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26/11/2007

Cavada-Bayrou : Qui a lâché l’autre ?

Pourquoi parler de « lâchage » ? Je ne mets pas Cavada et d’autres (à commencer par Morin) dans le même panier… J’ai trop d’estime personnelle pour lui pour caricaturer sa décision. D’ailleurs, croyant connaître une partie des cartes, la question se pose : si « lâchage » il y a, qui a lâché l’autre ?...

Dans les explications données par Jean-Marie Cavada,  je marque mon étonnement et mon désaccord de fond sur un point précis : On ne se lance pas dans une bataille électorale pour annoncer la couleur du deuxième tour dès le premier. Sinon à quoi bon deux tours ? Les voix n’appartiennent qu’aux électeurs. Et ce sont les combines envisagées avant les résultats du premier tour qui appartiennent à une manière passéiste de faire de la politique.

Qui plus est, si l’on se lance dans une campagne électorale pour jouer les strapontins de l’un ou l’autre camp, c’est que l’on part en vaincu. Une consultation électorale ne vise pas qu’à faire acte de présence, prendre la température ou marquer un territoire. Des accords de ralliement ou de panachage qui respectent l’électeur se font en temps T, non avant, au vu de Résultats R et en toute transparence sur la base de contrats d’actions, d’engagements précis…

Autre surprise : Jean-Marie dit ne pas connaître sa deuxième de liste Mme Lagarde… C’est beau la confiance.

Pour le reste, ce ralliement est un coup porté non au MoDem mais à la crédibilité de François Bayrou. Là est le plus grave dans cet épisode. Et les mots employés par celui qui a été le grand chef d’orchestre de l’université de Seignosse sont forts, chargés de critiques qui ne peuvent se gommer par des haussements d’épaule du style de ceux qu’a déjà eu Bayrou quand il a été interrogé sur l’éventuelle « désertion » de ce grand marcheur du Siècle : »Il se met aux enchères ». Non, François ! Non, monsieur Bayrou !

J’ai soutenu François Bayrou avec force parce que ses analyses collent ou convergent avec les miennes et parce que nul n’étant parfait je préfère ses défauts à ceux de bien d’autres… Mais je l’ai écrit ici voilà longtemps déjà : Bayrou s’il ne se ressaisit pas est en train de tuer dans l’œuf les espoirs qu’il a fait naître.

« J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté »… Dans la bouche de Cavada, cette phrase a de valeur et du sens… Bayrou (qui ne répond pas au courrier qu’on lui adresse, ce qui est peu conforme aux principes qu’il avance) a par ses non-décisions de ces derniers temps distillé le pire des maux : le flou qui favorise (pas seulement à Strasbourg) toutes les magouilles, tous les calculs les plus vils, tous les jeux les plus insensés et les étalages les plus décourageants de la médiocrité en politique…

La question vient naturellement à l’esprit : Simone Veil aurait-elle eu raison dans son approche de la personnalité de François Bayrou. Je ne veux pas encore le croire. Mais pourrais-je encore longtemps pouvoir ne le croire ?

20/11/2007

Ingrid Betancourt : Quel signe d'espoir après... 2096 jours?

La famille d'Ingrid reçue aujourd'hui par Sarkozy et Chavez

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La famille d'Ingrid Betancourt sera reçue cet après-midi par le président Nicolas Sarkozy, puis par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé  le Comité de soutien à l'otage franco-colombienne.La famille sera d'abord reçue à 14h15 par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, après le déjeuner de travail de ce dernier avec Hugo Chavez. Seront présents tous les membres de la famille d'Ingrid Betancourt: ses enfants Mélanie et Lorenzo Delloye-Betancourt, son ex-mari Fabrice Delloye, son mari Juan Carlos Lecompte, sa mère Yolanda Pulecio et sa soeur Astrid.

Le président français avait déjà reçu Mélanie Delloye-Betancourt et plusieurs membres de sa famille le 18 mai dernier, soit deux jours après son entrée en fonctions à l'Elysée.

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19/11/2007

Sarkozy islamophobe ? Un écho de Jean Quatremer fait poser une question…qui mérite réponse!

COMMENTAIRE RELATIO par DANIEL RIOT: Nous suivons de trop près le blog de notre ami Jean Quatremer pour que ses échos sur des propos tenus à huis clos par Sarkozy devant des interlocuteurs européens nous échappent...

c9bc5697a77565af37717d5c38a2f521.jpgMais nous ne les avons pas relayés à chaud, par manque de confirmation nette, et recoupement de sources. Nous connaissons (et apprécions) Jean, mais  (il le sait)   ses  qualités journalistiques incontestables sont parfois perturbées (donc altérées ou enrichies, cela dépend…) par son souci bien naturel de son « audimat » personnel…Les 370 commentaires en peu de temps sur son blog, il les prend avec satisfaction, malgré les insultes, les mauvais procès et les dénigrement haineux:  D’où, en quelques circonstances,  non des narrations erronées  mais des extrapolations parfois très subjectives. Cela a d'ailleurs contribué à une notoriété qu'il aurait même sans cette ...fraîcheur d'esprit.

En l’occurrence, Jean  n’est pas l’homme qui a vu (ou entendu) l’ours, mais l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu ou cru voir, entendu ou cru entendre, l’ours…

Dans ce genre de réunions à huis clos, où les traductions ne peuvent pas toujours refléter toutes les nuances de forme, de ton et de fond, les témoignages indirects sont toujours à prendre comme les ailes des mouches, avec des pincettes. Surtout quand les propos rapportés sont graves, en et par eux-mêmes et… par celui qui les aurait tenus.  

Mais Jean a du en toute conscience juger suffisamment fiables ses « sources » logiquement masquées, mais par lui bien identifiées, et non suceptibles d'entretenir délibérément de mauvais proèces,  pour reprendre dans « Libération » de ce jour les confidences rapportées à ses internautes.

L’écho devient ainsi information. Ou plutôt sujet à questions…dont les réponses doivent être données par l’Elysée, évidemment !

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Car, s’ils sont vrais,  de tels propos dans la bouche du chef d’Etat d’un pays qui prône les droits de l’homme, donc le respect des diverses cultures, qui se fait le champion d’une Union méditerranéenne  et qui va assumer la Présidence de l’Union pendant ledeuxième semestre 2008 sont proprement inadmissibles. D’autant plus qu’ils visent les « musulmans » en général et non les « fascislamistes »…

A force d’être sur tous les fronts, de parler de tout, notre Hyper-Président hyper-actif n’est évidemment pas à l’abri d’un dérapage verbal, d’un réflexe d’humeur, d’un mot de trop…Nous l’avons déjà vu et entendu. Plus grave, peut-être, s’ils n’étaient démentis avec une force de conviction suffisante, ces propos que la morale et le droit réprouvent confirmeraient que le locataire de l’Elysée, si prompt à mettre en avant sa « franchise », a un double voire un triple langage. C’est sa crédibilité qui  souffrirait d’une nouvelle et bien vilaine entaille… Seuls les électeurs lepénistes qui lui ont donné ses suffrages y trouverait un réconfort bien peu conforme aux valeurs chantées par la république et fondatrices de l’Union européenne. Sarkozy islamophobe ? Quatremer a posé la question… C’est à cela aussi que les bons journalistes ont leur utilité en démocratie. Déjà, certains lui en font griefs. Mais ce n’est pas de sa faute si la question se pose… Attendons la réponse : une ocasion de plus pour que Sarkozy ait matière à communication.

Daniel RIOT  

Résumé des faits : Le président Nicolas Sarkozy aurait dénoncé, lors de discussions avec ses partenaires européens, le "trop grand nombre de musulmans présents en Europe", rapporte le journaliste Jean Quatremer dans Libération, lundi 19 novembre.

b893748a34e8196e4fdc89550e440348.jpg"Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis le Premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe antimusulmane devant ses invités", écrit Jean Quatremer, reprenant des informations publiées la semaine dernière sur son blog.

Selon les sources de Jean Quatremer, "le chef de l'Etat s'est lancé dans un discours confus d'une vingtaine de minutes, 'dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire', contre le 'trop grand nombre de musulmans présents en Europe' et leurs difficultés d'intégration".

Le président de la République "a aussi décrit de façon apocalyptique le 'choc de civilisation' qui oppose les musulmans à l'Occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'Union. Mais ses interlocuteurs en ont, en tout cas, retiré la désagréable impression que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs", poursuit le journaliste.

Jean Quatremer précise qu'il s'agit là du point de vue des deux délégations. Il rappelle que Nicolas Sarkozy, "qui a un langage en privé mais aussi en public souvent brutal, s'est déjà illustré en parlant de 'l'homme africain' qui refuserait l'idée de progrès".

SUR LE BLOG DE QUATREMER >>>>>>

 

13/11/2007

Au Parlement européen, à Strasbourg : « Bravo Sarko ! »

Le Commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO : Une belle et bonne profession de foi européenne, comme (il faut l’avouer) nous aimons les entendre ici sur RELATIO. Un seul point faible, jusqu’à démonstration contraire : le peu de crédibilité des réformes structurelles promises par Sarkozy en matière économique et financière. La France reste le mauvais élève de la classe de l’Euroland dans  des matières essentielles : croissance, déficits budgétaires, investissements dans la recherche et l’innovation… Le passif est lourd, il est trop minimisé et la méthode Coué a des limites.

Cette restriction faite, nous faisons comme nombre d’eurodéputés : nous applaudissons à plusieurs passages du discours, et comme l’ami Cohn-Bendit, nous arborons le sourire satisfait des « pro-Européens » agréablement surpris (ce n’est pas la première fois dans ce registre!) par le chef de l’Etat français qui, plus en encore que dans ses discours précédents sur l’Union européenne, tente visiblement de faire une bonne synthèse (souhaitée ici depuis longtemps) entre l’Europe de Monnet et celle de de Gaulle.

MONNET ET DE GAULLE RECONCILIES? 

Monnet ? Confiance dans les institutions communautaires, Commission et Parlement européen (« indissolublement lié à Strasbourg ») en tête et recherche d’une identité européenne par un retour à des notions trop oubliées :la préférence communautaire, la protection des intérêts européens par des règles de réciprocité, le recours à des décisions prises à la majorité, la concurrence considérée comme un moyen et non comme une fin, un « engagement européen sans faille de la France »…

De Gaulle ? Les respect des diversités européennes, donc nationales, et la recherche d’une Europe « puissance », donc indépendante (défense, énergie, alimentation) et pesant sur les affaires du monde, avec ses valeurs (les droits de l’homme), sa conception d’un capitalisme « d’entrepreneurs et de production » et non de « spéculations et de rentes »… Et la volonté d’une France forte dans une Europe forte : « L’Europe, c’est un levier d’Archimède pour la France », disait De Gaulle à Peyrefitte.

 

UNE EUROPE CITOYENNE, donc POLITIQUE

Il y ajoute la dimension démocratique. Et il tout à fait raison. Comme il voit juste en voulant que « tous les sujets » fassent l’objet de débats et que l’Europe (qui n’est « pas une machine » devienne une réalité CITOYENNE. Oui, « L’Europe sera un grand idéal, ou ne sera pas ». « On ne tombe pas amoureux d’un grand marché’, disait Delors. Oui, il faut que l’Europe devienne POLITIQUE, avec le cœur, la chair, tous les éléments qui font « la vie »…

Cette prestation et les perspectives ainsi ouvertes pour la Présidence française (sans l’arrogance trop souvent affichée par des responsables français) ne peuvent que réjouir les partisans d’une unification politique de l’Europe. Mais il est évident que cette conception n’est pas du tout celle des Britanniques et de quelques autres qui ne voient dans l’espace européenne qu’une zone de libre-échange. Un bon sujet de réflexions (avec celui des frontières) pour le Comité des Sages sur le devenir européen que Sarkozy a demandé et va sans aucun doute obtenir.

RETRAVAILLER LE PROJET MEDITERRANEEN....

Encore une petite ombre dans ce tableau qui restera comme un « grand moment » dans l’histoire de l’hémicycle strasbourgeois du parlement européen : le flou sur le projet d’Union méditerranéenne et la caricature trop vite et mal faite du « processus de Barcelone ». L’EuroMed est insuffisante, mais n’en faisons pas table rase… Sans doute, Barosso, que Sarkozy salue avec chaleur en toute occasion, et d’autres pourront-ils infléchir le dessin inadapté d’un beau dessein…Sarkozy a su montrer qu’il savait aussi s’adapter aux réalités. « On ne pisse pas contre le vent », disait De Gaulle. Alors attendons, en espérant... Pour aujourd’hui, (et sur mon clavier ce n’est pas courant !), Bravo Sarko !

Daniel RIOT

06/11/2007

Le semestre de Sarkozy:L’urgentiste, la cigale frimeuse et le “choc de confiance”

EDITORIAL: Six mois. « Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame, le temps, non mais nous nous en allons »… Ronsardien, Sarkozy ! Il a raison. « Chuillons dès aujourd’hui les roses de la vie ». C’est ce qui est appréciable et le plus apprécié chez lui. Il sait maximaliser son temps en se jouant de l’espace. En donnant au temps l’épaisseur que seule l’action peut donner et en occupant l’espace qui compte le plus aujourd’hui dans le paysage politique: le « médiatique ». « Je me montre, donc je suis » : Descartes 2007…

Problème : autant un chef de gouvernement doit faire face à toutes les urgences, le « nez dans le guidon », autant un chef de l’Etat (même en république monarchique) devrait pour inscrire son action dans des perspectives d’avenir prendre de la hauteur (non de l’altitude) et de la distance (non de l’éloignement) par à rapport aux événements qui restent « l’écume des choses ». Sinon, il prend un risque, chargé de périls, qui est l’un des pièges majeurs des « décideurs « ne cette ère de « zappanthropie » aiguë : « A force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel », selon l’excellente formule d’Edgar Morin.

En six mois, quoi de changé ?

>>> Un style de Présidence ? C’est sûr. Et c’est dans la logique du changement de régime (mais oui !) provoqué par un quinquennat et  un calendrier électoral décidés …sans réflexions insuffisantes. « Réfléchir », en politique, c’est d’abord savoir anticiper et imaginer toutes les conséquences, directes et indirectes de ce qui est  ou n’est pas décidé… Et « parler », quand on dirige un pays, ce n’est pas que  débiter des mots avec tous les risques de dérapages, de tics verbaux et de contradiction que cela comporte, c’est porter une Parole. Nuance…

>>> Une tonalité politique ? C’est frappant. « Les choses ont commencé à changer, et ce n’est pas fini », sourit Sarkozy. Mais le mot « ouverture » est pipé. Inadapté dans ce qui est d’abord du « débauchage individuel » bien ciblé (qui permet à Sarkozy de pomper les idées et les forces du Centre Central de Bayrou plus que celles d’un PS toujours écartelé).

Il est évident que les « conservatismes » auquel prétend s’attaquer Sarkozy sont autant de gauche que de droite, même s’ils se manifestent différemment. Il est clair aussi que les clivages droite/gauche sont dépassés. Tout locataire de l’Elysée aurait tenté de faire « bouger les lignes ».

Nous sommes dans une période politiquement tectonique. Sarkozy s’y adapte plus qu’il innove. L’essentiel est affaire de tempérament et de vertige métaphysique. Relire « L’homme pressé » (le livre de Paul Morand, non la chanson de Noir Désir)

>>> Un activisme diplomatique ? C’est incontestable. Même si, quand on suit bien les choses, une Angela Merkel, par exemple, fait plus et mieux en faisant moins de « bruit » (c’est d’ailleurs ce que Sarkozy ne supporte pas chez elle…).

Oui, l’Union est sortie de l’ornière institutionnelle grâce à l’alchimie d’un traité « simplifié » qui  plus… compliqué que le projet de traité constitutionnel … édulcoré.

Oui, les relations transatlantiques se sont assainies parce que Sarkozy (quoi qu’en disent ceux qui lui font des procès en « américanisme ») a conscience que ce ne sont pas les Etats-Unis qui sont trop puissants, mais l’Europe qui ne l’est pas assez…

Oui, ses intuitions méditerranéennes et euro-africaines sont bonnes, mais il n’a pas (encore) opéré les « ruptures » franco-françaises qui s’imposent. Pourquoi ne pas « européaniser » davantage ses démarches ? Il est des conservatismes à combattre … à l’Elysée !

>>> Des réformes ? Oui, Mais… En dehors du « paquet fiscal » qui ne va guère dans le sens de l’intérêt général, quelles sont les réformes (toutes menées de front) qui changent en profondeur les « choses », donc qui sont susceptibles de guérir la France de ses maux structurels ? Aucune.

Certaines (sur la recherche, par exemple) risquent même d’entraîner des régressions ou sont revues très « à la baisse ».

Les plus sérieuses (Grenelle de l’environnement) ne pourront se juger que sur les faits.

D’autres (la loi Hortefeux, notamment) sont d’une inspiration racialiste et néo-conservatrice qui (les élus UMP les plus soucieux des « valeurs » le savent bien) n’est pas conforme aux idéaux de la Résistance, de la République, des trois mots gravés sur nos frontons officiels.

Toutes seraient plus crédibles si des mesures étaient prises pour que les déficits français, les dettes françaises, les hypothèques françaises soient apurées. Sarkozy incarne bien, par ses goûts personnels cette France qui « vit au-dessus de ses moyens ».

Le malheur c’est que les victimes de ce surendettement et de ces conduites de cigales frimeuses se recrutent non chez les nantis, mais chez les plus pauvres et dans les classes moyennes qui ceux qui même en travaillant plus ne gagneront jamais assez… tant que les fruits du travail seront plus taxés que le « travail » de l’argent.

Alors ? L’ « état de grâce » est terminé. Ce n’est que temps : tous les spectateurs de la « Star Ac » ne sont pas de gogos… Et trop de communication tue la communication. Pour que l’Etat (encore à réformer en profondeur) trouve davantage de grâce aux yeux des Français et de nos partenaires européens, il importe sans doute d’en revenir aux mots : volonté n’est pas volontarisme, activisme n’est pas action,  bougisme n’est pas  réformisme,  faire savoir n’est pas savoir faire…

Dans un pays, comme dans un hôpital, les services d’urgence sont nécessaires mais pas suffisants. Sarkozy urgentiste et pompier volant, n’a pas été élu pour constituer  à lui seul un « SOS dépannage » (télévisé) .Sarko-Assistance travaille sans filet : c’est bon pour l’audimat, mais la vie d’une Nation n’est pas un reality show et ne se joue pas sur  Second Life. Le “choc de confiance” annoncé n’est pas encore amorcé.

Daniel RIOT

04/11/2007

Sarkozy au Tchad:En finir vraiment avec “L’Afrique de papa”…

Le commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO 

Voyage-éclair, opération sauvetage : « Sarko-Assistance » peut afficher une belle réussite : rapatrier en Europe celles et ceux qui ont été embarqués dans le scandale de Zoé malgré eux, les trois journalistes français et les hôtesses de l’air. Bravo et merci pour eux. Même si l’on peut ironiser sur le fait que le chef de l’Etat, omniprésent, joue ainsi personnellement les « stewarts » dans l’avion du retour. En communication, c’est le geste qui compte le plus. Et le Président tchadien a dû apprécier cette (première) attention qui sera suivie par d’autres, notamment en février lors d’une visite officielle annoncée avec opportunité.

Nous n’avons pas encore pris la pleine mesure des dégâts provoqués par le scandale de « l’Arche de Zoé ». Sur plus d’un terrain et à plus d’un niveau…En France, en Afrique et ailleurs. A  court terme, le sort des personnes encore retenues par les autorités tchadiennes et, surtout, des enfants au cœur de cette affaire n’est pas réglé. Mais ce ne sont pas là les seuls drames humains à soulager.

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23/10/2007

Ecologie: Les obstacles français à une éco-culture européenne

L'environnement, le Grenelle et l'Europe, par Corinne LEPAGE

Nul ne sait en cette heure, ce que seront les mesures concrètes, chiffrées et financées qui seront annoncées en fin de semaine après cinq mois de préparation du Grenelle de l'environnement. Mais, au-delà des mesures, qu'elles soient du domaine du symbole fort comme le moratoire sur les OGM, les incinérateurs ou les autoroutes -- il est illusoire d'invoquer l’EPR qui est déjà en construction -- ou du domaine de la technique et de la fiscalité, c'est bien dans l'approche globale et sa remise en cause ou non qu'il faudra juger du résultat.

La vraie question est celle de savoir pourquoi la France reste si hostile à la restructuration écologique qu’impose la situation et que prépare la réglementation européenne.

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Comment comprendre, alors que le Grenelle serait dans toutes les conversations et dans toutes les préoccupations, que la France vienne de vivre deux crises graves avec Bruxelles. La première, à propos des nitrates, du fait de notre refus aggravé d'appliquer non seulement la directive mais les arrêts de la cour de justice. L'autre, plus récente, puisque le 17 octobre , la commission a menacé la France d'une action devant la Cour pour n'avoir pas pris les mesures d'application de la directive sur la performance énergétique des bâtiments qui date de décembre 2002.

Comment espérer qu'un changement de cap et des mesures réellement structurantes puissent venir du Grenelle alors que nous sommes incapables d'appliquer même tardivement les orientations européennes a fortiori d'anticiper comme vient de nous le rappeler fort justement Jacques Barrot à propos du transport dans un article publié dans le monde du week-end ?

Comment, étape encore plus difficile, la France mauvaise élève de l'Europe pourrait-elle prendre des initiatives lors de la présidence pour accélérer un changement de cap qu'elle se refuse à choisir ?

La difficulté n'est plus dans l'état d'esprit de nos concitoyens puisque ,sondages après sondages, nous constatons la volonté d'agir, et ceux avec des le résultats tout à fait corrects par rapport à la moyenne européenne.

Elle peut être d'ordre politique et liée à la culture d'une génération politique encore très réticente, si l'on s'en tient aux premiers débats qui ont suivi la communication de Jean louis Borloo à l'assemblée nationale.

Mais la difficulté est surtout d'ordre économique. Notre offre industrielle est largement inadaptée à l'économie qui naît de la crise écologique . Ou plus clairement encore, nous n’avons pas ou peu d’intérêt économique, ou tout au moins d’intérêts économiques pesant au niveau des décideurs politiques qui plaident en faveur d’un changement de paradigme.

De même que la commission Attali réfléchit aux blocages à la croissance en France ,il eût été encore particulièrement utile de rechercher les causes de notre inadaptation économique aux besoins du développement durable,plutôt que de s'intéresser uniquement aux outils susceptibles de jouer sur les effets.

Si nous sommes en retard et finalement réticents au développement du solaire ou de l'éolien, c'est parce que notre offre nationale industrielle est nucléaire.

Si nous si nous n'avons pas développé les technologies permettant une réelle efficacité énergétique dans les bâtiments, c'est parce que nous avons fait le choix du chauffage électrique pour trouver des débouchés à notre production nucléaire et qu’il fallait consommer le plus possible.

Corinne LEPAGE

Cet article est le texte de la chronique de Corinne LEPAGE diffusée ce matin (comme chaque lundi) sur France Culure

Le blog de Corinne LEPAGE

Le site de Cap 21

SUR RELATIO: L'Europe, trop oubliée dans le Grenelle de l'environnement, par Daniel RIOT >>>>>>

21/10/2007

SOS MoDem ! Epreuve de vérité pour Bayrou

A travers plusieurs articles intéressants et des forums riches en réflexions, Agoravox  vient de donner aux débats internes au Modem un relief nouveau qui peut être salutaire. Car une chose est incontestable : le MoDem tout neuf connaît sa première crise existentielles avant même de naître. Pas seulement à cause des municipales  mais en raison des ambiguïtés de son  accouchement qui ne se fait pas sans douleur

Pourquoi ? Parce que François Bayrou n’a pas pu (ou su) adapter ses actes à son discours. Parce qu’il n’a pas pu (ou su) se libérer complètement de ce qui l’a pourtant poussé à transformer l’Udf en parti du « penser libre » d’abord et du mouvement démocrate ensuite.

Une accusation grave ? Non : un constat plus qu’attristant. Mais sans doute le co-fondateur (avec Corinne Lepage) du MoDem, est-il le premier à en avoir pris conscience. C’est ce qui autorise (encore) celles et ceux qui ont cru (et croient encore) aux vertus du « premier parti du XXI ième siècle »   à ne pas baisser les bras et à ne pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Trois constats d’abord :

1) François Bayrou ne doit  son succès de la campagne présidentielle qu’à lui-même et qu’à la qualité de son programme. Je fais partie de ceux qui pensent que son résultat aurait été meilleur si plus de responsables de  structures départementales et locales de l’udf avaient davantage cru en sa victoire.

Ces « strapontins de la droite » (j’ai constaté cela très concrètement sur le terrain en Alsace, et plus particulièrement à Strasbourg) ont été militants par devoir plus que par convictions... en pensant déjà à d’autres échéances, où les notables et candidats notables font des calculs politiciens plus  personnels que collectifs. C’est humain.

Celles et ceux qui soutenaient Bayrou à fond, par partage de convictions et non par ambitions, en ont même soufferts. Et en souffrent encore. La sincérité, en politique, est suspecte aux yeux de celles et de ceux qui n’ont que des sincérités successives, simultanées ou simulées.

Faire de la politique « autrement », c’est d’abord repenser, à tous les niveaux, les relations que les « politiques » entretiennent avec le pouvoir… La réussite de Bayrou dépend d’une révolution culturelle qui n’est pas encore faite. Pour être clair, en l’état, « Cap 21 » est plus authentiquement dans la « ligne Bayrou » que l’udf. C’est bien pour Cap 21, mais c’est très triste pour l’udf…

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2) Dans sa vie privée, Bayrou (qui heureusement ne cède pas à la mode détestable de la pipolisation) est le seul des trois grands candidats à la Présidentielle à être sorti indemne de cette terrible épreuve. Mais politiquement, il est trois fois le grand cocu de l’Histoire

>>>Il aurait dû accéder au second tour sans cet étau politico-médiatique des fanatiques, de droite et de gauche,  de la bipolarisation,  si artificielle et si nocive… Ah ! Avec des si…

>>>Il a été lâché, ou plutôt trahi, par ses lieutenants qui se retrouvent aujourd’hui dans un Nouveau centre qui n’est ni nouveau ni  centriste mais qui constitue un pôle risquant de perpétuer longtemps cette bipolarisation dénoncée, les marais à girouettes et l’art du « compromis-compromission ».

Ce pôle, de surcroît, encourage les sénateurs udf à rester plus udf que modem… Avec tous les considérations financières que cela comporte. Or, un parti n’est INDEPENDANT que s’il est financièrement autonome. Le « nerf de la guerre » est aussi le muscle de la paix. Personne n’en parle beaucoup, mais ce n’est pas un hasard si Mercier, à Lyon, est si écouté : on n’est pas trésorier du groupe sénatorial sans moyens de pression.

>>>Les débauchages qualifiés d’ « ouverture » pratiqués avec talent par Sarkozy visent en fait plus le Modem en herbe que le PS en friches. Les « socialistes » recrutés étaient (presque) tous prêts à rejoindre Bayrou ou travaillaient déjà avec lui.  C’est un fait qui n’a guère été mis en relief par les commentateurs politique à la vision binaire…

3) La chance et le mérite de François Bayrou sont fantastiques : un tel d’élan populaire, autant d’adhésions virtuelles puis réelles, autant de militants potentiels. Du jamais vu en temps de paix ! Une vraie occasion historique.

Mais cette chance et ce mérite ont leurs revers. Un parti, ce doit être structuré. Avec tout ce que cela comporte. Et un nouveau mouvement intéresse d’une façon perverse deux catégories qui se trouvent (temporairement) « alliés objectifs » : les forces de résistance internes et les forces de concupiscence externes.

Les deux adhèrent officiellement à la « ligne » non par conviction, mais par calcul. Là encore, ce constat se nourrit de ce qui observable dans de nombreuses régions sur des sites internet « démocrates » et de ce que je peux observer dans le microcosme strasbourgeois.

C’est drôle, d’un certain point de vue : les plus « archéo-udf » font ouvertement le jeu des plus « néo-modem »…

« Archéo-udf » : c’est l’expression qui convient pour qualifier celles et ceux qui s’accrochent à l’udf en souhaitant … l’échec du moDem. Leur vrai pouvoir, c’est celui de nuire. Et dieu sait qu’ils en abusent…

« Néo-Modem » : c’est le mot qui convient pour désigner celles et ceux qui n’ont soutenu ni Bayrou aux Présidentielles, ni les candidats du Modem pendant les législatives, mais qui trouvent subitement chez les « démocrates » un havre avec des bittes d’amarrages à… leur service.

Evidemment, ils font cela en toute « légitimité démocratique » puisqu’ils tirent parti des onctions qu’ils pensent avoir reçues des « instances parisiennes », voire de Bayrou en personne, et des « responsables » archéo-udf locaux lesquels voient en eux un geste de la providence:ils sont susceptibles  de noyer... les espérances du moDem.

Face à ces constats de réalité, François Bayrou qui dit et redit qu’il « ne reviendra pas en arrière » peut avoir un atout décisif : pousser sa logique au bout. Avec courage.

Pour l’heure, les conditions dans lesquelles sont décidées les investitures pour les municipales ne s’inscrivent pas sur ce chemin. Un  «  fonctionnement curieux » qui , sans rappeler une certaine proximité soviétique, est  « prévu en dehors de tout cadre statutaire », note Benjamin Sauzay " Nous sommes dans le simple fait du prince". Vous avez dit "démocrate"?

Les non-réponses données aux lettres et autres messages envoyés à Bayrou ou aux "instances" ne s’inscrivent pas dans le dessin promis du destin proposé. Il ne suffit pas d’ouvrir des forums : il faut en tenir compte…Vous avez dit "démocrate"?

Que des militants, responsables et éclairés,  éprouvent le besoin de faire circuler une pétition  simplement pour rappeler le pourquoi de leur adhésion au Mouvement démocrate   a valeur d’avertissement pour le dessein même de Bayrou. Vous avez dit "démocrate"?

Que des nouveaux encartés se disent (déjà) prêts à renvoyer leurs cartes orange (j’en connais !) avec une demande de remboursement de leur cotisation pour « publicité mensongère » est beaucoup plus grave que les errements opportunistes d’un Morin qui pour l’heure n’a tiré parti de sa nomination ministérielle que pour illustrer son « degré de Peter »…

Que nombre de sympathisants n’aient pas traduits en  une adhésion programmée leur partage des idées de Bayrou est un vrai signal d’alarme : Attention une chance fantastique risque d’être gâchée ! Ni à cause de la droite, ni à cause de la gauche ni à cause de la presse, mais à cause d’une mollesse coupable et de jeux « politichiens » de centreux qui se voudraient « centristes » et d’autocrates qui se voudraient « démocrates ».

Qui parlait de « centrisme couillu » ? Bayrou en personne, il me semble. Allons François, encore un effort. Le plus décisif peut-être. Tout peut être encore gagné. Trop de temps et d’énergie déjà ont  été perdus… Mais tout peut être encore être gagné. Le courage, parfois, c’est de savoir surtout faire preuve de bon sens…

Daniel RIOT  

ECOLES : La journée de Môquet ou de…Guaino ?

« Alors cette lettre de Guy Môquet, vous la lisez ? »… Comment ne pas comprendre les hésitations ou les refus des enseignants de la République qui n’ont pas à subir et à faire subir à leurs élèves (en bien ou en mal) les caprices, les coups de cœur ou les phobies d’un Président qui a été élu pour diriger la France mais non pour jouer les maîtres de lecture, rendre la justice sous un chêne, ou imposer une morale de vie…

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L’initiative de Sarkozy pour son investiture était on ne peut plus respectable. J’ai eu les larmes aux yeux en écoutant cette cérémonie bien orchestrée par Max Gallo : les symboles nationaux ou autres n’appartiennent qu’à ceux  qui savent en prendre la mesure.  Mais pourquoi imposer ce texte, tel une page d’un catéchisme, dans les classes, le même jour à la même heure… A quand le retour à la prière matinale pour la Patrie et son chef ? « Maréchal, nous voilà …vaccinés » !

Le sentiment national (et européen) doit effectivement être développé dans les écoles. Comme les règles du « Vivre ensemble ». Comme l’apprentissage du respect de soi et des autres (y compris des différents, des « étrangers ». L’instruction civique peut et doit recouvrer toute sa place. Comme l’Histoire, base de toute culture. Comme tant d’autres disciplines abandonnées, négligées ou mal pratiquées : la récitation, le calcul mental, les analyses de texte et d’image, la grammaire, l’art du bien écrire et du bien parler, l’organisation de nos sociétés et de nos institutions. Elémentaire ? Dès le primaire…

Mais, de grâce, un peu de pudeur dans la communication officielle autour de tout ce qui fait « l’âme de la France », pour reprendre le titre du livre de Gallo qui a été tellement pillé pendant la campagne présidentielle par la « plume » de Sarkozy, Henri Guaino, ce « négro de la République » selon son dernier surnom bien trouvé !

On oublie à l’Elysée (et ce n’est pas vrai que pour l’éducation nationale ») qu’une « vérité officielle », est officielle, non véritable… Déjà, Bernard Laporte, cette caricature de « Sarkoman », a franchi la ligne jaune du ridicule en imposant la lecture de la lettre de Moquet dans les vestiaires du XV de France… Contre les Anglais, il aurait dû implorer Jeanne d’Arc, ce « gagneur » perdant !

Face  aux troubles, aux réticences et aux refus d’obtempérer des enseignants (qui ne sont pas tous « de gauche », « corporatistes », « conservateurs »), c’est la « plume » de Sarkozy qui sort son flingue.

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Mais de quoi se mêle-t-elle cette « éminence  grise »  qui fait de plus en plus tache noire sur notre tapis « bleu, blanc, rouge » ?  « Tout ça est très triste mais amène à s’interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l’éthique et les devoirs d’un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants », ose clamer sur RTL ce populiste qui enfile des habits de  maître à penser de la France d’aujourd’hui ?

Etre traité de « petit con prétentieux » par ce collectionneur de citations qui se prend pour un intellectuel cultivé a été pris comme un véritable hommage  par Bernard-Henri Lévy. Il a raison BHL. « Nos jugements nous jugent » redirait Paul Valéry. Et les lambris dorés du pouvoir ne transforment pas en rivière de diamants la bave des crapauds. 

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Il n’y a pas que la solitude qui peut être « poisseuse ». L’inspiration peut l’être aussi…Surtout chez des « plumes » qui ont plus de verve que de verbe, de tripes que de cervelle, de (faux) savoirs que de (vraie) culture.

Il est vrai que par rapport à d’autres « flèches » qui brillent à la Cour, Guaino l’habile, peut nourrir quelques sentiments de supériorité… « J’existe, donc je parle », dit-il. Voilà qui nous permet au moins de lui répondre : Son drame, sans doute, c’est « qu’il n’est pas assez entré dans l’Histoire », qu’il «  vit avec les saisons » et  «  ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». Dans son « imaginaire où tout recommence toujours », y a-t-il une place «  pour l’aventure humaine » et «  pour l’idée de progrès. » ?

Selon Yasmina Reza, le Président le juge indispensable parce qu’il est « fêlé ». Tout est dit, en effet. Ou presque. Un « fêlé » à l’Elysée, ce pourrait être drôle : le retour du fou du roi… Mais ce rôle est trop étroit pour ses prétentions : c’est en fou de la République qu’il fait (et peut faire) des dégâts. Il paraît que le secrétaire général de l’Elysée, (qui est sérieux, lui,) en a conscience. Tant mieux.

Daniel RIOT

18/10/2007

Fin du Vaudeville d'Etat:la "rupture" consommée"

Fin du feuilleton? Presque.... Cécilia et Nicolas Sarkozy ont annoncé, aujourd'hui, leur "séparation par consentement mutuel", a indiqué l'Elysée dans un communiqué de quinze mots. "Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire".

 Question de vocabulaire: on parle de "séparation" et non de "divorce". Nuance de pudeur ou différence juridique? No comment...

Vraie question: pourquoi avoir tant attendu pour annoncer publiquement ce qui ne serait qu'une affaire privée si Sarkozy lui-même n'en avait pas fait une affaire publique? Enfin, Paris Match, sans info mais avec photos exclusives, tire à un million d'exemplaires aujourd'hui. Qui parlait de crise de la presse?

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Cécilia et Nicolas Sarkozy étaient mariés depuis 1996. Des rumeurs persistantes faisaient état depuis plusieurs jours de la séparation du couple présidentiel, alimentées par les absences répétées de la première dame aux côtés de son mari. Le chef de l'Etat est attendu ce soir à Lisbonne pour un sommet européen. Cécilia Sarkozy aura connu un passage à éclipses de cinq mois à l'Elysée, marqué autant par ses apparitions officielles que par ses absences. "Mon seul problème, au fond, c'est Cécilia", avait confié le président français peu après son élection, dans des entretiens avec des journalistes. L'inquiétude du chef de l'Etat semblait fondée.

 "Je ne me vois pas en First Lady, ça me rase", avait déclaré Cécilia Sarkozy en 2005 à un magazine de télévision. Voici la France sans "Première Dame". Personnellement je m'en moque complètement. Je souhaite simplement  à chacun des deux de vivre le mieux possible cette "rupture". Mais, ils se moquent certainement de ce que je peux souhaiter. Alors...

Maintenant, j'en vois déjà en train de surveiller les messages sur le net:"HM bien sous tout rapport cherche JF de qualités susceptible de devenir première Dame de France". Mais non: les services du courrier de l'Elysée sont déjà débordés par des CV de qualité...

J'en vois aussi qui tentent déjà de réécrire l'histoire. De la politique spectacle les "belles images" d'une famille "bien recomposée" lors de l'intronisation de Sarko à l'Elysée? De la frime? Du théatre? Du cirque?  "J’ai fait mon devoir. J’ai emmené Nicolas là où il fallait qu’il aille", aurait dit Cécilia ... Mais maintenant, comment et où ira-t-il en "solo", notre Sarko? Déjà, ses cravattes sont choisies avec moins de bonheur qu'avant, si j'en crois une consoeur qui a un sens de l'observation que je ne peux avoir... Et qui va le conseiller dans l'avenir, y compris dans les nominations ministérielles? «Certains ont été nommés ministres grâce à elle, d'autres ne l'ont pas été à cause d'elle», avait dit, en temoin direct, un responsable de l'UMP...

Ce n'est pas dans la presse que cette "séparation" fait le plus de bruit. C'est à la Cour. Une "Madame de Maintenon" en moins, c'est des points d'interrogations en plus... Si L'Elysée nous était conté!

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17/10/2007

Cécilia/Nicolas : Quand le silence fait parler…

Pouvoir et sexe. Un vieux couple. Qui brise bien des liens ! Les bibliothèques débordent de bons textes… Rien ne nouveau sous le soleil. Et rien de neuf sous les nuages. Ou plutôt si : en notre République, un divorce du chef de l’Etat ne peut se faire que par « consentement mutuel ».

C’est visiblement ce qui complique le dénouement d’une séparation annoncée et différée pour cause d’échéances électorales, puis de fête du couronnement, puis d’état de grâce. Tout de même, le conte de fée peut finir sans se terminer par des vilains comptes, non ? 

Quel scrutin (cela dit entre parenthèses)  cette élection présidentielle 2007 ! Les deux finalistes en sont sortis,  cœurs brisés et foyers explosés ! Politique et amour… La « poeple-politique », qui exige des campagnes « glamour », n’arrange rien, bien sûr.

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Bon. On écrit bientôt le mot FIN à ce (mauvais) feuilleton d’Etat ? Le silence trop entretenu a déjà trop fait parler.

Un vaudeville ? C’est bon pour la vente des magazines et des journaux, paraît-il…Surtout quand il commence dans la salle des mariages de Neuilly!  Même les bobos adorent les pièces de boulevards… Une pantalonnade ? C’est bon pour l’audimat, même si le suspense vient à manquer… Une affaire d’Etat ? Internationale, même : CNN en fait son « ouverture »… quand TF1, pourtant  championne toute catégorie du voyeurisme au nom du « droit de savoir », observe (ce soir encore) la pudeur mensongère qu’implique le respect hypocrite de la chose privée, même chez les exhibitionnistes authentiques. C’est l’histoire des « habits du roi »… sans enfant pour dire ce que tout le monde voit.

Un casse-tête pour les services du protocole de l’Elysée ? Assurément. Ils  doivent travailler plus sans gagner plus… Et Mazarin, pardon, Claude Guéant, a dû « mettre la pression » pour tenter de clarifier les choses, entre Cécilia la décidée et Nicolas le non résigné… Secrets de Cour. Une plume inspirée en fera un roman à succès, n’en doutons pas. « Cécilia » : rien que le nom fait un titre qui sonne bien.

Plus simplement, il s’agit d’une affaire de cœur, commencée dans la concupiscence déclarée et poursuivie dans la passion fusionnelle exhibée, qui finit tristement. C’est toujours douloureux, les « ruptures ».Cabu  l'avait annoncé voilà logtemps déjà.

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Mais si on  accorde à cette petite affaire ici un peu d’attention, bien tardivement, en faisant une concession à la pression de cet air du temps si détestable, c’est surtout parce que cette historiette constitue une illustration de l’un des points faibles de la Super Communication de l’Hyper communiquant qui nous gouverne: les mélanges des genres peuvent devenir explosifs…

Pauvre porte-parole de l’Elysée ! Cela doit être dur de dire aussi souvent depuis si longtemps que l’on n’a rien à dire sur ce qui fait causer tout le monde. Mais Neuilly vaut bien quelques sacrifices de Polichinelle.

Sur ce sujet qui doit donner des frissons dans les cheveux à Mireille Dumas, j’ai bien aimé l’édito  de Christian Barbier dans l'Express. Mais oui, Sarkozy s’est fait piéger lui-même,  par lui-même ! Vie privée, vie publique: il a été le premier à fonfre et confondre les deux... 

Mais cela n’est pas grave pour lui dans ses fonctions : dans sa solitude glacée l’Hyper Président va compenser en recettes de compassion ce qu’il vient de perdre en points de popularité en raison des vrais problèmes de la France…

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« Tout de même, cette Cécilia, quelle ingrate ! Vous vous rendez- compte ? Un homme comme lui, avec une vie de princesse. Oh ! Non. Ce n’est pas juste, lance l’une de mes épicières préférées… 

-          C’est triste d’être un pays sans première Dame !, se plaint une acheteuse de pain

-          Ne vous en faites pas : Elles vont se bousculer les courtisanes ! Une de perdue, dix de gagnées, surtout quand on est Roi », sourit un bon monsieur au sourire de grand sage qui en a vu d’autres.  

Mais Sarkozy n’est pas au bout de ses peines : s’il est une maîtresse exigeante, capricieuse et « jamais contente », c’est la France, Monsieur. Et ce jeudi c’est la grève dans des transports qui ne sont en rien amoureux.

Daniel RIOT

La France en Europe : Polémique autour du Principe de Précaution

Quelle mouche a-t-elle piqué la commission Attali ?,

par Corinne LEPAGE 

DECRYPTAGE RELATIO : Quelle mouche a-t-elle piqué la commission Attali pour mettre sur ledbd8daf42ef2a5e81e2eaf7e4a753398.jpg dos du principe de précaution les difficultés que rencontre la croissance française ? La question s’impose en effet. En visite à Strasbourg où elle a relancé Cap 21, mouvement  co-fondateur du Modem qui se dote d’une antenne bas-rhinoise animée par Yveline Moeglen, membre du groupe municipal d’opposition  présidé par Chantal Cutajar, Corinne LEPAGE a réfuté point par point les arguments agités par Jacques Attali pour demander la levée de ce « principe de précaution » qui est inscrit dans la Constitution et qui  est intégré dans le droit communautaire. Non, ce n’est pas le principe de précaution qui nuit à la recherche. Non ce n’est pas ce même principe qui nuit à la croissance.

Quelques remarques préalables :

1) Sur un plan juridique ou judicaire, aucune décision importante n'a été rendue sur la  base de ce principe  depuis qu’il existe dans la constitution. Si le principe a été appliqué, il l’a été par le conseil d'État en 1993 à propos du sang contaminé ou en 1998 à propos du maïs Novartis OGM c'est-à-dire bien avant 2005.

2) La rédaction française du  principe de précaution est on ne peut plus réductrice, comme émasculée. Contrairement à la définition européenne, la formulation  exclut  la santé pour ne viser que l'environnement. Elle exclut les personnes privées pour ne concerner que les personnes publiques. Et  elle renvoie enfin à la loi pour  préciser les domaines d'application. Ce qui n’est pas fait…

Il n'y a donc, pour Corinne Lepage,  aucun "danger" pour le monde industriel. D’ailleurs,  le risque de développement exclut la responsabilité des entreprises industrielles lorsqu'en l'état des connaissances, elles ignoraient les risques qu'elles ont générés. Et la loi Fauchon de 2000 a réduit le risque de responsabilité pénale des dirigeants pour les fautes non intentionnelles.

 

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La Présidente de Cap 21 illustre son propos par quelques constats de réalité.

*« La France est le pays le plus nucléarisé du monde, un des 6 pays qui en Europe plante des OGM, ou encore l’un des acteurs les plus importants dans le domaine des nanotechnologies. Or ce sont des secteurs à risques nullement freinés dans leur développement par le principe de précaution.

*L'Allemagne qui est à l'origine du Vorsorge Prinzip, depuis le milieu des années 80, qui a porté le principe de précaution sur les fonts baptismaux de l'Union européenne, n’est pas particulièrement gênée dans sa croissance industrielle par le principe de précaution. En revanche, elle n’a subi ni le drame du sang contaminé, ni celui de l'hormone de croissance, ni celui du prion. Cherchez l'erreur ! »

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« Cherchez l’erreur » aussi en matière de recherche. « Le principe de précaution est avant tout un principe de recherche,une expression du doute scientifique, l' exigeance de  réponses au plus grand nombre de questions possibles avant que des transformations technologiques irréversibles ne soient engagées », souligne Corinne Lepage en rappelant que les Américains, sans admettre le principe, l’appliquent à leur façon : ils ont décidé que 5 % de toute la recherche sur les nanotechnologies serait dédiée à l'étude des risques environnementaux sanitaires et sociétaux. « Il s'agit bel et bien d'une application dans la réalité scientifique du principe de précaution ».

Globalement, toujours pour Corinne Lepage, où il est un principe structurant de l'industrie, le principe de précaution se révèle d'abord un véritable accélérateur de développement. Et ce, non seulement du secteur des nouvelles technologies environnementales, qui représentent un marché considérable , de 900 milliards de dollars. Mais aussi de l'ensemble de la recherche, puisqu'il pousse les industriels à produire autrement.

En effet, et pour au moins trois raisons :

>>> «  En exigeant que les effets environnementaux ou sanitaires possiblement négatifs d'une innovation puissent être évalués avant sa commercialisation, le principe de précaution devient un instrument de transformation de l'industrie.

>>>> Comme moyen de se prémunir contre des erreurs très lourdes pour la santé publique, il se révèle un levier d'économies potentielles considérables pour la collectivité : le gouvernement des Pays-Bas a ainsi évalué que, s'il avait interdit l'utilisation de l'amiante dans la construction trente ans plus tôt, il aurait économisé, hors indemnisation et coûts de santé, 19 milliards d'euros !

>>> Maîtriser les risques sanitaires, c'est éviter que grandisse une méfiance à l'égard du progrès technique, laquelle se révèle, elle, être un redoutable frein à la croissance ». Cette croissance qu’Attali voudrait tant « libérer »…

 Qui plus est, « ce ne sont pas les effets juridiques qu'aurait la suppression de la valeur constitutionnelle du principe de précaution qui changerait quelque chose à la prétendue la insécurité juridique du monde économique. En effet, le principe de précaution, au sens le plus large du terme, incluant la santé et la totalité des acteurs économiques figure dans les traités de l'Union européenne. Il a donc une valeur supérieure à la loi et s'impose, quelles que soient les vicissitudes constitutionnelles, à tous les textes de droit interne. ».

Il est curieux, effectivement que Jacques Attali et sa commission aient oublié ce qui est un fait. Pourquoi ? Pourquoi surtout, cette « annonce plutôt iconoclaste en plein Grenelle de l'environnement » ?

Corinne LEPAGE estime que la clef de ces questions se trouve « sans doute, dans le symbole » :  En résumé, deux catégories s’opposaient à la constitutionnalisation du principe de précaution, à la Charte de l'environnement : les ultra-libéraux hostiles à toute contraintes donc aux conclusions du Sommet de RIO en 1992 et les écologistes très dogmatiques… Ces deux  opposants voudraient se faire entendre à nouveau. Pour eux,  reposer le problème durant le Grenelle constitue une manoeuvre de diversion destinée à l'évidence à rééquilibrer, au moins dans la symbolique, ce que pourraient être des conquêtes du Grenelle ».

Mais au-delà du symbolique et des options d'ordre idéologique se pose une question –clef : Qui, dans la société technologique avancée qui est la nôtre, assume le risque financier de l'expérimentation grandeur nature ?

Dans la droite ligne de ce que pressentait dès 1986 Ulrich Beck dans son ouvrage la « société du risque », la stratégie des grands groupes vise à faire endosser, au moins pour partie, par les Etats les risques liés aux technologies nouvelles, dès lors que celles-ci sont soumises à une autorisation administrative.

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Ainsi, le citoyen se retrouve-t-il cobaye et assureur final d'une technologie qui peut se révéler excellente ou catastrophique, mais qui généralement aura au moins durant un moment été particulièrement rentable.

Le recours, en Europe, au principe de précaution, est la condition sine qua non d'une telle répartition des responsabilités, car il va de soi qu'un risque sociétal ne peut être pris qu'à la double condition qu'il présente un intérêt général et que le risque soit le plus réduit possible, ce qui signifie a minima qu'il soit connu.

Il en va d'autant plus ainsi que le régime de l'assurance ne joue nullement pour les nouvelles technologies ou pour celles qui peuvent se révéler à terme dangereuses. Aujourd'hui, ni les OGM ni les nanotechnologies même les antennes relais qui ont été sorties du régime de la responsabilité civile voici un an ne peuvent être assurées.

Cela signifie que l'assureur est le citoyen et qu'en conséquence, il doit être en mesure de s'assurer que les recherches sur les conséquences négatives dont il pourrait être à la fois la victime et le payeur ont été faites. Tel est l'objet du principe de précaution. »

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Avec  à la clef un choix politique que Corinne Lepage résume en une question : « Peut-on indéfiniment socialiser les risques et individualiser les profits ? » C’est l’un des sujets centraux des problèmes de développement de nos sociétés 

« Poser la question de la réduction du principe de précaution, parfaitement impossible en droit interne, reviendrait à exiger en contre partie une responsabilité illimitée dans le temps des entreprises », souligne Corinne Lepage. « C'est la solution américaine qui a conduit aux procès contre les cigarettiers et les fabricants d'amiante hier, les constructeurs automobiles aujourd'hui, et même contre les producteurs d'OGM puisqu'une dizaine de procédures sont en cours menée notamment par l'agriculture biologique ». Les Américains règlent les problèmes en aval.

« Au contraire, reconnaître le principe de précaution pour ce qu'il est , constitue un formidable encouragement à la recherche développement, aux produits de substitution, aux nouvelles technologies répondant aux exigences de santé et de valorisation des ressources naturelles, à une gestion réellement rationnelle du patrimoine collectif. En attribuant à Al Gore et au GIEC, le prix Nobel de la paix, le jury du Nobel a lancé une invitation à la planète tout entière de faire du principe de précaution en matière climatique, l'instrument de transformation de notre développement. C’est désormais dans cette voie que se trouve le progrès. » Les Européens se doivent de régler les problèmes en amont.

VOIR LE RAPPORT DE L’AGENCE EUROPEENNE DE L’ENVIRONNEMENT DE 2002 >>>>

UNE NOTE SUR LA « SOCIETE  DU RISQUE » >>>>>

LE SITE DE CAP 21>>>>>

LE BLOG DE CORINNE LEPAGE >>>>>>> 

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Repères :

Le principe de précaution en droit

Voici en quels termes et comment le principe de précaution est inscrit dans le droit français et européen:

- L'article 5 de la Charte de l'environnement stipule que "Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage."

- La formulation retenue, négociée mot à mot par les parlementaires, encadre fermement son application.

- Le principe de précaution s'applique uniquement à l'environnement, et non à la santé et un amendement prévoit que le législateur pourra s'il le juge nécessaire encadrer son application par la loi.

- Les partisans du principe de précaution rappellent qu'il existe dans le droit français depuis 1995 (loi Barnier), sans avoir déclenché à ce jour les effets "apocalyptiques" annoncés.

- Le principe de précaution figure également dans plusieurs traités internationaux ratifiés par la France et dans le droit européen depuis le traité de Maastricht en février 1992.

- Ce principe a été adopté solennellement le 28 février 2005 par le Parlement français réuni en Congrès à Versailles pour être inscrit dans la Constitution.

- Sa suppression irait à contre-courant du processus du Grenelle de l'environnement, co-dirigé par Nathalie Kosciusko Morizet actuelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie, et destiné à intégrer le respect de l'environnement dans les modes de production et de consommation.

14/10/2007

MoDem: Pas d'Orange...orange sans verts orangers

L'écologie, comme éthique, comme culture, comme politique

 A la veille de la venue à STRASBOURG, de Corinne e2cd5b0669bbdfd19f684d76aec19015.jpgLEPAGE, il est intéressant d'étudier de près (ce que l'équipe réunie par Chantal CUTAJAR fait depuis des mois) quelques unes des contributions de Cap 21, dont Yveline MOEGLEN est déléguée départementale,  aux réflexions du MoDem

"Ecolo, rejoint le MoDem", ce n'est pas qu'un slogan, lancé pendant les campagnes présidentielles et législatives. L'Orange est le Vert vivent en harmonie, en effet. Pas d'orange...orange, sans verts orangers! 

 La vraie écologie politique, c'est celle qui met l'écologie en souci éthique, en culture,  au centre de la politique, ou plutôt Du politique. Loin des dogmatismes et des intégrismes archaïques et loin aussi des idées-gadets agitées par mode plus que par conviction à droite et à gauche.

S'il est un domaine où les clivages politiciens binaires sont vraiment inadaptés, c'est bien l'environnement. D'où l'eco-économie, l'éco-efficacité, l'éco-responsabilité, l'éco-citoyenneté, la dimension écologique de toute décision à prendre, localement et globalement. Quelques soient les résultats du "Grenelle"...

 

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Voici un document parmi d'autres (signalés en liens) de Cap 21  qui concernent directement les élections municipales. Merci de faire part de vos remarques et réactions, ici ou sur le forum ou la boite aux lettres de Strasbourg je t'M.

 

DR

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Elections municipales : projet de charte « Pour des Territoires et Communes Durables »

Le développement durable est nécessairement au coeur du projet humaniste que doit porter le Mouvement Démocrate. Il implique une révolution culturelle importante dans la conduite des affaires publiques et donc des élus suffisamment formés pour impulser de nouvelles dynamiques territoriales.

A l'approche des élections locales de mars 2008, CAP 21 propose que les élus qui porteront les couleurs du Mouvement démocrate se dotent d'une charte « Territoires et Communes Durables » qui fixe des principes de mise en oeuvre du développement durable sur les territoires et offre des propositions d'actions très concrètes que ce soit en matière d'urbanisme, d'environnement, de transports, de logement, d'éducation, de culture, de gouvernance.

LIRE LE PROJET DE CHARTE SUR CCS (Les Conférences de Citoyens de Strasbourg) >>>>>>

10/10/2007

Sarkozy de retour de Moscou :Un bilan ...« globalement positif »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO. Un voyage à Moscou n’est jamais négatif… Donc parlons d’un bilan « globalement positif »,  en espérant que « la police des mots » qu’agite tant Fillon n’y verra aucune malice politiquement incorrecte…  Vladimir et Nicolas pouvaient difficilement mieux s’entendre …en l’absence de terrains d’entente ! C’est l’art partagé du désaccord cordial, de la glace non brisé mais pilée, du «je ne t’aime pas, moi non plus, donc c’est clair », du « j’ai mes convictions et tu as les tiennes , donc respect !», du « tentons de faire le moins mal possible, puisque le meilleur est impossible »….

La « franchise » de Sarkozy sur les droits de l’homme, sur la démocratie, sur le pluralisme, sur les valeurs ? … Celui qui ne « veut pas donner de  leçons  en matière de droits de l’homme» a joué les professeurs « de démocratie ». Poutine en a sourit… Angela Merkel, sur les mêmes problèmes, s’était montrée plus nette, plus précise, plus sèche, plus ferme…sans effets de manche, et sans éprouver le besoin de (presque) s’en excuser !

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Pourtant, elle n’a pas, dans son dos,  un André Glucksmann qui joue du tambour ou, dans un coin,  un BHL qui joue de la trompette pour l’inciter à être « ferme sur les principes »… Non, Sarkozy, si tranchant avec la politique russe dans ses interventions de candidats et ses premières prestations de Président n’a pas demandé à Poutine de lui rendre une Légion d’honneur trop généreusement offerte par Chirac…Heureusement d'ailleurs! 

Sarkozy, toujours en quête de mots qui font de la bonne « com’ » a parlé de  « convergences » et de « rapprochements »  sur quelque points chauds (Iran,Kosovo), Poutine, le « très cher Vladimir », a vite étalé de vraies divergences,  clairement, en conférence de presse. Pris de court, Nicolas ! Réduit à se contenter de très peu : « C'est important ce que vient de dire M. Poutine (...) Dire qu'il coopère, qu'il veut continuer à coopérer, c'est quelque chose d'important, je pense que c'est le point essentiel ». Vous imagez qu’il ait dit le contraire, Poutine ?  

Reste la coopération bilatérale qui va sans doute s’accroître (comme entre la Russie et l’Allemagne, d’ailleurs) : c’est  logique, puisque chacun  a à y gagner (sauf si l’excès d’ouverture aux capitaux russes nous met à la merci des tactiques politiques du Kremlin, car les finances de Gazprom sont au services d’une vraie stratégie qui n’est pas que financière)… Nous verrons ! En attendant, il est un signe qui ne trompe pas : pour les suiveurs de Sarkozy, l’événement, c’est la présence dans l’avion présidentiel du retour d’Amélie Mauresmo qui participait à un tournoi de tennis à Moscou. People diplomatie…

Nombre d’observateurs avaient présenté ce voyage à Moscou comme un « test » de la diplomatie nouvelle de la France sarkozyenne. Le « test » n’a pas testé grand-chose…La seule confirmation:les talents de stratége de Poutine!  

Daniel RIOT

EADS : « Que la justice aille jusqu’au bout »…

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO : Un menteur ou un incompétent ? « Les deux », dit le socialiste Montebourg en parlant de Thierry Breton, l’ancien ministre de l’économie,  qui s’est pris les pieds dans le tapis (c’est le moins que l’on puisse dire) de l’affaire EADS. Une « affaire d’Etat », comme dit justement Bayrou qui y voit à juste titre l’illustration de tout ce qu’il a pu dire durant la campagne présidentielle.

Face à cette « affaire d’Etat », Nicolas Sarkozy a eu la réaction qu’imposaient ses devoirs d’Etat. « Je veux savoir la vérité s'agissant de ce qui s'est passé au niveau de l'Etat (…) Si la justice devait confirmer les informations qu'on voit, c'est grave et ça ne peut pas rester sans conséquences (…) « S'il y a des gens qui ont fraudé chez EADS, il faut que la justice aille jusqu'au bout, qu'on connaisse la vérité et que ceux qui se sont comportés de façon malhonnête soient punis à due proportion de ce qu'ils ont fait ».

Bien. Il faudra le prendre au mot. Ce qui implique plusieurs choses : des moyens d’investigations, à charge et à décharge pour tous,  et une totale indépendance pour la justice, des positions claires des représentants de l’Etat au sein du CA d’AEDS (où le siège de Lagardère doit être renouvelé),  un dépassement des liens personnels entre le chef de l’Etat et les intéressés, à commencer par son « frère » Arnaud Lagardère…

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09/10/2007

Politique: Parler "en tant que fille d'immigrés"...

Fadela Amara a raison de dénoncer ce qui est « dégueulasse », mais pourquoi le fait-elle « en tant que » ? …

Elle a raison, Fadela Amara ! « L'ADN, je ne suis pas d'accord parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour notre pays » a-t-elle déclaré. « Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse! ».

Il n’y a qu’un morceau de phrase que l’on peut regretter dans ce jugement qui est d’abord un constat : « en tant que fille d’immigrés ». Moi, c’est en tant qu’homme, en tant que citoyen, en tant que personne, que je trouve « dégueulasses » l’instrumentalisation de l’immigration, l’usage sélectif de l’ « adn » pour les immigrés, les discours de « la plume » de Sarkozy, Henry Guaino,  que BHL traite de  « racistes ».

Quand cessera-t-on de mettre en avant des réflexions ethniques, des pensées biologiques, des explications génétiques, des justifications racialistes ? Fedala, « ni pute ni soumise », soit, mais pas encore libérée de ces réflexes identitaires qui faussent les identités, de ces liens ombilicaux mal coupés, de ces « fille ou fils de… », de toutes ces références qui, au bout du compte, font le (mauvais) jeu de tous les Hortefeux de la planète. 

« Cultive tes racines et plante-les dans les étoiles », Fadela. C’est un proverbe alsacien que je ne me lasse d’asséner et qui existe aussi en arabe… D’ailleurs, tu le dis toi-même : « Je ne veux pas qu'on définisse les gens en fonction de leurs origines, de leur religion. Créer des catégories de population c'est dangereux ». Alors ? Pourquoi se montrer ainsi prisonnière de sa « catégorie » ? Etre une femme (ou un homme) « libre », c’est se libérer de ce qui ne dépend pas de soi. On ne naît pas Personne, on le devient.

Cela dit, c’est bien de se proclamer « libre » et de le montrer dans ses propos, mais être en désaccord sur des questions de valeurs, donc de fond, avec le  gouvernement dans lequel on est et duquel on doit être solidaire, cela doit avoir des limites, non ? D’accord, la « solidarité gouvernementale » est plus une tradition qu’une obligation. « Un ministre, çà ferme sa gueule, on çà s’en va ! », disait Chevènement…

Mais c’est une affaire de conscience pour l’intéressé (e) et une question de calcul pour le chef du gouvernement. Cette cacophonie apparente doit faire, pour l’instant, le jeu de Sarkozy qui doit s’amuser beaucoup, y compris en voyant la tête de son ami Hortefeux. Mais je ne relève cela qu’« en tant qu’observateur » (amusé aussi) …

Daniel RIOT

07/10/2007

« La Voix de la France »

Le Monde en a fait un édito : cela s’imposait. Mais l’information n’a guère eu d’écho, pas même chez les socialistes à l’origine de cette prise de position. Le président du CSA, Michel Boyon - nommé par la droite, comme tous ses collègues -, a envoyé Hollande sur les roses : « Le temps de parole du président de la République n'a jamais été pris en compte par les autorités de régulation de l'audiovisuel depuis 1982 », au motif qu'il ne s'exprimerait pas au nom d'un parti ou du gouvernement, mais au nom du pays. Circulez, Monsieur Hollande, il n’y a rien à voir…

Vos protestations auprès de ce Conseil Supérieur de l’audiovisuel en principe chargé de garantir un certain pluralisme sont nulles et très mal venues. Sarkozy a été élu Président, il a tous les doits de vouloir être omniprésent ! D’ailleurs, les Français l’adorent leur président ! Alors…

Qui plus est,  le très sympathiquement docile Michel Boyon qui est Président parce qu’il a toujours eu l’audace de ne déranger personne,   n’est pas où est pour réfléchir au bien-fondé de telle ou telle pratique : Balladur préside une commission pour cela, non ? Enfin, si quelqu’un ne veut pas écouter et voir Sarkozy, qu’il zappe ou qu’il éteigne sa télé  (dans ce dernier choix, le dérèglement du climat de la planète s’en trouvera amoindri)

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Dessin Antonelli

On pourrait ajouter (comme Drucker s’en est félicité cet après-midi dans son émission de promotion sur Rachida Rachi) que Sarkozy a toutes les qualités pour être le super rédacteur en chef de la « Voix de la France », publique ou privée, puisque TF1 est la reine de l’actuelle Ortf.

Dans ses conditions, à quoi bon remettre en cause  la « règle coutumière » des « trois tiers », selon laquelle les télévisions doivent respecter un équilibre entre les personnalités du gouvernement, celles de la majorité et celles de l'opposition ? Elle n’est en rien caduque dès lors que le chef de l'Etat est aussi chef du gouvernement, chef de la majorité, ministre de l’information et de la communication et téléguideur de l’opposition….

Au fait, il est dans quel tiers, de Villepin en ce moment ? Passons.

Reste à espérer, exhorte Le Monde,  « que, à défaut du CSA, le Comité pour la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur, s'empare de la question et adapte les règles de la communication politique à la nouvelle donne institutionnelle. Quand bien même cela agacerait l'actuel locataire de l'Elysée, ce serait tout à son honneur ». Un joli vœu pieux.

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Antonelli

On pourrait espérer aussi et surtout que les journalistes, et pas seulement ceux de la télévision, n’accordent de l’espace à Sarkozy qu’en fonction de l’importance de ce qu’il dit. Donc de la teneur de l’information donnée et non de la surface de la communication distillée.

Il est vrai que même chez ceux qui paraît-il incarnaient le « quatrième pouvoir » (belle légende !) la mode est à confondre, à rendre synonymes, communication et information… Comme dans les régimes que l’on disait « totalitaires ». Ah oui! On disait propagande à l’époque. Un mot qu’on utilise encore quand on parle de Castro, de Kadhafi ou de Poutine. Alors que le numéro un russe n’est pas en même temps chef de l’Etat et chef du gouvernement, mais successivement….

Quand la communication fait office de politique, il faudrait que les média  servent la politique en contrôlant la « com’» : ce serait cela un « contre-pouvoir » responsable ! Mais on préfère la contestation-gadget (du style du ridicule « un jour sans Sarkozy ») à la conduite responsable… Signe des temps !

Mais restons optimistes : trop de com’ tue la com’, dit-on pour se rassurer. Certains grands communicateurs ont duré très longtemps, pourtant…

Daniel RIOT

Un "détail où le diable se cache"...

LES MOTS NE SONT JAMAIS INNOCENTS...

Les propos du Premier ministre François Fillon qui a qualifié samedi 6 octobre de "détail" l'amendement controversé sur les tests ADN pour des candidats au regroupement familial "révèlent une stratégie préélectorale préoccupante", a déclaré à l'AFP le directeur général de France Terre d'Asile. Je partage son opinion, avec en tête ce proverbe alsacien:"Le diable se cache dans les détails"... 
"Qualifier l'amendement ADN de détail et juger ridicule l'émotion qu'elle suscite dans une large partie de l'opinion publique révèle une stratégie préélectorale préoccupante de la part du Premier ministre", a estimé Pierre Henry.
"Le mot détail, employé dans le contexte actuel est lourd de sens et ne peut qu'attiser les divisions", a-t-il poursuivi. "Le Premier ministre n'a rien à gagner à manipuler les symboles sauf à considérer que l'agrégation de l'électorat d'extrême-droite autour du bloc majoritaire vaut bien l'instrumentalisation de la question migratoire à 10 mois des municipales".
Ce n'est pas avec ce genre de "détails" que l'on fait ce qui était promis par le candidat Sarkozy:"Une République exemplaire", une "démocratie apaiséee". Et Fillon est trop intelligent pour ne pas le savoir.

06/10/2007

« Touche pas à mon ADN ! » : Une pétition de Résistance.

Il n’y a qu’un problème avec la pétition lancée par Charlie Hebdo et SOS Racisme : le site www.touchepasamonadn.com,   est trop sollicité…Déjà 100 000 signatures à l'heure où j'écris cette note ! Prenez patience, donc, si vous voulez y aller ! Et « rechargez la page » à plusieurs reprises s’il le faut.

Car cette pétition, il faut la signer : elle est une mesure de salubrité civique. Et une bouffée d’oxygène dans un air bien pollué par une perverse imbécillité. « Un détail », ose dire Fillon à propos d’un amendement que même Pasqua a, dans un mouvement réprimé, trouvé indigne des combats menés en d’autres temps contre le fascisme.Le mot "principe" ne doit pas devenir politiquement incorrect! Le mot "valeur", si chanté, doit recouvrer du sens. 

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Plus cette pétition recueillera de signatures, plus on pourra garder espoir dans la perfectibilité démocratique. Et plus nous pourrons avoir confiance dans la capacité de RESISTANCE des Personnes aux forces terribles de ce « mimétisme de masse » qui entraîne l’humanité vers des catastrophes collectives quand la légende du joueur de flûte et des rats devient réalité.

C'est tout le sens aussi de la pétition lancée par le collectif "Sauver la recherche" qui a recueilli plus de 44 000 signatures: les chercheurs comme les médecins (et les juges!) dignes de ce nom savent où peut mener une conception exclusivent biologique de la nature humaine....

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Cet amendement parlementaire à un texte déjà chargé de germes d’inhumanité est en effet honteux en tant que tel, par son  texte (même  mal corrigé) et par son contexte. Par son texte : «cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d'immigration», écrit justement Philippe Val, le directeur de Charlie.

Par son contexte : les dérives droitières extrêmes en ce pays de « droit du sol » où l’on combattait le « doit du sang » deviennent banales, trop banales. C’est ce qui les rend dangereuses.

C’est la banalité des dérives accumulées qui enfante ce « fascisme ordinaire » toujours condamné trop mollement et trop tardivement quand il imprègne une société.

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Lier « adn » et « immigration », donc adn et « étrangers », c’est contraire à la loi républicaine. C’est sortir de ce qui était une règle morale et éthique française : « l’adn » est réservée à des fins scientifiques et judiciaires. Et c’est réduire la filiation aux liens de sang. La nature humaine n’est pas qu’un paquet de viande, d’os et d’eau…

Un argument avancé est irrecevable : « ce texte n’est pas contraire au droit européen ». Ce n’est pas un juge qui l’a dit : c’est le Commissaire chargé de la Justice qui se prend pour le ministre de l’intérieur de l’UE, Franco Frattini , l’homme qui rêve  d’une Europe où la droite polonaise ferait figure de force « progressiste »…

Le recours à l’adn est effectivement déjà utilisé à des fins de « regroupement familial » dans sept pays de l’Union, mais il n’est pas appliqué dans le même esprit,  il n’y a aucune norme communautaire en la matière et toutes les recommandations du Conseil de l’Europe en bioéthique ne confondent pas l’identité et le groupe sanguin…

Un argument n’est jamais avancé, en revanche, mais il pèse lourd. Il suffit de surfer un peu sur internet, et vous le découvrirez : des esprits entreprenants et imaginatifs voient dans le recours systématique aux tests adn un champ d’action juteux...

 

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Cette pétition, demande le retrait pur et simple de l’amendement Mariani. Cela s’impse en effet d’autant plus qu’elle est incohérente avec le but avoué de cette loi (la Xième sur la maîtrise de l’immigration) qui est de limiter les regroupements familiaux, ces regroupements autorisées sous Giscard et reconnus comme légitimes dans les accords internationaux qui engagent la France.

Une remarque, au passage : c’est terrible de voir qu’une telle pétition est lancée par un journal dit satirique…Dans les pays qui souffre d’ « inforexie » et d’un système d’information apathique, seuls les organes de presse anticonformistes font sinon avancer les choses, du moins freiner les régressions. Merci à Philippe Val !

Daniel RIOT

Parmi les premiers signataires de la pétition initiée par Dominique Sopo (SOS-Racisme), Philippe Val (Charlie) et Bernard-Henri Lévy entre autres, on compte notamment l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le président du Modem François Bayrou, le Premier secrétaire du PS François Hollande, le généticien Axel Kahn, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault et les actrices Jeanne Moreau et Isabelle Adjani. On retrouve également le chanteur Akhénaton, l'ensemble de l'équipe de Charlie Hebdo et la secrétaire nationale du PCF Marie-Georges Buffet

Affaires et affairisme : Où souffle « l’esprit Dallas »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO :Thierry Breton (que je connais depuis bien longtemps) est un homme d’une intelligence  peu ordinaire. Cela l’a conduit avant ses carrières industrielles et ministérielles à écrire des livres et à avoir des vues prospectives d’une pertinence exceptionnelle. Il affiche une de ces lucidités que l’on aimerait voir plus répandues. C’est en raison même de ses qualités que sa prestation devant les sénateurs laisse dubitatif…

«Transparent», mais «pas convaincant» dit, devant des journalistes, Philippe Marini, le rapporteur UMP de la commission des Finances du Sénat. Un bon résumé. Pourquoi ?

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A trop clamer que « L’Etat a eu un comportement exemplaire », en s’abritant un peu maladroitement derrière des structures (logiques en régime capitaliste) dont ses prédécesseurs sont responsables (Fabius et DSK) et en avouant  sa méconnaissance voire son ignorance de « l’affaire », l’ex-locataire de Bercy a paru très gêné par les questions des parlementaires… qui comprennent mal pourquoi cet ex-consultant n’ait pas su se faire mieux écouter par les dirigeants d’EADS…

Quand Manfred Bischoff (Daimler) et Arnaud Lagardère sont venus, en novembre 2005, l’informer de leur intention de céder leurs parts (7,5 % du capital chacun), il leur a signifié sa « très grande réserve»… Pas plus ?

Et quand  la Caisse des dépôts - un organisme public  - a racheté une partie des actions de Lagardère, il l’a appris «en lisant la presse»… Heureusement qu’il ne lit pas que « l’Equipe », notre actuel prof d’économie à Harvard, contrairement à ce que disent les « Guignols »… Manque d’autorité, là, manque de contrôle de ses services (directs et indirects) ici… Oh ! Thierry, ils étaient pourtant bon vos livres sur « La fin des Illusions » et sur « La Dimension invisible »…

On comprend que Christine Lagarde qui avait pris la défense de son ministère avec force, comme par réflexe, se ravise et exige une enquête interne… C’est la moindre des choses, peut-on dire sans rire. 

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 Qui plus est, un fait et une chronologie jettent un sérieux trouble. Le 8 mars 2006, le directeur adjoint du cabinet de Breton apprend de la bouche du directeur financier de Lagardère que ce dernier, (« mon frère », dit de lui Nicolas Sarkozy) ­s’apprêtait à vendre sa participation. L’information est transmise immédiatement  à l’APE, l’Agence des participations de l’Etat.  Mais elle ne sera rendue publique que le 5 avril. Pourquoi ? Or,  entre-temps, les hauts dirigeants d’EADS ont vendu massivement leurs actions. Etrange, non ? Surprenant, non ?  C’est l’un des points que l'inspecteur général des finances Bertrand Schneiter (à qui Lagarde a confié l’enquête) devra éclaircir. Avant jeudi !

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Il est un autre point d’ombre : qui peut croire, en connaissant un peu la « maison » que la Caisse des Dépôts et Consignations puisse acquérir un tel paquet d’actions d’une entreprise européenne hautement stratégique sans que les autorités politiques en soient averties ?  

La Caisse des dépôts et consignations affirme haut et fort avoir agi de façon « autonome » et sans instruction de la part de l'Etat. C’est beau l’indépendance ! Mieux : elle  confirme qu'elle se joindrait à la procédure qui serait engagée à l'issue de l'enquête en cours menée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'il apparaissait que des agissements aient pu lui nuire en tant qu'actionnaire. Nous voilà rassurés. Pas vous ?

En tous cas, si l’Etat a eu une « conduite exemplaire », ses « serviteurs » n’ont pas eu, visiblement, la conduite qui s’imposait. Ni financièrement, ni politiquement, ni moralement.

Au-delà des personnes en cause, n’est-ce pas là  l’une des illustrations de cette connivence presque institutionnalisée entre les « milieux d’affaires », ces artistes de la géofinance, ces virtuoses de « l’économie casino »,  et les « sphères politiques »…qui devraient, par définition, placer les intérêts de la Cité (au sens large du terme) avant ceux des champions de la « corbeille ». De cette « Corbeille », où selon de Gaulle, ne devrait pas se faire la politique de la France…

Mais depuis le général, la « Corbeille » a pris une influence que la politique n’a plus… L’Italie a eu Berlusconi : elle n’en est pas encore guérie. Et le « berlucosnisme » n’est pas qu’une spécialité italienne : « l’esprit Dallas » fait trop de ravages. Ce qui ne nous empêche pas de « réfléchir », à la demande de Sarkozy et sous l’autorité de Rachida Dati,  à une « dépénalisation du droit des affaires ». Une urgence, on vous dit ! Un impératif ! Une réforme qui s’inscrit dans la profonde réforme de la justice « souhaitée par les Français qui ont élu Nicolas Sarkozy ».

Ben voyons … Si la croissance est en panne, est-ce parce que « l’esprit Dallas » est trop freiné au pays de Colbert par une justice pénale trop sociale ?... Si les dettes françaises sont aussi vertigineuses, est-ce parce que la « droits des affaires » secrète trop de vilaines « affaires » qui empêchent de « belles » affaires ?...

Réformer le droit des affaires, peut-être : là comme ailleurs, il y a trop de lourdeurs et d’arbitraire bureaucratiques. Mais, attention ! « L’esprit Dallas » voudrait que « l’affairisme » devienne un droit….

Au  fait, (on passe d’une affaire à l’autre, c’est cela le dynamisme !),  il a toujours ses nobles fonctions au Medef, le sieur  Denis Gautier-Sauvagnac. « Négociateur en chef sur la modernisation du marché du travail » : voilà un joli titre, non ? Surtout pour quelqu’un qui reste présumé innocent mais qui a opéré des retraits de fonds qui dépassent l’entendement de gens normalement constitués…

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Aux dernières nouvelles, deux autres comptes bancaires suspects ont été découverts par les policiers de la brigade financière (BF) enquêtant sur les retraits de fonds qu'aurait opéré Denis Gautier-Sauvagnac dans une caisse de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM).

Selon l’Express, le négociateur du Medef aurait sorti en liquide, entre 2000 et 2007, non pas cinq mais quinze millions d'euros sur le compte de l'UIMM. Tout augmente… Il y a trop de zéros pour qu’un esprit ordinaire (vous et moi)  voit la montagne que cela représente…

Piment de plus :  la piste privilégiée par les enquêteurs concernerait le financement occulte des syndicats, ce qui ferait de cette affaire « une bombe politico sociale », toujours selon l’Express.  Les syndicats s’en montrent outrés, évidemment. Attendons… puisque Denis Gautier-Sauvagnac a nié toute malversation.

Mais si cette piste se vérifie, nous aurions là une version originale du grand rêve (gaullien) de l’association « capital-travail). « L’esprit Dallas », c’est d’abord la culture du résultat, le culte de la fin et… l’occultation des moyens.  « JR » n’est pas méchant mais cyniquement efficace.Dans un "univers impitoyable".

Cela dit, nous attendons aussi des nouvelles …d’Allemagne. Car le scandale EADS, puisque scandale il y a même si l’enquête n’est pas terminée, est franco-allemand. Or, pour l’heure, du coté de chez Daimler (et de la Chancellerie), c’est plutôt une discrétion étourdissante :il est des silences qui font du bruit !

Impression et supputation : le refus politique allemand d’ « allonger » les euros nécessaires à Galiléo ne s’explique-t-il pas en partie par le trouble provoqué par cette secousse EADS ? Cela se comprendrait… C’est en cela d’ailleurs (aussi) que nous parlions ici d’un « crime contre l’Europe ». Un crime commis au nom de « l’esprit Dallas ».

Daniel RIOT

POUR OU CONTRE LA DEPENALISATION DES AFFAIRES ? VOTRE AVIS >>>>  

 

05/10/2007

POUR OU CONTRE la dépénalisation du droit des affaires

Un sondage de DpJ, le Droit pour la Justice

Le grand débat sur

 

 

la dépénalisation

 

du droit des affaires est lancé

 

 

Et vous qu'en pensez-vous?

 

 

 Ecrivez-nous 

 

 

 

ou VOTEZ >>>>

 

Toutes les infos sur le site de DpJ, Le Droit pour la Justice >>>>>> et >>>>>>>>>>>>>

04/10/2007

FRANCE:Rachida Dati, « la femme battue du gouvernement » ?

Elle prend des coups que Nicolas Sarkozy devrait recevoir parce qu’il veut ignorer Montesquieu

Editorial RELATIO par Daniel RIOT -- Que Hortefeux le bien nommé soit une cible privilégiée pour toutes celles et ceux qui n’ont pas de l’idée républicaine et des valeurs humanistes la même conception que celles qui sous-tendent les options « identitaires » contestables de Sarkozy, c’est logique. Il est dans le rôle du « méchant », d’ordinaire dévolu aux ministres de l’intérieur toujours exposés dans tous les régimes, Hortefeux ! Et visiblement, il ne déteste pas cela…

Que même « Le Figaro » commentant les sondages s’interroge sur la « fin de l’état de grâce » du Président, c’est logique aussi. La communication a ses limites. Sarkozy doit être le premier à le savoir : c’est sans doute ce qui le rend aussi omniprésent dans les médias d’ailleurs. Exister politiquement, aujourd’hui, c’est d’abord se faire voir et écouter…Confusion de l’être et du paraître, avec tous les risques d’explosion en vol que cela comporte : Le citoyen-zappeur change vite d’humeur…

Mais que le garde de Sceaux soit le personnage du gouvernement qui collecte le plus de critiques crédibles, attire le plus de griefs en tous genres et fasse tous les jours ou presque l’objet de controverses les plus variées, c’est grave.Surtout dans la situation actuelle du système judiciaire français.Harcelée, Rachida !  

«  La femme battue du gouvernement », ironise un député UMP prêt à tout lui pardonner y compris la suppression d’un tribunal d’instances dans sa circonscription, tant il l’apprécie « sous tous les angles ».

Elle a pourtant tout pour séduire Rachida Dati ( notre ami député UMP n’est pas le seul à le penser), même  si son caractère (selon ses ex-collaborateurs) n’est pas de tout repos pour ceux qui l’entourent. Un caractère bien trempé n’est pasforcément synonyme de « mauvais caractère »…

Ceux qui crient au sexisme, aux jugements discriminatoires voire au racisme pour expliquer l’âpreté des attaques dont elle est l’objet font fausse route. Ceux qui, comme M° Bilger, osent dénoncer son « incompétence » ou, comme tant d’autres, parlent de « favoritisme » envers une « amie du couple Sarkozy » se trompent sans doute aussi.

En fait,  Rachida Dati fait face à trois problèmes majeurs :

n      Le premier tient au conservatisme des acteurs (élus locaux compris en ce qui concerne la carte judiciaire) de ce système  qui doit être effectivement réformé. En matière de justice, de lenteurs des procédures, de « droit au service de la justice »,  de condition pénitentiaire, d’indépendance des pouvoirs, la France n’a rien d’un modèle. C’est le moins que l’on puisse dire. Mais, en ce domaine comme en d’autres, tous veulent des réformes…pour les autres !

n      Le deuxième problème de Rachida Dati tient à la nature des réformes entreprises à laa demande de Sarkozy. Certaines vont à l’encontre des principes d’efficacité et de réalité : le problème de la justice pour les enfants et les jeunes notamment. D’autres, et c’est là que Sarkozy lui confie des missions on ne peut plus difficiles, sont carrément à l’opposé de ce qui devrait être fait en bonne démocratie.

En s’abritant derrière la légitimité incontestable de son élection, le Président oublie que certains des points de son programme ne sont pas majoritairement approuvés par les Français.

Ceux-ci ne rêvent-ils pas d’une justice réellement indépendante, en qui l’on ait confiance et égale pour tous. Or, c’est un renforcement des liens entre le politique et le judiciaire qui est visiblement visé.

Si des incidents mineurs (comme le déplacement du procureur d’Agen à huit mois de sa retraite) prennent l’ampleur qu’ils ont, c’est bien en raison de ces finalités qui, pour le moins, mériteraient de vrais débats…

Une élection présidentielle ne se jouant pas sur ce type de questions, les décisions prises en la matière ne devraient pas n’être dictées que  par le résultat des urnes… Et la « magie Sarko » n’autorise pas tous les (mauvais) tours.

n      Le troisième tient aux hasards des calendriers. Lancer, aujourd’hui, une « réflexion sur une dépénalisation du droit des affaires » au lendemain de révélations (ou de confirmations autorisées) sur les scandales de l’EADS  a quelque chose de surréaliste… Contrairement à la patronne du Medef  qui a le mérite de crier haut et fort son écoeurement, Fillon se montre serein devant « une affaire privée » face à une note dont les « conclusions sont loin d’être acquises ».

Mais, politiquement et moralement, voici une série de questions juridiques posées en un temps plutôt inopportun, non ? Or, la bonne politique repose sur le bon vieux « kaïros », sur le temps opportun : nous le savons depuis les Grecs…

Rachida Dati n’est évidement pas responsable de ce contexte, mais c’est elle qui est « au front ». Et sur ces fronts là, elle ne peut prendre que des coups. C’est si elle était épargnée que nous pourrions crier au sexisme, au racisme, aux jugements discriminatoires. 

« La femme battue du gouvernement » prend des coups que Sarkozy devrait prendre puisqu’elle ne fait, en « chef des procureurs » (selon sa propre expression) qu’obéir au chef de l’Etat, Président du conseil supérieur de la magistrature, maître des nominations…et complètement oublieux de Montesquieu !

Daniel RIOT

FRANCE: La justice des enfants en danger, par Josiane BIGOT

3ca84edfe95a95330b0bf63cd83ebe60.gifLe Juge des Enfants est, depuis sa création, au carrefour de la dialectique éducation / répression dans la mesure où il est à la fois le juge de la protection de l'enfance et celui de la délinquance juvénile. Il n'est pas inintéressant de se souvenir qu'il est historiquement le subsidiaire de la correction paternelle, qui disparaît en 1958 à son profit dans le Code civil. La meilleure définition qui me soit toujours venue à l'esprit pour le Juge des Enfants est celui d'une autorité bienveillante, à l'image du père de famille. Va-t-on aussi faire disparaître le père symbolique de substitution après s'être lamenté de la disparition des pères dans notre société ?

 Cette belle harmonie des fonctions, cette complémentarité entre la protection et le rappel de l'interdit, avec les sanctions qui en découlent, est menacée. Le Ministre frnaçais de la Justice sollicite l'expérimentation de la scission des fonctions du Juge des Enfants. Le but est double : faire échapper au judiciaire la protection, qui sera purement administrative (et gérée à ce titre par les départements), et rendre la justice pénale des mineurs plus répressive.

C'est oublier toute l'analyse sociologique de la délinquance des mineurs ; dans la quasi-totalité des cas, la famille du jeune délinquant a rencontré des difficultés socio-éducatives. C'est précisément de sa connaissance du contexte social, familial, personnel du mineur que le juge tirera toute son efficacité. Il pourra ainsi faire reconnaître l'essence-même de la loi qui protège la vie en société en sanctionnant si nécessaire, à condition bien sûr que l'on garde la conviction que tout mineur est susceptible d'éducation, y compris à la reconnaissance de la loi. Supprimer le Juge des Enfants dans sa double mission, c'est réduire à néant toute l'éducation à la citoyenneté menée ces dernières années, d'un accès à une loi par essence protectrice même si elle réprime.

Il faut également rappeler fortement que ce n'est pas la compétence du Juge des Enfants qui est en cause, mais les faiblesses du système (lenteur de prise en charge, inadéquation du dispositif...).

Enfin, ce projet est une négation du droit du mineur à une justice adaptée, droit inscrit dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (article 40), qui insiste sur la nécessité de maintenir une spécificité de la justice des mineurs par rapport à celle des majeurs

Josiane Bigot,

Présidente du Réseau Droit des Jeunes et de THEMIS

Réseau National pour l’accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes 148 Boulevard Masséna – 75013 Paris  |  tél : 01 53 34 08 33 Contact : Yvan Fauchon – Délégué national reseaudroitdesjeunes@wanadoo.fr

30/09/2007

Politique: Quand Jospin donne raison à ... Bayrou!

Le livre de Jospin devrait faire un heureux : François Bayrou. Les ouvrages d’autres « dealers » de la pensée socialiste mal raffinée (pardon d’autres « leaders » du PS non rénové), comme Mélanchon devraient conforter un homme dans ses convictions : François Bayrou. La rentrée de Fabius, « candidat à rien » (donc à tout), devrait donner un surplus d’énergie à un leader : François Bayrou.

Sur quoi en effet repose le pari de Bayrou ? Sur l’incapacité du PS de s’arracher à ses mythes, à ses archaïsmes, à son passéisme en dépit de ce qui peut être dit sur la « social-démocratie », sur « l’acceptation de l’économie de marché », sur les « valeurs » du socialisme, sur la modernité de l’idée sociale…

Or Jospin, Fabius, Mélanchon et d’autres confirment le diagnostic du fondateur du MoDem. Le PS  reste figé dans son idéologie du XIX ième siècle et dans sa fidélité à des alliances (contre nature) avec l’ultra-gauche, la gauche de la gauche et les pires réactionnaires  de gauche. Irrécupérable…

N’est pas Mitterrand qui veut. Et ce n’est pas la désertion (pour cause de promotion) de DSK qui va améliorer les choses, faire « bouger les lignes », faire sonner l’heure d’une sociale démocratie moderne. Et digne des  valeurs proclamées.

Bien sûr, il reste le « désir d’avenir » en panne « d’avenir de désir » : la Jeanne d’Arc victime (selon elle) du « sexisme » et du « racisme » des « évêques Cochon » qui la voudraient sur un bûché. Elle représente plus qu’elle-même en effet, Ségolène. Et elle pourrait incarner cette « voie nouvelle » qui s’impose tant dans un paysage politique que Sarkozy a réussi (provisoirement) à modifier sans changer le pays.

Mais elle a tellement montré les limites du charisme de paillettes (à la Star’Ac, Sarko a su faire, et sait faire,  nettement mieux qu’elle !)… Et, sur le fond, son programme ne repose ni sur un « projet de société » cohérent, ni sur un socle de valeurs très affirmé, ni sur une éthique politique bien précise.

Le Modem ne se confond pas avec un « bayrouisme » imprécis : ce mouvement qui puise sa force dans les vleurs de l’Europe personnaliste pourrait même s’imaginer sans Bayrou (et c’est un atout considérable, tout à l’honneur de son leader). Mais Ségolène ne porte qu’un « Royalisme » (républicain) mal défini qui ne vaut (en bien et mal) que par sa personne. La nuance est de taille !

Ces constats doivent  consoler Bayrou de bien des déceptions. Je ne parle pas là des « lâcheurs » du nouveau Centre ou des nostalgiques d’une UDF dépassée, mais des « prises » faites dans sa sphère par Sarkozy.

Car on ne l’a pas assez relevé : ce que Sarkozy appelle « l’ouverture » se résume  d’abord en des  débauchages en série de personnalités qui se retrouvaient dans… la « Bayrousphère » et qui auraient pu rejoindre le MoDem…

Bockel, Kouchner, Ruffin, Jouyet, AtaIli, Rocard… La liste est longue, avec quelques exceptions qui confirment la règle (comme Védrine, trop peu « pro-européen » pour être Modem sans modération) …  

Sarkozy a fauché dans le pré du Béarnais ! Seuls les observateurs politiques sous influences élyséennes ou prisonniers des clivages droite-gauche si pratiques,  ne le voient point !

Cela doit surtout encourager Bayrou à être le premier fidèle à son cap, à son « chemin », à sa stratégie. Ce n’est pas simple.

Mais c’est à lui de bien montrer que le Modem n’est pas fait d’"habits neufs" d’une formation qui a fait sa grande mutation au Congrès de Lyon avec le « Penser Libre » mais qu'il est un mouvement vraiment nouveau, le vrai premier parti du XXI ième siècle. Preuve n’est pas encore faite. On attend le Congrès, les statuts et les municipales.

Daniel RIOT

27/09/2007

La France en Europe: Un budget "sarkomédiocre" qui ne prépare guère la présidence Française de l'Union

La France financière, « point noir de l’Union »

La « sarkomédiocrité » des chiffres  risque de faire « exploser en vol » la « sarkomania » de la communication

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Ayant toujours préféré les lettres aux chiffres, j’ai toujours scrupule à commenter les maîtres à compter du budget national. Trop de zéros me donnent le vertige ! Mais il est des choses que j’ai un peu de difficultés à comprendre…Comment peut-on se réjouir (presque crier victoire) en présentant la copie mise au point pour le premier budget de l’ère Sarkozy ?  Il nous lancer (à regret) un nouveau néologisme (c’est à le mode) : la « sarkomédiocrité ». Par opposition à cette « sarkomania » qui, comme aurait pu dire Hervé Morin, risque « d’exploser en vol ». Sous le choc des réalités trop oubliées.

J’ai cherché en vain un seul nombre qui puisse laisser entrevoir un « choc de confiance » susceptible de provoquer un « bond de la croissance »… Je ne peux pas même chercher consolation dans des analyses d’économistes ou de journalistes spécialisés plutôt complaisants avec Sarkozy et sa majorité : rien de réjouissant. Le Figaro lui-même peine pour trouver quelques vertus à ce document chargé de vices et ne trouve que des experts dubitatifs ou sceptiques... 

Est-ce vraiment pour ouvrir de telles perspectives que Sarkozy, comme il ne cesse de la répéter, à été « élu » ? Est-ce pour ce texte (qui est tout de même essentiel dans la vie d’une nation) que tant de belles paroles, tant de temps d’antenne, tant de couvertures de magazines, tant de vent brassé, tant d’effets de communication, tant de « bougisme » présidentiel nous ont  été infligés ?

L’  « homme pressé », le champion de la « rupture », « l’hyperactif », le grand prêtre de « la culture du résultat », les donneurs de leçons économiques et financières à l’Europe entière, le Guizot du XXI Ième devra travailler mieux s’il veut que la France gagne plus.   

Un « budget d’attente », disent les plus indulgent en usant d’une  litote vide de sens puisque personne ne dit ce qui est en attente (municipales mises à part, bien sûr)… Nous voici loin des « je veux », des promesses du style « vous allez voir ce que vous allez voir » faites aux ministres des finances de l’eurogroupe, des exhortations dignes de la magique méthode Coué.

Nous voici loin surtout des mesures chirurgicales qu’impose un « Etat en faillite » !

Feuille de route pour une déroute : voilà confirmé le sombre diagnostic des responsables européens les  plus lucides : « Le point noir de l’union européenne, c’est la situation économie et financière de la France… Sarkozy est en train de perdre en Europe tout le crédit qu’il avait su gagner avec son activisme en faveur du « mini traité »… On voulait croire en un retour de la France en Europe, mais le retour d’une France faible affaiblit l’Europe comme une Europe faible affaiblit la France… »

Avec un  déficit public (41,7 milliards d'euros) qui reste abyssal, une dette publique (64 % du PIB) qui reste colossale, des « prélèvement obligatoires qui demeurent catastrophiquement stables, un déficit commercial qui donne toujours le vertige,   la France est plus que jamais le plus mauvais élève de la classe européenne. Celui surtout qui consacre le plus d’argent (qu’il n’a pas) aux dépenses publiques. Et celui qui s’abstient de faire des réformes de structures qui s’imposent.

Si on fait des « budgets d’attente » quand on parle encore d’ « état de grâce », que pourra-t-on faire en état de disgrâce ? La meilleure façon de préparer la Présidence française de l’Union dont on fait tant de cas aurait été de mettre de l’ordre dans la Maison France : c’est mal parti ! L’illusionniste s’illusionne-t-il  lui-même ? Pour réformer la France, il faut commencer par réformer les réformateurs…

Personne ne peut s’en réjouir, pas même ceux qui avaient raison de douter de la crédibilité du programme du candidat aux présidentielles d’une UMP qui avait plongé la France dans l’état que Fillon, aujourd’hui,  dénonce par une « image »…mal choisie mais juste! 

Daniel RIOT

26/09/2007

"Le nucléaire n'est pas un gros mot"...

Editorial RELATIO par Daniel RIOT : « Le nucléaire n'est pas un gros mot. La France a fait le choix du nucléaire. Nous ne voulons l'imposer à personne, mais nous disons que dans un univers où dans un siècle, il n'y aura plus de gaz et dans quarante ou cinquante ans, il n'y aura plus de pétrole, on ne peut pas se contenter de dire : « Le nucléaire fait peur, on n'en parle pas. » Il faut parler, du nucléaire comme de toutes les autres énergies renouvelables. J'ajoute que la France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile. » Un passage en gras dans le texte du discours onusien transmis à la presse… Heureusement que l’ONU ne siège pas à Hiroshima…

« Nucléaire n’est pas un gros mot »…Sarkozy a (ce dit, entre parenthèses)  avec « gros mot », comme avec « tabou »,  un vrai tic de langage…

Je ne suis pas un anti-nucléaire dogmatique, idéologique, mystique. L’énergie nucléaire, en tant que telle, est moins polluante que d’autres…

Mais j’ai visité Tchernobyl : ce n’est pas un mythe. Et le nuage ne s’est pas arrêté au pont de l’Europe entre Kehl et Strasbourg…

Le mot « nucléaire » serait plus « petit » si les chercheurs avaient les moyens de mieux régler les lourds, trop lourds, problèmes des déchets (transports, stockages et surtout élimination), d’assurer une meilleure sécurité des centrales (vieillissantes, surtout), des ponts trop aisés à construire entre les technologies « civiles » et « militaires »…

Le choix de l’énergie nucléaire est déjà une décision nationale discutable. L’exhortation à un développement généralisé de ce type d’énergie donne le vertige. D’autant plus que ces incitations au nucléaire passent sous silence les richesses de certains continents en soleil, par exemple, ou la force que peuvent avoir les eaux des océans, ou encore l’art et la manière de mieux se servir des vents.

« Nucléaire » n’est pas un « gros mot », mais l’expression « Grenelle de l’environnement », dans ces conditions, devient (pour ceux qui ne s’en étaient pas encore rendu compte) un rideau d’illusions…

Cela dit, sur le nucléaire, Sarkozy candidat avait annoncé la couleur. Qu’il joue aujourd’hui, avec cynisme les VRP de notre « nucléaire national », était inscrit à son programme.

 Petit rappel :

« L’énergie du futur n’a pas vocation à être la possession exclusive des pays les plus développés dès lors qu’un système de garanties peut fonctionner efficacement. J'ai proposé pour cela la création, sous l'égide de l'ONU et de l'Agence Internationale pour l'énergie atomique, d'une véritable banque mondiale du combustible nucléaire civil qui garantirait aux pays émergents l'accès aux bienfaits de l'énergie atomique sans risque de détournement militaire. Cette institution aurait donc l'avantage d'ôter tout avantage économique et politique aux programmes nationaux d'enrichissement de l'uranium et de retraitement des combustibles irradiés.

Sur le nucléaire, une coopération est possible avec nos partenaires du Sud. Je souhaite par exemple proposer à l’Algérie, avant d’autres Etats, de l’aider à développer une capacité nucléaire civile en échange d’un partenariat sur l’exploitation des champs gaziers. Dire ceci, c’est aussi pour moi une façon de dire à l’Iran qu’une coopération est possible et que nous ne sommes pas condamnés à la confrontation. Au travers de l’exemple algérien, grand pays d’Afrique, c’est aussi dire que pour moi, le développement du Sud passe par l’accès à l’énergie et donc au nucléaire. » (Conférence de presse sur la politique internationale 28/02/07)

Vous voyez : c’était annoncé ! Il pourra même dire qu’il tient ses promesses…Tant pis pour celles et ceux qui ont voté pour lui en dépit de leur angoisse du nucléaire : j’en connais… Comme dit  Yann Wehrling, « les déclarations de Nicolas Sarkozy à l'ONU sur le réchauffement climatique ont le mérite de la clarté. Le réchauffement climatique n'est qu'un enrobage et un prétexte de ses véritables intentions : vendre le nucléaire made in France »(…).  « Si les conséquences n'en étaient pas dramatiques pour la planète, cela pourrait en devenir ridicule et faire sourire » (…) « Que le candidat Sarkozy ait fait des promesses au lobby nucléaire français est une chose. Mais le président de la République, martelant son nucléaire français à chacun de ses déplacements à l'étranger, est en train de dégrader l'image de la France en rabaissant sa fonction à celle d'agent commercial du nucléaire »

Mais, Yann, « agent commercial », ce n’est pas un « gros mot ». « Vendre » non plus… Quand à « l’image de la France », voilà longtemps qu’elle n’avait pas été aussi bonne, selon des sondages…français.

Alors, où est le problème ? D’ailleurs, il l’a dit lui-même : s’il a parlé de l’énergie nucléaire en Allemagne, c’est « pour rendre service à Angela Merkel»… Quand on pense que c’est la France gaulliste (à cause du nucléaire militaire) qui a cassé l’Euratom, cette Europe de l’énergie atomique qui aurait dû se développer parallèlement à la CECA puis être intégrée au Marché Commun… L’histoire est une suite de pieds de nez. La relance d’EURATOM au programme de la Présidence française ? Il y aurait des réactions en chaîne…

Daniel RIOT

21/09/2007

Le sarkoshow permanent annonce une Sarkoverdose...

"Demandera-t-il bientôt que ses propos soient diffusés par haut-parleurs dans les rues de nos villes?", ironise Didier Mathus, député PS qui dénonce une "dérive narcissique d'un président tout à la fois Premier ministre, animateur télé, rédacteur en chef et patron de chaînes".

Nicolas Sarkozy entouré de journalistes, le 9 mai 2007 à Delimara, dans le sud de Malte

Nicolas Sarkozy entouré de journalistes, le 9 mai 2007 à Delimara, dans le sud de Malte

(c) AFP

 

A gauche et à droite, on ironisait quand BAYROU insistait sur la partialité et le manque d'indépendance des médias qui ont été tellement attachés à maintenir bipolaire la vie politique française... Sur ce  plan là, comme sur d'autres, les événements lui ont donné et lui donnent raison..
C'est le PS, aujourd'hui qui sonne la charge....
Le Parti socialiste devrait saisir dès lundi 24 septembre le CSA contre "l'accaparement des médias" par Nicolas Sarkozy. "La semaine qui s'achève aura marqué un paroxysme dans l'accaparement des médias par le président de la République", écrit le député PS Didier Mathus dans un communiqué.
Jeudi soir "les deux principales chaînes ont été réquisitionnées pour permettre à M. Sarkozy de commenter sa propre action pendant 50 minutes à l'heure de plus grande écoute", critique-t-il.
"Demandera-t-il bientôt que ses propos soient diffusés par haut-parleurs dans les rues de nos villes?", ironise le député PS qui dénonce une "dérive narcissique d'un président tout à la fois Premier ministre, animateur télé, rédacteur en chef et patron de chaînes".

Temps de parole non décompté

La situation "pose désormais un problème clair pour l'équilibre de l'expression démocratique dans notre pays", estime Didier Mathus en jugeant que "le CSA devait réagir".
Le CSA ne prend pas en compte les interventions du président de la République pour l'équilibre des temps de parole, "car celui-ci ne peut être assimilé à aucune des catégories donnant lieu à un décompte (gouvernement, majorité parlementaire, opposition parlementaire, autres formations)", indique le Conseil supérieur de l'audiovisuel sur son site internet.
Didier Mathus poursuit : "Si le Président de la République se comporte désormais en chef de la majorité, monopolisant les antennes selon son bon vouloir, alors le CSA doit prendre des décisions pour imposer un retour à un minimum d'équité et de pluralisme dans l'expression publique".
Didier Mathus rappelle avoir déjà interrogé le CSA en juillet dernier. Il indique qu'il saisira l'institution "à nouveau dès lundi avec François Hollande pour qu'un terme soit mis à cette dérive".
Comment ne pas être d'accord? Au fait avez-vous lu le bon dossier de LIBE de ce jour sur les dessous du SARKOSHOW?
En fait, les journalistes ont une part de responsabilité dans cette situation, mais que voulez-vous? Il "passe bien Sarko". C'est une  bonne "bête de télévision", il "fait recette"...L'audimat plus les sondages, plus la paresse et l'opportnisme des patrons de médias, cela fait beaucoup! C'est vrai qu'il est drôle, Sarko. Quand on oublie les conséquences de sa politique...Il va bientôt présenter la météo (quand le temps s'annoncera beau, bien sûr). Qui se moquait de médias dans les pays totalitaires ou dans les républiques bananières? Allons, ne désespérons pas:La SARKOVERDOSE va frapper. Et les Jeux  vont vite montrer leurs limites si le pain (ce nouveau produit de luxe) vient à manquer...

21:45 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, presse, médis, bayrou, CSA

Le scoop de Fillon: L'Etat est en faillite..."Elysee.com" cherche syndic?

Quand le coéquipier de Srakozy reconnait aujourd’hui une situation que Bayrou dénonçait, que la Commissionde Bruxelles pointe du doigt et que Berlin déplore...

EDITO RELATIO par DANIEL RIOT: « Je suis à la tête d'un Etat en situation de faillite »…Alors, çà, il faut oser le dire quand on est le co-équipier (puisque « collaborateur » est proscrit) du Président de la République ! Même si ce n’est qu’une « formule » (guère imagée)…

Bayrou l’avait dit pendant la campagne électorale et il proposait des  moyens cohérents pour sortir de la situation décrite. Mais il n’a pas été entendu et son projet devenu programme a été étouffé par les flonflons et les paillettes de ceux qui au lieu d’assumer leur bilan désastreux ont su faire croire que la « rupture » avec eux-mêmes allait suffire à redresser la barre !

«2007,  c’est pas moi », a lancé Sarkozy, l’autre soir dans deux de ses chaînes de télévision,  à propos de la mauvaise croissance actuelle. Ben voyons. Ce n’est   ni lui, l’ex-ministre d’Etat, ni sa majorité d’hier reconduite aujourd’hui dont il a su si bien faire oublier le bilan, par des impostures de génie, et un art d’exploiter les faiblesses d’un PS, aussi nul au gouvernement avec Jospin que dans l’opposition sans Jospin…

Les faiseurs de débâcle se sont faits passés pour des faiseurs de miracles. Avec une belle alliance objective entre les conservateurs de droite, de gauche et des médias si conformistes. Et avec ces recettes du populisme et du clientélisme démagogique qui sont très efficaces dans tous les pays en crise de repères… Fillon, aujourd’hui, reconnaît les erreurs et les fautes du passé et montre son impuissance face au présent.

Pire : De Villepin (qui avait déjà dit, à Ripostes, que sa politique avait été délibérément été sabotée dans l’optique des Présidentielles) peut se permettre de rappeler que sous son gouvernement la France bénéficiait d’une croissance supérieure, d’«un chômage qui a baissé de 2 points» et d’«une politique de désendettement qui avait amélioré les choses »…ce que ne font évidemment pas les « cadeaux fiscaux » faits (et que Sarkozy voulait même faire d’une façon rétroactive si le Conseil constitutionnel n’avait pas fait son boulot)

Tout regret bayroutiste serait inutile (et stupide), mais le vrai grief demeure : comment sortons-nous d’une telle crise (d’une telle « faillite ») en refusant le mot « rigueur », en octroyant des « cadeaux fiscaux » à la minorité des Français qui en a le moins besoin, en faisant passer pour « révolutionnaires » des réformettes  à portée plus politique qu’économique et en misant sur une augmentation de la consommation (sans hausse du niveau de vie) pour stimuler la croissance…Une croissance qui serait encore plus faible sans l’effet d’entraînement des bons résultats allemands et qui sera encore limitée si les turbulences américaines tournent à la tempête.

Expliquez-nous, Monsieur Fillon…. « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ca ne peut pas durer », a martelé le chef du gouvernement en s’engageant « à ramener le budget de l'Etat à l'équilibre avant la fin du quinquennat ».

Encore  cinq ans en faillite, c’est long et coûteux, non ? Le « travailler plus pour gagner plus » doit-il se traduire par « travailler plus aujourd’hui  pour gagner plus dans le deuxième mandat ». Qui disait que Sarkozy se sentait toujours en campagne électorale ? Tout y est en effet : l’omniprésence, les exhortations, les promesses. A coté de l’Hyper-Président, illusionniste de talent, Fillon en Corse a trouvé sa place : dire (tardivement et partiellement) la vérité !  

Mais si l’Etat est en faillite,  la République  cherche un syndic. Avec un esprit d’ « ouverture », si possible… Ce n’est qu’une « formule » va redire Fillon ! Une de ces formules qu’adorent les agences de communication.

Daniel RIOT

19/09/2007

Le grand oral de Sarkozy: Vous avez bien entendu « contrat social » ?

Une illusion et une faute : pourquoi avoir commencé ce « grand oral social » par promettre un  « contrat social » nouveau ? Sous les nuages, rien de neuf : Des réformes qui s’imposent (depuis longtemps, d’ailleurs) seront menées sans que l’on jette les bases d’une nouvelle social-économie, caractérisée par ce qui manque le plus la France: des structures rénovées d’un « dialogue social » innovant. Sous les pavés, pas de plage : Les « sacrifices » demandés ne sont ni équitablement répartis, ni efficacement programmés.

La seule vraie « rupture » dans la prestation d’hier de Sarkozy, où un texte un peu fourre-tout n’a pas toujours été lu avec la force de conviction habituelle du « grand communicateur », tient en un constat : il y a un décalage très net entre les promesses électorales faites et les mesures annoncées.

« Candidat, il a dit ce qu’il ferait. Chef de l’Etat, il ne fait pas ce qu’il a dit », résume avec pertinence, par constat plus que par opinion,  Martine Gilson qui dirige le service économique du Nouvel Observateur et qui va ainsi à contre-courant des commentateurs qui ne font que répéter les mots d’ordre de la cellule communication de l’Elysée.

Nous sommes loin, en effet, des coups de hache, de butoir, des « traits de plume » législatifs, des "ruptures" promis sur les 35 heures, le service  minimum dans les transports publics, les régimes spéciaux de retraites, les frais médicaux, le « travailler plus pour gagner plus »…

Le calendrier des réformes est serré, c’est un fait. Trop pour faire du travail sérieux, même. Mais 2008 est une échéance préprogrammée dans la loi, pour les retraites notamment. Les objectifs sont clairs, mais les moyens de les atteindre ne sont pas détaillés (sur l’emploi des seniors notamment). Et l’on s’en tient à des mesures dictées par l’urgence non par le souci de construire l’avenir, par des réformes structurelles.

Je suis assez d’ accord avec Martine Gilson : « Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a réalisé qu’une seule promesse : le « paquet fiscal » : quatorze milliards d’euros destinés aux plus riches ». En guise de « contrat social » nouveau, on peut rêver mieux…

Philippe Séguin, le Président de  la Cour des Comptes, vient de faire une remarque fondée sur des réalités dont on ne parle pas assez : Les « stocks options » ainsi que les indemnités de départ (devenues colossales) dont bénéficient les grands dirigeants d’entreprise ne sont pas soumises aux cotisations sociales… comme doivent l’être tous les  revenus du travail.

C’est ce que l’on appelle un « régime spécial », non ?  Un privilège qui se chiffrerait par un manque à gagner de  six milliards et demi d’euros par an. Un chiffre plus vertigineux encore que celui du déficit général des régimes dits spéciaux : 6,2 milliards… On n’en tient pas compte dans l’élaboration d’un vrai « contrat social » ?

Les électeurs de l’UMP ne sont pas tous des privilégiés. En 1995, déjà, les sondages montraient que les Français étaient majoritairement d’accord avec la réforme des « régimes spéciaux »…Cela n’a pas empêché Juppé de se planter.

Daniel RIOT

18/09/2007

Le baptême du feu de Brice Hortefeux à l’Assemblée : Au Sénat, Sarko vole la vedette à son « mécano ».

Ce devait être « SA » journée. Son vrai « baptême du feu » ! Mais son ami (et maître) Sarkozy lui pique la vedette : Nicolas parle « social » (un « grand oral social » disent les animateurs des  télé-infos) au Sénat pendant que Brice lance le débat sur la nouvelle loi sur l’immigration (son « œuvre première») à l’Assemblée… Partage des rôles (et des temps d’antenne) : Sarkozy et Hortefeux travaillent en vrai « tandem ». Le second pédale et le premier tient le guidon… Hortefeux ? « Le mécano de Sarko » a écrit l’ami Philippe Reinhard (éditions Le Cherche Midi)

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Cette loi devrait être d’abord le signe et l’aveu d’un échec des politiques menées (par Sarkozy, ministre) jusqu’ici : c’est le quatrième texte législatif en peu de temps, donc les trois précédents n’étaient pas adaptées…

Mais sur ces sujets qui (à juste titre) mettent à rude épreuve les « messages universels » de la « France généreuse » en matière de droits de l’homme, les gouvernants appliquent la tactique de l’étranglement progressif, du « serres-moi doucement mais longtemps »… Du liberticide « soft », approuvé par l’opinion, sondages à l’appui. Comme si dans ses domaines la loi de la majorité n’avait pas démontré suffisamment toutes ses limites dans l’Histoire,  en diverses périodes (et dans presque tous les pays).Le sécuritaire a toujours été plus facile à cultiver que la sécurité à assurer ! Et la Liberté se chante plus qu’elle s’assume…

Cette fois, on va  rompre (avec le soutien d’associations communautaristes !) avec la loi républicaine de la non-distinction des signes qui peuvent alimenter les pratiques discriminatoires (« statistiques ethniques », dit-on).

A quand la religion sur les cartes d’identité ? Voilà quelques années, nous étions scandalisés par les Grecs rappelés à l’ordre des droits et de la dignité humaine par les instances européennes,  mais plus le temps passe, plus « on s’habitue à tout »…

On va ouvrir aussi le champ (vaste) de l’utilisation de l’ADN en dehors des affaires criminelles. Avec la bonne conscience que donnent les « exemples » d’autres pays européens et la surdité soigneusement entretenue aux débats (rarement médiatisés) sur « progrès technologiques et éthique »…

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L'immigration, avant-hier...

Surtout, (en  avocats de la francophonie ?), nous allons exiger que les candidats à l’immigration soient dignes de venir à notre table. Connaissances de français et apprentissage des codes républicains AVANT le visa…

« Choisie », l’immigration nouvelle ! Pas comme celle « moisie » (tiens on ne la pas encore dit, çà, mais cela ne saurait tarder …)  « subie » jusqu’à présent.  

Si au moins cette « condition préalable» (culturelle et censitaire)  s’accompagnait de nouveaux efforts en faveur du français dans le monde (nous comptons toujours sur nos amis suisses, belges et québécois plus que sur nos propres forces) ! Et  si (enfin !),  cette obsession des « flux » ne se développait pas au détriment du souci des « stocks » migratoires !

Mais, là, on se garde bien de soutenir les associations qui depuis les années 50 (le « Castami » à Strasbourg, par exemple) font un travail considérable d’alphabétisation, d’information, de formation et d’insertion.

La « glandouille » dans les cités vient aussi de la « glandouille » des pouvoirs publics, à tous les niveaux, depuis des années dans ce qui est devenu les « quartiers »…

Mais à Neuilly où il est né et où il a grandi, et on il a « assisté » Sarko dans toutes ses batailles, Hortefeux le bien nommé par son tempérament incendiaire et son style (souvent) pompier n’a rencontré que des immigrés qui sont devenus « plus français que des Français » (une expression qui ne veut rien dire, évidemment).

Et à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne du Bonhomme Michelin, qu’il rêve de transformer en fief, il sait séduire les Bourgeois les plus à droite mais pas ces Français qui n’ ont pas  besoin qu’on leur dise de « travailler plus » …et qui savent que « pour gagner plus », il faut surtout savoir faire travailler l’argent des autres.

Pourtant, il sait séduire Hortefeux ! Avec ses chaussures toujours bien cirées, son maintien de colonel de réserve d’une armée de l’air  sortie d’une BD, son coté « british » (qui plait énormément aux femmes en quête de « classe »), son « ironie » (meurtrière, donc séduisante pour ceux qui ne lui servent pas de cible), son « esprit » (il sait en montrer, cet ami de Bigard), il n’a pas que les défauts de ses fonctions de « garde du corps », de « gourou », de « porte-flingue », de « chargé des basses œuvres », d’  « homme de confiance », « d’homme lige » du « petit Nicolas »  devenu « grand Président ».

En fait, Hortefeux a un profil assez courant dans la vie politique française. Sulfureux, ambigus, à la fois tireurs de ficelles et marionnettes, ces personnages de l’ombre qui savent se faire plus craindre qu’aimer ne manquent jamais dans les Cours des pouvoirs. Surtout dans notre très monarchique V ième République en passe de devenir impériale sir « l’absolutisme présidentiel », comme dit justement  Bayrou ne trouve pas ces « contre-pouvoirs » qui seuls mesurent le degré démocratique d’un régime.  

Une pincée du Michel Debré (et son entonnoir légendaire) du général. Une pointe  de …Focard (en moins discret) : Chargé (aussi) du « codéveloppement », il va tenter de rompre avec la Francafrique , mais pour quelle  Sarkofrique ? Un saupoudrage du Charasse mitterrandien : ou l’art de susciter sympathie et antipathie de conserve…Un petit coté de Pasqua : l’élève reste toutefois très loin du maître…

Ce dont il souffre le plus (tout en en tirant un peu de fierté sans doute), c’est de la comparaison avec Michel Poniatowski, qui fut ce que Hortefeux n’est (officiellement pas) ministre de l’Intérieur (sous et de Giscard).

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Très franchement, en fondant mes jugements sur des constats faits lors de rencontre au (et en marge du) Parlement européen, il n’y a pas photo. Sauf peut-être sur l’art de caresser l’extrême-droite et sur le plan de cette parano des « ennemis de l’intérieur » sans laquelle les « anges gardiens diaboliques  des  maîtres au pouvoir » ne peuvent pas  bien remplir leurs fonctions et jouer leur rôle.

« Poniat » avait une culture, un sens de l’Histoire et surtout un art de l’anticipation géopolitique, une vision des enjeux planétaires de demain,  que Brice n’a pas. Il avait aussi des talents (d’esprit, d’expression et d’écriture) que le « trop gavé »  (Nicolas dixit, après une bourde) n’a pas. Il est vrai que le  « parler cru » (« cash ? »)  sous Giscard n’avait rien à voir avec la subtile  vulgarité ambiante

On avait Bigeard et cette odeur (« messmerienne ») du « sable chaud » : c’était finement rétro. Nous avons Bigard : son succès suscite un mimétisme bien peu conciliable avec le réapprentissage des bonnes manières dans les écoles primaires. Mais comme écrivait feu Poniatowski : « L’avenir n’est écrit nulle part »…

Mais j’arrête, c’est l’heure ou sur les chaînes d’info continue les duettistes de Neuilly, de l’UMP, de l’Elysée et de « l’identité nationale » vont se faire une petite concurrence. Je plains ceux qui ne peuvent pas suivre leurs prestations… « Sarko » concurrencé par son « mécano » : il y a une faute de calendrier dans la cellule « communication » du pouvoir. Mais que fait Fillon ? « Une peu de méthode », SVP…

Daniel RIOT

 
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