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29/07/2008

Sélection d'articles sur Relatio-Europe

Légitimité et légalité : La démocratie, le droit et la laïcité à l'épreuve en Turquie PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 09:34

L'éditorial de Daniel RIOT pour Relatio-Europe

Une Cour constitutionnelle peut-elle interdire un parti qui ayant démocratiquement gagné des élections assume logiquement et légitimement le pouvoir ? Une question intéressante. Pas seulement pour les juristes. Une question qui place la Turquie dans une situation difficile, cette semaine.

En droit, la Cour constitutionnelle turque est tout à fait dans son...droit.

L'état de Droit tel qu'il en Europe se caractérise par le primat du droit en tout, sur tout et pour tout, y compris contre une opinion ou un gouvernement qui ne respecterait pas la lettre et l'esprit des  constitutions en vigueur. Les instances nationales sont d'ailleurs complétées, dans l'espace démocratique paneuropéen, par des structures supranationales : la Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg en particulier.

 

 
Lord Russel-Johnson ou l'esprit vivant du Conseil de l'Europe PDF Imprimer Email
Lundi, 28 Juillet 2008 16:20

« La vie humaine a la même valeur partout... Nous avons besoin de plus de droits de l'Homme et non de moins », s'écriait l'ancien Président de l'Assemblée du  Conseil de l'Europe au lendemain du 11 septembre. dans une déclaration que nous reprenons  ici en guise d'hommage. Lord Russel-Jonston vient de mourir, à 76 ans,  après une vie consacrée à l'approfondissement des valeurs de "l'Europe De Strasbourg" 

Libéral ? Oui. Un vrai. Dans le seul sens acceptable : celui qui aime la Liberté et se bat pour les libertés. Démocrate ? Oui. Authentiquement. Lord Russell-Johnson qui fut Président  de l'Assemblée du Conseil de l'Europe où il a siégé 23 ans durant, appartenait à cette génération d'Européens qui savaient concilier utopie et réalisme.

Son idéal démocratique était animé par la volonté de donner du sens au mot « valeur » par le Droit. L'état de droit. D'un droit qui soit mis au service de la Justice, y compris sociale. D'un droit qui ne soit pas qu'un outil utilitaire pour un « vivre ensemble » plus chargé d'hypocrisie et de reniements que d'idéaux partagés et cultivés.

 
Youssef Chahine : L'esprit d'Alexandrie... PDF Imprimer Email
Lundi, 28 Juillet 2008 01:23

Par Juliette Prétière

« La pensée a des ailes.

Nul ne peut arrêter son envol ».

L'auteur du « DESTIN », Youssef Chahine, s'est éteint à 82 ans après un long coma, dans un hôpital du Caire.

Celui qu'on a surnommé le «phare d'Alexandrie», «l'enfant terrible du cinéma arabe», «l'apôtre de la tolérance», le « vieux lion », nous laisse une quarantaine de films qui sont autant de raisons de se battre et d'espérer pour que l'humanité triomphe de l'inhumanité. Et apporte un démenti au titre de sa dernière œuvre : « le Chaos » !
« Pour pouvoir dialoguer, il faut plus que tolérer, il faut aimer l'autre ! C'est-à-dire aimer sa différence »
 
Halte aux crimes de haine en Europe ! PDF Imprimer Email
Dimanche, 27 Juillet 2008 05:37

Par Thomas Hammarberg

Les crimes de haine font partie de la réalité quotidienne partout en Europe. De récents rapports fiables attestent que des personnes continuent de subir des violences au seul motif qu'elles sont noires, juives, gitanes ou musulmanes, ou à cause de leur orientation ou de leur identité sexuelles. Ils fournissent des exemples de gens agressés dans la rue, de vitres brisées ou de maisons incendiées. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de mettre un terme à ces agressions abjectes.

 
Le discours de Dakar, un an après... PDF Imprimer Email
Samedi, 26 Juillet 2008 20:39

Henri GUAINO REPREND LA POLEMIQUE. POURQUOI?

Par Daniel RIOT

Henri Guaino, la plume, l'écrivant public, bref le « nègre » préféré du  Président de la République française donne de la voix. Pour défendre et illustrer « son » discours de Dakar (que nous reprenons à la suite de cet article). Un discours dont il célèbre le premier anniversaire en publiant un « point de vue » dans Le Monde (que vous trouverez ci-dessous)

Ce « discours de Dakar » lu par Sarkozy avait visiblement été conçu et rédigé avec l'ambition d'en faire un chef d'œuvre de l'art oratoire diplomatique. Une référence incontournable et inoubliable. Comme celui de De Gaulle à Phnom Penh  ou de Mitterrand à Cancun. Mieux même : comme le texte annonciateur d'une ère vraiment nouvelle dans les relations entre l'Europe et l'Afrique. Comme un Texte fondateur. « Civilisationnel ».

Or, ce texte (effectivement courageux dans nombre de paragraphes)  a fait flop. Ou... bling-bling. Avec effets boomerang. Il n'a eu un retentissement que par les polémiques qu'il a engendrées. En France et ...en Afrique.

Question restée sans réponse après plusieurs lectures attentives du point de vue publié dans Le Monde daté de demain : Pourquoi, un an après Henri Guaino (qui doit tout de même crouler sous des travaux divers) revient-il ainsi sur ce qui, sur le fond comme dans la forme, ne méritait, en fait,  ni louanges excessive ni excès de réprobation ?

20/11/2007

TURQUIE: La démocratisation passe par les villes et les villages...

STRASBOURG- Le Congrès appelle à des réformes de la législation turque sur les municipalités

Dans le cadre de la session d'automne du Congrès, la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès a organisé un débat sur la démocratie locale en Turquie, notamment à la lumière de la situation des maires et des municipalités du sud-est de l'Anatolie. A LIRE SUR RELATIO >>>>>>>>>>

13/11/2007

Sarkozy à Strasbourg (suite): Un chant d’Europe, par Daniel RIOT

Il nous faut revenir sur le discours de Sarkozy devant le Parlement européen à Strasbourg. Non sur ce qui a été dit, mais sur ce qui en a été retenu (à chaud, il est vrai) dans les média…Je viens de survoler les premières dépêches et les premiers articles diffusés sur internet et sur les chaînes d’info continue. Une fois de plus, je suis surpris (ce qui montre que je garde fraîcheur donc candeur) par « l’escargotisme » franchouillard de trop de rédactions qui pensent que le monde se réduit à la ville de Paris…

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Qu’est-ce qui est mis le plus en relief ? Sa petite phrase qui ne constitue en rien en événement sur sa volonté de mener les réformes par lui annoncées « jusqu’au bout » : ««Ces réformes je les mènerais jusqu’au bout . Rien ne me détournera de mon objectif » … Comme s’il avait fait le déplacement au parlement européen pour parler des grèves (françaises) de demain…

Et sur l’Europe ? Deux points : le droit de critiquer de la Banque centrale (qu’il n’a pas citée) et son opposition réitérée (mais discrètement) à l’adhésion de la Turquie (une question non abordée dans l’allocution et  qui ne se pose pas en ce moment…).Où est « l’attaque en règle contre la banque centrale européenne », comme l’écrit Le Figaro (pour citer un journal “de la majorité”) ? «Nul ne peut se prévaloir de l’indépendance de son statut pour se dispenser d’avoir à rendre des comptes, à s’expliquer et à être contrôlé» ?… Le droit de critiquer, n’est pas un droit d’ingérence. Même à la Banque centrale européenne, on l’admet.

J’ai critiqué avec netteté et force Sarkozy sur d’autres thèmes et je reste politiquement dans une position très critique à l’égard de bien des aspects de la politique et du style de Sarkozy mais, en ce jour, je suis, avec réalisme, dans un éloge qui n’a rien de flatteur, que je trouve mérité (et méritoire) : l’événement dans ce discours, c’est la tonalité et la fermeté de l’engagement européen de la France. Dans le contexte français et européen actuel, cela mérite davantage qu’une allusion. Ne serait-ce que parce les murs de « l’anti-européisme » (« l’euroscepticisme » n’est qu’une litote hypocrite et fausse !) sont épais et haut en France et dans d’autres pays.

Des phrases telles que celle-ci valent d’être mises en mémoire : « «L’Europe ne peut pas être qu’une machine, une machine administrative, une machine à éditer des normes, une machine à procédures et à règles (…) Elle  est «une exigence morale, une exigence politique, une exigence spirituelle» (…) «L’Europe n’a une chance d’exister que si pour des millions de femmes et d’hommes, elle est vivante, elle parle à leur coeur, elle est l’espoir d’une vie et d’un monde meilleurs. L’Europe sera un grand idéal ou l’Europe ne sera plus».

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De même quelques phrases sur la défense européenne qui étaient déjà passées (presque inaperçues) dans son allocution devant le Congrès américain méritent attention et débats : « ”Comment l’Europe pourrait-elle être indépendante, comment pourrait-elle avoir une influence politique dans le monde, comment pourrait-elle être un facteur de paix et d’équilibre si elle n’était pas capable d’assurer elle-même sa défense ? (…) Que signifie pour chacun d’entre nous notre engagement européen si nous ne sommes pas capables de débattre de la construction d’une défense européenne et de la rénovation de l’Alliance atlantique ? »

Nicolas Sarkozy souhaite que la France se rapproche de l’OTAN, dont elle a quitté le commandement militaire intégré en 1966, A CONDITION que se mette parallèlement en place une politique européenne de défense. Voilà un langage nouveau et clair ! Une vraie « rupture »…

Bush n’a pas voulu y prêter attention, mais Bush est en fin de mandat… Et, rappelons-le, cette Europe de la Défense n’existe toujours pas parce qu’elle a été tuée dans l’œuf en …1954, par la France, en raison de l’alliance objective d’une droite encore imprégnée d’antigermanisme, de gaullistes qui n’avaient pas compris que les redressements français et européens allaient de conserve et de forces qui, selon la formule de Mollet, étaient « plus à Moscou qu’à gauche ».

Mais sans doute n’aies-je pas ce sens de la hiérarchie superficielle de l’information qui fausse tant la perception des événements en ne s’attachant qu’à « l’écume des choses »… Une écume qui change en fonction de l’air du temps, et des zappings… Sur son discours européen du 11 novembre déjà, la plupart des média n’avaient retenu que « la rupture du protocole »… Comme si l’essentiel n’était pas (déjà) ce chant d’Europe que trop d’oreilles parisiennes bouchées par la cire d’un archéo-nombrilisme désuet et ringard ne veulent pas entendre.

Daniel RIOT

SUR RELATIO: “BRAVO SARKO!” >>>>

SARKO ET LA TURQUIE >>>>>>

SARKOZY ET LE  SIEGE DU PE A STRASBOURG >>>>

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Sarkozy ferme sur le siège du PE à Strasbourg

Dans une réunion à huis clos avc des représentants des groupes politiques du parlment européen, M. Sarkozy a  réaffirmé, avec force, “qu’il serait intransigeant sur le maintien du siège du Parlement à Strasbourg”, en plus de celui de Bruxelles, en dépit des critiques récurrentes que suscite cette situation. c’est ce qu’ a rapporté  le co-président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit qui fait une idée fixe deuis des années en voulant créer une Université européenne dans les bâtiments strasbourgeois du PE En mai, le président français avait prévenu que le siège de Strasbourg n’était “pas négociable” car cela faisait “partie des équilibres fondateurs de l’Europe”.

La remise en cause du siège du Parlement européen à Strasbourg est réclamée par de nombreux députés qui voudraient en finir avec les  navettes mensuelles entre leurs bureaux à Bruxelles et la capitale alsacienne. Le traité européen, qui ne peut être modifié qu’à l’unanimité des Etats membres, fixe officiellement le siège du Parlement européen à Strasbourg mais prévoit deux lieux de travail, Strasbourg et Bruxelles.

COMMENTAIRE RELATIO: Juste un rappel: les réunions du PE à strasbourg sont prévues dans les Traités au nom d’une Europe polycentrique et d’une démocratie active fondée sur des valeurs. Nombre d’agences communautaires ont été installées dans d’autres villes européennes au nom de ce même principe.

Contrairement à ce que prétendent les VERTS (engagés là dans un mauvais combat) et les Britanniques (qui ne veulent pas d’une Europe des valeurs mais seulment des affaires), ce ne sont pas les navettes Bruxelles-Strasbourg qui pèsent beaucoup sur le bdget: ce sont les déplacements décentralisées (et nécessaires) des groupes, des commissions et des colloques en dehors des villes “sièges”.

 Ce sont aussi les doubles emplois entre le L’UNION  et le Conseil de l’Europe. L’anomalie, c’est que le secrétariat du PE soit encore à Luxembourg et non à Strasbourg.

Cette affaire là aurait pu être règlée depuis longtemps avec une volonté politique plus claire à Paris et un activisme plus développé et plus intelligent à Strasbourg. DR

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Sarkozy et la Turquie: “Les frontières de l’Europe ne se trouvent pas en Syrie”

Le président français Nicolas Sarkozy a réaffirmé à STRASBOURG son opposition à une adhésion de la Turquie à l’Union européenne qui repousserait les frontières de l’UE “en Syrie”, lors d’un débat à huis clos avec des parlementaires européens, a indiqué l’Elysée à l’AFP. “Le président a très clairement réaffirmé la position française. Il a dit que la Turquie était un pays de 100 millions d’habitants qui n’était pas en Europe mais en Asie mineure et qu’il ne voulait pas être celui qui allait expliquer aux écoliers français que les frontières de l’Europe se trouvaient en Syrie”, a-t-on ajouté de même source.

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Le chef de l’Etat français a tenu ses propos lors d’une réunion fermée au public avec les présidents des groupes politiques du Parlement européen à Strasbourg. Dans un discours tenu ensuite devant le Parlement européen, M. Sarkozy n’a pas évoqué ce sujet sensible.Lors de la réunion à huis clos avec les responsables de groupes parlementaires, “il a dit qu’il était hypocrite de promettre aux Turcs qu’ils peuvent rejoindre l’UE, qu’avec lui ils ne le pourront pas, et que pour lui la Turquie n’appartient pas à l’Europe”, a également rapporté le chef des socialistes Martin Schulz.”Mais quand je lui ai demandé s’il mettrait un arrêt des négociations avec la Turquie à l’agenda de l’Union pendant la prochaine présidence française (au deuxième semestre 2008), là il était un peu flou”, a-t-il déploré devant la presse

COMMENTAIRE RELATIO: Sarkozy  n’a fait là que réaffirmer ce qu’il a dit en plusiuers occasions. Y compris sur la poursuite des négociations. Mais la question (que le chef de l’Etat compte ne plus soumettre à referendum) n’est en fait pas d’actualité. Tout dépendra de deux évolutions: celle de l’Union et celle de la Turquie. Pour l’heure, il existe une chance de construire une Europe politique (avec ou sans les Anglais), mais les évolutions turques ne sont guère propices à une accélération des choses. En termes de Droits de l’Homme, Ankara, en l’état, ne satisafit pas aux exigences du Conseil de l’Europe dont la Tuqrquie est membre depuis longtemps. Sur le fond, l’image de la “frontière en Syrie” frappe les esprits, mais n’a aucune portée politique. DR

02/11/2007

UE: Les candidats à l'élargissement ne remplissent pas les conditions

DECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT 

RIEN NE PRESSE... VOUS AVIEZ DIT "ELARGISSEMENTS"? IL FAUT ENTENDRE "RALENTISSEMENT" : LES PERSPECTIVES S'ELOIGNENT!  Dans leur rapport annuel, qui sera adopté mardi prochain et qui vient de filtrer par des indiscréttions de presse (dans Le Monde, notamment), les experts bruxellois constatent que le rythme des réformes s'est ralenti aussi bien en Turquie que dans les Etats des Balkans qui aspirent à entrer dans l'Union. Ils rappellent que cette dernière est prête à les accueillir quand ils rempliront les conditions fixées, mais estiment qu'en l'état actuel de leur préparation, leur adhésion demeure une perspective "à moyen ou long terme". DES CONSTATS SANS SURPRISE POUR QUI SUIT LES TRAVAUX DU CONSEIL DE L'EUROPE ....
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Dans la plupart des pays, des progrès sont appréciables   sur le plan économique, mais il n'en va pas de même au niveau politique. Le rapport de la Commission s'inquiète en particulier de leurs insuffisances en ce qui concerne le respect de l'Etat de droit, les réformes de la justice et de l'administration, la lutte contre la corruption.

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28/08/2007

Europe/Turquie : ET MAINTENANT ? Le nouveau ton de Sarkozy apprécié à Bruxelles et sur les rives du Bosphore

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

« Il s'agit d'un discours riche en idées nouvelles », dit l’un des porte-parole de la présidence portugaise de l'UE sans dire si Lisbonne allait suivre Sarkozy dans son idée de créer un Comite de Sages pour « réfléchir » aux structures, aux missions donc aux frontières de l’Union en 2020/30. Et de poser cette réflexion comme condition à la poursuite des négociations avec la Turquie.

La Présidence portugaise a un objectif majeur (le nouveau traité) et quelques priorités (dont le sommet euro-africain) qui rejoignent tout à fait les préoccupations françaises, mais elle ne veut pas que la question essentielle mais complexe des frontières ( à définir ou non) de l’Union rendre le chemin plus difficile. Elle a raison. Même si le souci de Sarkozy est plus que louable. Nous devons savoir vers quelle Union nous allons, où nous voulons et pouvons aller. Les Turcs aussi d'ailleurs devraient le savoir...

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« Une contribution importante », lâche le président Barroso (couvert d’éloges par Sarkozy) en faisant notamment allusion aux propos du Président français  sur la Turquie… D’autres responsables  de la Commission décortiquent avec une extrême attention le "discours aux Ambassadeurs" de Sarkozy.

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La plupart partagent les appréciations élogieuses faites par RELATIO. Que l’Union soit définie comme la « priorité des priorités » de la diplomatie française avec une telle vigueur est une excellente nouvelle. Que Sarkozy ait éprouvé le besoin de se défaire de l’image de « Cavalier seul » et de « Sarkopoléon » qu’il commençait sérieusement  à avoir dans les milieux communautaires est un signe rassurant. Qu’il tente de sortir de son isolement sur la « question turque » est encourageante : « Les cyniques sont des gens réalistes » ironise un haut-fonctionnaire…

Sur le fond, les avis sont partagés. Pour certains, Sarko a amorcé un vrai tournant qui peut débloquer bien des choses. Pour d’autres, la levée de ses réserves sur la poursuite des négociations avec Ankara dans le maintien de sa préférence pour une association étroite, complique encore la gestion du dossier.

Sur à sa position envers la Turquie, Sarkozy a deux grands atouts : les opinions publiques européennes qui partagent ses sentiments et les arguments des  militants européens qui, comme la Présidente du mouvement européen France, l'excellentente  Sylvie Goulard (Le grand turc et la République de Venise) , estiment qu’un élargissement à la Turquie bloquerait sérieusement tout espoir d’une union européenne politique.

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Atatürk

Mais Sarkozy a une série de handicaps très sérieux :

1) Le respect des paroles données et des engagements pris compte au niveau des Etats. A travers Chirac, c’est la France qui s’est engagée sur la voie des négociations d’adhésion de la Turquie qui, on l’oublie trop, est membre (le 13ième) du Conseil de l’Europe donc de la famille européenne depuis la 9 août 1949. S’en tenir à des notions géographiques et arbitraires. Seule la Thrace est d’Europe (géographiquement), mais comment oublier que le site de Troie est d’Asie mineure…Et que montre en mains, en respectant les limitations de vitesse, il ne faut qu'une minute pour traverser le Bosphore.

2) En termes économiques et géostratégiques, la France ne peut pas se couper de la Turquie (où les francophones et les francophiles sont nombreux). Sarkozy s’en est vite rendu compte. Dès mai, il   avait dépêché,  à Ankara, son conseiller diplomatique Jean-David Lévitte, afin de tenter de réparer une relation bilatérale franco-turque empoisonnée par la question de l'adhésion, par les violences verbales du « candidat Sarko » et par le vote en France d'une loi sur le génocide arménien (loi qui illustre trop, indépendamment de la tragédie arménienne, la confusion des genres entre politiques et historiens…). La Turquie avait  mis des restrictions au survol de son territoire par des avions militaires français en route pour l'Afghanistan,  elle avait tenu GDF à l'écart du projet de gazoduc Nabucco et elle faisait savoir que  les relations bi-latérales …se faisaient à deux.

3) Que faut-il entendre par « partenariat privilégié »? L’expression sonne bien, mais que recouvre-t-elle ? En l’état, rien. Rien d’autre que ce qui existe déjà… depuis 1963, pour caricaturer. L'union douanière en témoigne. La Turquie figure déjà dans la politique de voisinage de l'UE. Les coopérations euro-turques se développent dans tous les secteurs, y compris culturels. Et s’il est un pays où le dialogue Islam-Europe peut prendre tout son sens, c’est bien la Turquie (avec le Maroc). Quant à l’intégration de la Turquie dans l’union méditerranéenne (encore bien floue) proposée par Sarkozy, elle s’impose par simple bon sens…

4) L’ouverture faite lundi en faveur d’une reprise des négociations sur 30 des 35 chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie comporte une ambiguïté. Les Vingt-Sept avaient  décidé de ne pas ouvrir les huit chapitres  concernant l'Union douanière, puisque la Turquie ne reconnaît toujours pas Chypre. Ce qui est en soi un scandale:les négociations avec les héritiers d'Atatürk n'auraient jamais dû commencer sans un règlement de cette "affaire chypriote". 

Or, les cinq chapitres exclus par Sarkozy font abstraction de cette décision qui porte sur huit. Maladresse dans la préparation du discours ? Légèreté coupable de Sarkozy ? Manque de réflexion ? D’ailleurs quels sont ces cinq chapitres ? « Le Monde », citant des sources élyséennes, écrit que les  cinq sujets sur lesquels M. Sarkozy ne veut pas entendre parler de négociations sont l'agriculture, la politique régionale, la citoyenneté européenne, les institutions, et l'Union monétaire.

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« Il n'est pas approprié de parler du nombre de députés turcs au Parlement européen, ou du poids de la Turquie au Conseil, car ces questions présupposent une adhésion à l'Union », explique un diplomate. Cela se comprend. Cela rejoint d’ailleurs la position de la chancelière allemande, Angela Merkel, dont  les idées sur ce sujet ne sont pas celles de ses alliés sociaux-démocrates de la grande coalition, plus favorables à l'adhésion claire, complète et rapide. Et trop indulgents ou trop peu vigilants face aux manquements turcs à Chypre, à l’extrême fragilité de la démocratie turque, à l’ampleur du défi kurde…et aux risques d’un élargissement qui serait synonyme d’affaiblissement…

Dans ce contexte, le changement de ton de Sarkozy a un inconvénient : il ne clarifie en rien les objectifs, ce qui n’est pas fait pour alléger le poids asphyxiant des arrières pensées, coté Bosphore comme coté Seine.

Il a un avantage : il peut contribuer à dépassionner le débat. C’est important à un moment où la Turquie sort démocratiquement d’une crise chargée de périls à la gravité généralement sous- évaluée. Entre charia, loi martiale et chaos.

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>>>Il doit être clair que le succès de ces négociations doit dépendre de l’ampleur, de la profondeur, et de l’inscription dans la durée des réformes indispensables pour que la Turquie répondent aux critères de l’Union. (Ce dont ne veulent pas bien des milieux turcs, au nom de l’islam ou de l’islamisme).

>>>Il doit être clair également que tout élargissement à la Turquie doit être PRECEDE d’un renforcement POLITIQUE de l’Union. (Ce que ne souhaitent pas ceux qui, Britanniques en tête, misent sur la carte turque pour diluer au lieu de consolider)

>>>Il doit être clair enfin que les négociations euro-turques dépendront en partie des réactions et de l’Union et de la Turquie aux séismes géopolitiques qui n’ont pas fini de secouer l’ex- flanc sud-est de l’OTAN au balcon d’événements imprévisibles mais…annoncés au Moyen et au Proche-Orient, autour de la Mer Noire (devenue lac turc), dans le  Caucase... Zone sismique! 

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Autant dire que les réponses à cette « question turque » dépendront de  l’aboutissement de processus à plusieurs inconnues… Se prononcer pour ou contre l’adhésion de la Turquie à l’Union aujourd’hui, surtout en fonction de l’opinion publique d’aujourd’hui, tient soit de l’aveu de préjugés, soit d’un grand sens du jeu… Etalage d’arrières pensées ou pronostics.  

Sur un tel dossier, on ne décide pas en 2007 ce qui doit l’être en 2015 dans la meilleure des hypothèses. Et on ne prépare pas l’avenir les yeux fixés sur le seul rétroviseur… Le « Grand Turc » n’est plus ce qu’il était, mais la « République de Venise » non plus. Le « syndrome de Poitiers » nous a joué bien des tours, ne nous laissons pas enfermer par celui des « Sièges de Vienne »…

Daniel RIOT

.DOSSIER >>>>>>

SUR TOUTEL’EUROPE >>>>>

08/07/2007

Union européenne: QUEL PROJET POUR QUELS INTERËTS?

Ecouter  en URGENCE les appels à la réflexion géopolitique de Michel FOUCHER: Pas de modèle sociétal préservé sans stratégie mondiale bien définie

 

 

5d660c32489dada1f580453a1db598a1.jpgSELECTION RELATIO SUR LE MONDE DIPLOMATIQUE Au-delà des objectifs économiques et sociaux, le projet européen a besoin d’être actualisé. A l’échelle continentale des cinquante premières années, il convient d’ajouter l’échelle planétaire où se déploient aussi des forces pesant sur la vie des Européens. Dans ce nouveau contexte, qui n’était pas celui de 1957, il devient indispensable, via des débats publics et des propositions formalisées, d’expliciter les « intérêts européens (1) ».

b79d341376def29eb9b0739abd1bb6c1.jpgLe terme n’apparaît que deux fois dans le document relatif à la stratégie européenne de sécurité présenté en décembre 2003 par M. Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, à propos de la « gouvernance » des pays du voisinage de l’Union. Il est absent du rapport annuel d’activité de la Commission, y compris dans le chapitre traitant de l’Europe comme partenaire mondial.

Cette discrétion, voire cette inhibition, est probablement liée au fait que la défense des intérêts stratégiques européens a été prise en charge, dès l’origine, par l’allié américain dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan).

Il est pourtant illusoire d’espérer préserver l’Etat social et le mode de vie européens (« Artleben », dit Mme Angela Merkel) sans que les Etats de l’Union élaborent, de manière autonome, leur propre vision du monde de façon à peser sur son évolution dans un sens civilisé et solidaire (2).

Dans un monde polycentrique, où l’existence de plusieurs puissances ne garantit pas leur coopération, et où l’Occident n’aura plus la capacité de dicter l’agenda international comme il l’a fait depuis la fin du XVIIIe siècle, l’intérêt européen est de favoriser les pratiques multilatérales, sur la base de sa propre expérience demi-séculaire de décisions concertées, qui fonde sa légitimité.

 

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01/07/2007

Union européenne: Les trois objectifs de la Présidence portugaise

Europe : Les paris ambitieux de José SOCRATES, un" Blair portugais " europhile, réaliste et "socialiste du Centre"...

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Tout commence, ce soir, en musique, à Porto : Concert pour un semestre qui s’annonce dur. Angela Merkel avait excellé dans son rôle d’  « agent spécial » pour missions (européennes) impossibles. Le premier ministre du Portugal  José Socrates devrait faire au moins aussi bien. De quoi confirmer ses qualités de dynamisme et de ténacité.

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Ce leader plutôt sympathique par sa liberté de ton et son sens du contact répète que pour lui « le socialisme s’épanouit au centre » (« le Blair portugais », dit-on, mais un Blair pro-européen…). Il aime préciser aussi  que les bons compromis ne sont pas des compromissions. C’est aux réalités qu’on juge une bonne politique. Sagesse portugaise : « Il y a beaucoup de façons de quitter le monde, mais seulement une d'y arriver ».

La présidence portugaise de l'Union s'est donné un programme organisé autour de "trois axes majeurs" : réforme des traités, modernisation des économies et des sociétés européennes, renforcement du rôle de l'Europe dans le monde.

Trois volets difficiles. A commencer bien sûr par l'adoption du nouveau traité institutionnel, dont la discussion commencera le 23 juillet, à Bruxelles, pour s'achever, si tout va bien, les 18 et 19 octobre à Lisbonne.

"Ce sera notre tâche prioritaire", confirme le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Manuel Lobo Antunes. Le Conseil européen a donné, selon lui, aux négociateurs un mandat "clair et précis" qui n'appelle plus, pour l'essentiel, qu'une mise en forme juridique. Celle-ci n'ira pas sans discussions. "Je ne me fais pas d'illusions à cet égard", a déclaré M. Socrates devant le Parlement portugais, en ajoutant : "Un mandat n'est pas un traité. Grâce à ce mandat, l'Europe a choisi le chemin qu'elle entend suivre. Mais il nous reste à le parcourir."

LES FRERES POLONAIS RALLUMENT LE FEU

M. Lobo Antunes reconnaît que la conférence intergouvernementale sera "un exercice politique", et pas seulement technique. Le ministre des affaires étrangères, Luis Amado, estime que des divergences d'interprétation sont possibles, qui devront conduire à des "clarifications", notamment avec les Polonais, qui proposent leur propre lecture du "compromis de Ioannina", base de l'accord sur la nouvelle pondération des voix.  Et qui viennent de menacer (encore) de mettre leur veto à un accord…qu’ils ont approuvé !

La querelle porte désormais sur le mécanisme permettant aux pays de repousser les décisions de l'UE s'ils ne parviennent pas à réunir la minorité de blocage. Varsovie assure que, dans un tel cas, la décision doit être reportée de deux ans. Les responsables de l'UE rétorquent que l'accord conclu à Bruxelles prévoit un report jusqu'au prochain sommet européen (donc dans les trois mois)

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« Naturellement, j'attends de l'ensemble des gouvernements un respect de ce qu'ils ont convenu unanimement il y a quelques jours", a prévenu Barroso qui retrouve en  José Socrates un compatriote mais aussi un adversaire politique avec lequel il est condamné à s’entendre : l’Europe est une « famille »… « J'étais présent au sommet et je sais ce qui a été convenu. Le mandat (de la CIG) est très clair et très précis sur ce qui doit être fait. Je suis certain qu'il s'agit simplement d'un malentendu », a dit le chef du gouvernement portugais. Des responsables allemands et britanniques ont également critiqué les nouvelles menaces polonaises.

Pour les observateurs les plus indulgents, la nouvelle tentative polonaise de réouverture des négociations ne va servir qu'à renforcer son image de partenaire imprévisible. «C'est une invitation à une nouvelle catastrophe. La Pologne va perdre toute crédibilité car c'est une chose de défendre ses intérêts, c'en est une autre de ne pas respecter sa parole », commente, selon l’afp,  Pawel Swieboda, du centre de réflexion DemosEuropa, basé à Varsovie.

Les frères polonais, champions toutes catégorie du national-populisme au pouvoir, devraient s’inspirer de ce bon proverbe portugais : « A qui sait comprendre, peu de mots suffisent ». Ils parlent trop ces Polonais. Et ils oublient que ce qui se dit à Varsovie est entendu ailleurs. Il y a des limites à la compréhension, même chez les meilleurs amis de la Pologne. « Une bonne parole éteint plus de feu qu'un baquet d'eau », dit un autre proverbe portugais.   

Mais il n’y a pas que les Polonais. Brown sera-t-il sur la même ligne (déjà bien lâche) de Blair ? Londres et la Commission rappellent que la concurrence  (surtout « libre et non faussée » que Sarkozy a fait  gommer)  n’était pas « un gros mot »…La Confédération européenne des syndicats, elle,  demande, à juste titre,  à M. Socrates des explications sur le statut précis de la Charte des droits fondamentaux, la place des services publics et le rôle des partenaires sociaux.

"NOUVEAU CYCLE" POUR LA STRATEGIE DE LISBONNE

a67ed97368636610cb10da2f48465ca8.jpgLes autres priorités affichées par la nouvelle présidence portent sur la relance de la "stratégie de Lisbonne", adoptée il y a sept ans dans la capitale portugaise, et sur les relations extérieures. M. Socrates annonce le lancement d'un "nouveau cycle" de l'agenda de Lisbonne, qui doit "donner à la dimension sociale l'importance et la visibilité qu'elle mérite", notamment par une meilleure coordination des politiques de l'emploi et par le développement de la "flexicurité".

On le sait : c’est le dossier des déficits français qui risque de poser des problèmes. Entre autres

Sur le plan international, le premier ministre insiste sur le premier sommet entre l'Union européenne (UE) et le Brésil, les conférences « euroméditerranéennes » et, surtout, le deuxième sommet entre l'UE et l'Afrique.

Sur ces dossiers là, Lisbonne pourra compter sur Paris. Le premier sommet UE-Afrique a eu lieu au Caire en 2000. Les sanctions européennes contre le Zimbabwe ont ensuite bloqué le processus. « Nous déplorons qu'il ait fallu attendre sept ans pour relancer un dialogue de haut niveau avec l'Afrique », souligne M. Lobo Antunes, qui y voit le signe d' « une certaine indifférence européenne »

.ENTRE LISBONNE ET PARIS : ANKARA

c42d9e71fc33c0c2f5301352b6aae19f.jpgAutre épine : La présidence portugaise entend aussi poursuivre les négociations d'adhésion avec la Turquie, malgré l'opposition de la France. « Les engagements doivent être honorés », affirme M. Lobo Antunes. M. Amado rappelle que son pays est favorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE et opposé à toute interruption de la "dynamique d'adhésion".

En réponse à M. Sarkozy, qui souhaite l'ouverture d'un débat sur les frontières de l'Europe, il estime inapproprié de se lancer dans une discussion sur un sujet qui divise tant que la question des institutions n'est pas réglée.  Là encore un proverbe portugais peut être d’une utile sagesse : « Nos malheurs entrent toujours par des portes que nous leur ouvrons »… Les portes du Bosphore ont été ouvertes voilà bien longtemps….

Voilà de quoi bien occuper la diplomatie portugaise dans les six mois qui viennent. Tout commence en musique. Mais c’est le concert de clôture qui  va importer le plus « Dieu écrit droit avec des lignes courbes », dit un proverbe portugais….

Daniel RIOT

6a5a942f9d050b182239703937b5f2f5.jpgPorto
 
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