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09/09/2008

Et si l'on élargissait l'OTAN à la... RUSSIE

SUR RELATIO-EUROPE

Par Daniel RIOT
Questions étranges qui m'ont hanté durant toute cette journée passée à l'écoute des nouvelles de Sarkozy, missionnaire de la paix, à  Moscou et de Tbilissi : Qu'est-ce que l'OTAN ? A quoi çà sert?
Wikipédia répond simplement : « L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord - OTAN (NATO - North Atlantic Treaty Organisation en anglais) est une organisation politico-militaire créée à la suite de négociations entre les signataires du traité de Bruxelles (la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni), les États-Unis et le Canada ainsi que 5 autres pays d'Europe occidentale invités à participer (le Danemark, l'Italie, l'Islande, la Norvège et le Portugal), pour organiser la défense et la sécurité de l'Europe face à l'Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale. ».
Le siège de l'OTAN se trouve depuis 1966 à Bruxelles et son commandement militaire (SHAPE) à Mons (Belgique). Grâce à ses moyens logistiques, l'OTAN a su, durant la Guerre froide, « garder les Américains à l'intérieur, les Russes à l'extérieur et les Allemands sous tutelle. »[1] comme le souhaitait son secrétaire général d'alors, Hastings Lionel Ismay. Son rival côté soviétique fut le Pacte de Varsovie. »
Les Allemands ne sont plus à mettre « sous tutelle ». Le Pacte de Varsovie n'est plus. L'Union soviétique est morte. L'OTAN existe toujours. Agrandie, renforcée, avec des champs d'actions très élargis...
Alors ? L'OTAN en ce XXIème siècle ?

02/09/2008

RUSSIE-EUROPE:RENFORCER LE CONSEIL DE L'EUROPE


Editorial RELATIO-EUROPE de  Daniel RIOT

>>> La diplomatie n'est pas du body building

>>> Mieux distinguer l'Union de l'OTAN

>>> Comprendre les peurs et les aspirations russes

>>> Les frontières entre l'UE et la Russie ne doivent pas être des lignes de front

Soyons clairs . KOUCHNER a raison sur un point, au moins :  « l'Union européenne n'a jamais pesé autant dans le développement d'une crise internationale ». Un « événement historique » n'hésite pas à dire le politologue Dominique REYNIER.. Tant pis pour ceux qui pensent que l'Union est restée unie...par défaut, et seulement pas par intérêt « énergétique »...et par faiblesse

Sarkozy n'a pas tort de vouloir se dégager des réflexes de  confrontation hérités de la « guerre froide », des engrenages « sanctions-contre sanctions », de la rhétorique des rodomontades, des menaces, des dents montrées.. La construction européenne exige des muscles, des vrais. Elle n'en a pas assez d'ailleurs. Mais elle s'est faite contre les réflexes de « rouleurs de mécaniques », de « montreurs de biceps », de gonfleurs de pectoraux . La diplomatie n'est pas du body building.

01/08/2008

Pas de vacance sur RELATIO-EUROPE:

Karadzic et les « arrangements » américains : De l'éthique en diplomatie... PDF Imprimer Email
Vendredi, 01 Août 2008 11:59

L'éditorial de Daniel RIOT pour Relatio-Europe

Ceux qui se prétendent réalistes ont souvent une très  mauvaise perception du réel. Et la réalpolitik qui autorise tous les cynisme et toutes  les pratiques amorales ou immorales, au nom de bonnes intentions mal servies par des intérêts mal évalués à court terme conduit souvent à des catastrophes.

 La nouvelle « affaire Karadzic » qui est d'abord un  nouveau « scandale yankee » en est une nouvelle illustration. Vieilles questions de la « fin et des moyens », du « pardon » et du « repentir » politique, de « la morale et  de l'efficacité » en matière de Justice et des « sales boulots » de la diplomatie secrète.

 

 
La Serbie reste le volcan des Balkans PDF Imprimer Email
Vendredi, 01 Août 2008 12:54

par Noëlle Lenoir

(Sélection RELATIO  sur EUROPE, mon beau souci) L'arrestation de Radovan Karadjic, de sinistre mémoire, deux semaines après l'investiture du nouveau gouvernement pro-européen à Belgrade, n'est certainement pas le fruit du hasard.

La signification  de cette arrestation est double:

1. D'une part, après treize ans de cavale de l'un des deux criminels de guerre les plus recherchés en Europe (avec son acolyte Radko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie), elle donne rétrospectivement raison à la Procureure du Tribunal Pénal International de l'Ex-Yougoslavie, à savoir que l'intéressé a bénéficié de complicités pour se cacher, et surtout qu'il était protégé par l'inertie du gouvernement serbe nationaliste en place jusqu'aux élections de juin 2008.

2. D'autre part, l'évènement traduit la détermination et le courage du nouveau Président Boris Tadic qui avait nettement fait campagne voici quelques mois pour la démocratie et pour l'Europe, avec pour slogan: "Pour une Serbie Européenne"

Il faut en effet parler de courage s'agissant de Boris Tadic et du nouveau gouvernement serbe !

 
Quand la Chine dit « NON » : Les Jeux olympiques (et « l'Occident ») à reculons... PDF Imprimer Email
Mercredi, 30 Juillet 2008 18:00

L‘éditorial de Daniel RIOT

« La Chine peut dire Non »...Qui ne le savait pas ? Nous étions prévenus depuis 1995, date de publication d'un essai de Song Qiang, qui portait ce titre et qui,  diffusé à des millions d'exemplaires et célébré par les autorités chinoise, a été  comme un livre annonciateur d'une nouvelle ère. Une ère qui est couronnée par les JO de cette année 2008. Parce que le CIO a dit Oui.

Parce que les Chinois savent que la « grande puissance émergente » qu'elle est sait utiliser au maximum ce qui a fait la force mais fait  la faiblesse actuelle de l' « Occident » :le décalage entre les principes et les valeurs proclamées et les actes, ce « cynisme voyou » habillé de vertus qui se retourne contre lui.

 
L'OMC en échec : Attention à la résurgence des protectionnismes ! PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 22:19

Par William PETITJEAN

Echec. Le mot est tombé, ce mardi soir,  de toutes les lèvres. Gravement. Sur les vingt points qui restaient à régler à l'OMC à Genève, 18 avaient trouvé une solution, ou presque. Le 19 ième  s'est soldé par un « accord impossible » . Comme ce type de « paquet » (qui aurait du être soumis à 135 pays de l'OMC) doit être accepté en bloc ou refusé, c'est bel et bien l'échec.

Le cycle de Doha qui aurait du être achevé en ...2004  se termine donc en que de poisson. Et personne ne se hasarde à faire un pronostic sur une reprise éventuelle des discussions.

Pas de Plan B avant les élections américaines, de toutes manières ...Avec une menace à l'horizon : la résurgence d'un protectionnisme qui aggraverait la situation au lieu de l'améliorer.

La responsabilité est sans doute collective, comme le souligne Mandelson, le Commissaire européen. Mais la facture ne sera pas également partagée...  

Sans doute, l'absence d'accord est-elle préférable à un mauvais accord. Mais cela n'est en rien une consolation. La proposition finale de Lamy (notre photo) n'était d'ailleurs pas un « mauvais accord ». L'analyse publiée à la suite de cette note le montre bien : l'Union aurait pu et du en tirer profit et parti

 


 
Idées : Les « invariances » de Jean-François Kahn face au "Changement", à la "Rupture", à la "Réforme" PDF Imprimer Email
Mercredi, 30 Juillet 2008 15:12

Par Monique CHARLES

NON !  Non au   CREDO QUIA ABSURDUM...

Car il y a de l'absurde ! Absurdes, en effet, les concepts au singulier et en majuscules. Concepts boursouflés, proférés comme des vérités massives et dynamiques. « Autant d'aberrations », (p. 7) soutenues par l'illusion simplificatrice d'une création possible ex nihilo, ou par le fantasme figé de changements radicaux sous l'impulsion de brutales et spectaculaires césures,  de ruptures oblitérant le passé. Tels sont justement les concepts brandis à voix forte et médiatique : le Changement, la Rupture, la Réforme...

Le changement ? « Comment on y va... », Jean-François Kahn[1] entend nous le faire entendre d'abord en nous conviant à changer notre manière de penser et d'examiner le monde par oppositions tranchées et binaires, voire par « exaspérations des antagonismes ». (p. 37),  seulement lancés en l'air, sans aucun enracinement possible dans le réel politique, social, économique.

 
Légitimité et légalité : La démocratie, le droit et la laïcité à l'épreuve en Turquie PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 09:34

L'éditorial de Daniel RIOT pour Relatio-Europe

Une Cour constitutionnelle peut-elle interdire un parti qui ayant démocratiquement gagné des élections assume logiquement et légitimement le pouvoir ? Une question intéressante. Pas seulement pour les juristes. Une question qui place la Turquie dans une situation difficile, cette semaine.

En droit, la Cour constitutionnelle turque est tout à fait dans son...droit.

L'état de Droit tel qu'il en Europe se caractérise par le primat du droit en tout, sur tout et pour tout, y compris contre une opinion ou un gouvernement qui ne respecterait pas la lettre et l'esprit des  constitutions en vigueur. Les instances nationales sont d'ailleurs complétées, dans l'espace démocratique paneuropéen, par des structures supranationales : la Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg en particulier.

 

 
Lutte contre le Sida : Des progrès ...mais alerte maximale en Russie et en Ukraine PDF Imprimer Email
Mercredi, 30 Juillet 2008 01:36

Par Jacques DEHAIRE

On aimerait s'en réjouir. Selon L'ONUSIDA, qui vient de publier son rapport bi-annuel,  l'épidémie de sida marque le pas, avec une baisse des décès et des personnes nouvellement infectées. Mais ce constat est plus un encouragement en faveur d'un renforcement des actions en tous genres et à tous les niveaux qu'un motif de satisfaction. Ce fléau (qui atteint près de 33 millions de personnes recensées) reste à un niveau inacceptable et scandaleux. Et l'avenir de la pandémie est incertain. Un point particulièrement noir : la Russie et l' Europe orientale (l'Ukraine, notamment).  

 


 
La corruption peut être le poison mortel de l'Europe ! PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 23:25

Par Noëlle Lenoir

(Sélection RELATIO-EUROPE sur le CERCLE DES EUROPEENS)

La Commission européenne a finalement adressé à la Bulgarie et à la Roumanie un avertissement en leur demandant de lutter plus efficacement contre la corruption. Elle a même décidé de sanctionner la Bulgarie en la privant de quelque 800 millions d'euros retirés du programme PHARE (instrument de préadhésion destiné à aider les pays d'Europe centrale et orientale à intégrer l'acquis communautaire et à adapter leur industrie au nouveau contexte du marché)

La sanction aurait pu être plus sévère. La Commission européenne ne touche pas aux fonds structurels, en effet, tels que les fonds de cohésion qui sont indispensables à la réalisation des infrastructures dont les pays entrants ont besoin pour rattraper leur retard de développement. Mais cette sanction a une très grande portée politique. Dans son rapport du 23 juillet 2008 "sur les progrès réalisés par la Bulgarie au titre du mécanisme de coopération et de vérification", la Commission rappelle que les fonds communautaires "sont l'expression concrète de la solidarité de l'Union envers la Bulgarie" et qu'"il est de l'intérêt de tous qu'ils servent à aider les régions les plus défavorisées de ce pays".

 
Que l'Europe domine ses doutes! PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 18:13

AU CARREFOUR DES IMPASSES...

Par  Francis Rosenstiel

Bien que nous sachions  par expérience qu'en politique rien n'est jamais désespéré, le "moment" sur la scène internationale paraît singulièrement préoccupant, tous continent et régions confondus.

Mais, ne dit-on pas aussi  que" le politique a horreur du vide"?

Cependant  que signifient vide et trop-plein en la matière?

Déserts et immersions souvent se rejoignent dans ces paysages déroutants!

L'Opinion, pour autant que cela existe, aspire à un sentiment de paix, si ce n'est par conviction, c'est pour le moins par lassitude. Encore faut-il reconnaître que la société hyper-médiatisée où nous vivons ne favorise guère les torpeurs prolongées!

La scène internationale ne baisse jamais le rideau pour cause d'inventaires; elle ne connaît pas davantage d'entr'actes, ou de fermetures pour cause de  maladies ou de convalescences, sachant que les remèdes des uns sont rarement ceux des autres. Pas même l'ONU n'est une pharmacopée universelle!

 

20/11/2007

Crise des "subprimes" : Le pire n’est pas encore là…

DECRYPTAGE RELATIO : Les banques  pourraient perdre 2 000 milliards de dollars. SOS Pythie ! Question vertigineuse : Jusqu'où la facture de la crise financière grimpera-t-elle pour le secteur bancaire mondial ? A mesure que la situation se dégrade sur le marché du logement américain – "un déclin sans précédent depuis la Grande Dépression" de 1929, estime la banque américaine Wells Fargo –, les banques révisent en hausse le montant de leurs pertes. On jongle avec les zéros…Quelle inflation ! Toutes les boussoles s’affolent. Mimétisme de la peur, la panique engendrant la panique ou prévisions …réalistes ?

Depuis quelques jours, les économistes employés par les grandes institutions financières revoient tous à la hausse leurs prévisions du coût de la crise pour les années à venir. Après l'estimation de 400 milliards de dollars calculée par la Deutsche Bank fin octobre, un chiffre fondé sur des hypothèses économiques déjà pessimistes, Goldman Sachs pousse aujourd'hui le curseur à 2 000 milliards de dollars, même si la plupart des modèles économiques des banques restant bâtis sur une crise à 200 milliards de dollars.

LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>>>>

25/08/2007

Argent sale: Quand RELATIO provoque des polémiques...dans l'île Maurice

Ce n'est pas un droit de réponse, mais cela y ressemble. L'ITW accordée par Daniel RIOT, directeur de RELATIO et vice-président de DpJ, dans l'hebdomadaire "L'EXPRESS" de l'ile Maurice a entraîné cette semaine la publication dans le même hebomadaire de l' article que nous reprenons ici intégralement, par courtoiise et par souci d'information.

Économie : SYSTÈME DE CONTRÔLE DU « GLOBAL BUSINESS »

La FSC fait le point

À la suite des propos de Daniel Riot publiés la semaine dernière dans nos colonnes, la Financial Services Commission (FSC) tient à préciser son rôle de régulateur dans le global business.

dba3e87468cabec81a99889e0cf79a3a.jpgLa Financial Services Commission (FSC), le régulateur des activités du global business mauricien, a réagi aux propos tenus dans l’édition de l’express-dimanche par le journaliste Daniel Riot.

Elle souligne que toutes les activités du global business sont soumises à sa supervision sur la base d’un cadre légal et réglementaire qui repose sur des normes internationales et des critères d’opération proposés par les International standard-setters.

La commission indique qu’une de ses missions consiste justement à veiller à l’intégrité du système financier mauricien dans son ensemble. Mais aussi à s’assurer que les sociétés autorisées à opérer mettent en place les procédures et les dispositifs appropriés afin d’enrayer les risques de blanchiment d’argent dans le centre financier mauricien.

Lutte contre les risques de blanchiment d’argent

La FSC précise aussi que les Global Business Companies sont incorporées et administrées par des Management Companies. Ces dernières qui opèrent selon des conditions strictes et spécifiques ont l’obligation de s’assurer de l’intégrité de tout investisseur, notamment à travers une procédure préalable de vigilance relative à la clientèle. Ces sociétés sont tenues de conserver des documents, avant de faire une demande pour l’obtention d’une licence.

D’autre part, la commission met en exergue l’importance qu’elle attache à la lutte contre les risques de blanchiment d’argent. Une de ses mesures phare fait obligation à tout opérateur des services financiers, dûment autorisés par la commission, de nommer un Money Laundering Reporting Officer. Le rôle de ce dernier est de rapporter toute transaction suspecte à la cellule de renseignements financiers, à savoir la Financial Intelligence Unit.

La FSC rappelle également ses prérogatives concernant la suspension ou le retrait d’une autorisation dans l’éventualité où une activité s’avérerait illicite ou nuisible à l’intégrité du centre financier mauricien. En ce qui concerne la provenance probable de fonds investis en Inde à travers des sociétés mauriciennes, la commission note que des mesures importantes ont été prises dans le but d’empêcher que des fonds originaires de l’Inde ne soient réinvestis dans ce pays.

Par ailleurs, la commission indique qu’il existe une différence fondamentale entre l’évasion fiscale et la planification fiscale. Cette dernière « est tout à fait légitime et constitue une partie intégrante de la façon dont les investissements internationaux sont structurés. »

Lindsay PROSPER

L'ITW  de Daniel RIOT publiée voilà quinze jours dans "l'EXPRESS dimanche" >>>>>>>>>

L'article de RELATIO qui a suscité l'ITW >>>>>>>>

17/08/2007

L’Europe saura-t-elle tirer les leçons de la tempête des « subprimes » ?

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Subprimes, crédit crunch, titrisation, systémique… Mots du mois d’août. Pour des maux réels qu’il convient de ne pas dramatiser à outrance. Il n’est pas sûr que Christine Lagarde ait raison de se montrer optimiste sur l’économie française, mais elle n’a pas tort (ce matin, dans Le Parisien) d’exhorter les épargnants et les petits porteurs au sang-froid, de souligner que les banques centrales en général et la banque centrale européenne en particulier ont « fait leur travail » et ne refuser le mot « krach » pour définir la situation boursière ou plutôt finacière actuelle.

Parler de « jeudi noir », comme cela a été fait relève de l’emphase, en effet. Ceux qui propagent avec complaisance les pronostics les plus noirs d’experts les plus pessimistes devraient se rendre compte que bien des Cassandre, en ce domaine, sont … intéressés et que l’effet de panique qui nourrit les spirales infernales est souhaité par nombre de spéculateurs.

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De plus,  bien des donneurs de leçons aux banques centrales (à la BCE, surtout) se montreraient plus pertinents en tentant de décrypter le coté « ingouvernable » de l’économie-casino « globalisée » et non en s’attaquant aux seuls vrais remparts contre ces vents de folie qui dérèglent toutes les boussoles et peuvent entraîner les pires catastrophes …sociales.Avec le retour d'un mot qui est chargé de sens: DEPRESSION. 

A Relatio, nous ne manquons pas une occasion de le rappeler depuis le début de ces secousses estivales trois données de fond

1) Cette crise était prévisible puisque le surendettement des Américains, provoqué et développé à des fins strictement spéculatives, avait atteint des limites insupportables. La seule vraie surprise vient de l’internationalisation de cette « correction brutale des marchés ». Elle confirme l’avènement d’un monde financier où, selon la formule de jacques Attali, « personne ne sait plus sui doit de l’argent à qui »

6d2645942d11f12b28caef223bd55d19.jpgN-Y

2) L’internationalisation de cette crise américaine confirme à quel point les réseaux financiers sont devenus interdépendants à l’échelle de la planète. Cela implique, pour les Européens, une vigilance tous azimuths qui pour l’heure n’est pas suffisamment exercée. Nous ne suivons pas suffisamment notamment la place prise par les Chinois aux USA : ce sont eux qui permettent au géant (fragile) américain de vivre au-dessus de ses moyens. Nous ne suivons pas assez non plus les mouvements de capitaux, légaux et propres ou illégaux et sales. D’autre « surprises » devant nous… Avec des conséquences qui rendront anecdotiques les suites des impayés des petits propriétaires américains incapables de faire face à leurs traites…

3) Les banques centrales (à l’exception de l’anglaise) on injecté quelque 300 milliards de $ dans les circuits. Pour rassurer, montrer que nous ne sommes pas en panne de liquidités, tenter de limiter les effets « boule de neige » et « cailloux dans l’eau » que la crise provoque. C’est beaucoup. C’est l’équivalent des sommes qui risquent d’être perdues dans ce choc d’août 2007. Mais, toutes choses étant égales, ces nombres avec trop de zéros pour le commun des mortels sont à mettre en face d’une autre évaluation : 11 000 milliards de dollars constituent ce que l’on nomme le « marché financier mondial », donc l’argent en circulation.

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Qu’en conclure, provisoirement ?

Sur le premier point : une leçon majeure. Les « agences de notations » qui sont sensées tire les sonnettes d’alarmes quand les risques sont trop mal calculées n’ont pas rempli leurs fonctions. Ce n’est pas leur première défaillance : affaire Enron ,explosion de la « bulle informatique »…

A chaque crise, on réclame, comme Sarkozy vient de le faire en s’adressant au G7, davantage de « transparence ». Les institutions réagissent  moins vite que les acteurs du marché.  

Le Temps écrit fort justement (avec une ironie pleine d'indulence):  « Quand Nicolas Sarkozy exige plus de transparence, il a philosophiquement raison. Quand il demande au G7 d'en fixer les règles, il s'illusionne sur le remède. Depuis que la finance existe, elle a toujours été plus agile que la politique. On peut le regretter, mais c'est comme ça. A moins de la corseter d'une façon qui provoquerait une crise plus grave que l'actuelle, il y a peu d'efficacité à attendre de ce côté-là. »

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Sarkozy,par sa lettre médiatisée, fait même ce qu'il ne faut pas faire en une telle circonstance:participer à la dramatiation. Angela Merkel fait preuve de plus de sang-froid.On peut agir et réagir avec discrétion. Limites et dangers de la politique-spectacle...

Sur le deuxième constat, une autre leçon pour les Européens : il s’agit moins de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale que de doter l’eurogroupe de moyens supplémentaires d’investigations, d’analyses et de prévisions.

C’est sur le troisième constat que les leçons sont le plus difficiles à tirer. En effet, qui doit payer quoi ?

Le principe de bon sens « qui casse paye » devrait s’imposer. Mais il faut du courage politique et des rapports de forces politiques suffisamment nets pour le mettre en pratique. Les puristes de la finances y sont favorables et ils ne manquent pas d’arguments.

>>>>D’abord, les premières victimes sont d’abord les premiers fautifs… Ceux qui pleurent le plus  sont aussi ceux qui ont gagné le plus en spéculant sans vergogne.

>>>>Ensuite, les pertes sont plus sectorielles que générales chez ces « victimes-coupables ». Un exemple parmi d’autres : L’américain Citigroup, première banque au monde, vient ainsi d’annoncer avoir perdu 700 millions de dollars sur ses « dérivés de crédits immobiliers ».

C’est triste pour lui et ses actionnaires, mais le groupe annonce    un bénéfice annuel prévisible  de 20… mil­liards. Grâce à la tonte de quels moutons ?  

En fait, les vraies victimes sont celles qui ont besoin de vendre aujourd’hui, dans l’urgence,  à perte. Et celles qui doivent reporter à plus tard ou annuler des achats prévus. Mais aucune de ces deux situations ne devrait avoir des conséquences économiques et sociales trop importantes. Quelques aides ponctuelles devraient pouvoir les tirer de ces mauvais pas. Il n’y a pas de quoi mettre le feu à toutes les places boursières…

07ac60ba30064d11c120f06206be6bfb.jpgLe FED

Cette situation rend la position des banques centrales très difficiles : elles doivent limiter la casse pour les « vraies » victimes sans faire le jeu des « fausses »…

L’un des conseillers de Relatio nous dit : « Si ceux qui ont pris des risques inconsidérés jouissent d’une impunité et se refont une santé facilement, aucun assainissement du marché ne sera possible, les spéculations reprendront sous une autre forme et d’autres crises plus graves seront inévitables… Ce qu’il faut, c’est poursuivre les efforts déployer pour « saucissonner » les risques mais en clarifiant les montages trop complexes qui ont été faits et qui, entre autres inconvénients, favorisent davantage encore les blanchiments d’argent sale et rendre les marchés opaques. »

C’est le même type d’exhortations que font les observateurs suisses :  « La meilleure pédagogie reste la sanction pécuniaire. La finance n'est pas un jeu où l'on gagne toujours », écrit Le Temps.  «  Que les perdants assument leurs erreurs, même si ça fait mal ».

e0f3092c6dc7bc3332bf774651727b01.jpgLondres

Le problème, c’est que ces « perdants » bénéficient de soutiens politiques forts à New-York et financiers importants à Londres…  «  Dans la nervosité actuelle, on voit hélas se multiplier les actions de sauvetage (1)et les appels aux accommodements » note Le Temps. « Résistons-y. Il faut pardonner au pécheur, mais pas réparer la faute à sa place: il récidiverait demain, en plus grand. »

L’Europe pourrait y résister davantage si la City n’oubliait pas que la Tamise se jette dans la Manche… Mais consolons-nous en repensant à d’autres tempêtes monétaires et financières du temps où l’euro n’existait pas. Les détracteurs de la monnaie unique de l’Union et de l’Euroland devraient rafraîchir un peu leur mémoire… Et les champions de la « souveraineté nationale » devraient sérieusement songer au sens que ne peut plus avoir cette expression en cette ère d’  « économie-casino » sans frontières…

Daniel RIOT

1) La Fed a rassuré aujourd'hui les marchés en abaissant son taux d'escompte de 0,5 point et en injectant six milliards de dollars supplémentaires. Il ne s'agit pas du taux d'emprunt interbancaire ou "Fed Funds", qui est toujours fixé à 5,25% mais d'un autre instrument de politique monétaire plus rarement utilisé. Cette décision a été accompagnée d'un communiqué distinct, dans lequel la Fed a estimé que "même si l'économie continue de croître à un rythme modéré, le Comité juge que les risques pour la croissance se sont nettement accrus".

 
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