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27/08/2008

Quelle stratégie en Afghanistan ?


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La paix à Kaboul passe par Islamabad

Par William PETITJEAN
Bernard Kouchner et Hervé Morin se sont expliqués aujourd'hui devant les commissions de la défense et des affaires étrangères de l'Assemblée nationale sur les circonstances de l'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français le 18 août en Afghanistan. C'est la moindre des choses. Un débat parlementaire se déroulera le 22 septembre et se terminera par un vote. Tant mieux. C'est l'un des rares « bénéfices » que procure la dernière réforme constitutionnelle. Espérons que d'ici là, de vraies réflexions seront menées sur le maintien ou non de la participation française à la coalition de 39 pays et, surtout, sur l'adoption d'une nouvelle stratégie, d'une nouvelle tactique, se nouvelles méthodes. Cela s'impose.
Tombes de civils tués par des  bombardements en Afghanistan...


20/08/2008

Afghanistan : « Il faut continuer le travail », mais...

L'éditorial RELATIO-Europe de Daniel RIOT

 

Dignité et recueillement: c'est de circonstance, mais pas seulement. Les combattants meurent toujours pour des causes qui le dépassent. Douleur et émotion: un soldat, même professionnel, tué au combat, c'est tout un pays qui est blessé. Atteint au plus profond de lui-même Détermination et exhortations: c'est la seule attitude politique possible pour que les onze vies brisées au combat ne constituent pas un vain sacrifice. Sarkozy a rempli, à Kaboul, la tâche qu'implique sa mission. « La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels (...) Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme. Nous sommes ici non pas contre les Afghans, mais avec les Afghans, pour ne pas les laisser seuls face à la barbarie »,

 

L'éditorial RELATIO-Europe de Daniel RIOT

Dignité et recueillement: c'est de circonstance, mais pas seulement. Les combattants meurent toujours pour des causes qui le dépassent. Douleur et émotion: un soldat, même professionnel, tué au combat, c'est tout un pays qui est blessé. Atteint au plus profond de lui-même Détermination et exhortations: c'est la seule attitude politique possible pour que les onze vies brisées au combat ne constituent pas un vain sacrifice. Sarkozy a rempli, à Kaboul, la tâche qu'implique sa mission. « La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels (...) Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme. Nous sommes ici non pas contre les Afghans, mais avec les Afghans, pour ne pas les laisser seuls face à la barbarie »,

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Dignité et recueillement: c'est de circonstance, mais pas seulement. Les combattants meurent toujours pour des causes qui le dépassent. Douleur et émotion: un soldat, même professionnel, tué au combat, c'est tout un pays qui est blessé. Atteint au plus profond de lui-même Détermination et exhortations: c'est la seule attitude politique possible pour que les onze vies brisées au combat ne constituent pas un vain sacrifice. Sarkozy a rempli, à Kaboul, la tâche qu'implique sa mission. « La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels (...) Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme. Nous sommes ici non pas contre les Afghans, mais avec les Afghans, pour ne pas les laisser seuls face à la barbarie »,

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Dignité et recueillement: c'est de circonstance, mais pas seulement. Les combattants meurent toujours pour des causes qui le dépassent. Douleur et émotion: un soldat, même professionnel, tué au combat, c'est tout un pays qui est blessé. Atteint au plus profond de lui-même Détermination et exhortations: c'est la seule attitude politique possible pour que les onze vies brisées au combat ne constituent pas un vain sacrifice. Sarkozy a rempli, à Kaboul, la tâche qu'implique sa mission. « La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels (...) Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme. Nous sommes ici non pas contre les Afghans, mais avec les Afghans, pour ne pas les laisser seuls face à la barbarie »,

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10/02/2008

SUR RELATIO: Des initiatives pour "changer le monde"


L’ASHOKA : l’entreprenariat social, clef du développement

L’ASHOKA, vous connaissez ? Cette organisation vaut d’être connue. Par l’originalité de ses initiatives. Et par la portée de ses réalisations. Voilà l’un de ces réseaux européens peu médiatisés qui sont de vrais « semeurs d’espoir » en participant à l’émergence d’une conscience européenne à la mesure des défis mondiaux. Découverte, avec un article de Sandrine KAUFFER qui a rencontré Christelle Van Ham, responsable du programme Jeun-ES, diplômée d’HEC et qui a travaillé deux ans au siège à Washington.

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20/11/2007

Crise des "subprimes" : Le pire n’est pas encore là…

DECRYPTAGE RELATIO : Les banques  pourraient perdre 2 000 milliards de dollars. SOS Pythie ! Question vertigineuse : Jusqu'où la facture de la crise financière grimpera-t-elle pour le secteur bancaire mondial ? A mesure que la situation se dégrade sur le marché du logement américain – "un déclin sans précédent depuis la Grande Dépression" de 1929, estime la banque américaine Wells Fargo –, les banques révisent en hausse le montant de leurs pertes. On jongle avec les zéros…Quelle inflation ! Toutes les boussoles s’affolent. Mimétisme de la peur, la panique engendrant la panique ou prévisions …réalistes ?

Depuis quelques jours, les économistes employés par les grandes institutions financières revoient tous à la hausse leurs prévisions du coût de la crise pour les années à venir. Après l'estimation de 400 milliards de dollars calculée par la Deutsche Bank fin octobre, un chiffre fondé sur des hypothèses économiques déjà pessimistes, Goldman Sachs pousse aujourd'hui le curseur à 2 000 milliards de dollars, même si la plupart des modèles économiques des banques restant bâtis sur une crise à 200 milliards de dollars.

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21/07/2007

Kosovo : Le Niet de Moscou à l'ONU condamne les Européens à définir une politique russe

a923816cbe7b91f32fc459bca9c8ccb1.jpgDECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT 

Quand Poutine 652d6f7830ebd7748ea6558170054fa3.jpgveut, la Russie peut ! Les pays européens et les Etats-Unis ont renoncé à faire voter par le Conseil de sécurité de l'ONU une résolution sur l'indépendance du Kosovo.

Reculant devant le véto russe, perçu comme inévitable depuis lundi,  et craignant de compliquer encore leurs relations difficiles avec Moscou, ils espèrent « encadrer » un dialogue bilatéral entre Serbes et Kosovars.

Mais ce dialogue est mal engagé : Les Serbes célèbrent toujours le Kosovo comme le foyer de la « mère patrie » et le Kosovo envisage  de proclamer unilatéralement son indépendance, dès novembre.

87599f2b9e41facee394dbbbaf67e2e8.jpgChez les Européens on ne veut « rien dramatiser », mais c’est l’impasse. Et elle risque de se prolonger dangereusement. Sur le terrain, la patience a des limites moins élastiques que celle des diplomates…

Le contexte diplomatique tendu avec la Russie a évidemment  compté … Côté britannique, en raison du refus de Moscou d'extrader le principal suspect de l'assassinat de l'ancien espion Alexandre Litvinenko. Côté américain, en raison du projet de « bouclier antimissiles » sur le sol européen. Mais la Russie  n’est pas isolée dans cette affaire : la Chine, l'Indonésie et l'Afrique du Sud ont également émis des réserves sur la résolution de l'ONU.

Les Occidentaux avaient pourtant fait un grand pas pour tenter de lever les objections russes. Pour la première fois, sur suggestion de Mme Merkel,  ils avaient renoncé, dans cette troisième mouture du texte, à toute notion d'  « automaticité » de l'indépendance du Kosovo au terme de la nouvelle période de négociations de cent vingt jours qui doit s'ouvrir entre Serbes et Albanais.

35f8a272de486ad7462be2570d633ee7.jpgMais la Russie agite depuis  janvier 2006, un argument difficile à combattre : pour Poutine,  l'accession du Kosovo à l'indépendance créerait un précédent, dont des territoires séparatistes de l'ex-URSS, comme l'Abkhazie (en Géorgie) ou la Transnistrie (en Moldavie), pourraient s'inspirer.

A Moscou, soulignent les observateurs, ce dossier est traité exclusivement par les « durs » du Kremlin. Par ceux qui sont persuadés que leur pays fait l'objet d'un projet d'encerclement et d'agression ourdi par Bush et l'OTAN. « Le plan occidental est clair : Les Américains et leurs alliés veulent priver la russie de son influence sur la Mer Noire. Pour nous, c’est inacceptable. La mer noire est déjà un lac turc, nous n’allons pas accepter qu’elle devienne une mer américaine », confie un diplomate russe qui se veut pourtant un « pro-européen militant »

b182a6cd64a96fe967ce9214bf93f6f6.jpgDerrière cette peur, réelle ou feinte, de la Russie se profile un dessein qui paraît évident : Le Kremlin veut briser tout projets de rapprochement de la Géorgie et de l'OTAN. D’où le «  verrouillage des intérêts russes en Abkhazie », comme dit notre diplomate en insistant : « N’oubliez pas que cette région est très  proche de deux sites très sensibles, à forte importance stratégique  : le port de Novorossisk, où la flotte russe de la mer Noire doit être basée à partir de 2017 quand s'achèvera son bail négocié avec l'Ukraine.  Et Sotchi, la ville  qui vient d'être désignée pour les Jeux olympiques de 2014, et qui est proche du  Caucase du Nord ».

Nous voilà loin du Kosovo, mais nous revoici replongés dans des jeux de lego diplomatique de la géopolitique (geopolitik) la plus classique :la géographie au cœur de l’histoire en marche… ou en panne.

7b2b35c6670998791eef562028d77336.jpgSelon certains observateurs, cités par plusieurs journaux occidentaux,  Vladimir Poutine va jusqu’à dire que  «  l'intervention de l'OTAN contre la Yougoslavie en 1999 n'avait pas plus de légitimité que la guerre américaine en Irak ». A l’époque, la Russie, était trop faible pour l'empêcher, mais ce temps n’est plus : Retour non à la guerre froide, mais à une paix bien glaciale…Avec fermeté extérieure et verrouillage intérieur. Avec l'arme économique pointée sur des objectifs stratégiques. Et avec une diplomatie de plus en plus musclée....Pas comme Monsieur K. tapait sur son pupitre de l'Onu avec sa chaussure, mais avec un verbe clair!

Poutine n’a-t-il pas dit, comme le rappelle « Le Monde », que  les  Etats-Unis étaient  un « loup qui sait qui il veut manger »... L’Ours russe a les moyens de se défendre. D’autant plus qu’il « tient » les Européens par leurs besoins en énergie…

Ce feu rouge mis par le Kremlinà l’ONU démontre bien que les  « Occidentaux »  (on en revient au vocabulaire des affrontements Est-Ouest, avec des lignes différentes…) sont condamnés à se réinventer une politique russe.

71835986d1db6f7e9971dff68838e328.jpg« Cherche politique russe désespérément », résumait un éditorialiste voilà quelques jours. C’est encore plus vrai. Avec, entre Européens, des nuances qui se font de plus en plus sentir : Berlin et Londres, la visite de Brown chez Merkel l’a confirmé, ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’ondes, Sarkozy ne s’est visiblement pas encore tracé une ligne bien définie, les ex-pays de l’Est prônent une fermeté compréhensible mais pas forcément adéquate....

Et si le Conseil de l’Europe trouvait dans ce contexte une importance politique nouvelle et positive ? On devrait y songer dans les chancelleries… N’est-il pas la seule organisation où la Russie  siège AVEC l’Union européenne sans les Américains ? En d’autres crises, il a montré qu’il pouvait jouer un rôle de filet de sécurité et de laboratoire de compromis…

Daniel RIOT

10/07/2007

FMI : DSK soutenu à l’unanimité par les Européens

675749939375891ee280e34c06259d7a.jpgDécryptage RELATIO par Daniel RIOT. C’est confirmé officiellement. Dans son « beau Blitzkrieg », comme dit Jean Quatremer mené devant les grands argentiers de l’Euroland, le Président Sarkozy a décroché une timbale annoncée: le Conseil des ministres des finances de l'Union vient d'apporter son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général du FMI. A l’unanimité, s’il vous plait…

L'affaire parait donc bien engagée, le soutien de l'UE étant décisif, même si la course d’obstacle n’est pas terminée : le mode de nomination, on le sait, est contesté par plusieurs pays, du Sud notamment.

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Les Français ont présidé aux destinées du FMI pendant 32 des 52 années d'existence de cette institution financière. Le Français Michel Camdessus, qui a dirigé le FMI pendant 12 ans, avait clairement pris en compte ce nouveau rapport des forces dans son discours d'adieu en 2000.  « Une telle répartition se justifiait en 1950, quand le reste du monde n'était pas représenté ici (à Washington), à part quelques pays d'Amérique latine. Aujourd'hui, les pays émergents sont sur le devant de la scène, aujourd'hui les pays les plus pauvres doivent avoir leur mot à dire ».

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Mais, selon la plupart des observateurs (qui tiennent donc de la répartition des voix au sein du Conseil d’administration du FMI) ce « dernier mot » sera dit plus tard…Même les candidats concurrents (plus par principe que par réelle ambition) le reconnaissent : « Avec  DSK, les Européens ont trouvé le profil idéal ». Surtout dans les circonstances actuelles où les Français restent bien placés pour jouer, dans bien des instances internationales,  les intermédiaires entre les Américains et les autres… Même si ces Français « tiennent » déjà l’OMC, la BERD et la Banque centrale européenne. Pour la presse poeple, Anne Singlair va devenir la première argentière de la planète...

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Remarque de politique intérieure : Sarkozy réussit là un beau doublé. Il confirme concrètement qu’il est pris très au sérieux dans le cénacle de l’Union. Et il fait un nouveau joli pied de nez aux responsables du PS… Plus : il prive le PS de sa tête la plus apte à stimuler la rénovation idéologique qui s’impose. Qui va « refonder » le parti socialiste le plus archaïque d’Europe, Emmanuelli, Mélenchon, Fabius, tous déclarés hostiles à une vraie social-démocratie ? Et ce n'est sans doute pas terminé: comme dit Bayrou, super-cocu de l'Histoire, le "pyranha" se régale "dans le bocal de poissons de rouges"... Qui plus est, en l'occurence, toute critique est malvenue: DSK n'avait aucune raison de refuser cette proposition. 

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Sarkozy a dit publiquement que pour lui l’opposition idéale serait celle conduite par Ségolène Royal : celle qui se dit toujours en mesure de réussir à devenir la première femme à accéder à la Présidence  se trouve débarrassée  d’un rival de qualité en la personne de Dominique Strauss-Khan. Décidément, Sarkozy décide de tout, y compris de Son opposition…

Le statut de l’opposition sera donc celui d’une « opposition à sa majesté », ce qui est dans la logique d’une république qui même « modernisée » semble condamnée à rester  de type monarchique (ou, en tous cas un régime présidentiel plus d’un type russe que d’un mode américain). « Sarkozy l’a rêve, Sarkozy le fait ». Comme sourient quelques élus UMP : « ce qui faut surtout, c’est un statut de la majorité »…

DR

 

08/07/2007

Union européenne: QUEL PROJET POUR QUELS INTERËTS?

Ecouter  en URGENCE les appels à la réflexion géopolitique de Michel FOUCHER: Pas de modèle sociétal préservé sans stratégie mondiale bien définie

 

 

5d660c32489dada1f580453a1db598a1.jpgSELECTION RELATIO SUR LE MONDE DIPLOMATIQUE Au-delà des objectifs économiques et sociaux, le projet européen a besoin d’être actualisé. A l’échelle continentale des cinquante premières années, il convient d’ajouter l’échelle planétaire où se déploient aussi des forces pesant sur la vie des Européens. Dans ce nouveau contexte, qui n’était pas celui de 1957, il devient indispensable, via des débats publics et des propositions formalisées, d’expliciter les « intérêts européens (1) ».

b79d341376def29eb9b0739abd1bb6c1.jpgLe terme n’apparaît que deux fois dans le document relatif à la stratégie européenne de sécurité présenté en décembre 2003 par M. Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, à propos de la « gouvernance » des pays du voisinage de l’Union. Il est absent du rapport annuel d’activité de la Commission, y compris dans le chapitre traitant de l’Europe comme partenaire mondial.

Cette discrétion, voire cette inhibition, est probablement liée au fait que la défense des intérêts stratégiques européens a été prise en charge, dès l’origine, par l’allié américain dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan).

Il est pourtant illusoire d’espérer préserver l’Etat social et le mode de vie européens (« Artleben », dit Mme Angela Merkel) sans que les Etats de l’Union élaborent, de manière autonome, leur propre vision du monde de façon à peser sur son évolution dans un sens civilisé et solidaire (2).

Dans un monde polycentrique, où l’existence de plusieurs puissances ne garantit pas leur coopération, et où l’Occident n’aura plus la capacité de dicter l’agenda international comme il l’a fait depuis la fin du XVIIIe siècle, l’intérêt européen est de favoriser les pratiques multilatérales, sur la base de sa propre expérience demi-séculaire de décisions concertées, qui fonde sa légitimité.

 

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01/07/2007

Union européenne: Les trois objectifs de la Présidence portugaise

Europe : Les paris ambitieux de José SOCRATES, un" Blair portugais " europhile, réaliste et "socialiste du Centre"...

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Tout commence, ce soir, en musique, à Porto : Concert pour un semestre qui s’annonce dur. Angela Merkel avait excellé dans son rôle d’  « agent spécial » pour missions (européennes) impossibles. Le premier ministre du Portugal  José Socrates devrait faire au moins aussi bien. De quoi confirmer ses qualités de dynamisme et de ténacité.

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Ce leader plutôt sympathique par sa liberté de ton et son sens du contact répète que pour lui « le socialisme s’épanouit au centre » (« le Blair portugais », dit-on, mais un Blair pro-européen…). Il aime préciser aussi  que les bons compromis ne sont pas des compromissions. C’est aux réalités qu’on juge une bonne politique. Sagesse portugaise : « Il y a beaucoup de façons de quitter le monde, mais seulement une d'y arriver ».

La présidence portugaise de l'Union s'est donné un programme organisé autour de "trois axes majeurs" : réforme des traités, modernisation des économies et des sociétés européennes, renforcement du rôle de l'Europe dans le monde.

Trois volets difficiles. A commencer bien sûr par l'adoption du nouveau traité institutionnel, dont la discussion commencera le 23 juillet, à Bruxelles, pour s'achever, si tout va bien, les 18 et 19 octobre à Lisbonne.

"Ce sera notre tâche prioritaire", confirme le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Manuel Lobo Antunes. Le Conseil européen a donné, selon lui, aux négociateurs un mandat "clair et précis" qui n'appelle plus, pour l'essentiel, qu'une mise en forme juridique. Celle-ci n'ira pas sans discussions. "Je ne me fais pas d'illusions à cet égard", a déclaré M. Socrates devant le Parlement portugais, en ajoutant : "Un mandat n'est pas un traité. Grâce à ce mandat, l'Europe a choisi le chemin qu'elle entend suivre. Mais il nous reste à le parcourir."

LES FRERES POLONAIS RALLUMENT LE FEU

M. Lobo Antunes reconnaît que la conférence intergouvernementale sera "un exercice politique", et pas seulement technique. Le ministre des affaires étrangères, Luis Amado, estime que des divergences d'interprétation sont possibles, qui devront conduire à des "clarifications", notamment avec les Polonais, qui proposent leur propre lecture du "compromis de Ioannina", base de l'accord sur la nouvelle pondération des voix.  Et qui viennent de menacer (encore) de mettre leur veto à un accord…qu’ils ont approuvé !

La querelle porte désormais sur le mécanisme permettant aux pays de repousser les décisions de l'UE s'ils ne parviennent pas à réunir la minorité de blocage. Varsovie assure que, dans un tel cas, la décision doit être reportée de deux ans. Les responsables de l'UE rétorquent que l'accord conclu à Bruxelles prévoit un report jusqu'au prochain sommet européen (donc dans les trois mois)

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« Naturellement, j'attends de l'ensemble des gouvernements un respect de ce qu'ils ont convenu unanimement il y a quelques jours", a prévenu Barroso qui retrouve en  José Socrates un compatriote mais aussi un adversaire politique avec lequel il est condamné à s’entendre : l’Europe est une « famille »… « J'étais présent au sommet et je sais ce qui a été convenu. Le mandat (de la CIG) est très clair et très précis sur ce qui doit être fait. Je suis certain qu'il s'agit simplement d'un malentendu », a dit le chef du gouvernement portugais. Des responsables allemands et britanniques ont également critiqué les nouvelles menaces polonaises.

Pour les observateurs les plus indulgents, la nouvelle tentative polonaise de réouverture des négociations ne va servir qu'à renforcer son image de partenaire imprévisible. «C'est une invitation à une nouvelle catastrophe. La Pologne va perdre toute crédibilité car c'est une chose de défendre ses intérêts, c'en est une autre de ne pas respecter sa parole », commente, selon l’afp,  Pawel Swieboda, du centre de réflexion DemosEuropa, basé à Varsovie.

Les frères polonais, champions toutes catégorie du national-populisme au pouvoir, devraient s’inspirer de ce bon proverbe portugais : « A qui sait comprendre, peu de mots suffisent ». Ils parlent trop ces Polonais. Et ils oublient que ce qui se dit à Varsovie est entendu ailleurs. Il y a des limites à la compréhension, même chez les meilleurs amis de la Pologne. « Une bonne parole éteint plus de feu qu'un baquet d'eau », dit un autre proverbe portugais.   

Mais il n’y a pas que les Polonais. Brown sera-t-il sur la même ligne (déjà bien lâche) de Blair ? Londres et la Commission rappellent que la concurrence  (surtout « libre et non faussée » que Sarkozy a fait  gommer)  n’était pas « un gros mot »…La Confédération européenne des syndicats, elle,  demande, à juste titre,  à M. Socrates des explications sur le statut précis de la Charte des droits fondamentaux, la place des services publics et le rôle des partenaires sociaux.

"NOUVEAU CYCLE" POUR LA STRATEGIE DE LISBONNE

a67ed97368636610cb10da2f48465ca8.jpgLes autres priorités affichées par la nouvelle présidence portent sur la relance de la "stratégie de Lisbonne", adoptée il y a sept ans dans la capitale portugaise, et sur les relations extérieures. M. Socrates annonce le lancement d'un "nouveau cycle" de l'agenda de Lisbonne, qui doit "donner à la dimension sociale l'importance et la visibilité qu'elle mérite", notamment par une meilleure coordination des politiques de l'emploi et par le développement de la "flexicurité".

On le sait : c’est le dossier des déficits français qui risque de poser des problèmes. Entre autres

Sur le plan international, le premier ministre insiste sur le premier sommet entre l'Union européenne (UE) et le Brésil, les conférences « euroméditerranéennes » et, surtout, le deuxième sommet entre l'UE et l'Afrique.

Sur ces dossiers là, Lisbonne pourra compter sur Paris. Le premier sommet UE-Afrique a eu lieu au Caire en 2000. Les sanctions européennes contre le Zimbabwe ont ensuite bloqué le processus. « Nous déplorons qu'il ait fallu attendre sept ans pour relancer un dialogue de haut niveau avec l'Afrique », souligne M. Lobo Antunes, qui y voit le signe d' « une certaine indifférence européenne »

.ENTRE LISBONNE ET PARIS : ANKARA

c42d9e71fc33c0c2f5301352b6aae19f.jpgAutre épine : La présidence portugaise entend aussi poursuivre les négociations d'adhésion avec la Turquie, malgré l'opposition de la France. « Les engagements doivent être honorés », affirme M. Lobo Antunes. M. Amado rappelle que son pays est favorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE et opposé à toute interruption de la "dynamique d'adhésion".

En réponse à M. Sarkozy, qui souhaite l'ouverture d'un débat sur les frontières de l'Europe, il estime inapproprié de se lancer dans une discussion sur un sujet qui divise tant que la question des institutions n'est pas réglée.  Là encore un proverbe portugais peut être d’une utile sagesse : « Nos malheurs entrent toujours par des portes que nous leur ouvrons »… Les portes du Bosphore ont été ouvertes voilà bien longtemps….

Voilà de quoi bien occuper la diplomatie portugaise dans les six mois qui viennent. Tout commence en musique. Mais c’est le concert de clôture qui  va importer le plus « Dieu écrit droit avec des lignes courbes », dit un proverbe portugais….

Daniel RIOT

6a5a942f9d050b182239703937b5f2f5.jpgPorto

25/06/2007

DARFOUR: UN DEFI (aussi) ¨POUR L'EUROPE

SOS Darfour ! Un devoir d’ingérence… Avec des responsabilités européennes à assumer pleinement et rapidement.

Editorial RELATIO par DANIEL RIOT:Enfin ! Voilà des années que les organisations humanitaires et le Parlement européen  tiraient la sonnette d’alarme. En France, François Bayrou a été le premier responsable politique à se rendre sur place et demander en vain (ou presque) une action européenne vigoureuse.

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Mais la « loi du tapage médiatique » chère à Kouchner (qui avait lancé un appel trop peu entendu) voyait ses effets limités par « la loi de la distance »…et celle « des émotions collectives sélectives ». Bernard-Henri Lévy a mis ses talents et a prêté sa voix à celles et à ceux qui essayaient de trouer le mur d’indifférence. Merci à lui, même si ses analyses sont discutées par d’autres spécialistes de ces « trous de la mort » qui percent la planète Et Sarkozy ce matin a su trouver les mots qui s’imposaient.

Il ne s’agit évidemment pas d’une « conférence de paix » (les deux protagonistes principaux n’ont pas été invités), mais d’une réunion exploratoire. Les résultats de cette réunion ne devront pas être jugés par les bonnes intentions qui vont être affichées, mais sur le terrain. Où, il faudra en priorité venir au secours des populations victimes d’un conflit qui les dépasse et vérifier que des puissances (la Chine et la Russie, notamment) et les abonnés aux trafics d’armes, ces semeurs de terreur si mal pourchassés… 

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« Le silence tue » au Darfour, a déclaré Nicolas Sarkozy, invitant la communauté internationale à agir rapidement pour aider cette région de l'ouest du Soudan limitrophe du Tchad où « des gens souffrent ».

« Nous voulons mobiliser la communauté internationale pour dire 'ça suffit, on n'est au XXIe siècle pour regarder ces images », a dit le président français aux participants à une conférence internationale consacrée au Darfour réunis autour de lui à l'Elysée.

« Des êtres humains meurent par dizaines de milliers dans cet endroit du monde. Nous ne pouvons pas laisser la situation en l'état", a-t-il souligné, invitant à "agir vite, parce que cela fait des années (...) que les gens souffrent ».(…) « Cette réunion du groupe de contact élargi sur le Darfour, c'est un message clair : en tant qu'êtres humains et en tant que responsables politiques, nous avons le devoir de régler la crise au Darfour", a exhorté Nicolas Sarkozy.

« IL FAUDRA ÊTRE FERME »

Le chef de l'Etat français a invité à être ferme envers les belligérants dans ce conflit qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés depuis 2003. « Je crois que la fermeté de la communauté internationale, c'est la seule façon d'amener tout le monde à la discussion », a-t-il dit « Le Soudan doit savoir que s'il coopère, nous l'aiderons puissamment, et s'il refuse de coopérer, il faudra être ferme »

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On le sait : Le conflit au Darfour, région semi désertique difficile d'accès, oppose des groupes rebelles à des milices arabes appuyées militairement par le gouvernement soudanais.

Nicolas Sarkozy a qualifié d'"évolution encourageante" le feu vert donné le 12 juin par Khartoum à une force "hybride" Onu-Union africaine d'environ 20.000 hommes décidée il y a plus de dix mois par le Conseil de sécurité des Nations unies. Tout temps perdu  est un temps qui tue ! Et la volonté politique qu’exigerait la situation ne suffit pas même à assurer l’intendance minimale…

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Ainsi, les soldats de la Mission d'observation du cessez-le-feu de l'Union africaine actuellement sur le terrain au Darfour avec le soutien, de l'Union européenne, n'ont pas été payés depuis plusieurs mois. La France « est prête y contribuer à hauteur de dix millions d'euros » pour remédier à cette situation, a annoncé Nicolas Sarkozy en réaffirmant avec raison que « rien ne peut se faire au Darfour sans les Africains» : « Le message à nos amis africains c'est bien celui-ci : nous voulons les aider, rien d'autre ».

EURAFRIQUE ET EUROMEDITERRANEE

Nous sommes là dans un de ces domaines où la communication ne peut en aucun cas masquer l’inaction ou l’action politique concrète insuffisante. Nous sommes aussi dans une région de la planète où toute action sur le terrain est difficile et périlleuse. Même l’idée, simple dans son énoncé, d’un « couloir sanitaire » n’est pas évidente à concrétiser.

Quoi qu’il en soit, cette réunion de Paris vaut d’être saluée. Diplomatiquement, il est important que la France s’affirme dans un rôle de médiation. C’est important vis-à-vis des pays africains, surtout si cet événement s’inscrit dans une rupture (urgente) avec la « Françafrique » et ses pratiques déplorables ou plutôt scandaleuses.

C’est important aussi face aux Etats-Unis qui ont des tentations africaines qui n’annoncent pas forcément le meilleur et face à la Chine qui est sans doute la puissance qui traduit le plus en actes l’importance stratégique et le potentiel économique de l’Afrique. C’est positif pour tous ceux qui ont une vision multipolaire de cet « ordre mondial » qui ne mérité pas son nom…

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« Pompidou, n’oubliez pas l’Afrique », avait lancé de Gaulle…L’Afrique a été trop oubliée ou plus exactement trop exploitée et trop instrumentalisée. L’Afrique (dont on avait bien pris en compte les intérêts au début du Marché commun) doit redevenir, sans desseins néo-colonialistes, une priorité de l’Union européenne. Le darfour est une épreuve de vérité (aussi) pour l'Europe.

Sur tous les plans. Euroméditerranée et Eurafrique sont des néologismes qui doivent prendre sens et substance dans des partenariats plus riches que ceux qui ne sont pour l’heure qu’amorcés. Les promesses de Barcelone ne sont pas tenues. Les   accords ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) doivent être vivifiés.

Voila de beaux chantiers à conduire à 27 ou…à moins. Qui parlait d’Europe « concrète » ? Ce ne sont pas les ambitions qui manquent mais les moyens et la volonté de les satisfaire. L’urgence est pourtant évidente. Depuis longtemps…

« La coupure Nord-Sud est plus chargée de périls que la cassure Est-Ouest », constataient en pleine guerre froide ( qui menaçait de devenir brûlante Kennedy et Brandt,entre autres). Ils n’ont pas été assez écoutés. Comme de Gaulle…

Daniel RIOT   

*Participent à la réunion sur le Darfour, outre la France, les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Canada, Chine - principal allié de Khartoum dans cette crise -, Danemark, Egypte, Espagne, Etats-Unis, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Russie et Suède.

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*En vidéo sur nouvelOs.com >>>>>>

Les blogtrotters au Tchad. Réfugiés et déplacés

  Les réfugiés de Bahaï

  Azedine ou la génération perdue du Darfour

  Planche-contact. Regards sur le Darfour

LIENS UTILES

Carte du Soudan

La conférence sur le site de l'Elysée

La crise humanitaire du Darfour sur le site du département d'Etat américain

Le dossier de l'ONU sur le Darfour

Un débat sur la politique étrangère commune de l'Union Européenne sur le Darfour

Le blog de Solidarités au Darfour

Présentation de l'Union africaine

21/06/2007

Strasbourg: Pour un système européen d'asile

Selection RELATIO sur le site du PE

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Un immigrant sénégalais, à la recherche d'une vie meilleure
Pour la Journée mondiale des réfugiés, le Parlement européen a choisi de débattre, en plénière, d’un système européen d’asile. Alors que l’Europe se préoccupe des milliers d’immigrants qui débarquent sur ses côtes, au risque de leur vie, le Parlement a récemment envoyé une délégation en Grèce, dans les centres de détention provisoire des demandeurs d’asile et immigrants illégaux. Les députés l'ont constaté : les disparités sont grandes et l'obtention du statut de réfugié reste assez aléatoire.
Ils tentaient de débarquer sur les côtes européennes lorsque leur navire a chaviré : 27 naufragés africains ont récemment passé trois jours, accrochés à des filets de pêche dans les eaux méditerranéennes, avant d’être secourus. D’autres sont moins chanceux.
 
L’année dernière, des dizaines de milliers d’immigrants ont tenté d’accoster en Europe, au péril de leur vie : les pays du sud de l’Union, comme Malte, sont particulièrement concernés par ce phénomène. Faut-il une approche commune pour prendre en charge ces migrants ?
 
« Il faut plus de solidarité en Etats-membres »
 
Les difficultés à accueillir et gérer les migrants lors de leur arrivée sont-elles liées à l’absence d’une véritable aire européenne sur l’immigration et l’asile ? Beaucoup pensent dans ce sens, comme le député autrichien Hubert Pirker (PPE-DE). Il est l’auteur d’un rapport sur la « coopération pratique, qualité des décisions prises dans le cadre du régime d'asile européen commun », présenté mercredi 20 juin, en plénière.
 
Outre une procédure unique d’accord du statut de réfugié, qui en accélérerait le processus, le rapport préconise une plus grande solidarité avec les Etats-membres situés aux frontières de l’Union, afin de « mieux partager le fardeau ».
 
« Par partager le fardeau, j’entends que chaque Etat-membre, selon sa taille, apporte sa contribution à la surveillance des frontières extérieures, en offrant des bateaux, hélicoptères ou de l’aide financière », a expliqué l’auteur du rapport, Hubert Pirker.
 
La « loterie » de l’obtention du statut de réfugié
 
L’Europe a défini dès 1999 les objectifs et les principes d’une politique d’asile commune et la mise en place d’un Système Européen Commun d’Asile, au plus tard en 2010. Pourtant, si le statut de réfugié reste défini selon les critères de la Convention de Genève, chaque Etat-membre décide, en pratique, d’accorder ou non ce statut, selon son propre système judiciaire et ses procédures. Et certains demandeurs d’asile dans un pays ne peuvent prétendre au statut de réfugié, selon la définition de la Convention de Genève.
 
Ainsi, le droit reste accordé de manière relativement discrétionnaire selon les Etats. Le Conseil européen sur les réfugiés et les exilés cite pour exemple les demandeurs d’asile venu de Tchétchénie : dans un Etat-membre, 90% d’entre eux se verront accorder le statut de réfugié, mais dans un autre Etat, aucun ne l’obtiendra. Une « loterie » que dénoncent les associations de protection des réfugiés.
 
Et qui pousse parfois les demandeurs d’asile à tenter leur chance dans un nouveau pays européen. Pour endiguer ces mouvements dits "secondaires", le rapport du Parlement « exhorte les États membres à œuvrer concrètement à un maximum de convergence entre leurs politiques respectives en matière d'asile ».
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Conditions d’accueil : protéger les droits fondamentaux des migrants
 
Du 13 au 16 juin, une délégation de parlementaires, membres de la Commission des libertés civiles, s’est rendue en Grèce pour y visiter des « centres de détention » d’immigrants illégaux et demandeurs d’asile. Une visite qui complète celles en Italie, à Malte et aux îles Canaries.
 
« Nous avons constaté de grandes disparités dans l’accueil des migrants. Certains Etats, en particulier les plus petits comme Malte, font face à une pression migratoire plus accrue que d’autres. L’Union Européenne doit être solidaire pour permettre un accueil des migrants respectueux des droits fondamentaux », a jugé la députée française Martine Roure (PSE), chef de la délégation.
 
« Légal ou illégal, réfugié ou immigrant, chacun a le droit d’être correctement traité », renchérit Jeanine Hennis-Plasschaert (ALDE), rapporteur pour la visite en Grèce.
 
Pistes de solutions
 
Le rapport d’Hubert Pirker appelle à « favoriser des conditions de vie décentes, une réelle intégration dans la vie sociale et politique » pour les bénéficiaires du statut de réfugié.  Il demande aussi aux pays d'origine et de transit de mener « des campagnes d'information » pour éclairer les demandeurs d'asile potentiels sur les risques de l'immigration illégale, sur les « conséquences de la non-attribution du statut de réfugié » et sur les possibilités d'immigration légale, et ce « afin de réduire le nombre de demandes non fondées ».
 
Hubert Pirker, auteur du rapport, explique : « Les Etats-membres doivent être en position de décider eux-mêmes combien et quelles personnes sont autorisées à entrer sur le territoire, mais aussi combien de temps elles y sont autorisées. L’Union Européenne est donc responsable pour le contrôle des résidents de pays-tiers légaux ».
 
Jeanine Hennis-Plasschaert a estimé que « pour limiter les vagues d’immigration, une politique commune est nécessaire. Les agendas nationaux déterminent encore l’agenda européen ; mais renforcer les frontières n’aidera pas sur le long terme ». Sa collègue française Martine Roure a indiqué que « nous devons encourager la migration circulaire, qui permettrait aux migrants économiques de venir en Europe et repartir plus librement ».
 
Une autre solution serait-elle de favoriser la création d’emploi dans les pays tiers ? L’Union Européenne a déjà mis en place un bureau expérimental d’emploi au Mali, pour recruter des employés temporaires.
 
Le rapport d’Hubert Pirker sera voté ce jeudi.
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REPERES ET SITES POUR EN SAVOIR PLUS

Pendant des années, plusieurs pays et régions ont célébré leur propre Journée des réfugiés, voire parfois leur semaine. L'une parmi les plus connue, c'est la Journée africaine des réfugiés, qui a été célébrée le 20 juin dans plusieurs pays.

En témoignage de solidarité avec l'Afrique, qui abrite le plus grand nombre de réfugiés, et envers qui elle a toujours montré une grande générosité, l'Assemblée générale des Nations Unies a adoptée résolution 55/76 le 4 décembre 2000. Dans cette résolution l’Assemblée générale a noté que l’année 2001 marquait le cinquantième anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) avait accepté que la Journée internationale des réfugiés coïncide avec la Journée du réfugié africain du 20 juin. L'Assemblée a décidé par conséquent qu’à compter de 2001, le 20 juin marquerait la Journée mondiale des réfugiés. [Note: L'OUA a été remplacée le 9 juillet 2002 par l'Union Africaine.]

Liens à des sites ONU et du système des Nations Unies :

Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme

Office for the Coordination of Humanitarian Affairs

ONU - Affaires Humanitaires

Programme alimentaire mondiale

L'ONU travaille pour les urgences

Inter-Agency Standing Committee

UN Joint Logistics Centre

Refugees (UN CyberSchoolBus)

UN News Centre, News on Humanitarian Aid, Refugees

UN Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East

Sudan Information Gateway - UN System in Sudan

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Ressources additionnelles :

Les liens des ressources supplémentaires qui figurent sur cette page ne sont fournis qu'à titre d'information. Ils n'engagent pas la responsabilité de l'Organisation et n'impliquent pas de reconnaissance officielle de sa part.

Amnesty International

Brookings-Bern Project on Internal Displacement

Comité international de la Croix-Rouge

European Council on Refugees and Exiles

Forced Migration Online

Internal Displacement Monitoring Centre

InterAction - Migration & Refugees

International Rescue Committee

Organisation internationale pour les migrations

Refugee Studies Centre, University of Oxford

Refugees International

Réfugiés (Human Rights Watch)

20/06/2007

Monde: le Conseil onusien des droits de l'homme s'organise malgré les USA

Droits de l'Homme: Genève encore loin de Strasbourg...

Un beau chantier pour Rama Yadé!

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT :Droits de l’Homme : un chantier pour Rama YADE , la nouvelle secrétaire d’Etat , chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme. Du nouveau dans les Droits de l’Homme en effet à Genève. La presse française en parle (trop) peu. Comme ecrit LE TEMPS, « On n'a peut-être pas pris la mesure de l'événement ».

medium_rama_yadé.jpgRama Yade

Genève vient d’être en effet  le théâtre de l'un des moments forts de la diplomatie multilatérale. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies vient d'approuver par consensus sa structure institutionnelle censée renforcer la protection des droits humains.

« Le moment est historique tant le contexte international concourait à l'échec du Conseil » souligne LE TEMPS. « Les esprits chagrins souligneront que ce consensus a un prix élevé. Il a par exemple fallu laisser tomber le mandat d'enquête sur la quasi-dictature biélorusse pour satisfaire Moscou. L'Union européenne a dû accepter à son corps défendant de faire figurer la seule Palestine à l'agenda du Conseil. Mais en contrepartie, l'UE a pu s'assurer que tout pays pourrait passer sous les fourches caudines des experts onusiens et que 38 des 40 mandats d'enquête ont pu être conservés ».

Le «paquet» proposé par le président du Conseil des droits de l'homme Luis Alfonso de Alba est donc très imparfait. Mais sans doute ce consensus mou peut- il donner des moyens au Conseil. Un Conseil qui a parfois frisé le ridicule au cours de sa première année d'existence, et qui tente  de se donner une crédibilité après le fiasco de l’organisme onusien précédent qui avait dépasser les bornes de la décence en étant présidé par un bras droit de Khadaffi…

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Je reprends la description du TEMPS :  « Les intenses négociations de ces derniers jours ont montré au grand jour la physionomie des rapports de force sur la scène internationale. Lundi soir, ce n'était plus à Genève que se prenaient les décisions, mais à Pékin, Washington ou dans les capitales européennes.

>>>La Chine a fait monter les enchères très haut, au point que tout le monde pensait qu'elle cherchait à provoquer l'échec. Par souci d'image à un an des Jeux olympiques, elle s'est finalement contentée de faire la preuve de sa puissance.

>>>Pourtant non membre du Conseil des droits de l'homme, les Etats-Unis ont été très actifs en coulisses pour inciter le Canada à agir en cheval de Troie et à torpiller le consensus.

>>> Washington, dit-on, a aussi poussé, en vain, la Pologne à faire de même. Une manière de diviser l'Europe à l'exemple du bouclier antimissile.

>>> Le plus inquiétant dans l'attitude de la Maison-Blanche, qui est loin de refléter toutes les sensibilités américaines en matière de droits de l'homme, c'est que Washington est prêt à saper un organe sans proposer la moindre solution de remplacement. »

Intéressant, non ? Révélateur en tous cas. Qu’en pensent Kouchner ? Qu’en pense Sarkozy ?  

« Le système des droits de l'homme ne peut pourtant pas compter que sur l'approche pénale des droits de l'homme réservée à la Cour pénale internationale et aux tribunaux internationaux ad hoc », souligne LE TEMPS dans son éditorial.

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JD Levitte

Il est vrai que l’on ne peux pas non se contenter de ce que pourra faire ce Conseil… Dans ce secteur, c’est à l’Europe de jouer un rôle de stimulateur. En faisant tout pour que le « modèle » du Conseil de l’Europe soit transposé à l’échelle mondiale.

 René Cassin en avait rêvé… Kouchner devrait tenter de la faire. Avec la brillante et toute jeune Rama Yadé, si prometteuse, bien sûr. Mais à l’Elysée, le vrai patron de la diplomatie française,Jean-David LEVITTE,  cheville ouvrière du futur Conseil national de sécurité, (et si à l’écoute de Washington), partage-t-il ces préoccupations ?

Daniel RIOT   

 

07/06/2007

France: les leçons d'Eva Joly... Inscrire la lutte contre les corruptions parmi les priorités

« La force qui nous manque » d’Eva Joly : Trouver l’énergie politique (donc citoyenne) de lutter contre les fléaux de la corruption et de l’économie criminelle !

Le billet de Chantal CUTAJAR

« La force qui nous manque », c’est celle que nous voudrions avoir davantage pour lutter contre les fléaux qui ne sont pas suffisamment combattus, ou pire qui sont entretenus par ceux qui, au pouvoir, devraient les combattre ! La « force qui nous manque », c’est celle que doit acquérir pour défendre des causes qui nous dépassent,pour emplir des missions  qui débordent nos moyens. Cette « force qui nous manque » , elle doit venir d’une vraie volonté  politique,donc citoyenne.

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Emouvante, Eva Joly ! Son enfance, ses amours, son sens de l’humain, sa lucidité, … . Et son coup de foudre pour la France, une certaine France, celle qui veut ou voudrait se mettre en accord avec les valeurs qu’elle prétend porter. Poignante, même, Eva Joly, cette femme qui a su mettre face à leurs responsabilités les grands délinquants de l’affaire Elf. Poignante, y compris par la pudeur avec laquelle elle conte ses malheurs de femme, de citoyenne, de juge. Stimulante, surtout !

Ce livre vaut toutes les vitamines. « La force qui nous manque », elle nous la donne, Eva Joly ! « Un manuel d’énergie », oui. D’énergie positive ! En tous cas, son livre (que je relirai en de temps plus calmes) m’a fait le plus grand bien. Personnellement, politiquement et professionnellement.

Sans doute parce que, chacune à son niveau et selon ses moyens, nous avons les mêmes obsessions : une justice plus… juste, un monde moins corrompu, une planète moins soumise à cette « économie criminelle » qui fait tant de ravages, une société plus harmonieuse, avec moins de pauvreté, moins d’inégalités, moins d’hypocrisie, plus de transparence, plus d’humanité.

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C’est une guerre qu’elle mène Eva Joly. Une sale guerre contre l'affairisme criminel et l'argent sale pour un monde plus propre. Une guerre pour laquelle les troupes sont trop maigres, les armes trop faibles, et les ennemis de l’intérieur sont trop nombreux, trop puissants, trop influents… Et les motivations politiques trop faibles.Malgré les discours... 

Une sale guerre qu’elle a renoncé à mener en France et depuis la France (dommage !), mais qu’elle continue à mener depuis la Norvège où le souci d’exigence est plus développé que dans notre oligarchie si imparfaite, dans notre démocratie si perfectible, dans notre système de gouvernement si pervers…

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Je sais : ses critiques de l’état de la France sont mal perçues par celles et ceux qui confondent patriotisme et auto satisfaction, fierté nationale et lâche fatalisme …Ou se scandalise que des yeux puissent voir des apparentements de méthode entre berlusconi et notre nouveau Président.  Mais aimer vraiment  quelqu’un ou un pays, c’est d’abord savoir le regarder avec justesse. Sans complaisance. Sans excès d'indulgence. Eva Joly, avec sobriété, témoigne et raconte. Ses échecs, ses réussites, ses découvertes, ses enquêtes dans les labyrinthes de la honte, ses décryptages des réseaux financiers, des paradis fiscaux, des mille et une façon de quelques uns de commettre des délits, des vols, des détournements, des abus, des crimes.

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Quelques phrases font mal. Très mal. Mais qui peut sérieusement les contredire ?

>>>Les plus pauvres exploités frauduleusement : « on maintient là-bas des régimes assis sur la misère, cette longue mèche d’un monde explosif. »

>>>L’Afrique : « Où que j’aille, je bute sur l’histoire coloniale. » (…) « Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique... » .

>>>Les  échanges financiers internationaux : « Sur les bourses du monde, la moitié des fonds contourne désormais la réglementation... ».

>>>Les  paradis fiscaux : « Le combat frontal n’a pas été mené. La raison en est simple : les paradis fiscaux n’existent qu’avec l’accord des grandes places financières internationales. »

Et ne parlons pas, bien sûr, des maffias, des délits d’initiés, des mille et un moyens occultes de faire fortune pour quelques uns au détriment  des autres… Des « quelques uns » qui sont souvent des…récidivistes ! Et pour lesquels, les « peines plancher » ne font pas l’objet d’effets de manche…

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Ecoeurant ? OUI. Décourageant ? NON. Car l’Espoir est là. Dans un sursaut citoyen : chacun, ne serait-ce que par l’‘attention portée à ce qu’il consomme, a un rôle à jouer. Dans une information plus pointue. Dans la formation de juristes, de financiers, de magistrats spécialisés (je sais vraiment de quoi je parle , par expérience). Dans un approfondissement de nos démocraties. Par des lois plus adaptées. Par des pressions parlementaires, associatives, professionnelles, plus grandes et plus fortes. Par une gouvernance mondiale plus régulée.

Je sais. C’est David contre Goliath. C’est la mer à labourer. Et les nouvelles technologies et la mondialisation des affairismes accroissent encore l’ampleur des défis. Mais l’heure n’est pas au renoncement. Ne baissons pas les bras. « La force qui nous manque » peut être trouvée, en nous, individuellement et collectivement.

Si des  forces collectives « nous manquent », c’est en raison  des blocages institutionnels qui empêchent de voir se multiplier des Eva Joly, qui n’accordent qu’un minimum d’intérêt aux juges spécialisées dans les affaires financières, qui engendrent des impunités et des immunités judiciaires scandaleuses,  qui brouillent les barrières entre corrupteurs, corrompus et victimes des corruptions… Mais des verrous peuvent et doivent sauter. Des leviers peuvent et doivent être trouvés. Des réformes peuvent et doivent être mises en chantier.

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Mes « croisades » personnelles en faveur d’une Europe politique de la Justice vont dans ce sens. Le message d’Eva Joly n’a rien de déprimant.  Au contraire. La conscience de l’ampleur et de la variété des défis à relever est le préalable à une intensification de cette sale guerre pour un monde plus propre.

Il est bon que le livre d’Eva Joly connaisse un franc succès. Ce témoignage, ce récit a des vertus pédagogiques. Il est bon aussi qu’Eva Joly tire parti des interviewes qu’elle donne pour promouvoir son ouvrage pour mettre des points sur les « i ». Avec calme et lucidité, mais avec courage et détermination. A nous de l’écouter.

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Un exemple (parmi d’autres) puisé dans l’actualité du jour. Dans une ITW à La Tribune, elle dénonce avec force l’hypocrisie des pays riches du G8. Des textes existent. Des déclarations d’intentions s’ajoutent les unes aux autres, mais qui se donne les moyens de les appliquer ?

Je reproduis cette ITW sur mon blog personnel : elle illustre bien mes propres préoccupations, confirme mes propres recherches et complète mes propres contributions faites dans les instances spécialisées.

Mais ce n’est pas dans des travaux d’experts que se forge la seule volonté qui vaille en la matière : la volonté politique de traduire en actes les textes et les résolutions. C’est évidemment l’une des motivations de mon engagement en politique.

Chantal Cutajar

* « La Force qui nous manque » par Eva Joly, avec la collaboration de Judith Perrignon, Edition Les Arènes.

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