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03/08/2008

Relatio-europe:Les dix ans d'Attac ou Une logique à bout de souffle...

 


 

Un billet d'humeur de Daniel  RIOT

L'heure de « gloire » ? Le Non au référendum français sur le projet de Constitution pour l'Union européenne. Et quelques grands rassemblements médiatisés contre la mondialisation. Mais l'alter-mondialisme ne change guère le monde. Et la contestation sans proposition n'a guère de substance politique durable. Pourtant Attac se voulait d'abord, y compris  dans son nom, une force de propositions (Associatioon pour la taxation des transaction pour l'aide aux citoyens!) Las...

C'est la globalisation de l'hyper-capitalisme qu'il faut combattre, non le libéralisme  diabolisé et une mondialisation qui est une réalité ...depuis Saint Paul ou du moins depuis l'ère des grandes découvertes. C'est la mondialisation de la dignité humaine qu'il faut favoriser.

Quant à « l'altereurope », elle reste une Europe altérée, une non-Europe. C'est d'ailleurs cette absence de véritable Europe ; politique et sociale, qui explique en partie les dérives sur l'ensemble de la planète  de l'hyper-capitalisme... anti-libéral (mais oui !)

 

19/11/2007

Strasbourg: Adapter les Universités européennes à la mondialisation

Strasbourg: Conférence du Conseil de l'Europe consacrée à l'enseignement supérieur dans un monde complexe

La conférence organisée par le Conseil de l'Europe à Strasbourg, les 20 et 21 novembre, traitera des enjeux de l'enseignement supérieur dans les sociétés modernes.Cette conférence ouverte à la presse s'intitule " Les nouveaux défis pour l'enseignement supérieur européen : gérer la complexité d'une société mondialisée " ; elle offrira aux hauts responsables de l'enseignement supérieur l'occasion d'aborder, notamment, les questions suivantes :

- l'enseignement supérieur européen peut-il relever les défis de la planète ?
- réinventer l'enseignement supérieur européen au vu des évolutions technologiques ;
- comment promouvoir la viabilité de la société au moyen de l'enseignement supérieur ?
- dialogue interculturel et cohésion sociale : l'enseignement supérieur face à la diversité culturelle ;
- concilier le progrès scientifique et les menaces qui pèsent sur l'environnement dans l'enseignement supérieur ;
- concevoir un enseignement supérieur adapté aux besoins d'un pays en transition ;
- promouvoir les valeurs universelles au vu de l'évolution de la société.

f29df21054661a5bf3027d304cadb855.jpgLa Sorbonne

L'UNIVERSITE ENTRE HUMANISME ET MARCHE 

Il s'agit de la conférence de lancement du nouveau projet phare, d'une durée de trois ans, du Comité directeur de l'enseignement supérieur et de la recherche (CDESR) du Conseil de l'Europe, " L'université entre humanisme et marché : redéfinir les valeurs et le rôle de l'université au XXIe siècle ".

EN SAVOIR PLUS SUR RELATIO >>>>>>>>>>>>>

10/11/2007

Qui recevra le Prix du Sénat du meilleur livre économique de l’année ?

Un honneur accepté. La présidence du Sénat  m’a demandé d’être membre  du jury qui décernera le prix du meilleur livre économique de l’année. J’ai accepté d’apporter ma petite pierre (à titre personnel et au nom de RELATIO) en lisant les dix livres sélectionnés par un Comité scientifique, et en rédigeant des notes de lecture avec appréciations, à destination des internautes qui doivent « élire » le livre et l’auteur.

Je reviendrai sur ce blog ou sur RELATIO sur des livres éliminés (notamment sur l’excellent ouvrage de Jean-Marie Pelt, « C’est vert et çà marche ») mais dans l’urgence je publie ici mes notes sur les trois finalistes. Trois bons ouvrages, dont un, selon moi, mérite les lauriers du vainqueur. DR

 Vous pouvez voter >>>>>>>>

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  • "Désordre dans le capitalisme mondial", Michel AGLIETTA & Laurent BERREBI, Odile Jacob. Une somme. Une vraie thèse. Très sérieuse… Bonne documentation. Excellentes analyses. Un livre à étudier plus qu’à lire. Avec des encadrés, des graphiques, des chiffres, des tableaux plus lisibles et accessibles qu’ils peuvent apparaître.  Ces deux économistes qui ont le mérite d’appuyer leurs analyses macroéconomiques et théoriques sur des réalités bien décryptées nous offrent de bonnes  clefs pour mieux comprendre le « désordre économique (et financier) » qui fait office de « l’ordre mondial » promis. Et ils tracent des pistes à suivre pour tenter de mettre sur pieds cette « gouvernance » mondiale qui fait tellement défaut.

Mais cette anarchie capitalistique n’est-elle pas voulue ? Et si oui, par qui ? C’est la première question qui vient à l’esprit et qui n’est pas posée clairement. C’est  l’une des limites de cette entreprise qui mérite par ailleurs bien des louanges.

Il en est une autre, plus « hexagonale » : pourquoi la France est-elle moins bien performante dans cette « globalisation » révolutionnaire que d’autres pays européens ? Les quelques pages sur le « déclin compétitif français » ne sont pas à la hauteur des attentes. Dommage. Comme d’ailleurs celles, dignes des bonnes résolutions de la stratégie de Lisbonne, consacrées à la zone euro.

Bien sûr qu’il faut « une politique économique européenne cohérente ». Qui en doute ? Evidemment qu’il faut que la zone euro, un peu trop rapidement et schématiquement qualifiée de zone à « souverainetés éclatées », devienne  une « zone de souveraineté politique »…

Mais qui s’y oppose ? Moins la Banque centrale que les gouvernements qui ne joue pas assez la carte communautaire. Moins les traités actuels (et futur) que les pays membres qui ne respectent pas la stratégie de Lisbonne (plus intergouvernementale que communautaire, ce qui est sa faiblesse) et qui plafonnent le budget communautaire. Moins les institutions européennes que les exécutifs nationaux qui n’ont pas le courage de faire de la « zone euro » un vrai Marché Commun où les fiscalités et les conditions sociales seraient harmonisées. « L’impasse européenne » décrite trop superficiellement  vient avant tout du « scandale anglais » : Londres ne devrait pas avoir son mot à dire sur le fonctionnement interne d’un « Euroland » dont le Royaume Uni ne fait pas partie.

Autant dire que les économistes qui sortent un peu de leur discipline  trouveront dans cet ouvrage matière à controverses… D’ailleurs,  « l’économie-casino » qui nous est imposée par un capitalisme devenu fou plus que par le libéralisme si maladroitement caricaturé  ne fait pas l’objet de diagnostics convergents.

Cet ouvrage a le grand mérite de confirmer l’extrême variété des capitalismes. Et de fournir des belles synthèses. Mais il est plus sérieux que pertinent et original.

Daniel RIOT

Classement personnel :3     SUR AMAZON >>>>>

 

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  • "L'enfer, ce n'est pas les autres: bref essai sur la mondialisation", Pierre DOCKES, Descartes & Cie. Le protectionnisme, c’est la guerre, mais le libre-échange ne garantit pas la paix. Ce rappel à lui seul fait plonger dans ce livre à l’écriture vive, aux arguments bien pesés et aux diagnostics pertinents. Ce n’est pas le seul…

Oui la mondialisation, si souvent confondue avec la globalisation, est diabolisée par celles et ceux qui n’ont pas compris que dans ce monde où les notions de temps et d’espace sont chamboulées l’Europe, et tout particulièrement  la France, souffre d’une infidélité à …elle-même. Le « génie européen » pour le meilleur et pour le pire provient d’une donnée majeure : la civilisation européenne fut d’abord une civilisation de la « connaissance », du « savoir », du « penser », du « découvrir ». Et les Européens, empêtrés dans leurs conquêtes puis leurs pertes coloniales et dans leurs guerres civiles d’un autre âge puis dans leurs affrontements idéologiques, l’ont …oublié. Bêtement. Ce n’est pas faute  d’avertissements : « nous autres civilisations, savons que nous sommes mortelles »

Dans son « Bref essais », Pierre Dockès, en inversant la formule de Sartre (« l’enfer, ce n’est pas les autres ») lance un cri, une exhortation. Ce n’est pas l’histoire qui va trop vite », comme disait Mitterrand en aveu d’impuissance, c’est NOUS qui allons trop lentement. Ce n’est pas la mondialisation, ce bouc-émissaire facile, qui doit nous faire peur : ce sont nos faiblesses internes. Et le temps que nous avons perdu en ne respectant pas la stratégie de Lisbonne (déjà trop tardive et pas assez musclée)…

Ces faiblesses, Pierre Dockers les analyse bien en se gardant de tomber dans les pièges des clichés en vogue… Oui, « le Gain de l’un n’est pas fatalement la Perte de l’autre ». Oui, « un système social avancé n’est pas un handicap »… Oui, il faut d’URGENCE relancer cette économie de la connaissance et des innovations, ce qui ne veut pas dire casser la recherche publique, bien au contraire ! « Nos lauriers sont coupés ! ».

 C’est toute la filière innovatrice qu’il faut reconstruire (et non achever), toute une vraie politique  industrielle EUROPEENNE à relancer (pas avec le Raffale…) qu’il faut reprendre comme nous l’enseignait Jean Monnet et la CECA, toute une réorientation des investissements (publics et privés) qu’il importe d’opérer… Dans ces remèdes, il est des expressions dont Dockès se méfie : « patriotisme économique », par exemple. Il a raison ! Comme il a raison de mettre en relief bien de fausses solutions agitées sans anticipation des dégâts qu’elles peuvent provoquer : la tentation protectionniste notamment…Mais face à la situation actuelle, ce n’est pas du volontarisme qu’il faut, c’est de la volonté. Nuance…

Daniel RIOT

Classement personnel : 2 . SUR AMAZON >>>>>>

 

 

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  • "Petits Conseils", Laurent MAUDUIT, Stock. Voilà un livre qui dérange. Et qui devrait déranger politiquement bien des Sénateurs si le prix du meilleur livre économique de l’année lui était décerné par ce Sénat qui joue (avec mérite) la carte d’un jury indépendant et d’internautes à l’esprit libre.

Il dérange surtout, cet ouvrage par l’étrange voyage qu’il propose,  en cet automne où la presse économique et financière française doit se battre pour sauvegarder une indépendance bien fragile… et en cette période où tous les journaux ont des difficultés de trésorerie. L’indépendance n’a pas de prix, mais elle a un coût ! Quand ce coût altère le droit à l’information (donc d’informer et d’être informé), c’est la démocratie qui est faussée…

Il le mérite, ce prix, Laurent Mauduit. Non parce qu’il a dû quitter en conscience un journal après des coups de ciseaux de l’Anastasie des temps modernes (j’en connais d’autres), mais parce que son ouvrage (qui n’a rien d’un règlement de compte) est d’abord un vrai livre : avec les qualités de fond et de style que le mot requiert. Et  le mot « économique » accolé à « livre » s’impose. Même si l’on oublie trop que l’économie est « politique » avant d’être « science »…

Les qualités de l’enquête,  la lisibilité (due à des vertus pédagogiques incontestables),  l’importance des questions qu’il soulève,  l’originalité de sa démarche et les leçons qui sont à tirer de ces quelque 400 pages riches font, à mes yeux (qui se sont frottés aux dix autres livres pré sélectionnés par le « Comité scientifique »),  de ces « Petits Conseils » le livre-lauréat incontestable.

Tout part d’Alain Minc. Ce personnage  est un vrai héros de roman qui se déroulerait dans une ploutocratie quelconque, il est vrai. Le seul problème, c’est que cet auteur à succès, ce conseilleur à forfaits, cet intellectuel médiatisé  n’a rien d’un héros de fiction. Et que ses actes n’ont rien de virtuel. Unique en son genre, Minc l’est assurément (et heureusement), mais ce qu’il incarne, représente, symbolise dépasse sa personne et son personnage. 

L'important, dans cet ouvrage,  n'est pas l'homme, c'est le symbole qu'il constitue. Le symbole, en l'occurrence, de ce « capitalisme de connivence » dont s'accommode trop la France et qui explique en partie le déclin compétitif français. De ce capitalisme bâtard qui pratique en permanence le mélange des genres, joue entre public et privé, pratique avec talent les politiques du « renvois d’ascenseurs » et des « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », se vautre dans les « déjeuners (même petits) corrupteurs », tisse des réseaux d’intérêts plus particuliers que général, et fait bien peu de cas de la vitale indépendance de la presse. Et, au bout du compte, explique bien des faiblesses du système capitaliste « à la française ». Retour au temps de Balzac, un peu. Au temps du « Temps », surtout…

Daniel RIOT

Classement personnel :1 SUR AMAZON >>>>>>

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01/07/2007

L'Europe face aux défis de l'Economie criminelle

Cette bombe à retardement qui menace le capitalisme….

L’économie souterraine responsable du « mal développement » de l'Afrique et d'autres contrées, et des injustices sociales chroniques qui frappent toutes les sociétés : la « mondialisation » des crimes en cols blancs fait des ravages croissants. Un scandale et des catastrophes en série annoncées. Des carences politiques irresponsables !  

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT : La chronique d’Eric Le Boucher publiée dans le Monde d’aujourd’hui doit à la fois faire sourire et profondément irriter celles et ceux qui, au sein d’ONG, d’associations de juristes, d’organisations internationales travaillent, comme l'universitaire strasbourgeoise Chantal Cutajar, depuis des années sur cette économie criminelle qui fait tant de ravages….dont bien peu de responsables politiques ont conscience.

Sourire, parce que les faits rapportés n’ont rien de nouveaux : ils deviennent seulement de plus en plus scandaleux.

Irriter, parce que c’est toujours très lassant de devoir prêcher dans les déserts ou labourer les mers.

Qui parle de cette criminalité là dans les discours « sécuritaires » ? Qui ose tenir compte de ces phénomènes scandaleux, au coût social incalculable mais colossal,  dans les chantiers nationaux, européens et internationaux ouverts pour adapter polices et justices à ces machines à miner la planète…

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Chantal Cutajar: " Un défi majeur pour l'Europe et la planète"

Une anecdote : « L’un des pays parmi les plus gros investisseurs en Inde est... l'île Maurice. ». Ce n’est pas une anecdote. Maurice, grand centre de tri de l’argent sale blanchi…  

Un chiffre : Selon l'économiste Gerald Epstein, le total de l'argent sorti illégalement d'Afrique atteindrait, depuis 1995, le total de 274 milliards de dollars, soit 145 % de la dette du continent.

Un autre chiffre : Selon le sénateur démocrate Carl Levin, le fisc américain serait privé de 100 milliards de dollars de recettes ayant fui aux îles Caïmans et dans les autres paradis fiscaux.

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Dans de nombreuses études et dans de multiples interventiosn dans des colloques internationaux, Chantal Cutajar a, comme d’autres trop rares experts et chercheurs, bien démonté les mécanismes : Détournements, corruption, évasion fiscale, mais aussi trafics en tous, contrebande, drogue, prostitution, contrefaçons… et cybercriminalité à raison sociale « honorable ». dépassés, les systèmes maffieux d’un autre âge… 

L'argent dit  sale a pris de telles proportions qu'il représente « une menace pour la stabilité et la prospérité mondiales », selon Raymond Baker, directeur au CSIS (Center for International Policy) à Washington. Un cri d’alarme après bien d’autres…

Ce « mal-développement » pour cause de corruption qui mine tant de pays africains s'étend ailleurs et est devennu « le talon d'Achille » du capitalisme (Capitalism Achilles Heel, éditions Wiley).

Eric Le  Boucher raconte que lors d'un colloque  a organisé, jeudi, dans la capitale américaine, Raymond Baker a expliqué que les structures de la finance mondiale, les paradis, le secret bancaire, les filiales Trustees ou Nominees, les fausses fondations, le blanchiment et les innombrables niches fiscales, ont installé des circuits planétaires immensément favorables à la prolifération des trafics et détournements.

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Une confirmation : on sait depuis les enquêtes sur le  11-Septembre, que les terroristes utilisent ces mêmes réseaux. « L'économie illicite est enchâssée dans l'économie licite », a renchéri Moises Naim, directeur du magazine Foreign Policy et auteur du Livre noir de l'économie mondiale (éditions Grasset).Un constat qui, parmi d’autres, avait incité Chantal Cutajar, a lancé une initiative pour une « Europe politique de la Justice » qui renforce les moyens d’actions des organismes mis sur pieds.

Cet argent volé, détourné, évadé, représenterait 2 % à 5 % du PIB mondial. D’autres estimations dépassent même ce plafond.  La drogue entre 120 et 200 milliards de dollars, la contrefaçon entre 80 et 120, le racket entre 50 et 100, au total l'argent du crime est évalué entre 300 et 550 milliards de dollars.

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Une autre confirmation : Le butin le plus important de cette économie souterraine  reste la pratique des… prix internes des multinationales, qui s'échangent les sous-produits entre leurs différentes filiales à des prix calculés au mieux pour échapper au fisc. Entre 700 et 1 000 milliards de dollars par an, selon Raymond Baker. Cela  devrait inciter les « altermondialistes » à s’attaquer à d’autres cibles que celles qu’ils visent et à mener d’autres combats que ceux, plus théoriques que réalistes, qu’ils mènent…En commençant par exiger que les moyens des polices et des justices « financières » soient accrues !

 « La Banque mondiale ne se préoccupait guère de ces sujets avant les années 1990, a expliqué Daniel Kauffmann, directeur du Global Program de cette institution. Puis on s'est aperçus que la corruption notamment ruinait nos missions de développement. Le 11-Septembre a fait porter l'attention sur les circuits financiers, puis l'affaire Enron a débouché sur des surveillances plus étroites. Mais beaucoup reste à faire." C’est le moins que l’on puisse dire. Et cela ne date pas d’aujourd’hui…

La priorité des priorités, c’est évidemment de découvrir, démonter et contrôler les mécanismes et les circuits du blanchiment. Selon Daniel Kauffmann, il faut,  dans les pays riches, exiger un renforcement des règles dans les centres financiers et, dans les pays pauvres, mettre la pression sur la transparence administrative. Facile à dire…

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Eva Joly, l'ancienne juge d'instruction de l'affaire Elf, a souhaité la création d'une agence internationale de lutte contre la corruption et l'argent sale et elle s'inquiète de l'arrivée de la Chine, qui vient compliquer un combat déjà très difficile.

Elle a obtenu que la Norvège, son pays d'origine, annonce, lors de la conférence, "prendre la tête" de la lutte contre les paradis fiscaux et, dans l'immédiat, décide de financer des études et le recueil de données, en accord avec la Banque mondiale et avec des sénateurs américains, républicains comme démocrates. Mme Joly regrette que l'Europe tienne  « un double langage » sur toutes ces questions. Double langage et surdité...

« Le crime comme tout le reste est devenu global, tout sauf la réponse de la loi, notre seule défense contre le monde darwinien du meurtre et de l'argent », écrivait, il y a déjà dix ans, le sénateur John Kerry, ancien candidat malheureux à la Maison Blanche (The New War, éditions Simon & Schuster).

Lord Daniel Brennan a résumé l'enjeu dont Eric Le Boucher fait la conclusion de sa chronique: « On est passés d'un capitalisme du laisser-faire à un capitalisme de la brutalité. Il faut, au XXIe siècle, installer un capitalisme de la responsabilité »

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Mais comme le souligne Chantal Cutajar dans nombre de ses interventions : « il faut dix minutes pour que des millions de dollars ou d’euros illégaux fasse un tour du monde et soient blanchis. Il faut au moins un an pour qu’un cas suspect soit signalé. Et il faut au moins dix ans pour qu’un dossier débouche sur des poursuites judiciaires ou meurt dans un placard ». Dans cette course-poursuite entre les nouveaux voleurs et les nouveaux gendarmes, on voit qui part  (et surtout) qui arrive gagnant…

Constat d’impuissance ? Non, constat de carence politique. Tragique. Pour le capitalisme, il s’agit plus que d’un « talon d’Achille » : une bombe à retardement…Avec de terribles catastrophes annoncées. Ce ne sont pas là des prédiction de Cassandre : mais des conclusions logiques de constats de réalité…

Daniel RIOT 

 
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