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08/11/2007

L’Europe face aux vagues xénophobes : « DOSTA »!

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

Les « Ritals »… Ce n’est pas si vieux ! Et ce n’est pas seulement le titre d’un (excellent) livre de Cavanna. C’était (et c’est encore d’une façon plus sympathique, heureusement)  le surnom péjoratif et insultant des Italiens, ou plutôt des migrants italiens plus ou moins bien accueillis en France et ailleurs. Car l’Italie était une terre pauvre, donc d’émigration. Des émigrations qui depuis ont  d’ailleurs contribué à la richesse des pays d’accueil et … de l’Italie.

Qualités des travailleurs, rayonnement de la culture italienne (gastronomie en tête), intelligence et dynamisme des « colonies » italiennes. Même l’ombre des maffias n’a empêché une bonne intégration ou une excellente assimilation des Italiens et des italiennes…

Comme dit Jacques Attali dans ses bonnes analyses sur le nomadisme : les diaspora constituent un atout considérable des pays d’origine. C’est d’ailleurs, à terme, l’une des faiblesses des USA, par rapport aux pays européens, asiatiques et…africains !

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Immigrés italiens parqués en France au siècle dernier (avant-hier)

Et voici que les « Ritals » se défoulent ou prennent peur, contre d’autres personnes qui fuient la misère, cherchent une terre où la vie est plus facile,  tentent de trouver de l’air plus respirable quitte à s’enfoncer dans d’autres malheurs. Les milliers de gens qui quittent l’Afrique ou l’Asie ne sont pas les seuls : la Roumanie, entrée (peut-être prématurément) dans l’Union européenne reste une terre où la vie est dure, et où, surtout, des roms souvent mal traités sont tentés d’aller voir ailleurs ! Comme on ironisait en France en dénonçant les idéologies reposant sur un nationalisme d’exclusion : « il y a vraiment trop d’étrangers dans le monde »….

D’ailleurs, il y a des étrangers partout : 20 000 Italiens sont installés en Roumanie où  700 entreprises italiennes  travaillent. Un rappel que le chef du gouvernement roumain n’a pas manqué de faire à Prodi

La vague xénophobe qui frappe l’Italie, comme la plupart des pays européens, à des degrés divers, s’explique par des constats de bon sens. Quantitatif et qualitatif : aucune contrée ne peut, selon la formule de Rocard, « cueillir toute la misère du monde ». Et les faits divers médiatisés, ces moulins à émotions, des usines à déraison, ces accélérateurs de réflexes tripaux, provoquent vive des explosions. La peur, cette mauvaise conseillère, ne favorise pas la réflexion et les réactions de sang froid. Une irrationalité logique à impact politique inévitable et (hélas !)…exploités. En cela l’Italie actuelle n’est en rien un « cas », une « exception ». Hélas...

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Avant de crier haro sur Prodi, remarquons d’abord, sans rien excuser, que nous ne sommes pas en face «  d’expulsions de masse ». Il n’y a aucune « chasse aux romanichels » officiellement déclenchée, avec obligation des résultats statistiquement concrets. Et agités avec le bonheur qu’affiche, en France aujourd’hui, par exemple, Monsieur Hortefeux…

Le ministre de l’intérieur italien a, lui, donné le chiffre de 12 expulsions. Elles concernent des Roumains qui ont commis des délits ou sont soupçonnés d’en commettre.

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Deuxième remarque, à décharge si l’on peut dire afin de mieux comprendre l’émotivité de masse qui secoue l’Italie : la plupart des autres pays européens ont connu une immigration étalée dans le temps, l’Italie, elle,  a connu un afflux massif d’immigrés en l’espace de seulement 10 ans. On recense aujourd’hui 3,5 millions d’immigrés légaux et entre 1 et 2 millions de clandestins. Pour ce qui est des Roumains, on estime qu’ils sont 500 mille en Italie dont 160 mille romanichels. Des chiffres sans doute à multiplier par deux… L’ouverture des frontières en janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie en Europe a généré un flux énorme.

Mais il faut, évidemment,  distinguer la population roumaine « laborieuse », active notamment dans les travaux de garde et de maçonnerie, de sa « frange clandestine et criminelle ». Or,  c’est évidemment cette confusion qui pose problème. Toute la communauté roumaine qui risque d’en pâtir.Avec des vendetta à la clef. C’est déjà fait. Et il y a un véritable consensus là-dessus, même à gauche. 80% des Italiens selon un dernier sondage pensent que les Roumains sont des criminels potentiels ou réels. Et les mesures prises par le gouvernement, les expulsions et les camps des roms rasés, ne font que confirmer ce sentiment d’exutoire, ou de quête d’un bouc-émissaire. La droite elle réclame des mesures plus drastiques…

Les décrets gouvernementaux ne sont donc que la face émergée du drame qui est en train de se jouer. « On est en effet en train de raser massivement les baraques où vivent les romanichels. Sans les reloger. C’est terrible et grotesque. Jeter toutes ces personnes dans la rue, de plus alors que le froid commence à se faire sentir, risque évidemment d’accroître encore l’illégalité, la violence, la criminalité. Cela va avoir pour effet pervers de rendre cette population encore plus insupportable aux yeux des Italiens », souligne Marcelle Padovani, l’excellente envoyée spéciale permanente du Nouvel Obs en Italie…

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La mesure prise concernant les expulsions et la vague de xénophobie est  bien sûr extrêmement choquante et inquiétante au niveau européen : « la dangerosité devient en soi un critère d’expulsion ! Et sans garde-fou juridique. », souligne Marcelle Padovani. 

Le Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par ses Etats membres en matière de droits de l’homme et de droits des migrants. Il ne manque pas non plus  de souligner l’importance de la campagne en faveur des rooms lancée dans l’Europe du Sud-est mais qui devrait être élargie :« DOSTA ! » Explications, ou plutôt rappel pour les lecteurs de Relatio qui ont eu l’occasion de la découvrir à plusieurs reprises :

« Dosta », un mot qui en Romani signifie "assez", c'est une campagne de sensibilisations qui vise à faire rencontrer les citoyens Roms et non-Roms."Dosta" signifie qu'on en a assez des préjugés et des stéréotypes, qui souvent faussent la réalité, et qu'on veut les combattre non pas en les dénonçant mais en démontrant qui sont les Roms.

« Les Roms ne sont pas parfait, bien sûr, mais qui l'est? Ce qui est clair est que les Roms sont des citoyens européens: ils sont un groupe qui compte environ 8 à 10 millions de personnes réparties dans presque tous les États membres du Conseil de l'Europe. Dans certains pays d'Europe centrale et orientale, ils représentent d’ailleurs plus de 5 % de la population. »

Marcelle Padovani, qui connaît bien l’Italie, termine son analyse sur le NouvelObs.com en déclarant « On dit souvent que l’Italie est le laboratoire du meilleur et du pire. En imaginant le pire, l’hypothèse la plus terrible serait que ce pays devienne un laboratoire du pré-fascisme vis-à-vis d’autres communautés européennes. » Alors, « Dosta » ! Ou alors, nous deviendrons tous les « Ritals » de quelqu’un. La xénophobie, on voit quand elle commence, mais on n’imagine jamais assez où elle peut conduire.

Daniel RIOT

 

LE SITE SPECIAL DE "DOSTA" >>>>>>>>

UNE FICHE SUR L'IMMIGRATION EN ITALIE >>>>>>

11/10/2007

Les "vents mauvais" français vus par Serge BILE

L’ADN des polygames...

TRIBUNE LIBRE DE  RELATIO: Serge Bilé est journaliste, auteur de plusieurs ouvrages, dont le best-seller Noirs dans les camps nazis, en 2005. Il a également connu un succès avec son second livre La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et publie, le 10 janvier prochain, un essai sur les grands empires soudanais du Moyen-âge. Passionné de musique, il vient d’achever une comédie musicale inspirée de la vie de Nelson Mandela, qui sera jouée aux Antilles et à Paris en avril 2008. Je reprends ici ce que j'ai publié sur RELATIO (en l'approuvant): sa réaction aux polémiques qui font rage en France sur l'utilisation de l'adn pour les regroupements famaliaux, sur les procès de la colonisation  et sur les suites d'une partie du discours de Dakar de Sarkozy. Un discours que BHL n'est pas seul à juger "raciste"

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A l’heure où la France cherche à réduire ses dépenses publiques, il est surprenant que ses députés et sénateurs gaspillent l’argent des contribuables dans un interminable débat sur le regroupement familial, dont on connaissait, par avance, l’issue. Car, que révèleront les tests ADN, qu’on ne sache déjà ? D’abord que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », d’où son retard ; ensuite qu’il reste, même loin de sa base, un indécrottable « polygame », d’où les émeutes en banlieues ; enfin que la violence est « culturelle » chez les Noirs, d’où leur incapacité à s’intégrer ; sans oublier qu’il y a « trop de Blacks chez les Bleus », d’où leur défaite à la dernière coupe du monde de football !

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, avec les économies réalisées, enrichir la bibliothèque de l’assemblée nationale et du sénat, voire celle de la présidence de la république, de quelques ouvrages essentiels, pour les aider à combler leurs lacunes sur l’Afrique, dans la perspective des futures lois sur l’immigration qu’ils ne manqueront pas de voter à nouveau.

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Ils auraient pu, ainsi, acquérir le récent livre de l’historien anglais Hugh Thomas, La Traite des Noirs, qui rappelle, opportunément, qu’au, Moyen-âge, donc bien avant l’esclavage et la colonisation qui l’ont affaiblie, « l’Afrique de l’ouest travaillait le fer et l’acier comme l’Europe au 13ème siècle avant l’utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal ». L’évidence même !

Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou Léon l’Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s’enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l’eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».

Ils fréquentaient l’université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n’avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d’un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. « Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou ».

Faut-il, par ailleurs, rappeler, que L’Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d’écritures qui, pour des raisons historiques, n’ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu’elles.

Faut-il, également, souligner, que c’est au Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango ? Il s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l’intérieur de l’Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au xviiie siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu’il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.

 La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l’ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d’ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :

>>>Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l’homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l’article 16 stipulait, déjà, que « les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ». 

>>>Aboubekr II entreprit de traverser l’Atlantique et de rallier l’Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l’auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
>>>Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de… l’intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.

Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l’hospitalité du lieu, l’histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s’était converti à l’islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d’accorder au moins deux choses à sa ville. La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l’indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu’il oubliât son ancienne ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d’un nombre d’étrangers supérieur à celui de ses nationaux ». 
Ce n’est pas aujourd’hui qu’on entendrait ça !!!


 Serge Bilé

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07/10/2007

Un "détail où le diable se cache"...

LES MOTS NE SONT JAMAIS INNOCENTS...

Les propos du Premier ministre François Fillon qui a qualifié samedi 6 octobre de "détail" l'amendement controversé sur les tests ADN pour des candidats au regroupement familial "révèlent une stratégie préélectorale préoccupante", a déclaré à l'AFP le directeur général de France Terre d'Asile. Je partage son opinion, avec en tête ce proverbe alsacien:"Le diable se cache dans les détails"... 
"Qualifier l'amendement ADN de détail et juger ridicule l'émotion qu'elle suscite dans une large partie de l'opinion publique révèle une stratégie préélectorale préoccupante de la part du Premier ministre", a estimé Pierre Henry.
"Le mot détail, employé dans le contexte actuel est lourd de sens et ne peut qu'attiser les divisions", a-t-il poursuivi. "Le Premier ministre n'a rien à gagner à manipuler les symboles sauf à considérer que l'agrégation de l'électorat d'extrême-droite autour du bloc majoritaire vaut bien l'instrumentalisation de la question migratoire à 10 mois des municipales".
Ce n'est pas avec ce genre de "détails" que l'on fait ce qui était promis par le candidat Sarkozy:"Une République exemplaire", une "démocratie apaiséee". Et Fillon est trop intelligent pour ne pas le savoir.

06/10/2007

« Touche pas à mon ADN ! » : Une pétition de Résistance.

Il n’y a qu’un problème avec la pétition lancée par Charlie Hebdo et SOS Racisme : le site www.touchepasamonadn.com,   est trop sollicité…Déjà 100 000 signatures à l'heure où j'écris cette note ! Prenez patience, donc, si vous voulez y aller ! Et « rechargez la page » à plusieurs reprises s’il le faut.

Car cette pétition, il faut la signer : elle est une mesure de salubrité civique. Et une bouffée d’oxygène dans un air bien pollué par une perverse imbécillité. « Un détail », ose dire Fillon à propos d’un amendement que même Pasqua a, dans un mouvement réprimé, trouvé indigne des combats menés en d’autres temps contre le fascisme.Le mot "principe" ne doit pas devenir politiquement incorrect! Le mot "valeur", si chanté, doit recouvrer du sens. 

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Plus cette pétition recueillera de signatures, plus on pourra garder espoir dans la perfectibilité démocratique. Et plus nous pourrons avoir confiance dans la capacité de RESISTANCE des Personnes aux forces terribles de ce « mimétisme de masse » qui entraîne l’humanité vers des catastrophes collectives quand la légende du joueur de flûte et des rats devient réalité.

C'est tout le sens aussi de la pétition lancée par le collectif "Sauver la recherche" qui a recueilli plus de 44 000 signatures: les chercheurs comme les médecins (et les juges!) dignes de ce nom savent où peut mener une conception exclusivent biologique de la nature humaine....

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Cet amendement parlementaire à un texte déjà chargé de germes d’inhumanité est en effet honteux en tant que tel, par son  texte (même  mal corrigé) et par son contexte. Par son texte : «cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d'immigration», écrit justement Philippe Val, le directeur de Charlie.

Par son contexte : les dérives droitières extrêmes en ce pays de « droit du sol » où l’on combattait le « doit du sang » deviennent banales, trop banales. C’est ce qui les rend dangereuses.

C’est la banalité des dérives accumulées qui enfante ce « fascisme ordinaire » toujours condamné trop mollement et trop tardivement quand il imprègne une société.

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Lier « adn » et « immigration », donc adn et « étrangers », c’est contraire à la loi républicaine. C’est sortir de ce qui était une règle morale et éthique française : « l’adn » est réservée à des fins scientifiques et judiciaires. Et c’est réduire la filiation aux liens de sang. La nature humaine n’est pas qu’un paquet de viande, d’os et d’eau…

Un argument avancé est irrecevable : « ce texte n’est pas contraire au droit européen ». Ce n’est pas un juge qui l’a dit : c’est le Commissaire chargé de la Justice qui se prend pour le ministre de l’intérieur de l’UE, Franco Frattini , l’homme qui rêve  d’une Europe où la droite polonaise ferait figure de force « progressiste »…

Le recours à l’adn est effectivement déjà utilisé à des fins de « regroupement familial » dans sept pays de l’Union, mais il n’est pas appliqué dans le même esprit,  il n’y a aucune norme communautaire en la matière et toutes les recommandations du Conseil de l’Europe en bioéthique ne confondent pas l’identité et le groupe sanguin…

Un argument n’est jamais avancé, en revanche, mais il pèse lourd. Il suffit de surfer un peu sur internet, et vous le découvrirez : des esprits entreprenants et imaginatifs voient dans le recours systématique aux tests adn un champ d’action juteux...

 

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Cette pétition, demande le retrait pur et simple de l’amendement Mariani. Cela s’impse en effet d’autant plus qu’elle est incohérente avec le but avoué de cette loi (la Xième sur la maîtrise de l’immigration) qui est de limiter les regroupements familiaux, ces regroupements autorisées sous Giscard et reconnus comme légitimes dans les accords internationaux qui engagent la France.

Une remarque, au passage : c’est terrible de voir qu’une telle pétition est lancée par un journal dit satirique…Dans les pays qui souffre d’ « inforexie » et d’un système d’information apathique, seuls les organes de presse anticonformistes font sinon avancer les choses, du moins freiner les régressions. Merci à Philippe Val !

Daniel RIOT

Parmi les premiers signataires de la pétition initiée par Dominique Sopo (SOS-Racisme), Philippe Val (Charlie) et Bernard-Henri Lévy entre autres, on compte notamment l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le président du Modem François Bayrou, le Premier secrétaire du PS François Hollande, le généticien Axel Kahn, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault et les actrices Jeanne Moreau et Isabelle Adjani. On retrouve également le chanteur Akhénaton, l'ensemble de l'équipe de Charlie Hebdo et la secrétaire nationale du PCF Marie-Georges Buffet

02/10/2007

Quand Sarkozy et Hortefeux font fuir les "cerveaux"

La France et son « immigration choisie » : Des dégâts collatéraux

 Un bon humoriste en ferait une joie saynète. Hortefeux avec « l’immigration choisie » de Sarkozy fait fuir des « cerveaux » qui aimeraient venir en France et qui, bien sûr, pourraient contribuer au rayonnement de « ce beau, cher et grand pays »… Ce n’est pas dans les bidonvilles de l’Afrique subsaharienne que la grogne monte : c’est dans les chancelleries, les universités, les laboratoires,  les sièges sociaux de grandes entreprises…

Selon Le Monde, dans un article bien documenté,  des critiques, inattendues de ce X ième texte « protecteur » viennent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), pourvoyeurs de cadres qualifiés, mais aussi de Français mariés avec des étrangers. Joli, non ? Mais nous défendons l’UNESCO à Paris, le Conseil de l’Europe, les droits de l’Homme, une partie du  parlement européen et d’autres organisations européennes  à Strasbourg et toutes nos métropoles rêvent d’acquérier une dimension internationale plus grande…

Ce n’est qu’une illustration de plus de l’incapacité de  nos services (bureaucratiques) d’anticiper toutes les conséquences des innombrables textes de lois et de règlements pondus.

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Europe à Strasbourg: Pessimisme sur le Kosovo

La SERBIE et le KOSOVO: Les principes du Conseil de l'Europe, oui. L'indépendance, non

Le mur. La question du Kosovo prend ou plutôt reprend une dimension dramatique. Avec une tragédie possible au bout du chemin. Tout ce qui a été dit aujourd’hui au Conseil de l’Europe doit être entendu et lu en fonction de …ce qui s’est passé à New-York.

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Union européenne : Galileo en panne ! Lamentable…

Pas de miracle. Et ce constat d’échec est bien affligeant ! Victime des divergences franco-allemandes sur son mode de financement, Galileo est à l’arrêt. La réunion des ministres des Transports de l’UE aujourd’hui est venue confirmer cette situation de crise ou plutôt cette impasse. Une décision définitive est attendue en décembre. Lors du Conseil européen, donc au sommet. Derrière des affaires de « gros sous » (bien compréhensibles) se profilent un manque d’audace politique et de confiance. 

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23/09/2007

Les lois et les méthodes Hortefeux: Quand la République française trahit son adn...

« Halte au (Horte) feu ! »:Ecoutons le cri de Bernard-Henri Levy...

« Halte au (Horte) feu » ! Je n’avais compris que partiellement l’engagement de BHL (pour lequel j’ai depuis longtemps estime et amitié) aux cotés de Ségolène Royal, mais on peut avoir des désaccords (j’en ai  d’autres, plus lourds, avec lui et avec d’autres…) et conserver intacts des sentiments positifs nourris au fil du temps. C’est des deux mains (et debout) qua j’applaudis sa chronique du Point sur ces deux événements que la gauche, effectivement, aurait dû dénoncer avec plus de force et d’intelligence. La France oublie ce qui est au coeur de son ...adn:les principes!

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Deux faits insuffisamment mis en perspectives dans les médias toujours endormis par la « sarkomania » qu’ils contribuent tant à gonfler : l’histoire du recours à l’adn qui marque une vraie rupture dans notre grille de valeurs républicaines et les rappels aux résultats par un ministre au titre à rallonge qui fait comme s’il était (aussi) ministre de l’intérieur.

Deux « affaires Hortefeux », ce « mécano de Sarko », qui a fait en ce dimanche à «  Ripostes » une prestation lamentable (la fatigue, sans doute, ou la mauvaise conscience, peut-être …). Cet esprit vif, volontiers flingueur,   n’a été sauvé de la noyade de ses impostures que par le zèle aboyeur d’Eric Zémour dont le seul mérite est d’être clair dans l’expression de ses convictions : ce journaliste engagé se fout des valeurs humanistes « comme de l’an 40 »…  

>>> D'abord cette affaire de tests ADN pour les candidats au regroupement familial.

« Je passe sur le fait que, dans la plupart des pays concernés, il n'existe pas de laboratoires susceptibles de procéder à des examens de ce genre. Je passe sur le caractère discriminatoire d'une mesure qui ferait, à terme, de tout candidat à l'immigration un fraudeur virtuel et un délinquant en puissance. Et je passe sur le cas de ceux qui, comme M. Devedjian, ont le toupet, par-dessus le marché, de nous expliquer que, ces tests devant se faire sur la base du volontariat, c'est un droit, mais oui, bonnes gens, un droit, un nouveau droit de l'homme, qui se verrait ainsi offert aux aspirants à l'entrée dans notre beau pays », écrit BHL.

Une question qui vaut remarque : Et si les candidats français à l’émigration étaient soumis eux aussi aux tests ADN par les pays qui les reçoivent ?  Il y en a des émigrés français ( et pas seulement pour les raisons censées justifiées les cadeaux fiscaux distribués par Sarkozy dans ses habits de « Papa Noël des nantis ») et l’influence d’un pays dépend aussi de sa diaspora (Jacques Attali a écrit des pages très pertinentes sur ce sujet)

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(Dessin Charlie Hebdo)

«  Le fond de l'affaire, poursuit BHL,  c'est que la pratique des tests génétiques à des fins autres que scientifiques et médicales (ou judiciaires, mais à titre exceptionnel et sous le strict contrôle d'un magistrat) est formellement interdite, en France, par l'article 16 du Code civil. Et le fond du fond de l'affaire, c'est qu'une telle pratique, si elle entrait dans nos moeurs, ne serait-ce que par la petite (?) porte de ces affaires d'immigration, irait contre l'esprit d'un droit qui a toujours voulu disjoindre filiation et biologie ». Et citoyenneté et droit du sang.

« Quid, si l'on y renonçait, des enfants adoptés ? », s’interroge Bernard-Henri.  «  Quid de mon ami Innocent X, journaliste congolais que j'hésite désormais à nommer et qui a adopté deux orphelins rwandais ayant survécu au génocide ? Quid, enfin, de ce secret des secrets qu'est, pour chacun d'entre nous, son patrimoine génétique ? Ignoble, naturellement. Inquiétant, et ignoble.Touche pas à mon ADN. On ne touche jamais, quand on est démocrate, à ces histoires de sang, de preuve par le sang et, donc, par l'ADN. »

Quelques réactions, politiques et intellectuelles,  mal relayées mises à part, nous sommes loin du « tollé » que cette affaire aurait dû provoquer. Un digne de plus que notre démocratie ne se porte vraiment pas bien et que le mot « valeur » n’a de sens qu’à la bourse.. 

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 >>> Le second événement, « peut-être plus grave encore » dit Bernard-Henri Levy, c'est la convocation par le même ministre d'une « vingtaine » de préfets qui ne faisaient « pas assez de chiffre » - entendez : qui n'avaient pas réalisé le chiffre d'expulsions nécessaire pour que soit atteint l'objectif de 25 000 sans-papiers par an reconduits à la frontière...

Pourquoi 25 000, au fait, et pas 30 ou 50 000 si l’on veut une « tolérance zéro » ? Manque d’ambition, M.Hortefeux ? Et combien de condamnations des maîtres des filières des « sans papiers », ces esclavagistes, ces trafiquants, ces…employeurs truands ? Pas d’objectifs chiffrés, là ? Pas de quotas ? Pas de « culture du résultats » ? Que font MAM et Rachida dans leurs ministères qui devraient être rattachés aux vôtres si l’on poussait votre logique préfectorale, M.Hortefeux ? Passons…  

« Tout, dans cette affaire, est intolérable », écrit BHL en énumérant quelques évidences :

*« L'idée même de chiffre. Le nombre, là où il n'y a que des cas. Le fait de traiter des hommes comme s'ils étaient de la viande, des tas de choses et de matière, des stocks.

*Cette langue de la statistique et de la technique, dans un domaine qui relève de la politique. *Le rappel à l'ordre des préfets traîne-la-patte (Stakhanov ressuscité... la République comme une entreprise - et encore ! je ne suis pas sûr qu'il y ait tant d'entreprises que cela où l'on ose traiter les hommes de cette façon...).

*Les minables excuses qu'avancent alors les coupables (pas ma faute, Monsieur le Ministre ! l'an dernier j'avais les Tsiganes et les Bulgares qui étaient un bon gisement et offraient des « marges faciles de progression » - plus possible, depuis qu'on a intégré à l'Europe la Roumanie et la Bulgarie...).

*La discrétion, enfin, dont le ministre lui-même a tenu à entourer sa sympathique « réunion de travail et de mobilisation », le fait que l'on ait tenté de garder secrète la liste des participants et qu'il ait fallu le Réseau Education sans frontières pour qu'elle soit rendue publique (le côté, autrement dit, catimini, à la lettre honteux, d'une démarche dont chacun, à commencer par ses initiateurs, sentait bien qu'elle était indigne). »

Bien sûr : il y a en France comme ailleurs un problème d'immigration illégale. Evidemment : (Rocard s’était fait insulté pour l’avoir dit) qu’aucun pays n'a vocation à accueillir toute la misère du monde. Naturellement : les fraudes doivent être combattues et les fraudeurs condamnés.  

Mais il faudrait tout de même s’interroger (au moins un peu) sur l’inefficacité des lois qui se sont accumulées (17 depuis Giscard, paraît-il : je n’ai pas recompté).

Ce n’est pas en transformant les êtres humains en bétail ou en marchandise que nous élaborerons des politiques des migrations qui s’imposent, en régulation des « flux » et en gestion des « stocks » comme disent les bureaucrates qui devraient relire (comme Zémour) quelques ouvrages de bases sur la déshumanisation des sociétés par des mesures kafkaïennes qui ouvrent des portes trop connues par ceux qui ne se "foutent pas de l'an 40".

«  On attend de M. Hortefeux, qui n'est pas un lepéniste, qu'il trouve vite l'antidote à cette dose de poison frontiste qu'il s'est, à l'évidence, malencontreusement inoculé », exhorte BHL dans sa conclusion.  «  On attend des ministres d'ouverture - Fadela Amara, Bernard Kouchner - qu'ils manifestent un peu plus que des réserves (« cela ne me plaît pas, mais ne m'indigne pas », a dit Kouchner - non, ami ! non ! l'homme que tu es, le fondateur de Médecins sans frontières, le héraut des droits de l'homme, ne peut pas se contenter de cette demi-protestation face à des gestes qui nient tout ce en quoi tu crois !). Et du président de la République, enfin, on espère qu'il aura conscience d'être en train de glisser, là, sur la pente même que redoutaient - espéraient ? - les plus acharnés de ses adversaires »

Aujourd’hui, dans  « Ripostes », sur la Cinq, Hortefeux a montré qu’il n’avait pas lu cette chronique de BHL. Peut-être que ne lit-il que les « pensées » d’Eric Zémour….Dommage pour la République, la Démocratie et ce pays qui se pose en champion des droits de l'homme, cette France qui cesse d'être grande quand elle n'est pas digne des idéaux qu'elle proclame. 

Daniel RIOT

18/09/2007

Le baptême du feu de Brice Hortefeux à l’Assemblée : Au Sénat, Sarko vole la vedette à son « mécano ».

Ce devait être « SA » journée. Son vrai « baptême du feu » ! Mais son ami (et maître) Sarkozy lui pique la vedette : Nicolas parle « social » (un « grand oral social » disent les animateurs des  télé-infos) au Sénat pendant que Brice lance le débat sur la nouvelle loi sur l’immigration (son « œuvre première») à l’Assemblée… Partage des rôles (et des temps d’antenne) : Sarkozy et Hortefeux travaillent en vrai « tandem ». Le second pédale et le premier tient le guidon… Hortefeux ? « Le mécano de Sarko » a écrit l’ami Philippe Reinhard (éditions Le Cherche Midi)

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Cette loi devrait être d’abord le signe et l’aveu d’un échec des politiques menées (par Sarkozy, ministre) jusqu’ici : c’est le quatrième texte législatif en peu de temps, donc les trois précédents n’étaient pas adaptées…

Mais sur ces sujets qui (à juste titre) mettent à rude épreuve les « messages universels » de la « France généreuse » en matière de droits de l’homme, les gouvernants appliquent la tactique de l’étranglement progressif, du « serres-moi doucement mais longtemps »… Du liberticide « soft », approuvé par l’opinion, sondages à l’appui. Comme si dans ses domaines la loi de la majorité n’avait pas démontré suffisamment toutes ses limites dans l’Histoire,  en diverses périodes (et dans presque tous les pays).Le sécuritaire a toujours été plus facile à cultiver que la sécurité à assurer ! Et la Liberté se chante plus qu’elle s’assume…

Cette fois, on va  rompre (avec le soutien d’associations communautaristes !) avec la loi républicaine de la non-distinction des signes qui peuvent alimenter les pratiques discriminatoires (« statistiques ethniques », dit-on).

A quand la religion sur les cartes d’identité ? Voilà quelques années, nous étions scandalisés par les Grecs rappelés à l’ordre des droits et de la dignité humaine par les instances européennes,  mais plus le temps passe, plus « on s’habitue à tout »…

On va ouvrir aussi le champ (vaste) de l’utilisation de l’ADN en dehors des affaires criminelles. Avec la bonne conscience que donnent les « exemples » d’autres pays européens et la surdité soigneusement entretenue aux débats (rarement médiatisés) sur « progrès technologiques et éthique »…

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L'immigration, avant-hier...

Surtout, (en  avocats de la francophonie ?), nous allons exiger que les candidats à l’immigration soient dignes de venir à notre table. Connaissances de français et apprentissage des codes républicains AVANT le visa…

« Choisie », l’immigration nouvelle ! Pas comme celle « moisie » (tiens on ne la pas encore dit, çà, mais cela ne saurait tarder …)  « subie » jusqu’à présent.  

Si au moins cette « condition préalable» (culturelle et censitaire)  s’accompagnait de nouveaux efforts en faveur du français dans le monde (nous comptons toujours sur nos amis suisses, belges et québécois plus que sur nos propres forces) ! Et  si (enfin !),  cette obsession des « flux » ne se développait pas au détriment du souci des « stocks » migratoires !

Mais, là, on se garde bien de soutenir les associations qui depuis les années 50 (le « Castami » à Strasbourg, par exemple) font un travail considérable d’alphabétisation, d’information, de formation et d’insertion.

La « glandouille » dans les cités vient aussi de la « glandouille » des pouvoirs publics, à tous les niveaux, depuis des années dans ce qui est devenu les « quartiers »…

Mais à Neuilly où il est né et où il a grandi, et on il a « assisté » Sarko dans toutes ses batailles, Hortefeux le bien nommé par son tempérament incendiaire et son style (souvent) pompier n’a rencontré que des immigrés qui sont devenus « plus français que des Français » (une expression qui ne veut rien dire, évidemment).

Et à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne du Bonhomme Michelin, qu’il rêve de transformer en fief, il sait séduire les Bourgeois les plus à droite mais pas ces Français qui n’ ont pas  besoin qu’on leur dise de « travailler plus » …et qui savent que « pour gagner plus », il faut surtout savoir faire travailler l’argent des autres.

Pourtant, il sait séduire Hortefeux ! Avec ses chaussures toujours bien cirées, son maintien de colonel de réserve d’une armée de l’air  sortie d’une BD, son coté « british » (qui plait énormément aux femmes en quête de « classe »), son « ironie » (meurtrière, donc séduisante pour ceux qui ne lui servent pas de cible), son « esprit » (il sait en montrer, cet ami de Bigard), il n’a pas que les défauts de ses fonctions de « garde du corps », de « gourou », de « porte-flingue », de « chargé des basses œuvres », d’  « homme de confiance », « d’homme lige » du « petit Nicolas »  devenu « grand Président ».

En fait, Hortefeux a un profil assez courant dans la vie politique française. Sulfureux, ambigus, à la fois tireurs de ficelles et marionnettes, ces personnages de l’ombre qui savent se faire plus craindre qu’aimer ne manquent jamais dans les Cours des pouvoirs. Surtout dans notre très monarchique V ième République en passe de devenir impériale sir « l’absolutisme présidentiel », comme dit justement  Bayrou ne trouve pas ces « contre-pouvoirs » qui seuls mesurent le degré démocratique d’un régime.  

Une pincée du Michel Debré (et son entonnoir légendaire) du général. Une pointe  de …Focard (en moins discret) : Chargé (aussi) du « codéveloppement », il va tenter de rompre avec la Francafrique , mais pour quelle  Sarkofrique ? Un saupoudrage du Charasse mitterrandien : ou l’art de susciter sympathie et antipathie de conserve…Un petit coté de Pasqua : l’élève reste toutefois très loin du maître…

Ce dont il souffre le plus (tout en en tirant un peu de fierté sans doute), c’est de la comparaison avec Michel Poniatowski, qui fut ce que Hortefeux n’est (officiellement pas) ministre de l’Intérieur (sous et de Giscard).

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Très franchement, en fondant mes jugements sur des constats faits lors de rencontre au (et en marge du) Parlement européen, il n’y a pas photo. Sauf peut-être sur l’art de caresser l’extrême-droite et sur le plan de cette parano des « ennemis de l’intérieur » sans laquelle les « anges gardiens diaboliques  des  maîtres au pouvoir » ne peuvent pas  bien remplir leurs fonctions et jouer leur rôle.

« Poniat » avait une culture, un sens de l’Histoire et surtout un art de l’anticipation géopolitique, une vision des enjeux planétaires de demain,  que Brice n’a pas. Il avait aussi des talents (d’esprit, d’expression et d’écriture) que le « trop gavé »  (Nicolas dixit, après une bourde) n’a pas. Il est vrai que le  « parler cru » (« cash ? »)  sous Giscard n’avait rien à voir avec la subtile  vulgarité ambiante

On avait Bigeard et cette odeur (« messmerienne ») du « sable chaud » : c’était finement rétro. Nous avons Bigard : son succès suscite un mimétisme bien peu conciliable avec le réapprentissage des bonnes manières dans les écoles primaires. Mais comme écrivait feu Poniatowski : « L’avenir n’est écrit nulle part »…

Mais j’arrête, c’est l’heure ou sur les chaînes d’info continue les duettistes de Neuilly, de l’UMP, de l’Elysée et de « l’identité nationale » vont se faire une petite concurrence. Je plains ceux qui ne peuvent pas suivre leurs prestations… « Sarko » concurrencé par son « mécano » : il y a une faute de calendrier dans la cellule « communication » du pouvoir. Mais que fait Fillon ? « Une peu de méthode », SVP…

Daniel RIOT

28/07/2007

L'Europe face au racisme: Les leçons du "scandale Angelica", la petite équatorienne de Belgique...

effa14fb7b8e984470a05fb364d471c1.jpgL'événement se déroule en Belgique. Et il est connu... Il aurait pu se dérouler ailleurs. Sans être révélé. Limites des lois anti-immigrés, des des pratiques de délation et de dénonciations et pièges du "délit de sale gueule", illégal partout, mais pratiqué partout dans cette Europe où les Droits de l'homme nécessitent vigilance permanente et mobilisation constante. Les faits, repris dans LE SOIR!

"L'incarcération au centre pour illégaux 127 bis de la fillette équatorienne de 11 ans, Angelica Cajamarca, et de sa maman ne résulte ni d'une « rafle » commanditée par l'Office des étrangers ni d'une action proactive de la police de Dilbeek qui les a arrêtées le 30 juin dernier à un arrêt de bus. Elle est la conséquence d'une dénonciation raciste opérée auprès de sa police locale par un habitant de Dilbeek, qui a cru utile de dénoncer auprès des forces de l'ordre la présence dans sa rue de « deux Gitanes », soupçonnées, du fait de la couleur de leur peau, d'être des « voleuses » ! Un délit de « sale gueule » Sans cette dénonciation fallacieuse et xénophobe, Angelica et sa maman seraient toujours dans leur appartement de Saint-Josse, coulant des jours paisibles dans l'attente d'une rentrée scolaire que la fillette  attendait avec impatience" LIRE LA SUITE >>>>>>>

Où est le pire des scandales? Que des racistes puissent détourner, exploiter utiliser des lois pour ariver à leurs fins, servor leur idéologie, assouvir leurs haines de l'Autre. LE SOIR y a consacré son éditorial. C'est juste et pertinent!

"Même si leur situation juridique (nonobstant le scandale que représente l’incarcération d’une enfant) est difficilement défendable, il nous semble que l’offense raciste faite à Angelica et sa maman mériterait au moins des excuses du gouvernement et une annulation des effets qui en découlent. Une administration, comme une justice, qui légitime l’application de la loi par des dénonciations racistes se disqualifie et ne peut inspirer que la plus vive inquiétude.", écrit Marc Metdepenningen. LIRE LA SUITE >>>>>>>

10/07/2007

Sarkozy et l’immigration : Une vision très sélective de « l’idée européenne »

Sarkozy veut faire passer l'immigration économique à "50% du flux total" et compte sur l'Europe pour assurer le reflux des arrivants non désirés

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: A chacun son style, ses objectifs et ses méthodes…

En Allemagne, Angela Merkel organise un « sommet » national pour mettre au point un Plan pour l’intégration des immigrés en se préoccupant autant des flux que des stocks migratoires.

En France, le Président de la République donne des ordres au ministre chargé des dossiers de l’immigration et affiche clairement une double priorité : rentabilité économique et reflux optimal des arrivants non désirés…

Tout cela, bien sûr en donnant l’assurance que «la France doit rester un pays ouvert à l'immigration » et « doit honorer sa tradition d'accueil des personnes persécutées »

>>> Pour l’efficacité de sa politique de reflux, Sarkozy joue la carte européenne.

Le chef de l’Etat  « plaidera au niveau européen en faveur de la mise en place d'une procédure d'asile unique, de la création d'un réseau consulaire unique pour la délivrance des visas, et de la généralisation des visas biométriques permettant de suivre les entrées et les sorties ».

L'objectif est également la mise en œuvre « d'une véritable police européenne aux frontières, du renforcement de la coopération en matière d'éloignement et de l'élaboration d'un pacte européen de l'immigration comportant, pour les Etats membres de l'Union européenne, des engagements, notamment en termes d'éloignement de leurs clandestins et d'interdiction des régularisations massives qui créent des appels d'air pour tous les pays européens ».

Soit. C’est le type de mesures que le simple bon sens réclame depuis longtemps. C’est le genre d’initiatives qui peut contribuer à avancer vers cette Europe politique de la Justice et de la police que tous les « pro-européens » dignes de ce nom réclament depuis longtemps.

Encore faut-il donner des moyens supplémentaires à ce qui existe déjà. Encore faut-il aussi et surtout « penser Europe » à propos de tous les aspects des questions soulevées par les phénomènes migratoires. Des textes existent qui ne sont respectés ni dans leur lettre ni dans leur esprit.

Ce « réflexe Europe » ne peut que nous réjouir à RELATIO. Surtout si la « véritable police européenne aux frontières » est mobilisée aussi pour rendre enfin efficace la lutte contre ces fléaux dont on parle si peu : les trafics clandestins en tous genres, la libre circulation de l’argent sale, la criminalité internationale organisée, l’invasion des pratiques d’un  « hypercapitalisme » de type maffieux et l’évasion fiscale (10 Milliards d’€ par en an en France selon des estimations crédibles !) provoqués par des Français d’origine … métropolitaine

>>> Ce « réflexe Europe », nous aimerions le retrouver aussi dans le volet, apparemment prioritaire, de « l’immigration rentable » (expression plus juste qu’  « immigration choisie »). Mais derrière le modèle anglo-saxon, cité en référence, se profile le moule « racialiste » comme les politiques françaises de naturalisation l’ont été si souvent ou, pour s’inspirer d’un jeu de mot de Daniel Sibony(1)[1], « ratialiste »…

Avec « ratial », comme ratio. « Le chiffrage, voilà l’essentiel. Le quota, voilà le mot d’ordre »(2) [2] Il faut plus que jamais relire Patrick Weill[3] (3)pour bien mesurer dans quelle continuité la « rupture » annoncée en ce domaine s’inscrit…

Le « ratio » est clair. Brice Hortefeux devra « fixer chaque année des plafonds d'immigration », avec pour « objectif que l'immigration économique représente 50% du flux total des entrées à fin d'installation durable en France ».

50% ! Chapeau…En 2005, l'immigration économique représentait… 7% des entrées.

Une attention particulière sera accordée aux étudiants étrangers:Brice Hortefeux devra « veiller à diversifier leur origine et à recruter davantage d'étudiants dans les disciplines scientifiques ». Et toute « immigration doit être compatible avec nos capacités d'accueil et nos grands équilibres sociaux ».

« L’humanitaire » ? On en tiendra compte, bien sûr. Pour des exceptions, non pour la règle… Mais sans éprouver le besoin de se souvenir qu’au-delà de la morale il y a des engagements pris et des droits à respecter : celui du « regroupement familial » en est un,par exemple,  même s’il faut effectivement lutter contre les abus qu’il entraîne trop souvent… Mais ce n’est pas se rendre très populaire que de faire de tels rappels. 

« L’ouverture » se pratique vers la gauche au niveau des acteurs, mais elle est bien nette vers la droite de la droite, sur le plan des réflexes et des idées,  sur des sujets dits « sensibles ». « L’imparfait du présent », sans doute…

Mais « l’idée européenne » s’autodétruit si on ne l’agite que d’une façon trop sélective : elle repose sur la mise en commun des moyens ET des idéaux. Des idéaux qui se résument en un mot trop galvaudé et trop caricaturé: Droits de l'Homme.

Daniel RIOT  


[1]1) « Le racisme ou la haine identitaire », par Daniel Sibony (Bourgeois, 1996)

[2]2) « Ben Laden n’est pas dans l’ascenseur. L’immigration, miroir des crises et des peurs de la société », par Daniel Riot et Driss Ajbali (Desmaret Editions, 2002)

[3] 3)« Qu’est-ce qu’être français ? Histoire de  la nationalité française depuis la révolution » (Grasset, 2002)

22/06/2007

France:NON au nationalisme d’Etat et à la xénophobie de gouvernement.

Quand les démocrates dignes de leurs valeurs sont intrinsèquement  « sarko-incompatibles »…Oui à la pétition internationale lancée contre le ministère Hortefeux: tenir la promesse d'une mauvaise action n'est pas une bonne action.La légitimité du suffrage universel ne légitime pas tout...

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Une politique de régulation de l’immigration ? Evidemment. Dans le respect des engagements internationaux de la France (droit d’asile, statut des réfugiés…) et dans le respect des Droits de l’Homme. En s’attaquant aux vraies causes de l’immigration clandestine, ce fléaux qui fait la fortune de réseaux de trafiquants et d’employeurs esclavagistes, donc aux coupables et non aux victimes. Et en mettant sur rails une politique active d’un co-développement en vraie rupture avec les pratiques éhontées de la « Françafrique »…

Une politique d’ « intégration nationale », de façon à engendrer un « Vivre ensemble « plus harmonieux, à favoriser l’adaptation à nos lois et à nos mœurs des accueillis depuis longtemps ou des nouveaux arrivants ? Evidemment.

Des règles"utiles et justes" pour accorder la nationalité française ? Evidemment.

Avec des critères d’aujourd’hui, et non des réflexes hérités de législations mal « nettoyées » (raciales, racialistes, racistes ou xénophobes)  de temps qui ont fait la honte de la France. Avec ces exigences de droits et de devoirs sans lesquels  la « carte d’identité » n’est qu’un tatouage administratif souvent coloré par une dose d’arbitraire.

Mais un « ministère » qui lie « immigration » et « identité nationale » ? NON.

Non, en raison de la force symbolique (négative pour tout esprit soucieux d’humanisme et d’humanité) de ce lien.

Non, aussi, parce que le fait de confier la codification d’une identité nationale à un organisme d’Etat traduit une conception chargée de « vents mauvais », comme disait Pétain avant d’être pris dans la tornade vichyste.

Ce n’est pas à l’Etat de définir l'identité nationale, qui n'est ni unique ni figée. Du moins ce n’est pas à un Etat démocratique de le faire.  

 

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D’ailleurs, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République pourtant souvent secouée par des transgressions populistes et bureaucratico-arbitraires.  

Par ce qui se veut un acte fondateur de la  présidence sarkozyenne, la France inscrit l'immigration non  comme un « problème » à régler mais comme une force « ennemie »,  un bouc émissaire, comme un exutoire. France, terre des Droits de l'Homme? A démontrer. France, terre d'accueil? A prouver. France digne de ses valeurs? Restons sérieux...Ou redevenons-le!

Le péril n’est pas que dans des têtes d’intellectuels dénigrées avec une imbécillité populiste par le Président et son ami Hortefeux :il est réel.  Car personne ne peut dire de quoi demain sera fait.  Et car la morale politique (il s’agit aussi de cela) risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème existentiel et une menace réelle pour l'intégrité ou l'identité nationale. Revoici sous une autre forme le « parti de l’étranger ».  Et « l’ennemi de l’intérieur »…Allô, Kouchner? 

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Pour les démocrates soucieux d’approfondir sans cesse la Démocratie et de la protéger avec vigilance de tout ce qui peut altérer ce bien précieux qui, comme la Liberté selon Voltaire, « permet de jouir de tous les autres biens », il est clair que ce ministère Hortefeux constitue plus qu’une tache, plus qu’une maladresse, plus qu’une erreur. C’est une faute majeure. Et scandaleuse ! Contraire à l'esprit des valeurs du Conseil de l'Europe.

Sarkozy, qui dit adorer et savourer la « transgression », est trop réaliste pour ne pas en avoir conscience. Il l’avait promis, il l’a fait. Soit. Et alors ? Tenir la promesse d’une action mauvaise n’a jamais constitué une bonne action. Même avec cette légitimité du suffrage universel qui...ne légitime pas tout, surtout pas ce qui altère les fondations les plus belles de...l'identité nationale! Une affaire de principes (républicains) de valeurs (démocratiques) et de bon sens. Une question qui rend « sarko-incompatibles » les esprits les plus fidèles au « principe d’Humanité ».

Un espoir : que les pétitions internationales lancées sur cette question et traitées par le mépris au sommet de l’Etat recueillent le maximum de signatures. « Veilleur où en est la nuit ? »…

Daniel RIOT 

EN SAVOIR PLUS SUR DpJ, le Droit pour la Justice >>>>> 

medium_abolition_de_l_esclavage_Convention_du_16_pluviose_an_II.jpgNicolas A. Monsiau - L'abolition de l'esclavage proclamée à la Convention le 16 pluviôse an II
Dessin à la plume rehaussé de gouache - Musée Carnavalet, Paris

NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

POUR SIGNER LA PETITION >>>>>>>>>>

 

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La France que je n'aime pas.....

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Une affiche officielle d'un autre temps qui est (évidemment) hors sujet  dans le contexte d'aujourd'hui? L'identite nationale est aussi le fruit de tranches d'histoire qu'on aimerait oublier. Toute ressemblance avec le temps présent est évidemment .. délibérée. Non par provocation, mais par précaution. Pardon à celles et à ceux que je choque dans leur Sarkolâtrie. ...Mais Pétain aussi a connu un "état de grâce" très long. C'est un fait, non une opinion. L'illégitime, c'était De Gaulle. Je sais: j'exagère. C'est Sarkozy qui m'incite à la transgression. Cela devrait me faire pardonner, non? DR

21/06/2007

Strasbourg: Pour un système européen d'asile

Selection RELATIO sur le site du PE

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Un immigrant sénégalais, à la recherche d'une vie meilleure
Pour la Journée mondiale des réfugiés, le Parlement européen a choisi de débattre, en plénière, d’un système européen d’asile. Alors que l’Europe se préoccupe des milliers d’immigrants qui débarquent sur ses côtes, au risque de leur vie, le Parlement a récemment envoyé une délégation en Grèce, dans les centres de détention provisoire des demandeurs d’asile et immigrants illégaux. Les députés l'ont constaté : les disparités sont grandes et l'obtention du statut de réfugié reste assez aléatoire.
Ils tentaient de débarquer sur les côtes européennes lorsque leur navire a chaviré : 27 naufragés africains ont récemment passé trois jours, accrochés à des filets de pêche dans les eaux méditerranéennes, avant d’être secourus. D’autres sont moins chanceux.
 
L’année dernière, des dizaines de milliers d’immigrants ont tenté d’accoster en Europe, au péril de leur vie : les pays du sud de l’Union, comme Malte, sont particulièrement concernés par ce phénomène. Faut-il une approche commune pour prendre en charge ces migrants ?
 
« Il faut plus de solidarité en Etats-membres »
 
Les difficultés à accueillir et gérer les migrants lors de leur arrivée sont-elles liées à l’absence d’une véritable aire européenne sur l’immigration et l’asile ? Beaucoup pensent dans ce sens, comme le député autrichien Hubert Pirker (PPE-DE). Il est l’auteur d’un rapport sur la « coopération pratique, qualité des décisions prises dans le cadre du régime d'asile européen commun », présenté mercredi 20 juin, en plénière.
 
Outre une procédure unique d’accord du statut de réfugié, qui en accélérerait le processus, le rapport préconise une plus grande solidarité avec les Etats-membres situés aux frontières de l’Union, afin de « mieux partager le fardeau ».
 
« Par partager le fardeau, j’entends que chaque Etat-membre, selon sa taille, apporte sa contribution à la surveillance des frontières extérieures, en offrant des bateaux, hélicoptères ou de l’aide financière », a expliqué l’auteur du rapport, Hubert Pirker.
 
La « loterie » de l’obtention du statut de réfugié
 
L’Europe a défini dès 1999 les objectifs et les principes d’une politique d’asile commune et la mise en place d’un Système Européen Commun d’Asile, au plus tard en 2010. Pourtant, si le statut de réfugié reste défini selon les critères de la Convention de Genève, chaque Etat-membre décide, en pratique, d’accorder ou non ce statut, selon son propre système judiciaire et ses procédures. Et certains demandeurs d’asile dans un pays ne peuvent prétendre au statut de réfugié, selon la définition de la Convention de Genève.
 
Ainsi, le droit reste accordé de manière relativement discrétionnaire selon les Etats. Le Conseil européen sur les réfugiés et les exilés cite pour exemple les demandeurs d’asile venu de Tchétchénie : dans un Etat-membre, 90% d’entre eux se verront accorder le statut de réfugié, mais dans un autre Etat, aucun ne l’obtiendra. Une « loterie » que dénoncent les associations de protection des réfugiés.
 
Et qui pousse parfois les demandeurs d’asile à tenter leur chance dans un nouveau pays européen. Pour endiguer ces mouvements dits "secondaires", le rapport du Parlement « exhorte les États membres à œuvrer concrètement à un maximum de convergence entre leurs politiques respectives en matière d'asile ».
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Conditions d’accueil : protéger les droits fondamentaux des migrants
 
Du 13 au 16 juin, une délégation de parlementaires, membres de la Commission des libertés civiles, s’est rendue en Grèce pour y visiter des « centres de détention » d’immigrants illégaux et demandeurs d’asile. Une visite qui complète celles en Italie, à Malte et aux îles Canaries.
 
« Nous avons constaté de grandes disparités dans l’accueil des migrants. Certains Etats, en particulier les plus petits comme Malte, font face à une pression migratoire plus accrue que d’autres. L’Union Européenne doit être solidaire pour permettre un accueil des migrants respectueux des droits fondamentaux », a jugé la députée française Martine Roure (PSE), chef de la délégation.
 
« Légal ou illégal, réfugié ou immigrant, chacun a le droit d’être correctement traité », renchérit Jeanine Hennis-Plasschaert (ALDE), rapporteur pour la visite en Grèce.
 
Pistes de solutions
 
Le rapport d’Hubert Pirker appelle à « favoriser des conditions de vie décentes, une réelle intégration dans la vie sociale et politique » pour les bénéficiaires du statut de réfugié.  Il demande aussi aux pays d'origine et de transit de mener « des campagnes d'information » pour éclairer les demandeurs d'asile potentiels sur les risques de l'immigration illégale, sur les « conséquences de la non-attribution du statut de réfugié » et sur les possibilités d'immigration légale, et ce « afin de réduire le nombre de demandes non fondées ».
 
Hubert Pirker, auteur du rapport, explique : « Les Etats-membres doivent être en position de décider eux-mêmes combien et quelles personnes sont autorisées à entrer sur le territoire, mais aussi combien de temps elles y sont autorisées. L’Union Européenne est donc responsable pour le contrôle des résidents de pays-tiers légaux ».
 
Jeanine Hennis-Plasschaert a estimé que « pour limiter les vagues d’immigration, une politique commune est nécessaire. Les agendas nationaux déterminent encore l’agenda européen ; mais renforcer les frontières n’aidera pas sur le long terme ». Sa collègue française Martine Roure a indiqué que « nous devons encourager la migration circulaire, qui permettrait aux migrants économiques de venir en Europe et repartir plus librement ».
 
Une autre solution serait-elle de favoriser la création d’emploi dans les pays tiers ? L’Union Européenne a déjà mis en place un bureau expérimental d’emploi au Mali, pour recruter des employés temporaires.
 
Le rapport d’Hubert Pirker sera voté ce jeudi.
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REPERES ET SITES POUR EN SAVOIR PLUS

Pendant des années, plusieurs pays et régions ont célébré leur propre Journée des réfugiés, voire parfois leur semaine. L'une parmi les plus connue, c'est la Journée africaine des réfugiés, qui a été célébrée le 20 juin dans plusieurs pays.

En témoignage de solidarité avec l'Afrique, qui abrite le plus grand nombre de réfugiés, et envers qui elle a toujours montré une grande générosité, l'Assemblée générale des Nations Unies a adoptée résolution 55/76 le 4 décembre 2000. Dans cette résolution l’Assemblée générale a noté que l’année 2001 marquait le cinquantième anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) avait accepté que la Journée internationale des réfugiés coïncide avec la Journée du réfugié africain du 20 juin. L'Assemblée a décidé par conséquent qu’à compter de 2001, le 20 juin marquerait la Journée mondiale des réfugiés. [Note: L'OUA a été remplacée le 9 juillet 2002 par l'Union Africaine.]

Liens à des sites ONU et du système des Nations Unies :

Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme

Office for the Coordination of Humanitarian Affairs

ONU - Affaires Humanitaires

Programme alimentaire mondiale

L'ONU travaille pour les urgences

Inter-Agency Standing Committee

UN Joint Logistics Centre

Refugees (UN CyberSchoolBus)

UN News Centre, News on Humanitarian Aid, Refugees

UN Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East

Sudan Information Gateway - UN System in Sudan

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Ressources additionnelles :

Les liens des ressources supplémentaires qui figurent sur cette page ne sont fournis qu'à titre d'information. Ils n'engagent pas la responsabilité de l'Organisation et n'impliquent pas de reconnaissance officielle de sa part.

Amnesty International

Brookings-Bern Project on Internal Displacement

Comité international de la Croix-Rouge

European Council on Refugees and Exiles

Forced Migration Online

Internal Displacement Monitoring Centre

InterAction - Migration & Refugees

International Rescue Committee

Organisation internationale pour les migrations

Refugee Studies Centre, University of Oxford

Refugees International

Réfugiés (Human Rights Watch)

 
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