pour le bien. Toujours ces chemins pavés de bonnes intentions… Mais ne dramatisons pas : Sarkozy appelle Rachida Dati à  « mener une réflexion ». Comme dans un « Think thank », en quelque sorte…

Daniel RIOT

REPERES:

LES CAUSES D'IRRESPONSABILITE >>>>>>>>>>>>

L'IRRESPONSABILIE DANS LA LOI >>>>>>>

LE MALAISE DES PSYCHIATRES >>>>>>

LA JUDICIARISATION DES MALADIES MENTALES >>>>>>>>

 

15/08/2007

Blanchiment de "l'argent sale": Quand Relatio fait parler de lui à l'île Maurice...

f4f5280998e897166ce4fd491b95c3bb.jpgA la suite d'un article publié sur RELATIO, j'ai été interwievé par un journaliste d'un journal mauricien, L'Express. Tout ce que j'ai dis n'y est pas (la référence aux travaux de Chantal Cutajar en la matière, par exemple). Mais rien de ce que j'ai dit n'a été déformé. C'est plutôt bien, non?

Et c'est rasurant de voir que les Mauriciens se préoccupent de l'image de leur pays, même sil faut un certain courage pour parler de l'enfer au paradis...

C'est titré:« L’argent sale provient aussi de l’évasion fiscale ». Cela vise plus les détenteurs d'aregnet sale que les blanchisseurs... En l'occurence, c'est la "laverie Maurice" que j'aurais mis enrelief.Mais je comprends. Merci à Fabrice AQUILINA. Ce n'est pas le type d'article qu'on peut lire dans tous les "paradis fiscaux"...DR


Maurice vient de moderniser ses services financiers en adoptant le Finance Services Bill. Pourtant, à l’étranger, le pays reste souvent associé à l’idée d’une terre d’évasion fiscale favorisant les trafics. Vieux cliché ou réel danger? Daniel Riot penche pour la seconde option. La criminalité financière est l’un des chevaux de bataille de ce journaliste-essayiste français.

Sur un « webzine », vous accusez Maurice d’être un « grand centre de tri de l’argent sale blanchi ». Une telle accusation repose sur quoi ?

Je commentais les conclusions d’un colloque international sur le blanchiment de l’argent sale, qui s’est tenu dernièrement aux États-Unis. Il est désormais clairement établi que l’argent sale ne provient plus seulement des trafics en tous genres, mais aussi de l’évasion fiscale.

En somme, « l’économie illicite est enchâssée dans l’économie licite », pour reprendre l’expression de Moises Naim, l’auteur du Livre noir de l’économie mondiale. Or, le nom de Maurice a été cité dans ce colloque par Kannan Privanisa-van, professeur et chercheur à Mel-bourne. Il constatait que le plus gros investisseur en Inde est l’île Maurice. Plus que la France, la Grande-Bretagne ou même les États-Unis.

Le professeur Privanisavan a décrit le pourquoi de cette étrangeté. Je le cite : « Les maharajas investissaient leur fortune à Londres, l’habitude demeure, explique-t-il. Les nouveaux riches et beaucoup de firmes placent encore, légalement ou illégalement, leurs profits dans les banques de la City. De là, les sommes repartent dans un long circuit qui aboutit à Maurice, petit paradis. Ensuite, sous d’autres noms de propriétaires, l’argent rentre en Inde sans taxes. » Le journal Le Monde, en France, a également repris les travaux du professeur Privanisavan.


Mais pourquoi considérer Maurice comme un « paradis fiscal » alors que notre fiscalité est réglementée ?

Tout dépend de ce que l’on entend par « réglementée ». La fiscalité mauricienne, à mon sens, ne l’est absolument pas. Aucun impôt pour les sociétés non-résidentes, pas de comptes audités, ni d’assemblée générale annuelle des actionnaires obligatoire, confidentialité totale des affaires… On pourrait multiplier les exemples. C’est ça la réglementation ?

« Ce qui est choquant, c’est quand
l’absence de règles précises
facilite le mélange des genres »


N’êtes-vous pas en train de faire l’amalgame entre un pays qui se po-sitionne comme un centre d’affaires, et d’autres qui se laissent gangrener par les mafias ?

Les processus de blanchiment d’argent sale et les mécanismes de l’économie souterraine ou criminelle ne se réduisent pas, pour repren-dre votre expression, à la « gangrène des mafias ». Per-sonne n’accuse Maurice de soute-nir le terrorisme international, ni de favoriser le grand banditisme organisé. Maurice a même souscrit à quelques engagements internationaux non négligeables, comme l’Accord d’échange de renseignements fiscaux.

Mais Maurice – c’est un fait, il faut l’assumer – figure sur nombre de listes grises : celle des « territoires à faible réglementation » du Gafi (le Groupe d’action fi-nancière, NdlR), celle des paradis fiscaux d’Attac (l’Associa-tion pour la taxation des transactions financières et pour l’aide aux citoyens, NdlR), et celles d’autres ONG.

Les incitations fiscales sont un des facteurs déterminants de la bonne marche de l’économie mauricienne. Elles contribuent, dans une large mesure, à attirer des investisseurs étrangers. Faudrait-il s’en passer ?

Il faut faire la différence entre l’incitation fiscale et l’incitation à la fraude fiscale. Il existe des investissements étrangers partout, même dans des territoires qui ne sont pas classés à « faible réglementation ». Mais s’agit-il d’investissements ou de placements spéculatifs ? Toute la question est là.

Parlons des sociétés offshore. Toutes les multinationales sont obligées d’en créer pour gagner ou conserver des marchés. Maurice en attire environ 25 000. Cela vous choque ?

Aucune entreprise n’est « obligée ». Vous parlez de multinationales, mais la promotion fiscale de Maurice vise surtout les PME. Qu’un bon manager fasse tout pour optimiser sa gestion n’a évidemment rien de choquant ! Mais vous évoquez des marchés à conquérir ou à conserver, pourquoi ? C’est de profits dont il faut parler, non de marchés. C’est l’argent pour l’argent, comme fin en soi, non l’argent comme moyen d’échange, comme outil d’amélioration des conditions de vie des gens.

Ce qui est choquant, c’est quand l’absence de règles précises facilite le mélange des genres, lorsque le bon gestionnaire emprunte les mêmes circuits financiers que le criminel ou le terroriste. Ce qui est choquant aussi, c’est l’utilisation qui est faite des circuits occultes, obscurs, frauduleux. Qu’est-ce qui différencie l’argent sale de l’argent propre ? La façon de le gagner et de le dépenser.
« Tous les pays, sans exception,
ont à balayer devant leur porte.
Ces questions-là sont des défis mondiaux »


Qui dit offshore dit volonté de dissimulation ?

Avantages fiscaux sans aucun doute. Une société offshore, c’est une société de non-résident : cela n’a rien d’amoral ou d’anormal en soi. Le vrai problème vient des « sociétés-écrans ». L’abus de personnalité morale poursuit un but contraire au droit et à l’esprit de justice. Cela peut aboutir à de vrais crimes économiques et sociaux.

Pour conclure, un mot sur le cas de l’Europe. Le vieux continent n’a de leçons à donner à personne en termes de criminalité financière…

Tous les pays, sans exception, ont à balayer devant leur porte. Ces questions-là sont des défis mondiaux qui réclament des règles communes. En France, par exemple, des statistiques récentes montrent que 60 % du coût global de la délinquance pour la société provient de la délinquance en col blanc. Les paradis fiscaux ne sont évidemment pas synonymes de cocotiers. Est-il besoin d’évoquer la Suisse ou le Liech-tenstein ? Qui plus est, les paradis fiscaux « d’ailleurs » n’existeraient pas sans la participation active de milieux d’affaires européens. Mais des efforts sont faits pour se conformer aux normes internationales, aux critères de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), notamment. Par exemple : la transparence, l’échange de renseignements, la limitation – voire l’interdiction – des sociétés offshore ou des sociétés-écrans inactives.

Propos recueillis
Par Fabrice ACQUILINA

L'ARTICLE DE RELATIO >>>>>>>>

14/08/2007

Les Européens mariées : Yucca, caoutchouc ou « Cécilia » ?

Une révolution dans la République la plus monarchique d'Europe:

« Cécilia de l’Elysée » vedette mondiale de  la « Pipolitique »

1efb6ace0c5a3bb2e82090b9b9f45ce3.jpgL’œil en coin de VENUSIA pour RELATIO :

On connaissait l’Europe des Princes consorts, des vraies reines (ou des fausses, simples femmes de roi),  des favorites et des maîtresses (des Empires, des Royaumes, des Principautés ou des Républiques). On connaît encore mal le temps des amants (manque de parité, au sommet des Etats !). Mais la France innove.

Voici le temps de la princesse (de la République) qu’ « on » sort quand on peut et, visiblement, quand elle veut. Bientôt, on va dire « c’est une Cécilia » pour qualifier une épouse libre, de caractère, indépendante, imprévisible… C'est vrai que c'est beaucoup mieux qu si l'on devait parler de "Sarkozette", par exemple...

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« Cécilia » est déjà plus qu’une femme : elle est devenue une marque (à ne pas déposer : elle n’est pas Marie-Antoinette !), un label (de qualité, of course !),  dans la grande boutique de la « pipolitique ». La monarchie républicaine française va inspirer Hollywood : c’est sûr…Après Grâce de Monaco, Cécilia de L’Elysée… Et ce n’est pas du cinéma…

« Mon seul problème, c’est Cécilia », aurait dit Nicolas.

Heureux homme qui n’a d’autres soucis que son épousée, en ces temps troublés où ses seules responsabilités d’Etat tant  désirées devraient logiquement oppresser …

Malheureux mâle (on est homme avant d’être d’Etat, cela n’a rien de désobligeant !) qui doit vivre en permanence, ou presque, dans une de ces angoisses matrimoniales (existentielles) qui font le bonheur des psy, la fortune des sexologues  plus ou moins patentés et fournissent de bon sujets aux romanciers en quête de romances passionnées et passionnelles. L'amour-passion, c'est vivre par procuration:le peut-on quand le peuple devrait compter plus que le "pipole", comme on tente de l'écrire en français ches les "people"...

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J’ai hésité, avant de consacrer cette chronique sans prétention à la Première Dame de France,  jamais photographiée (en douce) dans un super marché, comme Mme Merkel achetant des oranges, jamais absente de la scène médiatique (comme les autres conjointes ou conjoints de presque tous les dirigeants européens), jamais invisible même quand personne ne la voit.

Moi, je l’aime plutôt bien et sympa, notre Cécilia (inter)nationale. Je me demande juste ce qu’elle peut bien trouver comme charmes (sans doute cachés) à Nicolas, mais je n’y peux rien, c’est à la fois physique et politique. Et c’est très personnel : c’est l’un de mes « prochains » dont je ne me sens pas proche. Pardonnez-moi si je ne peux l’aimer comme je m’aime. D’ailleurs, il doit s’aimer suffisamment lui-même pour pardonner celles et ceux qui ne l’aiment guère ou pas (Là, je dis une bêtise délibérée…Ce type de bonhomme doit détester l’indifférence).Passons…

Mais le « phénomène Cécilia » en cette époque où l’on finit par de plus faire beaucoup de différences entre Gala ou Voici et Le Monde ou le Figaro (je sais, j’exagère…) est trop devenu sociétal, donc sociologique (c’est pratique ce genre de mots pour masquer mes instincts de curieuse malsaine !).

« On » fait son « bilan des 100 jours » ,   comme si c’est elle qui avait été élue. « On » l’interpelle comme si elle devait rendre des comptes à des électeurs. « On » ne lui fout jamais la paix (non royale, comme dirai Hollande)…

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Elle vole au secours des infirmières en se jetant dans les bras du loup Kadhafi ? Questions, soupçons, rumeurs… Elle quitte le G8 par une porte dérobée ?  Interrogations, condamnations, procès d’intention… Elle est là. Pourquoi ? Elle n’est pas là. Pourquoi ? L’ « angine blanche » (que dit lui avoir filée  Sarkozy) qui l’a empêchée de répondre à l’invitation de Mme Bush mais ne lui à pas interdit de s’exhiber en short le lendemain est devenue un événement dans les médias américains…et français, par ricochet. Une angine blanche, c'est quoi? une gueule de bois, une bouderie,une maladie diplomatique? Cournnement (si l'on peut dire): « Libé », aujourd’hui lui consacre couverture et dossier.

Et Santini, le Ravaillac de Bayrou,  le fumeur de cigares de Hauts de Seine  qui donne des hauts le cœur comme tous ceux qui se croient spirituels mais confondent hauteur et altitude dans leurs mots choisis nous fait ce matin, sur RTL un vrai festival comme les machos de comptoirs n’osent plus en faire…«Cécilia est une femme très moderne, indépendante. (…) Je suis toujours surpris de l’image qu’elle a chez les femmes, qui disent: "elle a raison, elle ne veut pas être bobonne, elle ne veut pas faire le yucca, le caoutchouc, elle veut pas être là quand on sonne, et bien c’est très bien"», a-t-il dit. «C’est vrai qu’aujourd’hui les femmes (…) partenaires de politiques ont un rôle tout à fait différent de celui de Tante Yvonne (l’épouse du général de Gaulle) ou de Claude Pompidou».

Claude Pompidou, « bobonne » ! Si elle ne venait pas de nous quitter, elle en serait morte…Mais Santini le cynique sait que le ridicule ne le tuera pas. Un vrai mec, Santi ! Un de ceux qui aiment les femmes en les méprisant sans avoir conscience qu’il les méprise.

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Mais je me méprends peut-être… Je viens de lire le numéro que le magazine littéraire consacre à la bêtise … C’est à lui que je voulais consacrer cette chronique « légère » (comme la cuisine du même nom). Mais le bruit fait autour de Cécilia a coupé toute inspiration « philosophique ». Et en matière de bêtise, ce matin, sur RTL, c’était vraiment la « ligne ouverte »… La bêtise, elle s’étale, mais ne s’explique pas… 

Je cite la présentation de ce (bon) dossier : « Comment la bêtise ce défaut de l’esprit, qui n’est pas toujours le contraire de l’intelligence, habille les formes les plus caricaturales de l’idéologie, pétrifie la pensée en formes creuses pour faire de l’Histoire une farce tragique ? Quand l’esprit en quête de certitudes ou d’idéal tombe dans l’automatisme du cliché et du langage, la bêtise n’est jamais très loin. De Voltaire à Raymond Aron, de Feydeau à Umberto Eco, les écrivains ont puisé à pleines mains dans cette matière inépuisable, parfois drôle, toujours désespérante. Dans un monde déserté par les dieux, c’est peut-être le sentiment de la bêtise qui a remplacé le tragique. ». Cela fait réfléchir, non?

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Et encore ce passage (je ne suis pas payée du tout, pas même à la ligne…) :  « La bêtise remonte à la plus haute antiquité, sans doute, comme eût dit Alexandre Vialatte, mais quiconque tente aujourd’hui encore d’enfermer la bête immonde en un concept opératoire, sinon définitif, se casse les dents »

Comme je tiens à mes (jolies dents), je crois que j’ai bien fait de me consacrer au "phénomène Cécilia" D’ailleurs, ce n’est pas un « hors sujet », comme redirait mon prof de Français... A celui-là! Un  vrai mec, (comme Santini, dit géranium ou chrysanthème depuis aujourd’hui) .... Il avait (et a toujours, j’imagine) tendance à confondre, face à ses élèves du genre qu’il n’a pas,  sujet et objet…Dure, dure la condition des femmes qui ne se veulent ni yucca, ni plante verte, ni pot de fleurs, mais FEMMES tout simplement...

Venusia.

12/08/2007

Sarkozy chez Bush : « french loving » aux Etas-Unis…

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Une affaire d’images, bien sûr et d’abord. Mais qui y gagne le plus ? Sarkozy ou Bush ?  A chaud, les deux ont de bonnes raisons de sourire de leur bon coup médiatique : qui parlait de « vacances présidentielles » ? Le président digne de ce nom n’est  jamais « vacant »…

Sarkozy montre qu’il est « pris au sérieux » par le « patron du monde »…C'est important pour lui et vis-à-vis de ses partenaires européens qui se demandent toujours qui il est vraiment. N’est-il pas après Poutine, le seul chef d’Etat étranger à être reçu dans ce lieu de résidence familiale des Bush ? Et n’a-t-il pas là une belle occasion de  soigner son image de star à l’américaine, de « Kennedy français », « président moderne » ? Même « l’angine blanche » par lui donnée à Cécilia qui n’a pu se rendre à l’invitation de Madame Bush fait le bonheur des échotiers…

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Les correspondants de Relatio aux Etats-Unis sont formels : « Sarkonapoléon » fait sourire avec « son anglais approximatif », irrite (notamment les journalistes) par son style de « poeple qui se croit tout permis » quand il fait évacuer des photographes dûment accrédités, amuse par son coté « cabotin qui adore les gens du gratin », se fait moquer pour ses "gouts de milliardaire" et sa fascination un peu naive du "rêve américain"…Mais il y a un « phénomène Sarko » outre-atlantique. Ephémère ou durable?

LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>>>>>

03/08/2007

France-Libye : Effets « boomerang » d’un coup de com’ trop réussi

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

Raison d’Etat ? Tout le monde comprend, même si cela rime souvent avec déraison d’Etat… Bataille entre marchands d’armes pour tirer parti du marché libyen, il y a. La France qui fait une partie de son beurre avec des canons signe de « gros contrats » avec Kadhafi. On se pince le nez et on oublie la morale. Soit. EADS confirme des contrats négociés depuis longtemps, presque conclus en février 2004, et  il n’y a plus d’embargo sur les ventes d’armes en Libye depuis 2004. Il n’y aurait donc que peu de choses à en dire…sauf sur le moment et les conditions de l’annonce.

« Affaires » d’Etat ? C’est déjà plus trouble et plus troublant… Le secret d’Etat devient cachotterie sale avec les lignes rouges de l’inadmissible franchies la plupart du temps. Certes, comme disait un ancien ministre travailliste, «  Tous les pays et tous les régimes ont  des cadavres dans leurs placards », mais il y a des degrés en tout, y compris dans l’horreur. Ou le cynisme et la manipulation.

Mensonges d’Etat ? On ne les compte pas. C’est d’ailleurs l’une des faiblesses des démocraties et l’une des raisons du discrédit de la politique. Les régimes totalitaires reposent sur des mensonges institutionnalisés. Les démocraties, elles, se fondent, en théorie,  sur le principe de réalité, donc de vérité, de transparence, de franchise. Surtout quand les détenteurs du pouvoir ont mis  à leur programme, une « République irréprochable »…

Que la polémique sur les contrats libyens s’amplifie est dans l’ordre du normal et de la logique. D’autant plus que l’opération « Sauvetage à Tripoli » a  d’abord été une « opération » de communication, comme Sarkozy sait les construire et les mener. « Retour de bâton »,  dit le Monde. « Une opération de com’ qui a mal tourné », constate Libération. C'est plutôt un choc en retour d'un coup de com' trop réussi et trop fêté, avec ostentation et précipitation.

Une tempête de sable ? Des doutes et des soupçons bien compréhensibles. D’autant plus que les déclarations officielles faites par l’Elysée ou des ministres (Kouchner, Morin…) ne démontrent rien comme tout ce qui vise à trop... démontrer.

Crédibilité internationale recouvrée ou non, Kadhafi n'est  pas  un chef d’Etat « normal »… onne doit pas traiter avec lui avec avec un honnête homme. On ne doit surtout pas oublier que les soigants bulgares ont d'abord été victimes d'une "prise d'otages d'Etat". Qui est plus est, les concessions françaises n’engagent pas que la France, mais l’Union européenne et, au-delà, la « communauté internationale ». Et les propos du fils de Kadhafi au Monde, même  inspirés par des considérations de politique intérieure libyenne, confirment surtout que l’Etat voyou utilise encore des méthodes de voyous.

Le PS réclame une mission d’enquête parlementaire. Il est dans son rôle, même si en matière de politique africaine il n’a guère de leçons à donner. Le problème c’est que dans la législation actuelle, ce type de commission n’a guère de pouvoirs d’investigation. Saura-t-on sur ce point s’inspirer de ce que peut faire la Congrès américain ? Il est plus que temps…Mais Sarkozy, sur des dossiers tels que celui de la Libye, le président en serait la première victime. En plein « état de grâce »…

Daniel RIOT        

01/08/2007

Alzheimer: Sarkozy va "mettre le paquet"...mais avec quoi et comment?

Un Plan Alzheimer ? Oui, bien sûr. Il le faut. Pour améliorer ce qui doit l’être, dans l’accueil des malades, dans l’accompagnement des proches, dans les dépistages (de bons progrès ont été accomplis) et pour donner aux chercheurs les moyens qui leur manquent. Pour ces maladies plus encore que pour d’autres, l’avenir est dans les labos, le salut ne peut venir que de la recherche.

Ce n’est pas le Président d’AREMANE, Association pour la recherche sur les maladies neurodégénératives, que je suis, qui dira le contraire. C’est à la fois affaire de moyens et de méthodes.

Mais comment oser mettre en parallèle ce plan et les mesures qui doivent être prises pour réduire les déficits de la sécurité sociale et l’augmentation inéluctable des dépenses de santé, inéluctable en raison des évolutions démographiques ?

Cela porte atteinte à la crédibilité de l’annonce du « plan » : souvenirs d’une époque où les vignettes auto allaient servir à améliorer la situation des personnes âgées…D’ailleurs, si l’on en croit les premières estimations, ces mesures ne rapporteront qu’1 milliard d’euros alors que le déficit sera de 6,5 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 60 milliards de déficit accumulés sur les cinq années précédentes». Alors  que restera-t-il pour (ou plutôt contre) Alzheimer et les cancers. Avec quoi allons-nous « mettre le paquet » ?

Cela entraîne aussi des critiques bien légitimes dont il vaudrait mieux politiquement se passer si l’on veut que les budgets santé du pays soit effectivement l’affaire de tous. La forme rejoint le fond. En l’occurrence, Sarkozy, célébré dans les magazines comme l’un des personnages « les mieux habillés de la planète » (sic) manque d’élégance…

Comment en effet ne pas être d’accord avec le PS sur ce point : le gouvernement «utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale ». Et il est logique que les socialistes (et d’autres) mettent ainsi en parallèle les «13 milliards de cadeaux fiscaux» voté en juillet «pour une poignée de privilégiés».
Principale annonce visée: la mise en œuvre de trois franchises médicales. A partir de l’an prochain, les patients pourraient avoir à payer, 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicament, 50 centimes sur chaque acte paramédical et deux euros sur chaque recours au transport sanitaire, jusqu’à un plafond de 50 euros par an. On calcule cela comment ?  

Les familles les plus modestes devraient être exemptées mais on ne connaît pas encore le seuil. Les femmes enceintes et les « grands malades » aussi. Mais dans quelles conditions ?  

Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui regroupe des associations de malades et des familles de malades, dénonce «la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité». «Les malades trinquent pour les malades (…), car les bien portants ne consomment pas de médicaments, ni de transports médicalisés, ni d’actes paramédicaux», affirme le collectif qui prédit que «dans dix ans, l’assurance maladie remboursera péniblement 50% au lieu de 75% faute d’avoir réfléchi à temps à des solutions pérennes de financement de notre système de santé».
Des réserves se sont exprimées au sein du gouvernement même, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, ayant proposé, pour atténuer les injustices qui pourraient en découler, la création d'un «bouclier sanitaire» qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. Ce n’est visiblement pas la philosophie d’action qui animait Sarkozy ce mardi…

Daniel RIOT

  

31/07/2007

Le "grand Moyen-Orient": un arsenal explosif

Proche-Orient: Les jeux dangereux de Bush, vendeur d'armes

29389666e13da3e814728605f9919280.jpgDECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT:Alors que Condoleeza Rice entame une tournée au Moyen-Orient pour défendre la politique américaine dans la région, le contrat de coopération militaire avec l'Arabie Saoudite passe mal parmi les représentants démocrates mais aussi républicains, qui reprochent à l'administration Bush de pactiser ainsi avec un Etat soutenant le terrorisme. Ces inquiétudes américaines recoupent bien des craintes européennes, en dépit des sourires chaleureux et des promesses "de coopération renforcée" entre Londres et Washington distillés pat gordon Brown à camp Davis.Pour Bush, les ennemis de nos ennemis sont nos amis. Mais ils peuvent être aussi des faux amis.. LIRE L'ANALYSE DE Daniel RIOT pour RELATIO: Les Jeux dangereux de Bush... CLIQUER ICI Les armes de Bush.doc

28/07/2007

La première contre-performance diplomatique de Sarkozy

Leçon d’une mini tournée : Apprendre à mieux connaître l’Afrique

c80c2d5d6e039a526dfe54f6ab9612fb.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT

Trop, trop vite, trop maladroitement… En politique étrangère, le « Super Président hyperactif et omniprésent » vient de recevoir quelques coups et quelques leçons qu’il aurait tort de prendre par le mépris ou la rigolade…Sa mini tournée africaine est en fait sa première contre-performance diplomatique.

 

Il en fait trop. C’est évident. Et cela le fatigue. Cela se voit. Cette manière de presque s’endormir en conférence de presse  n’est pas qu’un manque de courtoisie à l’égard de ses hôtes. C’est une alerte médicale…

Il agit trop vite. Sa précipitation à aller embrasser Kadhafi est plus condamnable que sa volonté (dictée par le simple réalisme) de normaliser les relations avec une Libye qui joue effectivement un grand rôle (pour le meilleur et pour le pire) au Moyen-orient, dans le bassin méditerranéen et en Afrique. « La hâte manifestée par le président de la République laisse un goût amer. M. Sarkozy voulait introduire de la morale dans la politique étrangère. Le cas libyen constitue au minimum un contre-exemple  Konaré critique violemment Sarkozy », souligne Le Monde.Un commentaire plutôt aimable par rapport à d’autres...

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Avec Bongo, "le doyen"

Cette précipitation qui se traduit par un « cavalier seul » érigé en règle de (mauvaise) conduite inquiète nos meilleurs alliés, partenaires et amis, les Allemands. Et c’est grave… Pour l’Europe, bien sûr, mais d’abord et surtout pour la France

Il agit trop maladroitement. Sa mini-tournée africaine a été un vrai festival de bévues, d’indélicatesses, de bourdes. Rien de dramatique, mais comme on sait, « le diable se cache dans les détails »…Son discours de Dakar a suscité un vrai tollé qu’il avoue publiquement …ne pas comprendre. C’est très mauvais signe… D’abord ce qui est dit est dit et on se demande pourquoi il éprouve en permanence ce besoin de se justifier, même quand il est peu justifiable. Ensuite, ce maître ès communication devrait se  souvenir que l’essentiel n’est pas ce qui est dit mais ce qui est entendu.

Or, ce qui a été entendu révèle une coupable méconnaissance de l’Afrique, un arrière fond culturel imprégné par les « chefs blancs » de jadis ou « Tintin au Congo », un manque de cohérence que l’on va finir par juger « inné » et des imprécisions dans les desseins assez troublantes. La force de conviction  de sa secrétaire d’Etat, RAMA YADE,  ce samedi soir sur  France 2, n’y change rien…

L'ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a jugé dans une interview à Radio France Internationale (RFI) que le discours de Dakar « n'est pas neuf dans le fond et rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque »,

37fb1d6c7def5c4cdf66300c0d53d10b.jpgAlpha Oumar Konaré (photo) a surtout été choque par les déclarations sur le paysan africain qui, selon Sarkozy,   « ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès ».

Alpha Oumar Konaré a également réagi au rejet de toute repentance affiché par Nicolas Sarkozy au sujet de la colonisation, même qualifiée de « grande faute ». « Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, je suis sûr que le président le sait (...) Personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains", a-t-il dit.

Indulgent et diplomate, le président de la  Commission de l’Union africaine a conclut : « Je suis certain que le président souhaite la rupture (...). Je pense que pour l'aider dans la rupture, il a besoin de mieux connaître l'Afrique et nous sommes prêts dans ces échanges avec lui ».

Il le faut en effet. Pour tenter de trouver des solutions aux problèmes en cours, le dernier étant le contentieux entre le Niger et Areva. Et pour approfondir le concept d’Eurafrique, un concept sur lequel travaillent aussi la Présidence portugaise et Louis Michel, l’excellent commissaire à la coopération et au développement, qui ne font pas  d’effets de manche,  et peu  de bruit mais préparent avec sérieux le sommet euro-africain qui doit se tenir à Lisbonne cet automne.

Ce sommet constitue à la fois un test et une chance.

>>>Un test : 40 chefs d’Etat et de gouvernement du « continent  noir » avaient participé au sommet sino-africain de novembre 2006. Combien seront-ils à Lisbonne ?

>>>Une chance : face aux poussées chinoises et américaines, mais aussi indiennes, japonaises et autres, l’Europe avec d’autres méthodes que celles de la « Françafrique » doit, comme Sarkozy dit le souhaiter, jeter les bases d’un partenariat nouveau.

Un partenariat qui implique, coté français, une vraie rupture avec des réflexes culturels d’un autre âge et des pratiques plus conformes aux règles du droit, à commencer par les textes anti-corruption. Un beau chantier, en effet… On compte sur la perfectibilité de Sarkozy qui doit être capable, s'il en prend le temps, de mieux travailler ses dossiers africains et cesse de confondre vitesse et précipitation:"les Blancs ont des montres, mais ils manquent de temps" dit un proverbe africain".

Daniel RIOT

RELIRE SUR RELATIO >>>>>

19/07/2007

Services publics en Europe : A quand un « service maximum » ?

a471a9eb7cd64c9c56a51a6fdf1b6c1a.jpgDECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT :« Service minimum » : c’est l’expression de ce mois. A quand de vrais débats sur le « service maximum » ? On peut rêver, et sourire…

Paradoxes français en série :

>>> On vote en urgence une limitation du droit de grève dans les services publics, notamment dans les transports, alors que la société n’est, en l’état, nullement paralysée par des grèves intempestives. Entre 1975 et 2000, le nombre annuel de jours de grève a été divisé par huit dans les entreprises privées. Dans les entreprises publiques et la fonction publique, en dehors des années 1995 et 2003, il reste globalement au même niveau.

>>> On veut des services publics de qualité et d’une fiabilité permanente (et on a raison).Or ce ne sont pas les grèves qui expliquent la plupart des dysfonctionnements qui perturbent les vies quotidiennes et l’activité économique : «  90% des perturbations dans les transports n'ont rien à voir avec la grève : elles sont le plus souvent liées à des incidents techniques », dénoncent les syndicats sans être démentis.

>>> On déclenche des colères et des inquiétudes qui pourraient se traduire par des … grèves à l’automne en s’attaquant à   un « mal français » dans ses effets et non dans ses causes. Car « mal français », il y a. Socialement. Syndicalement.Politiquement.

0043a8219b06bcc3cbdadf9a95b22b51.jpgAutre paradoxe français: Alors qu'elle connaît le taux de syndicalisation le plus faible de tous les pays développés (7 %), la France enregistre le plus grand nombre de journées de grève par an.

 Rappel : en Suède, le taux de syndicalisation est de 91 %, de 80 % au Danemark, et de 32 % en Angleterre... Pays qui pourtant ne sont pas coutumiers des grèves. Cette faiblesse quantitative et qualitative de la responsabilité et de la représentativité syndicales explique en partie la médiocrité de notre « démocratie sociale » ou plus simplement du «  dialogue social », de la « concertation sociale »…

Mais nous ne sommes pas dans une logique d’efficacité à long terme. Nous sommes dans la psycho-politique, dans la socio-gouvernance. Le service minimum était l’une des promesses électorales de Nicolas Sarkozy. Promesse doit être tenue : c’est bien…(sur la dette aussi, il y a eu quelques promesses, semble-t-il,  c’est un autre sujet …)

Et Fillon, le chef de chantier de Matignon, n’a qu’un argument sérieux qui caresse l’opinion dominante dans le sens du poil : « ce service minimum, les Français le veulent depuis des années, nous devons leur donner ». Ras-le-bol d’en avoir ras-le-bol, donc.

1b61e38df24407296d1e3ea5673d4fbf.jpgComme si les grévistes faisaient grève par plaisir pour gêner leurs concitoyens. Et comme si eux-mêmes n’étaient pas gênés quand des grèves touchent d’autres secteurs que le leur, ou des champs d’activité dont ils sont tributaires… C’est étrange que cet aspect là ait été aussi peu mis en relief dans les débats : le droit de grève, si chèrement conquis, est aussi un droit à la digité. Mais efficacité d’abord et culture du résultat.  Pas seulement dans les transports,  d’ailleurs. Dans l’éducation nationale aussi. Et ailleurs…  

Argument supplémentaire pour le gouvernement Sarkozy :En Europe, de nombreux pays ont déjà recours à ce « service minimum » que les Français connaissent déjà d’ailleurs dans plusieurs secteurs (dans les stations de radio et de télé de service public, par exemple)…

Au fait, ce type de problème, c’est du ressort national au nom de la « subsidiarité » on ne devrait-on pas tenter une harmonisation communautaire ? Il est vrai que d’autres chantiers de « l’Europe sociale » sont encore plus urgents à ouvrir ou à conduire…

Daniel RIOT

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Grève dans les transports parisiens en ...1891

REPERES :

Voici la législation dans les pays européens en cas de grève dans les services publics.(repris sur NouvelObs.com) 

- ITALIE: service minimum en théorie dans une quinzaine de secteurs publics essentiels (eau, gaz, téléphone, urgences médicales, collecte des ordures, information radio-télé publique, transports, éducation...). Grève interdite aux heures de pointe, matin et soir, pour les avions, trains et communications maritimes. Nombre minimum de liaisons ferroviaires nord-sud et est-ouest garanti. Grève illégale durant les périodes électorales, à Noël, Pâques, et le 15 août.

- ESPAGNE: principe du service minimum consacré par la Constitution, avec des "garanties nécessaires pour assurer le maintien des services essentiels de la communauté".
- ALLEMAGNE: aucune loi en ce domaine, mais grèves rares et limitées. 30% des 250.000 salariés de la compagnie ferroviaire sont fonctionnaires, sans droit de grève, les autres ont le statut d'employés avec droit de grève.

 - GRANDE-BRETAGNE: pas de service minimum mais les grèves sont rares. Les menaces de grève sont en revanche relativement fréquentes, mais un consensus est généralement trouvé in extremis. Fait inhabituel, une partie du personnel au sol de la compagnie aérienne British Airways a mené une grève sauvage pendant 2 jours en août 2005 à l'aéroport londonien de Heathrow.

 - BELGIQUE: aucun service minimum dans les transports publics.
- PAYS-BAS: aucune loi n'oblige à un service minimum. Mais le chef d'une entreprise en grève peut saisir un juge qui décide, en référé, d'interdire ou non la grève ou d'en limiter le cadre.

 - DANEMARK: la plupart des employés de la compagnie ferroviaire nationale ont un statut de "fonctionnaires d'Etat" leur interdisant la grève. Les employés des compagnies d'autobus peuvent faire grève.

 - PORTUGAL: service minimum pour tous les services publics.

 - GRECE: loi prévoyant la possibilité de mobiliser un "personnel de sécurité" pour un minimum de services, pour tout le secteur public. Mais en pratique, il est respecté en général seulement pour les grèves de contrôleurs aériens et dans les hôpitaux.
- SUEDE: hormis certaines missions "stratégiques" (police, secours...), pas de service minimum.

 - AUTRICHE: pas de service minimum, mais grèves rares.

 - FINLANDE: pas de service minimum légal, mais celui-ci est négocié, si nécessaire, branche par branche.

 - POLOGNE: pas de loi sur le service minimum, mais interdiction de cesser le travail si cela met en danger la santé ou la vie humaine, ou la sécurité d'Etat. Pas de droit de grève pour les fonctionnaires des services d'ordre et des administrations publiques.
- ROUMANIE: en cas de grève dans le secteur public, obligation d'assurer un tiers des services.

A VOIR

 LE DOSSIER D’Euractiv.fr

 

Présentation et organigramme du ministère du travail

Une fiche sur le service minimum (wikipédia)

L’organisation d’un service minimum en cas de grève (Sénat)

Informations sur le droit de grève

Une fiche sur le service public en Europe

15/07/2007

Société: Les libertés des "people" et celles du peuple...

Atteintes à la vie privée…

Quand Sarkozy fait, sur le perron de l'Elysée,  une déclaration d’amour à Cécilia et à une de ses filles, (« belles les deux », il a raison…), on est dans quoi ? Dans le public ou dans le privé? Dans un moment d'Etat ou dans une confidence publique à caractère privé? Dans le jeu ou dans la sincérité? Dans une fête pour le peuple ou pour le people?« Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie », remarquait Jules Renard...

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 Quand la presse s’amuse d’une photo souriante de Sarkozy ravi de dépingler la médaille de l’ordre du mérite sur une poitrine qui ferait triompher le sens tactile sur le bon sens, on est dans  une forme d’irrespect ou d’humour ? Un homme d’Etat conserve son état d’homme. Les femmes aussi d’ailleurs,, heureusement.

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Quand l’ami Jean Quatremer, sur son euroblog allongé, révèle (ou sous-entend) sur DSK quelques tendances sans lesquelles il aurait moins de charme mais avec lesquelles Anne Sinclair et nos diplomates doivent composer si ce gout pour les jupons est effectif, que fait-il ? Du journalisme d’investigation et de transparence ou des insinuations (diffamatoires?) de « fouille-poubelle » envieux des succès de la presse people? Attirer, c’est plus tirer vers le bas que vers le haut…La presse dite people (pipole) ne le montre que trop…

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Quand Ségolène Royal, en femme outragée qui se sent harcelée, fait un procès à Match pour une photo de vacances bien innocente et sans intérêt, que fait-elle ?

bf61aff5c5d07845da5a831bcc3b1523.jpgUn geste d’autodéfense bien légitime (après d'autres "atteintes") même si cette « femme fatale » qui avait convoqué les caméras pour un accouchement a fait une partie de son chemin public en jouant (plus ou moins bien) sur le piano d’un marketing politico-médiatique qui implique une bonne dose de narcissisme pas toujours pudique ? Ou…de la pub (involontaire) pour l’hebdomadaire (en l’occurrence en panne d’inspiration) ? Ou de l’autopromotion par posture victimaire et imposture primaire ?

La « femme fatale » finit par rendre bien banal le recours aux avocats pour des causes qui font causer sans grande conséquence

Vie privée/vie publique…Malgré son tact et son sourire pudique,e8d706eebb830233e01048d1b6c38cc1.jpg Mireille Dumas reflète, à sa manière, cet   exhibitionnisme ambiant et galopant  qui nous transforme tous (ou presque) en des pornographes de l’âme que  Restif de la Bretonne ne pouvait imaginer… 

« Si j’avais un secret pour concilier vie privée et vie publique, je le vendrais », ironisait Sean Connery… Cela n’est pas vrai que dans le spectacle, le cinéma, les média et la politique. Rassurons-nous. Avec Pierre Assouline : « Dès lors qu’on a une vie intérieure,on mène déjà une double vie ». Et avec Alphonse Allais : « la vie est comme on la fait ». Ou la défait.

Pendant que notre « peoplecratie » qui est aussi une « médiacratie » se chatouille l’épiderme avec ce type de faux événements, l’information essentielle de la semaine en matière de protection de la vie privée, donc de droits de l’homme et de Liberté n’a guère été commentée, sauf dans des cercles spécialisés où l’on sait ce que prêcher dans le désert veut dire.

3323c8b1847fab2e2baa64878c632c56.jpgLa Commission nationale informatique et liberté a publié un rapport plus qu’accablant et plus qu’inquiétant.  « Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans ! », lance son président en lançant une "alerte à la société de surveillance" que lance aussi la « Commission de Venise » du Conseil de l’Europe.

On apprend au passage que  la CNIL est la commission de ce type qui en Europe dispose des moyens et des pouvoirs les plus faibles. Souriez, vous êtes filmés. L'oeil invisible nous regarde; Prenez garde, vous êtes fichés (avec des risques d'erreurs considérables) . Les disques durs nous emprisonnent.

Sachez-le: vous n’avez plus de vie privée. Réflexes sécuritaires et progrès technologiques : danse35442258d5bf71be9f03e6314c38dd9.jpg cette société liberticide à tendances totalitaires "soft", il y a vraiment plus grave qu’une photo anodine dans l’eau bleue d’une plage corse.

Au fait, on a peu entendu  et Royal et les autres dirigeants socialistes sur ces atteintes constantes et générales à la vie privée. Il est vrai que notre  « traçabilité » (comme on dit pour les bêtes d’élevage) est telle que notre portable nous localise, que notre ordi nous trahit, que nos cartes de paiement ou de crédit sont prêtes à nous discréditer, et que même en vélo dans les rues de Paris, une puce nous accompagne...

b0aaf47f6ce97a410abdb84711800d15.jpgMais, comme dit Sarkozy, il faut des règles pour jouir des plaisirs de la transgression…Michel Polnareff a raison de ne plus fuir le fisc aux USA et de ne plus afficher ses fesses sur les murs de Paris Il joue jouer gagnant en misant sur les  gagneurs:"je vous dit merde, monsieur le Préséident, et on ira tous au paradis".

Un monde sans espionnage, le "paradis"? Chut! Dieu nous espionne tous depuis longtemps: on me l'a  appris au cathéchisme...D'ailleurs, Adam n'a pas pu croquer la pomme d'Eve en cachette. Tout finit toujours par se savoir!

Daniel RIOT

14/07/2007

Sécurité/Liberté: Des retards français

medium_colombe.2.JPGA lire sur DpJ, Le Droit pour la Justice

>>> PRISONS : Cela ne va pas s’arranger…

Une note de l'Administration pénitentiaire estime à 80.000 le nombre de détenus dans les prisons françaises à l'horizon 2017, alors qu'elles ne devraient compter à cette date que 63.000 places.

>>>> SECURITE et LIBERTE : LA France A LA CNIL LA PLUS PAUVRE D’EUROPE. . DpJ reprend un dossier du Monde, signé Jean Marc Manach qui vaut lecture et réflexions....

Et une info qui jette un froid: Plus de la moitié des fichiers policiers contrôlés en 2006 par la CNIL étaient erronés »

04:35 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, prisons, justice, futur

12/07/2007

FRANCAFRIQUE: Si Djibouti nous était conté...

cb4033ad57685d0d9f02246a1e440bec.gifPerquisition chez le "monsieur Afrique" de Jacques Chirac: Les magistrates chargées de l'enquête sur l'assassinat du juge Borell, en 1995 à Djibouti, ont perquisitionné les deux résidences de Michel de Bonnecorse, ancien responsable de la cellule africaine de l'Elysée. Dans ce marécage de la FRANCAFRIQUE, les eaux boueuses remontent donc de plus en plus à la surface. Premier visé: le président atuel de Djibouti.

Bernard Borrel (Sipa)

Bernard Borrel (Sipa)

L'enquête sur la mort du juge Bernard Borrel s'accélère. Les magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, se sont rendues lundi à Lamanon (Bouches-du-Rhône), où l'ancien "monsieur Afrique" de l'Elysée a une résidence secondaire, et mardi à son domicile parisien, boulevard du Montparnasse (14e). Ces perquisitions ont permis la saisie d'un carnet.
Les mêmes juges avaient déjà perquisitionné en avril au Quai d'Orsay et à la Chancellerie, avant d'être refoulées aux portes de l'Elysée où elles voulaient notamment visiter le bureau de Michel de Bonnecorse.

Enquête sur des trafics mouillant l'actuel président

729c04f18c74ec3ee7c6587fa3520c40.jpgPar ailleurs, selon un témoignage recueilli récemment par la juge d'instruction en charge de l'enquête sur la mort du juge, tué en 1995 à Djibouti, Bernard Borrel a été chargé, avant sa mort, par le ministre djiboutien de la justice d'enquêter sur "des trafics" auxquels Ismaël Omar Guelleh, actuel président djiboutien, aurait été mêlé. Des trafices d'armes, entre autres...

Selon son témoignage, la mission confiée au juge Borrel visait les agissements d'Ismaël Omar Guelleh (IOG), qui était alors chef de cabinet du chef de l'Etat Hassan Gouled Aptidon, son oncle, mais aussi l'un des candidats au pouvoir. "Il y avait des menaces graves du fait de luttes de pouvoir pour la présidence. C'était des batailles de clans", a déclaré l'ancien membre du deuxième bureau.

Selon "mes sources", a-t-il ajouté et celle d'un autre officier dont il cite le nom, "le ministre de la Justice Moumin Badon Farah avait chargé Bernard Borrel de constituer un dossier sur l'ensemble des trafics auxquels Ismaël Omar Guelleh était mêlé."

4d51fada47fc8f4b5499b75f7db2e651.jpgRAPPEL: Le corps en partie carbonisé du juge Bernard Borrel a été retrouvé le 19 octobre 1995 en contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti. Le magistrat français travaillait, au titre de la coopération, auprès du ministre de la Justice de Djibouti à la réforme du code pénal. La thèse du suicide avancée par les autorités djiboutiennes a toujours été contestée par sa veuve, qui dénonce des pressions politiques pour étouffer une affaire mettant en cause les autorités politiques de Djibouti.
Dans un communiqué du 19 juin, le procureur de la République de Paris a confirmé officiellement l'origine criminelle de la mort du juge Borrel.

LIRE OU RELIRE: UNE CONFERENCE SUR L'INDEPENDANCE (?) DE LA JUSTICE

02/07/2007

STRASBOURG: OUI à Sarkozy pour une relance politique de l'Europe

Un discours qui peut contribuer à combler le plus grand des déficits français et européens: celui de ...l'enthousiasme!

EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT

Merci, Monsieur le Président

Franchise oblige : je n’étais pas un supporter de Sarkozy. C’est même le moins que je puisse dire. Les fidèles de mon blog le savent (trop) bien...  Et même son discours de février sur la panne de l’Europe et sur  son idée de « mini-traité » m’avait laissé pour le moins dubitatif. Mais (et j’en suis ravi !) le discours qu’il a prononcé aujourd’hui dans la métropole européenne, capitale parlementaire de l’Europe, m’a séduit. Et m’a rempli d’une satisfaction telle que le militant de la « cause européenne » que je suis n’a pas éprouvée depuis longtemps.

Pour tout dire, depuis le discours d’adieu du Président Mitterrand au Parlement européen… Souvenirs, souvenirs !  Et  regrets depuis... "Le temps perdu ne se rattrappe pas". Ce n'est pas "l'histoire qui va trop vite", comme soupirait Mitterrand en une autre occasion, c'est nous qui n'allons pas asez vite. Ou qui marchons à reculons: histoires d'Europe depuis 15 ans...

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Ce discours de STRASBOURG, au-delà de l’autosatisfaction avancée (mais en partie lgitime) m’a séduit par la force de conviction qui l’habite, par les références aux pères fondateurs qui l’habille et, surtout, par la volonté d’aborder les « affaires européennes » sous un angle politique.

Oui, L’Europe est d’abord une aventure politique avant d’être une « construction ».

Oui, il ne faut pas  confondre les moyens et les fins.

Oui, il importe de renouer avec de grands principes de base qui ont été défigurés ou trahis par des réflexes bureaucratiques, par des paresses intellectuelles et par des influences de ce « grand large » contre lequel  les plus pro-américains et les plus pro-libéraux des « fondateurs », Jean Monnet en tête,  luttaient.

Un retour aux sources pour reprendre une longue marche en avant ? OUI.

Je l’ai souvent écrit, je le redis : l’avenir européen passe par une réconciliation des idées de Monnet (et de Schuman) et de De Gaulle.

Si Sarkozy y parvient, il aura bien mérité de la patrie et de cette Europe qui fait partie de nous comme nous faisons partie d’elle.

Le contexte n’est guère favorable à une relance de l’esprit POLITIQUE de l’Europe. Sarkozy a le mérité de le faire. En tentant de dépasser les clivages entre ceux qui ont voté OUI et ceux qui ont voté NON au projet de Constitution. En mettant l’accent sur les fondamentaux de l’unification européenne. En dégageant des voies vers un avenir où les Européens reprendront confiance en eux-mêmes.

Sur telle ou telle question, des analyses divergentes peuvent être faites  et des critiques peuvent et pourront être émises. Mais ne gâchons pas notre joie intellectuelle et politique de voir et d’entendre le Président de la république française prononcer les mots qui s’imposent pour réduire le pire des déficits dont l’Europe souffre : un déficit d’enthousiasme.

Merci, Monsieur le Président.

Daniel RIOT

LIRE LE DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY >>>>>>>

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RESUME

Le chef de l’Etat estime que le sommet de Bruxelles a permis, par une synthèse entre l’Europe du « oui » et celle du « non », de remettre l’Union en marche.   «La France est de retour en Europe». C’est par l’un de ces discours-fleuve dont il a le secret que Nicolas Sarkozy a voulu, lundi à Strasbourg, revenir sur sa «victoire» de Bruxelles, où les 27 ont accepté les grandes lignes de son traité simplifié.  
Evoquant les grandes figures des pères de l’Europe, «Churchill, De Gaulle, Schuman, Monnet, Gasperi», Nicolas Sarkozy a rappelé le lien franco-allemand, «ciment» de l’Union européenne, et surtout la volonté des peuples de «tirer des leçons» d’une histoire déchirée par les guerres. Une manière d’amener vers la première idée-force du discours : «ne pas confondre la finalité avec les moyens».
«Chaque fois que l’Europe a remplacé les fins par les moyens, elle a traversé une crise», estime le chef de l’Etat. Et de poursuivre : «ce n’est pas le « non » au référendum des Français et des Néerlandais qui a mis l’Europe en crise. C’est la crise de l’esprit européen qui a provoqué les « non ».»  
Le retour de la politique  
Car pour Nicolas Sarkozy, la Constitution européenne n’était pas «une fin en soi». «Ce ne sont pas les traités européens qui font progresser l’esprit européen, mais l’esprit européen qui permet de conclure des traités», martèle-t-il, revenant sur le rôle central de la «politique». Ou plutôt de «cette grande dérive vers la dépolitisation de l’Europe qui voulait partout remplacer la décision politique par des règles, des normes et des procédures».  
 «Au lieu de dire aux peuples : « voilà ce que nous pouvons faire ensemble de grand », on leur a répété inlassablement : « nous n’y pouvons rien », et on leur a dit que c’était à cause de l’Europe», estime le chef de l’Etat, taclant au passage les majorités précédentes.
Avant de se livrer à un petit auto-satisfecit : à Bruxelles, «pour la première fois depuis longtemps dans un sommet européen, on a fait de la politique au sens le plus élevé du terme», juge Nicolas Sarkozy, pour qui, avec le traité simplifié, «l’Europe est sauvée».
  «Je veux poser toutes les questions»
 Et le président de se lancer dans une énumération de mesures qu’il souhaite pour «faire la synthèse entre le oui et le non», clé selon lui de la construction européenne : investissements, politique industrielle, gouvernement économique de la zone euro, maîtrise de l’immigration, fin de l’indépendance de la Banque centrale, partenariat avec la Méditerranée… «Je veux poser toutes les questions, je veux évoquer tous les problèmes», explique Nicolas Sarkozy.  
Convaincu que l’Europe est une notion bien vivante, le chef de l’Etat s’est fait lyrique : «L’Europe ce n’est pas que la monnaie, ce n’est pas que la discipline budgétaire, ce n’est pas que le droit de la concurrence, ce n’est pas que des frontières, ce n’est pas que la pondération des votes. L’Europe, encore une fois, c’est d’abord un projet de civilisation». Une civilisation qui «a besoin d’une nouvelle Renaissance».
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DOCUMENTS
A lire ou à relire
 

Réconcilier de Gaulle et Schuman (1), par Daniel RIOT

Quand la France a « mal à l’Europe »…


e1205fc432dd0424321fdc0008ca7683.jpgSOS Médecins ! Voilà plus de 50 ans que la France a « mal à l’Europe » et que l’Europe a « mal à la France ». Deux symptômes d’un « mal d’amour ».

Ce « mal d Europe » n’a pas qu’une cause : ses racines sont dans les têtes plus que dans les corps. La « révolution » de l’unité européenne, en 1950, ne s’est pas traduite par la révolution intellectuelle et mentale qui aurait dû et devrait s’imposer.

Pis : les querelles circonstancielles qui ont marqué les débuts et les premiers développements de la « construction européenne » 4c6f69ca8673b05f82b493f49e3d5cd6.jpghypothèquent toujours les actions présentes et futures.2df982c250e85b84b0e51da821c35137.jpg
Schématiquement, les Français restent partagés par deux visions et deux pratiques de l’Europe : celle de Robert Schuman (et de Jean MONNET)et celle du général de Gaulle.

Celle d’une construction « supranationale » et celle de « l’Europe des patries ».

Celle d’une Europe « européenne » et celle d’une Europe occidentale ou atlantique.

Celle d’une Europe intergouvernementale et celle d’une Europe gérée et animée selon un mode fédéraliste ou fédératif.

 LIRE LA SUITE>>>>>
 

(2)Colombey-les-deux-églises et Scy-Chazelles…>>> 

(3)« Une certaine idée de la France »…>>>

(4)"Le levier d’Archimède">>>

29/06/2007

Politique de l'eau: les constats de Fabienne KELLER ont valeur de réquisitoire...

"La France au milieu du gué" : La politique de l'eau ne respecte pas les normes de l'Union européenne. Du travail pour Borloo: il y a URGENCE

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Nous l’avions signalé sur ce site : les nitrates de Bretagne permettent à la commission européenne de donner  une  leçon d'écologie appliquée la France. Avec des sanctions financières à la clef… Paris avait échappé à la condamnation de la Cour de justice européenne en 2001 pour pollution par les nitrates, après avoir mis en place des mesures considérées aujourd'hui comme "insuffisantes" par la Commission.

 

48ed019a3a83edf9879212b8fbeb0a71.jpgDans ce contexte, le rapport sénatorial de Fabienne KELLER ne pouvait pas tomber plus opportunément. Au gouvernement d’agir pour en tirer pleinement les leçons. Le grand ministère Borloo est là pour cela, non ?

Première question : Qui pilote la politique de l'eau en France ? Poser la question a déjà en soi quelque chose d'inquiétant, mais la réponse donnée par la sénatrice (UMP) du Bas-Rhin Fabienne Keller, responsable de la mission "Ecologie et développement durable", dans un rapport qui vient d’être  présenté , est plus qu’ accablante.

Multiplicité des acteurs, dilution des responsabilités, éparpillement des moyens financiers dont le contrôle échappe en grande partie au législateur, manque de lisibilité des actions, voilà quelques-uns des griefs formulés dans ce texte intitulé "Politique de l'eau, la France au milieu du gué". Tout en reconnaissant les efforts déployés pour rationaliser la politique de l'eau, Mme Keller alerte sur la nécessité de passer à la vitesse supérieure afin d'être en mesure de se conformer aux directives européennes et de mettre en oeuvre la loi sur l'eau, adoptée par le Parlement en décembre 2006.

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Les retards accumulés par la France dans ce domaine nourrissent des contentieux avec Bruxelles. Qui vont finir par revenir très chers au contribuable.  Car il n’y a pas que les nitrates de Bretagne…. D'autres dossiers sont en attente comme celui sur le traitement des eaux résiduaires urbaines.

La France aurait dû mettre aux normes toutes ses stations d'épuration en 1998 : "83 sites sont encore non conformes et la France risque une amende de plusieurs centaines de millions d'euros", a expliqué Mme Keller, qui voit dans cet exemple l'illustration de l'insuffisance de dialogue et de concertation entre l'Etat, qui signe les textes à Bruxelles, et les collectivités locales chargées de les appliquer.

La France s'est par ailleurs engagée à satisfaire, d'ici à 2015, à l'objectif de "bon état écologique" des milieux aquatiques. Sept ans après l'adoption de cette directive, très peu a été fait.

La politique de l'eau ne manque pas de pilote. Elle en a en réalité beaucoup trop. Cinq ministères - écologie, agriculture, santé, équipement et intérieur - sont impliqués dans onze programmes, au point de faire douter le rapporteur de "l'existence d'une véritable stratégie interministérielle". La constitution d'un grand ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables devrait en partie remédier à cela. Mais les conflits d'intérêts entre l'agriculture et le pôle "environnement" ne sont pas appelés à disparaître.

L'environnement, qui, au niveau départemental, ne dispose pas de relais administratif en propre, est ainsi contraint de s'appuyer sur les directions départementales de l'agriculture et de la forêt (DDAF) pour mettre en oeuvre sa police des eaux. Cette situation a certainement joué un rôle dans le cas de la pollution aux nitrates en Bretagne, a laissé entendre la sénatrice du Bas-Rhin.

Cette dispersion des compétences trouve sa traduction presque caricaturale dans la ventilation des fonds affectés à la politique de l'eau : 6 % seulement transitent par le budget de l'Etat. Et une bonne part restante va aux agences de l'eau rattachées aux bassins hydrographiques.

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La simplification de la machinerie administrative doit donc rester une priorité pour Mme Keller. Mais elle préconise aussi d'engager les agences de l'eau dans des actions plus offensives auprès des collectivités locales. En donnant aux "bonnes élèves" des financements attractifs et en pénalisant au contraire les autres.

Cela commence à se pratiquer. Il faut aller plus loin, car c'est, selon elle, un des leviers qui permettra de rendre la politique de l'eau plus efficace. Et plus conforme aux normes européennes qui ne sont pas des contraintes, mais des leviers d'un progrès bien compris. La "révolution écologique" promise par Borloo peut commencer par là, les pieds dans l'eau, mais la tête hors de l'eau....

 Un résumé du rapport de Fabienne KELLER

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25/06/2007

Pub et environnement : ça coince ! Création d'un Observatoire indépendant


L’Alliance pour la Planète vient d’annoncer la création d’un Observatoire Indépendant de la Publicité (OIP) composé d’associations et de personnalités dont Corinne LEPAGE MoDem). L’OIP se donne pour mission :

d’assurer une veille sur l’activité publicitaire en France et de fournir une réflexion critique sur la publicité ;
de lancer des alertes à l’encontre des publicités irresponsables en matière d’environnement ;
de présenter chaque année un rapport public "Publicité & Environnement » ;
d’utiliser tout recours contre les publicités non conformes à la réglementation ;
de décerner des prix aux campagnes publicitaires les plus irresponsables en matière d’environnement ;

Agissant dans un premier temps sur les questions environnementales, l’OIP pourra rapidement s’étendre à tous les aspects du développement durable.
« Publicité et Environnement » L'alliance pour la Planète

Par ailleurs l’ADEME et le BVP ont présenté jeudi 14 juin une étude démontrant que seuls 6 messages publicitaires sur 10 respectaient les règles que s’est donné la profession en la matière bien que celles-ci soient insuffisantes ou floues.
Télécharger l'étude
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Rappel des propositions de CAP21 en la matière

Mettre en œuvre des dispositifs luttant contre les publicités « écologiquement » mensongères ;
Repenser La totalité de la publicité, qui joue dans notre société un rôle majeur, de manière à décourager les comportements incompatibles avec une réponse à l’urgence écologique
Appliquer la loi sur l’air qui prévoit la réglementation de la publicité qui favorise la consommation énergétique ;
Interdire toute publicité pour des produits ou services sur-consommateurs en eau
Interdire la publicité mensongère sur les produits de consommation courante se revendiquant naturels quand ils sont issus de la pétrochimie
Remplacer le Bureau de Vérification de la Publicité par une autorité administrative indépendante de la publicité;
Sensibiliser et former le monde de la publicité au développement durable

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Analyses et critiques de publicités récentes les plus… exemplaires

L’Alliance pour la planète a établis une sélection des publicités qui respectent le moins la déontologie professionnelle que s'est pourtant donné à lui-même le secteur publicitaire. L'objectif est d'expliquer à chacun comment décrypter ces publicités qui usent et abusent de l'argument écologique.
Analyses et critiques de publicité récentes les plus ......exemplaires

 

24/06/2007

STRASBOURG: Réflexions sur la sociale-démocratie et la social-économie

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DES ARTICLES A LIRE ( ET A FAIRE LIRE) SUR LE BLOG DES CONFERENCES DE STRASBOURG

*Une ITW de Pierre ROSENVALLON >>>>>>

*Une vraie sociale-démocratie moderne à la française passe par l'extrême-Centre>>>>>

*FAIRE DU MODEM UN PARTI D'UN TYPE NOUVEAU.UNE CHANCE A SAISIR>>>>>>

DEMOCRATIE et ART de GOUVERNER

* Lettre au Président SARKOZY, par Edgar PISANI >>>>>>>

*Paradoxes du néo-bonapartisme à la française, par Jacques PILET >>>>

RAPPEL: FAUT-IL TOLERER LE MINISTERE HORTEFEUX? >>>>>

ABONNEZ-VOUS A LA NEWSLETTER DES CCS, les Conférence de Citoyens de STRASBOURG

FAITES CONNAITRE CE NOUVEAU SITE DE REFERENCES ET DE REFLEXIONS. ECRIVEZ-NOUS: LES CONFERENCES DE CITOYENS SERONT CE QUE VOUS EN FEREZ....

23/06/2007

PS : Les dinosaures du « Jurassique Parc » donnent encore du temps au temps

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer 

L’immobilisme, voilà le mouvement ! Les apparatchiks du PS donnent du temps au temps pour réaliser cette « rénovation », cette « refondation », cette « résurrection » qu’ils ont été incapables de concrétiser ces cinq dernières années. DESIRS D'AVENIR... DANS LE RETROVISEUR!

En l’absence de Ségolène Royal, boudeuse boudée,  le PS, réuni en Conseil national,  approuve en effet, à mains levées et avec de nombreux absents dans la salle (dont DSK et Fabius)  le calendrier proposé par François Hollande. L’université d’été, comme prévu, et un Congrès extraordinaire en 2008. Après les luttes intestines pour quelques postes à l’Assemblée.Après le "festival" annoncé de l'hyper actif et omni présent Sarkozy. Et surtout, après les « municipales »…que le PS voit bonnes pour lui en se référant (par optimisme?) aux résultats du deuxième tour des législatives. 

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On raisonne en échéances électorales plus qu’en impératifs programmatiques chez les bureaucrates du PS où le « Tout Sauf Ségolène » remplace le « Tout Sauf Sarko ». Il serait pourtant temps de lancer le  « Tout Sauf les Stalagmites et les Stalactites » qui perturbent les cerveaux plongés dans cette grotte où des archaïsmes, des passéismes et des sectarismes ne se retrouvent que pour s’affronter … 

Patience donc pour règler (peu-être) les questions qui touchent au leadership, à la doctine et aux alliances. Pour définir le mot "socialiste" , tracer des lignes tactiques et stratégiques clairs et fixer des caps précis.

Des éléphants ? Des dinosaures, plutôt. Hollande, concierge d’un « Jurassique Parc » du progressisme en berne. Dans le deuil d'une "deuxième gauche" assassinée et d'une "troisième" méprisée.Est-ce un hasard si Jean-marie Bockel a rejoint Sarkozy après un déjeuner avec DSK?

C’est dommage. Le PS est riche de personnalités et de militants de qualité. Il est riche aussi de valeurs qui ont du sens. Il a aussi au niveau européen des partenaires qui ont une vision mieux adaptée aux défis de ce siècle.

« Je ne laisserai pas s'installer l'idée qu'il y aurait d'un côté les responsables et de l'autre les militants », a déclaré Hollande qui aurait fait une carrière extraordinaire dans des régimes où le pouvoir est d'abord dans les "appareils". « Lors du prochain congrès, chacun pourra déposer sa motion son texte, sa stratégie, sa ligne. Chacun pourra le faire et le faire devant les militants ».Et on pondra une "synthèse", comme d’habitude, depuis 1908 ? Ou  tranchera-t-on jusqu’à risquer la cassure ? SOS Vauban: La citadelle prend l'eau.

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Dessin Charlie hebdo

D’ici là, tout peut changer… Qui suivra Jean-Marie Bockel, Kouchner et quelques autres ?"Je suis le seul non socialiste de la délégation française" , a plaisanté Sarkozy en arrivant à Bruxelles pour un Cnseil européen que Hollande juge mauvais, en champion de l'opposition systématique, en "beni non-non"... comme royal, d'ailleurs pourtant déclarée en rupture avec l'opposition "frontale" si stérile depuis 2002.

Qui rejoindra le séduisant MoDem, qui a intérêt conserver son positionnement de "l'extrême centre" même si la création du Nouveau Centre (qui occupe une partie du centre-droit ou plutôt de la droite dite "centriste") le pousse naturellement, et culturellement,  vers  des démocrates soucieux de concilier efficacité économiqe et justice sociale, croissance et développement durable, et conscients de la nécessité de rompre vec des moeurs politiques d'un autre temps,   comme on en trouve en nombre au "centre-gauche"?

Qui rejoindra les forces conservatrices de la « gauche de la gauche » en s’alliant à une partie du PC sauvé des eaux ou à ces chapelles d’  « alter »  qui sont bien en peine de se fédérer et qui sont plus douées pour dénoncer que pour proposer, pour protester que pour construire?

Cet immobilisme technocratique du PS donne une responsabilté supplémentaire au MoDem: s'affirmer comme la vraie force de cette "social-économie" et de cette "démocratie sociale" plus moderne que la social-démocratie qui n'a jamis été la marque du socialisme français, sauf pour y être étouffé.Si Rocard nous était conté... 

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer. Car à droite aussi, la belle unité de l’UMP n’est que de façade. « L’effet Sarko » n’aura pas dans cette droite « décomplexée » à son sommet mais un peu voire beaucoup « déboussolée » ou « cocufiée » à sa base, que les bienfaits escomptés. Les « godillots » ne sont pas tous à l’aise dans leurs baskets…

Daniel RIOT   

22/06/2007

France:NON au nationalisme d’Etat et à la xénophobie de gouvernement.

Quand les démocrates dignes de leurs valeurs sont intrinsèquement  « sarko-incompatibles »…Oui à la pétition internationale lancée contre le ministère Hortefeux: tenir la promesse d'une mauvaise action n'est pas une bonne action.La légitimité du suffrage universel ne légitime pas tout...

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Une politique de régulation de l’immigration ? Evidemment. Dans le respect des engagements internationaux de la France (droit d’asile, statut des réfugiés…) et dans le respect des Droits de l’Homme. En s’attaquant aux vraies causes de l’immigration clandestine, ce fléaux qui fait la fortune de réseaux de trafiquants et d’employeurs esclavagistes, donc aux coupables et non aux victimes. Et en mettant sur rails une politique active d’un co-développement en vraie rupture avec les pratiques éhontées de la « Françafrique »…

Une politique d’ « intégration nationale », de façon à engendrer un « Vivre ensemble « plus harmonieux, à favoriser l’adaptation à nos lois et à nos mœurs des accueillis depuis longtemps ou des nouveaux arrivants ? Evidemment.

Des règles"utiles et justes" pour accorder la nationalité française ? Evidemment.

Avec des critères d’aujourd’hui, et non des réflexes hérités de législations mal « nettoyées » (raciales, racialistes, racistes ou xénophobes)  de temps qui ont fait la honte de la France. Avec ces exigences de droits et de devoirs sans lesquels  la « carte d’identité » n’est qu’un tatouage administratif souvent coloré par une dose d’arbitraire.

Mais un « ministère » qui lie « immigration » et « identité nationale » ? NON.

Non, en raison de la force symbolique (négative pour tout esprit soucieux d’humanisme et d’humanité) de ce lien.

Non, aussi, parce que le fait de confier la codification d’une identité nationale à un organisme d’Etat traduit une conception chargée de « vents mauvais », comme disait Pétain avant d’être pris dans la tornade vichyste.

Ce n’est pas à l’Etat de définir l'identité nationale, qui n'est ni unique ni figée. Du moins ce n’est pas à un Etat démocratique de le faire.  

 

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D’ailleurs, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République pourtant souvent secouée par des transgressions populistes et bureaucratico-arbitraires.  

Par ce qui se veut un acte fondateur de la  présidence sarkozyenne, la France inscrit l'immigration non  comme un « problème » à régler mais comme une force « ennemie »,  un bouc émissaire, comme un exutoire. France, terre des Droits de l'Homme? A démontrer. France, terre d'accueil? A prouver. France digne de ses valeurs? Restons sérieux...Ou redevenons-le!

Le péril n’est pas que dans des têtes d’intellectuels dénigrées avec une imbécillité populiste par le Président et son ami Hortefeux :il est réel.  Car personne ne peut dire de quoi demain sera fait.  Et car la morale politique (il s’agit aussi de cela) risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème existentiel et une menace réelle pour l'intégrité ou l'identité nationale. Revoici sous une autre forme le « parti de l’étranger ».  Et « l’ennemi de l’intérieur »…Allô, Kouchner? 

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Pour les démocrates soucieux d’approfondir sans cesse la Démocratie et de la protéger avec vigilance de tout ce qui peut altérer ce bien précieux qui, comme la Liberté selon Voltaire, « permet de jouir de tous les autres biens », il est clair que ce ministère Hortefeux constitue plus qu’une tache, plus qu’une maladresse, plus qu’une erreur. C’est une faute majeure. Et scandaleuse ! Contraire à l'esprit des valeurs du Conseil de l'Europe.

Sarkozy, qui dit adorer et savourer la « transgression », est trop réaliste pour ne pas en avoir conscience. Il l’avait promis, il l’a fait. Soit. Et alors ? Tenir la promesse d’une action mauvaise n’a jamais constitué une bonne action. Même avec cette légitimité du suffrage universel qui...ne légitime pas tout, surtout pas ce qui altère les fondations les plus belles de...l'identité nationale! Une affaire de principes (républicains) de valeurs (démocratiques) et de bon sens. Une question qui rend « sarko-incompatibles » les esprits les plus fidèles au « principe d’Humanité ».

Un espoir : que les pétitions internationales lancées sur cette question et traitées par le mépris au sommet de l’Etat recueillent le maximum de signatures. « Veilleur où en est la nuit ? »…

Daniel RIOT 

EN SAVOIR PLUS SUR DpJ, le Droit pour la Justice >>>>> 

medium_abolition_de_l_esclavage_Convention_du_16_pluviose_an_II.jpgNicolas A. Monsiau - L'abolition de l'esclavage proclamée à la Convention le 16 pluviôse an II
Dessin à la plume rehaussé de gouache - Musée Carnavalet, Paris

NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

POUR SIGNER LA PETITION >>>>>>>>>>

 

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La France que je n'aime pas.....

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Une affiche officielle d'un autre temps qui est (évidemment) hors sujet  dans le contexte d'aujourd'hui? L'identite nationale est aussi le fruit de tranches d'histoire qu'on aimerait oublier. Toute ressemblance avec le temps présent est évidemment .. délibérée. Non par provocation, mais par précaution. Pardon à celles et à ceux que je choque dans leur Sarkolâtrie. ...Mais Pétain aussi a connu un "état de grâce" très long. C'est un fait, non une opinion. L'illégitime, c'était De Gaulle. Je sais: j'exagère. C'est Sarkozy qui m'incite à la transgression. Cela devrait me faire pardonner, non? DR

Nicolas Sarkozy à l'épreuve des faits: Les risques de "passages en force" mal préparés

Le billet de Chantal Cutajar

On peut apprécier les qualités de tacticien de  Sarkozy, éclatantes  dans son art de piller  quelques idées du Modem, (partiellement et sans en respecter l'esprit), dans son "casting" gouvernemental, (même si la parité promise entre femmes et hommes n'est pas au rendez-vous et si le cabinet n'est pas aussi restreint qu'annoncé) ou dans sa manière de "secouer" sa propre majorité (surtout en Alsace où elle se sent "cocufiée" par la nomination de Jean-Marie Bockel)

"Chapeau Sarko!", ironise Daniel Riot sur son blog-notes ...pendant que le très sarkozyste Président de la CUS, sur le sien, écrit gravement:"Et si Nicolas faisait une erreur?"...

On peut aussi espérer (c'est mon cas) que le premier Conseil européen de Sarkozy se traduise par un déblocage de la crise européenne: Mme Merclel y serait pour beaucoup.

Mais je dois dire qu'en cette fin de soirée, ce n'est pas la fête de la musique pour tout le monde...  Etudiants et universitaires, avocats et magistrats, consommateurs, syndicats de fonctionnaires:toutes les informations reprises sur ce blog ce soir semblent montrer que si l'été est arrivé, l'état de grâce semble déjà se terminer. Malgré les excellentes prestations télévisées de ce "Président-premier ministre-ministre-chef de la majorité et... commentateur de ses propres actions! ", comme ironisent quelques éditorialistes.

N'entonnons surtout pas le refrain trop connu qui veut que "les Français n'acceptent les réformes qui ne les concernent pas" ou que dans ce pays "les réformes sont  impossibles"...

Oui, il faut des réformes, profondes.

Mais des réformes soigneusement préparées, lancées après des concertations dignes de ce nom et une pédagogie gouvernementale soignée. Or que voit-on? Des réformes bouclées en vitesse que l'on veut  faire "passer en force", imposer d'en haut. Comme par oukase présidentiel.
Bien sûr, le Président Sarkozy a été élu pour appliquer son programme.
Bien sûr, les Français lui ont donné une majorité parlentaire absolue pour qu'il puisse tenir ses engagements.
Mais la légitimité démocratique n'autorise pas tout... Voter pour un Président ne signifie pas adhérer à toutes ses propositions, surtout sur des sujets où les finalités ne sont pas toujours bien énoncées et  les modalités pas suffisamment expliquées.

Je ne dis pas cela pour regretter que les méthodes de "démocratie sociale" portées par François Bayrou n'aient pas été suffisamment approuvées  par les électeurs français.  C'est l'avenir qui m'intéresse, non le passé, même récent…
J'écris cela parce que j'espère que les méthodes en vigueur seront révisées, amendées, améliorées. Dans l’intérêt général, pour cet « utile » et ce « juste » qui motivent mes engagements politiques.

Les décisions d'un Seul imposées d'en haut ne sont pas adaptées aux exigences de notre époque. Et la situation française est trop grave pour que les mesures annoncées n'aient pas les effets escomptés sur la réduction de la dette, sur la stimulation de la croissance et sur plus de justice sociale.

L'épreuve des faits ne relève pas du  même ordre que les épreuves (réussies) des images. Après le virtuel, le réel.
Chantal Cutajar

20/06/2007

France: Chapeau Sarko !

Il est bon. Excellent, même... Et je fais le  pari qu’il va réussir son premier Conseil européen. Eh ! Oui… je parle bien de Nicolas Sarkozy!

J’ai été suffisamment critique, satirique, alarmiste (injuste, même, de cette injustice vénielle des polémistes) envers lui pour ne pas autocensurer les sentiments positifs que Sarkozy m’inspire aujourd’hui,  après ses débuts à l’Elysée, la formation de son gouvernement et  l’image de « gagneur » qu’il sait donner à une France qui a effectivement besoin de voir ses structures (et bien des têtes) dépoussiérées, secouées, modernisées.

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Son entretien avec Poivre et Claire Chazal, ce soir sur TF1, était un petit chef d’œuvre de prestations télévisuelles pour un chef de l’Etat qui doit incarner la Nation et représenter une France qui avait perdu ce dynamisme et ce moral  sans lesquels l’avenir est bouché. Entre nous, Sainte Ségolène dans la même situation m’aurait sans doute fait lever les yeux au ciel. Sarko m’incite à regarder droit devant. C’est peut-être d’abord cela, « l’effet Sarko ». Pauvre Ségolène: avec elle, la photo aurait été (parfois) bonne. Figée.Avec Sarko, c'est l'image et le son qui font impression. En mouvement.  

Victime de l’ « état de grâce », l’auteur de ce billet laudateur ? De l’hypnose collective déclenchée par ce magicien ou du moins, comme le dit Tapie, cet excellent comédien ?  De cette « sarkomania » ambiante ? Non, bien sûr. Je juge l’image et l’habileté. Pas le fond du programme mis en route et l’étrange manière de confondre démocratie sociale et bonapartisme à peine voilé, avec ce que tout ce peut comporter de positif et d’inquiétant.

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Mais reconnaissons-le : Il faut être excellent pour réussir aussi bien à siphonner l’électorat de Le Pen, à piller sans vergogne dans la boîte à outils de Bayrou (seul leader politique dont il ne cite pas le nom, bien qu’il l’ait reçu comme d’autres à l’Elysée), à accentuer encore le coté ringard et archaïque du PS, et... à prendre à rebrousse polis sa propre majorité condamnée soit au masochisme confortable du chien de la fable de La Fontaine soit à la vie du loup qu’elle serait bien incapable de supporter.

Le plus frappant, en ces lendemains d’élections, au niveau des images, c’est le contraste saisissant entre l’image du Chef, du Guide, du « Superman de l’Elysée » et le troupeau (au sens noble du terme, disons biblique,  bien sûr) de l’UMP, de ses apparentés et de ses valets de Chambre (des Députes, évidemment) : même les plus jeunes de ces notables réunis semblent très vieux dans cette digne assemblée d’élus du peuple…

Bien sûr, il y a des exceptions, ne caricaturons pas. Mais elles confirment la règle. Heureusement que selon son propre commentaire les « Français ont été sages dimanche dernier » en limitant la masse du conservatisme crasse.  

Le plus drôle, dans le même ordre d’idées, c’est le terrible décalage entre ce rassemblement d’élus par « l’effet Sarko » et la jeunesse, la diversité, et la qualité (mais oui) de la plupart des ministres (je ne parle évidemment pas de Santini, de Besson et de quelques autres, en place par calculs politiciens trop classiques et trop connus et non par choix ,de forme ou de fond.

Les socialistes peuvent toujours parler « d’équipe pour les caméras », « de casting pour la frime »…On a déjà vu nettement moins bien ces dernières décennies. Avec moins de jeunes, moins de femmes, moins de représentants de la « diversité française », comme on dit pour gommer un peu les effets désastreux d’expressions du type « d’origine étrangère », « issus de l’immigration », « des banlieues »

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Deux rappels copiés collés dans Le Monde :

medium_rama_yade.jpg* La moyenne d'âge du gouvernement "Fillon 2" est de 50,5 ans. Sur 32 ministres, 13 ont moins de 50 ans, 12 entre 50 et 60 ans (dont le Premier ministre François Fillon, qui a 53 ans). Les deux benjamins de l'équipe ministérielle sont Rama Yade (30 ans) et Laurent Wauquiez (32 ans), porte-parole du gouvernement.

medium_amara_fadela.jpg*Les femmes, avec deux ministères "régaliens" (Intérieur pour Michèle Alliot-Marie et Justice pour Rachida Dati) et la "forteresse" de Bercy (Christine Lagarde), plus quelques ministères "techniques" mais emblématiques (Culture, Logement, Santé, Recherche), se taillent une vraie place de premier plan dans le nouveau medium_rachida_dati_2.jpggouvernement.

Pas mal, effectivement ! Et les socialistes peuvent toujours exclure de leurs rangs ceux (et celle) qui se sont ralliés à Sarkozy : la gauche française est devenue ce qu’on disait de la droite voilà peu encore (avec raison), « la plus bête du monde ».

medium_kosciusko-morizet2.jpgConsolation pour les électeurs de Bayrou : preuve est ainsi donnée, par ricochet,  qu’en cas de victoire, la patron du MoDem n’aurait eu aucune difficulté pour réunir les meilleures compétences dans un gouvernement d’union nationale…Il aurait même pu mieux faire, sans doute.

Tristesse pour les mêmes électeurs : la République aurait été modernisée et assainie dans ses structures mêmes, non par des réformettes qui vont perpétuer la confusion et la concentration des pouvoirs, les tentations politiciennes de  « ralliements » et non d’ « alliances », et l’existence d’une Assemblée toujours coupée en deux et non devenue vraiment constructive grâce à ces « accords de législature » que Pierre Mendès France préconisait déjà. Et grâce à une vraie revalorisation du travail parlementaire.

Pas de regret à avoir : l’Histoire ne se refait pas ; elle continue. Et elle ne se fait pas uniquement par des effets d’annonce et des prestations (même très réussies) à la télévision. La loi du « tapage médiatique » qu’avait conceptualisée Kouchner a des limites. Comme disait De Gaulle : « Il n’est pas possible de se faire élire sur un programme et de l’appliquer. Car le choix est simple : ou l’élu trompe ses électeurs, ou il trompe l’intérêt du pays. >>

En attendant la suite, avec une vigilance critique comme il se doit, mais aussi dans l'espoir   de pouvoir applaudir à quelques actions "utiles et justes" pour la France et les Français, chapeau Sarko !

Daniel Riot

23:52 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, sarkozy, france, UMP

Politique, amitié et affaires:Une « sucette Sarko » pour Santini, le fumeur de Havane

André Santini aux affaires (à la fonction publique et non à la justice) ou la grande solidarité des Hauts-de-Seine…et le triomphe de la "pressomption d'innocence"

Il est d’une convivialité à toute épreuve. Comme Charasse…Et ce radical (en affaires donc très ouvert en politique) vient d’avoir la sucette du ralliement opportuniste (et de cette amitié à l’italienne que l’on sit si bien cultiver dans les hauts de Seine) : un secrétariat d’Etat.

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Ce n’est pas rien… même dans un gouvernement où les ministres en sont réduits à jouer les chefs d’ateliers de Fillon, chef de chantier. Ce sont les fonctionnaires qui vont être contents, surtout s’ils n’aiment pas la fumée du cigare. Un anti-Bur, André, l’homme d’esprit qui brille sur les plateaux de ces nouveaux salons où l’on cause pour ne rien dire qu’on appelle « talkshows » dans l’excellent français pratiqué par nos élites.  

« C'EST une preuve d'amitié et de fidélité », souligne Le Figaro. En effet. De « reconnaissance » et de « complicité » aussi, mais Le Figaro évite soigneusement les mots porteurs de vérités sous-entendues. Logique.

L'ex-vice-président de l'UDF  a très tôt lâché (on peut lire « trahi ») François Bayrou pendant la campagne du premier tour des  présidentielles. Dès janvier, même... Et en échange de la promesse de ce demi-maroquin, le député-maire d’Issy-les-Moulineaux a sacrifié quelques amis locaux prendre comme suppléant un ami et conseiller fidèle de Sarkozy que Cécilia avait « interdit d’Elysée », le Sieur Frédéric Lefebvre, promis à la députation comme tous les suppléants d’élus ministres ou appelés à l’être.

Un malin , ce Sarkozy : cela on le savait. Un très serviable, ce Santini,  surtout quand les services rendus sont monnayés. On le savait aussi.

Mais Santini pourr-t-il rester sous-ministre ? Même le Figaro note :  « Sa désignation marque une rupture avec une « jurisprudence » non écrite et instaurée par Pierre Bérégovoy et Édouard Balladur, qui stipulait que toute personne en délicatesse avec la justice ne pouvait pas exercer de responsabilités gouvernementales. André Santini est en effet mis en examen pour « prise illégale d'intérêts » dans l'affaire de la Fondation Hamon. »

Le Figaro ajoute :« Nicolas sait qu'il n'y aura aucune suite dans cette affaire », observe un proche des deux hommes. Nicolas le sait comment ? Ah ! J’oubliais :le pouvoir judiciaire, c’est lui aussi… C’est bien la France : on croît élire un Président de la république et on met sur le Trône un Juge suprême… Mais non : Nicolas sait qu'André "ne risque rien" parce que Nicolas aussi est concerné par cette affaire en tant que Président du Conseil général de ce département le plus riche de France…
Consolation : Santini n’a pas été nommé secrétaire d’Etat à la …Justice. Après tout, un « présumé innocent » aurait pu l’être, non ? D’ailleurs, c’est quoi cette « affaire Hamon » ? Comme dit Pasqua, Pape des Hauts-de-Seine,et champion en traversées de mailles du filet judiciaire,  il faut « faire confiance en la justice de son pays, mais pas en tous ses juges »…

À Matignon, toujours selon le Figaro, on préfère avancer une autre jurisprudence : « La règle du premier ministre, c'est celle du suffrage universel », confie-t-on dans l'entourage de François Fillon tout en faisant remarquer qu'André Santini est « présumé innocent ». C’est bien, la présomption d’innocence. Il faudrait l’appliquer à tout le monde, à ceux qui goûtent les joies de la préventive notamment. Mais j’ai mauvais esprit…

« André voulait absolument redevenir ministre. C'est son bâton de maréchal », raconte un élu des Hauts-de-Seine interrogé par Le Figaro. Même les bâtons de maréchal sont dévalorisés dans cette France du « Tout est possible ». 

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France: Injustice et déraison d'Etat

Affaire Borel : Une preuve de l’extrême dépendance politique de l’injustice française et de la persistance structurelle de la déraison d’Etat

« Indépendance de la Justice » ? Voici une preuve (parmi bien d’autres) que la République française ne respecte pas ce principe républicain de simple bon sens… Je comprends la satisfaction (la consolation) de la veuve du juge Borrel : « L’Etat n’est pas contre la vérité ». Enfin… Quels combats menés par elle et d’autres (souvent ignorés par les médias et les politiques) depuis 1995 ! La justice retient enfin la thèse d’un homicide et non plus d’un suicide. Enfin…

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Mais la clef du déverrouillage se trouvait dans le coffre fort de la « raison d’Etat », donc de la déraison démocratique et de la négation de la Justice. Même la chronologie affichée de ce déverrouillage illustre à la fois le primat du « fait du Prince », le caractère monarchique et arbitraire de notre pyramide judiciaire et l’extrême dépendance du pouvoir judiciaire.

C’est quelques heures après avoir reçu (devant les caméras, bien sûr) la veuve Borrel que subitement  le procureur de la République (du Roi) a publié un communiqué qui vaudrait  analyse de texte à l’école de la magistrature : « Si la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée, les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur d'un acte criminel (…) Les expertises anthropologiques, médico-légales et de police scientifique concluent à l'existence de lésions osseuses sur le crâne et sur l'avant-bras gauche, faites à l'aide d'un objet contondant, et à la découverte de deux produits inflammables de nature distincte versés sur le corps. (….) Bernard Borrel était couché sur le sol lorsque les liquides ont été répandus sur sa personne de manière aléatoire », Comme tout cela est bien dit ; un « suicidé » qui réussit à s'assommer, à s’arroser, et à gratter une allumette…

Comme l’information circule vite : « depuis 2002 »! Le temps d’un mandat présidentiel… Comme la justice est rapide ! Douze ans d'enquête, cinq juges d’instruction, des pressions djiboutiennes sur RFI (pour déplacer un journaliste trop curieux), des résultats d’analyses (y compris adn) non publiés et haussements d’épaules d’hommes de loi sans foi qui prenaient Elisabeth Borrel « pour une folle, aveuglée par son chagrin ».

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Dans ce communiqué, précise les agences de presse,  « le magistrat précise qu'il répond à une demande de la juge d'instruction chargée de l'affaire et ne mentionne pas l'Elysée ». Belle pudeur.

Le procureur ne se prononce évidemment pas sur la piste d'un meurtre commandité par le pouvoir politique de Djibouti, hypothèse soutenue par Mme Borrel. "En l'état, l'instruction vise à compléter ces éléments par des auditions et de nouvelles expertises afin, notamment, d'identifier les auteurs et de connaître leurs mobiles", conclut le communiqué. C’est bien, cela. Djibouti vaut bien qu’on attende encore… Elle est digne et belle, la France d’aujourd’hui.

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Sans regretter le temps où ce « beau et grand pays » déclarait la guerre  à peuple pour un coup de chasse-mouche sur un émissaire qui ne remplissait qu’un rôle de facteur, on devrait tout de même ouvrir une vraie enquête sur « les raisons du silence de l’institution judiciaire », pour reprendre la belle litote de Sarkozy…

Sur le site du Quai d’Orsay, on peut lire :  «  Djibouti accueille la première base militaire française à l’étranger (2 700 hommes). Cette implantation dans une zone stratégique (accès à la Mer Rouge et au Golfe Persique) constitue un relais pour des opérations de projection et un terrain d’entraînement en conditions arides. La signature, le 3 août 2003, de la convention sur la situation financière et fiscale des Forces Françaises de Djibouti (FFDJ) pour une durée de dix ans inscrit dans la durée la présence militaire française à Djibouti. En vertu de cette convention, la France verse chaque année 30 millions d’euros à la République de Djibouti en contrepartie de la présence des FFDJ sur le territoire djiboutien. Plus de 4 000 ressortissants français vivent à Djibouti. » No comment, comme on dit sur Euronews.

Question subsidiaire et bien évidemment stupide : Combien d’"affaires Borrel", c’est-à-dire de dossiers dits « politiques » classés sans suite au mépris des règles les plus élémentaires de la justice, sur « ordre » des grands décideurs de la « déraison d’Etat » et avec la complicité lâche de magistrats prisonniers d’un système qui favorise la soumission à l’arbitraire ?

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A ce stade, Chantal Cutajar ne manquerait pas d'évoquer les mille et un dossiers liés aux "affaires politico-financières" et à "l'argent sale". Elle aurait raison. La déraison d'Etat se manifeste surtout de nos jours dans ce secteur de l'économie criminelle. Allô, Eva Joly? Allô, Denis Robert? Mais on est donc passé "l'appel de Genève"? Et qui connaît encore le "manifeste de Strasbourg"? Aucun rapport avec Djibouti? Non, mais...

La vraie « ouverture politique » consisterait non à plagier partiellement, avec perversité, les exhortations (si décriées durant la campagne des Présidentielles) de Bayrou pour un « gouvernement de rassemblement » mais de reprendre les proposition concrètes du même Bayrou sur l’indépendance de la Justice. Puisque c'est le seul qui faisait preuve d'audace et de raison dans ce domaine là. Un domaine où nos partenaires européens ont de grandes leçons à nous donner, même si la formule de Georges Brown, l'ancien ministre britannique, reste sans doute vraie:"Tous les Etats ont des cadavres dans leurs placards".

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Mais l’image de Saint-Louis rendant la justice sous son chêne est sans doute trop prégnante dans nos esprits…Même si nous ne sommes que très rarement gouvernés par des saints !

Au fait, si Chirac a  étouffé ce dossier que Sarkozy vient de sortir des oubliettes de l’injustice d’Etat, on ne lui demande aucun compte ? Je dois vraiment être resté très naïf….

Daniel RIOT

19/06/2007

Politique: SARKOZY ET BOCKEL "COCUFIENT" L'UMP D'ALSACE...

Oh ! La tête d’Adrien Zeller, ce midi,  sur France 3 Alsace ! Sarkozy avait pourtant prévenu : avec lui, « tout est possible ». Même l’ingratitude envers ses soutiens les plus déclarés, les plus dévoués, les plus zèles… Dans cette région qui n’a donné que des députes « Bleu-Sarko » (à l’exception de Jung dans la première circonscription de Strasbourg) c’est le sénateur-maire socialiste de Mulhouse, l’intelligent Jean-Marie Bockel qui devient (comme on dit improprement sur les bords du Rhin) le « ministre alsacien »…

Adrien Zeller,  Président de la seule Région métropolitaine contrôlée par l’UMP,  sait faire contre mauvaise fortune bon sourire. Il a bien sûr salué les « qualités de socialiste réaliste et ouvert » de Jean-Marie, ancien ministre de Fabius, ancien « chevénementiste » devenu « strauss-khanien » et … « bockelien » depuis toujours, Mais hors caméra, pas de sourire. Sauf de dépit.

Son amie Arlette Grosskost, la députée mulhousienne UMP qui rêvait de piquer la mairie à Jean-Marie n’arrête pas de crier au scandale, à l’injustice, à l’ingratitude… C’est, pour elle, une  "trahison" de l'Alsace, cette nomination.

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Arlette n’a pas appelé à la manifestation, à la levée des fourches,   à la grève des impôts ou au blocage du TGV Est, mais  elle a annoncé son retrait du groupe UMP à l'Assemblée nationale : "Je resterai dans le groupe des apparentés UMP tant que M. Bockel sera dans le gouvernement", a-t-elle précisé. Na ! Cela  a une portée absolument nulle, mais ce n’est pas grave.

La pauvre Arlette qui voit son ennemi juré devenir le coéquipier de ses amis sarkozystes n’est pas seule déçue dans cette affaire du remaniement obligé et de  l’élargissement annoncé d’un gouvernement qui reste pléthorique et ne respecte pas la parité promise.

Le député-maire UMP de Saint-Louis (Haut-Rhin), Jean Ueberschlag, a dit carrément se sentir "cocu" après l'entrée au gouvernement Fillon de l'élu socialiste d'une région qui a voté à 65,5% pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle.  « C'est une véritable gifle pour l'électorat de droite alsacien »,

 Mais la plupart des non-sélectionnés restent publiquement pudiques : la politique, c’est (aussi) l’art de dissimuler ses déceptions …et de reporter à plus tard ses espérances.

Le journal local, les  DNA,  avait eu ce matin  le mauvais goût de laisser entendre que Fabienne Keller, la sénatrice-mairesse de Strasbourg, serait de cette équipe ministérielle pour le moins hétéroclite (avec un cote à cote… Boutin-Amara très attendu, entre autres). Las ! Pas de Fabienne-de-Strasbourg dans l’ « équipe de France » sélectionnée, entraînée, dirigée, animée par Super Sarko, l’homme lancé sur l’Avant-scène par Robert Grossmann, le co-pilote de Mme Keller.

Les Dna ont des excuses… Nicolas Hulot (confondant sans doute les efforts qui avaient été faits en matière d’environnement à Strasbourg sous la gauche et ce qui est fait depuis 2001) avait cité cette élue UDF passée à l’UMP depuis longtemps, comme une des titulaires possibles du poste de vice-premier ministre de l’environnement par lui préconisé. Un poste devenu simple Ministre d’Etat malgré le Pacte signé… Et il est vrai surtout que certains des  supporters de Fabienne ont l’art de prendre leurs désirs pour des réalités  et sont d’excellents lanceurs de rumeurs…

Mais les DNA ont manqué de flair….

Si Juppé a dû quitter le gouvernement, cest parce qu’il a perdu les Législatives. Or Mme le Sénateur-maire de Strasbourg   a perdu, elle aussi, (par procuration) la batailles des Législatives dans la circonscription « centre » de sa ville.  

Qui  plus est,  les scores de Sarkozy et de l’UMP sur la ville co-dirigée par Fabienne Keller et  Robert Grossmann, l’ex-tuteur en politique de Sarkozy (déclaré « inexportable »)  ont été plutôt très mauvais par rapport aux résultats du reste de l’Alsace. Dans la circonscription 2, le candidat de l’UMP n’a  été élu que par 25,65 % des inscrits, si j’en crois les calculs  des DNA .Belle légitimité !

Enfin, il était logique que Sarkozy  choisisse  des « têtes d’affiche » qui pouvaient lui « rapporter quelque chose ». Efficacité d’abord. Bockel lui permet de faire la nique au PS (et au MoDem que le maire de Mulhouse allait sans doute rejoindre).

En termes d’image (ce qui compte le plus en ce début de Présidence consulaire), que pouvait lui apporter Fabienne Keller ? Elle gère la Ville d’une façon tellement « fermée » qu’elle pouvait difficilement symboliser « l’ouverture »…

Cette Dame, (« aux dents si longues qu’elles  rayent les parquets », comme dit l’un de ses parrains  en politique), devra donc attendre…

Personnellement, je suis très content  de la nomination de Bockel, non parce qu’il est « socialiste », mais parce qu’il a d’incontestables qualités, trop rares en politique.

En plus, chaque fois qu’il a rompu les amarres, ce fut toujours pour de bonnes raisons. Il s’est séparé de Chevènement sur l’Europe et sur sa conception des relations franco-allemandes. Il se sépare du PS parce que les éléphants l’ont méprisé parce qu’il a eu le tort de dire tout haut, depuis longtemps,  ce que les esprits éclairés du parti de la rose fanée pensent tout bas mais n’osent pas dire …

Comme me confiait Michel Rocard ce midi,  « les petits camarades du PS, ils m’emmerdent »… C’est vrai qu’ils sont sourds au simple bon sens depuis longtemps, les « camarades ». Mais la gauche n'a pas le monopole de ce type de surdité...

Daniel RIOT

 
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