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05/01/2009

STRASBOURG: QUELLE MAISON DE L'HISTOIRE DE L'EUROPE ?


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ELIE BARVAVI (Directeur scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles) au CAFE EUROPE de Relatio, le vendredi 16 janvier à 12H30 ( Zum Strissel à Strasbourg)


INVITATION

Lieu d'Europe, Maison de l'Histoire de l'Europe, Musée vivant de l'Europe, EURODOM ; Les projets ne manquent pas. Et le récent vote du bureau du Parlement européen sur la proposition Pöttering doit relancer bien des débats. A commencer celui sur le projet Eurodom ou « lieu d'Europe » lancé à Strasbourg par Alexis Lehman
Elie Barnavi, qui vient de publier « l'Europe frigide » et qui dirige le musée de l'Europe de Bruxelles fait part de son expérience. Et en tire quelques leçons.


08/09/2008

Union européenne-Ukraine: Une bonne étude de la Fondation Schuman sur relatio-europe


Une étude de Marc-Antoine Eyl-Mazzega

Chargé de mission à la Fondation Robert Schuman.

Près de quatre ans après la "Révolution orange", cette étude  vise à examiner l'état d'avancement de la transformation politique et économique de l'Ukraine, en dressant un bilan des politiques de l'Ukraine dans le domaine gazier et des développements qui ont eu lieu dans les relations avec la Russie.. Marc-Antoine Eyl-Mazzega analyse les défis stratégiques auxquels le pays doit faire face et sa capacité à les surmonter.

Alors que l'Union européenne et l'Ukraine s'apprêtent à conclure un nouvel accord de coopération, de nombreuses et lourdes incertitudes subsistent sur la stabilité de l'Ukraine, susceptibles d'affecter à la fois son avenir politique et économique, mais aussi la sécurité énergétique et la stabilité de l'Union européenne.Un dossier  à lire à la veille du sommet UE-Ukraine qui se tient demain, mardi 9septembre 2008

 

 


06/08/2008

Relatio-Europe relance l'idée d'un livret d'épargne européen





Un projet trop vite oublié qui reste une impérative nécessité pour l'Euroland, pour l'Union européenne et...pour les citoyens

L'Europe concrète ? Il est temps de la compléter, de la consolider et, dans certains secteurs essentiels, comme celui de l'énergie notamment, de la faire... Ce n'est cette Europe des réalisations que les citoyens rejettent.

Encore faudrait- il que l'esprit d'initiative, d'entreprise, de créativité et le simple bon sens ne soient pas étouffés par des réflexes d'une autre époque ...Un exemple précis : l'idée du Livret d'épargne européen. Une idée lancée dès 2002 par l'Académie européenne crée par Jean-Luc Schaffhauser  et relancée depuis avec de sérieux arguments de gens sérieux, Etienne Pflimlin, le Président de la fédération du Crédit Mutuel, en tête.

Victime de réflexes nationalistes et de visions à trop court terme, cette belle (et féconde) idée  devrait déjà être réalité depuis longtemps...

Malheureusement, ce type de réflexes « je freine, donc je suis », « j'empêche donc j'ai du pouvoir », « j'enterre des idées qui ne sont pas les miennes, donc j'existe » sévit  au plus haut niveau des Etats et des institution européennes. Là où il faut chercher des explications à cette panne (pas seulement institutionnelle) que connaît l'Union européenne.

Relatio-Europe relance ici cette idée qui s'inscrit dans la logique de l'euro et trouve dans le contexte financier et économique mondial  actuel de nouvelles raisons d'être.

A cette fin, il reprend ici des textes publiés en 2007 dans la revue « Sentinelle »,  ceux de Jean-Luc Schaffhauser (notre photo), d'Etienne Pflimlin, de Jean-Pierre Ménanteau et de Jean-Jacques Bonnaud.


22/06/2008

Sur relatio-europe.eu

Sarkozy en Israël : Le levier d'une influence européenne plus forte au Proche-Orient ? PDF Imprimer Email
Dimanche, 22 Juin 2008 13:01

Par Daniel RIOT

 

 

« Passionnel et passionnant »... A Jérusalem et à Paris, tout a été fait pour que le voyage qu'entame Sarkozy aujourd'hui en Israël, dans cette terre trois fois sainte donc disputée triplement,  soit une vraie fête des « retrouvailles » franco-israéliennes. Comme le voyage d'Etat qu'avait effectué Shimon Peres en mars dans cette « France qui est le pays qui a le plus aidé l'Etat d'Israël ». .

Rien n'a été négligé (pas même le programme privé de Carla) pour que cette visite soit un succès populaire, médiatique et politique. Sarkozy aura droit aux honneurs exclusivement réservés ces dernières décennies aux chefs d'Etat américains. Et les dirigeants israéliens disent « tout faire pour que Nicolas Sarkozy se sente chez lui ».

Tout a été préparé aussi pour que la France apparaisse, à travers Sarkozy, comme le pilier et le levier d'une influence recouvrée de l'Europe au Proche et au Moyen-Orient. Le contexte est favorable... sous réserve d'un « sans faute » présidentiel.

 
Strasbourg : « Dialogue Interculturel : utopies et situations » PDF Imprimer Email
Samedi, 21 Juin 2008 19:31

 


 

Conférence-débats des 25 et 26 juin 2008 au Palais du Rhin à  Strasbourg.LE PROGRAMME

 
Les imperfections démocratiques au coeur de la session de l'Assemblée du Conseil de l'Europe PDF Imprimer Email
Samedi, 21 Juin 2008 19:07

Strasbourg: Un débat d'urgence sur le fonctionnement des institutions démocratiques en Turquie, auquel a été invité le ministre des Affaires étrangères de ce pays, un débat de politique générale sur la situation en Chine ainsi qu'un débat spécial sur la situation de la démocratie en Europe, durant lequel des personnalités de la société civile interviendront, figurent parmi les points forts de la session d'été de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui se tiendra à Strasbourg du 23 au 27 juin 2008. Boris Tadić, Président de la Serbie, s'adressera également à l'Assemblée le jeudi 26 juin.
 
Le clin d'oeil de Christian Antonelli PDF Imprimer Email
Vendredi, 20 Juin 2008 23:04

Sarkozy et Gordon (comme leurs partenaires) glissent sur une peau de banane....

 

 

Jean-Claude Junker, le Luxembourgeois et les 27 , vont-ils  pouvoir ranimer la  Belle  Europa? 

 
L'Europe, bouc-émissaire : le retour ! PDF Imprimer Email
Samedi, 21 Juin 2008 23:46

par Daniel RIOT

Que s'est-il passé entre Barroso et Sarkozy ? Rien ne va plus, ou presque alors que les deux hommes avaient su tisser des liens personnels très forts et prometteurs. Avant même les présidentielles françaises, en janvier 2007, lors d'un déjeuner bruxellois ils avaient même conclu une sorte de pacte. Un accord consolidé lors d'un autre déjeuner bruxellois, juste après le "sacre" élyséen de Sarkozy.

 
L'Europe en danger ! Un appel de « sauvons l'Europe » PDF Imprimer Email
Samedi, 21 Juin 2008 18:28

La construction d'une Europe politique est à nouveau mise à mal par le résultat du référendum en Irlande. Les Français sont très mal placés pour faire la leçon aux Irlandais. Pourtant, il faut bien dire que le résultat de ce référendum a de graves conséquences pour l'Europe, en la replongeant dans une crise institutionnelle dont on se demande encore une fois comment elle va se sortir.

 
Union européenne:Rebondir avec des coopérations renforcées PDF Imprimer Email
Vendredi, 20 Juin 2008 02:22

par Jacques DELORS

LE NON IRLANDAIS est un sérieux avertissement. Pourquoi le contester ? Il est révélateur du malaise des opinions publiques bien au-delà de l'Irlande. La mondialisation et les mouvements migratoires inquiètent les citoyens. On peut résumer ainsi leur état d'esprit : tout fout le camp ! A qui la faute ? Dans la plupart des pays membres, ni le gouvernement ni le Parlement n'ont expliqué l'Europe. Ils se sont même défaussés sur elle. Ils ont fait de l'antipédagogie. D'où cette expression fantomatique d'un "Bruxelles" coupable de tous les maux. On dirait presque un film d'épouvante. Ce qui ne va pas ? La faute à Bruxelles, bien sûr.
 
Europe : Transformer des vices en vertus. PDF Imprimer Email
Vendredi, 20 Juin 2008 10:05

L'éditorial de Daniel RIOT

Il est urgent de ne rien décider...et de donner du temps au temps... La Présidence française du Conseil de l'Union va commencer avec de gros nuages dans le ciel estival : le traite de Lisbonne en rade, la question pétrolière gravement en suspend, les élargissements (à la Croatie notamment) peut-être gelés, les perspectives d'un embryon de diplomatie commune et d'une « gouvernance » plus efficace repoussées, l'atmosphère communautaire plombée au sommet...

Et le  « pire » est peut-être encore à venir : les Tchèques (qui présideront le Conseil de l'Union après la France) n'ont pas encore ratifié le projet de traite et les Polonais non plus...Et bien des gouvernements ne sont guère pressés d'appliquer ce traité de Lisbonne qui en fait n'a qu'un gros avantage par rapport à Nice : accroître les pouvoirs du parlement européen...

Qui plus est, le « tandem » franco-allemand, en dépit des efforts déployés ces dernières semaines,  reste miné par des divergences de fond sur nombre de sujets abordés ou ...occultés.

 
Sortir du cauchemar technocratique européen PDF Imprimer Email
Vendredi, 20 Juin 2008 16:18

Par Laurent Pfaadt

Il y a deux ans, Jeremy Rifkin, dans son ouvrage, le Rêve européen, estimait que l'Europe était devenue un modèle pour le monde entier, un lieu d'expériences sans égales promis à un avenir radieux qui susciterait l'admiration de tous les peuples. Depuis cette date et les refus français, néerlandais et irlandais, le rêve est devenu cauchemar, l'espoir s'est transformé en inquiétude. Pourquoi en est-on arrivé là ?

 

25/04/2008

Sarkozy à la télé: Pas de quoi surmonter la crise de défiance

LE COMMENTAIRE DE DANIEL RIOT 

8498d7594992730f426890540303db73.jpgLa crise ? Quelle crise ? Sarkozy a souligné ses dimensions différentes, en trouvant parfois quelques accents dignes de ses fonctions. Mais « En direct de l’Elysée » n’avait rien d’une « heure de vérité » pour reprendre la comparaison bien prétentieuse de Pujadas. « On » a bavardé pendant quatre-vingt minutes, devant micros et caméras, chacun jouant un rôle prédéfini. Sans être dupe des limites de l’exercice…

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14/03/2008

Union pour la Méditerranée: Oui à un projet Sarkozy...amendé

L’Editorial de Daniel RIOT pour RELATIO

5130771d1eab4a159fec2dae8fd529f9.jpgSarkozy a mis de l’eau dans son arak, Angela Merkel dans son raki, la commission dans son ouzo, les « nordistes » dans leur anis gras, et cela donne une très bonne anisette, cette boisson que l’on  trouve sous une forme ou sous une autre sur tout le pourtour méditerranéen. Et c’est bien. Car cela prouve qu’avec doigté et intelligence les 27 peuvent parvenir à des compromis qui ne sont pas forcément des plus petits communs dénominateurs.

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19/11/2007

KOSOVO : L’union européenne dans l’embarras

COMMENTAIRE RELATIO : Attendre et voir… Wait and See … Confrontée au risque d'un déchirement interne sur l'indépendance du Kosovo, l'Union européenne s'est réfugiée ce matin dans une position attentiste en attendant la fin des négociations entre Serbes et Kosovars. Des négociations qui entraînent bien peu d’optimisme : comment un déjà trop dialogue de sourds pourrait-il miraculeusement d’ici au 10 décembre se transformer en  discussions constructives ?

Les positions des deux parties semblent d’ailleurs plus éloignées encore les unes des autres depuis la victoire des indépendantistes kosovars aux élections de ce week-end. Cette victoire nette mais pas absolue  devrait entraîner rapidement la constitution d’un gouvernement de coalition (mais non de conciliation).

Consolation : les avis des observateurs européens concordent . Les élections se sont déroulées d’une façon démocratique très satisfaisante. Avec un bémol : l’abstention serbe, massive, a valeur d’opposition…et altère donc la légitimité de la consultation. DR

EN SAVOIR PLUS >>>>>>

22/10/2007

Europe: Les "nonistes" se rebiffent.

Le traité de Lisbonne : le coup de gueule de Chouard...

4a4bd5139e374ee7260675916f486856.gifPOLEMIQUE RELATIO par Daniel RIOT- Il repart en croisade, le grand vainqueur du Non au référendum sur la Constitution, l’homme qui, de son site internet, avait réussi à décortiquer le projet de « traité constitutionnel » avec des quelques arguments fondées, d’innombrables arguties et des raccourcis intellectuels d’une honnêteté plus que discutable…

Il repart en provoquant …les journalistes. Ceux qui défendent le traité de Lisbonne, dit-il dans Libé, « sont des subordonnés. Ils ne font pas leur boulot de journalistes ». Et les « bons journalistes »   devraient faire sonner l’heure de la révolte ! «Pour moi, c’est un viol. Un viol politique, c’est une cause de guerre civile. » (…) « Les visites sur mon site n’ont pas augmenté pour le moment. Mais je compte sur les journalistes pour être les sentinelles du peuple et l’alerter ». Ben voyons…

C’est terrible d’avoir eu ainsi son heure de gloire (en jouant les modestes) grâce à des journalistes qui ont fait monter la mayonnaise de la mauvaise foi servie par une logique juste avec des prémisses et des conclusions fausses,  et, au bout du compte, de retomber dans l’anonymat.

Pourtant, Libé fait bien sa « pub » et moi-même ici je fais indirectement sa promo, même si, en bon « subordonné » (à qui, grand dieu ?), je ne combats évidemment pas un traité qui sauve les meubles que ce professeur voulaient faire brûler dans une de ces passions de pyromane qui parfois font des ravages. Je  regrette que ce traité de Lisbonne soit la constitution en moins bien. Alors que je regrettais déjà, durant le référendum, que le projet de Constitution n’aille pas suffisamment loin dans l’organisation d’un vrai pouvoir politique européen….

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Notre inspirateur du refus, comme d’autres bons esprits d’attac et de Copernic dont on attend toujours le « plan B », n’a fait pour moi qu’une vraie faute intellectuelle. Il dénonçait le projet de Constitution au nom d’un « autre Europe ». En fait, comme tous les « alter-européens » (ou presque), il militait pour une Europe altérée, liquidée, rayée… Les vrais anti-européens déclarés étaient (et restent) moralement et intellectuellement plus estimables, du moins moins hypocrites…

Cela dit, ses critiques d’aujourd’hui sont plus fondées que celles qui ont fait sa fausse gloire et ses vrais succès d’hier…

Oui, le texte de Lisbonne est une reprise de la constitution rejetée.  « On a retiré trois détails sans importance : le drapeau, l’hymne, la référence à la monnaie, le mot Constitution, comme si le fait de retirer l’étiquette retirait le danger. Et puis on nous impose par voie parlementaire ce qu’on vient de refuser par référendum ». C’est vrai mais les symboles vivront et la démocratie n’est pas que directe. Elle n’est surtout pas synonyme de doxocratie. D’ailleurs, Sarkozy avait annoncé clairement la couleur avant son élection : c’est à ce moment là qu’il fallait lancer ce débat sur le référendum qui aujourd’hui est obsolète.

Oui, il y a institutionnalisation d’une certaines confusion des pouvoirs. Le fait notamment que les juges européens soient  nommés pour six ans par les gouvernements, et renouvelables est critiquable. Mais la construction européenne a une qualité irremplaçable : sa perfectibilité.

Oui, la partie III du projet de traité constitutionnel a été retirée mais elle reste en vigueur. Heureusement d’ailleurs… C’est tout l’acquis communautaire, donc toute la construction européenne qui aurait volé en éclats. Donc toute l’Union européenne qui aurait été assassinée !

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Mais, Etienne Chouard, dans son hostilité à l’article 104 de Maastricht, c’est-à-dire "l’interdiction pour les Etats  de créer la monnaie", confirme le sens de son engagement et de son travail de sape : il est foncièrement anti-européen. Au nom d’un « souverainisme » mal compris.

Son Non d’aujourd’hui est un NON clair à l’Europe, comme l’était le NON qu’il a tant favorisé durant la campagne référendaire. C’est son droit. Mais qu’il ne parle pas d’une « autre Europe » ! Là est la malhonnêteté intellectuelle. La tromperie. L’escroquerie. La manipulation du peuple.

Chaourd est pour une Europe morcelée. Comme  celle qui a existé durant des siècles. Celle des peuples contre les peuples. Ou des peuples soumis à la loi du plus fort, impérial ou totalitaire.Celle des tueries, des cimetières, des camps.Des lignes Maginot et des barbelés. Du Chemin des Dames et des jeunesses fauchées. Des murs, des bunkers, des barbelés.

 Quelle nostalgie vous habite, Monsieur Chouard? Napoléon, Staline, Hitler? Un mélange des trois, peut-être. Ou le Saint Empire, Charlemagne, César? Et quelle utopie vous travaille? Celle du village gaulois ou celle d'un totalitarisme continental? Le juridisme est un outil pour toutes les causes. Mais là, pardon, j'en conviens, je sombre dans des procès d'intentions. Ce n'est pas bien du tout. Mais j'ai vraiment du mal à comprendre. Trop "subordonné" à un QI trop faible peu-être...

L’Europe qu’il s’agit de construire, « pas à pas », par le traité de Lisbonne, comme par ceux qui l’ont précédé…et ceux qui suivront, c’est celle d’un continent « uni dans le respect de ses différences, de sa diversité ». Et dans le respect de ses peuples. Avec des adhésions librement consenties : les refus suisse et norvégien le confirment bien....

Les analyses de textes d’Etienne Chouard sont forcément faussées puisqu’il ne respecte en rien l’esprit qui les anime et ne  cherche qu’à détruire ce qui, heureusement, se construit.

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Cette Europe-là se construirait d’ailleurs plus et mieux et d’une façon plus démocratique sans les lourdeurs et les pesanteurs qu’imposent ceux qui, comme Chouard, font le jeu des nationalistes, des passéistes, des rétro-futuristes.

La pub que lui fait Libé et la promo que je lui offre ici permettent  au moins d’enlever quelques masques et quelques faux nez. Les vrais clivages, en France, comme ailleurs sont entre deux partis non constitués qui transcendent les clivages politiques : celui des frontières et celui des passe frontières. C’est ce que des « penseurs » du type Chouard ont réussi à faire oublier lors de ce referendum qui a affaibli et la France et l’Europe.

Daniel RIOT

19/10/2007

Union européenne : Les choses sérieuses peuvent (re)commencer !

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

« Sur le long chemin de l’unification de l’Europe, il faut toujours voir le verre à moitié plein même quand il est surtout à moitié vide », souriait Pierre Pflimlin en commentant un de ces compromis jamais complètement satisfaisants mais qui, « pas à pas », font tout de même avancer les choses. « L’Europe est une longue patience ».

C’est sous la Présidence de Pierre Pflimlin que le Parlement européen avait lancé, grâce aux réflexions du « Club Crocodile » de Spinelli,  l’idée d’une Constitution pour l’union européenne. Cette « Constitution » a été rejetée comme on le sait trop. Mais le « nouveau traité » adopté à Lisbonne sauve les meubles d’une maison inachevée et permet d’envisager  d’autres progrès.

Oui, c’est la fin d’une crise grave…Même si les ratifications peuvent encore poser quelques problèmes.

Oui, c’est une « belle victoire » de la France, puisque l’initiative en revient à Sarkozy qui a réussi l’exploit (il faut le reconnaître !) de surmonter le « NON » de Français par un tour de passe passe sémantique et (il faut aussi le reconnaître !) démocratique.

Oui, c’est une belle victoire de celles et ceux qui dans l’Union, (Angela Merkel, Jean-Claude Junker, Tony Blair (mais oui !), la présidence portugaise, Barosso en tête) ont su faire quelques petits miracles en sachant sacrifier l’accessoire sur l’autel de l’essentiel.

Mais la satisfaction d’aujourd’hui ne se mesure qu’à l’aulne de ce qu’aurait été la déception en cas de mission non  accomplie… Elle tient plus du soulagement que de la joie. Elle est surtout une occasion de donner du souffle à bien des exhortations. Car c’est maintenant que les choses sérieuses doivent commencer, ou recommencer. Ce Conseil de Lisbonne ne restera dans l’histoire comme une grande date que si les perspectives qu’il  a  dégagées sont bien exploitées.

N’insistons pas sur les points faibles de cet accord (ils pourront être surmontés) pour ne mettre  en relief que son principal avantage : le traité nouveau doit permettre d’éviter qu’une Union plus étroite, plus juste, plus utile, soit rendue impossible par des refus de quelques uns.

Cela signifie-t-il que nous allons vers une « Europe à la carte » ou « à plusieurs vitesses » ? Mais assez de mots piégés : L’Union est déjà à géométrie variable et à plusieurs vitesses. Et cela ne tue pas pour autant son caractère « communautaire ».

« Communautaire » : c’est sans aucun doute le mot qu’il faut remettre en mode si l’on veut que l’Union progresse.  Et, sur ce point, les responsables français ont bien des progrès à faire : dans l’application et l’amélioration de ce qui existe déjà et dans les propositions qui sont avancées (Union méditerranéenne, notamment).

Si l’unité européenne ne joue pas à plein ses effets de « levier d’Archimed », comme disait de Gaulle, si elle reste mal perçue par nombre de citoyens souvent insuffisamment informés (des sondages viennent de le confirmer), si elle ne donne pas à chacune de ses composantes plus de « valeur ajoutée », c’est parce que « l’intergouvernemental » l’emporte trop sur le « communautaire ». Et parce que la « dimension européenne » n’est pas suffisamment prise en compte dans des politiques nationales trop nombrilistes.

 Ce « nombrilisme » et ces vues basses n’ont pas permis de   donner corps à toutes les espérances de la « Stratégie de Lisbonne ». Que ce « nombrilisme » (cet « escargotisme », redirait Tomi Ungerer) ne gâche pas les espérances débloquées par le présent accord de Lisbonne.

Daniel RIOT

18/10/2007

Union européenne : L’heure du nouveau Traité ?

Comparatif entre le projet rejeté de Constitution et le mini-traité européen

542c41afc45a3d2fcb445c5c1dbe719f.jpgEn principe, le Conseil européen de Lisbonne doit approuver le texte du traité censé remplacer le  projet de Constitution européenne rejeté par les Français et les Néerlandais.

Un « minitraité », un « traité réformateur », un « traité simplifié », un « traité modificatif » ? L’embarras du vocabulaire révèle toutes les limites de ce texte qui n’a en faut qu’un mérité (s’il est ratifié), celui d’exister, de sortir l’Union d’une ornière institutionnelle grave et de laisser autoriser quelques espérances d’avancées (même par « avant-gardes »)

Ce texte amende, au lieu de les remplacer, les traités existants : celui sur l'Union européenne et celui de Rome, lequel sera rebaptisé « traité sur le fonctionnement de l'Union ». Voici, en rappel,  les grandes lignes.

A LIRE SUR RELATIO >>>>>>>>>>>

02/09/2007

Rentrée au Parlement européen à Strasbourg: A quand une vraie protection civile européenne?

Les députés européens débattent des catastrophes naturelles
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En Grèce, les pompiers luttent toujours contre les flammes.
Canicule dans le sud de l’Europe, inondations en Grande-Bretagne et maintenant feux de forêts dévastateurs en Grèce : l’été 2007 restera marqué par les catastrophes naturelles et les aléas climatiques. Comment mieux anticiper ces désastres ? Comment mieux coordonner les mesures pour y répondre efficacement ? Pour leur première plénière de la rentrée, les députés débattront d’un thème qui, peut-être plus que d’autres, nécessite la coopération et la solidarité de tous les pays européens.

64 personnes ont déjà trouvé la mort dans les incendies ravageurs qui touchent la Grèce ces derniers jours. A tel point que les autorités du pays hellénique ont appelé à la rescousse leurs partenaires européens, réunis au sein du Centre de suivi et d'information (MIC) - un mécanisme d’assistance à la protection civile géré par la Commission européenne, pour des interventions sur et en dehors du continent européen. De nombreux canadairs européens survolent actuellement les flammes grecques pour restreindre l’étendue des feux.
 
Lundi, les représentants de la Commission européenne seront donc dans l’hémicycle afin de répondre aux questions des députés. Ils expliqueront de quelle manière l’Union Européenne a réagi aux feux de forêts en Grèce, avant que les débats ne s’orientent sur la prévention des catastrophes naturelles de cette ampleur.

COMMENTAIRE RELATIO: Espérons que nous irons au-delà des discussions  de  ce samedi des ministres de l'environnement qui réinventent le fil à couper le beurre ou presque: "il faut lutter contre la sécheresse pourlutter contre  les feux de forets"... Comme il faut mieux gérer les forets, cette richesse européenne. Cela on l'apprend dans les écoles primaires... Désespérant! Et encore, sur la façon de faire, les ministres du nord de l'Europe ont marqué leursdésaccords avec ceux du Sud...

 

RELIRE SUR RELATIO, L'EDITORIAL DE DANIEL RIOT:

POUR UN EUROCORPS DES SAPEURS-POMPIERS....

 

Grèce: José Manuel Barroso promet de l'aide après un survol des zones dévastées par les incendies

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a survolé samedi à bord d'un hélicoptère les zones ravagées par les incendies dans le sud de la Grèce et a promis une aide en faveur des régions où 64 personnes ont péri et où quelque 190.000 hectares de végétation et de terres agricoles ont été détruits."Nous sommes avec vous et nous resterons avec vous...Nous ferons tout ce que nous pouvons pour soutenir la Grèce", a déclaré M. Barroso après avoir survolé durant deux heures la péninsule du Péloponnèse en compagnie du Premier ministre grec Costas Caramanlis."Le problème grec est un problème européen...Maintenant, nous devons reconstruire ce qui a été détruit".

Vendredi, l'Union européenne a déclaré que la Grèce recevrait probablement 200 millions d'euros d'aide d'urgence et pourrait obtenir 400 millions d'euros supplémentaires, après une évaluation officielle des dégâts par le gouvernement. Les dommages ont été estimés à plus d'1,2 milliard d'euros.

 

 

28/08/2007

Europe/Turquie : ET MAINTENANT ? Le nouveau ton de Sarkozy apprécié à Bruxelles et sur les rives du Bosphore

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

« Il s'agit d'un discours riche en idées nouvelles », dit l’un des porte-parole de la présidence portugaise de l'UE sans dire si Lisbonne allait suivre Sarkozy dans son idée de créer un Comite de Sages pour « réfléchir » aux structures, aux missions donc aux frontières de l’Union en 2020/30. Et de poser cette réflexion comme condition à la poursuite des négociations avec la Turquie.

La Présidence portugaise a un objectif majeur (le nouveau traité) et quelques priorités (dont le sommet euro-africain) qui rejoignent tout à fait les préoccupations françaises, mais elle ne veut pas que la question essentielle mais complexe des frontières ( à définir ou non) de l’Union rendre le chemin plus difficile. Elle a raison. Même si le souci de Sarkozy est plus que louable. Nous devons savoir vers quelle Union nous allons, où nous voulons et pouvons aller. Les Turcs aussi d'ailleurs devraient le savoir...

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« Une contribution importante », lâche le président Barroso (couvert d’éloges par Sarkozy) en faisant notamment allusion aux propos du Président français  sur la Turquie… D’autres responsables  de la Commission décortiquent avec une extrême attention le "discours aux Ambassadeurs" de Sarkozy.

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La plupart partagent les appréciations élogieuses faites par RELATIO. Que l’Union soit définie comme la « priorité des priorités » de la diplomatie française avec une telle vigueur est une excellente nouvelle. Que Sarkozy ait éprouvé le besoin de se défaire de l’image de « Cavalier seul » et de « Sarkopoléon » qu’il commençait sérieusement  à avoir dans les milieux communautaires est un signe rassurant. Qu’il tente de sortir de son isolement sur la « question turque » est encourageante : « Les cyniques sont des gens réalistes » ironise un haut-fonctionnaire…

Sur le fond, les avis sont partagés. Pour certains, Sarko a amorcé un vrai tournant qui peut débloquer bien des choses. Pour d’autres, la levée de ses réserves sur la poursuite des négociations avec Ankara dans le maintien de sa préférence pour une association étroite, complique encore la gestion du dossier.

Sur à sa position envers la Turquie, Sarkozy a deux grands atouts : les opinions publiques européennes qui partagent ses sentiments et les arguments des  militants européens qui, comme la Présidente du mouvement européen France, l'excellentente  Sylvie Goulard (Le grand turc et la République de Venise) , estiment qu’un élargissement à la Turquie bloquerait sérieusement tout espoir d’une union européenne politique.

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Atatürk

Mais Sarkozy a une série de handicaps très sérieux :

1) Le respect des paroles données et des engagements pris compte au niveau des Etats. A travers Chirac, c’est la France qui s’est engagée sur la voie des négociations d’adhésion de la Turquie qui, on l’oublie trop, est membre (le 13ième) du Conseil de l’Europe donc de la famille européenne depuis la 9 août 1949. S’en tenir à des notions géographiques et arbitraires. Seule la Thrace est d’Europe (géographiquement), mais comment oublier que le site de Troie est d’Asie mineure…Et que montre en mains, en respectant les limitations de vitesse, il ne faut qu'une minute pour traverser le Bosphore.

2) En termes économiques et géostratégiques, la France ne peut pas se couper de la Turquie (où les francophones et les francophiles sont nombreux). Sarkozy s’en est vite rendu compte. Dès mai, il   avait dépêché,  à Ankara, son conseiller diplomatique Jean-David Lévitte, afin de tenter de réparer une relation bilatérale franco-turque empoisonnée par la question de l'adhésion, par les violences verbales du « candidat Sarko » et par le vote en France d'une loi sur le génocide arménien (loi qui illustre trop, indépendamment de la tragédie arménienne, la confusion des genres entre politiques et historiens…). La Turquie avait  mis des restrictions au survol de son territoire par des avions militaires français en route pour l'Afghanistan,  elle avait tenu GDF à l'écart du projet de gazoduc Nabucco et elle faisait savoir que  les relations bi-latérales …se faisaient à deux.

3) Que faut-il entendre par « partenariat privilégié »? L’expression sonne bien, mais que recouvre-t-elle ? En l’état, rien. Rien d’autre que ce qui existe déjà… depuis 1963, pour caricaturer. L'union douanière en témoigne. La Turquie figure déjà dans la politique de voisinage de l'UE. Les coopérations euro-turques se développent dans tous les secteurs, y compris culturels. Et s’il est un pays où le dialogue Islam-Europe peut prendre tout son sens, c’est bien la Turquie (avec le Maroc). Quant à l’intégration de la Turquie dans l’union méditerranéenne (encore bien floue) proposée par Sarkozy, elle s’impose par simple bon sens…

4) L’ouverture faite lundi en faveur d’une reprise des négociations sur 30 des 35 chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie comporte une ambiguïté. Les Vingt-Sept avaient  décidé de ne pas ouvrir les huit chapitres  concernant l'Union douanière, puisque la Turquie ne reconnaît toujours pas Chypre. Ce qui est en soi un scandale:les négociations avec les héritiers d'Atatürk n'auraient jamais dû commencer sans un règlement de cette "affaire chypriote". 

Or, les cinq chapitres exclus par Sarkozy font abstraction de cette décision qui porte sur huit. Maladresse dans la préparation du discours ? Légèreté coupable de Sarkozy ? Manque de réflexion ? D’ailleurs quels sont ces cinq chapitres ? « Le Monde », citant des sources élyséennes, écrit que les  cinq sujets sur lesquels M. Sarkozy ne veut pas entendre parler de négociations sont l'agriculture, la politique régionale, la citoyenneté européenne, les institutions, et l'Union monétaire.

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« Il n'est pas approprié de parler du nombre de députés turcs au Parlement européen, ou du poids de la Turquie au Conseil, car ces questions présupposent une adhésion à l'Union », explique un diplomate. Cela se comprend. Cela rejoint d’ailleurs la position de la chancelière allemande, Angela Merkel, dont  les idées sur ce sujet ne sont pas celles de ses alliés sociaux-démocrates de la grande coalition, plus favorables à l'adhésion claire, complète et rapide. Et trop indulgents ou trop peu vigilants face aux manquements turcs à Chypre, à l’extrême fragilité de la démocratie turque, à l’ampleur du défi kurde…et aux risques d’un élargissement qui serait synonyme d’affaiblissement…

Dans ce contexte, le changement de ton de Sarkozy a un inconvénient : il ne clarifie en rien les objectifs, ce qui n’est pas fait pour alléger le poids asphyxiant des arrières pensées, coté Bosphore comme coté Seine.

Il a un avantage : il peut contribuer à dépassionner le débat. C’est important à un moment où la Turquie sort démocratiquement d’une crise chargée de périls à la gravité généralement sous- évaluée. Entre charia, loi martiale et chaos.

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>>>Il doit être clair que le succès de ces négociations doit dépendre de l’ampleur, de la profondeur, et de l’inscription dans la durée des réformes indispensables pour que la Turquie répondent aux critères de l’Union. (Ce dont ne veulent pas bien des milieux turcs, au nom de l’islam ou de l’islamisme).

>>>Il doit être clair également que tout élargissement à la Turquie doit être PRECEDE d’un renforcement POLITIQUE de l’Union. (Ce que ne souhaitent pas ceux qui, Britanniques en tête, misent sur la carte turque pour diluer au lieu de consolider)

>>>Il doit être clair enfin que les négociations euro-turques dépendront en partie des réactions et de l’Union et de la Turquie aux séismes géopolitiques qui n’ont pas fini de secouer l’ex- flanc sud-est de l’OTAN au balcon d’événements imprévisibles mais…annoncés au Moyen et au Proche-Orient, autour de la Mer Noire (devenue lac turc), dans le  Caucase... Zone sismique! 

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Autant dire que les réponses à cette « question turque » dépendront de  l’aboutissement de processus à plusieurs inconnues… Se prononcer pour ou contre l’adhésion de la Turquie à l’Union aujourd’hui, surtout en fonction de l’opinion publique d’aujourd’hui, tient soit de l’aveu de préjugés, soit d’un grand sens du jeu… Etalage d’arrières pensées ou pronostics.  

Sur un tel dossier, on ne décide pas en 2007 ce qui doit l’être en 2015 dans la meilleure des hypothèses. Et on ne prépare pas l’avenir les yeux fixés sur le seul rétroviseur… Le « Grand Turc » n’est plus ce qu’il était, mais la « République de Venise » non plus. Le « syndrome de Poitiers » nous a joué bien des tours, ne nous laissons pas enfermer par celui des « Sièges de Vienne »…

Daniel RIOT

.DOSSIER >>>>>>

SUR TOUTEL’EUROPE >>>>>

27/08/2007

La France en Europe: Sarko met le turbo... Bravo!

EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT:OUI. J’applaudis. Et j’invite à applaudir, si tant est que cette exhortation ne semble pas présomptueuse. Qui d’ailleurs, de bonne foi, pourrait ne pas applaudir au discours de Sarkozy devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France ?

On peut, bien sûr, contester ceci ou cela. Déplorer par exemple que la protection civile européenne et l’Europe de la Justice ne figurent pas dans les priorités définies pour l’Union. Bien sûr… Entre autres. Mais pour l’essentiel, dans le fond comme sur la forme, Sarkozy a tout fait (et bien fait) pour réunir une adhésion nationale, par-delà les clivages politiciens, à sa ligne diplomatique. Et, surtout,  pour atteindre ses objectifs au niveau européen.

Le dessein est clair. Les dessins restent à peaufiner en tenant compte des opinions des autres. Mais la voie tracée est bonne et la voix est forte. Y compris dans des clarifications fermes qui peuvent déplaire. Sur la Russie « qui joue d’une certaine brutalité de ses atouts ». Sur la Chine. Sur les nécessaires réformes pour que l’expression « ordre mondial » prenne (enfin) du sens (conseil de sécurité élargi, passage du G8 au G13, meilleur équilibre au sein du FMI). Sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Union.Sur l'intelligence recouvrée dans les relations franco-américaines.

Dans une optique européenne, trois faits essentiels à mettre en relief :

1)      L’affirmation nette que « l’Europe est la priorité absolue » de la diplomatie française. Pas seulement dans les discours mais dans les faits. Y compris à travers des initiatives extra-communautaire : l’Union méditerranéenne ne se fera ni contre ni sans l’Union. Le renforcement des liens (sur de nouvelles) avec l’Afrique se fera  dans le même esprit. Les relations franco-américaines, aussi.

2)      La volonté de travailler « collectif ». L’insistance mise à louer les institutions européennes (la commission Barroso notamment)  est à cet égard chargée de sens.  Accusé de trop jouer le  "cavalier seul", Sarkozy se veut le premier des équipiers. Sans arrogance (ce qui est important), mais avec franchise: on ne surmonte pas les divergences par des "non-dits". Pourvu que ses actes soient conformes à son discours! 

3)      Le sérieux de la préparation de la présidence française de l’UNION, avec trois priorités (immigration, énergie, environnement), un souci majeur (définir une « nouvelle stratégie européenne de sécurité » par une relance de l’Europe de la défense) et une réflexion de fond, par un Comité de Sages sur une question clef : « Quelle Europe pour quelles missions en 2020/2030 ».Une question qui  inclut bien sûr celle des frontières de l’Union, donc la « question turque »…qui doit comme il le souhaite être dépassionnée.

Si l’on ajoute à cela, l’accent mis à plusieurs reprises sur le primat des droits de l’homme, on voit bien que la diplomatie « active » de la France entre dans une ère nouvelle. De quoi, sur un plan franco-français, donner à Kouchner, Jouyet et Bockel de nouvelles raisons de se féliciter pour leur choix… Et de quoi, au  niveau européen, espérer un euro-dynamisme recouvré et salutaire. Comme dans les plus belles années Mitterrand-Delors… Si Sarkozy réussit à nouer avec Merkel les liens permanents et confiants que Allemands et Français savaient entretenir sous l’ère Mitterrand-Kohl. C'est possible. Il est même posible et souhaitable de faire mieux, sans que le moteur franco-allemand ne tourne que sur lui-même.

Sarko sur l'Europe met le turbo: Bravo!

Daniel RIOT

 

26/08/2007

La tragédie grecque et le « SOS d’Athènes » : Pour un « Eurocorps » des Sapeurs-Pompiers

Editorial RELATIO par Daniel RIOT: Les feux. Encore… Après la Croatie (les pierres de Dubrovnik léchées par des flammes d’enfer), voici la Grèce transformée en  fournaise. Avec des forêts, ces poumons de la planète, sacrifiées et des morts : près d'une soixantaine déjà et ce bilan, le plus catastrophique depuis des décennies, s’alourdit d’heure en heure, en raison de la centaine de foyers poussés par les vents vers des villages et des villes. Y compris vers le site d'Olympie,sauvé de peu des flammes lucifériennes.

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Athènes menacée par Vulcain qui se venge de sa laideur et de son cocufiage.  (Venus et Mars, déjà…). L’Olympe dans les brasiers toujours difficiles à maîtriser depuis l’audace insensée de Prométhée et son éternelle rivalité avec Lucifer. Voler le feu dans le char du Soleil pour le transmettre aux Hommes : vitale mais redoutable responsabilité.

«Nous livrons une lutte inégale sur beaucoup de fronts, dans des conditions particulièrement difficiles», a admis le Premier ministre grec Caramanlis, en décrétant l’état d’urgence, en accusant légitimement des mains criminelles encore à identifier, et en attendant  une aide européenne comme Prométhée au foie dévoré attendait Héraclès dans sa prison à ciel ouvert du Mont Caucase…

Les Européens arrivent, bien sûr. De plusieurs pays, notamment de ceux habitués aux feux de l'été. Généreux et compétents, les secours mais lents. Armés de bonnes intentions, les secouristes,  mais faibles de leur morcellement, de leur manque de coordination, de leurs défauts de structures d’alertes et d’interventions. Et de  cette lâche imprévoyance des responsables politiques européens, toutes tendances confondues, qui, sauf dans les moments d’émotion (gonflée par les rites cathodiques) suscités par des événements incontrôlés qui font de bonnes images à la télé…Le bon sens européen brûle-t-il ?

 

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Comment ne pas comprendre en ce dernier week-end d’août, que les raisins de Corinthe, soient aussi ceux de la colère ? Et que le Péloponnèse, théâtre d’une nouvelle guerre moderne, soit furieux de servir de décors à une superproduction d’un « Apocalypse Now » qui nous rappelle que la bêtise peut être terroriste et que l’imprévoyance peut être criminelle.

Bêtise terroriste: elle est, en l’occurrence, européenne. Créer pour la paix, l’Union ne s’est pas encore donnée les moyens d’assurer sa paix intérieure. Pas d’Europe de la sécurité civile, pas d’Europe de la protection civile, pas d’  « armée » européenne de la sûreté intérieure…

Imprévoyance criminelle: elle est aussi européenne. Pourtant, après chaque catastrophe, naturelle ou humaine, tout le monde jure « croix de bois croix de fer » que tout sera fait pour que la « solidarité européenne » s’affirme concrètement, sur le terrain, en tout en pour tout…Relire, revoir, réécouter tout ce qui a été dit après chaque inondation « catastrophique », chaque incendie « catastrophique », chaque accident « catastrophique », chaque attentat « catastrophique », chaque épidémie « catastrophique », chaque séisme « catastrophe », chaque naufrage « catastrophique », chaque « marée noire catastrophique »…

Oh ! Bien sûr, chaque ou presque, leçon est tirée, progrès est réalisé : meilleure coordination, meilleure harmonisation, meilleur échange d’informations, meilleure coopération…Cela rassure et donne bonne conscience…Certaines initiatives (dans le cadre de la coopération transfrontalière par notamment ou en matière de sécurité nucléaire) sont pertinentes et appréciables. Des « plan ceci » ou « plan cela » ont démontré leur utilité. Et des accords extra-européens (en Méditerranée, par exemple) valent d’être loués.

Mais qui ne connaît pas les limites de la seule coopération, de la seule concertation, de la seule addition de bonnes volontés et de la seule juxtaposition d’  « accords partiels »?

Contrairement à une idée trop répandue, ce n’est pas un réflexe souverainiste ou idéologique qui empêche la mise en place au niveau européen de structures nées de la seule nécessité aux niveaux locaux et nationaux :  c’est un réflexe de conservatismes et de corporatismes…

Cela a été vrai (et le reste) au niveau des universités (moins « européennes » qu’au Moyen-âge) et de la recherche : cela est flagrant au niveau des services de police, de justice et de  protection civile. Voilà des années que j’ai pu vérifier cette triste réalité : l’esprit de corps  empêche trop souvent de donner corps à l’esprit…

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Un « Eurocorps » des sapeurs-pompiers, des urgentistes, des secouristes ? Du simple bon sens…Un « service civil volontaire européen » ? Du simple bon sens… Il y a, certes,  quelques amorces, quelques  expériences, quelques embryons, quelques velléités…mais rien d’ample, de grand, de mobilisateur. Rien qui permette de donner toute son efficacité à la « dimension européenne ». A croire que bien des ONG ont des capacités d’innovation et d’organisation plus fortes que les OG…

Les projets, pourtant, n’ont pas manqué et ne nécessitent pas des travaux de préparation digne d’Hercule, des négociations sans fin qui transforment leurs acteurs en Minotaures prisonniers de Dédale, des ressources financières introuvables.

Michel Barnier, en juillet, a tenté de relancer l’idée (trop simple sans doute pour être prise au sérieux par les « bureaux » qui nous gouvernent) d’une force d’intervention rapide européenne en matière de protection et d’assistance civile.

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Mais où l’a-t-on entendu ? Pourtant, même sur un strict plan industriel, les fabricants européens de matériels de sécurité et de secours auraient intérêt à une harmonisation des normes en la matière. Les lances à incendie n’ont pas le même diamètre partout… Tout se modernise, sauf les... têtes de trop de responsables soucieux de leurs places et privilèges. "Mille ans d'histoire" pèsent...

Les sapeurs pompiers professionnels ou volontaires qu'il est politiquement incorrect de critiquer ou simplement de stimuler ont dans trop de pays de l'Union un souci des traditions qui les privent d'une partie de leurs forces d'innovation. Dieu sait pourtant (Sainte-Barbe avec lui) qu'ils comptent en leurs rangs nombre d'hommes (et de femmes) de qualité.

Mais le fait est là: ce sont eux qui devraient porter un projet de "corps européens des sapeurs-pompiers", or ce sont leurs cadres qui s'y oppposent le plus.

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Il se trouve que ces dossiers et ces projets m’intéressent depuis longtemps. En citoyen, en journaliste et en militant européen déclaré. Ces idées avaient été lancées avec Jean -Marie Caro dans le cadre de l'UEO dans les années 80… Mais les spécialistes de la défense, à quelques exceptions près, pensent « militaire », non « civil » : les uniformes des sapeur pompiers n’ont le prestige de ceux  des héros (ou des martyrs)  des champs de batailles…. Pour nos stratèges, les pompiers sont aux militaires ce que les gardes-champêtres sont aux policiers…

Ces idées, je l'avais relancées  en les développant,  dans un livre publié en l'an 2000 :  « URGENCES...112? Les pompiers! » (REP Editions). Mais les promesses politiques faites à l'époque d'une "déclaration de Strasbourg" qui constitue unvar plan d'action  n'ont jamais été suivies d'effet. Même le 112, annoncé comme le numéro européen de tous les SOS n’est pas pris au sérieux : celles et ceux qui y répondent n’ont pas les mêmes champs de compétences d’un pays à l’autre… Il est vrai que le marché intérieur si vanté est toujours privé de prises électriques identiques : c’est le plus vieux dossier non réglé de la vie « communautaire »… Il est des secteurs où  « subsidiarité » rime décidément  avec stupidité.

Elle est pourtant là, cette « Europe concrète » qu’on appelle si souvent d’une façon incantatoire et…abstraite ! Et elle n’a rien d’impossible à construire. L’Union vient, en pleine période de vacances, de démontrer, à propos de « l’eurotarif » des téléphones mobiles, qu’elle sait agir vite et bien pour le plus grand bénéfice des consommateurs-citoyens… Quand le dessein est clair, le dessin est facile

Je commentais sur RELATIO l’initiative de Michel Barnier en écrivant : « Allô Sarko? Lui qui joue les pompiers sur tous les fronts et qui aime tant l'action devrait bondir sur l'idée de son ministre. La protection civile, c'est sécuritaire et les pompiers, c'est bon pour la popularité, non? » Je persiste et signe. Je récidive, puisque le mot fait tilt en ce moment dans les sphères gouvernementales françaises, où la gouvernance par l’émotion va finir par défier la raison… 

Daniel RIOT

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05/08/2007

L’Europe vagabonde : Quelques fleurs de Malte

9ef81b9e06ba8b336bc5157abe3bb733.jpgDes vacances d’amour dans un coin de la planète que ces deux grands voyageurs n’avaient jamais fréquenté…Quête de virginité mémorielle, en quelque sorte. « Malte ? ». Pourquoi pas ?

Ni Annie, ni Nicolas n’avaient mis le pieds sur cette île qu’ils savaient à peine situer sur la carte. En route pour ce confetti de la Méditerranée, ce caillou entre Libye et Sicile qu’ils ne connaissaient que par le « faucon maltais », par Corto Maltese,  par les Chevaliers de l’Histoire, par l’Ordre, par une actualité pas toujours drôle : des « flots d’immigrés africains désespérés » qui échouent sur ses cotes, des soupçons de « paradis fiscal » pas très blanc, et un… bateau de Bolloré, un des amis de Sarkozy.

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Malte ? Ils ont vu. Ils sont revenus. Et ils en sont ravis. Une belle surprise, cette perle du sud ! « Ici, l’amour s’enracine dans cinq millénaires d’Histoire et s’épanouit jusqu’à l’infini ». Chanceux, les amoureux…

 

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24/07/2007

Infirmières bulgares: Une belle illustration de « l’esprit de famille » que peut (et doit) avoir l'Union européenne

664a78bf9d73aaa0f54eaf65ac10620b.jpgEDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT: Sarkozy a raison : il fallait résoudre cette affaire ; c’est fait. Et bien fait. Huit ans et demi de cauchemars, d’injustices, de supplices, d’ignominie. Et un « happy end » qui fait plaisir à voir.

L’heure n’est pas aux faux procès. Nombre de commentaires politiciens et mesquins sont même choquants. Et les spéculations faites sur les dessous de la « diplomatie familiale »de Sarkozy  illustrent surtout un conformisme et un conservatisme stériles. Le culte de l’anecdote, une forme de parisianisme très villageois d’une époque qu’on voudrait révolue…

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Comme dit Jean-Dominique Giuliani : « ne boudons pas notre plaisir ». D’autant plus qu’en la circonstance, la France et l’Europe ont travaillé « la main dans la main ». Voir l’Elysée et la présidence de la Commission se retrouver, avec Javier Solanna,  sur la même longueur d’ondes est plutôt encourageant.

La construction européenne est plus une affaire d’atmosphère constructive et de volontés additionnées et partagées que de formalisme protocolaire stérilisant. L’Union doit être une « famille » : c’était le but de Monnet et de Schuman. En l’occurrence, esprit de famille il y a eu. Les Bulgares sont les premiers a s’en féliciter. Puisse, cet esprit de famille se développer.

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En termes de la presse « people », Cécilia tient la vedette. Logique. Elle se contente de sourire, et refuse de commenter ou de raconter quoi que ce soit. C’est tout à son honneur.

Qu’elle ait associé la commissaire européenne, Bénita Ferrero-Walder à la phase finale de ces « négociations extrêmement difficiles » est plus que justice : cette Autrichienne (photo) qui a une excellente expérience diplomatique et affiche de belles qualités a beaucoup travaillé dans l’ombre, avec ses moyens,  pour obtenir   la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien (qui a obtenu la nationalité bulgare).

Il est sûr que, psychologiquement, Kadhafi est plus réceptif à des contacts d’Etat qu’à des relations avec une Commission. C’est l’une des faiblesses de cette Europe qui n’est pas politique. Mais cette faiblesse devient force quand les Etats membres jouent le jeu : c’est ce qui a été fait. Tant mieux.

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En revanche, Sarkozy (qui effectue un « voyage politique » aujourd’hui avec Kouchner à Tripoli) et Baroso commettent un « mensonge pieux » quand ils disent ne pas avoir payé un euro à la Libye.
 C’est formellement vrai : les affaires de « gros sous », de rançon, passent par la Fondation Kadhafi et le Fonds (très) spécial de Benghazi, non par l’Etat libyen. Mais personne n’est dupe : « le crime a payé », comme le souligne sur ce site Claude Moniquet.

A Tripoli, on ne se gêne pas pour clamer que « toutes les conditions mises ont été remplies ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Il a fallu payer « le prix du sang ». Estimation la plus crédible : 100 millions d’€ par enfant touché par le sida, sans compter le financement de travaux annexes mais lourds (orphelinat, routes, ...) et des aides diverses (éducation, culture, antiquité…) Qui paye ? Et qui paiera ?   

Mais cela ne se traduit pas qu’en espèces sonnantes et trébuchantes. Le prix le plus fort est politique, même si Sarkozy prend soin de ne pas lier ce qui va être conclu aux « conditions » posées par ce curieux Khadafi, chef terroriste devenu « fréquentable » :l’art de la diplomatie est d’abord le talent de se boucher le nez et de rendre sa mémoire très sélective… Il est vrai que ce prix politique est aussi un investissement.

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SELECTION DE LIENS DU NOUVELOBS.com

Les infirmières bulgares sont de retour à Sofia, où elles ont été graciées

Chronologie

Les réactions

Portraits Les infirmières, le médecin

Le communiqué de l'Elysée

Revue de presse

Attentat du DC-10 d'Uta Les familles appellent à la vigilance

Moscovici demande des comptes à Sarkozy

Heure par heure

Sarkozy accusé de troc nucléaire avec Kadhafi

Tripoli affirme que ses "conditions ont été satisfaites"

L'opacité règne sur le Fonds spécial Benghazi

Ecouter la conférence de presse de Nicolas Sarkozy

Portrait Mouammar Kadhafi

3 questions à... Me Emmanuel Altit : "Kadhafi est triplement gagnant"

3 questions à... Sylvie Vartan : "Une très grande journée de bonheur"

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Carte de la Libye

Biographie officielle de Nicolas Sarkozy

Le déplacement de Cécilia Sarkozy en Libye, sur le site de l'Elysée

Portrait de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

Ses rôle et pouvoirs

Une biographie de Mouammar Kadhafi

Dossier sur la Libye sur le site du Quai d'Orsay

CIG: DES ENJEUX MAJEURS

UN DOSSIER de Jean-Dominique GIULIANI

ad5aaeef1c0a50982c9716ee0ae6be0a.jpgVite fait, bien fait. Symbolique, formelle et protocolaire l'ouverture, ce lundi, de la CGI. Avec une conférence de prese où toutes les questions dérangeantes ont été soigneusement esquivées et où, logiquement, l'optimisme était de mise. Cette a été ouverte par la présidence portugaise en marge d'une réunion entre les ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles. Lors de la session inaugurale, le ministre portugais des affaires étrangères, Luis Amado, a présenté une version provisoire des modifications à apporter au traité.
La cérémonie a eu lieu en présence du président de la Commission José Manuel Barroso et de la vice-présidente de la Commission et commissaire chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication, Margot Wallström. 
La conférence devrait être conclue avant un sommet à Lisbonne, en octobre 2007, qui adoptera formellement le projet final. Le texte conclu sera ensuite soumis à la ratification des 27 membres de l'UE, un processus qui devrait être conclu à temps pour les élections européennes de juin 2009.

PLUS d'INFOS >>>>>>>>

RELIRE SUR RELATIO >>>>>>>>>

ECOUTER ET VOIR  LA CONFERENCE DE PRESSE DE LANCEMENT >>>>>

c385fc00b521e924afdd17a85fe32c2c.jpgDECRYPTAGE, ECLAIRAGE ET PERSPECTIVES: UN DOSSIER REMARQUABLE ETABLI PAR JEAN-e4d00ab3bb21b60e65dc520e4e5bc4a7.jpgDOMINIQUE GIULIANI, Président de la FONDATION ROBERT SCHUMAN.

A LIRE SUR LE SITE DE LA FONDATION >>>>

OU EN CLIQUANT  Sur ce fichierDOSSIER CIG GIULIANI.doc


 

14/07/2007

Union européenne : Une pingrerie budgétaire inquiétante

c8e74a1c080b8d37adf930f7cbaee1f5.jpgEditorial RELATIO par Daniel RIOT. Dans l’Union européenne, la bataille budgétaires s’annonce particulièrement chaude cette année : Le Parlement européen qui a un vrai pouvoir de blocage en cette matière de vraie tirer parti de la situation pour se faire entendre haut et fort. Car les gouvernements ne sont vraiment pas  bien inspirés dans leurs réflexes de pingrerie maladive et chronique. Picsou n'est pas un bon inspirateur pour l"Europe concrète des beaux projets....

Les ministres européens du Budget ont en effet opéré une coupe de 2,1 milliards sur le projet présenté par la Commission. Chiffré à 119,4 milliards, le budget ne représente que 0.95% du revenu national brut de l'Union. 0, 95% ! Un taux historiquement bas. Plus faible que ce qu’envisageait le Conseil européen dans le cadre des perspectives financières (déjà bien irresponsables) pour 2007-2013. Plus faible que les proositions (pourtant raisonnables) de la Commission. Bien trop faible pour que les réalisations de l’Union soient à la hauteur des espérances  suscitées par des  ambitions proclamées…

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D’ores et déjà, mais ce n’est pas définitif, deux projets de cette Europe « concrète » en sont entachés :

>>>  Galileo : rien n’est décidé, donc rien n’est lancé. Les 27 doivent examiner les propositions élaborées par la Commission lors de la réunion des ministres européens des Transports début octobre, quand le marathon budgétaire annuel sera bien entamé…

>>>> L'Institut européen de technologie, cher au président de la Commission José Manuel Barroso qui  doit être financé par le budget communautaire à hauteur de 308 millions sur 2007-2013 mais our lequel,rien n’a été décidé.

Mais il y a plus grave. Ce n’est pas avec les sommes débloquées (ou plutôt avec les soustractions additionnées) que la Commission disposera des moyens dont elle aurait besoin. Ce n’est surtout pas ave detels moyens que l’on pourra accomplir ce que tout le monde (ou presque) réclame : moins de disparités régionales, plus de stimulants pour la croissance et les programmes sur « l’égalité des chances », plus d’efforts dans les chantiers de l’avenir (recherche, éducation, culture, Europe de la justice,…), plus de moyens dans les politiques de voisinage, ect…

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Pour trop d’argentiers des pays membres « l’Europe » reste inscrite dans les  « dépenses et charges» et non dans les  « investissements à effets démultiplicateurs».

On n’a toujours pas tiré les leçons des cotés négatifs des derniers « élargissements », des échecs du « processus de Barcelone » ou des limites de la « Stratégie de Lisbonne » : en tout l’Union a pêché par ce vice terrible qui altère bien des vertus, celui qui consiste àne pas se donner les moyens de ses ambitions …Si « l’Europe » déçoit tant, c’est parce que les responsables de l’Union promettent toujours plus qu’ils ne font. Ce n’est pas là affaire d’institutions, mais d’état d’esprit.

Il est des bonds qualitatifs qui exigent de sauts qualitatifs : c’est ce qu’avait bien compris Jacques Delors à la tête de la Commission… C’est ce que personne ne comprend depuis la fin de « ‘ère Delors ». Et c’est grave.

Lors des campagnes pour les dernières « européennes » et sur le projet de Constitution pour l’Union, les seuls à avoir demandé un budget communautaire au moins égal à 3% du PIB étaient les… communistes. Su ce point, ils avaient raison. A 0,95%, nous en sommes vraiment loin.

Tant que les caisses communautaires ne seront pas plus alimentées (ce qui peut se faire par d’autres moyens que la seule augmentation des contributions nationales), il est malhonnête de présenter comme des objectifs des « grands projets » qui ne peuvent être que des plans  sur la comète…

Daniel RIOT

12/07/2007

« Bruxelles va payer » : la Commission mise à l’amende dans l’affaire Schneider-Legrand…

Un précédent qui devrait entraîner des réformes sérieuses

5bc5f0798218024f6d156ca71d44fee3.jpgDECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT. Une vieille affaire. Qui a traîné trop longtemps. Qui a trop montré les inconvénients de la politique de concurence  industrielle de l’Union. Qui a beaucoup contribué à tendre les relations entre Paris et Bruxelles. Qui a donné trop de grain à moudre aux adversaires de l’Union. Et qui est très emblématique des ambiguïtés, des finalités et des modalités de la politique de concurrence des services dits « régulateurs » de Bruxelles…

L’événement de ce jour est sans précédent : la justice européenne va contraindre la Commission de Bruxelles à dédommager Schneider, après son veto au mariage annoncé avec Legrand il y a cinq ans. Cette décision devrait faire jurisprudence. Ce précédent risque de faire des émules, en effet.

f889417a36c01a3ea4c4690215929c82.gifCette affaire n’est  que la première d'une série pour la Cour : le voyagiste britannique MyTravel réclame également un dédommagement à Bruxelles pour s’être opposé à sa fusion avec son concurrent First Choice. Là encore, l’affaire avait été invalidée par la justice européenne. Des dizaines d'autres procès en indemnisation sont actuellement en cours…

La Commission donneuse de leçons en reçoit. Histoire de l’arroseur arrosée, version communautaire… Cela, au bout du compte, peut coûter très cher…aux contribuables. Et à  la crédibilité des « oukases » de la direction de la concurrence qui (heureux hasard du calendrier) reçoit aujourd’hui  en visite le premier ministre français…

François Fillon vient, en effet,  s’entretenir avec Neelie Kroes, la commissaire chargée de la concurrence, afin d'apaiser les craintes de celle-ci dans un certain nombre d'autres dossiers sensibles entre Paris et Bruxelles, comme le rapprochement GDF-Suez, les tarifs réglementés de l'électricité, et la distribution du Livret A.

Tout cela à un moment où la France plaide pour réorienter le cours de la politique de concurrence :Au grand dam de Mme Kroes et de ses services, Nicolas Sarkozy a, on le sait,  obtenu lors du dernier conseil européen de voir biffer la mention d'une « concurrence libre et non faussée » des principaux objectifs de l'Union.

Pour lui, le contrôle des fusions, l'encadrement des aides d'Etat et la lutte contre les ententes ne sont qu'un "moyen" et non une finalité de la construction européenne. Très symbolique, cette concession faite au chef de l'Etat n'a pas été appréciée par Gordon Brown, le nouveau premier ministre britannique. Et certains juristes considèrent qu'elle va affaiblir le régulateur bruxellois face à la justice européenne.

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La cour de justice, à Luxembourg

Mais il est sûr qu’elle a un mérite : un débat est nécessaire pour clarifier la philosophie d’action et les méthodes de la Commission qui pêche souvent par manque de…libéralisme dans l’application d’une politique jugée trop…libérale. Paradoxes et contradictions. Que cette « affaire Schneider » met bien en relief avec une triple dimension :

>>> Lutter contre les monopoles, oui. Empêcher la création de grandes unités de production susceptibles de s’affirmer au niveau mondial, non. La construction européenne a été conçue pour stimuler le dynamisme économique du « vieux continent », non pour l’affaiblir.

« L’affaire Schneider » illustre ce qu’il ne faut surtout pas faire. Henri Lachmann qui dirigeait Schneider à l’époque avait raison…

Un rappel des faits : en 2001 lorsque Schneider rachète pour 5.4 milliards d’euros le groupe Legrand, spécialisé dans l’appareillage électrique de basse tension. Mais le 10 octobre de la même année à Bruxelles, les services de la concurrence bloquent l’opération, alors que le rapprochement était déjà mis en place. Cette décision inique de Mario Monti contraint Schneider à dénouer les liens déjà tissés entre les groupes et à revendre un an plus tard Legrand aux fonds d’investissement Wendel et Kohlberg, pour 3.6 milliards d’euros. 

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La Commission: Le Berlaymont

Le nouvel ensemble aurait pu donner naissance au leader mondial dans son secteur…La législation antitrust  aux Etats-Unis est plus rigoureuse, mais elle est moins bureaucratique :elle n’empêche pas la création de « géants » mondiaux. Cela se saurait…Leçons (parmi d'autres):

>>> La « judiciarisation » galopante des activités économiques, financières et sociales posent de plus en plus de problèmes : trop de règlementations tue les règlements… Et un pouvoir trop grand des « services » de contrôles et des juges tue l’esprit de management, donc le dynamisme économique indispensable à la croissance et à l’emploi.

>>> Les procédures  sont trop longues. Les temps bureaucratique et judiciaire et le temps industriel sont trop en décalage. Le manager, surtout en cette ère de la dictature de l’instant, a  des impératifs peu conciliables avec les lourdes lenteurs des mécanisme de régulation, de contrôle et de poursuites…

Plus que jamais, « le temps, c’est de l’argent ».L’Union européenne est un facteur de croissance, non un  frein au dynamisme. Les gendarmes bruxellois par leurs excès sont les premiers responsables des campagnes menées contre les « technocrates de Bruxelles », même si celles-ci sont d’inspiration populiste, démagogique et archéo-nationaliste.

Une concurrence saine doit être effectivement « libre et non faussée »…Donc libérée de l’arbitraire bureaucratique, et non faussée par des règles mal appliquées parce que trop compliquées. Il ne faut pas  en tirer parti pour « fusiller Bruxelles », mais pour améliorer ce qui doit l’être. Répétons-le : le pari (gagnant) de Jean Monnet reposait sur les vertus de la perfectibilité. les bureaux brellois le sont...

Daniel RIOT

11/07/2007

Union européenne: Quand Luxembourg condamne Bruxelles à payer...

« Bruxelles va payer » : la Commission mise à l’amende dans l’affaire Schneider-Legrand…Un précédent qui devrait entraîner des réformes sérieuses

5bc5f0798218024f6d156ca71d44fee3.jpgDECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT. Une vieille affaire. Qui a traîné trop longtemps. Qui a trop montré les inconvénients de la politique de concurence  industrielle de l’Union. Qui a beaucoup contribué à tendre les relations entre Paris et Bruxelles. Qui a donné trop de grain à moudre aux adversaires de l’Union. Et qui est très emblématique des ambiguïtés, des finalités et des modalités de la politique de concurrence des services dits « régulateurs » de Bruxelles…

L’événement de ce jour est sans précédent : la justice européenne va contraindre la Commission de Bruxelles à dédommager Schneider, après son veto au mariage annoncé avec Legrand il y a cinq ans. Cette décision devrait faire jurisprudence. Ce précédent risque de faire des émules, en effet.

f889417a36c01a3ea4c4690215929c82.gifCette affaire n’est  que la première d'une série pour la Cour : le voyagiste britannique MyTravel réclame également un dédommagement à Bruxelles pour s’être opposé à sa fusion avec son concurrent First Choice. Là encore, l’affaire avait été invalidée par la justice européenne. Des dizaines d'autres procès en indemnisation sont actuellement en cours…

La Commission donneuse de leçons en reçoit. Histoire de l’arroseur arrosée, version communautaire… Cela, au bout du compte, peut coûter très cher…aux contribuables. Et à  la crédibilité des « oukases » de la direction de la concurrence qui (heureux hasard du calendrier) reçoit aujourd’hui  en visite le premier ministre français…

François Fillon vient, en effet,  s’entretenir avec Neelie Kroes, la commissaire chargée de la concurrence, afin d'apaiser les craintes de celle-ci dans un certain nombre d'autres dossiers sensibles entre Paris et Bruxelles, comme le rapprochement GDF-Suez, les tarifs réglementés de l'électricité, et la distribution du Livret A.

Tout cela à un moment où la France plaide pour réorienter le cours de la politique de concurrence :Au grand dam de Mme Kroes et de ses services, Nicolas Sarkozy a, on le sait,  obtenu lors du dernier conseil européen de voir biffer la mention d'une « concurrence libre et non faussée » des principaux objectifs de l'Union.

Pour lui, le contrôle des fusions, l'encadrement des aides d'Etat et la lutte contre les ententes ne sont qu'un "moyen" et non une finalité de la construction européenne. Très symbolique, cette concession faite au chef de l'Etat n'a pas été appréciée par Gordon Brown, le nouveau premier ministre britannique. Et certains juristes considèrent qu'elle va affaiblir le régulateur bruxellois face à la justice européenne.

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La cour de justice, à Luxembourg

Mais il est sûr qu’elle a un mérite : un débat est nécessaire pour clarifier la philosophie d’action et les méthodes de la Commission qui pêche souvent par manque de…libéralisme dans l’application d’une politique jugée trop…libérale. Paradoxes et contradictions. Que cette « affaire Schneider » met bien en relief avec une triple dimension :

>>> Lutter contre les monopoles, oui. Empêcher la création de grandes unités de production susceptibles de s’affirmer au niveau mondial, non. La construction européenne a été conçue pour stimuler le dynamisme économique du « vieux continent », non pour l’affaiblir.

« L’affaire Schneider » illustre ce qu’il ne faut surtout pas faire. Henri Lachmann qui dirigeait Schneider à l’époque avait raison…

Un rappel des faits : en 2001 lorsque Schneider rachète pour 5.4 milliards d’euros le groupe Legrand, spécialisé dans l’appareillage électrique de basse tension. Mais le 10 octobre de la même année à Bruxelles, les services de la concurrence bloquent l’opération, alors que le rapprochement était déjà mis en place. Cette décision inique de Mario Monti contraint Schneider à dénouer les liens déjà tissés entre les groupes et à revendre un an plus tard Legrand aux fonds d’investissement Wendel et Kohlberg, pour 3.6 milliards d’euros. 

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La Commission: Le Berlaymont

Le nouvel ensemble aurait pu donner naissance au leader mondial dans son secteur…La législation antitrust  aux Etats-Unis est plus rigoureuse, mais elle est moins bureaucratique :elle n’empêche pas la création de « géants » mondiaux. Cela se saurait…Leçons (parmi d'autres):

>>> La « judiciarisation » galopante des activités économiques, financières et sociales posent de plus en plus de problèmes : trop de règlementations tue les règlements… Et un pouvoir trop grand des « services » de contrôles et des juges tue l’esprit de management, donc le dynamisme économique indispensable à la croissance et à l’emploi.

>>> Les procédures  sont trop longues. Les temps bureaucratique et judiciaire et le temps industriel sont trop en décalage. Le manager, surtout en cette ère de la dictature de l’instant, a  des impératifs peu conciliables avec les lourdes lenteurs des mécanisme de régulation, de contrôle et de poursuites…

Plus que jamais, « le temps, c’est de l’argent ».L’Union européenne est un facteur de croissance, non un  frein au dynamisme. Les gendarmes bruxellois par leurs excès sont les premiers responsables des campagnes menées contre les « technocrates de Bruxelles », même si celles-ci sont d’inspiration populiste, démagogique et archéo-nationaliste.

Une concurrence saine doit être effectivement « libre et non faussée »…Donc libérée de l’arbitraire bureaucratique, et non faussée par des règles mal appliquées parce que trop compliquées. Il ne faut pas  en tirer parti pour « fusiller Bruxelles », mais pour améliorer ce qui doit l’être. Répétons-le : le pari (gagnant) de Jean Monnet reposait sur les vertus de la perfectibilité. les bureaux brellois le sont...

Daniel RIOT

08/07/2007

Sarkozy à Bruxelles : Oui à un sommet économique?

 Un combat pour le « Superman » du volontarisme.

Les arguments et les suggestions du Président français auraient plus de poids si la dette n’était pas un tel fardeau et si la fuite en avant n’était pas aussi incompréhensible…

2f3f9622811ba4475a707f42066b21dc.jpgDECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT : A l’Eurogroupe, on sait se tenir. Politique et politesse…Sarkozy sera donc bien accueilli. Avec tous les honneurs dus à son rang et avec cette mobilisation médiatique qu’il affectionne tant, lui qui souffre, selon Eric Marty (disciple de Roland Barthes et l’un des invités d’un déjeuner « intellos » de l’Elysée)   « d’une sorte de libido communicationnelle. ».

D’ailleurs, les ministres réunis autour de Junker, le Premier ministre luxembourgeois qui préside ce faux « mini-gouvernement » économique de la « zone euro », diront à quel point ils apprécient cette venue présidentielle. Une marque de révérence, de respect et une preuve d’activisme volontaire. Une première même. Avant lui, seul le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait lui-même présenté ses projets budgétaires devant l'Eurogroupe en 2005, mais il remplaçait son ministre de l'Economie, Giulio Tremonti, qui, à l'époque, avait  démissionné. Sarkozy sera là, et Christine Lagarde aussi.

« Que Sarkozy monte en première ligne dans une réunion de ce type, c’est plutôt encourageant, surtout quand on se souvient de son absentéisme honteux dans les réunions ministérielles quand il était le premier flic de France », sourit un habitué des réunions bruxelloises.  « On se  demandait s’il savait que l’Union européenne existait. Aujourd’hui, il montre qu’il faut compter avec lui, sinon sur lui. Son festival lors du dernier Conseil européen  a impressionné, même s’il se voit plus important qu’il n’est. « Sauveur de l’Europe », il n’y a que lui qui s’y voit… ». Junker (photo) se montre même enthousiaste dans l'attente de la réunion d'aujourd'hui:"J'applaudis".

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Mais, nous l’avons déjà écrit sur RELATIO, Sarkozy ne sera pas à la fête. On écoutera ses « je veux », mais on lui rappellera ce qu’il pourrait ou devrait…Ne serait-ce que pour respecter les engagements de la France, des engagements pris quand il était au gouvernement, donc au pouvoir. « Les arguments et les propositions de Sarkozy auraient plus de poids si les contentieux n’étaient pas aussi lourds et nombreux entre la France et l’Union », souligne un haut fonctionnaire européen (français et pas spécialement « de gauche »). C’est bien l’avis de tous les observateurs bien informés.Même la candidature de DSK pour le FMI risque d'en souffrir...  Mais cette candidature qui sucite tant de craintes au PS ne se jouera sans doute pas aujourd'hui. Tout au plus,Sarkozy pourra se rendre compte des candidats poussés ou non par les Polonais, les italiens et d'autres.  

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Aujourd’hui, dans son ITW fleuve  au Journal du Dimanche, le président français annonce qu'il proposera à l'Eurogroupe l'organisation d'un sommet européen à la rentrée sur la politique économique. « Je proposerai lundi qu'il y ait, à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique » Voilà qui est plutôt positif. Mais il a une façon de le dire qui fait sourire : « J'expliquerai à nos partenaires ce que nous allons faire pour retrouver de la croissance », dit-il. « Super-Sarko » prof d’économie, donneur de leçons sur la croissance ! Il a été locataire de Berçy, il est vrai. Et il n’y a pas marqué son passage que par la réception d’une star de la scientologie

DES MOTS A PRECISER

Qui plus, ses « je veux » et sa volonté de « ne respecter aucun tabou » se heurte à des confusions de vocabulaire. Le « protectionnisme », aujourd’hui, c’est quoi ? A Bruxelles, l’expression « ligne Maginot » revient à la mode quand on parle de la France et de son « adn colbertiste ».

Le retour à la « préférence communautaire », c’est quoi avec les accords de l’OMC ? Une « politique industrielle volontariste », c’est quoi  quand on voit les faiblesses (françaises d’abord) de l’Airbus ?

Le « patriotisme économique », c’est quoi concrètement quand LU, qui fait partie du patrimoine passe sous contrôle américain ?

La lutte contre les « délocalisations », c’est quoi quand les entreprises françaises …délocalisent à tour de bras ? En quoi, la construction européenne est-elle le « cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde », alors qu’elle seule, plus forte et plus soudée pourrait jouer un rôle régulateur. Pascal Lamy en sait quelque chose…

En quoi,  «  Bruxelles » fait-elle preuve  de « naïveté dans les négociations dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce » ?

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« Il nous faut rejeter la notion selon laquelle les seules politiques à mettre en oeuvre face à la mondialisation seraient de nous en retirer ou de nous cacher. Nous ne pouvons faire ni l'un, ni l'autre, et je crois que le nouveau gouvernement français le reconnaît. », lâche M Mandelson , le commissaire mis directement en cause qui  « voit mal » comment son expérience politique « a pu le rendre naïf »  et qui rappelle que le bloc européen est le premier exportateur mondial, « ce qui démontre, à quel point l'Union européenne profite de l'ouverture des marchés mondiaux ».

Que cache la suppression de l’expression « concurrence libre et non faussée » dans le nouveau traité ? Et que signifient les attaques contre la Banque centrale et contre « l’euro trop fort », alors que ce sont surtout les monnaies chinoises et japonaises qui ne sont pas au bon niveau et que le dollar subit les faiblesses intrinsèques de l’économie américaine ?

La Commission conteste  ces critiques de Paris : « le taux de change ne joue qu'un rôle limité dans les résultats des exportations des pays individuels », constate-t-elle en notant que la balance commerciale de la France s'est, elle, améliorée vis-à-vis des Etats-Unis mais détériorée vis-à-vis de l'Allemagne. « Il y a donc lieu de chercher ailleurs les causes des résultats décevants de certains membres de la zone euro en matière d'exportations ». Qu’en pense le professeur Sarkozy ?

UNE PILE DE CONTENTIEUX

Ces points de frictions s’ajoutent à d’autres contentieux qui s’accumulent. On ne chôme pas à la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne …

Non seulement, Sarkozy se heurte  à la Commission et à la plupart des autres Etats membres sur les négociations d'adhésion avec la Turquie, mais de difficiles négociations portent (entre autres)sur le monopole de la Française des jeux et du PMU dans le domaine des paris sportifs, qui fait l'objet d'une procédure de la Commission, ou de la pêche au thon et à l'anchois, dont l'interdiction suscite la colère des pêcheurs, les réserves sur la réforme vini-viticole,  ou des retards dans la transcription des directives dans le droit français (qui vaut quelques amendes à la France)…

Ce Président- professeur aura surtout des explications à donner sur une question très précises et essentielle :les gouffres des DEFICITS !

>>>Il devra expliquer pourquoi il a décidé de reporter à 2012 l'assainissement des finances publiques françaises afin, selon ses voeux, de créer un "choc fiscal" pour permettre à la France "d'aller chercher ce point de croissance supplémentaire".

Cette décision viole plusieurs engagements de la France. Elle foule aux pieds son programme de stabilité approuvé le 30 janvier par l'UE et qui prévoit une réduction importante du déficit dès 2007 afin de parvenir à un déficit proche de zéro et à un endettement inférieur à 60% du PIB en 2010.

Circonstance aggravante : Cette échéance 2010 avait en outre été solennellement réitérée en avril dernier par tous les ministres des Finances de la zone euro, qui s'étaient engagés à tirer parti de la forte croissance actuelle - 2,6% dans la zone euro cette année - pour accumuler des réserves en prévision du vieillissement de la population.

En plus elle est dangereuse pour la France elle-même. On ne peut  pas vivre en surendettement chronique et, surtout, on ne peut pas sans risques graves pratiquer à Paris une politique aux antipodes de ce qui est fait (avec succès) à Berlin

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A L'OPPOSE DE LA LIGNE ALLEMANDE 

Aucun économiste sérieux ne peut pas prendre à la légère les arguments avancés avec un courage mal récompensé par François Bayrou durant la campagne présidentielle et qui justifie son abstention lors du vote d’investiture du cabinet Fillon.

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, est déjà sorti de la réserve que lui impose l'axe franco-allemand. « S'il est confirmé que la France revient sur ses engagements  il y aurait un problème, non seulement du point de vue allemand mais aussi de celui de la Commission et d'autres Etats-membres ».Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a renchéri: l'objectif 2010 est « essentiel pour la cohésion de la zone euro », a-t-il martelé

Même politiquement, Sarkozy fait une entorse grave à son engagement d’appliquer son programme : sa promesse de réduire le déficit de 0,5% par an passe par pertes et profits (plus par pertes que par profits). Le gouvernement a déjà renoncé à ramener les déficits publics à 1,8% en 2008 après 2,5% en 2007, puisque l'on parle désormais d'une stabilisation l'an prochain (peut-être)

LA DETTE SE CREUSE ENCORE

>>> Son pari sur la reprise de la croissance (demain, il fera beau…) serait plus crédible  si, les mesures annoncées par le gouvernement français ne suscitaient pas autant de scepticisme dans les  milieux européens."Fuite en avant", dit-on à Bruxelles

Explications techniques sur un point, par exemple :Le seul coût du « paquet fiscal » qui sera soumis cet été au Parlement est évalué à 0,6% du PIB par la déduction fiscale des emprunts immobiliers (0,3 point de PIB), la suppression des droits de succession (0,1 point) et l'exonération des charges sociales pour les heures supplémentaires (0,2 point).

C’est d’autant plus inquiétant que la pente actuelle est mauvaise : La dette publique est repartie à la hausse au premier semestre pour atteindre environ 65% du PIB au lieu de 63,7% fin 2006, et son déficit en fait le cancre de la zone euro, surtout par rapport à l'Allemagne, qui devrait avoir un déficit de 0,6% cette année à comparer aux 2,5% français. La perspective d’une  plus-value de deux à cinq milliards d'euros dans les recettes fiscales pour 2007 pour compenserait un dérapage des dépenses sociales de l'ordre de quatre milliards d'euros n’est qu’une mince compensation

« Ce ne sont pas des réformes structurelles », estime un responsable de la Commission « Elle n’auront aucun impact sur la croissance ». Et elles mettent en péril la santé de l’euro. « Il est très important pour la monnaie unique de mener une politique budgétaire très exigeante », a déclaré le Premier ministre portugais José Socrates.

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POUR UN GOUVERNEMENT ECONOMIQUE

« Il faut être réaliste. Il est évident qu'il y a une différence entre une obligation juridique et une obligation politique », a expliqué le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos.

Pire pour Sarkozy et pour tous ceux qui pensent qu’il faut effectivement que l’Eurogroupe devienne une force politique réelle : le « cavalier seul »  français risque de compromettre pour longtemps les progrès (pourtant à faire)  vers une meilleure gouvernance économique de la zone euro pour faire contrepoids à la Banque centrale européenne (BCE). C’est pourtant l’un des "dadas" de Nicolas Sarkozy. Et c’est ce qui rend difficilement compréhensible ce que les diplomates spécialisés dans les affaires économiques et financières appellent, en privé, les « incohérences de l’Elysée»

Sarkozy adore l’adversité. Il sera servi. Mais dans ces domaines là, les exhortations ne servent pas à grand-chose. Seuls les chiffres et les faits comptent. La « culture du résultat » prônée doit s’appliquer (aussi) à l’Elysée uisque c'est làque tous les pouvoirs sont concentrés. Elle suppose de remplacer le « volontarisme », (ce « vélo en chambre », comme dit Bourlanges) par une vraie volonté. Mais il paraît que « Ce que Sarko veut, Sarko peut ». Alors…

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D'ailleurs, on apprécie à Bruxelles la présence de Christine Lagarde (photo) à Berçy ("ouverte et compétente, avec son capitalisme pragmatique"), on est très satisfait de retrouver l'excellent Michel  Barnier sur les dossiers agricoles et le choix de DSK est jugé, indépendamment de ses aspects politiciens un très bon choix. "Il a le"profil" incontestablement"... Mais des Français à la tête de l'OMC, de la Banque centrale européenne, à la BERD et au FMI, cela fait beaucoup, non? A voir...

Au moins, Sarkozy n’hésite pas à aller dans l’arène : c’est plutôt bien, même en tenant compte de sa « libido communicationnelle »…

Daniel RIOT

Union européenne: Aller de l'avant SANS les Anglais!

SELECTION RELATIO SUR LE BLOG DE VALERY GISCARD D'ESTAING. Dans une ITW à l'hebdomadaire Le Point, VGE reient sur   le " problème britannique"... Une question à résoudre en effet... Extraits:

medium_giscard_europe.jpgVGE: "Ce débat de fond (sur le projet de traité) a fait apparaître une réalité que j’avais déjà perçue depuis deux ou trois ans : un changement profond dans l’attitude des Britanniques vis à vis de l’Europe. Ils sont passés d’une traditionnelle interrogation sur l’intérêt de participer à l’intégration européenne à une conviction : il n’est pas utile pour la Grande-Bretagne de franchir de nouvelles étapes dans l'intégration européenne.

Cette évolution s’est faite dans l’opinion publique mais aussi dans les milieux économiques et financiers. Auparavant, il existait, bien sûr, un courant attaché au mode de vie britannique et à l’alliance avec les Etats-Unis. Mais il existait aussi un autre courant : ceux qui voyaient dans l’Europe une opportunité offerte pour leur pays. Ce deuxième courant s'est affaibli : la Grande-Bretagne a délibérément fait le choix de la globalisation.

A partir de cette option, l’intégration européenne apparaît désormais aux Britanniques comme un obstacle, un frein, une source de complications. On l’a bien vu lors de ce débat : les Britanniques disaient non à tout ce qui pouvait aller vers une intégration européenne, ou demandaient des clauses d’exception. Cette attitude ouvre une nouvelle période qui, à mes yeux, est intéressante et positive car elle conduit à une réflexion sur la nature de la participation britannique à la construction européenne.

Personne n’envisage au Royaume-Uni d’entrer dans la zone euro ou de rejoindre le système Schengen. Il y a, désormais, une spécificité britannique forte dans l’Union Européenne. Faut-il s’en alarmer ? Je ne le pense pas. C’est davantage une clarification qu’une inquiétude. Mais il faut trouver une compatibilité entre cette nouvelle posture britannique et le désir incontestable des autres Européens d’avancer sur la voie de l’intégration".

Le Point : Vous situez cette inflexion à une période récente - trois ou quatre ans - mais les Britanniques n’ont jamais été très Européens....

V.G.E. Quel était historiquement l'objectif de la diplomatie britannique ? C’était de faire en sorte que l’Europe ne s’organise pas trop efficacement, mais aussi d’être présent dans les institutions européennes pour veiller à ce que le système ne soit pas contraire aux intérêts de la Grande-Bretagne.

A certains moments les Britanniques ont pensé que l’édification de l’Europe était compatible avec leurs intérêts. Ce fut le cas des administrations conservatrices de Mc Millan et Heath. Ce fut aussi le cas du gouvernement travailliste de Tony Blair, du moins au début. Blair avait déclaré vouloir mettre son pays au coeur du système européen. Cette période est révolue.

Le Point : faut-il prévoir un statut particulier pour la Grande-Bretagne ?

V.G.E. Il faut imaginer avec elle quelque chose qui ne me paraît pas hors de portée. Intellectuellement, c’est assez facile, pratiquement c’est plus compliqué. La démarche pourrait être la suivante : dans tout ce qui est économie de marché et coopération intergouvernementale, les Britanniques ont leur place. Dans ce qui est intégration politique, ils peuvent, s'ils le désirent, se tenir en marge. La difficulté est institutionnelle. Comment, dans ces conditions, participent-ils au Parlement européen ? Comment votent-ils et sur quels sujets au Conseil ?

On peut très bien concevoir que, dans notre ensemble européen, il y ait un groupe très nombreux - pas seulement un noyau dur mais la quasi-unanimité - qui avance sur la voie de l’intégration. Et que, par ailleurs, l’un de ses membres préfère conserver un statut spécifique."

L'ITW dans son intégralité et ke forum sur l'euroblog de VGE>>>

29/06/2007

Union européenne: le Portugal prend la Présidence

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ebbeaa8399ab0a4026dcb6757c089053.pngLe 1er JUILLET, c'est la passage de témoin: L'Allemagne quitte la Présidence tournante du Conseil de l'Union européenne qui revient au Portugal. l'occasion de mieux connaitre et de mieux comprendre ce pays en pleine évolution qui fête ses 20 ans dans l'UNION européenne.3c3d2e9b80db90c7f577c32c6e1eaf02.gif

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23/06/2007

Union européenne: Opération sauvetage réussie par Merkel, Sarkozy et les maîtres de "l'Europe des chefs"

L'accord de Bruxelles: du pire évité, le meilleur se compose...

 « Un succès pour la France, un succès pour l’Europe », exulte Sarkozy, légitimement fier de ses débuts réussis dans ce  « concert européen »… « Une victoire pour l’Europe, sans vainqueur ni vaincu », sourit Angela Merckel qui a réussi, il faut l’applaudir, une véritable « mission impossible ». Chapeau, Angela ! Sa présidence de l’Union est l’une des meilleures que l’on ait connues depuis très longtemps. Diriger une « grande coalition » n’est vraiment pas un handicap…C’est même un excellente école pour présider un aréopage de frères ennemis « unis dans leurs rivalités »

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La Présidence allemande devait recoller les morceaux d’une Union écartelée entre les 18 pays ayant ratifié le projet de Constitution avortée, les deux pays du « non » (France et Pays-Bas) et les sept ayant suspendu la ratification. Elle a réussi. En sauvant la plupart des avancées institutionnelles du défunt traité: la double majorité pour faciliter la prise de décision à 27, la présidence stable du conseil européen, une plus grande coordination des diplomaties nationales,  l'extension du champ de la majorité qualifiée…

Ségolène Royal ridiculisée…et le PS injuste

>>>Non, Mme Royal, ce ne sont pas là des « mini-ambitions ». Ce sont en partie les dégâts d’une aile (blessée) de votre parti qu’il a fallu réparer. Et votre déclaration ânonnée sur le perron de l’Elysée ajoute à votre discrédit croissant…La réaction de vos "camarades " de parti n'est guère meilleure."Ce n'est pas un traité simplifié, c'est un petit traité", a déploré Hollande.Nous avons une Europe qui sort d'une crise mais qui n'est pas encore dans une dynamique (...). Pour tous les Européens, qu'ils aient voté 'oui' ou 'non', ce qui vient de se produire ne répond pas à leurs attentes". Avec quelles proposition, Sieur Hollande?  Moscovici est dans le vrai:ce n'est pas le meilleur accord possible, mais on ne pouvait guère faire mieux. C'est aussi l'avis de DSK:"Une bonne base de travail".

>>>Oui, François Bayrou qui avait été reçu (sans écho médiatique, allez savoir pourquoi…) par Sarkozy à l’Elysée et qui avait encouragé le Président à jouer les médiateurs entre la Pologne et les autres : votre appui au « traité simplifié » (qui n’est plus le « mini-traité » de la campagne) était justifié puisque le résultat n’est en rien « une mini-Europe », même si la procédure préconisée n’est pas démocratiquement idéale. Seul un referendum devrait effacer un referendum. Un vrai gaulliste le redirait. Il est vrai que Sarkozy considère les Présidentielles comme un plébiscite  sur tous les volets de son programme…

>>>Oui mais,  Valéry Giscard d’Estaing : il importait de ne pas lâcher sur l’essentiel des fruits de la Convention mais ces fruits auraient été moins  empoisonnés si votre autosuffisance et votre manque de clarté rédactionnelle (un comble pour un académicien !) n’avait pas favorisé un front du refus bien hétéroclite dans le « funeste referendum ». Les Non l’ont emporté par la faiblesse, par vous provoquée, des arguments en faveur d’un Oui enthousiaste. L’Histoire jugera. Et vos leçons d’Europe données sur votre euro-blog n’atténuent en rien votre responsabilité dans cette magnifique occasion manquée.

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Objectif octobre sous présidence portugaise

L’essentiel est donc fait : la Présidence allemande a pu fixer le calendrier du « sauvetage de la dernière chance». Une CIG (Conférence intergouvernementale) s'ouvrira le 23 juillet prochain, sous présidence portugaise,  pour se terminer avant la fin de l'année : »courant octobre », dit-on à Lisbonne. L'objectif ?  Une entrée en vigueur du nouveau traité en 2009. Les 27 devront d'ici là ratifier ce traité. « L’Europe est une longue patience », redirait Robert Schuman. Et une débauche d’énergie.

Au bout de la nuit, cet accord à 27 ! A l’arraché. Au « finish ». Avec beaucoup de sueur… et «  quelques doses de vaseline », comme dit un ministre luxembourgeois déçu comme les représentants de huit autres pays qui ont ratifié la Constitution mort-née des concessions faites. La CIG ne s’annonce pas comme une suite de réunions calmes et sereines : tout n’est pas encore entièrement bouclé et, comme dit un proverbe alsacien, le diable va encore se cacher dans nombre de détails.

Le scénario classique des psychodrames européens  

Mais toute l’histoire de la « construction européenne » n’est-elle pas  faite de ce genre d’épreuves.

>>>Dramatisation des enjeux et des divergences avant. Avec des commentateurs partagés entre scepticisme et pessimisme : l’Europe ne fait la Une que si la crise menace. Et comme dans toute négociation, la tension ambiante favorise les surenchères.

>>>Extrêmes tensions pendant. Prolongations dans la (mauvaise) tradition des « marathons.  Avec des entretiens bi- et multilatéraux, des marchandages et des compromis, des discussions en coulisses qui permettent de gommer les  surenchères publiques. Avec de belles exploitations tactiques des médias par fine distillation de bruits de couloirs. Avec ces mystères de cette démocratie « secrète » bien loin des exigences de transparence d’une démocratique « Europe des peuples ». « C’est l’Europe des chefs », souligne l’ami Jean Quatremer.

>>>Et soulagement final. Avec les traits tirés d’une aube pleine de promesses…Chacun repart dans sa capitale avec le sourire satisfait de la « mission accomplie »…même si mes sourires se ferment parfois avec le recul et de lucides analyses à froids.

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Super-Sarko dans ses oeuvres

Sarkozy a amusé le « concert européen » par son style (beau changement !) et il a provoqué l’ironie des journalistes non français par son art d’inciter la presse à mettre en relief ses mérites. « Le coq se fait paon et le cocorico se fait romance », ironise un confrère allemand. « Il a vraiment un besoin fou d’être aimé votre Bonaparte de salon »…

Soyons justes : Sarkozy s’est imposé par sa ténacité et ses talents de joueurs (d’échecs et de poker menteur). Il n’a rien ménagé pour jouer les Zorro entre les Polonais et les Allemands. Il a impressionné par son activisme débordant. Son coté sportif, fasciné par le « résultat », est un atout incontestable dans ces jeux diplomatiques qui relèvent en partie de l’esprit de compétition.  

Sur le fond, le mérite du succès proclamé de ce Conseil « de la dernière chance »  lui revient en partie, c’est évident. Mais une fois encore,  c’est Angela Merkel qui doit surtout être couverte de fleurs. Par son sens du dialogue, par son art de céder sur le secondaire et par son refus de céder sur l’essentiel Et Tony Blair, José-Luis Zapatero, Junker,  Barosso et Prodi doivent être associé à ce succès.

J’ai dit « succès ». Oui. Sur mon blog, j’avais même parié que succès il y aurait… D’où d’ailleurs mon silence radio sur cet événement avant son dénouement, y compris sur « Relatio », le blog de l’Europe en revue. Pourquoi se rendre journalistiquement complice d’une orchestration bien faite et calculée à des fins politiques mais bien inutile et dangereuse pour le but visé ?

La loi du tapage médiatique ne facile pas l’efficacité diplomatique… Jamais Schuman et Monnet n’auraient pu lancer la CECA, vraie naissance de l’Union, en privilégiant la communication.

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« Il faut toujours positiver » 

C’est un succès, non seulement parce que l’Union européenne semble pouvoir sortir d’une impasse institutionnelle qui ne fait le jeu que de ses adversaires et de ses concurrents, mais parce que psychologiquement un échec eût été catastrophique. 

« Il faut toujours positiver les avancées de l’Europe, même quand la modestie des résultats n’est pas à la hauteur des ambitions satisfaites. C’est cela l’Union, pas à pas… », m’a appris Pierre Pflimlin ! J’ai retenu la leçon : c’est ce qui permet de rester un « euroconstructif » même dans les moments les plus déprimants.

Alors, tant pis si  les politiques communes énumérées dans la Constitution, qui avaient été l'objet de nombreuses polémiques souvent mal nourries (n’est-ce pas Fabius ?) au moment du référendum, ne sont pas reprises : elles restent dans les anciens traités, qui demeurent. Le projet de nouveau texte ne fait qu'amender sans la mise à plat envisagée par Sarkozy : un temps pour chaque chose.

Tant pis, aussi, si en termes  de simplification, on aurait pu faire nettement mieux : le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker,  a raison de juger ce traité «  encore moins compréhensible » par les citoyens que la Constitution.

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La double majorité... en 2014

Comme prévu, l'essentiel des discussions a porté sur la nouvelle règle de la double majorité (55% des Etats-membres et 65% de la population de l'UE) pour les votes au Conseil des ministres. Après deux jours de résistance de la part des frères Kaczynski, (les jumeaux populistes et nationalistes, prisonniers d’un passé qui ne passe pas et d’un antigermanisme pathologique) qui estimaient qu'il avantageait trop l'Allemagne.

La Pologne, trop bien servie par le très nocif Traité de Nice (fils indigne de Chirac et de Jospin) a obtenu que celui-ci soit prolongé jusqu'en 2014.  « Nous n'avons avalé aucune pilule empoisonnée », s'est réjoui le président Lech Kaczynski. « Il n'était pas possible, moins de 20 ans après la chute du mur de Berlin, de laisser de côté le plus grand des pays d'Europe de l'Est' », a expliqué le président français qui est allé jusqu’à proposer de faire le voyage de Varsovie pour expliquer les enjeux devant la Diète polonaise…

On perd (encore) du temps, mais c’est dans une perspective historique qu’il faut se placer, non à l’échelle d’une vie. Que sera le monde en 2014 ?

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La « concurrence libre et non faussée »  

Tout le reste (ou presque) est de l’ordre du symbolique. A commencer par la « surprise du chef » que Sarkozy a sorti de son chapeau : la suppression de cette phrase sur « la concurrence libre et non faussée » qui dans le projet de Constitution avait fait bondir les « nonistes » dits de gauche à la suite d’une intoxication des esprits digne du « Da Vinci Code ».

Une concurrence « libre et non faussée », c’est la règle du marché commun depuis 1957. Heureusement : c’est tout de même plus sain qu’une absence de concurrence (comme dans les régimes collectivistes) ou qu’une concurrence faussée (comme dans l’hypercapitalisme où les plus gros peuvent manger les plus petits). C’est ce principe qui autorise la Commission à lutter contre les agrégats, les monopoles, les ententes illicites.

Que quelques « penseurs » de « l’altermondialisme » y aient vu un symbole de l’orientation « hyper libérale » de la construction européenne et que cette mayonnaise intellectuelle ait pu monter dans autant de têtes pleins faites par un mimétisme de masse aveuglant restent l’une des aberrations qui méritent d’être inscrite dans le livre des records de la bêtise cérébrale d’intelligences vives !  Passons.

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Sarkozy en a pris acte. En  riant intérieurement. Au nom de cette concession faite à la « gauche » il va, à terme, disposer d’un argument pour que la Commission s’oppose moins à la constitution de « géants nationaux » (ce que De Villepin nommait le « patriotisme économique »). Il en a déjà tiré parti pour  se donner une belle image de « libéral » qui (comme dirait, presque, Bayrou) « ne considère pas la concurrence comme une fin mais comme un moyen » pour développer «  la prospérité, la croissance, la stabilité ».

Mais sur le fond, cela n’enlève rien d’essentiel. Même Blair le reconnaît : Le respect de la concurrence est mentionné dans 13 autres passages du projet de traité, « donc la situation ne changera en aucune manière ». Du coté de Sarkozy, on affirme : « Cela n'affecte en rien les bases juridiques de la politique de concurrence ». Alors ? Bravo Sarko : l’art de faire du neuf qui ne change rien exige du talent.

Au passage, le Président français a obtenu aussi de mettre en relief la nécessité de la croissance dans le texte du nouveau traité qui évoque l’Institut de Francfort. C’est bien, mais cela ne change rien à la nature du mandat  de la Banque centrale européenne (BCE), qui n'est pas en négociation. Autant dire que cela aura le même effet que le mot croissance rajouté du bout des lèvres lors du lancement du  « pacte de stabilité ». Qui se souvient et rappelle que ce Pacte est « de stabilité et de croissance » ? Effet psychologique encore …

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Plus de « ministre » :un haut représentant

Autre formule de style : « Le ministre des affaires étrangères » prévu dans le texte de la Constitution caduque s’appellera « Haut représentant de l’UE»… Les Anglais (hostiles à toute idée de supranationalité dans ce secteur, donc à toute perspective de diplomatie commune) sont contents. Les Polonais et les Tchèques, aussi. Les autres se font une raison : les fonctions attribuées à ce haut personnage sont inchangées. Vice-Président de la commission, il présidera le Conseil des affaires étrangères et tentera de coordonner les positions internationales des pays membres… Il est sûr que de créer un « ministère » dans une entité qui n’a pas de gouvernement était un peu étrange…Un gadget rhétorique à la Giscard ! L’Europe politique reste à construire. On le savait.

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Oui à une Présidence de deux ans et demi

Sur de nombreux points, les 27 États membres étaient déjà d'accord avant le début du Conseil. Quelques exemples:

>>>Les États membres de l'Union européenne restent attachés au poste de président permanent du Conseil proposé dans le projet de Constitution. Celui-ci exercera ses fonctions pendant deux ans et demi. La présidence par rotation serait donc supprimée. C'est une nécessité, mais le sysytème avait le mérite d'"européeaniser" chaque pays à tour de rôle. Cela doit être compensé par une plus grande prise en compte de la dimension européenne dans les structures et les politiques nationales.

>>>Renforcement des compétences attribuées au Parlement européen: grâce au développement des champs politiques dans lesquels Parlement et Conseil des ministres prennent des décisions communes.C'est un impératif.

>>>Renforcement des compétences nationales: grâce au développement des droits d'information des parlements nationaux. Il était temps..

>>>Réduction du nombre des commissaires: à moyen terme, il sera ramené de 27 actuellement aux deux tiers du nombre des États membres.Ce n'est pas forcément bon... C'est le statut des Commissaires qu'il faut revoir.

>>>Jusqu'à présent, l'unanimité est toujours requise dans de nombreux domaines politiques pour les décisions prises par le Conseil des ministres. Il est prévu de remplacer ce système de vote par la majorité qualifiée, ce qui permettra de réduire le risque de blocage. C'est une impérative nécessité, une condition nécessaire pour progresser dans des secteurs qui exigent des progres, celui de l'Europe de la Justice, notamment.

D’autres points peuvent susciter des regrets : l’abandon des symboles (drapeau et hymne, notamment). Mais les deux étoiles d’or sur fond d’azur resteront ce qu’elles sont et l’hymne à la joie, aussi. Et l’union ne progressera qu’unie dans sa diversité. Il fallait donner quelques sucettes à Tony Blair, l’euro-ambigu, qui va céder son poste à Brown, un « euro-minimaliste »

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La Charte maintenue…sauf pour les Anglais

Les autres concessions faites aux Britanniques ne seront dommageables qu’aux citoyens du Royaume Uni.Celui-ci bénéficiera notamment d'une dérogation sur l'application sur son sol de la charte des droits fondamentaux, à laquelle le futur traité donnera une valeur contraignante dans les 26 autres Etats-membres. Les citoyens de Sa Gracieuse Majesté perdent une voie de recours. Tant pis…pour eux.

Au total, cette Union qui est déjà « à la carte », selon une formule de Louis Armand des années 60,  le sera un peu plus. Pas de menu unique à 27 ! Mais l’essentiel, selon l’expression bien connue, reprise à son compte par Sarkozy, c’est que « ceux qui veulent aller plus vite et plus loin ne soient ni ralentis, ni empêchés par les autres ». Et les reculs de ce traité institutionnel pourront être compensés par des « coopérations renforcées ». La vie continue. C’est un combat. L’Union « de plus en plus étroite » continue. C’est aussi un combat. Un beau combat.

Daniel RIOT

 
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