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05/01/2009

STRASBOURG: QUELLE MAISON DE L'HISTOIRE DE L'EUROPE ?


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ELIE BARVAVI (Directeur scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles) au CAFE EUROPE de Relatio, le vendredi 16 janvier à 12H30 ( Zum Strissel à Strasbourg)


INVITATION

Lieu d'Europe, Maison de l'Histoire de l'Europe, Musée vivant de l'Europe, EURODOM ; Les projets ne manquent pas. Et le récent vote du bureau du Parlement européen sur la proposition Pöttering doit relancer bien des débats. A commencer celui sur le projet Eurodom ou « lieu d'Europe » lancé à Strasbourg par Alexis Lehman
Elie Barnavi, qui vient de publier « l'Europe frigide » et qui dirige le musée de l'Europe de Bruxelles fait part de son expérience. Et en tire quelques leçons.


14/09/2008

EUROPE: Autour de "l'Emmerdeuse"...

"L'Europe, cette Emmerdeuse":les préfaces de BHL et d'André Glucksman sur RELATIO-EUROPE

André Glucksmann:"L'Europe existe-t-elle?" PDF Imprimer Email
L'Europe existe-t-elle ? Il faut pour tenter de s'en convaincre entrer dans ce livre et gouter la passion à feu continu qui le soutient. Passion aucunement aveugle, en bon lecteur de Descartes, Daniel Riot ne s'épargne guère les raisons de douter.
Quelle réalité fixer, en effet, à notre vieux continent ? Ses frontières géographiques sont mouvantes et litigieuses. Ses limites culturelles nous dépassent.
Qui oserait soutenir que la Russie de Pouchkine, Dostoïevski, Tchékhov, Chostakovitch et Stanislavski ne soit pas culturellement européenne ? L'est- elle pour autant politiquement ?
Quant aux valeurs intrinsèques et innées qui cuirassent la fatuité de l'Union Européenne, n'exagérons rien, n'oublions pas que les hauts lieux de l'esprit, Paris, Berlin, Rome, Madrid furent au siècle dernier les écoles des guerres totales et des révolutions totalitaires. Puis des écoles d'indifférence aux malheurs des autres... comme des leurs.
Qu'est-ce qui unit positivement l' « Emmerdeuse » ?
BHL et "l'Emmerdeuse": L'Europe dans la fièvre et la patience PDF Imprimer Email

Qu'est-ce qui distingue, selon Valéry (et l'auteur), une emmerdeuse, d'une emmerderesse, d'une emmerdante ?
Vieille ou ancienne, l'Europe ?
Irrésistible ou périssable - et, si périssable, d'où vient que nul ne semble en avoir pris vraiment conscience ?
Derniers jours de l'humanité ou non - et d'où vient que nul ne semble, là non plus, s'aviser de ce que le « dernier homme » est à la fois la plus terrible prophétie de Nietzsche, le visage des hommes d'Europe aux temps de la Fin de l'Histoire selon les néo-hégéliens du jour et le premier titre auquel avait songé Orwell pour son terrible 1984 ?
Mars ou Vénus ? Et comment, quand on fait le choix de Vénus et que, comme l'auteur, on n'a jamais eu la moindre complaisance pour l'esprit et la culture de la guerre, continuer de voir Munich, le signifiant « Munich », comme une catégorie constitutive - pour le pire ! - de l'être européen ?


Ma rentrée avec cette emmerderesse qui n'a rien d'une emmerdante

Strasbourg : Débat autour de « L'Europe, cette Emmerdeuse » PDF Imprimer Email
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Mercredi 24 septembre au Cercle Européen

La commission Culture de "Femmes 3000 Alsace/Lorraine", en partenariat avec "L'Elan Nouveau des Citoyens" ,"Citoyens pour un monde éthique","L'Atelier Européen" et "L'Elan Nouveau" vous invitent à participer à Strasbourg, le mercredi 24 septembre 2008, à 19 h 30, au Cercle Européen (1, rue Massenet - 67000 Strasbourg), à une conférence-débat de Daniel RIOT Directeur de Relatio-Europe (www.relatio-europe.eu) et Président du Cercle RELATIO, autour de son livre (co-écrit avec Sandrine Kauffer et préfacé par Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann):

« L'EUROPE, CETTE EMMERDEUSE... - Guérir la France de son "mal à l'Europe" »,(City Editions)

Un cocktail dînatoire sera servi à l'issue du débat  (sur invitation après inscription par mail chez Monique Funck moniquefunck@yahoo.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

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17/04/2008

Livres: Guérir la France de son mal à l'Europe

Le 9 mai à STRASBOURG....

 « L’Europe cette emmerdeuse » présentée le jour même de sa parution à la Librairie Kléber (le 9 mai, à 18 heures). Le débat sera  animé par Dominique Jung (rédacteur en chef des DNA)

Avant-première RELATIO : La couverture définitive

 

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Ce livre sortira comme nous l’avions annoncé le 9 mai, le « Jour de l’Europe ». Une journée qui sera marquée aussi par la nouvelle formule de RELATIO. Une formule dont nous reparlerons et qui a été affinée, hier soir, lors de la création du Cercle RELATIO, cette « société des lecteurs et des contributeurs de RELATIO » qui va œuvrer pour la Défense et illustration de l’Europe des valeurs, du droit et de la démocratie donc pour l’Europe DE Strasbourg. Daniel RIOT et Sandrine KAUFFER présenteront ce livre préfacé par André GLUCKSMANN  et Bernard-Henri LEVY le jour même de sa parution, donc le 9 mai, à  18 heures à la Librairie Kléber de Strasbourg lors d’une rencontre qui sera animée par Dominique JUNG, rédacteur en Chef des DNA.

L’Europe cette emmerdeuse, City Editions. ( Hachette Livres distribution ISBN-10: 2352881544-ISBN-13: 978 2352881544)

13/04/2008

LIVRES: Magritte en couverture de "l'Europe cette Emmerdeuse"

« Ceci n’est pas une illusion »,

par Daniel RIOT

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 Une des couvertures auxquelles vous avez échappé, comme on dit à Charlie... 
 



Comment choisir une couverture d’un ouvrage ?

Question préoccupante. Pour les auteurs, l’éditeur et les libraires… 

Je n’ai donc pas échappé à cet exercice avec sur les bras « mon emmerdeuse »

Je réfléchis …

Les amis dessinateurs ne manquent pas : pourquoi ne pas faire appel à eux ? Bien sûr. Pourquoi pas ?

J’avais déjà [1] avec Tomi Ungerer co-écrit un livre sur l’Europequi est devenu ouvrage de collection. Et Tomi, n’aurait pas refusé. L’Europe, une femme ? Emmerdeuse de surcroît…De quoi inspirer celui qui a (si justement) écrit : « L’Europe est une drôle de femme. Elle connaît en même temps la puberté et la ménopause. La ménopause parce qu’elle a tout vu, tout connu. Elle sait tout, elle est blasée fatiguée. En même temps, elle semble timide, effarouchée, comme prise de vertige devant les aventures de la vie »

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L’Europe ? Une femme surréaliste.

C’est précisément un surréaliste qui, pour moi, illustre bien le triple objet de ce livre écrit avec la complicité de Sandrine Kauffer.

>>>L’Europe dans ce qu’elle a d’inachevé.Entre espoirs et déceptions

>>>Le journalisme tel que je le conçois c’est-à-dire questionnant les choses, le monde et les gens au-delà des apparences

 >>>Et les mystères de la vie, ces hasards et ces nécessités qui font l’essence et l’existence, ce Destin qui n’est que rarement le dessin de nos desseins… 

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Ces apparences trompeuses

« Ceci n’est pas une pipe » de René Magritte, a toujours constitué pour moi, la plus belle leçon de journalisme. Et de communication…Ne pas se fier aux apparences, à cette « écume des choses » que sont les « événements » selon Valéry.

« Ceci n’est pas une pomme ». « La trahison des images » est encore plus nette en cette ère de l’audiovisuel, du virtuel, des faux-semblants…

L’Europe est-elle une emmerdeuse ? D’ailleurs, l’Europe est-elle une femme ? Magritte est-il un peintre ? « Non, un grand peintre », a-t-on dit. C’est vrai, mais comme tous les vrais peintres, il sait « voir la pensée ». L’œil regarde, mais pas seulement. Il écoute, aussi. Et il décrypte l’invisible quand il « voit » la pensée. Quand il nous permet d’accéder à la pensée imagée de l’invisible.

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L’Europe est d’abord une pensée. Elle doit être surtout une revanche sur cette « Défaite de la pensée » si bien décrite par Finkielkraut voilà longtemps déjà. Parce qu’elle ouvre des fenêtres, parce qu’elle nous permet de dépasser nos horizons, de mettre un peu de ciel sur notre terre…

« Ceci n’est pas une vie »

Des fenêtres, des coins de ciel, des oiseaux d’espérance (malgré les nuages) : Magritte en a peint des séries. Qui donnent des ailes à nos rêves de paix et de bonheur. Des rêves qui se sont si souvent transformés en cauchemars….

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Fragilité des choses, versatilité des Humains… Avec des imperfections en tout genre. Y compris de nos reflets dans nos miroirs. Avec aussi et surtout ce sentiment d’inachevé qui persiste même quand on écrit, imagine, ou vit le mot « FIN ».

« Ceci n’est pas un texte ». « Ceci n’est pas une vie »…

Toujours regarder vers le ciel en conservant les pieds sur Terre : une vraie règle de vie. Et de pensée. N’est-ce pas la base même de l’idée européenne transformée en projet par Monnet, Schuman et d’autres esprits, qui ont su être à la fois des visionnaires et des pragmatiques ? 

 

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« La Magie Noire de Magritte »

N’est-ce pas ce que Magritte suggère dans sa série sur la « Magie Noire, avec cette femme bleue comme le ciel en guise de « haut » et avec le « bas » teinté par l’ocre de la terre ?

Mystérieuse, cette femme. Enigmatique. Érotique, mais pas spécialement sympathique. Attirante, mais distante…Imposant la distance. Nue, mais habillée de pudeur. « La peau, c’est la profondeur », redirait Valéry.

Magie Noire : Dans cette ancienne collection de Mme Georges Renée Magritte, disséminée à travers le monde, j’étais certain de trouver ce que je cherchais pour illustrer une partie des réflexions échangées dans mes conversations avec Sandrine Kauffer.

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Encore fallait-il trouver le tableau et son cadrage qui ne choquent pas trop les yeux qui se ferment devant des nus trop crus et obtenir les indispensables droits de reproduction.

Notre éditeur Christian English a fait le voyage de New-York pour pouvoir utiliser celle qui en couverture vous donnera, je l’espère, envie de mieux découvrir ma passion pour Europya, le journalisme et … la vie.

 

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Mais aussi les raisons de mes refus de céder à la mode du « déclinisme », du renoncement, de la démission. De la résignation. 

L’Europe est un chantier. Son inachèvement est un terrain d’action, non un motif de déception. Elle est Vie et elle ne vit que par celles et ceux qui savent voir ce que peut être, grâce à elle, l’invisible advenir au-delà des difficultés et des problèmes visibles…

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 Ceci n’est pas une illusion.

 Daniel RIOT

 

En savoir plus sur L’Europe, cette Emmerdeuse

Voir le photoblog consacré à l’Europe cette emmerdeuse

[1] (« L’Europolitain », Anstett ed. )

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09/04/2008

En librairie en mai: L'Europe, le journalisme et moi, par Daniel RIOT

"L'Europe cette Emmerdeuse": Une préface signée André Glucksmann

C'est André Glucksmann qui nous fait l'honneur et le bonheur d'écrire la préface de "L'Europe cette Emmerdeuse" qui sera en librairie en mai. En avant-première sur RELATIO, le début de cette préface... 

 

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 "L’Europe existe-t-elle?  Il faut pour tenter de s’en convaincre entrer dans ce livre et goûter la passion à feu continu qui le soutient. Passion aucunement aveugle, en bon lecteur de Descartes, Daniel Riot ne s’épargne guère les raisons de douter. Quelle réalité fixer, en effet, à notre vieux continent ? Ses  frontières géographiques sont mouvantes et litigieuses. Ses limites culturelles nous dépassent.

Qui oserait soutenir que la Russie de Pouchkine, Dostoïevski , Tchékhov, Chostakovitch et Stanislavski ne soit pas culturellement européenne ?  L’est- elle pour autant politiquement ? Quant aux valeurs intrinsèques et innées qui cuirassent la fatuité de l’Union Européenne, n’exagérons rien, n’oublions pas que les hauts lieux de l’esprit, Paris, Berlin, Rome, Madrid furent au siècle dernier les écoles des guerres totales et des révolutions totalitaires. Puis des écoles d’indifférence aux malheurs des autres… comme des leurs.

 

Qu’est-ce qui unit positivement l’ « Emmerdeuse » ? L’auteur ici s’acharne à dresser l’inventaire mental d’une histoire qui engendra la seule civilisation planétaire que nous connaissions, celle pourtant qu’une moitié d’entre nous rejette sous l’espèce d’une « mondialisation » déracinée et aliénante."(...)

LA PRESENTATION DE "L'Europe cette Emmerdeuse" 

Lire la suite

02/04/2008

LIVRES: Bientôt en librairie, "l'Europe cette emmerdeuse"

L'Europe, cette emmerdeuse: L'Europe, le journalisme et moi

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En mémoire de demain…
 

"L’Europe est une emmerdeuse !"… C’est l’un des cris de Daniel Riot  qui a consacré (et consacre) l’essentiel de son activité personnelle et professionnelle à la "construction européenne" qu’il suit de près depuis 1969. 

C’est parce que l’Europe est une "emmerdeuse" qu’elle est si mal traitée et autant méprisée dans notre paysage médiatique malade de "l’info-spectacle" déjà dénoncée par Guy Debord[1], de la "montée de l’insignifiance" si bien décryptée par Castoriadis[2] et de cet "escargotisme" que Tomi Ungerer voyait en Alsace mais qui est une spécialité bien française… 

L’Europe est une "emmerdeuse" parce qu’elle cristallise tous les maux visibles et souterrains qui frappent nos sociétés éclatées et déboussolées après six décennies de paix, ou du moins de "non guerre", et une "Histoire qui  va trop vite"[3] 

"Qu’est-ce que l’on fait quand on ne fait pas la guerre ?" La question du polémologue Gaston Bouthoul dans les années 50 reste l’interrogation centrale de ce début de XXI ième siècle marqué par un grand trouble existentiel, une "défaite de la pensée" et une montée des périls d’un nouveau type à l’intérieur et à l’extérieur…. Itinéraire et confidences d’un "instituteur des temps modernes" entré en journalisme comme d’autres en religion. "Profession : Passeur d’idées et de témoins". 

 

Doctorante en Sciences Po, spécialisée en communication politique, rédactrice en chef de RELATIO, Sandrine Kauffer appartient à une génération frappée par la difficulté de donner à cette Europe toujours en miettes l’image et l’existence, la forme et la consistance, l’unité et l’influence susceptibles de générer l’adhésion citoyenne qui lui fait tellement défaut. 

"On ne tombe pas amoureux d’un marché", disait Delors. Sandrine et la première "Génération Europe", n’ont pas, face aux lenteurs de l’unification européenne, la patience résignée de leurs aînés… "Désirs d’actions dans une nouvelle dimension"

L’une interroge, l’autre répond : L’Emmerdeuse est  un livre à deux voix et à quatre mains, écrit par des "Européens d’origine française" différents par le sexe, l’âge, la formation. Par des  "êtres de chair, d’os et d’esprit" qui "parlent d’Europe" sans la langue des querelles institutionnelles, sans le brouillage de l’eurojargon bureaucratique, l’opacité des controverses eurocratiques, le brouillard des faux procès idéologiques ou la pollution des réflexes passéistes. "L’Europe est une femme", lance Daniel Riot. "Une femme dont le point G est à Strasbourg".

 

Au moment où la France va assumer la Présidence de l’Union européenne, où un traité dit "simplifié" mais très compliqué va être ratifié, où le président Sarkozy lance une "Union méditerranéenne" et une réflexion de "Sages" sur le "futur européen" dans un contexte mondial qui suscite plus de peurs que d’espérance, cet ouvrage de témoignages, de réflexions et d’explications est d’abord un cri d’alarme :"Ce que l’Histoire a fait, l’histoire peut le défaire. L’Union est menacée d’implosion. L’intégration européenne risque la désintégration".

 

Mais ce livre est aussi un guide, vitaminé, à l’usage des citoyens (et des décideurs) qui savent que l’inachèvement actuel de cette « construction » laborieuse doit être replacé dans une perspective historique pour être compris et mis  en prospective  si l’on veut que "le futur ait un avenir"

"L’Europe n’est pas un Objet politiquement non identifiée (OPNI), selon la formule pourtant très pertinente de Jacques Delors : elle est un OPI, un objet politique inédit". C’est sa faiblesse : les citoyens manquent de repères. Ce doit être sa force  si l’on sait, selon la boutade de Tomi Ungerer, "donner une destination au destin"…

"Emmerdeuse", l’Europe est, aussi, vertueuse… Elle peut et doit nous aider à surmonter d’autres crises : celles du politique,  de la démocratie, des troubles identitaires, du "Vivre ensemble", de la poussée de "l’individualisme de masse", des conflits de civilisation, de la foi dans le progrès, du totalitarisme technologique, du chocs des inégalités, de "l’hyperterrorisme", et de ce fascisme rampant qui reste prégnant sous des formes diverses, ne serait-ce que parce que Hitler, selon le constat de Pierre Legendre[4], "a été vaincu par les armes et non par les arguments"

L’Europe ? "Un levier d’Archimède", comme disait de Gaulle, pour nous aider à relever les défis de ce siècle dont le début n’a rien d’une "Belle époque"… Et pour sauver la Personne humaine plus menacée que jamais peut-être par les poussées d’inhumanité et les tentations nihilistes.

 



[1] La Société du spectacle (Buchet-chastel,1967 ; Champ libre, 1971 ; Gallimard, 1992)

[2] La Montée de l'insignifiance (Les carrefours du labyrinthe IV) – Seuil 1996 (Points Poche, 2007)

[3] Mitterrand après la Chute du mur de Berlin.

[4] La fabrique de l'homme occidental, Mille et une nuits, 1996.

PUBLICATION MI-MAI (City editions, diffusion Hachette Livres)

02/12/2007

LIVRES: LE PRIX 2007 DE RELATIO, L'EUROPE EN REVUE

Le livre européen de l’année :

Lettres européennes

Manuel d'histoire de la littérature européenne Annick Benoit-Dusausoy, Guy Fontaine Editions de Boek université) Un ouvrage qui manquait. Et qui est remarquablement fait. Lettres Européennes, c’est le premier manuel d'histoire de la littérature européenne.  Plus de deux cents universitaires de toute l’Europe ont collaboré à  cet ouvrage collectif qui a une ambition pédagogique noble et qui atteint son but :  il est  légitime et nécessaire, pour les 800 millions de citoyens européens, de connaître les racines, l’histoire, l’actualité de la production littéraire de l’Europe qu’ils habitent. La citoyenneté se forge sur une conscience qui se nourrit de l’écrit, au-delà des difficultés des traductions et des clivages entre tradition et modernité.

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Aux contributions sur les héritages antique, biblique, celtique ou arabo-andalou, qui ouvrent le livre, répond le chapitre « Figures contemporaines » : 46 notices sont consacrées à 46 auteurs contemporains vivant et écrivant la littérature d’aujourd’hui dans le continent européen.

Dialectique du connu et de l’inconnu, imbrications de l’Histoire dans des histoires, littérature de témoignage ou de fiction : l’Europe qui s’écrit aujourd’hui est en consonance avec la tradition de circulation des êtres, des livres et des idées, caractéristique de la genèse culturelle de notre continent. Bravo à eux ! Puisse cet ouvrage être le premier d’une série… L’Europe est une entité culturelle. Pour s’y reconnaître, il faut mieux la connaître.

L'ARTICLE DE RELATIO, par Daniel RIOT >>>>>>>>>>>>

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22/11/2007

Le sexe en 1 200 articles...

 Larousse s’aime à tous vents.

L’œil coquin de Clio pour Relatio. Sur « Relatio », l’automne fut (érotiquement) moins « chaud » que l’été. Logique : en filles sérieuses, Vénuzia et moi avons surtout pensé à nos études… La tête d’abord, même si le cul nous prend parfois le cerveau! Et « Papy Riot » était plutôt préoccupé par une Europe qui n’est pas aussi sexy qu’il le souhaiterait. De temps à autre, il répond assez bien à la définition d’Edgar Wallace,  ce frénétique du clavier qui surcharge son webzine de notes souvent austères… « Un intellectuel, c'est quelqu'un qui a trouvé quelque chose de plus intéressant que le sexe ». Dommage... Le Q de QI jouerait-il de vilains tours?

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Il nous a tout de même demandé de reprendre nos chroniques. "Dans grève, il y a rêve"... Sans doute pour compenser les froidures de l’hiver (« Plus l'amour est nu, moins il a froid », a dit John Owen). Ou pour  oublier les sarkozeries en cascades de notre hyper-président que l’on imagine si mal en célibataire (Je lui ai écrit, mais je n’ai pas eu de réponse…). Peut-être aussi parce que l’approche de Noël marque cette fuite du temps qui donne des vertiges métaphysiques. « L'érotisme implique une revendication de l'instant contre le temps, de l'individu contre la collectivité », disait Simone de Beauvoir. « L'érotisme est l'approbation de la vie jusque dans la mort », lançait Georges Bataille. Vous me suivez ?

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Comme disait Bachelard (c’est beau, les études !) « L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin »… Peut-être est-il un peu comme Jean-Jacques Rousseau, notre "papy Riot", cet « Euroépos » ou cet « European »  (« sexe tendu », étymologiquement)  : «Mon plus grand malheur fut toujours de ne pouvoir résister aux caresses ». Que voulez-vous ? Pascal le janséniste l’avait observé sur lui-même: « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »

LIRE SUR RELATIO >>>>>>>>>

10/11/2007

Norman Mailer: La mort d'un géant

«Le cancer vient de la folie réprimée.»

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Le Géant a dit ou écrit (entre autres)....

« Je me sens assez malheureux à cause de mon pays. Il n'est pas devenu aussi grand, aussi noble que je le souhaitais. »

« Le rôle naturel de l'homme du XXe siècle est l'angoisse »

«L'horreur du XXème siècle tient à la grandeur des événements et à la petitesse de leurs répercussions.»

 «Le cancer vient de la folie réprimée.»

«Mes erreurs font ma force.» «Essayer coûte que coûte de n'être qu'un, c'est ignorer nos propres contradictions et vivre dans le mensonge. Alors qu'en exprimant nos contradictions, nous ne nous en portons que mieux !»

«La lucidité est le lieu de rencontre de la conscience et de la sensualité.»

«L'absurdité est un plaisir fugace, comme une cigarette que l'on fume en riant, tout en sachant qu'elle est nocive.»

«L'absurdité nous ôte tout sens des lois humaines, tout sens profond des valeurs, et nous éloigne notamment de la compassion, essentielle à la survie de l'homme.»

«Le rôle naturel de l'homme du XXème siècle est l'angoisse.»

 « Le fascisme n’est que l’émergence d’une pensée unique associée à un concept oppressif »

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 Norman Mailer est mort. Je me replonge dans ses livres. C’est le seul hommage digne que l’on puisse rendre à un écrivain de son talent. A un géant.

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26/10/2007

TOMI UNGERER: UN GENIE AU MUSEE

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Ouverture du Centre International de l’Illustration Tomi Ungerer de Strasbourg

Un génie corrosif et tendre, « passionné par ses passions ».

Un "Alsachien" viscéralement humaniste.

Un Européen de coeur et d'esprit même si " l'Europe est une drôle

de femme qui connaît en même temps la puberté et la ménopause"...

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Tomi a son musée. « Les musées sont les points et  les virgules de l’Histoire »… J’allais dire « a enfin et déjà  son musée »…. « Enfin », parce que ce projet strasbourgeois est une idée déjà très ancienne : « La patience est une forme de paresse ». « Déjà »,  parce qu’il est rare qu’un artiste ait son propre musée de son vivant : une première en France, dit-on… « Vanité, tout est vanité : c’est absolument nécessaire pour un artiste »… Mais Tomi ne fait rien comme chacun… C’est ce qui fait son charme. En partie, car sa force de séduction ne se résume évidemment pas à cela.

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Derrière le dessinateur génial, le « trouveur » d’idées en tous genres, ce pondeurs de « pensées », cet « esprit frappeur », ce provocateur acide, ce grand bricoleur, cet amuseur-amusé, ce passionné de jouets, ce collectionneur « de tout et de rien »,  ce jouisseur sans tabou (mais avec trompettes), ce voyeur visionnaire, ce faiseur d’images, cet homme-gag, cet insolent de première, se cache (plus ou moins) une âme sensible, un esprit chaleureux, un être fin, spirituel, cultivé, un homme nourri d’idéaux humanistes, une personne portée un sens aigu de la transcendance. Et un personnage hors du commun qui cultive l’amitié comme ce n’est plus guère en vogue…« Il faut donner une destination au destin »

Tomi est aussi, bien sûr,  un angoissé, un anxieux qui « allaite lui-même sa propre insécurité », un cerveau pleinement conscient de la fragilité des choses, de la finitude de la vie, de la relativité de cette mise en scène qui s’appelle l’existence. « A la guerre comme la guerre », le récit de son enfance, c’est « A la vie comme à la vie »… « Le désespoir est une raison d’être ». « Sans désespoir, pas d’humour ». « Une vie c’est lorsque la mort prend des vacances »  

 

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On ne sait pas assez son admiration pour Victor Hugo. Son culte des Droits de l’Homme. Sa haine de la haine. Sa guerre à la guerre, aux causes des guerres. Son refus des racismes, de l’antisémitisme,  des fascismes, des totalitarismes,  des discriminations, de l’intolérance, des sectarismes, des bellicismes, des intégrismes…et de la connerie, de la bêtise, de ces « monstres » brechtiens qui sont en nous, en chacun de nous. « Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes. Il faut le rappeler avant toute élection »(…) »Je ne suis pas raciste, parce que je combats le racisme qui est en moi »

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On peut l’affubler de tous les qualificatifs, Tomi : il en a subi des insultes, des procès , des suspicions, des censures, y compris, dans cette Alsace qu’il aime tant mais qui a tant tardé à voir en ce « pornographe douteux », en cet « exilé », en ce « publiciste » aussi à l’aise dans l’érotisme torride que pour les contes pour enfants, l’un des siens, l’un de ses fruits les plus beaux, les plus riches, les plus talentueux. Mais c’est ainsi : « S’il n’y avait pas des imbéciles, le paradis serait désert »…

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Longtemps, Tomi a été plus connu en Suisse, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande qu’en Alsace. Quant aux Parisiens, heureusement que « l’Ecole des loisirs » a reconnu son génie, sinon, Tomi, le « Boche américain », serait passé bien inaperçu… N’était-il pas un « anti-Français » celui qui disait que « l’Alsace, c’est comme les chiottes, toujours occupée ? ».

Jamais je n’oublierai la tête du patron des « dna » de l’époque (années 70) quand, avec l’ami Jean-Louis English nous lui avions proposé une grande ITW de cet « énergumène »… L’ITW a été publiée…après une dure négociation. Et parce que France 3 Alsace avait pris, avec Bernard Kurt, le même risque que nous : rencontrer le « diable de Tomi ». Et le faire sortir de sa boîte. D’une de ses boîtes. « L’enfer est le paradis pour le diable »

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Depuis, l’eau a coulé dans l’Ill et dans le Rhin, et Tomi a connu tous les honneurs, ou presque. Hommage soit rendu ici André Bord qui avait compris avant la plupart des responsables locaux et régionaux la richesse de celui qui, à sa manière, œuvre d’une façon concrète et très efficace à la réconciliation et à la coopération franco-allemande.

Que n’a-t-on pas plus aidé Tomi à réussir sa Cultur-Bank , idée originale qui aurait pu servir de modèle à des fondations franco-allemandes et européennes ! Que ne l’a-t-on pas plus écouté dans ses plaidoyers en faveur de l’apprentissage de la langue du voisin, des  jumelages de maternelles française et allemandes ! Mais  les regrets ne servent à rien… «  Il n’y a qu’un remède au passé : l’avenir ». Et il  a réussi  tellement de choses, celui qui est aussi « ambassadeur de bonne volonté auprès du Conseil de l’Europe ».

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EUROPE ! Voilà un mot qui le réveille quand il somnole, qui éclaire son regard même quand la fatigue s’abat. Il l’aime sa terre d’Alsace, Tomi. Il l’adore sa terre de France. Mais  il se sent surtout  pleinement EUROPEEN. Même si « l’Europe est une drôle de femme qui connaît en même temps la puberté et la ménopause » L’identité, c’est une addition, pas une restriction. C’est un épanouissement, pas une carte tamponnée.

Ce qu’il n’aime pas, Tomi, c’est le nationalisme (micro ou macro), le « chauvisnisme », les racismes, les sectarismes, « l’escargotisme », le replis sur soi. Le nez dans les godasses. Les yeux dans les poches. Les oreilles avec des paupières. Le cœur en berne. Et l’esprit dans ses chaussettes.  Mais que voulez-vous ? « L’intelligence complique tout »…

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Le 2 novembre son musée sera ouvert au  public. Il en est ravi, fier et ému, bien sûr. Mais il est « trop infantile pour retomber en enfance ». Et il restera ce qu’il est : « corrosif pour ne pas rouiller »…

Il est surtout heureux que le musée qui lui est consacré, dans la belle villa Greiner deviendra, grâce au travail de la fée ensorcelante (et très fourmi dans son boulot)  Thérèse Willer, un grand Centre international de l’illustration. C’est dans la logique de l’Histoire : Strasbourg, est aussi la ville de Gustave Doré, né en bas de chez moi (il y a une plaque !) « Le dessin, c'est l'avorton des muses » vient de redire Tomi ! « Le dessin, c’est l’ombre de ce que je pense »

Thérèse Willer explique : « Le musée propose un parcours muséographique basé en grande partie sur la présentation d’œuvres sur papier issues des donations successives de l’artiste à sa ville natale depuis 1975.

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Il a pour but de montrer son œuvre prolifique connue dans le monde entier, sous tous ses aspects, du livre pour enfants au dessin satirique, en passant par l’affiche, le dessin publicitaire et même les sculptures. Mais au-delà de ce parcours monographique, le musée fera aussi connaître au public d’autres illustrateurs et dessinateurs du XXe siècle et de la scène internationale, qui ont contribué à forger une histoire de l’illustration aujourd’hui encore peu connue.

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C’est pourquoi sont mises en œuvre dans cette optique, une programmation d’expositions temporaires et une politique d’acquisitions, relayées par un Centre de recherches dans ce domaine. »

Allez. Venez le voir, le Musée Tomi Ungerer. Vous y reviendrez. 8 000 dessins ! C’est le meilleur moyen de voir à quel point  Tomi a « de la fuite dans les idées ». Mais attention : sa « boîte crânienne est de Pandore »…

Daniel RIOT

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LE SITE  DES MUSEES DE STRASBOURG >>>>>>>>

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UNE FICHE SUR TOMI >>>>>>

11/10/2007

Poutine, un « Staline démocratique » et « Le Spectre » des James Bond…

Une chronique de Daniel RIOT pour RELATIO: Ce vendredi 12, Vladimir Fedorovski, sera à Strasbourg pour une conversation (à 17h30) autour de son dernier livre à la Librairie Kléber. Un personnage, ce volubile écrivain, Français depuis 1995 ! Plein d’humour sucré-salé et de malices, il a été (entre autres) conseiller de Gorbatchev,diplomate, traducteur d’acteurs de ce temps (Brejnev, Kadhafi, Saddam Hussein, Hafez el-Assad, Mokhtar Ould Daddah et Houari Boumediene) et  agent du KGB (logique)… Sa culture et sa connaissance de l’histoire russe dans sa complexité et sa profondeur en font l’un des meilleurs « kremlinologues » actuels. Son  art de la conversation et son jugement pertinent ont  fait de   chacune de nos rencontres une fête de l’esprit…

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Ceux qui le traitent « d’historien des halls de gare et d’aérogares » feraient mieux de le lire davantage et de ne pas se contenter de lectures en diagonale de critiques guidés plus par un snobisme élitaire que par un souci de vérité. L’Histoire est aussi une série d’histoires romancées… « Fedo » est un excellent romancier de l’Histoire qui permet de mieux comprendre les réalités du présent.

« De Raspoutine à Poutine », avait-il écrit. La filiation se confirme…  « Le secret de Poutine » pour lui, tient d’abord dans le « fantôme de Staline ». Un Staline « démocratique » (quel paradoxe !) Ou quelle contardiction!), qui sous bien des angles ressemble, légitimité du suffrage universel en plus, au «chef  de l’organisation du Spectre dans James Bond : il contrôle tout, étend son pouvoir sur tout, le gaz, le parlement, les médias…. C’est lui qui choisit les personnes qu’il met en avant, il fait nommer des proches qu’il peut diriger et contrôler. En cela il renoue avec toute une tradition antérieure ».

Une tradition « antérieure », à la Révolution même, et (aussi) à la « déstalinisation ». Lénine, l’idéologue, lui, est passé (comme le communisme)  à la trappe, dans une de ces « poubelles de l’Histoire » où le tri est très sélectif (et variable en fonction des lieux et des périodes…). Mais Staline, lui, renaît. En soft ! Comme le souligne Claude Imbert dans sa chronique du Point sur « l’énigme russe », le  peuple ôte peu à peu à Staline «  sa tunique sanglante pour lui rendre le blanc manteau de « Petit Père des peuples ». L’opprobre d’un des plus sanguinaires tyrans de tous les temps s’efface devant le héros de Stalingrad. ».

« Entre Staline et Poutine, la filiation est presque parfaite, en effet » remarque Vladimir Fédorovski. « Les points communs de la Russie d’aujourd’hui avec le système stalinien sont nombreux : la manipulation, l’unanimisme, le système des oligarques, l’omniprésence des services secrets… Surtout, Poutine reprend  le “code mental” de la Russie éternelle et de la citadelle assiégée. Staline se pensait comme le continuateur des tsars, et notamment d’Ivan le Terrible, derrière une façade: la révolution. Poutine fait de même, mais avec la façade du suffrage universel. »

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Il le fait d’autant mieux que le « tsar démocrate », « l’autocrate  démocratique », le “despote éclairé(?)” issus des urnes » est d’abord et surtout un stratège de premier plan, hors normes, bien supérieur à Bush, bien plus subtil, rusé et fin que nombre d’autres dirigeants européens. C’est ainsi. Sarkozy, durant ses deux petites journées moscovites a pu s’en rendre compte.

Poutine  sait aussi, en dépit des difficiles conditions de vie d’une grande partie de la population, cultiver une popularité qui ne tient pas qu’à une politique de communication soignée, mais s’ancre dans les profondeurs de l’inconscient russe. 

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Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes aux démocraties européennes réunies en ce Conseil de l’Europe où Moscou sait exercer une influence sans tapage mais bien réelle, en usant d’un argument simple (qui est aussi un chantage) : « Comme les Européens de l’Ouest ne vous donnent pas de moyens et que jurent que par l’Union européenne, l’avenir de votre institution dépend un peu –beaucoup) de nous. Alors, doucement les basses, avec vos critiques sur les droits de l’Homme ».

Je reprends ici en substance des propos « off » d’un diplomate russe qui a bien connu l’organisation paneuropéenne qui siège à Strasbourg. Ce grand serviteur de « toutes les Russies » ajoutait dans cette entrevue qui remonte à quelques mois : « De toutes façons, vous les Européens vous ne faîtes pas l’effort de voir ce qui se passe chez nous…

Et vous êtes des ingrats : La Russie de Poutine a rallié votre démocratie, a adopté votre économie de marché,  a étouffé les tendances anarchistes qui menaçaient de prendre de l’ampleur chez nous et de recréer une terrible insécurité dans toute l’Europe, a combattu les réseaux mafieux qui gangrenaient aussi vos économies,  vous permet sur la Cote d’azur, à Paris et ailleurs de bénéficier du pouvoir d’achat de nos millionnaires et milliardaires …

Et vous ? Vous n’avez rien compris à la Tchétchénie, vous n’écoutez pas nos doléances dans les pays baltes, vous ne pensez qu’à dresser contre nous la Géorgie et l’Ukraine, vous entretenez la parano des Polonais, vous ne voyez pas à quel point nous vous sommes utiles sur les plans énergétiques et économiques, et vous êtes toujours obsédé par l’Atlantique et oubliant que l’Oural est sur notre continent commun…. 

Pourquoi ce bouclier anti missile dirigé contre nous ? Vous êtes fous. Mais vous ne changerez rien à un point essentiel : il y aura toujours (au moins) deux Europe(s), la votre, et la Russie» 

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J’ai résumé… Ces données entretiennent bien sûr les  « vieilles obsessions russes » que Fedorov connaît bien : angoisse des fragilités internes, peurs de l’indocilité du sud, parano contre « l’étranger proche », obsessions de complots extérieurs, ombre de Napoléon, spectre des « russes Blancs », fantôme des « espions américains »… Le Kremlin reste une forteresse. Et la Russie « une énigme enveloppée de mystères ». Poutine, lui, sourit. Avec un sourire de glace.

Daniel RIOT

* « Le fantôme de Staline, ou le secret de Poutine », de Vladimir Fédorovski (Editions du Rocher)

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31/05/2007

Max Gallo à l'Académie: L'âme de la Plume...

Bravo Max,  L'IMMORTEL....

Bravo Max! Les mauvaises langues vont crier à la récompense sarkozienne. Mais NON ! Vous n'en aviez pas besoin...Je voua ai suffisamnt lu et apprécié. Je vous suffisamment rencontré .J'ai eu avec vous suffisamment  de riches conversations (à la librairie Kleber, de Strasbourg et ailleurs), y compris sur des sujets qui nous séparent (L'Europe, notamment) pour savoir que si quelqu'un mérite de ce titre d'"Immortel", c'est vous. Vous qui tous les matins, dès quatre heures, êtes à votre table de travail. "Si je n'écris pas , je vide mon frigo", m'avez-vous confié, un jour. Quelle production! Aussi riche en qualié qu'en quantité. Bravo. Et merci d'écrire encore....A bientôt. Pas sous la Coupole, mais "Chez Yvonne"....
DR
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L'historien,ancien militant communiste, ancien ministre de Mitterrand devenu sarkozyste après avoir été aux cotés de Chevénement,  occupera le fauteuil du philosophe Jean-François Revel (dont les livres restent de bons ammis). Max Gallo, âgé de 75 ans, a été élu au premier tour, obtenant 15 suffrages parmi les 28 votants, a annoncé la secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Carrère d'Encausse.
L'autre candidat était le journaliste Claude Imbert, qui a obtenu cinq voix. Le reste des suffrages s'est réparti en 3 bulletins blancs, 4 bulletins blancs marqués d'une croix (refus des deux candidats) et une voix pour un non- candidat.

Cette élection est la première d'une série qui devrait s'étaler sur environ un an pour reconstituer les rangs des académiciens. Le nombre de fauteuils vacants n'a jamais été aussi important depuis une vingtaine d'années, avec six décès – sur 40 membres – enregistrés depuis le printemps 2006 : Jean-François Revel, Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond.

Historien et romancier prolifique, Max Gallo est l'auteur d'une centaine de romans, biographies et études historiques. Il avait déjà présenté sa candidature à l'Académie en juin 2000, n'obtenant alors que six voix.

Né à Nice en 1932, dans une famille d'immigrés italiens, le nouvel académicien a la fibre patriotique et la passion de la République. Il s'est d'abord fait connaître comme historien, avant de toucher le grand public avec des sagas romanesques (La Baie des anges, Les Patriotes...) et des biographies historiques à succès, de Jaurès, de Gaulle ou Napoléon.

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Europe culturelle: Hommage à Philippe Lacoue-Labarthe

medium_lacou_labarthe_lignes_.jpgVoir l'artclie dans les "Paperoles" de Caroll de Maistre-Riotmedium_lacoue_labarthe_4.2.jpg

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A LIRE OU A RELIRE: L'EUROPE CULTURELLE EN BERNE

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