Avertir le modérateur

16/09/2008

En UNE sur relatio-europe

Culture 2013:Le sacre de Marseille PDF Imprimer Email

 

 

Déception à Lyon qui avait un bon dossier. Déception chez Juppé à Bordeaux qui est l'une des villes française travaillant le plus dans une dimension européenne.Déception à Toulouse, où l'on sait que ce type de compétition est aléatoire, comme le sport. Mais euphorie à Marseille. Où Gaudin, selon quelques esprits mal tournés, ne doit pas être surpris.Son dossier n'aurait-il pas (un peu) été privilégié par la reconnaissance élyséenne pour services rendus et par le contexte (le lancement de l'Union pour la Méditerranée.)?. Mais laissons les mauvais esprits à leurs procès d'arrière pensées! "On a gagné! On a gagné!" Les Marseillais exultent comme après une victoire de l'OM. Bravo et bonne réalisation. La cité phocéenne, qui partagera son titre avec la ville slovaque de Kosice, va vivre avec la perspective de réussir sa mission et d'en tirer parti pour l'avenir. Tous derrière et avec Marseille!"La victoire d'un territoire" (photo Ville de Marseille)

Enfin une réponse européenne aux problèmes de l'intégration des Roms ? PDF Imprimer Email
Les fidèles de RELATIO-EUROPE connaissent le dossier et les problèmes qu'il pose. Voilà des années que le Conseil de l'Europe travaille d'arrache pieds pour que les Roms soient considérés comme des citoyens comme les autres, comme des personnes dignes de ce nom, et protestent contre les atteinte aux droit de l'Homme dont ils sont victimes dans plusieurs pas d'Europe. L'Union européenne se réveille , enfin. Quelque 7 millions de citoyens européens ont les yeux tournés vers Bruxelles, où se tient, aujourd'hui, le premier sommet sur les Roms organisé par la Commission européenne.
Les Roms espèrent de cette conférence un engagement des Etats à développer des politiques nationales d'intégration. Une proposition que la France, qui préside l'Union européenne, doit soutenir. Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, propose aux Vingt-Sept de développer des standards européens d'intégration des Roms par l'emploi, le logement, la santé et l'éducation dans le cadre de plans nationaux. Avec ---c'est ESSENTIEL--- des actions locales adaptées.
Jacques Barrot : « Se sentir citoyen européen, c'est se sentir protégé » PDF Imprimer Email

Justice, liberté, sécurité : Les priorités du vice-président de la  Commission

Entretien avec Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne en charge de l'espace de justice, de liberté et de sécurité. (Sélection Relatio-Europe sur le site de la Fondation Schuman)

1. Vous êtes Vice-président de la Commission européenne, désormais en charge de l'un des portefeuilles les plus importants, celui de l'espace de justice, de liberté et de sécurité. Quels sont vos objectifs prioritaires ?

Tout d'abord, continuer à bâtir la citoyenneté européenne. Une citoyenneté qui n'a pas vocation à se substituer à la citoyenneté nationale mais à s'y ajouter, et qui peut être définie comme le plus haut degré possible de protection du citoyen européen, en tout point du territoire de l'Union. Se sentir citoyen européen, c'est se savoir protégé par l'action européenne.

Il s'agit d'abord d'une protection individuelle, garantissant les libertés et les droits fondamentaux.

Je pense, en premier lieu, à la lutte contre toutes les discriminations, qui méritent d'être combattues avec une égale détermination. Nous y travaillons avec mon collègue Vladimir Spidla, et notre proposition de directive horizontale du 2 juillet 2008 est un progrès considérable.

J'entends également améliorer la situation en matière de respect de la vie privée, en modernisant notamment la directive de 1995 sur la protection des données personnelles, pour l'adapter au développement des nouvelles technologies.

La protection individuelle, c'est aussi assurer le respect du droit des citoyens européens et de leur famille de circuler librement d'un État membre à l'autre, et d'y séjourner.

Cette liberté doit être garantie et je présenterai un rapport sur l'application de la directive de 2004.

Enfin, protéger les individus, c'est continuer à avancer sur le chemin de la coopération judiciaire civile. En effet, à quoi sert la mobilité des individus si leurs droits restent à quai ? Des actes qui peuvent être simples chez soi deviennent compliqués quand on traverse les frontières...

EDVIGE et les autres fichiers:Un combat à poursuivre PDF Imprimer Email
NON à la police politique et sociale
Par Corinne Lepage

La mobilisation contre le fichier Edvige et le lancement par la ministre de l'intérieur d'une concertation doit permettre de poser la question de tous les fichiers et des nouveaux rapports à établir entre liberté et sécurité du fait de la révolution technologique contemporaine.

Tout d'abord, revenons à la réalité d'Edvige. Il ne s'agit de ficher ni les terroristes reconnus ou en puissance qui figurent dans le fichier CRISTINA, ni les délinquants, délinquants présumés et même personnes concernées par les actes de délinquances, victimes y compris qui figurent dans les fichiers STIC et JUDEX. Alors, de qui s‘agit-il ?

De la police politique propre à notre heureuse démocratie, qui certes préexistait à EDVIGE, et d'une nouvelle police sociale permettant de ficher tous ceux qui seraient , un jour susceptible non plus comme du temps du décret de 1991de porter atteinte à la sécurité de l'Etat , mais simplement de troubler l'ordre public : manifestants, opposants à un incinérateur ou à une autoroute, parents d'élèves ou citoyens manifestant contre la fermeture d'une école ou d'une maternité, militants des droits de l'Homme etc...Il est évident que la police doit pouvoir travailler mais les fichiers existants le lui permettent

L'Europe gourmande; Pour un inventaire du patrimoine culinaire de l'Europe PDF Imprimer Email

Par DanSolal
C'est (en partie) l'une ses suites logiques des ateliers qui s'étaient déroulés au Conseil de l'Europe lors de « Food Culture », le premier festival des saveurs et des cultures d'Europe, qui s'est déroulé en juillet dernier et que Relatio-Europe a largement « couvert ». À l'initiative de Francis Chevrier (qui a participé activement au Festival strasbourgeois), des universitaires et des chercheurs lancent un appel à Nicolas Sarkozy pour la mise en place d'un inventaire des pratiques, traditions alimentaires et culinaires de l'Union européenne
«Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. »... Extraite de La Physiologie du goût, publiée en 1825 par Brillat-Savarin(notre gravure), la formule pourrait servir de devise à Francis Chevrier. Directeur de l'IEHAC (Institut européen d'histoire et des cultures de l'alimentation) qu'il a fondé en 2002 à Tours, au sein de l'université François-Rabelais , cet universitaire ne s'est-il pas donné pour mission l'étude des rapports entre l'homme et son alimentation ? Son travail est unanimement reconnu.


02/08/2008

ROMS: UN DOSSIER DE RELATIO-EUROPE

NOUS SOMMES TOUS DES ROMS
PDF Imprimer Email
Samedi, 02 Août 2008 04:06

Par Daniel RIOT

(Un tableau de William-Adolphe Bouguereau,1879),

Un Dossier de Relatio-Europe

« Nous sommes tous des Roms ». Comme nous avons été, du ou pu être des juifs allemands. Comme nous sommes tous ou devrions être des enfants du Darfou et d'ailleurs. Comme nous sommes tous des nomades, des migrants, des gens de passage. Comme nous sommes tous des « étranges étrangers » pour les gens d'ailleurs, différents.

Un « Rom » ? L'étymologie parle, mais si elle est ignorée ou oubliée : c'est « Homme » en hindi.

« Romanichels » ?  « Un groupe d'hommes ».

« Manouches » ?   « Les gens »...

« Hommes » ? Sont-ils traités en hommes  (et en femmes) , les Roms ? Oui. Quand ils chantent, dansent, font rêver, fantasmer... « D'où viens-tu gitan » ? Qui ne rêve pas d'une « princesse aux pieds nus » ? Qui n'aime pas leur musique, leur art, leur cuisine ? Les « nuits tsiganes » rencontrent un succès croissant. Comme les festivals, à l'image de celui de Budapest qui va se dérouler à la mi-août. Et leurs pèlerinages aux Saintes-Marie ou ailleurs font de « belles images »...

Tsigane ? Du grec Αθίγγανος (« intouchable »). Zigeuner en allemand, Cigány en hongrois, Zingaro en italien... Un peuple d'Europe. Qui disposait d'un visa jadis grâce au roi de Bohème (dont leur surnom de « bohémien ». Un peuple qui n'aime plus qu'on l'appelle tzigane, à cause du Z que les nazis tatouaient sur leur corps dans les camps où ils ont, comme les juifs, été traités en « impurs », en « sous-hommes », en  rats à éliminer...

Fascination, répulsion...Fantasmes et peurs. Trop « différents » pour être traités en « égaux ». Trop gênants. Trop dérangeants.

 

ROMS: UN DOSSIER DE RELATIO-EUROPE

NOUS SOMMES TOUS DES ROMS
PDF Imprimer Email
Samedi, 02 Août 2008 04:06

Par Daniel RIOT

(Un tableau de William-Adolphe Bouguereau,1879),

Un Dossier de Relatio-Europe

« Nous sommes tous des Roms ». Comme nous avons été, du ou pu être des juifs allemands. Comme nous sommes tous ou devrions être des enfants du Darfou et d'ailleurs. Comme nous sommes tous des nomades, des migrants, des gens de passage. Comme nous sommes tous des « étranges étrangers » pour les gens d'ailleurs, différents.

Un « Rom » ? L'étymologie parle, mais si elle est ignorée ou oubliée : c'est « Homme » en hindi.

« Romanichels » ?  « Un groupe d'hommes ».

« Manouches » ?   « Les gens »...

« Hommes » ? Sont-ils traités en hommes  (et en femmes) , les Roms ? Oui. Quand ils chantent, dansent, font rêver, fantasmer... « D'où viens-tu gitan » ? Qui ne rêve pas d'une « princesse aux pieds nus » ? Qui n'aime pas leur musique, leur art, leur cuisine ? Les « nuits tsiganes » rencontrent un succès croissant. Comme les festivals, à l'image de celui de Budapest qui va se dérouler à la mi-août. Et leurs pèlerinages aux Saintes-Marie ou ailleurs font de « belles images »...

Tsigane ? Du grec Αθίγγανος (« intouchable »). Zigeuner en allemand, Cigány en hongrois, Zingaro en italien... Un peuple d'Europe. Qui disposait d'un visa jadis grâce au roi de Bohème (dont leur surnom de « bohémien ». Un peuple qui n'aime plus qu'on l'appelle tzigane, à cause du Z que les nazis tatouaient sur leur corps dans les camps où ils ont, comme les juifs, été traités en « impurs », en « sous-hommes », en  rats à éliminer...

Fascination, répulsion...Fantasmes et peurs. Trop « différents » pour être traités en « égaux ». Trop gênants. Trop dérangeants.

 

20/11/2007

STRASBOURG: Téléchargez l'hymne européen en plusieurs versions

L'HYMNE EUROPEEN
Le Conseil de l'Europe met à disposition des professionnels et du public, les enregistrements de différentes interprétations de l'Hymne Européen
Fichiers Realmedia

CD - Variations sur le thème de l´Ode à la Joie

Piano
Hip-Hop


Variations Roms de l’Hymne européen : lancement d'un CD le 20 novembre 2007
Hymne européen en rom par Esma Redzepova
Hymne européen par Grupi folklorik Romenga Shqiperia
Hymne européen en rom par Yorgui Loeffler
Hymne européen en rom par Kal
SUR RELATIO: LES ROMS A L'HONNEUR >>>>>>>>>>

19/11/2007

Strasbourg: Versions Roms de l'hymne européen

Repris sur RELATIO

Un CD de variations Roms sur le thème de l'hymne européen sera lancé le mardi 20 novembre au Conseil de l'Europe. Cinq groupes de musiciens Roms participent à ce projet : le groupe albanais Shqiperiagroup , les groupes serbes Kal et R. Point, Yorgui Loeffler - guitariste alsacien de jazz manouche - et enfin la célèbre chanteuse Rom Esma Redzepova, qui sera présente et interprètera sa version lors de cet événement.

6de165e2b693f2331cf192c7df998cca.jpgEsma Redzepova

Ce lancement aura lieu à 12 heures (foyer de l'hémicycle), à l'occasion de la session du Congrès du Conseil de l'Europe (19-21 novembre 2007 à Strasbourg) et de la remise du " Prix Dosta ! Congrès pour les municipalités " qui récompense les meilleures initiatives locales en faveur de l'intégration des roms.

La réalisation de ce CD s'inscrit dans la campagne de sensibilisation " Dosta ! " du Conseil de l'Europe qui a pour but de faire évoluer les mentalités et de rapprocher les Roms des autres citoyens, en montrant qu'ils sont des membres ordinaires de la société, avec leurs talents et leur potentiel.

e7de49e0f539fbc283ac776c8802f545.jpg

Présents dans la quasi-totalité des États membres du Conseil de l'Europe dont ils représentent parfois quelque 5% de la population (environ 12 millions de personnes au total), les Roms sont nombreux aujourd'hui à vivre dans des conditions difficiles et leur participation à la vie publique demeure très limitée. Par cette campagne, le Conseil de l'Europe entend démontrer que la qualité de citoyens et les droits fondamentaux des Roms doivent donc être reconnus. La culture Rom, enfin, fait partie du patrimoine culturel européen et contribue à l'enrichissement de nos sociétés.

La Campagne fait partie d'un programme commun Conseil de l'Europe/Commission Européenne mené en 2006 - 2007 dans cinq pays : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie et " l'ex-République yougoslave de Macédoine ".

320958fe179575f290f9ac3612199232.jpg

ECOUTEZ, en cliquant sur les liens:

Hymne européen en rom par Esma Redzepova

Hymne européen par Grupi folklorik Rome nga Shqiperia

Hymne européen en rom par Yorgui Loeffler

Hymne européen en rom par Kal

Plus d’informations et morceaux disponibles sur www.coe.int et www.dosta.org

 

VOIR LES SPOTS:

Spot 50’’
Spot 25’’

08/11/2007

L’Europe face aux vagues xénophobes : « DOSTA »!

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

Les « Ritals »… Ce n’est pas si vieux ! Et ce n’est pas seulement le titre d’un (excellent) livre de Cavanna. C’était (et c’est encore d’une façon plus sympathique, heureusement)  le surnom péjoratif et insultant des Italiens, ou plutôt des migrants italiens plus ou moins bien accueillis en France et ailleurs. Car l’Italie était une terre pauvre, donc d’émigration. Des émigrations qui depuis ont  d’ailleurs contribué à la richesse des pays d’accueil et … de l’Italie.

Qualités des travailleurs, rayonnement de la culture italienne (gastronomie en tête), intelligence et dynamisme des « colonies » italiennes. Même l’ombre des maffias n’a empêché une bonne intégration ou une excellente assimilation des Italiens et des italiennes…

Comme dit Jacques Attali dans ses bonnes analyses sur le nomadisme : les diaspora constituent un atout considérable des pays d’origine. C’est d’ailleurs, à terme, l’une des faiblesses des USA, par rapport aux pays européens, asiatiques et…africains !

6c9fc51b2ca3d57a3cc9424565f9129f.jpg
Immigrés italiens parqués en France au siècle dernier (avant-hier)

Et voici que les « Ritals » se défoulent ou prennent peur, contre d’autres personnes qui fuient la misère, cherchent une terre où la vie est plus facile,  tentent de trouver de l’air plus respirable quitte à s’enfoncer dans d’autres malheurs. Les milliers de gens qui quittent l’Afrique ou l’Asie ne sont pas les seuls : la Roumanie, entrée (peut-être prématurément) dans l’Union européenne reste une terre où la vie est dure, et où, surtout, des roms souvent mal traités sont tentés d’aller voir ailleurs ! Comme on ironisait en France en dénonçant les idéologies reposant sur un nationalisme d’exclusion : « il y a vraiment trop d’étrangers dans le monde »….

D’ailleurs, il y a des étrangers partout : 20 000 Italiens sont installés en Roumanie où  700 entreprises italiennes  travaillent. Un rappel que le chef du gouvernement roumain n’a pas manqué de faire à Prodi

La vague xénophobe qui frappe l’Italie, comme la plupart des pays européens, à des degrés divers, s’explique par des constats de bon sens. Quantitatif et qualitatif : aucune contrée ne peut, selon la formule de Rocard, « cueillir toute la misère du monde ». Et les faits divers médiatisés, ces moulins à émotions, des usines à déraison, ces accélérateurs de réflexes tripaux, provoquent vive des explosions. La peur, cette mauvaise conseillère, ne favorise pas la réflexion et les réactions de sang froid. Une irrationalité logique à impact politique inévitable et (hélas !)…exploités. En cela l’Italie actuelle n’est en rien un « cas », une « exception ». Hélas...

08fac0ef384824e3702cb21eb57a4095.jpg

Avant de crier haro sur Prodi, remarquons d’abord, sans rien excuser, que nous ne sommes pas en face «  d’expulsions de masse ». Il n’y a aucune « chasse aux romanichels » officiellement déclenchée, avec obligation des résultats statistiquement concrets. Et agités avec le bonheur qu’affiche, en France aujourd’hui, par exemple, Monsieur Hortefeux…

Le ministre de l’intérieur italien a, lui, donné le chiffre de 12 expulsions. Elles concernent des Roumains qui ont commis des délits ou sont soupçonnés d’en commettre.

885e094276a340f479cabc7d06ee1120.jpg

Deuxième remarque, à décharge si l’on peut dire afin de mieux comprendre l’émotivité de masse qui secoue l’Italie : la plupart des autres pays européens ont connu une immigration étalée dans le temps, l’Italie, elle,  a connu un afflux massif d’immigrés en l’espace de seulement 10 ans. On recense aujourd’hui 3,5 millions d’immigrés légaux et entre 1 et 2 millions de clandestins. Pour ce qui est des Roumains, on estime qu’ils sont 500 mille en Italie dont 160 mille romanichels. Des chiffres sans doute à multiplier par deux… L’ouverture des frontières en janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie en Europe a généré un flux énorme.

Mais il faut, évidemment,  distinguer la population roumaine « laborieuse », active notamment dans les travaux de garde et de maçonnerie, de sa « frange clandestine et criminelle ». Or,  c’est évidemment cette confusion qui pose problème. Toute la communauté roumaine qui risque d’en pâtir.Avec des vendetta à la clef. C’est déjà fait. Et il y a un véritable consensus là-dessus, même à gauche. 80% des Italiens selon un dernier sondage pensent que les Roumains sont des criminels potentiels ou réels. Et les mesures prises par le gouvernement, les expulsions et les camps des roms rasés, ne font que confirmer ce sentiment d’exutoire, ou de quête d’un bouc-émissaire. La droite elle réclame des mesures plus drastiques…

Les décrets gouvernementaux ne sont donc que la face émergée du drame qui est en train de se jouer. « On est en effet en train de raser massivement les baraques où vivent les romanichels. Sans les reloger. C’est terrible et grotesque. Jeter toutes ces personnes dans la rue, de plus alors que le froid commence à se faire sentir, risque évidemment d’accroître encore l’illégalité, la violence, la criminalité. Cela va avoir pour effet pervers de rendre cette population encore plus insupportable aux yeux des Italiens », souligne Marcelle Padovani, l’excellente envoyée spéciale permanente du Nouvel Obs en Italie…

1faa4b4412a307ba23cf46e295b1e40d.jpg

La mesure prise concernant les expulsions et la vague de xénophobie est  bien sûr extrêmement choquante et inquiétante au niveau européen : « la dangerosité devient en soi un critère d’expulsion ! Et sans garde-fou juridique. », souligne Marcelle Padovani. 

Le Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par ses Etats membres en matière de droits de l’homme et de droits des migrants. Il ne manque pas non plus  de souligner l’importance de la campagne en faveur des rooms lancée dans l’Europe du Sud-est mais qui devrait être élargie :« DOSTA ! » Explications, ou plutôt rappel pour les lecteurs de Relatio qui ont eu l’occasion de la découvrir à plusieurs reprises :

« Dosta », un mot qui en Romani signifie "assez", c'est une campagne de sensibilisations qui vise à faire rencontrer les citoyens Roms et non-Roms."Dosta" signifie qu'on en a assez des préjugés et des stéréotypes, qui souvent faussent la réalité, et qu'on veut les combattre non pas en les dénonçant mais en démontrant qui sont les Roms.

« Les Roms ne sont pas parfait, bien sûr, mais qui l'est? Ce qui est clair est que les Roms sont des citoyens européens: ils sont un groupe qui compte environ 8 à 10 millions de personnes réparties dans presque tous les États membres du Conseil de l'Europe. Dans certains pays d'Europe centrale et orientale, ils représentent d’ailleurs plus de 5 % de la population. »

Marcelle Padovani, qui connaît bien l’Italie, termine son analyse sur le NouvelObs.com en déclarant « On dit souvent que l’Italie est le laboratoire du meilleur et du pire. En imaginant le pire, l’hypothèse la plus terrible serait que ce pays devienne un laboratoire du pré-fascisme vis-à-vis d’autres communautés européennes. » Alors, « Dosta » ! Ou alors, nous deviendrons tous les « Ritals » de quelqu’un. La xénophobie, on voit quand elle commence, mais on n’imagine jamais assez où elle peut conduire.

Daniel RIOT

 

LE SITE SPECIAL DE "DOSTA" >>>>>>>>

UNE FICHE SUR L'IMMIGRATION EN ITALIE >>>>>>

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu