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13/04/2008

LIVRES: Magritte en couverture de "l'Europe cette Emmerdeuse"

« Ceci n’est pas une illusion »,

par Daniel RIOT

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 Une des couvertures auxquelles vous avez échappé, comme on dit à Charlie... 
 



Comment choisir une couverture d’un ouvrage ?

Question préoccupante. Pour les auteurs, l’éditeur et les libraires… 

Je n’ai donc pas échappé à cet exercice avec sur les bras « mon emmerdeuse »

Je réfléchis …

Les amis dessinateurs ne manquent pas : pourquoi ne pas faire appel à eux ? Bien sûr. Pourquoi pas ?

J’avais déjà [1] avec Tomi Ungerer co-écrit un livre sur l’Europequi est devenu ouvrage de collection. Et Tomi, n’aurait pas refusé. L’Europe, une femme ? Emmerdeuse de surcroît…De quoi inspirer celui qui a (si justement) écrit : « L’Europe est une drôle de femme. Elle connaît en même temps la puberté et la ménopause. La ménopause parce qu’elle a tout vu, tout connu. Elle sait tout, elle est blasée fatiguée. En même temps, elle semble timide, effarouchée, comme prise de vertige devant les aventures de la vie »

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L’Europe ? Une femme surréaliste.

C’est précisément un surréaliste qui, pour moi, illustre bien le triple objet de ce livre écrit avec la complicité de Sandrine Kauffer.

>>>L’Europe dans ce qu’elle a d’inachevé.Entre espoirs et déceptions

>>>Le journalisme tel que je le conçois c’est-à-dire questionnant les choses, le monde et les gens au-delà des apparences

 >>>Et les mystères de la vie, ces hasards et ces nécessités qui font l’essence et l’existence, ce Destin qui n’est que rarement le dessin de nos desseins… 

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Ces apparences trompeuses

« Ceci n’est pas une pipe » de René Magritte, a toujours constitué pour moi, la plus belle leçon de journalisme. Et de communication…Ne pas se fier aux apparences, à cette « écume des choses » que sont les « événements » selon Valéry.

« Ceci n’est pas une pomme ». « La trahison des images » est encore plus nette en cette ère de l’audiovisuel, du virtuel, des faux-semblants…

L’Europe est-elle une emmerdeuse ? D’ailleurs, l’Europe est-elle une femme ? Magritte est-il un peintre ? « Non, un grand peintre », a-t-on dit. C’est vrai, mais comme tous les vrais peintres, il sait « voir la pensée ». L’œil regarde, mais pas seulement. Il écoute, aussi. Et il décrypte l’invisible quand il « voit » la pensée. Quand il nous permet d’accéder à la pensée imagée de l’invisible.

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L’Europe est d’abord une pensée. Elle doit être surtout une revanche sur cette « Défaite de la pensée » si bien décrite par Finkielkraut voilà longtemps déjà. Parce qu’elle ouvre des fenêtres, parce qu’elle nous permet de dépasser nos horizons, de mettre un peu de ciel sur notre terre…

« Ceci n’est pas une vie »

Des fenêtres, des coins de ciel, des oiseaux d’espérance (malgré les nuages) : Magritte en a peint des séries. Qui donnent des ailes à nos rêves de paix et de bonheur. Des rêves qui se sont si souvent transformés en cauchemars….

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Fragilité des choses, versatilité des Humains… Avec des imperfections en tout genre. Y compris de nos reflets dans nos miroirs. Avec aussi et surtout ce sentiment d’inachevé qui persiste même quand on écrit, imagine, ou vit le mot « FIN ».

« Ceci n’est pas un texte ». « Ceci n’est pas une vie »…

Toujours regarder vers le ciel en conservant les pieds sur Terre : une vraie règle de vie. Et de pensée. N’est-ce pas la base même de l’idée européenne transformée en projet par Monnet, Schuman et d’autres esprits, qui ont su être à la fois des visionnaires et des pragmatiques ? 

 

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« La Magie Noire de Magritte »

N’est-ce pas ce que Magritte suggère dans sa série sur la « Magie Noire, avec cette femme bleue comme le ciel en guise de « haut » et avec le « bas » teinté par l’ocre de la terre ?

Mystérieuse, cette femme. Enigmatique. Érotique, mais pas spécialement sympathique. Attirante, mais distante…Imposant la distance. Nue, mais habillée de pudeur. « La peau, c’est la profondeur », redirait Valéry.

Magie Noire : Dans cette ancienne collection de Mme Georges Renée Magritte, disséminée à travers le monde, j’étais certain de trouver ce que je cherchais pour illustrer une partie des réflexions échangées dans mes conversations avec Sandrine Kauffer.

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Encore fallait-il trouver le tableau et son cadrage qui ne choquent pas trop les yeux qui se ferment devant des nus trop crus et obtenir les indispensables droits de reproduction.

Notre éditeur Christian English a fait le voyage de New-York pour pouvoir utiliser celle qui en couverture vous donnera, je l’espère, envie de mieux découvrir ma passion pour Europya, le journalisme et … la vie.

 

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Mais aussi les raisons de mes refus de céder à la mode du « déclinisme », du renoncement, de la démission. De la résignation. 

L’Europe est un chantier. Son inachèvement est un terrain d’action, non un motif de déception. Elle est Vie et elle ne vit que par celles et ceux qui savent voir ce que peut être, grâce à elle, l’invisible advenir au-delà des difficultés et des problèmes visibles…

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 Ceci n’est pas une illusion.

 Daniel RIOT

 

En savoir plus sur L’Europe, cette Emmerdeuse

Voir le photoblog consacré à l’Europe cette emmerdeuse

[1] (« L’Europolitain », Anstett ed. )

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22/11/2007

Europe culturelle: "la pionnière de l'art moderne allemand"

A l'occasion du centième anniversaire de la mort de la peintre Modersohn-Becker, un monument à la mémoire de "la pionnière de l'art moderne allemand" a été inauguré à Brême

 

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A LIRE SUR RELATIO >>>>>

14:31 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, arts, allemagne, europe

04/07/2007

Europe des Arts: Paula Modersohn-Becker, ou les débuts de l'expressionnisme

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   Hommage au peintre  de Basse-Saxe, 100 ans après sa mort

La petite commune de Worpswede (Basse-Saxe), qui abrita une colonie d'artistes dans les années 1890, rend hommage jusqu'en février 2008 à une peintre longtemps méconnue, Paula Modersohn-Becker (1876-1907). A l'occasion du centenaire de sa mort, elle lui consacre depuis dimanche une exposition intitulée "Vie! Paula Modersohn-Becker à Worpswede".

C'est le coup d'envoi d'une série d'hommages à cette éminente représentante des débuts de l'expressionnisme. Les musées de Brême lui consacreront à partir de l'automne deux autres expositions, dont l'une entièrement dédiée à ses relations avec Paris et les artistes parisiens.
Paula Modersohn-Becker est décédée en 1907 à Worpswede. Elle n'avait que 31 ans, et venait de mettre au monde son premier enfant. Elle avait rejoint en 1898 la colonie de Worpswede où des peintres s'étaient installés depuis 1889. Fritz Mackensen, Fritz Overbeck, Heinrich Vogeler et Otto Modersohn en étaient. L'écrivain Rainer Maria Rilke effectuait régulièrement des séjours à leurs côtés.

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Paula Modersohn-Becker, elle, se rendait souvent à Paris pour s'imprégner des influences les plus vivifiantes du moment. De Rodin à Maillol, le Paris des années 1900 fut une abondante source d'inspiration pour elle. Pourtant, elle ne sera jamais, de son vivant, considérée comme une artiste autonome et à part entière par ses camarades artistes et intellectuels. C'est "tragique", estime le ministre allemand délégué à la Culture et aux médias, Bernd Neumann. "Par ses motifs, sa façon de peindre à plat et son style autonome, elle était, en fait, très en avance sur les peintres de Worpswede".

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En 14 ans de création, Paula Modersohn-Becker réalisera 750 toiles et quelque 1.000 dessins. Elle peignit beaucoup de portraits, autoportraits ou portraits d'enfants. Mais elle s'intéressa aussi à la vie paysanne de Worpswede, aux paysages et aux natures mortes. Après sa mort, son ouvre fut rabaissée au rang d'"art dégénéré" par les nazis. Elle ne commença à être étudiée dans sa totalité qu'après la Seconde Guerre mondiale. Le travail n'est pas encore achevé. Quelques-unes des toiles furent exposées lors des deux premières expositions Documenta, en 1955 et 1964.

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Les musées Paula Modersohn-Becker et la Kunsthalle de Brême lui consacreront à partir de l'automne deux expositions : "Paula Modersohn-Becker à Paris" (du 13 octobre 2007 au 24 février 2008) et " Paula Modersohn-Becker et les portraits de momies égyptiennes" (du 13 octobre 2007 au 24 février 2008). La première d'entre elles replacera son oeuvre dans l'évolution de la peinture autour de 1900, depuis Cézanne et Van Gogh jusqu'à Picasso et Matisse.

Plus d'informations :
www.worpswede.de/worpswede

03:10 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, arts, allemagne, peinture

24/06/2007

L’Europe culturelle : La force d’Anselm Kiefer

Les 10 ans du musée Guggenheim à Bilbao:

Le tragique européen en face

SELECTION RELATIO:medium_anselm_kiefer200.jpgLe récit européen est (aussi) tragique.  On l’oublie trop : la « construction européenne » qui est d’abord pour chaque peuple un effort de soi sur soi vise en priorité à empêcher des bégaiements de cette inhumanité qui a trop souvent fait l’Histoire et qui sous diverses formes reste une menace.

L’art est l’un des outils pour faire « passer ce passé qui ne passe pas », stimuler la lutte contre « ce monstre qui est en nous » et inciter à la vigilance. C’est avec cette optique qu’il importe de voir les œuvres d’Anselm Kiefer, l’un des phares de cet été culturel européen.

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A Bilbao, le Musée Guggenheim, à l'occasion de son dixième anniversaire, accueille jusqu'au 3 septembre une partie du travail de cet artiste allemand.

Ces immenses toiles aux teintes d'ocre et de gris mêlés, ces vastes compositions aux formes tourmentées disent avec une extraordinaire puissance la désolation du monde, les ravages de la guerre, la volonté de survie au-delà des ruines.

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La mémoire de  Shoah est au coeur de l'oeuvre d'Anselm Kiefer. "La cicatrice du temps s'ouvre béante, inondant la contrée de son sang", a écrit le poète Paul Celan, auquel l'artiste a rendu plusieurs fois hommage.

De cette cicatrice infligée à l'Europe par les conflits meurtriers du XXe siècle, l'art porte témoignage.

Et façonne une partie de ce qui est « l’identité européenne ». DR

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20:55 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, culture, arts, peinture

 
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