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12/09/2008

La vraie victoire de Ben Laden...

SUR RELATIO-EUROPE

11 septembre : Ben Laden, les « fascislamistes » et les manichéismes encore vainqueurs, sept ans après
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L'éditorial Relatio-Europe par Daniel RIOT
« Le 11 septembre ? Ah ! Oui...La mort d'Allende. Tué par Pinochet, le bras armé des Etats-Unis ». A chacun ses commémorations. Chili 1973. C'est du vu et du su. On sait qui a voulu. Et qui a fait. Seuls ceux qui ont cru en un « socialisme à visage humain » en Amérique du Sud (ou ceux qui ont poussé un « ouf » de soulagement en nostalgiques de « Viva la muerte ») s'en souviennent. En rendent hommage, discrètement, au héros devenu martyr. Ou en regrettant que le monde ne soit pas peuplé de Pinochet (alors qu'il y en a encore trop, de toutes tailles et de toutes couleurs...)
« Le 11 septembre ? Ne m'en parlez pas...Quel choc ! » . États-Unis 2001. Du vu, du revu, de l'archi vu et du pas... su. On ne sait toujours pas qui a voulu. Et qui a fait faire. Même le vu n'est pas... cru. Et ce qui est su n'est pas toujours cru. Résultat : un grand trouble, des suspicions, des théories du complot, un déluge de désinformation. Même de mauvais comiques qui doivent leur succès à la médiatisation outrancière de la vulgarité populiste si à la mode en deviennent tragiques...
Sept ans après, les Américains les plus à l'écoute de la « vérité officielle » (qui est toujours officielle mais rarement véridique) doivent en convenir : L'opinion internationale n'est toujours pas convaincue que le réseau Al-Qaida de Ben Laden est responsable des attentats du 11 septembre 2001. C'est le signe d'une victoire durable de Ben Laden...
Europe : la récession avouée... .
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LA FACTURE D'UNE UNION EUROPÉENNE PEU DIGNE DES BUTS DE MONNET: UNE EUROPE DE L'EXCELLENCE
Par WILLIAM PETITJEAN

Ce n'est pas une information : voilà des mois que c'est annoncé et confirmé, en dépit de démentis et de discours rassurants qui tiennent plus de la méthode Coué que de l'observation des faits : Bruxelles reconnaît ce qui était connu : le ralentissement de l'économie européenne  est tel que la récession est au bout du chemin. Visible.Ce ralentissement est plus fort que prévu et la France n'évitera que d'un cheveu la récession qui devrait frapper les deux autres poids lourds de l'UE que sont l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Une récession, c'est une croissance...négative, donc une décroissance durant deux trimestres consécutifs. Au-delà des crises internationales:la facture d'une ère Barosso aux antipodes de "l'Europe de l'excellence" de Monnet (et de Delors)
"GOD BLESS AMERICA ! "...
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Par Francis Rosenstiel..

Voici sept ans que le mythe des invincibilités cycliques s'est effondré au pied du" world trade center", non loin de la statue de la liberté:intacte, tout comme l'Amérique elle-même, l'un des rares symboles forts de la démocratie dans le monde.
La laïcité, n'empêche pas d'invoquer aujourd'hui, plus encore qu'hier, la bénédiction divine pour ce grand pays frère, fils et libérateur d'Europe. La vie politique en Amérique comme chez nous va son chemin. Aux Etats-Unis début Novembre un nouveau Président sera élu après une impressionnante cascade de" dits," d'hypocrisies et de non-dits
.La fibre" americano-conservatrice", en dépit des escapades en tous genres, n'a pas fini de vibrer.En matière de patriotisme, il y a pas de vétérans!
Les électorats ont une tendance à préférer les réponses aux questionnements.Je ne pense pas que l'on puisse qualifier cela de conservatisme, ni d'aventurisme d'ailleurs.

Irlande : Le « deuxième vote » ou le tabou... incontournable
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Par Jacques DEHAIRE
« Revoter », un « deuxième vote »... Taboues, ces expressions en Irlande! Et pourtant ? Le gouvernement de Dublin ne peut pas se boucher les oreilles. Un « deuxième vote », tabou ou non, semble incontournable si l'on veut que l'Union sorte de l'impasse institutionnelle où elle est plongée...Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes, est pressé. Il le montre. Et qui pourrait lui donner tort à la place où il est et dans les fonctions qu'il occupe ? « Il faut que nous ayons un cadre de solutions sous présidence française » (avant la fin de l'année), dit -il . « J'estime, en mon nom personnel, qu'il n'y a pas d'autre solution qu'un deuxième vote des Irlandais, conformément à leur constitution. »
Edvige la violeuse va déferler sur l'Europe
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La polémique française et les projets d'un fichage de tous les Européens donnent  une importance plus grande encore à conférence internationale de Strasbourg (du  5 au 7 octobre) sur la protection de la vie privée dans un contexte liberticide

Par Daniel RIOT

Il a fallu tout de même du temps pour que la levée de boucliers déclenchée par Edvige et ses petites sœurs voyeuses et violeuses soit enfin prise au sérieux par le gouvernement. C'est un signe de ce temps : la sécurité (ou plutôt le sentiment de sécurité) passe avant le souci de liberté. Signe de régression sociétale. La notion de vie privée n'existait pas dans les temps anciens... Elle est liée à la modernité politique marquée par l'avènement d'États de droit où l'on a fait la distinction entre l'espace public et l'espace privé, entre l'État et la Société . Et de démocraties où l'on doit savoir, selon la formule de Soljenitsyne que « notre liberté se bâtit sur ce qu'autrui ignore de nos existence ». Mais la « tornade Edwige » (qui n'est pas une femme) sévit sur toute l'Europe. Il est temps d'avoir des débats de fonds, dans tous les pays et au niveau européen, qui permettent de redonner du sens aux valeurs gravées dans la Convention européenne des droits de l'Homme...

La Suisse sans défense
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La Suisse parle de son armée. Elle ne dit rien de sa défense. Quels dangers annonce l'avenir ? Quels moyens seront nécessaires ? Ferons-nous face en solitaires ou avec d'autres ? Là, c'est le silence-radio.Le semblant de réflexion se nourrit plus de mythologie que de géostratégie.

D'un côté, il y a ceux, les Verts et quelques autres, qui veulent tout bazarder. Comme si nous étions un îlot promis à une paix éternelle, l'épicentre des bons sentiments. Le hic, c'est que le monde n'est pas peuplé d'angelots.

De l'autre, du côté des conservateurs de tout poil, UDC en tête, on s'accroche à l'imagerie du passé. Avec des canons, des blindés, des avions et de braves soldats de milice prêts à courir dans nos campagnes. Le problème, c'est que nous ne sommes plus dans les années quarante.

L'UE et l'Ukraine : Fiançailles sans promesse de mariage.
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Par Daniel RIOT

Réalisme, pragmatisme, esprit d'ouverture... Avec l'Ukraine, l'Union européenne ne pouvait aller ni plus loin, ni moins loin en l'état actuel des choses dans l'espace paneuropéen et en Ukraine même. Des fiançailles sans promesse de mariage .

Les seigneurs des anneaux du CERN face aux mystères de l'Univers.
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La chasse au boson s'ouvre aujourd'hui : Dieu, rien ou ????

Entre physique et métaphysique. C'est le grand Jour au CERN. « Une quête du Graal », annonçait depuis longtemps le magazine suisse « L'Hebdo ». La recherche de la « particule de Dieu » disait le Prix Nobel Léon Lederman. « Le big-bang, et avant ? » s'interrogent les physiciens du monde entier...
Le Large Hadron Collider (LHC) de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève devrait recevoir son premier faisceau de protons, ouvrant ainsi la voie à l'une des plus passionnantes - mais aussi des plus incertaines (et des plus coûteuses) - aventures de la science moderne. Objectifs : plonger dans l'intimité de la matière pour mieux comprendre les forces qui gouvernent l'Univers. D'où venons-nous ? De quoi sommes-nous faits ? Une quête existentielle, entre physique et métaphysique. De l'en deçà à l'au-delà « Et si Dieu était une particule ? » titrait, en avril, « Courrier international »...

Reste à savoir si cette « chasse au boson » n'est pas que la « chasse au dahu » jolies colonies de vacances de jeunesse ? Dieu, rien ou des points d'interrogation en série ? Les esprits les plus inquiets craignent même que ce défi aux dieux soit le défi de trop...Icare ‘est brûler les ailes. Et Prométhée s'est fait dévorer le foie dans les monts du ...Caucase. Alors, « ici Genève, le CERN est cerné par de mauvais esprits. SOS Fin du monde »
Vieux vertige ! Bien avant les super accélérateurs de particules...
En attendant, les Américains envient...les Européens. Le Monde en a m^me fait son édito du jour : « L'hebdomadaire américain Newsweek vient de consacrer sa couverture à "la plus grande expérience jamais conduite". Son sous-titre - "Et elle est européenne" - parle de lui-même : quand les Européens s'associent, ils peuvent être des champions de la "big science" et en remontrer à tous leurs rivaux. »

09/09/2008

Et si l'on élargissait l'OTAN à la... RUSSIE

SUR RELATIO-EUROPE

Par Daniel RIOT
Questions étranges qui m'ont hanté durant toute cette journée passée à l'écoute des nouvelles de Sarkozy, missionnaire de la paix, à  Moscou et de Tbilissi : Qu'est-ce que l'OTAN ? A quoi çà sert?
Wikipédia répond simplement : « L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord - OTAN (NATO - North Atlantic Treaty Organisation en anglais) est une organisation politico-militaire créée à la suite de négociations entre les signataires du traité de Bruxelles (la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni), les États-Unis et le Canada ainsi que 5 autres pays d'Europe occidentale invités à participer (le Danemark, l'Italie, l'Islande, la Norvège et le Portugal), pour organiser la défense et la sécurité de l'Europe face à l'Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale. ».
Le siège de l'OTAN se trouve depuis 1966 à Bruxelles et son commandement militaire (SHAPE) à Mons (Belgique). Grâce à ses moyens logistiques, l'OTAN a su, durant la Guerre froide, « garder les Américains à l'intérieur, les Russes à l'extérieur et les Allemands sous tutelle. »[1] comme le souhaitait son secrétaire général d'alors, Hastings Lionel Ismay. Son rival côté soviétique fut le Pacte de Varsovie. »
Les Allemands ne sont plus à mettre « sous tutelle ». Le Pacte de Varsovie n'est plus. L'Union soviétique est morte. L'OTAN existe toujours. Agrandie, renforcée, avec des champs d'actions très élargis...
Alors ? L'OTAN en ce XXIème siècle ?

02/09/2008

RUSSIE-EUROPE:RENFORCER LE CONSEIL DE L'EUROPE


Editorial RELATIO-EUROPE de  Daniel RIOT

>>> La diplomatie n'est pas du body building

>>> Mieux distinguer l'Union de l'OTAN

>>> Comprendre les peurs et les aspirations russes

>>> Les frontières entre l'UE et la Russie ne doivent pas être des lignes de front

Soyons clairs . KOUCHNER a raison sur un point, au moins :  « l'Union européenne n'a jamais pesé autant dans le développement d'une crise internationale ». Un « événement historique » n'hésite pas à dire le politologue Dominique REYNIER.. Tant pis pour ceux qui pensent que l'Union est restée unie...par défaut, et seulement pas par intérêt « énergétique »...et par faiblesse

Sarkozy n'a pas tort de vouloir se dégager des réflexes de  confrontation hérités de la « guerre froide », des engrenages « sanctions-contre sanctions », de la rhétorique des rodomontades, des menaces, des dents montrées.. La construction européenne exige des muscles, des vrais. Elle n'en a pas assez d'ailleurs. Mais elle s'est faite contre les réflexes de « rouleurs de mécaniques », de « montreurs de biceps », de gonfleurs de pectoraux . La diplomatie n'est pas du body building.

01/09/2008

Europe-Russie: L'Union reste...unie

Sarkozy a rempli son contrat moral: Fermeté et ouverture


>>>>SARKOZY, BAROSSO ET SOLANNA REFERONT DES VOYAGES A MOSCOU ET TBILISSI

>>>> REPORT DES NÉGOCIATIONS JUSQU'AU RETRAIT DES TROUPES RUSSES DE GÉORGIE

 

 

DÉCRYPTAGE RELATIO-EUROPE PAR DANIEL RIOT

L'essentiel, c'était l'unité. Ou plutôt l'unanimité. Contrat rempli. La déclaration proposée par la France a été discutée : c'est logique. Mais les 27 l'ont approuvée. Les plus réalistes, comme les plus durs à l'égard de Moscou.

Le principal, c'était de marier fermeté dans la réaffirmation de quelques principes et esprit d'ouverture. Objectif atteint. L'UE va être "vigilante" dans ses relations avec la Russie et pourrait prendre des décisions "concernant l'avenir" de ces relations en fonction de l'évolution de la situation en Géorgie. Prochain test : la prochaine réunion UE-Russie du 14 novembre à Nice.

D'ici là, les négociations prévues (notamment le 15 septembre) sont  ajournées tant que « toutes les troupes russes n'ont pas évacué  la Géorgie ». Mais MM. Barroso et Sarkozy, accompagnés du diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, se rendront  le 8 septembre à Moscou et Tbilissi, pour tenter de progresser vers un règlement du conflit, et tenter notamment d'obtenir un retrait des troupes russes.


31/08/2008

Le Sommet de Bruxelles : L'Europe n'est ni faible ni impuissante

L'Europe face au défi russe sur RELATIO-EUROPE

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Editorial RELATIO-EUROPE de Daniel RIOT

« Impuissance ». Le mot est déjà lâché par nombre d'observateurs plus ou moins patentés alors que le Sommet exceptionnel des 27 ne s'ouvre que ce lundi ! Comme si, dans nombre d'esprits, « Europe » ‘et « impuissance' étaient devenus synonymes...Comme si «Europe impuissante » n'était qu'un pléonasme... Eh ! bien, Non ! En l'occurrence, il n'y a aucune impuissance européenne. Et si l'Union, malgré son inachèvement, son inexistence politique, ses contradictions internes n'existait pas, il faudrait l'inventer !

« Impuissante »... Pourquoi et en quoi,  l'Europe ?

>>>Parce qu'elle n'a pas réussi à empêcher Mikheïl Saakachvili de se lancer dans une « aventure suicidaire » ? Ce sont ses amis américains et sa propre mégalomanie qui lui ont fait croire, selon ses propres aveux, que la Russie dans le Caucase « bluffait »... Les Israéliens ont vu venir la gaffe : ils ont geler à temps leur coopération militaire. Les Américains ont vu la même chose, mais n'ont rien fait pour arrêter sa main.

>>>Parce qu'elle n'a pas réussi à empêcher le Kremlin de réagir d'une façon « disproportionnée » ? Sans l'Union et la prompte réaction de Sarkozy, peu critiquable dans cette affaire, les chars russes auraient été (et seraient encore) à Tbillissi. Saakachvili le dit lui-même... Sans les pressions de l'Union européenne, ce n'est pas seulement de risque de « guerre froide » dont il faudrait parler, mais de « guerre ». D'une guerre qui ne se serait pas cantonnée à la Géorgie..

Les "27" face à Moscou: Réalisme, fermeté, intelligence PDF Imprimer Email

L'UNION EUROPÉENNE FACE A LA GUERRE RUSSO-GÉORGIENNE

Une étude de Michel Foucher § Jean-Dominique Giuliani

La guerre russo-géorgienne dépasse le simple cadre régional du Caucase, déjà remodelé par ce conflit. Le recours à la force par un Etat, la Géorgie, qui se réclame des valeurs et du projet européen, pose à l'Union une véritable question de principe. Pour elle, la réaction russe est aussi inacceptable et pose la question des relations de partenariat.

L'Union européenne doit clairement rappeler à la Russie les règles du droit international. La réponse de l'Union aux agissements de son grand voisin doit être ferme mais responsable et s'appuyer sur le droit. Elle doit lui laisser la possibilité de choisir de revenir à des pratiques acceptables. L'Union doit par ailleurs renforcer sa présence dans son voisinage immédiat, non pas par des promesses inconsidérées d'adhésion systématique, mais par des efforts humains et financiers supplémentaires, voire exceptionnels, en faveur de toutes les populations concernées et pour la reconstruction.

Vis-à-vis de la Russie, elle ne doit avoir aucun sentiment de dépendance et user de sa force économique pour qu'elle adopte un comportement plus conforme aux pratiques internationales et aux exigences européennes.

(Cette étude est diffusée en avant-première sur RELATIO-EUROPE grâce à Jean-Dominique Giuliani, qui fait partie des"parrrains" de Relatio, et que nous remercions chaleureusement Ce texte sera diffusé demain par la Lettre hebdomadire de la  Fondation Robert Schuman)

 

30/08/2008

Strasbourg: L'electrochoc GM pour la rentrée

Le coup de massue de Général motors sur relatio-europe

Strasbourg : « Usine à vendre » ! PDF Imprimer Email

Menaces sur les 1260 emplois de General Motors : Un « coup de massue » et surtout un coup de semonce pour « La Belle endormie » des bords du Rhin...

Commentaire Relatio-Europe de Daniel RIOT
Ainsi la multinationale américaine Général Motors affiche-t-elle : « Usine à vendre » ! Comment ? A qui ? Quand ? Mystère... 1260 emplois menacés en Alsace, dans une région qui n'est en flèche (c'est le moins que l'on puisse dire) en matière d'emplois et de créations d'entreprise, c'est grave.
C'est surtout révélateur. Ce que Valéry Giscard d‘Estaing appelait la « vitrine de la France sur le Rhin » a une réputation de « région nantie » de moins en moins justifiée. Et sa prospérité relative est de plus en plus soumise aux aléas de la conjoncture internationale (proche en raison du nombre des travailleurs frontaliers) et lointaine. Son développement est rendu plus difficile en raison d'une double concurrence territoriale : En France, le dynamisme encouragé du littoral et du Sud. En Europe, le développement de l'Est.
Ce « coup de massue » de GM, à quelques jours de la « rentrée » (traditionnellement marquée par l'ouverture de la Foire dite « européenne » de Strasbourg) devrait logiquement avoir l'effet d'un « coup de semonce ». D'un électrochoc salutaire...
C'est le drame industriel de trop qui devrait favoriser (enfin) une prise de conscience et le lancement d'actions concrètes chez les politiques et chez les acteurs socio-économique alsaciens en général et strasbourgeois en particulier dans une région « Belle trop endormie », prise de vitesse dans son entrée » dans le XXI è siècle

24/08/2008

Le Caucase sur realtio-Europe: Au-delà de la géopolitique


RUSSIE-GEORGIE...."Je t'aime, moi non plus" PDF Imprimer Email

Une  histoire mouvementée et passionnelle qui explique bien des choses...

Staline, le plus célèbre des Géorgiens, et ses amis de jeunesse à Gori en 1892

Un récit de Daniel RIOT.

Il avait un joli nom, mon guide... Likuna, brune, généreuse de corps et fine d'esprit, l'œil coquin et le sourire en accroche cœur.... C'était un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Au milieu des années 80. Gorbatchev au pouvoir n'était pas encore pris au sérieux par les diplomates occidentaux qui tenaient réunions dans des « pièces coffres forts » équipées pour ne subir aucune écoute téléphonique... Souvenirs et plongée dans de vieux carnets de reportages qui éclairent le présent...Entre Russes et Géorgiens, c'est une vielle histoire du style « Je t'aime,moi non plus ». Récit
le Géorgie vue par satellite

Realpolitique et...réaléconomie en RUSSIE

RUSSIE:Les réalités économiques (et militaires) sont les meilleures alliées de la diplomatie européenne PDF Imprimer Email
Les guerres rapportent aux marchands d'armes et aux complexes militaro-industriels. Mais elles ont des effets catastrophiques sur l'économie en générale et ne font pas que des heureux sur les marchés financiers...
De plus, elles ne suscitent pas cette confiance qui fait prendre des risques aux investisseurs.
Entré dans un hypercapitalisme d'Etat, la pétropuissance russe s'en rend compte.Les riches milieux d'affaires s'inquiètent...pendant que les responsables de l'Armée tirent des leçons des combats sans triomphalisme.
Un retour à la guerre froide se paierait très cher. Poutine le sait.
Deux ports dans la guerre du Caucase : les grands tests de Poti et de Sébastopol PDF Imprimer Email

 


Par Jacques DEHAIRE
La situation reste confuse sur le terrain, mais il est clair que bien des événements prochains vont dépendre en particulier du sort que le Kremlin réserve au port de POTI. Et de sa stratégie en Mer Noire où le port de Sébastopol a un statut très conflictuel...

 



23/08/2008

Géorgie: Arrêtez de tirer sur BHL!

Par Daniel RIOT

«La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen», disait Churchill. Aujourd’hui, la blogosphère remplace parfois les cafés du commerce de jadis et servent de défouloir. Et attention aux têtes qui dépassent ! A ceux qui ne partagent pas vos opinions. A ceux qui ne font pas de l’anticonformisme prétendu un conformisme absolu.
De vraies hordes sauvages, souvent sous la lâche protection de pseudos, s’acharnent sur ceux qui dérangent. Surtout quand les ils ont un talent gênant pour les envieux qui en sont dépourvus. Quand leur voix se fait entendre sans qu’ils aboient. Quand ils ont une célébrité justifiée. Et quand leurs réflexions heurtent trop de réflexes.
BHL a sur la guerre du Caucase, sur la Géorgie, sur la Russie, des positions que l’on peut légitimement critiquer. Ce que j’ai écrit sur Relatio-Europe et ailleurs depuis l’ouverture du feu par le Président géorgien le montre assez…
Mais la démocratie, c’est la liberté d’exprimer des opinions argumentées qui ne sont pas forcément les vôtres, c’est aussi le respect des opinions qui ne sont pas les vôtres. Les polémiques sont enrichissantes et stimulantes quand elles ne reposent pas sur l’insulte, l’attaque personnelle, le procès d’arrières pensées (ces « pensées de derrière », disait Pascal), la diffamation, la malhonnêteté intellectuelle. Quand on ne fait pas dire ce qui n’a pas été dit, écrire ce qui n’a pas été écrit…

Les « choses vues » en Géorgie par Bernard-Henri Lévy, un reportage que Le Monde a publié (et que j’ai repris partiellement sur Relatio-Europe sous le titre « les éclairages de BHL ») a déchaîné des critiques passionnés et passionnelles. Sur Agoravox (où je me fais insulté parce que j’exprime mon amitié envers BHL) et sur Rue 89, où une contre-enquête (à contre-vérifier) met en cause les faits même décrits par Bernard-Henri, ou plutôt tels que certains peuvent les imaginer à partir de ce qu’il a écrit.
Il faut vraiment ne pas avoir du tout une expérience de témoin professionnel sur le terrain pour s’en prendre ainsi au témoignage tel qu’il est rédigé ! Et il faut être très avisé pour donner des « précisions » qui rendent extrêmement aléatoires démentis ou explications complémentaires. Il est vrai que chercher les poux dans la tête de BHL assure un succès facile sur le web. Plus que de réfléchir sérieusement à ce qu’il peut dire…
Ce qui est le plus reproché à BHL c’est qu’il soit allé à Tbilissi en avion privé. Je n’en sais rien et je m’en moque. Moi je n’ai pas les moyens de le faire. Et alors ?
Ce qui frappe les « contre-enquêteurs » de Rue 89, c’est de savoir si, parlant de Gori, il parle du centre-ville ou de la banlieue. Intéressant. Et si les feux qu’il a vu embrasait toute la ville ou des champs. Heureusement, qu’il n’a pas essuyé des tirs sur ce front : les plus zélés des « entarteurs » du clavier parleraient de mise en scène…
Ce qui est sûr c’est que les Russes ont été dans et autour de la ville, et qu’il y eu des dégâts. BHL décrit le « vu »,non le « vrai », ce qui est impossible à traduire que ce soit en mots ou en images. Relire Stendhal : Julien Sorel à Waterloo est aussi une bonne leçon de journalisme…que BHL n’a pas à recevoir.
Ce qui intéresse aussi Rue B9 c’est de savoir s’il a discuté de ses « choses vues » avec Sarkozy. Et alors ? Il a le droit d’en parler à qui il veut ou peut. Ce n’est pas pour cela que je vais chausser les lunettes de l’aigreur pour juger ce qu’il peut dire.
BHL (ce n’est pas nouveau) dérange les journalistes qui font du terrain sans penser, les philosophes qui pensent sans tenir compte du terrain, les engagés qui ne supportent pas des engagements différents des leurs, les plumitifs qui n’ont pas sa plume.
Pire : ce qui apparaît à travers nombre de « commentaires » déposés comme des crottes sur bien de sites qui mériteraient mieux relèvent d’une médiocrité crasse bien franchouillarde (la « France moisie », redirait Sollers).

Il est riche. Et alors ? Il a une jolie femme. Et alors ? Il est dans le « peuple des poeple ». Et alors ? Il est plutôt « bel homme ».Et alors ? Il est étiqueté « intello » ? Et alors ? Il a écrit des livres de qualité qui ont un succès international. Et alors ? Il s’engage pour une série de causes qui lui tiennent à cœur dans la logique de ce qu’il pense et dit. Et alors ? Il est juif. Eh ! Oui…Moi pas. Et alors ?
C’est cela le pire, souvent non dit mais toujours ou presque prégnant: Lévy cristallise sur sa personne une partie de ce fond d’antisémitisme (de droite et de gauche) qui caractérise tant les voyageurs du train « Vichy-Moscou via Munich »qui, (je cite encore Sollers) traverse encore nos campagnes et nos villes.
Mais dire cela, bien sûr, c’est se faire de nouveaux ennemis…Se faire taxer de je ne sais quelle parano. Se faire traiter, comme je l’ai lu, de lèche-cul, de garçon de course, d’avocat, de cireur de pompes de BHL… « Nos jugements nous jugent » : je n’ai pas fait de cette phrase de Valéry l’une de mes devises par hasard. C’est la vie : je choisis mes amis, et je subis ceux qui me considèrent en ennemi. En leur pardonnant leurs offenses. Mais en sachant que toutes les offenses ne sont pas toutes inoffensives. Surtout pour (ou plutôt contre) la démocratie.
L’injustice est insupportable, surtout quand elle vise ceux qui la combattent. Comme BHL. Mais c’est peut-être cela aussi que lui reprochent ses détracteurs les plus virulents!.
Courage, Bernard-Henry :tu sais très bien que les combats contre la bêtise sont les plus difficiles à mener. Mais ils sont indispensables.
Daniel RIOT

13/08/2008

Sarkozy renforce sa crédibilté diplomatique

     

"Un premier pas"..Le plan en six plans (accepté par Moscou et Tbilissi) ne règle aucun problème de fond, mais doit permettre de "donner corps" à un cessez-le-feu encore très fragile et partiel.

Editorial RELATIO-EUROPE par Daniel RIOT

Quelle journée ! Et quelles négociations... Le Président Sarkozy, tard cette nuit, a conservé un profil modeste. Pas de triomphalisme. Pas d'autosatisfaction. Pas de fanfaronnade. « C'est un premier pas. Nous n'avions pas à tout régler ici.  ». Mais sa « mission impossible » est réussie. « La Russie et la Géorgie ont accepté le plan de cssez-le-feu provisoire  proposé par la France. Il y a un texte, il a été accepté à Moscou, il a été accepté ici en Géorgie. J'ai l'accord de tous les protagonistes. ». On est tenté d'applaudir. En espérant, comme lui, que corps sera vite donné au cessez-le-feu, et que cet « accord cadre » sera approuvé par les 27 (aujourd'hui au niveau ministériel), et par le Conseil de sécurité de l'ONU. Avec la pleine conscience que ce « premier pas » doit en entraîner d'autres. Sous peine d'une reprise des hostilités...sur une plus grande échelle peut-être.

Le rôle de Sarkozy n'avait rien d'évident. Il lui fallait concilier l'inconciliable, en tenant compte de ses fonctions actuelles à la président du Conseil de l'UE qui lui imposent de parler au nom de tous les membres de l'Union alors que ceux-ci n'ont ni la même vision, ni la même analyse, ni les mêmes arrière-pensées et ne parlent pas de même voix. Il l'a bien fait, selon un scénario bien préparé par Bernard Kouchner. Chapeau bas LIRE LA SUITE 

12/08/2008

LA GUERRE RUSSO-GEORGIENNE sur Relatio-Europe

Sarkozy à Moscou et en Géorgie

L'éditorial Relatio-Europe de Daniel RIOT

C'est une partie extrêmement serrée que va jouer aujourd'hui Nicolas Sarkozy lors de ses déplacements (confirmés) à Moscou et à Tbilissi. Non seulement, il se heurte au mur russe, mais il doit tenir compte des pressions américaines et des dissensions au sein des 27 alors qu'il agit au nom de l'Union européenne

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Jusqu'où Poutine (puisque c'est lui qui visiblement mène le bal) veut-il aller ? Quel est son but secret ? A quelles conditions acceptera-t-il de cesser les combats ? Ces trois questions parmi d'autres obsèdent les diplomates européens, notamment ceux qui entourent Sarkozy et Kouchner dans leur « mission impossible » de trouver une « sortie de crise » qui ne soit pas qu'une pause bien courte dans cette « guerre des mots et des mortiers », comme dit Kouchner... en oubliant les avions, les bateaux et les missiles (en réserve, pour l'instant heureusement).

C'est une partie extrêmement serrée que va jouer aujourd'hui Nicolas Sarkozy lors de ses déplacements (confirmés) à Moscou et à Tbilissi. Non seulement, il se heurte au mur russe, mais il doit tenir compte des pressions américaines et des dissensions au sein des 27 alors qu'il agit au nom de l'Union européenne

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Sarkozy à Moscou et en Géorgie

Que veut vraiment le Kremlin ?

L'éditorial Relatio-Europe de Daniel RIOT

Jusqu'où Poutine (puisque c'est lui qui visiblement mène le bal) veut-il aller ? Quel est son but secret ? A quelles conditions acceptera-t-il de cesser les combats ? Ces trois questions parmi d'autres obsèdent les diplomates européens, notamment ceux qui entourent Sarkozy et Kouchner dans leur « mission impossible » de trouver une « sortie de crise » qui ne soit pas qu'une pause bien courte dans cette « guerre des mots et des mortiers », comme dit Kouchner... en oubliant les avions, les bateaux et les missiles (en réserve, pour l'instant heureusement).

C'est une partie extrêmement serrée que va jouer aujourd'hui Nicolas Sarkozy lors de ses déplacements (confirmés) à Moscou et à Tbilissi. Non seulement, il se heurte au mur russe, mais il doit tenir compte des pressions américaines et des dissensions au sein des 27 alors qu'il agit au nom de l'Union européenne

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CAUCASE: Une épreuve de vérité...pour l'Union européenne

Par Daniel RIOT

« Libération » cogne : Le « coup de force ». Moscou 2008 en Géorgie c'est Moscou d'avant la chute du Mur. « La force brutale »...Le « retour aux pratiques de l'Union soviétique envers ses satellites »...La pauvre petite Géorgie « envahie » par le grand méchant Ours ! Citation de l'historien américain George Kennan à l'appui de la démonstration : «Moscou ne voit à ses frontières que des vassaux ou des ennemis». Et leçon tirée sans appel :« L'avertissement est clair aux Ukrainiens, Baltes ou même Polonais : les ennemis n'ont qu'à bien se tenir. La Russie a montré qu'elle était prête à user de sa supériorité militaire pour imposer son hégémonie ». Peut-être. Allez savoir qu'elles sont les vrais desseins de Poutine ! Mais, Kouchner, l'admet, les Américains sont tout de même « de la part ».

Et le même « Libération » est tout de même obligé de souligner « l'aventurisme » du leader géorgien. Attendons un peu avant de juger. Il est déjà tellement difficile de jauger. L'urgence n'est pas de porter des jugements à l'emporte pièce, mais de voir si l'Union européenne peut effectivement jouer les médiateurs dans un conflit annoncé mais pas assez sérieusement envisagé.

Des diplomates américains en conviennent, en privé : « Il a déconné » Pire « Les Russes le poussaient à la faute à ne pas faire. Il leur a offert sur un plateau pour perdre toutes ses chances d'intégrer rapidement l'Otan. Son échec sera aussi le notre»... « Il », c'est Mikhaïl Saakachvili, l'homme en qui Européens démocrates et Américains avaient placé beaucoup d'espoirs. Trop peut-être. Comme l'ukrainienne, mais en plus grave, la « révolution orange » (ou des « roses ») géorgienne a été contrariée par des adversaires intérieurs et extérieurs et par l'ampleur des défis à relever.

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09/08/2008

Moscou et Washington jouent à la roulette caucasienne

Derrières les micro-nationalismes: des enjeux geostratégiques



Samedi, 09 Août 2008 16:54

L'éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO-EUROPE

Poutine et Bush, si proches l'un de l'autre, dans la tribunes du « Nids d'oiseaux » pékinois ! Bush et poutine se faisant une accolade sur le sol chinois ! C'est beau la « détente, l'entente et la coopération », comme redirait de Gaulle...Mais les deux « Grands », en pleins jeux olympiques sacrant l'avènement d'un « Très Grand », connaissent la crise la plus grave depuis la fin de la guerre froide. Titre visionnaire du livre que RELATIO-Europe évoquait dès hier : « Caucase du Sud : La nouvelle guerre froide ».Dernier signe de la gravité de la situation: Poutine s'est rendu en Ossétie pendant que Bush et Medvedev se téléphonaient...sans être sur la même longueur d'ondes.

La Géorgie, à la culture si influencée par la route de la Soie, est ainsi transformée en bombe à retardement. Avec à sa tête un pro-américain plus qu'un pro-européen, Mikhaïl Saakachvili, qui n'a pas su ou pu tenir ses promesses « oranges » d'une démocratisation effective et durable et qui joue son avenir avec les armes et les réflexes nationalistes. Sans en avoir mesuré tous les risques et toutes les conséquences mais en voulant profiter de la fin de règne de Bush.

 


A LA UNE de RELATIO-EUROPE


Géorgie: Le retour des Cosaques du Don




Samedi, 09 Août 2008 10:41

 

Par Jacques DEHAIRE

C’est malheureusement tragique: les morts s’ajoutent aux morts dans ce qui est devenu en quelques heures une vraie guerre dans le  Caucase:,entre deux pays membres du Conseil de l’Europe: plus 1600 tués, selon des informations non vérifiées mais diffusées par les agences de presse russes. C’est confirmé : l’armée russe intervient sur terre et dans les airs en Géorgie. Mais les « volontaires » évoqués par Poutine constituent la force de frappe essentielle. Qui sont ces « volontaires » ? Les Cosaques du Don qui ont été mobilisés depuis le 4 août, donc dès le début de l’actuelle montée des violences dans la province séparatiste ‘Ossétie du Sud.

 

Les cosaques du Don. Folklore et réalité. Traditions et retour en force. Chants, danses et vertus guerrières…

 

 

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Une flamme d’espérance




Vendredi, 08 Août 2008 23:24

 

Par Daniel RIOT

 

Des frissons. De l’émotion. De l’émerveillement. Pourquoi bouder son plaisir ? Ne regarder ce qui peut ou doit déranger…Ne penser qu’au prix (y compris social) de la fête. Ne songer qu’aux aspects négatifs cachés, aux vilaines réalités occultées, aux méthodes de gouvernement indignes de cet Empire du Milieu qui fait peur autant qu’il fascine. Dans ce monde si riche en malheurs, sachons jouir des instants qui sont des signes d’espérance. « Chinoiser », en ce jour, relève d’une mesquine vilénie. La Chine est ce qu’elle est. Elle a voulu montrer le meilleur d’elle-même. Elle a bien fait. Et elle l’a fait très bien.

 


 

C’est un spectacle à la fois grandiose, féerique, lumineux et riche d’humanité qu’ont offert les Chinois au monde. Plein les yeux. Et les oreilles. Un chef d’œuvre du genre. Du feu, de l’eau, des couleurs, du mouvement. Du relief, de la profondeur. De la musique, des chants, des danses. De l’art. Avec du sens dans les images. De l’esprit dans la scénographie. Et ce goût de l’excellence qui caractérise les grands peuples, ceux qui s’appuient la mémoire du passé pour mieux préparer l’avenir. Une mémoire sélective d’ailleurs : l’ère du maoïsme a été soigneusement passée sous silence…

 

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GUERRE DANS LE CAUCASE




Vendredi, 08 Août 2008 16:55

 

Le conflit en Ossétie du sud tourne à la guerre entre la Géorgie et la Russie, deux pays membres du Conseil de l’Europe. Tension entre le Kremlin et la Maison Blanche. Les appels au cessez-le-feu se multiplient en vain.

Synthèse Relatio-Europe, par Jacques DEHAIRE

 

Les cris d’alarme du Conseil de l’Europe, les débats du Conseil de sécurité, les appels aux  calmes lancées ici et là, les efforts de la diplomatie française, au nom de l’Union européenne, pour tenter de mettre au point les modalités d’un cessez-le-feu n’y changent rien :  Le conflit en Ossétie du Sud dégénère en vraie guerre. Avec implication directe des forces armées (et de volontaires) russes qui auraient perdues dix hommes(notre photo de Channel 1 une télévision russe), mobilisation générale décrétée en Georgie et échanges de déclarations belliqueuses..

 

Combats sur le terrain, bombardements, duels d’artillerie : Des centaines de morts seraient à déplorer, des milliers de blessés et de réfugiées (dont de nombreux enfants). Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé l’ouverture d’un “couloir humanitaire” pour permettre aux ambulances d’évacuer les blessés des combats.”Nous sommes très inquiets sur la situation humanitaire (…). Les ambulances sont bloquées, les hôpitaux sont submergés et des opérations chirugicales sont menées dans des couloirs”, a déclaré à Genève une porte-parole du CICR.

 

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Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide




Vendredi, 08 Août 2008 17:54

 

Des clefs pour mieux comprendre les explosions de violences dans le Caucase

Le livre de Gaïdz Minassian, lu par Emmanuel DUPUIS*

 

(SELECTION RELATIO-EUROPE sur DIPLOWEB)

 

Géopolitique du Caucase et de la CEI. La lecture de cet ouvrage permet de comprendre en quoi la notion de « Caucase aux caucasiens » est loin d’être une réalité, même si celle de « l’Europe aux Européens », ne l’est pas forcément non plus. A méditer dans le cadre de cette mondialisation qui n’a pas laissé de côté le Caucase, même si elle s’y est invitée de différentes manières, « par la mer pour les Géorgiens, par la diaspora pour les Arméniens et par le pétrole pour les Azéris » comme l’indique Gaïdz Minassian dans son livre « Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide » (éditions Autrement, collection Frontières, paru en 2007)

 

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Le décollage de l’Amérique latine en route vers son unité




Samedi, 09 Août 2008 00:35

 

Par Jacques PILET

 

Dans une Europe qui s’effraie de tout changement, que de temps il nous a fallu pour prendre la mesure de l’émergence asiatique. Il nous en faut plus encore pour voir que l’Amérique du sud devient, elle aussi, une puissance qui compte.

 

Pendant cinq siècles, ce continent a vécu dans l’ombre coloniale et néo-coloniale. Manipulé, exploité, souvent envahi. Il est aujourd’hui libre de son destin. Plus encore: il prend conscient de la force que peut lui donner le rassemblement de ses nations longtemps divisées.

 

Les rencontres entre chefs d’Etats se multiplient, les projets communs démarrent, les guerres fratricides ne sont plus qu’un souvenir.

 

Certains n’en finissent pas de gloser sur les divisions persistantes. La région serait coupée en trois camps: les pro-Américains (Colombie en tête), les gentils progressistes (Brésil, Chili, Argentine, Uruguay) et les méchants révolutionnaires (Venezuela, Bolivie, Equateur).

 

Les péripéties cachent le fond des choses.

 

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Strasbourg : Compte à rebours pour la Librairie Gallimard du monde entier




Vendredi, 08 Août 2008 00:18

 

 

La Librairie Kléber ouvre le 4 septembre l’Aubette aux langues et aux cultures d’ailleurs le 4 septembre prochain.

 

 

 

L’événement n’est pas que strasbourgeois. Il est aussi national et européen. Il n’est pas que commercial. Il est d’abord culturel. C’est un triple pari que La Maison Gallimard fait à partir du 4 septembre place Kléber, à Strasbourg, en ouvrant à l’Aubette, une librairie vraiment internationale. Multilinguisme et outils pour l’apprentissage des langues

 

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JOUR J pour les JO: Respecter 1, 3 milliards de Chinois!




Jeudi, 07 Août 2008 21:06

Nicolas Sarkozy en voyage de pénitence  à Pékin : Ayant trop chanté, le coq  s’est transformé en tigre de papier…

 

L’éditorial de Relatio-Europe par Daniel RIOT

 

« On en boycotte pas un quart de l’humanité ». Cette « raffarinade » de plus ne justifie pas que l’Hyper-Président français décerne une « médaille d’or »  à la Chine pour la qualité de l’organisation des Jeux alors qu’elle ne remplit pas ses engagements en matière d’accès à l’information , de droits de l’homme et de normes de pollution…Les Chinois doivent être les premiers à en sourire : ils méprisent les flatteurs. Qui sont en fait des gaffeurs : Raffarin sous-entend ainsi que Sarkozy fait le voyage de Pékin, par obligation, comme une corvée, à contrecœur. C’est très désobligeant pour les Chinois. Et c’est un aveu d’impuissance pour nous …

 

Comme ils  sont experts en détection de l’hypocrisie, les Chinois ont du rire aussi en apprenant que c’est au nom de la laïcité que Sarkozy, chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran,  ne rencontrera  le dalaï lama que par procuration donnée à Carla Bruni… La gêne est telle que l’UMP éprouve le besoin d’annoncer qu’une rencontre entre Sarkozy et le chef du Tibet sous la botte aurait lieu avant la fin de l’année…Encore un effet d’annonce qui fait mauvais effet.

 

Les diplomates chinois ont du pouffer de rire davantage encore quand ils ont su  que le chef suprême de la « patrie des droits de l’homme »  avait  fait interdire une manifestation pacifique devant leur ambassade parisienne…L’antique  « trêve olympique » évoquée par Raffarin, décidément très en verve ce matin sur RTL, prend des allures surprenantes.

 

Nicolas en chinois..

 

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Histoire: Jacques Bainville ou les malheurs du couple franco-allemand




Mercredi, 06 Août 2008 12:59

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Par Laurent  PFAADT

 

 

 

 

L’excellent ouvrage de Christophe Dickès, grand spécialiste de l’historien et analyste de politique internationale, revient sur la vie, la pensée et surtout la clairvoyance de Jacques Bainville. Il fut un temps pas si lointain où le couple franco-allemand représentait le moteur destructeur de l’Europe, entre guerres et rivalités diplomatiques, entre paix forcée et haine farouche. Bien loin en tout cas de notre quotidien actuel. Jacques Bainville (1879-1936) représente à merveille ce quasi-siècle entre la défaite de 1870 et la victoire de 1945, marqué par la défiance à l’égard d’une Allemagne prussienne puis nazie, militariste et pangermaniste qu’il dénonçait.

 

Formé à l’école de Renan et de Barrès, Bainville a très vite trouvé en Charles Maurras et dans le royalisme qu’il percevait comme le meilleur des régimes pour sa vertu stabilisatrice, des modèles à suivre même s’il n’hésitait pas à se démarquer du fondateur de l’Action française.

 

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POUR UN LIVRET D’EPARGNE EUROPEEN




Mardi, 05 Août 2008 17:44

 

 

Un projet trop vite oublié qui reste une impérative nécessité pour l’Euroland, pour l’Union européenne et…pour les citoyens

 

 

L’Europe concrète ? Il est temps de la compléter, de la consolider et, dans certains secteurs essentiels, comme celui de l’énergie notamment, de la faire… Ce n’est cette Europe des réalisations que les citoyens rejettent.

 

Encore faudrait- il que l’esprit d’initiative, d’entreprise, de créativité et le simple bon sens ne soient pas étouffés par des réflexes d’une autre époque …Un exemple précis : l’idée du Livret d’épargne européen. Une idée lancée dès 2002 par l’Académie européenne crée par Jean-Luc Schaffhauser  et relancée depuis avec de sérieux arguments de gens sérieux, Etienne Pflimlin, le Président de la fédération du Crédit Mutuel, en tête.

 

Victime de réflexes nationalistes et de visions à trop court terme, cette belle (et féconde) idée  devrait déjà être réalité depuis longtemps…

 

Malheureusement, ce type de réflexes « je freine, donc je suis », « j’empêche donc j’ai du pouvoir », « j’enterre des idées qui ne sont pas les miennes, donc j’existe » sévit  au plus haut niveau des Etats et des institution européennes. Là où il faut chercher des explications à cette panne (pas seulement institutionnelle) que connaît l’Union européenne.

 

Relatio-Europe relance ici cette idée qui s’inscrit dans la logique de l’euro et trouve dans le contexte financier et économique mondial  actuel de nouvelles raisons d’être.

 

A cette fin, il reprend ici des textes publiés en 2007 dans la revue « Sentinelle »,  ceux de Jean-Luc Schaffhauser (notre photo), d’Etienne Pflimlin, de Jean-Pierre Ménanteau et de Jean-Jacques Bonnaud.

 

 

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Plus d’articles…

01/03/2008

LA RUSSIE AUX URNES:JEUX DE ROLES...


Editorial RELATIO par Daniel RIOT

4479a7a5d8c85fe8a7701a87243260e1.jpg« Les élections russes ? Quelles élections ? »…

La question n’est pas qu’une boutade d’un diplomate cynique et blasé qui trouve consolations faciles :« Que serait devenue la Russie sans Poutine ? Cessons de rêver du meilleur quand le pire évité nous fait le plus grand bien »

Quelles élections en effet ? Un non événement. Comme les dernières Législatives, comme la (fausse) campagne qui vient de se dérouler, comme le résultat du scrutin de demain, programmé non dans les étoiles mais sur le marbre du Kremlin…

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03/12/2007

RUSSIE: La victoire à la Pyrrhus de Poutine, par Daniel RIOT

Poutine n’a-t-il obtenu qu’une « victoire à la  Pyrrhus », une de ces victoires qui se soldent chez le vainqueur par plus de victimes et de dégâts que chez les vaincus ?

D’abord, le plébiscite annoncé n’est pas arrivé. Le score final est lourd, mais nous sommes loin des triomphes électoraux où les 100% effleurés sentent bon l’unanimisme obligatoire et un mimétisme de masse totalitaire.

Ensuite, même les plus indulgents des observateurs européens sont obligés de dénoncer ce qu’ils ont pu constater : un « manque d’équité », pour les joueurs de litotes polis du Conseil de l’Europe, des « irrégularités flagrantes » pour les plus francs du même groupe d’observateurs européens, des fraudes inadmissibles pour tous les opposants à Poutine. La propagande médiatique, les pressions en tous genres, la répression…préventive n’ont pas suffi : les vieilles pratiques des bourrages d’urnes ont été remises à la mode…y compris devant les caméras des téléphones portables !

Résultat : le Maître de toutes les Russies continue à tenir d’une main de fer un pouvoir légal, mais sans légitimité démocratique et sans crédibilité « européenne ». Dans l’embarras, le Conseil de l’Europe dont la Russie fait partie ! Dans la gêne, les gouvernements dits « occidentaux », comme on dit encore, en dépit de la chute du Mur et des manques de précisions de la définition du mot « Occident » !

 

Berlin est la capitale la plus nette dans ses condamnations  de principes. Paris est la plus ambiguë (pas de « rupture » en l’occurrence !).

Mais ces « réprimandes » européennes et américaines n’ont aucune espèce d’importance : Le maître du Kremlin tient l’Europe au gaz comme les missiles de la guerre froide la prenaient à la gorge ! Réalisme d’abord. Rien de nouveau en la matière. Le Droits aux affaires (y compris les plus louches) avant les droits de l’homme : « On ne pisse pas contre le vent », redirait De Gaulle. Et la Russie est un grand peuple avec lequel et pour lequel il convient de ménager l’avenir. Ainsi soit-il…

Cela dit, Poutine a raison sur un point. Sa peur d’une révolution (« orange » ou pas) est fondée, et sa grande faiblesse est interne, malgré la puissance policière et médiatique qui veille sur lui et les siens. Il doit se méfier de tous, y compris de ses "amis" proches. 

Selon Plutarque, Pyrrhus avait la lucidité de dire : « Encore une victoire comme celle-là, et nous sommes définitivement défaits »…

Daniel RIOT 

01/12/2007

La Russie aux urnes: La « démocratie Potenkine », par Daniel RIOT

EDITO RELATIO-Les élections russes invitent à reposer une question-clef : la démocratie,  c’est quoi ? Un système de sélection des élites ? Dans ce cas le mot de Churchill conserve toute sa pertinence : « C’est le pire des système à l’exception de tous les autres ». Une grille de valeurs qui prennent du sens grâce à un Etat de droit qui respecte les Droits de l’Homme, donc les principes d’ « égale dignité » et de respect de la Personne  dans  la recherche de  la conciliation entre les intérêts particuliers et l’intérêt général (qui est plus que la somme des précédents) ? Dans ce cas, ne parlons pas de « démocratie » en termes générique : chaque démocratie se doit d’être qualifiée en fonction de ses propres spécificités.

Une démocratie, la France ? Bien sûr, mais en rien exemplaire. Oligarchie masquée, doxocratie développpée, technocratie non maîtrisée… Les normes du Conseil de l’Europe, que la France respecte plus formellement que réellement, constituent des critères  irremplaçables mais insuffisants. Elles sont plus des filets de sécurité et des poteaux indicateurs pour une perfectibilité possible que des prix de bonne conduite. Alors que dire de cette Russie qui dans l’ère soviétique osait s’autoproclamée « démocratie populaire » et qui aujourd’hui souscrit comme 46 autres pays aux « normes » du Conseil de l’Europe sans les prendre à la lettre et sans en respecter l’esprit…

Imagine-t-on une démocratie par définition « pluraliste » être dominée par un parti unique (ou presque) ? La dizaine de partis en lice, fantaisistes pour la plupart, n’ont pour fonction que de se discréditer les uns les autres et faire croire qu’il s’agit d’élections… pluralistes, ouvertes  et dignes. Et le vainqueur est désigné d’avance.

Qualifie-t-on de « démocratie » un pays gouverné d’une façon despotique. Même éclairé et soucieux de respecter les apparences, un despote reste un despote.

Qualifie-t-on de « démocratie » un grand pays  où le Président de  la commission électorale chargée de veiller à la régularité du scrutin s’avoue publiquement partisan d’une…monarchie et ne manque pas une occasion de faire l’éloge de son ancien patron (Vladimir Poutine) et de soutenir le chef de l’Etat candidat pour un siège de député qu’il n’occupera jamais…

On comprend les cris d’alarmes et les appels au secours de Kasparov…

On est sidéré en lisant dans un article de Lorraine Millot de Libération que l’ancien politique d’Elstine, Georgi Satarov affirme : «Cette campagne est une farce intégrale» (…) L’administration présidentielle a envoyé à tous les gouverneurs des consignes disant combien de pourcentages de votes ils doivent assurer au parti Russie unie. Dans certaines régions, le FSB (les services secrets, successeurs du KGB) a même convoqué les gouverneurs pour les prévenir que si les scores requis ne sont pas atteints, ils seront non seulement destitués mais aussi poursuivis en justice pour affaires de corruption.»

Le (courageux) journaliste Leonid Radzikhovski commente le scrutin de ce week-end en se référant à une phrase de Gogol en …1834. «Tout respire ici le mensonge surtout le soir tandis que le démon lui-même allume sa lampe et éclaire hommes et choses, qui revêtent alors un aspect illusoire et trompeur.»

Mascarade, comédie, feux de rôles : une démocratie illusoire. Une démocratie Potemkine ! Comme les villages aux façades trompeuses que le prince Grigori Alexandrovitch installait pour que Catherine II, sa tsarine bien aimée, ne voie pas la misère où son peuple croupissait.

Bien des esprits se réclamant de « l’objectivité »,  mettent en avant la croissance exceptionnelle de l’économie russe, le retour de la Russie comme « puissance mondiale », la fin des humiliations nationales du « grand peuple russe », les mille et une qualité d’Homme d’Etat de Poutine, l’exigence de réalisme qu’impose Moscou et …le poids d’une Histoire russe étrangère à la notion même de « démocratie »    pour excuser ces « imperfections » poutiniennes de l’application des engagements pris par la Russie en entrant dans  la « famille » du Conseil de l’Europe. La théorie des climats appliquée aux civilisations…

Il est sûr qu’on « ne pisse pas contre le vent » et qu’il est stupide de vouloir faire du patin sur les lacs en été : « Si tu  peux changer les choses, fais le. Si tu ne peux pas tais-toi ! »… Les relations internationales sont fondées sur ce réalisme qui flirte si souvent avec le cynisme et en matière de démocratie tous les donneurs de leçons devraient d’abord balayer devant leur porte (et surtout derrière). Mais où passent les lignes rouges, ces limites de l’inacceptable ? Si Poutine était l’homme d’Etat aux qualités incontestables si vantées, et s’il était l’homme providentiel pour cette puissance riche d’un avenir radieux, aurait-il aussi peur d’une presse libre, d’une opposition non muselée, d’une liberté d’expression non bâillonnée ? Eprouverait-il autant le besoin de renouer avec les fantasmes et les méthodes du KGB qu’il a si bien servi et qui l’a tant formé ?  Et craindrait-il à ce point les observateurs « étrangers », de l’OSCE et du Conseil de l’Europe notamment, pour le scrutin de ce dimanche ?

« Il a une peur terrible d’une révolution Orange », disent de bons experts en faisant référence au rôle joué par les ONG et la « sociéte civile » en Ukraine en novembre 2004.Il a peur, aussi,  des irruptions de bien des volcans « régionaux »… Il a peur surtout, sans doute, d’une de ces explosions sociales que la croissance fantastique des inégalités peut déclencher (presque)  mécaniquement.

Les « nouveaux riches », les « milliardaires russes », les bénéfices colossaux d’une minorité de profiteurs de l’économie (visible et …souterraine), la manne des hydrocarbures et du dynamisme du complexe militaro-industriel ne font pas oublier que, dans ce deuxième exportateur mondial de pétrole, entre 30 et 35 % des 144 millions de Russes vivent dans la misère…

Cette misère là, aucun « village potemkine » ne peut la cacher ! Alors, Poutine se protège par le piétinement  des libertés et des droits politiques : « la Nation » s’en accommode et les  « partenaires  étrangers », eux-mêmes pris à la gorge par une maladie économico-sociale chronique, font passer les droits de l’homme et les exigences démocratiques bien après le droits aux affaires et  les impératifs économico-stratégiques.

Daniel RIOT

11/10/2007

Poutine, un « Staline démocratique » et « Le Spectre » des James Bond…

Une chronique de Daniel RIOT pour RELATIO: Ce vendredi 12, Vladimir Fedorovski, sera à Strasbourg pour une conversation (à 17h30) autour de son dernier livre à la Librairie Kléber. Un personnage, ce volubile écrivain, Français depuis 1995 ! Plein d’humour sucré-salé et de malices, il a été (entre autres) conseiller de Gorbatchev,diplomate, traducteur d’acteurs de ce temps (Brejnev, Kadhafi, Saddam Hussein, Hafez el-Assad, Mokhtar Ould Daddah et Houari Boumediene) et  agent du KGB (logique)… Sa culture et sa connaissance de l’histoire russe dans sa complexité et sa profondeur en font l’un des meilleurs « kremlinologues » actuels. Son  art de la conversation et son jugement pertinent ont  fait de   chacune de nos rencontres une fête de l’esprit…

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Ceux qui le traitent « d’historien des halls de gare et d’aérogares » feraient mieux de le lire davantage et de ne pas se contenter de lectures en diagonale de critiques guidés plus par un snobisme élitaire que par un souci de vérité. L’Histoire est aussi une série d’histoires romancées… « Fedo » est un excellent romancier de l’Histoire qui permet de mieux comprendre les réalités du présent.

« De Raspoutine à Poutine », avait-il écrit. La filiation se confirme…  « Le secret de Poutine » pour lui, tient d’abord dans le « fantôme de Staline ». Un Staline « démocratique » (quel paradoxe !) Ou quelle contardiction!), qui sous bien des angles ressemble, légitimité du suffrage universel en plus, au «chef  de l’organisation du Spectre dans James Bond : il contrôle tout, étend son pouvoir sur tout, le gaz, le parlement, les médias…. C’est lui qui choisit les personnes qu’il met en avant, il fait nommer des proches qu’il peut diriger et contrôler. En cela il renoue avec toute une tradition antérieure ».

Une tradition « antérieure », à la Révolution même, et (aussi) à la « déstalinisation ». Lénine, l’idéologue, lui, est passé (comme le communisme)  à la trappe, dans une de ces « poubelles de l’Histoire » où le tri est très sélectif (et variable en fonction des lieux et des périodes…). Mais Staline, lui, renaît. En soft ! Comme le souligne Claude Imbert dans sa chronique du Point sur « l’énigme russe », le  peuple ôte peu à peu à Staline «  sa tunique sanglante pour lui rendre le blanc manteau de « Petit Père des peuples ». L’opprobre d’un des plus sanguinaires tyrans de tous les temps s’efface devant le héros de Stalingrad. ».

« Entre Staline et Poutine, la filiation est presque parfaite, en effet » remarque Vladimir Fédorovski. « Les points communs de la Russie d’aujourd’hui avec le système stalinien sont nombreux : la manipulation, l’unanimisme, le système des oligarques, l’omniprésence des services secrets… Surtout, Poutine reprend  le “code mental” de la Russie éternelle et de la citadelle assiégée. Staline se pensait comme le continuateur des tsars, et notamment d’Ivan le Terrible, derrière une façade: la révolution. Poutine fait de même, mais avec la façade du suffrage universel. »

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Il le fait d’autant mieux que le « tsar démocrate », « l’autocrate  démocratique », le “despote éclairé(?)” issus des urnes » est d’abord et surtout un stratège de premier plan, hors normes, bien supérieur à Bush, bien plus subtil, rusé et fin que nombre d’autres dirigeants européens. C’est ainsi. Sarkozy, durant ses deux petites journées moscovites a pu s’en rendre compte.

Poutine  sait aussi, en dépit des difficiles conditions de vie d’une grande partie de la population, cultiver une popularité qui ne tient pas qu’à une politique de communication soignée, mais s’ancre dans les profondeurs de l’inconscient russe. 

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Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes aux démocraties européennes réunies en ce Conseil de l’Europe où Moscou sait exercer une influence sans tapage mais bien réelle, en usant d’un argument simple (qui est aussi un chantage) : « Comme les Européens de l’Ouest ne vous donnent pas de moyens et que jurent que par l’Union européenne, l’avenir de votre institution dépend un peu –beaucoup) de nous. Alors, doucement les basses, avec vos critiques sur les droits de l’Homme ».

Je reprends ici en substance des propos « off » d’un diplomate russe qui a bien connu l’organisation paneuropéenne qui siège à Strasbourg. Ce grand serviteur de « toutes les Russies » ajoutait dans cette entrevue qui remonte à quelques mois : « De toutes façons, vous les Européens vous ne faîtes pas l’effort de voir ce qui se passe chez nous…

Et vous êtes des ingrats : La Russie de Poutine a rallié votre démocratie, a adopté votre économie de marché,  a étouffé les tendances anarchistes qui menaçaient de prendre de l’ampleur chez nous et de recréer une terrible insécurité dans toute l’Europe, a combattu les réseaux mafieux qui gangrenaient aussi vos économies,  vous permet sur la Cote d’azur, à Paris et ailleurs de bénéficier du pouvoir d’achat de nos millionnaires et milliardaires …

Et vous ? Vous n’avez rien compris à la Tchétchénie, vous n’écoutez pas nos doléances dans les pays baltes, vous ne pensez qu’à dresser contre nous la Géorgie et l’Ukraine, vous entretenez la parano des Polonais, vous ne voyez pas à quel point nous vous sommes utiles sur les plans énergétiques et économiques, et vous êtes toujours obsédé par l’Atlantique et oubliant que l’Oural est sur notre continent commun…. 

Pourquoi ce bouclier anti missile dirigé contre nous ? Vous êtes fous. Mais vous ne changerez rien à un point essentiel : il y aura toujours (au moins) deux Europe(s), la votre, et la Russie» 

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J’ai résumé… Ces données entretiennent bien sûr les  « vieilles obsessions russes » que Fedorov connaît bien : angoisse des fragilités internes, peurs de l’indocilité du sud, parano contre « l’étranger proche », obsessions de complots extérieurs, ombre de Napoléon, spectre des « russes Blancs », fantôme des « espions américains »… Le Kremlin reste une forteresse. Et la Russie « une énigme enveloppée de mystères ». Poutine, lui, sourit. Avec un sourire de glace.

Daniel RIOT

* « Le fantôme de Staline, ou le secret de Poutine », de Vladimir Fédorovski (Editions du Rocher)

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10/10/2007

Sarkozy de retour de Moscou :Un bilan ...« globalement positif »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO. Un voyage à Moscou n’est jamais négatif… Donc parlons d’un bilan « globalement positif »,  en espérant que « la police des mots » qu’agite tant Fillon n’y verra aucune malice politiquement incorrecte…  Vladimir et Nicolas pouvaient difficilement mieux s’entendre …en l’absence de terrains d’entente ! C’est l’art partagé du désaccord cordial, de la glace non brisé mais pilée, du «je ne t’aime pas, moi non plus, donc c’est clair », du « j’ai mes convictions et tu as les tiennes , donc respect !», du « tentons de faire le moins mal possible, puisque le meilleur est impossible »….

La « franchise » de Sarkozy sur les droits de l’homme, sur la démocratie, sur le pluralisme, sur les valeurs ? … Celui qui ne « veut pas donner de  leçons  en matière de droits de l’homme» a joué les professeurs « de démocratie ». Poutine en a sourit… Angela Merkel, sur les mêmes problèmes, s’était montrée plus nette, plus précise, plus sèche, plus ferme…sans effets de manche, et sans éprouver le besoin de (presque) s’en excuser !

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Pourtant, elle n’a pas, dans son dos,  un André Glucksmann qui joue du tambour ou, dans un coin,  un BHL qui joue de la trompette pour l’inciter à être « ferme sur les principes »… Non, Sarkozy, si tranchant avec la politique russe dans ses interventions de candidats et ses premières prestations de Président n’a pas demandé à Poutine de lui rendre une Légion d’honneur trop généreusement offerte par Chirac…Heureusement d'ailleurs! 

Sarkozy, toujours en quête de mots qui font de la bonne « com’ » a parlé de  « convergences » et de « rapprochements »  sur quelque points chauds (Iran,Kosovo), Poutine, le « très cher Vladimir », a vite étalé de vraies divergences,  clairement, en conférence de presse. Pris de court, Nicolas ! Réduit à se contenter de très peu : « C'est important ce que vient de dire M. Poutine (...) Dire qu'il coopère, qu'il veut continuer à coopérer, c'est quelque chose d'important, je pense que c'est le point essentiel ». Vous imagez qu’il ait dit le contraire, Poutine ?  

Reste la coopération bilatérale qui va sans doute s’accroître (comme entre la Russie et l’Allemagne, d’ailleurs) : c’est  logique, puisque chacun  a à y gagner (sauf si l’excès d’ouverture aux capitaux russes nous met à la merci des tactiques politiques du Kremlin, car les finances de Gazprom sont au services d’une vraie stratégie qui n’est pas que financière)… Nous verrons ! En attendant, il est un signe qui ne trompe pas : pour les suiveurs de Sarkozy, l’événement, c’est la présence dans l’avion présidentiel du retour d’Amélie Mauresmo qui participait à un tournoi de tennis à Moscou. People diplomatie…

Nombre d’observateurs avaient présenté ce voyage à Moscou comme un « test » de la diplomatie nouvelle de la France sarkozyenne. Le « test » n’a pas testé grand-chose…La seule confirmation:les talents de stratége de Poutine!  

Daniel RIOT

09/10/2007

Sarkozy chez Poutine : Un voyage qui a valeur de grand test

 Décryptage RELATIO par Daniel RIOT–INCONTOURNABLE, Poutine. Et pour longtemps… Incontournable, la Russie en route pour une puissance recouvrée… Indispensable, l’élaboration d’une véritable stratégie politique et stratégique de l’Union européenne envers la Russie, doit l’appartenance au Conseil de l’Europe reste trop ignorée. Impérative, la définition d’une « ligne » française envers le Kremlin. Surtout dans le contexte international actuel et dans la foulée de ce que Sarkozy avait dit comme candidat et a déjà fait comme Président.

« Défendre nos intérêts et dire franchement ce que nous pensons, c’est faisable. », écrit Hubert Védrine dans son rapport  sur « La France et la mondialisation ». A voir… Cette visite première officielle de Sarkozy à Moscou sera un excellent test.

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Pendant sa campagne, Sarkozy  avait montré un net durcissement de ton à l’égard du Kremlin sur des sujets que Jacques Chirac évitait de mettre publiquement sur la table : la Tchétchénie, les droits de l’homme, le comportement « impérial » de la Russie vis-à-vis de son « étranger proche ».

Fin août, devant les ambassadeurs, le chef de l’État avait taxé la Russie d’une « certaine brutalité » en visant notamment son comportement sur le marché pétrolier et gazier. La semaine dernière, à Sofia, Nicolas Sarkozy a décrit la Russie comme « un pays qui complique la résolution des grands problèmes du monde » plutôt qu’un « facilitateur ».

Au lendemain du premier anniversaire de l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, les droits de l’homme s’imposeront à l’agenda. Ce sujet ne manquera pas d’être évoqué lors de la rencontre, prévu demain avec des étudiants, à l’université Bauman, qui forme l’élite scientifique russe.

Ce changement de ton n’exclut pas des relations personnelles raisonnablement chaleureuses entre les dirigeants russe et français. D’autant plus que les personnalités de Nicolas Sarkozy et de Vladimir Poutine peuvent si non converger du moins se croiser, comme en a témoigné la complicité qu’ils ont affichée en juin dernier au sommet du G8 d’Heiligendamm.

Les deux ont d’ailleurs quelques points communs dans leurs manière d’exercer leurs pouvoirs, de s’appuyer sur des « proches » dignes de confiance plus que sur des collaborateurs imposée par les  structures ou les hasards démocratique, d’avoir toujours un « coup d’avance » dans chacune des actions entreprises ou des discours faits,  de donner une image dynamique et offensive, d’être omniprésent sur les médias, de chercher à concilier autosatisfaction communicative et réalisme…

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06/10/2007

L’impasse en Ukraine : Deblocage ce dimanche?

Deux bras de fer qui se superposent… sous le feu croisé d’influences extérieures antagonistes.

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT-- Erreurs d'appréciations à plusieurs niveaux: les élections n'ont rien réglé à KIEV! Trop de certitudes chantées trop tôt, y compris au PPE (le parti populaire européen) qui a trop vite publié un vrai communiqué de « victoire » et s’est trop hâté d’envoyer des messages de félicitations aux partis « orange »… Trop de précipitations dans les commentaires de presse qui ont eu la grande imprudence de se fier aux sondages « sorties des urnes » pour laisser croire que les dés étaient jetés en faveur des pro-occidentaux… Trop de superficialité dans les regards jetés sur cette Ukraine qui connaît une situation sociologique très complexe. Mais comme disait Lénine, « les faits sont têtus »…

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Aujourd’hui, nous assistons à un curieux bras de fer, ou plutôt à plusieurs. Entre le camp des réformateurs pro-européens et le camp pro-russe. Et au sein de chacun de ces camps ! Ce qu’ont pu se dire en ce vendredi à Paris  Nicolas Sarkozy, l'ancien président américain Bill Clinton et le président ukrainien Viktor Iouchtchenko sur la situation intérieure ukrainienne relève bien sûr du « secret d’Etat ». Et l’ITW accordée par le chef de l’Etat ukrainien au Figaro et à France 24 ne contient aucun scoop.

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14/08/2007

L’Union européenne face au sommet « démonstratif » de l’OCS…

7c17eef01328abcaff981ef2f8ad590c.jpgDECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT : Faste, médiatisation, exploitation politique… C’est un Sommet « démonstratif » que l’OCS, l’Organisation de coopération de Shanghai, tient à partir du 15 août à Bichkek, la capitale kirghize. L’OCS qui reste énigmatique pour les observateurs occidentaux et bien des acteurs euro-asiatiques veut montrer son importance et se poser en interlocuteur incontournable sur la scène internationale. Comme l’OTAN, par exemple, ou l’OTASE (avant sa dissolution en 1977) 

« Ce sommet accueillera plus de 1.400 membres de délégations internationales et journalistes », a fait savoir Ednan Karabaïev, ministre kirghiz des Affaires étrangères. « 508 journalistes de 16 pays du monde ont déjà été accrédités en vue de commenter le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai »,

Les présidents de dix Etats, dont les six pays membres de l'OCS (Kazakhstan, Chine, Russie, Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizstan), ainsi que les présidents de deux pays ayant le statut d'observateurs à l'organisation (Mongolie et Iran), se réuniront le 16 août à Bichkek. Deux autres Etats ayant ce statut seront présentés par leurs ministres: le Pakistan, par le ministre des Affaires étrangères, l'Inde, par le ministre du Pétrole et du Gaz naturel.

Parmi les hôtes d'honneur du sommet : le président afghan Hamid Karzaï, le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov et le secrétaire général adjoint de l'ONU Lynn Pasco.

Officiellement, cette Organisation de Shangaï n’est pas militaire. Mais (de hauts responsables russes ne manquent pas une occasion de le mettre en relief), « les questions de développement économique et de coopération sont de plus en plus liées aux questions de sécurité donc de défense ». 

« Le développement économique de l'Organisation de coopération de Shanghaï ne sera pas possible sans le renforcement de la sécurité régionale », vient de déclarer  le chef des Forces armées russes Iouri Balouïevski, repris par RIA Novosti.« La participation de structures militaires des pays de l'OCS au maintien de la paix et de la stabilité en Asie est obligatoire pour renforcer la sécurité régionale (…) Nous sommes contraints de chercher des réponses adéquates aux défis et menaces à la sécurité régionale ainsi que perfectionner les rapports entre Etats membres », a précisé le général Balouïevski.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce sommet coïncide avec les  «  exercices antiterroristes Mission de paix 2007 » qui ont commencé aujourd'hui dans la région de Tcheliabinsk (Russie), près du Mont Oural. Des exercices qui ont des allures de grandes manœuvres et qui auront pour spectateurs privilégiés les N°1 russe et chinois. 

Pour Pékin et Moscou, l’OCS est devenue un outil diplomatique de première importance.

Pour Poutine, c’est l’un des « leviers » qu’il utilise dans sa stratégie de « retour en forces de la puissance militaire russe » (à usage interne et extérieur). Une stratégie qui le conduit à un accroissement du budget militaire, au renforcement de la défense anti-aérienne de plusieurs régions (dont celle de Moscou), le réseau anti-missiles,  la mise en relief de nouveaux missiles, les « percées » sous la banquise polaire, les démonstrations de forces dans des régions sensibles (Caucase, Mer noire) et le retour à des « expéditions aériennes » que l’on croyait abandonnées depuis la fin de la « guerre froide »….

Ces démonstrations de force s’ajoutent aux parades (et chantages) sur les sources d’énergie et des positions de fermeté diplomatique dans les instances onusiennes et ailleurs et posent aux Européens avec acuité une double question qui pour l’heure reste sans réponse : Quelle stratégie faut-il adopter face à la Russie ? Quel type de partenariat faut-il (ou pas ) que l’Union tisse avec cette OCS qui n’a pas finit de faire parler d’elle ?

Daniel RIOT

26/07/2007

Tchéchénie: la russie condamnée deux fois à Strasbourg

La Russie tarde à ratifier tous les protocoles de la Convention européenne des Droits de l'Homme. Mais les engagements déjà pris par elle la mette déjà sous l'oeil et sous les couperets de cette Cour qui fait de l'espace paneuropéen un continent de droit. Cette Cour européenne ( qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de Justice de l'Union européenne qui siège à Luxembourg et qui a tout autre rôle) a donné raison à huit résidents russes de Tchétchénie qui reprochaient à Moscou la disparition de proches.

La CEDH (Reuters)

 

 

La Russie devra verser  près de 300.000 euros à des résidents russes de Tchétchénie. Les condamnations portent, respectivement, sur un massacre perpétré le 5 février 2000 par des militaires de son armée, et sur le meurtre de deux hommes...retrouvés morts après avoir été appréhendés par l'armée russe.

Cette condamnation a évidemment une signification politique et morale importante, mais il importe de ne pas oublier que le massacre en question avait eu un bilan beaucoup plus lourd:  au moins, à soixante civils abattus, selon des ONG et des médias.
Dans le cas du massacre, les requérants invoquaient les articles 2 (droit à la vie), 3 (interdiction des traitements inhumains ou dégradants), 13 (droit à un recours effectif), 34 (droit de recours individuel) et 38 (obligation de fournir toutes facilités nécessaires à l'examen d'une affaire).
Sur le dossier des deux Tchéchènes tués, la Cour a conclu à l'unanimité à la violation des articles 2, 3, 13, ainsi que 5 (droit à la liberté et à la sûreté).
La CEDH a déjà rendu huit arrêts similaires donnant raison à des ressortissants tchétchènes depuis le début de l'année, dont cinq au cours des quatre dernières semaines. La Russie avait déjà été condamnée le 12 octobre 2006 par la CEDH pour ne pas avoir mené d'enquête pénale après le massacre de cinq membres d'une même famille lors d'une opération de nettoyage en février 2000 en Tchétchénie.
Cette double condamnation va sans doute en annoncer d'autres: les dossiers tchéchènes se sont accumlés à Strasbourg. Et tous ou presque relèvent des mêmes violations.... Avec un argument majeur: Comme la plupart des plaignants tchétchènes, ils n'ont jamais eu droit à une enquête en bonne et due forme de la part des autorités russes, ce qu'a condamné la CEDH.

Carte de la Tchétchénie

Un site d'informations sur la guerre en Tchétchénie

Les droits de l'homme en Russie (rapport 2006 d'Amnesty International)

Un site d'information sur la Tchétchénie (en anglais)

Le site de la Cour européenne des droits de l'Homme

Définition du droit à la vie

La seconde guerre de Tchétchénie: les aspects politico-militaires

21/07/2007

Kosovo : Le Niet de Moscou à l'ONU condamne les Européens à définir une politique russe

a923816cbe7b91f32fc459bca9c8ccb1.jpgDECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT 

Quand Poutine 652d6f7830ebd7748ea6558170054fa3.jpgveut, la Russie peut ! Les pays européens et les Etats-Unis ont renoncé à faire voter par le Conseil de sécurité de l'ONU une résolution sur l'indépendance du Kosovo.

Reculant devant le véto russe, perçu comme inévitable depuis lundi,  et craignant de compliquer encore leurs relations difficiles avec Moscou, ils espèrent « encadrer » un dialogue bilatéral entre Serbes et Kosovars.

Mais ce dialogue est mal engagé : Les Serbes célèbrent toujours le Kosovo comme le foyer de la « mère patrie » et le Kosovo envisage  de proclamer unilatéralement son indépendance, dès novembre.

87599f2b9e41facee394dbbbaf67e2e8.jpgChez les Européens on ne veut « rien dramatiser », mais c’est l’impasse. Et elle risque de se prolonger dangereusement. Sur le terrain, la patience a des limites moins élastiques que celle des diplomates…

Le contexte diplomatique tendu avec la Russie a évidemment  compté … Côté britannique, en raison du refus de Moscou d'extrader le principal suspect de l'assassinat de l'ancien espion Alexandre Litvinenko. Côté américain, en raison du projet de « bouclier antimissiles » sur le sol européen. Mais la Russie  n’est pas isolée dans cette affaire : la Chine, l'Indonésie et l'Afrique du Sud ont également émis des réserves sur la résolution de l'ONU.

Les Occidentaux avaient pourtant fait un grand pas pour tenter de lever les objections russes. Pour la première fois, sur suggestion de Mme Merkel,  ils avaient renoncé, dans cette troisième mouture du texte, à toute notion d'  « automaticité » de l'indépendance du Kosovo au terme de la nouvelle période de négociations de cent vingt jours qui doit s'ouvrir entre Serbes et Albanais.

35f8a272de486ad7462be2570d633ee7.jpgMais la Russie agite depuis  janvier 2006, un argument difficile à combattre : pour Poutine,  l'accession du Kosovo à l'indépendance créerait un précédent, dont des territoires séparatistes de l'ex-URSS, comme l'Abkhazie (en Géorgie) ou la Transnistrie (en Moldavie), pourraient s'inspirer.

A Moscou, soulignent les observateurs, ce dossier est traité exclusivement par les « durs » du Kremlin. Par ceux qui sont persuadés que leur pays fait l'objet d'un projet d'encerclement et d'agression ourdi par Bush et l'OTAN. « Le plan occidental est clair : Les Américains et leurs alliés veulent priver la russie de son influence sur la Mer Noire. Pour nous, c’est inacceptable. La mer noire est déjà un lac turc, nous n’allons pas accepter qu’elle devienne une mer américaine », confie un diplomate russe qui se veut pourtant un « pro-européen militant »

b182a6cd64a96fe967ce9214bf93f6f6.jpgDerrière cette peur, réelle ou feinte, de la Russie se profile un dessein qui paraît évident : Le Kremlin veut briser tout projets de rapprochement de la Géorgie et de l'OTAN. D’où le «  verrouillage des intérêts russes en Abkhazie », comme dit notre diplomate en insistant : « N’oubliez pas que cette région est très  proche de deux sites très sensibles, à forte importance stratégique  : le port de Novorossisk, où la flotte russe de la mer Noire doit être basée à partir de 2017 quand s'achèvera son bail négocié avec l'Ukraine.  Et Sotchi, la ville  qui vient d'être désignée pour les Jeux olympiques de 2014, et qui est proche du  Caucase du Nord ».

Nous voilà loin du Kosovo, mais nous revoici replongés dans des jeux de lego diplomatique de la géopolitique (geopolitik) la plus classique :la géographie au cœur de l’histoire en marche… ou en panne.

7b2b35c6670998791eef562028d77336.jpgSelon certains observateurs, cités par plusieurs journaux occidentaux,  Vladimir Poutine va jusqu’à dire que  «  l'intervention de l'OTAN contre la Yougoslavie en 1999 n'avait pas plus de légitimité que la guerre américaine en Irak ». A l’époque, la Russie, était trop faible pour l'empêcher, mais ce temps n’est plus : Retour non à la guerre froide, mais à une paix bien glaciale…Avec fermeté extérieure et verrouillage intérieur. Avec l'arme économique pointée sur des objectifs stratégiques. Et avec une diplomatie de plus en plus musclée....Pas comme Monsieur K. tapait sur son pupitre de l'Onu avec sa chaussure, mais avec un verbe clair!

Poutine n’a-t-il pas dit, comme le rappelle « Le Monde », que  les  Etats-Unis étaient  un « loup qui sait qui il veut manger »... L’Ours russe a les moyens de se défendre. D’autant plus qu’il « tient » les Européens par leurs besoins en énergie…

Ce feu rouge mis par le Kremlinà l’ONU démontre bien que les  « Occidentaux »  (on en revient au vocabulaire des affrontements Est-Ouest, avec des lignes différentes…) sont condamnés à se réinventer une politique russe.

71835986d1db6f7e9971dff68838e328.jpg« Cherche politique russe désespérément », résumait un éditorialiste voilà quelques jours. C’est encore plus vrai. Avec, entre Européens, des nuances qui se font de plus en plus sentir : Berlin et Londres, la visite de Brown chez Merkel l’a confirmé, ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’ondes, Sarkozy ne s’est visiblement pas encore tracé une ligne bien définie, les ex-pays de l’Est prônent une fermeté compréhensible mais pas forcément adéquate....

Et si le Conseil de l’Europe trouvait dans ce contexte une importance politique nouvelle et positive ? On devrait y songer dans les chancelleries… N’est-il pas la seule organisation où la Russie  siège AVEC l’Union européenne sans les Américains ? En d’autres crises, il a montré qu’il pouvait jouer un rôle de filet de sécurité et de laboratoire de compromis…

Daniel RIOT

14/07/2007

europe et défense:Coup de froid du Kremlin

04488aed034d6b7c9cfaa78ee25f8087.jpgCommentaire RELATIO. La Russie se retire du traité FCE. La face du monde ne s'en trouve pas changée.Mais c'est un signe qui rappelle de bien mauvais souvenirs. La "paix froide" qui règne entre l'Est et l'Ouest n'a rien à voir avec la "guerre froide" du XX ièème siècle, mais elle n'est pas la "paix chaude" dont nous avons besoin sur ce continent dont le terre a été trop arrosée de sang.

Cette  information jette une ombre sur ce 14 juillet qui, à Paris ,se voulait (et c'est bien) placé sous le signe de l'unification européenne, donc de la paix. On comprend que l'Otan et Berlin désapprouvent ce retrait russe d'un traité considéré comme la pierre angulaire de la sécurité et de la stabilité paneuropéenne depuis la dissolution du Pacte de Varsovie..

2b6dbfff659fb4a10ba042c71d1a636e.jpgL'inquiétude est compréhensible aussi dans les ex-pays de l'Est, notamment en Pologne et dans les pays baltes. Il ne faut rien dramatiser, mais en termes de geostratégie, c'est le type d'événement qu'il ne faut pas sous-estimer. Un souci pour l'OTAN: c'est une évidence. 

Ce n'est sans doute pas un effet du hasard si cette décision intervient au   lendemain de la célébration du 10 ièmeanniversaire du Partenariat privilégiéentre L'OTAN et l'UKRAINE...  A Moscou, oninsiste sur le caractère obsolète du taite, et on insiste sur la volonté de dialogue des autorités russes. Un dialogue qui repose d'abord sur des gestes unilatéraux...

 

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

LES FAITS: Le président Vladimir Poutine a suspendu par décret la participation de la Russie au traité sur la réduction des forces conventionnelles en Europe (FCE), annonce le Kremlin dans un communiqué diffusé samedi 14 juillet.
Moscou en avait brandi la menace pour dénoncer la réticence des puissances occidentales à ratifier la version du traité amendée en 1999 pour tenir compte de la fin de la Guerre froide. "Le Traité dans sa forme actuelle est désespérément dépassé", a déclaré la diplomatie russe.
"Les limitations de la quantité d'armements russes sur différentes parties de notre territoire ont perdu tout sens. Aujourd'hui elles empêchent de lutter plus efficacement contre le terrorisme", ajoute le ministère.

Berlin et l'OTAN désapprouvent

"Si cela se confirme, le secrétaire général (Jaap de Hoop Scheffer) regrette profondément cette décision. Les Alliés considèrent ce traité comme un élément important de la sécurité européenne", a réagi un représentant de l'Otan.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a lui aussi exprimé, à Nida (Lituanie), sa "grande préoccupation" après l'annonce de cette mesure.

Refus des inspections

449affe63ea78547fcafedd1ecfe39d0.jpgConcrètement, les Russes cesseront entre autres de fournir des informations à l'Otan sur leurs forces conventionnelles et refuseront les inspections, a expliqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, en précisant que le décret avait été signé vendredi. Le décret charge le ministère d'informer les pays concernés et prévoit que Moscou suspendra sa participation 150 jours après qu'ils auront reçu l'information, envoyée ce samedi.
Cette mesure est sans précédent dans l'histoire de la Russie, mais elle "ne signifie pas que nous avons claqué la porte du dialogue", assure le ministère russe. Il espère que l'Otan et la Russie trouveront "assez rapidement" un accord.

Un fondement de la sécurité en Europe

284d07b1d76f962d5242c8c3287e0cee.jpgSigné en novembre 1990, le traité FCE est considéré comme la pierre angulaire de la sécurité et de la stabilité en Europe.
Il limite notamment le nombre de chars, de pièces d'artillerie lourde, d'avions et d'hélicoptères de combat déployés et entreposés de l'Atlantique à l'Oural.
Contestant les limites que le traité impose aux mouvements de ses propres troupes et de leurs armements à l'intérieur des frontières russes, Moscou souhaite que la version amendée en 1999 soit ratifiée aussi vite que possible en préalable à de nouvelles modifications.
Les divergences en ce qui concerne ce texte s'ajoutent à une série de contentieux entre la Russie et les puissances occidentales, au premier rang desquels figurent le projet américain de bouclier antimissile et le statut final du Kosovo
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07/07/2007

Alerte rouge à Strasbourg : La démocratie russe inquiète

Quand la Douma prend démocratiquement des lois qui tuent la Démocratie...OU COMMENCE ET OU FINIT L'EXTREMISME?

4fbfb3e2d44d2a11fcd5585a360ff323.jpgDécryptage RELATIO par Daniel RIOT : Alerte rouge à Strasbourg, chez les spécialistes des droits de l’Homme, des libertés (de presse et d’opinions, notamment), et de la démocratie (pluraliste) du Conseil de l’Europe. Où s’arrêteront les amis russes qui appartiennent à cette organisation censée réunir la famille des démocraties plus ou moins parfaites (en ce domaine, la perfection n’existe pas) mais authentiques, donc perfectibles ? Peu de jours passent sans que des motifs d’inquiétude sur la Russie de Poutine s’accumulent… Aujourd’hui, c’est la DOUMA qui démocratiquement a pris des mesures anti-démocratiques. Oubliée la Glasnost...

Les députés de la Douma (Chambre basse du Parlement russe) n'auront pas fait attendre le président Vladimir Poutine qui, lors de son dernier discours à la nation, devant les deux chambres réunies, le 26 avril,  avait exhorté les parlementaires à se montrer inflexibles dans la lutte contre « l'extrémisme politique ». C'est chose faite depuis l'adoption, en troisième et dernière lecture, d'amendements destinés à durcir les poursuites pour crimes et délits commis pour « extrémisme ».

Où commence cet « extrémisme » ? Tout est là bien sûr… Ne sommes-nous pas tous plus ou moins les extrémistes de quelqu’un d’autre ? Cette notion, floue, pourrait s'appliquer aux actions menées par des organisations politiques jusqu’alors légalement reconnues. Il est clair qu'elle vise en particulier celles de l'opposition au Kremlin menée par l'ancien premier ministre Mikhaïl Kassianov ou par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, dont l'évocation est déjà interdite dans les médias officiels.

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Les droits de l'Homme vus par JEAN-POL GRANDMONT (publiée par WIKIPEDIA)

Selon les données du ministère de l'intérieur, la quantité annuelle de crimes pour des motifs  « extrémistes » a presque doublé de 2004 à 2006, passant de 139 à 263. Cette statistique pourrait être encourageante si les crimes racistes figuraient dans ce « bilan », mais ces vrais crimes-là sont très rarement reconnus comme tels, donc rarement  sanctionnés et rarement recensés.  

Avec cette nouvelle loi, ils ne le seront pas plus… Les députés ont élargi la notion d' « activité extrémiste » à d’autres type d’activités… A moins d'un an de l'élection présidentielle de mars 2008 la « diffamation envers un représentant de l'Etat » est désormais considérée comme « extrémiste », et les « appels à l'extrémisme » deviennent passibles de peines passant de cinq à  six ans de prison. Cet article  me rendrait coupable d’un de ces délits .Pauvres journalistes russes :ils auront goûter plus longtemps aux joies (et aux devoirs) de la liberté d’expression.

La notion de crimes et délits commis pour « motifs de haine politique et idéologique » a été ajoutée au code pénal. Les participants à des troubles massifs pourront être condamnés à douze ans de détention (contre dix ans aujourd'hui).

Cette loi vise aussi le financement et l'organisation des actes « extrémistes », « y compris par le biais d'imprimés (...), de liaisons téléphoniques ou autres moyens d'information ».(Internautes, attention !) Ces amendements autorisent les forces de sécurité à écouter les conversations téléphoniques des personnes soupçonnées d'infractions, quelle qu'en soit la gravité (ici on ne fait que légaliser des pratiques bien courantes…°

Cerise sur le gâteau : les médias (y compris sur internet, of course) n'auront plus le droit de diffuser d'informations sur les organisations reconnues comme « extrémistes » par le tribunal, pas même…. pour spécifier qu'elles ont été interdites ou dissoutes. C’est d'ores et déjà le cas pour le Parti national-bolchevique d'Edouard Limonov, interdit et poursuivi pour "extrémisme".

97be5fa416a275b2302e70d8d6271cab.jpgUn (petit) espoir : ce texte doit encore être entériné par le Conseil de la fédération et signé par le président russe … Déjà, le député libéral Vladimir Ryjkov entend porter l'affaire devant la Cour constitutionnelle pour éviter que d'autres contestataires ne viennent s'ajouter aux « trente prisonniers politiques » déjà officiellement derrière les barreaux.Selon la Constitution russe et la Déclaration universelle des droits de l'homme, tout citoyen peut critiquer le pouvoir. Selon les Conventions du conseil de l’Europe aussi !

C’est, bien sûr, vers ce Conseil que les regards des démocrates de Russie (et d’ailleurs) se tournent. Mais le secrétaire général actuel du Conseil (qui doit en partie son élection aux Russes) ne se caractérise pas précisément par son courage :ses beaux discours sur la démocratie portent plus sur des thèmes généraux que sur des questions particulières épineuses.

 Et les Russes exercent sur l’organisation une sorte de chantage permanent : « C’est notre présence à Strasbourg qui donne au Conseil ne importance geopolitique qu’il n’aurait plus face à la montée en puissance de l’Union. Alors ? montrez-vous compréensifs. D’ailleurs qui peut se permettre de donner des leçons. Vous avez vu l’état des prisons françaises et le sort fait aux immigrés dans les vielles démocraties européennes ?»…A tous les niveaux, "on" y est sensible, à cet argument;Chez les diplomates du Comite des ministres, chez les parlementaires et bien sûr chez les fonctionnaires et les experts....

Au Conseil de l’ Europe, on veut croire aux progrès possibles. Cette semaine encore, Thomas Hammarberg,  le Commissaire aux Droits de l'Homme, Thomas Hammarberg, a participé à une Table Ronde sur l'exécution des arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme concernant la République tchétchène. Cette Table ronde était organisée en coopération avec le Commissaire aux Droits de l'Homme de Russie, Vladimir Lukin (mais oui, la fonction existe!) 

Vous voyez : on travaille.

De même, le Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), René van der Linden, a fait une nouvelle déclaration au sujet de la ratification du protocole n° 14 à la Convention européenne des droits de l’homme , dont les Russes ne veulent pas entendre parler :

« Je suis déçu que la Douma d’État russe n’ait toujours pas donné son accord à la ratification de ce protocole vital, empêchant ainsi son entrée en vigueur. (…) L’objectif principal de ce protocole est de veiller à ce que les citoyens bénéficient d’une justice plus rapide et plus efficace en aidant la Cour à résorber plus rapidement son retard. Cet échec nous pénalise tous et ce sont les Européens, y compris en Russie, qui en pâtiront le plus. Je ne peux donc qu’exhorter, une fois de plus, la Russie à ratifier ce protocole le plus rapidement possible. »

 Vous voyez : on exhorte…

Mais les activités anti-démocratiques de la Douma sont plus rapides et plus efficaces que ses soucis de se conformer aux principes du Conseil de l’Europe. Des principes que la Russie s’est engagée à respecter, non seulement formellement (pour reprendre la distinction de Lénine) mais réellement. Le Conseil de l’Europe n’est pas le gardien de « libertes-piquets »…

Daniel RIOT

30/06/2007

Strasbourg : un mystère tchétchène au Conseil de l’Europe provoque la colère de Moscou

Une bien petite affaire...face à la tragédie du pays de Grozny

Un mystère. Et un double incident diplomatique, entre Moscou et Paris et entre la Russie et le Conseil de l’Europe. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a demandé aux autorités françaises des « explications » sur la venue à Strasbourg, au Conseil de l’Europe, mercredi, en catimini, sans badge,   de l'ancien émissaire des indépendantistes tchétchènes en Europe, Akhmed Zakaïev, réfugié à Londres.

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« Comment cet homme, recherché par Interpol, peut-il être ici? Comment est-il entré sur le territoire du Conseil de l'Europe? », a déclaré par téléphone à RIA Novosti le chef adjoint de la délégation russe à l'Assemblée, Léonid Sloutski…Selon le ministre russe, Moscou « s'inquiète de la situation qui s'est développée autour de la liberté de mouvement de Zakaïev en Europe ».

A Strasbourg, M. Zakaïev n’a fait l’objet d’aucune invitation officielle du Conseil de l’Europe. Mais sa présence a été confirmée par l'ancien rapporteur de l'APCE (Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe) sur la Tchétchénie, Rudolf Bindig.  « Oui, il était là », a-t-il dit, ajoutant qu'en dehors de cette rencontre, M. Zakaïev avait également vu l'actuel rapporteur de l'APCE sur la Tchétchénie, le Suisse Andreas Gross. « J'ai profité de cette occasion pour parler avec lui, savoir ce qu'il pensait de la Tchétchénie », a poursuivi M. Bindig.

7b620ae3c90b2831b3ae25554a99cf25.jpgSelon RIA Novosti, Akhmed Zakaïev (en photo sur le terrain) aurait passé environ une heure au Conseil de l'Europe. Proche de l'ancien président indépendantiste Aslan Maskhadov, tué le 8 mars 2005, Akhmed Zakaïev vit à Londres. La justice britannique a rejeté les demandes d'extradition de Moscou qui l'accuse d'actes de "terrorisme" pendant les guerres russo-tchétchènes. M. Zakaïev voyage en Europe où il a été reçu à plusieurs reprises par des parlementaires au Danemark, au Pays-Bas ou en Belgique.

Histoire de ne pas se laisser impressionner par le coups de colère diplomatique de Moscou, ce rappel d'un texte publié voilà quelques mois....

Danser sur des ruines et sortir des ruines...par l'action culturelle: L'Europe face au défi tchétchène et au pari sur l'intelligence de Milana Terloeva!

Tchétchénie: Soutenir l'initiative de MILANA TERLOEVA en faveur d'un CENTRE CULTUREL EUROPEN A GROZNY!

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT:  

TCHÉTCHÉNIE, LE RIDEAU SANGLANT EST LEVÉ !

Ruines et cadavres pour ton quotidien si triste,
Tchétchénie, ta liberté est fédérée par la Russie,
Le mur tombé de Berlin en espoir de démocratie,
N'est qu'un leurre pour Occidentaux affairistes.
_
Une nouvelle Palestine est née au régime de Poutine,
La révolte armée dans les larmes d'un juste courroux
Prolonge le drame humain jusqu'à l'opéra de Moscou,
Le rideau se pourpre des effets mortels d'une toxine.
_
Aux tchétchènes brandissant l'éventail d'un grand malheur,
Poutine devient l'acteur d'une folle comédie dramatique,
Théâtre d'expérimentation d'un terrible gaz anesthésique,
Asphyxiés dans leur délivrance, nombre d'otages meurent.
_
Entends, peuple de Russie, le cri déchiré de la Tchétchénie,
Prends ta faucille et coupe la nostalgie de l'ancien régime,
Prends ton marteau et frappe sur l'enclume de la tyrannie,
Ne tue plus sur les champs d'une idéologie, truffée de mines.

M. Meyer-Abbatucci >>>>>>>>>>>>>>

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Des nouvelles de Tchétchénie ? Silence radio : « Un trou noir », constate Milana Terloeva. « Le couvercle est bien refermé sur la marmite ». Une marmite pleine de sang, de larmes, de tragédies quotidiennes mais banalisées ignorées. Qui s’en soucie, d’ailleurs ? La Tchéchénie, c’est loin… Et qui voudrait faire de la peine à Poutine ? Qui voudrait « blesser » une Russie déjà enfiévrée par la campagne présidentielle qui doit faire émerger le successeur de Vladimir ?

Officiellement, l’Ordre règne à Grozny. C’est l’essentiel, non ?

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 "Sauvons la Tchétchénie contre qui?" s'est insurgé récemment, à Genève, le général Balouïevski, chef d’état-major des forces armées russes,  en rappelant que la Tchétchénie connaît un « essor économique » et social car les hostilités d'envergure ont cessé « voilà longtemps ».

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Il est content, le général! Plus de douze ans de violations fragrantes des droits de l’Homme sont passées en toute impunité dans les poubelles de l’Histoire. Moscou a su trouver sur place des bras armés qui s’occupent des basses besognes. « Normalisation » ? Le mot est faible…Oleg Orlov  le courageux président de l’ONG « Mémorial » parle  de « stabilisation de la terreur » de « stabilisation du cauchemar ». Il révèle même une « dégradation de la situation ». Et prédit une « bombe à retardement » dans ce Caucase qui reste une poudrière : « On ne pacifie rien par la force et en créant du ressentiment. » I

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Evidemment,  les Maîtres de Grozny reconstruisent, dégagent  les ruines, pansent les plaies des villes et des campagne (en échange d’actes de soumission, de signes visibles de reconnaissance, de participation au « culte de la personnalité » du « grand chef », le Sieur Kadyrov, chef de clan et chef de bande, devenu chef d’un terrorisme d’Etat et patron de réseaux mafieux d’un type nouveau).

En Serbie, Milosevic avait joué la carte d’un « fascisme rouge-brun ». En Tchétchénie, Kadyrov y ajoute l’arc-en-ciel des couleurs de l’économie criminelle, des trafics en tous genres, de la corruption avouée et cultivée. Tout est bon pour lui, y compris les prises d’otages « légales », les « ventes de prisonniers » (ou des  corps des victimes de tortures et d’exécutions sommaires). Et ce jeune homme (il a succédé à son père à 30 ans) est le vrai Patron, Parrain, Homme fort du pays…A tel point que Poutine, parfois, aimerait bien lui limer les dents.  

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Laurent Vinatier, spécialiste de la question tchétchène et doctorant à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris résume bien les choses :

« Fin 2006, Ramzan Kadyrov, fils d’Akhmed Kadyrov et nouvel homme fort de Tchétchénie devenu Premier ministre en mars, poursuit sa montée puissance. Disposant localement d’une force armée loyale composée de plusieurs milliers d’hommes et d’un réseau de soutiens politiques et institutionnels au Parlement nouvellement élu et au sein de quelques ministères stratégiques, il tend, à 30 ans, à devenir le personnage pivot de la république. Il fait concurrence au président Alou Alkhanov, successeur officiel et élu d’Akhmed Kadyrov.

Par le biais de la Fondation Kadyrov créée en l’honneur de son père défunt et dirigée actuellement par sa mère, Ramzan Kadyrov contrôle d’importants moyens financiers aux origines diverses et douteuses. Il est difficile de connaître la provenance exacte des fonds, Ramzan Kadyrov lui-même fait état de dons envoyés par les hommes d’affaires de Moscou.

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Pourtant, les enquêtes de terrain montrent que les réseaux d’intérêts moscovites et kadyroviens coïncident peu. Il faut donc plutôt croire à la version de commentateurs russes, observateurs depuis longtemps des événements de Tchétchénie, qui font valoir une origine essentiellement criminelle : corruption et détournements des subventions fédérales, racket auprès de la population, enlèvements et rançons

Les revenus de Ramzan Kadyrov (photo çi-dessous) lui permettent d’assurer une part substantielle des travaux de reconstruction en Tchétchénie et, surtout, d’organiser une solidarité de large ampleur au sein de la république. Il court-circuite en somme le fonctionnement administratif normal : l’Etat de Tchétchénie est quasiment passé à son service. »

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Cela va plus loin, même : « L’omnipotence du Premier ministre est évidente et n’est pas sans créer certaines tensions au sein même du pouvoir pro-russe. Il est déjà arrivé, par exemple en avril 2006, que des partisans de Kadyrov prennent à parti des gardes de la sécurité présidentielle et que les deux groupes échangent des coups de feu. Les rivalités sont vives également entre les forces relevant directement du gouvernement tchétchène et les bataillons rattachés aux ministères russes de la Défense et de l’Intérieur. Elles pourraient facilement dégénérer en affrontements armés.

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Le Kremlin ne semble pas s’inquiéter plus avant de cette situation confuse et pour le moins instable. Il garde confiance et surveille la pérennité des quelques contre-pouvoirs instaurés face à Ramzan Kadyrov : en particulier Alou Alkhanov, les milices tchétchènes affiliées aux militaires russes ainsi que la famille Iamadaev. Cela peut-il suffire ?

Ramzan Kadyrov est quasiment parvenu à se rendre indispensable à la stratégie russe de « normalisation ». Il ne faudrait pas cependant que la relation de dépendance s’inverse trop encore, au détriment du Kremlin, d’autant que Kadyrov ne ménage plus ses revendications quant à l’avenir de la relation russo-tchétchène et s’engage assez profondément vers une autonomie qui ressemble à un séparatisme de fait.

L’enjeu tchétchène, dominé par Ramzan Kadyrov pourrait s’inscrire dans le débat nationaliste émergent en Russie. Il ne faudrait pas que par ses choix en Tchétchénie, la présidence russe puisse prêter le flanc à une critique nationaliste qui se fortifie et qui tend à échapper de plus en plus au contrôle immanent du Kremlin »

Dans ce contexte, trois certitudes :

1) Les besoins humanitaires restent  immenses en Tchétchénie suite aux conflits qui ont éclaté en 1994 et par la suite en 1999. Sur la population actuelle d'environ 800.000 personnes, on estime que 200.000 ont été déplacées. Au cours des deux dernières années, un grand nombre de ces dernières sont retournées de l'Ingouchie vers la Tchétchénie.

Les conditions de vie sont extrêmement difficiles pour toute la population, et plus particulièrement dans la capitale, Grozny. Beaucoup de rapatriés n'ont pas pu retourner chez eux parce que leurs maisons ont été détruites. En dehors de la Tchétchénie, plus de 20.000 personnes sont toujours déplacées dans la région de l'Ingouchie et 9.000 autres encore au Daghestan. La plupart d'entre elles vivent dans des conditions précaires.

2) En 2006, la Commission européenne a contribué à hauteur de 26 millions d'euros dans le financement de l'aide aux victimes du conflit en Tchétchénie. Depuis le début de la crise actuelle en 1999, l'aide totale pour l'ensemble du Nord-Caucase a atteint 200 millions d'euros, faisant de l'Union européenne le principal donateur dans la région. Mais cela va où ? Qui en profite ? Les ONG et les institutions internationales n’ont pas les moyens d’avoir des « permanents » sur place. L’ONU, par exemple, se contente d’envoyer des missions « d’un jour »…

 3) Les oppositions tchétchènes, les « diaporas » (moscovites, ou européennes, ou Turques sont plus que divisées. Opposées. Les affairistes et les profiteurs, les « fous de la charia » (qui n’ont rien à voir avec les traditions soufies de la Tchétchénie), les « collaborateurs » des mafias russes, les « humanistes démocrates »

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C’est bien sûr dans cette dernière catégorie que s’inscrit Milana TERLOEVA qui, après avoir fait des études en France, écrit un excellent « Danser sur les ruines. Une jeunesse tchétchène » (chez Hachette Littérature), va repartir vers son pays en janvier.

En pleine conscience des risques  qu’elle prend. Avec sa vie.  En sachant que l’esprit de résistance doit être plus fort que tout. "Vivre, et non seulment survivre") A Grozny, elle voulait créer un journal indépendant. Elle y renonce. Trop suicidaire ! Missioon impossible en l'état actuel des choses... L'utopie, oui, mais....« On ne pisse pas contre le vent » redirait De Gaulle…

Mais elle veut y créer un « Centre culturel européen ». Un beau projet, interculturel, fondé sur l'échange, cette base de la démocratie, bâti sur une philosophie d'action de "l'espérance active", inspiré plus par la géophilosophie (cet humanisme)  que sur la géoplitique (ce machiavélisme). Un engagement qui devrait concerner tous les services diplomatiques et culturels de tous les pays membres de l'Union voire du Conseil de l'Europe (Russie comprise)

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Saura-t-elle réussir à Groznyï ce que Francis BUEB (photo çi- dessus) a réussi à SARAJEVO avec son Centre André Malraux ? Cela dépend d’elle,bien sûr,  mais aussi et surtout de nous.De notre solidarité active! « L’inaction est toujours une décision », dit-elle. Ne restons pas « inactifs ». Aidons-là. Elle en a besoin. Elle le mérite. Et il le faut si l’on veut que la Tchétchénie de soit pas pour l’Europe « un laboratoire du futur ». Donc un laboratoire du pire pour l'Europe.

Selon les paroles mêmes d’Anna Politkovskaïa (photo çi-dessous), c’est à une «tchétchénisation» de la Russie que l’on assiste désormais, avec la multiplication des crimes racistes, la mise au ban de la nation des Tchétchènes, et même plus largement de toutes les personnes originaires du Caucase.

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Bien loin d’avoir apporté une pierre dans la « lutte anti-terroriste », l’interminable conflit de Tchétchénie a engendré une génération de desperados qui n’ont rien connu d’autre que la guerre, des vagues de réfugiés et la diffusion d’un islam radical dans une région de tradition soufie qui se distinguait par sa modération, par son sens du Respect (de la vie, de la personne humaine, de l’Autre)

A 26 ans, cette belle et brillante Tchétchène qui aime son pays, son peuple et qui a une vision « personnaliste » de l’espèce humaine se lance dans le plus difficile des paris : celui de l’intelligence contre la bêtise, celui de l’Humain contre l’inhumanité, celui de la Culture comme outil de perfectionnement de l’Homme et de la Société, comme levier d’un Vivre ensemble fondé sur le Respect, comme arme contre cette Barbarie et cette Haine qui sont si contagieuses,si cancérigènes, si empoisonneuses….

Au Conseil de l’Europe, aux institutions européennes, aux collectivités locales et régionales, aux associations et aux ONG de l’aider. Pourquoi pas un jumelage Strasbourg-Grosny, par exemple?

Je lance ici un Appel solennel. J’y reviendrai, bien sûr. En attendant contactez Milana Soutenez-là dans la mesure de vos mooyens. Elle fête son anniversaire le 30 décembre. Son dernier anniversaire en France !  Bon anniversaire à elle. Bonne Année à elle et à son peuple surtout !

Daniel RIOT 

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TCHÉTCHÉNIE, QUI SE SOUVIENDRA?

Qui donc se souviendra de ce peuple tchétchène

Sur lequel s’abattit les fureurs de la haine

D’un triste dirigeant que l’on nomme Poutine

Duquel serra la main le ministre Védrine,

Ambassadeur titré du peuple que nous sommes,

Qui devait protester au nom du droit des hommes ;

Du droit qui se détient d’un pays souverain.

En bonne politique on se serre la main ! ! !

Les maîtres du Kremlin donnent des rimes en " ine ".

Lénine, Staline, Eltsine et puis Poutine

Sont devenus tyrans à force d’exercer

Des pouvoirs absolus amenant les excès

Les plus sanglants. Mais dans la Tchétchènie

L’horreur fut à son comble : assiégés dans Grozny,

Mitraillés par les Russes et par les partisans,

Condamnés à la faim : femmes enfants et vieux

Subissent tous les jours des déluges de feux.

Les Russes ont déployé de très gros matériels ;

Les obus, les roquettes, assauts venant du ciel

Pleuvent ; les habitants enterrés dans les caves

Sont affamés, malades, véritables épaves.

Ils sortiront hagards et inquiets de leur sort ;

Beaucoup sont torturés et condamnés à mort.

On entend ça et là quelques protestations

Chez des gens généreux et dans quelques nations :

Mais ça s’arrête là, et au sein des Nations-

Unies on ne cherche à bouger- prêtes à intervenir ?

Non ! On craint le danger qu’il y aurait de sévir

Envers la Russie car elle n’est pas en guerre !

Traquant des terroristes, elle ne s’émeut guère

De raser un pays qui n’est pas ennemi.

Qui donc se souviendra des gens de Tchétchènie ?

Marcel Albert>>>>>>>>>>>>>>

 
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