Avertir le modérateur

05/01/2009

STRASBOURG: QUELLE MAISON DE L'HISTOIRE DE L'EUROPE ?


PDF Imprimer Email

ELIE BARVAVI (Directeur scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles) au CAFE EUROPE de Relatio, le vendredi 16 janvier à 12H30 ( Zum Strissel à Strasbourg)


INVITATION

Lieu d'Europe, Maison de l'Histoire de l'Europe, Musée vivant de l'Europe, EURODOM ; Les projets ne manquent pas. Et le récent vote du bureau du Parlement européen sur la proposition Pöttering doit relancer bien des débats. A commencer celui sur le projet Eurodom ou « lieu d'Europe » lancé à Strasbourg par Alexis Lehman
Elie Barnavi, qui vient de publier « l'Europe frigide » et qui dirige le musée de l'Europe de Bruxelles fait part de son expérience. Et en tire quelques leçons.


15/08/2008

Tbilissi 2008, Prague 68 sur relatio-europe.eu

PRAGUE 68 : Les chars soviétiques contre l'Esprit d'Europe PDF Imprimer Email

Quarante ans après l'écrasement du « socialisme à visage humain », la pensée dissidente (trop méconnue) reste un moteur de la pensée européenne

Prague; Monument aux victimes du communisme (Wikipédia)

 

Par Daniel RIOT

Quand on songe au déluge éditorial et médiatique qui a marqué, en France, le premier semestre de cette année qui marque le quarantième anniversaires des « événements  de mais 68 », on est un peu surpris de la discrétion qui entoure d'autres « événements de mai », authentiquement historiques, ceux-là..  Ceux du printemps de Prague.«  La Tchécoslovaquie, je m'en bats l'œil » ?...

Ce mot attribué au général de Gaulle, allergique à toute ingérence dans les affaires des autres pays et soucieux d'un futur de « détente, d'entente et de coopération », d'une « Europe de l'Atlantique à l'Oural » avec « une Russie qui boira le communisme comme le buvard l'encre » serait-elle encore d'actualité ? Ou les Européens  de ce début du XXI ième siècle,(tentés de considérer la paix, la démocratie et la prospérité comme des choses irréversibles) oublieraient-ils qu'ils restent des enfants des totalitarismes du XX ième ? Il est important de commémorer ce « printemps de Prague » et méditer encore et toujours sur ce qu'il signifie, dans son existence et dans ses conséquences.

Leçons de la guerre du Caucase..."L'Europe, ce petit cap d'Asie"... PDF Imprimer Email
>>> Les nouvelles cartes géopolitiques de la Russie se trouvent à Pékin.
>>> Les dangers des surenchères américaines
>>> Les illusions dangereuses des Polonais
>>> Remettre l'entente franco-allemande au coeur de la construction europénne
>>> Exiger une vraie réforme de l'OTAN
C'est maintenant entre Washington et Moscou qu'une grande partie d'échecs géopolitique s'engage. Les menaces américaines de mesures de rétorsions sur divers terrains (stratégiques, diplomatiques, commerciaux, économiques) sont prises au sérieux à Moscou. A tel point que des journaux russes s'en inquiètent « La réaction de la communauté mondiale à la guerre en Géorgie a logiquement posé une limite à la politique étrangère de confrontation appliquée par la Russie ces dernières années », écrit le le quotidien Gazeta.ru. relayé par Ria Novosti . Mais les menaces russes faites en réponses sont-elles suffisamment prises en compte à Washington ? Le « partenariat » russo-américain qui devait se développer est plus que menacé. Or, il ne se développait pas qu'au seul bénéficie des Russes...Les Américains (et les Européens) pâtiraient sérieusement aussi d'un retour à l'esprit de la « guerre froide » et au primat des rapports de forces...
Cette question reste sans réponse en cette fin de mandat de Bush. D'un Bush qui aura échoué sur presque tous les terrains, sans en avoir pris conscience, et qui ne se rend pas compte, visiblement, que l'échec de son « protégé » géorgien est aussi, surtout peut-être, « son » échec.Et celui des Européens qui le suivent aveuglément.
Géorgie : Un « cessez-le-feu » n'est pas un feu éteint.. PDF Imprimer Email

Le point sur la situation, par Jacques DEHAIRE
« Identité de vues »...Entre Paris et Washington sur le « dossier géorgien », l'expression doit être (légèrement) inappropriée ...ou alors la secrétaire d'Etat US ne tient pas le même discours que Bush ou son ministre de la Défense, ce qui constituerait un vrai événement ! Passons. En politique, le langage et le ton changent souvent en fonction des interlocuteurs. L'essentiel, c'est que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice ait quitté Brégançon pour Tbilissi via Paris (dans le même avion que Kouchner) avec un « certain nombre de documents » susceptibles « de consolider le cessez-le-feu » et « d'amorcer le retrait des troupes russes » qu'elle remettra au président géorgien.

Quels sont ces mystérieux « documents » qui s'ajoutent au « plan en six points » déjà signé ? « Secrets d'Etat »... Mais tout donne à penser qu'il s'agit de précisions et d'engagements de Medvedev sur les conditions et les délais du retrait total des troupes russes sur le sol géorgien. Un retrait qui n'a jamais été annoncé comme « immédiat » et dont la lenteur se justifie aux yeux de Moscou par un certain nombre de facteurs dont deux expliquent bien des confusions qui alimente la « guerre des mots » et des propagandes : les unités géorgiennes ne sont pas aussi disciplinées que les autorités politiques le pensent et la région ossète est infestées de bandes et de clans, de mafias et de malfrats qui tirent parti des événements pour « faire leur beurre » ou se défouler. Le passage de témoin entre les soldats russes et les policiers géorgiens n'est pas aussi simple que l'on pouvait l'espérer.
Economie : Pas de vacances pour la stagflation PDF Imprimer Email
Jeudi, 14 Août 2008 18:17

Par William PETITJEAN
Le pire n'est jamais sur. Mais il arrive que les pessimistes aient raison. C'est vrai en économie comme en géoplitique...En l'occurrence, l'optimisme cultivé depuis des mois par Sarkozy sur le redressement d'une économie française minée par les déficits, grevée par un commerce extérieur défaillant, mal soignée de ses maux structurels par des remèdes inadaptées et des réformes qui suscitent plus de vaines polémiques qu'un regain de confiance, est battu en brèche. Et ce n'est pas la conjoncture internationale qui explique tout.
Syrie-Liban : un accord historique PDF Imprimer Email
Mercredi, 13 Août 2008 23:08
Les promesses de Paris sont tenues:En juillet, à l'Elysée,  Bachar al Assad et Michel Souleïmane

Sarkozy va pouvoir s'attribuer en partie la paternité de cette bonne nouvelle. C'est dans la logique du processus engagé à Paris lors du lancement de l'Union pour la Méditerranée que la Syrie et le Liban viennent de franchir une nouvelle étape sur la voie (difficile) de la réconciliation : les deux pays ont convenu d'établir des relations diplomatiques et d'engager un dialogue sérieux sur le tracé des frontières et le sort des disparus libanais....
Petit rappel qui donne la dimension de l'événement : depuis leur indépendance, dans les années 40 ‘à la fin du mandat français, en 1943 au Liban et en 46 en Syrie), Damas et Beyrouth n'avaient jamais noué de relation diplomatique, parce que les Syriens considéraient le Liban comme territoire ...syrien.. Et depuis 2005, les deux pays se considéraient mutuellement en état de guerre...en dépit du départ des troupes syriennes du sol libanais qu'elle occupait depuis 29 ans.


10/02/2008

Strasbourg: Pour une célébration collective des "Justes" d'Europe


Par Francis ROSENSTIEL pour RELATIO

b7d433c8f4c06e943e506ccabadc0e32.jpg« Juste parmi les Nations » (en hébreu : חסידי אומות העולם, Hasidei Ummot Ha-Olam) est une expression du judaïsme traditionnel tirée du Talmud (traité Baba Batra, 15 b).En 1953, l'assemblée législative de l'État d'Israël (la Knesset), en même temps qu'elle créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d'honorer « les Justes parmi les Nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ». Le titre de Juste est décerné au nom de l'État d'Israël par le Mémorial de0814b836d9724a8de4862ba1213b4105.jpg Yad Vashem. Au 1er janvier 2007, 21 758 Justes parmi les Nations de 41 pays ont été honorés.

Dans une chronique écrite pour RELATIO, Francis Rosenstiel, ambassadeur de bonne volonté auprès du Conseil de l’Europe, relance une idée qui, devenue projet et réalisation,  ferait honneur aux valeurs fondatrices de l’Europe de Droits de l’Homme : Que les « Justes d’Europe » soient célébrés collectivement, avec la solennité qui s’impose au Palais de l’Europe de Strasbourg. En mémoire de ce qu’ils ont  fait, bien sûr. Mais aussi en Mémoire du futur. L’esprit de Résistance, l’un des piliers de la construction d’une Europe unifiée, doit se manifester aussi en temps de paix.

Lire la suite

20/11/2007

Europe culturelle: Les 336 trésors de Bruxelles

Le Grand Atelier : Encore deux mois pour admirer les trésors de 156 musées d'Europe

e713e0b76ab975065a39b400c04a75c4.jpgGigantesque cabinet d'amateur, l'exposition "Le Grand Atelier : Chemins de l'Art en Europe du V° au XVIII° siècle", organisée à l'occasion des 50 ans du traité de la CECA,  présente 336 trésors issus de 156 musées européens. Rares, uniques, exceptionnels, il est possible de les admirer jusqu'au 20 janvier 2008 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour la première, et sans doute, la dernière fois ensemble.

Une sélection de quelques chefs-d'œuvre....

En fil rouge, voici dix chefs-d'œuvre incontournables qui ont participé au fil des siècles à l'élaboration de l'art en Europe et appartiennent pleinement au patrimoin européen

A LIRE ET A VOIR SUR RELATIO >>>>>>>>>>>>>>&...

ALLEMAGNE: Le pari sur la culture...avec les armes d'un budget en augmentation

DES AMBITIONS ET DES MOYENS ADAPTES..... Maîtrise des déficits ne rime pas nécessairement avec disette culturelle. A l'heure où le budget allemand tend plus que jamais vers l'équilibre, le Bundestag vient de voter des crédits inédits pour irriguer le secteur de la culture en 2008. Le montant de la rallonge atteint 400 millions d'euros.

Le ministre allemand délégué à la Culture et aux médias, Bernd Neumann, se frotte les mains. "Un programme d'investissements culturels de cette ampleur est inédit en Allemagne. […] Cette décision d'avenir renforce l'Allemagne en tant que nation de culture", s'est-il félicité. C'est d'autant plus remarquable que jusqu'à présent, les affires culturelles étaient surtout du ressort des Lânder...

En savoir plus sur RELATIO >>>>>>

19/11/2007

L’Europe? Des femmes, des hommes, des prénoms, des visages, des regards…

 L’Europe? “Un gigantesque port d’attache”

54bcca9366dfec91919753c0b78c13f0.jpgEAUX FORTES

Koen PEETERS : « L’Europe ? Un géant dans des habits trop étroits » Lors du premier Festival  de la philosophie qui s’est tenu les 16et 17 novembre  à Flagey, à Bruxelles, l’écrivain flamand Koen Peeters, auteur de « Grote Europese Roman », le Grand roman européen, a prononcé un très beau discours clôturant la journée consacrée à l’Europe et ses frontières.

.A telecharger. EAUX FORTES. Relatio Koen Peeters.doc 

 ”C’EST NOTRE HISTOIRE”….contée à Bruxelles

LE MUSEE DE L’EUROPE DE BRUXELLES A OUVERT SA GRANDE EXPO:”C’est notre Histoire”. Original,spectaculaire, émouvant. L’Europe en chair et en os.” L’idée européenne? “: ce qui donne du corps à l’esprit du continent… L’Europe? Des femmes et des hommes, des visages, des regards, des sens,  non des directives et du papier… La capitale bureaucratique de l’Union européenne montre que l’Europe est d’abord une âme. DR

2e70739223a10e3fb6f786d7f4b072d2.jpg

Des ruines de l’Europe, en 1945, aux défis qui se posent aujourd’hui à notre continent, le visiteur ira à la rencontre de l’Histoire, mais aussi de son histoire. Car l’exposition montre que nous sommes tous les héros de cette formidable aventure que constitue l’unfication progressive de l’Europe.

Tous les moyens de la muséologie contemporaine ont été mis en oeuvre. Décors, films, multimedia, interactifs, émaillent un parcours dans lequel une place particulière a été réservée aux objets authentiques: plus de 500 d’entre eux ont été prêtés par 80 musées de tous les pays d’Europe. La robe d’une petite fille cousue dans les drapeaux alliés, le premier lingot d’acier fondu dans le cadre de la CECA, un sac à charbon du pont aérien de Berlin, le journal de bord illustré tenu par un jeune Hongrois pendant les événements de 1956, le journal de marche d’un soldat anglais pendant l’aventure de Suez, des morceaux du rideau de fer et du mur de Berlin, un “pot à odeur” de la Stasi, des objets de la vie quotidienne: autant de témoignages poignants qui racontent l’aventure des Européens pendant plus d’un demi-siècle.

Introduction à la visite    

L’exposition que l’on vous invite à visiter est construite comme un spectacle: une succession d’impressions visuelles, auditives ou tactiles s’adressant au coeur aussi bien qu’au cerveau, pour faire éclore chez le spectateur réflexions et émotions. On ne raconte donc pas une telle expo.  En voici toutefois ce que l’on pourrait appeler une “bande-annonce”, sous forme de courts extraits video (une minute chacun) d’une prévisualisation virtuelle…

 VIDEOS >>>>

EXTRAITS TV >>>>

UN TOUR DE L’EXPO DANS LE SOIR >>>>>

LE CATALOGUE DE L’EXPO >>>>>

INFOS PRATIQUES >>>>>>

LE SITE DU MUSEE >>>>

LE BLOG >>>>>>

LE RESEAU DES MUSEES D’EUROPE >>>>>>

21/10/2007

ECOLES : La journée de Môquet ou de…Guaino ?

« Alors cette lettre de Guy Môquet, vous la lisez ? »… Comment ne pas comprendre les hésitations ou les refus des enseignants de la République qui n’ont pas à subir et à faire subir à leurs élèves (en bien ou en mal) les caprices, les coups de cœur ou les phobies d’un Président qui a été élu pour diriger la France mais non pour jouer les maîtres de lecture, rendre la justice sous un chêne, ou imposer une morale de vie…

b21b64280cb8469f1dc015309edb0792.jpg

L’initiative de Sarkozy pour son investiture était on ne peut plus respectable. J’ai eu les larmes aux yeux en écoutant cette cérémonie bien orchestrée par Max Gallo : les symboles nationaux ou autres n’appartiennent qu’à ceux  qui savent en prendre la mesure.  Mais pourquoi imposer ce texte, tel une page d’un catéchisme, dans les classes, le même jour à la même heure… A quand le retour à la prière matinale pour la Patrie et son chef ? « Maréchal, nous voilà …vaccinés » !

Le sentiment national (et européen) doit effectivement être développé dans les écoles. Comme les règles du « Vivre ensemble ». Comme l’apprentissage du respect de soi et des autres (y compris des différents, des « étrangers ». L’instruction civique peut et doit recouvrer toute sa place. Comme l’Histoire, base de toute culture. Comme tant d’autres disciplines abandonnées, négligées ou mal pratiquées : la récitation, le calcul mental, les analyses de texte et d’image, la grammaire, l’art du bien écrire et du bien parler, l’organisation de nos sociétés et de nos institutions. Elémentaire ? Dès le primaire…

Mais, de grâce, un peu de pudeur dans la communication officielle autour de tout ce qui fait « l’âme de la France », pour reprendre le titre du livre de Gallo qui a été tellement pillé pendant la campagne présidentielle par la « plume » de Sarkozy, Henri Guaino, ce « négro de la République » selon son dernier surnom bien trouvé !

On oublie à l’Elysée (et ce n’est pas vrai que pour l’éducation nationale ») qu’une « vérité officielle », est officielle, non véritable… Déjà, Bernard Laporte, cette caricature de « Sarkoman », a franchi la ligne jaune du ridicule en imposant la lecture de la lettre de Moquet dans les vestiaires du XV de France… Contre les Anglais, il aurait dû implorer Jeanne d’Arc, ce « gagneur » perdant !

Face  aux troubles, aux réticences et aux refus d’obtempérer des enseignants (qui ne sont pas tous « de gauche », « corporatistes », « conservateurs »), c’est la « plume » de Sarkozy qui sort son flingue.

20db37092c7ee772c1373ac744402e2b.jpg

Mais de quoi se mêle-t-elle cette « éminence  grise »  qui fait de plus en plus tache noire sur notre tapis « bleu, blanc, rouge » ?  « Tout ça est très triste mais amène à s’interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l’éthique et les devoirs d’un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants », ose clamer sur RTL ce populiste qui enfile des habits de  maître à penser de la France d’aujourd’hui ?

Etre traité de « petit con prétentieux » par ce collectionneur de citations qui se prend pour un intellectuel cultivé a été pris comme un véritable hommage  par Bernard-Henri Lévy. Il a raison BHL. « Nos jugements nous jugent » redirait Paul Valéry. Et les lambris dorés du pouvoir ne transforment pas en rivière de diamants la bave des crapauds. 

9623f4509930cd823234f938e2285975.jpg

Il n’y a pas que la solitude qui peut être « poisseuse ». L’inspiration peut l’être aussi…Surtout chez des « plumes » qui ont plus de verve que de verbe, de tripes que de cervelle, de (faux) savoirs que de (vraie) culture.

Il est vrai que par rapport à d’autres « flèches » qui brillent à la Cour, Guaino l’habile, peut nourrir quelques sentiments de supériorité… « J’existe, donc je parle », dit-il. Voilà qui nous permet au moins de lui répondre : Son drame, sans doute, c’est « qu’il n’est pas assez entré dans l’Histoire », qu’il «  vit avec les saisons » et  «  ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». Dans son « imaginaire où tout recommence toujours », y a-t-il une place «  pour l’aventure humaine » et «  pour l’idée de progrès. » ?

Selon Yasmina Reza, le Président le juge indispensable parce qu’il est « fêlé ». Tout est dit, en effet. Ou presque. Un « fêlé » à l’Elysée, ce pourrait être drôle : le retour du fou du roi… Mais ce rôle est trop étroit pour ses prétentions : c’est en fou de la République qu’il fait (et peut faire) des dégâts. Il paraît que le secrétaire général de l’Elysée, (qui est sérieux, lui,) en a conscience. Tant mieux.

Daniel RIOT

10/08/2007

Droits de l'Homme: Nuremberg, Prix de l’Europe 2007

30bcfc159a83454d0713b96267144d6f.pngLe 11 août, se déroulera au Château de Tucher, la cérémonie de remise du Prix de l’Europe 2007 à la ville de Nuremberg , dans le cadre du festival des jumelages que la ville organise. Le prix   est décerné par l’Assemblée du Conseil de l’Europe  aux collectivités territoriales qui sont particulièrement actives dans la promotion de l'idéal européen. Walter, un fidèle lecteur de RELATIO, connaît bien cette ville… Je le laisse parler. 

d5d2bbf045461c829b0b023887f9d60e.jpg

« De Nuremberg à Nuremberg, tu connais ? Un documentaire extraordinaire de Frédérique Rossif et Philippe Meyer… Nuremberg, 1935 : « O Führer, quoique tu nous ordonnes, nous le ferons », clament les militants du parti nazi…  Nuremberg, 1945 : le procès des criminels de guerre, des vaincus survivants... Dix années qui valent des siècles et qui pèsent encore tellement sur les esprits européens ! Nuremberg, ville-symbole, chargée d’histoire depuis le Xl ème siècle. Un des berceaux de l’humanisme allemand. Patrie d’Albrecht DÜRER.   Comment tant d’horreurs ont-elles pu se déclencher à partir de cette ville impériale  de Franconie, de cette deuxième ville de Bavière (après Munich), de ce centre culturel qui abrite tant de trésors ? Mystère…

8b538930ab4b90622f616f17272abe4e.gif1935

Aujourd’hui, Nuremberg, c’est l’humanisme post-totalitaire, les droits de l’homme, le respect de la personne humaine, l’esprit d’ouverture. Ce prix de l’Europe, elle aurait pu et du le recevoir depuis longtemps. Elle est jumelée à quatorze villes, elle a reçu le prix UNESCO de l’éducation aux  Droits de l’Homme. Elle a  créé un Centre de documentation sur les droits de l'homme, elle a aménagé une rue des droits de l’Homme due à l'artiste israélien Dara Karavan, elle décerne régulièrement un prix international des droits de l'homme et elle organise tous les deux ans un Festival cinématographique, consacré aux droits de l'homme. Les droits de l’homme, seule bonne réponse à la barbarie, seul antidote contre l’inhumain, ce produit de « l’humain trop humain !

d746b1c03942fe76ef2569384210a42d.jpgle théâtre

Moi, j’y vais souvent, notamment pour l’ION, la semaine internationale de l'orgue, le plus grand et le plus vieux festival de musique religieuse en Europe. Mais elle a aussi un festival de Rock : « Rock im Park »,  trois jours de folies et le Bardentreffen, un festival gratuit de « musique du monde » qui attire plus de 200 000 personnes durant tout un week-end. Là on ne mange des Nürnberger Bratwürste  ou du Lebkuchen un pain d'épice comme on ne trouve nulle part ailleurs et qui fait un malheur sur le célèbre Marché de Noel.  Et on en boit du  Frankenwein! J’aime bien ce vin …du pays de la bière… La cuisine franconienne est riche, mais bonne.

1b9691f40eaa3a6fcb674e649e33e51c.jpg

J’adore aussi son Musée national le Germanisches Nationalmuseum. Très design. Chaque fois, je prends le temps, bien sûr, de flâner dans la vieille ville, avec ses remparts, ses 80 tours, ses rues commerçantes. Et je ne me lasse pas de la maison et des oeuvres de Dürer . Quel génie, ce type ! Et productif en plus : dessins, peintures, gravures… Un mathématicien, en plus. Et un philosophe. Une vraie figure d’Europe, Albrecht !

de1e9c110140a3fa75b5a5779b796041.jpgDurer:la douleur

Charles Quint ne faisait guère d’erreurs de casting dans le choix des artistes qu’il soutenait…Nuremberg est aussi la patrie d’un grand sculpteur sur bois, Veit Stoss dont un Retable  extraordinaire est à  Cracovie, et Adam Kraft, un très grand tailleur de pierres… Je devrais aussi te parler de Martin Behaim qui  y a conçu la première mappemonde et Peter Henlein qui y a fabriqué la première montre de poche. J’en oublie sans doute.

104a7314f5bf26c8676455ba6ead423c.jpgDurer: autoportrait

Mais je joue les guides, là…Pour les amateurs de foot, le FC Nuremberg est là : neuf titres de  champion d’Allemagne, quatre coupes ! Mais au foot, je n’y comprends pas grand-chose… Ah ! J’oubliais : pour les amoureux, un petit tour dans les jardins, ce n’est vraiment pas mal. Les jardins des Hespérides doivent leur nom aux Hespérides, les filles d'Hespéros, qui dans la mythologie grecque, étaient les gardiennes des fruits d'or… »

6a566fdcc2ad6e50ddb0f222dd6a7efc.jpgDurer:la fortune

Merci, Walter, pour cette visite guidée. Une vraie invitation au voyage. D’autant plus qu’autour de Nuremberg, il y a des ballades extraordinaires à faire : route des châteaux forts (pour les romantiques et les amateurs de légendes féeriques), route des jouets,   ville impériale et épiscopale de Bamberg,  inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec, en la cathédrale, la célèbre statue du « Cavalier de Bamberg » ou encore Ansbach, joyau du baroque et  du roccoco: l'ancienne résidence des margraves, abrite  l'un des plus  châteaux les plus impressionnats  du XVIIIe siècle en  Franconie. Et Bayreuth n’est pas loin…

William PETITJEAN

ee37dfa02ea3fd5b76c743964082091f.jpgDurer :adam et eve

Carte d’Allemagne >>>>>>

Office du tourisme de Nuremberg >>>>

Des gravures  de Dürer >>>

En savoir plus sur les curiosités de Nuremberg >>>>

Le procès de Nuremberg >>>>

Les procès de Nuremberg en DVD >>>>> 

De Nuremberg à Nuremberg >>>>

ac17e28363b7d18f50af4db33b1a88e5.jpgLe procès

Les héritages des Procès de Nuremberg

On doit aux Principes de Nuremberg, un document réalisé pendant ce procès, la définition des crimes contre la paix, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. En outre, les expériences médicales conduites par des médecins nazis ont conduit, à l'issue du « Procès des Docteurs », à la création du Code de Nuremberg qui pose des principes en matière d'expérimentation médicale sur des sujets humains.

De Nuremberg à Rome >>>>>  

 

16/07/2007

BUCHENWALD: 70 ans! Déjà...Seulement...

Le nom de l'enfer sur terre:l'inhumanité

d41b0b9b8dd2384ada5bb5c212e112be.jpg70 ans. Déjà, seulement… Dans la magnifique « forêt du hêtre », dans cette campagne boisée de Weimar qui a tant inspiré Goethe et Schiller, les nazis ouvraient ce qui reste une indicible et inguérissable plaie d’Europe.

L’enfer a un nom sur Terre : l’inhumanité, ce produit de « l’humain trop humain », cet enfant du  « monstre qui est en nous ».

A peine Patton était-il arrivé pour non libérer (le mot ne convient pas) mais pour ouvrir les portes de l’horreur que d’autres bourreaux, guidés par  des idéaux  trahis, occupaient les lieux : « Camp spécial n° 2 »…Buchenwald-Weimar : L’Europe dans ce qu’elle de pire et de meilleur.

 

Mémoire. Et transmission de la mémoire…

14ae5ec80ea48e8d11673fb8afc3c763.jpg

Des survivants, dont certains français, ont commémoré hier la construction du camp de concentration de Buchenwald, commencée voilà  70 ans. Des gerbes de fleurs ont été déposées en hommage aux 56.000 personnes assassinées à Buchenwald entre le 15 juillet 1937 et le 11 avril 1945, date de la l’évacuation du camp par l'armée américaine.

Le ministre des cultes de Thuringe a remis un livre comportant les noms de 38.000 victimes identifiées au président du Conseil central des Sinti et Rom allemands, Romani Rose, et au secrétaire général du Comité central des juifs d'Allemagne, Stephan Kramer. Le conseil municipal de la ville de Weimar, située à côté du camp, a réaffirmé dans une déclaration son engagement contre le racisme et l'antisémitisme, ainsi que pour le respect des droits de l'homme, la liberté et la démocratie.

d1d7c03ce420cfc1ac0451f6a9bf6195.jpg

Environ 250.000 personnes de 36 pays ont été déportées à Buchenwald entre 1937 et 1945. Le camp a d'abord reçu des opposants politiques au régime nazi, plus tard des juifs, des sinti et des roms, des homosexuels et des prisonniers de guerre soviétiques.

Peu avant la libération du camp et la fin de la guerre, plusieurs milliers de détenus furent emmenés sur les routes pour des marches forcées, où beaucoup trouvèrent la mort. Seuls 21.000 prisonniers assistèrent à l’ouverture du camp par les soldats américains, en avril 1945…

3c829e9991f4898ac907a029384c641c.jpg

Cet anniversaire est bien sûr l’occasion de lire ou de relire Jorge Semprun et son « Ecriture ou la vie » . Œuvre d’Europe . « Comment vivre quand on revient du néant et comment  écrire à partir de ce néant » ?  

2b5a11d0e79eb9acb1d41e2a58ef7c13.jpgExtrait : « Et puis, de cette expérience du Mal, l'essentiel est qu'elle aura été vécue comme expérience de la mort…

 Je dis bien "expérience"… Car la mort n'est pas une chose que nous aurions frôlée, côtoyée, dont nous aurions réchappé, comme d'un accident dont on serait sorti indemne. Nous l'avons vécue… Nous ne sommes pas des rescapés, mais des revenants…

Ceci, bien sûr, n'est dicible qu'abstraitement. Ou en riant avec d'autres revenants…

Car ce n'est pas crédible, ce n'est pas4b44ebf26b3b3e59d5052c1dab01653c.jpg partageable, à peine compréhensible, puisque la mort est, pour la pensée rationnelle, le seul événement dont nous ne pourrons jamais faire l'expérience individuelle… Qui ne peut être saisi que sous la forme de l'angoisse, du pressentiment ou du désir funeste… Sur le mode du futur antérieur, donc…

Et pourtant, nous aurons vécu l'expérience de la mort comme une expérience collective, fraternelle de surcroît, fondant notre être-ensemble…comme un Mit-Sein-zum-Tode… »

Un livre qu’on lit et relit. En silence.

 

12/07/2007

STRASBOURG: Quand la préhistoire inspire la publicité....

7283acd1a8cb2fdb4d92d9c527f993d7.jpgSUGGESTION RELATIO SUR L'INTERNAUTE: Cigarettes "Gauloises", le savon "Cléopatra", les biscuits "Dinosaures"... L’histoire ancienne envahit l'univers des marques.

C'est  ce que révèle l'exposition "Archéopub, la survie de l’Antiquité dans les objets publicitaires".

Jusqu’au 31 décembre 2007, le musée archéologique de Strasbourg expose ces affiches, encarts de journaux, emballages et cadeaux publicitaires pour un voyage insolite et amusant dans le monde atemporel de la publicité.

Depuis les premiers pas de l’archéologie, la publicité n’a eu de cesse d’utiliser l’image de la Préhistoire et l’Antiquité pour vanter les mérites de toutes sortes de produits. Les publicitaires font appel à ce passé éloigné pour évoquer une vision du monde commune à tous.

2e6857f6226c88688e998505379edf38.jpgChaque période possède ses images récurrentes. La préhistoire fait la part belle à l'humour. L'homme des cavernes représente le degré zéro de l'évolution et du raffinement. Il sert de faire-valoir à l'homme moderne. Le produit est ainsi automatiquement associé aux progrès technologiques.2d5b56ebde6918620083616cc4a36ad6.jpg

 LIRE LA SUITE >>>>>>

PRATIQUE

Lieu : musée archéologique de Strasbourg.
Adresse : Palais Rohan, 2 place du Château, 67000 Strasbourg.
Horaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h.

Tarifs : 4 euros plein tarif ; 2 euros tarif réduit.
Sur le web : cliquez ici

 

SERVICES

Météo : pour bien préparer son expédition. voir
Restaurants : pour bien manger. voir 
Hébergements : consulter la liste des hôtels à Strasbourg. voir

01/07/2007

Strasbourg : Plongée dans l’Histoire d’une Ville libre et humaniste , dans un musée rénové.

Repris sur RELATIO, l'Europe en revue.

Fermé pendant 20 ans, le Musée historique de Strasbourg a rouvert ses portes : Des trésors sur  l'histoire de la capitale alsacienne, du XIIIe siècle aux années 1800. Sur les 200.000 objets de sa collection, le musée présente un choix de 1.650 peintures, dessins, gravures, armes, uniformes, objets de la vie quotidienne et souvenirs de grands hommes ayant marqué le destin de la métropole européenne, comme Jean-Baptiste Kléber.

cbcd8fa37878e5eb80355b685344d1e7.jpg

A ne pas manquer : La pièce maîtresse de la collection reste le plan relief réalisé en 1727 par l'ingénieur La Devèze à la demande du roi Louis XV, aux dimensions impressionnantes (11 mètres de long et 7 de large), qui restitue l'état topographique de la ville, de ses remparts et de ses environs à cette époque.

Intéressante : La scénographie conçue par Laurent Marquart multiplie "les surprises et les événements visuels" afin de conserver tout au long du parcours l'attention du visiteur, par le jeu des couleurs, la conception des vitrines, et les jeux de lumières, qui mettent les objets en valeur par un subtil système d'éclairage à fibres optiques.

199b407710ba8f4ba191dd55818c6c6f.jpgafp

Utiles : L'audioguide, des bornes interactives, des animations multimédia et des « quizz », ou encore la possibilité d'essayer une coiffe ont également pour but de "rendre le musée accessible à un plus large public", selon la conservatrice du musée, Monique Fuchs.

e54f09ab3686761542f2cdbc2bceeb40.jpg

Travaux : Le bâtiment historique qui abrite le musée --les anciennes Grandes Boucheries du XVIe siècle-- avait dû être fermé pour des raisons de sécurité en 1987. A l'issue d'une deuxième phase de travaux qui devrait être achevée à l'horizon 2009, les 1400 m2 de parcours seront complétés par 300 m2 supplémentaires, consacrés aux XIXe et au XXe siècles.Le musée historique a donc de l'avenir...

6b7658c40f36b15cbd3335e39bc91672.jpg

Un centre européen de l’humanisme et de la réforme : Morceaux choisis sur des figures qui ont marqué l’histoire européenne.

55635913f681362dff127dee25d20ba9.jpg

Le Schwoertag

Ou la prestation du serment civique en 1600

Miniature aquarellée de la chronique de Staedel

Tout régime politique a besoin de symboles, reflets de sa légitimité (sceaux, étendards, bannières, etc.) et de cérémonies protocolaires qui accompagnent les principaux moments de la vie publique. La République de Strasbourg n’échappe pas à la règle.

De la stabilisation progressive du système constitutionnel, aux XIVe et XVe siècles, découle l’organisation régulière de plusieurs manifestations comme celle du Schwoertag ou de la prestation du serment civique.

Le Schwoertag veut rappeler les liens qui unissent le peuple (c’est-à-dire les bourgeois et les nobles, ceux qui ont des pouvoirs politiques) à son gouvernement. Il est à la fois cérémonie d’investiture et fête nationale telle que nous l’entendons de nos jours.

Le premier jeudi de l’année (ou «Churtag», jour des élections) est consacré à l’élection des dix sénateurs renouvelables (sur vingt). Les vingt sénateurs bourgeois choisissent alors l’Ammeister représentant des corps de métier, élu pour un an. Il possède la réalité du pouvoir exécutif, bien que protocolairement il se place après le Stettmeister régnant, élu par la noblesse.

Le mardi suivant est celui du Schwoertag, dont le déroulement a pour cadre la place de la cathédrale. Devant le grand portail se dresse une estrade en bois, avec balustrade au milieu de laquelle est suspendue une tapisserie aux couleurs, rouge et blanc, de la ville, et que surmonte un baldaquin rouge. Dès que retentit le Rathsglock (la cloche du Sénat) les délégations des vingts corporations (depuis 1482) se mettent en marche.

Un protocole minutieux réglemente les voies d’accès que doivent emprunter les corporations : rues du Vieux-Marché-aux-Poissons, des Serruriers, la Grand’Rue, les Grandes arcades, la rue du Dôme, la rue des Juifs. La rue des Frères est réservée aux sénateurs de la noblesse, et la rue Mercière aux fonctionnaires de la cité, précédés des valets (gardes) de la ville qui portent solennellement le coffret renfermant le parchemin de la Constitution ou lettre de Serment (Schwoerbrief). Seuls les présidents de la Ville (Stadtschreiber) lit à toute l’assemblée le texte de la Constitution.

L’Ammeister élu prête alors serment dans les mains du Stettmeister sortant. Ce dernier reçoit le serment des personnalités sur l’estrade puis il s’avance vers la foule qu’il invite à lever deux doigts en l’air et à prononcer à son tour le serment. Enfin, il conclut en ces termes «Que Dieu vous donne prospérité, bonheur, sa bénédiction et longue vie!» (Glück, Heil, Segen, langes Leben; Woll’Gott euch und uns allen geben). Pendant la cérémonie les portes de la ville sont fermées ; les gens d’armes entourent la place et assurent le bon ordre.

Le Schwoertag est interdit aux femmes, de même qu’elles sont exclues des banquets corporatifs qui suivent ; la tradition veut qu’elles se réunissent de leur côté et font bombance entre elles !

Le dernier Schwoertag eut lieu en janvier 1789.

263864444465a5132ad5108432fb428b.jpg

        

 L’Ammeister Carl Spielmann

Portrait peint en 1629

Charles Spielmann (1564-1631) a été élu « Ammeister » pour l’année 1625. Il appartenait à la corporation des Drapiers. Il avait épousé en secondes noces Anna Scheidin, veuve Trauschin dont le musée possède également le portrait.

Ce portrait présente un vif intérêt tant pour la personne représentée qui appartient à une vieille famille aisée de Strasbourg (son métier de drapier le prouve) que par les détails de son costume. Carl Spielmann représenté mi-corps, à l’âge de 65 ans, porte une large collerette blanche, une veste ajourée noire, et une ceinture garnie d’une boucle à plaque d’argent finement ciselée. D’une raideur un peu solennelle, à l’image de la bourgeoisie dirigeante, le costume de l’Ammeister est plein d’archaïsme quand on le compare aux costumes qui se portaient à Paris à l’époque du portrait, c’est-à-dire en 1629. Il appartient encore au siècle précédent.

Dans le personnel politique, depuis la fin du Moyen Age, l’Ammeister, élu pour un an, est le représentant des corps de métier. Il a la réalité au pouvoir exécutif, le Stettmeister n’étant qu’un figurant, protocolairement au-dessus de l’Ammeister. Une fois élu au poste d’Ammeister, le candidat ne pouvait s’y représenter que six années plus tard, disposition devant prévenir toute tentative de dictature. Dans la réalité quotidienne la personnalité des titulaires compte beaucoup, ainsi, bien que Stettmeister, Jacques Sturm dirige ou inspire la politique de la cité pendant plus de vingt ans.

J. P. Klein, catalogue des collections du Musée Historique, 1980 

52294b6eb7d853b21e7e3f828b0ee316.jpg
Le Stettmeister Jacques Sturm (1489-1553)

Gravure sur bois de l’époque

Jacques Sturm est incontestablement le plus grand homme d’Etat qu’ait connu la Ville Libre de Strasbourg.Formé par Wimpheling, il fait ses études supérieures à l’université de Heidelberg, puis à Fribourg. Revenu dans sa ville natale il adhère à la Société Littéraire (Sodalitas Litteraria) fondée par le prédicateur Jean Gerler de Kaysersberg, par le juriste et écrivain Sébastien Brant. Au cours de son séjour strasbourgeois, en 1514, Erasme remarque Sturm dont il vante la droiture, la modestie et l’immense savoir, qualités qui expliquent sans doute la réussite de sa carrière.

Bientôt, malgré l’opposition de Wimpheling, il adhère aux nouvelles doctrines religieuses. En 1524 débute sa carrière politique comme membre des Conseils, plusieurs fois Stettmeister et surtout comme ambassadeur itinérant de la République dans toutes les négociations politiques ou religieuses de cette période troublée. Grâce à lui Strasbourg ne manque jamais de faire entendre sa voix. Il exerce bientôt un « magistère moral » sur la cité.

Avec les humanistes, il comprend l’importance de l’enseignement dont la mission est de former des citoyens et des hommes pieux et savants capables de défendre leur nouvelle foi.

Aussi en 1526 il préside activement la commission des trois scolarques, nommée par le Magistrat, pour organiser l’enseignement. Jacques Sturm se préoccupe de fonder des écoles élémentaires, de prendre en charge les écoles latines existantes (sans ressources après la fermeture des couvents) ou d’en créer de nouvelles, de distribuer des bourses. La création, en 1538, de la Haute Ecole couronne tous ses efforts.

Sont réunis en un seul établissement l’enseignement secondaire et les cours supérieurs qui visent « à développer en même temps la piété, l’éloquence et la connaissance » (F. Rapp). Sturm choisit l’homme qu’il faut pour la diriger en la personne de son homologue Jean Sturm.

Vivement admirée, la Haute Ecole inspire la fondation d’écoles identiques en Allemagne ou à Genève. Des élèves de l’Europe entière viennent suivre les cours de la Haute Ecole. Son succès provoque la transformation des classes supérieures en Académie (1566) puis en Université (1621).

Les dernières années de la vie de Jacques Sturm sont assombries par la victoire de Charles Quint sur la Ligue de Smalkalde, et l’obligation pour Strasbourg d’accepter le régime de l’Intérim qui réintroduit, partiellement et provisoirement, le culte catholique à la cathédrale, à Saint Pierre-le-Jeune et à Saint-Pierre-le-Vieux.

J. P. Klein, catalogue des collections du Musée Historique, 1980

 

f1e5f7a04e4426b0e40ed2ddeedd4b86.jpg

 Martin Bucer (1491-1551)

Qualifié un peu pompeusement « d’âge d’or », le XVIe siècle est certainement un « moment » tout à fait privilégié pour Strasbourg. La puissance et le rôle politique de la Ville Libre, alors au zénith, se complètent d’un rayonnement intellectuel et religieux qu’elle ne retrouvera plus jamais. Le réformateur Martin Bucer y a largement contribué.

En 1491, à Sélestat, chez un humble ouvrier baquetier, naît Martin Bucer. Son grand-père l’envoie suivre les cours de la célèbre école latine de cette ville. Il entre chez les Dominicains (1506) qui l’envoient terminer ses études à l’Université d’Heidelberg. C’est là qu’il entend pour la première fois Luther (1518). Déjà fortement influencé par les œuvres d’Erasme, il se détache peu à peu du catholicisme. Relevé de ses vœux, il se marie et s’installe à Strasbourg en 1523.

Si le magistrat n’a pas encore pris position, le mouvement réformateur occupe trois postes ecclésiastiques de premier ordre : Mathieu Zell est curé de la paroisse Saint Laurent de la Cathédrale ; Wolfgang Capiton, un ancien érasmien, est prévôt du Chapître de Saint-Thomas ; Gaspard Hédion prêche à la Cathédrale. En une année les sermons de Bucer remportent un grand succès, aussi, après avoir obtenu le droit de bourgeoisie, les jardiniers (très remuants et quelquefois extrémistes) de Saint-Aurélie le choisissent comme pasteur.

L’abolition de la messe par l’assemblée des Trois Cents Echevins (en 1529) débouche sur l’organisation de la nouvelle église. Ce travail incombe au Magistrat et à Bucer.

Sur le plan doctrinal Bucer est le contraire d’un fanatique. Il combat les extrémistes, les sectaires de toute origine, notamment les anabaptistes nombreux chez les jardiniers. Il tente de concilier les différentes églises issues de la Réforme, de trouver un terrain d’entente entre Luther et l’Empereur.

La « Tétrapolitaine » ou confession de foi des quatre villes de Strasbourg, Lindau, Constance, et Memmingen, rédigée en 1530, répond à ce désir de paix et de concorde politique ou religieuse.

Consulté dans l’organisation des institutions ecclésiastiques, Bucer n’est pas toujours suivi car le Magistrat veut éviter à tout prix l’établissement d’une théocratie. Cependant, la modération et le « libéralisme » de Bucer n’est sûrement pas étranger à l’attitude souple des autorités quant à l’application de l’Ordonnance Ecclésiastique de 1534 et de l’Ordonnance Disciplinaire de l’année suivante.

L’affaire de l’Intérim, son refus d’y souscrire (1548), la crainte de représailles de la part de Charles Quint poussent Bucer à accepter un poste de théologien à l’université de Cambridge où il meurt en 1551.

J. P. Klein, catalogue des collections du Musée Historique, 1980 

a5c71a5821168029e6befd99e4e62828.jpg

VOIR LE SITE DES MUSEES DE STRASBOURG >>>>

22/06/2007

France:NON au nationalisme d’Etat et à la xénophobie de gouvernement.

Quand les démocrates dignes de leurs valeurs sont intrinsèquement  « sarko-incompatibles »…Oui à la pétition internationale lancée contre le ministère Hortefeux: tenir la promesse d'une mauvaise action n'est pas une bonne action.La légitimité du suffrage universel ne légitime pas tout...

medium_droits_de_lhomme_onu.jpg

Une politique de régulation de l’immigration ? Evidemment. Dans le respect des engagements internationaux de la France (droit d’asile, statut des réfugiés…) et dans le respect des Droits de l’Homme. En s’attaquant aux vraies causes de l’immigration clandestine, ce fléaux qui fait la fortune de réseaux de trafiquants et d’employeurs esclavagistes, donc aux coupables et non aux victimes. Et en mettant sur rails une politique active d’un co-développement en vraie rupture avec les pratiques éhontées de la « Françafrique »…

Une politique d’ « intégration nationale », de façon à engendrer un « Vivre ensemble « plus harmonieux, à favoriser l’adaptation à nos lois et à nos mœurs des accueillis depuis longtemps ou des nouveaux arrivants ? Evidemment.

Des règles"utiles et justes" pour accorder la nationalité française ? Evidemment.

Avec des critères d’aujourd’hui, et non des réflexes hérités de législations mal « nettoyées » (raciales, racialistes, racistes ou xénophobes)  de temps qui ont fait la honte de la France. Avec ces exigences de droits et de devoirs sans lesquels  la « carte d’identité » n’est qu’un tatouage administratif souvent coloré par une dose d’arbitraire.

Mais un « ministère » qui lie « immigration » et « identité nationale » ? NON.

Non, en raison de la force symbolique (négative pour tout esprit soucieux d’humanisme et d’humanité) de ce lien.

Non, aussi, parce que le fait de confier la codification d’une identité nationale à un organisme d’Etat traduit une conception chargée de « vents mauvais », comme disait Pétain avant d’être pris dans la tornade vichyste.

Ce n’est pas à l’Etat de définir l'identité nationale, qui n'est ni unique ni figée. Du moins ce n’est pas à un Etat démocratique de le faire.  

 

medium_immigrés_hier.jpg

 

D’ailleurs, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République pourtant souvent secouée par des transgressions populistes et bureaucratico-arbitraires.  

Par ce qui se veut un acte fondateur de la  présidence sarkozyenne, la France inscrit l'immigration non  comme un « problème » à régler mais comme une force « ennemie »,  un bouc émissaire, comme un exutoire. France, terre des Droits de l'Homme? A démontrer. France, terre d'accueil? A prouver. France digne de ses valeurs? Restons sérieux...Ou redevenons-le!

Le péril n’est pas que dans des têtes d’intellectuels dénigrées avec une imbécillité populiste par le Président et son ami Hortefeux :il est réel.  Car personne ne peut dire de quoi demain sera fait.  Et car la morale politique (il s’agit aussi de cela) risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème existentiel et une menace réelle pour l'intégrité ou l'identité nationale. Revoici sous une autre forme le « parti de l’étranger ».  Et « l’ennemi de l’intérieur »…Allô, Kouchner? 

medium_jeunesse_interquartiers.jpg

Pour les démocrates soucieux d’approfondir sans cesse la Démocratie et de la protéger avec vigilance de tout ce qui peut altérer ce bien précieux qui, comme la Liberté selon Voltaire, « permet de jouir de tous les autres biens », il est clair que ce ministère Hortefeux constitue plus qu’une tache, plus qu’une maladresse, plus qu’une erreur. C’est une faute majeure. Et scandaleuse ! Contraire à l'esprit des valeurs du Conseil de l'Europe.

Sarkozy, qui dit adorer et savourer la « transgression », est trop réaliste pour ne pas en avoir conscience. Il l’avait promis, il l’a fait. Soit. Et alors ? Tenir la promesse d’une action mauvaise n’a jamais constitué une bonne action. Même avec cette légitimité du suffrage universel qui...ne légitime pas tout, surtout pas ce qui altère les fondations les plus belles de...l'identité nationale! Une affaire de principes (républicains) de valeurs (démocratiques) et de bon sens. Une question qui rend « sarko-incompatibles » les esprits les plus fidèles au « principe d’Humanité ».

Un espoir : que les pétitions internationales lancées sur cette question et traitées par le mépris au sommet de l’Etat recueillent le maximum de signatures. « Veilleur où en est la nuit ? »…

Daniel RIOT 

EN SAVOIR PLUS SUR DpJ, le Droit pour la Justice >>>>> 

medium_abolition_de_l_esclavage_Convention_du_16_pluviose_an_II.jpgNicolas A. Monsiau - L'abolition de l'esclavage proclamée à la Convention le 16 pluviôse an II
Dessin à la plume rehaussé de gouache - Musée Carnavalet, Paris

NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

POUR SIGNER LA PETITION >>>>>>>>>>

 

medium_identite_nationale.jpg

La France que je n'aime pas.....

medium_vichy_affiche.jpg

Une affiche officielle d'un autre temps qui est (évidemment) hors sujet  dans le contexte d'aujourd'hui? L'identite nationale est aussi le fruit de tranches d'histoire qu'on aimerait oublier. Toute ressemblance avec le temps présent est évidemment .. délibérée. Non par provocation, mais par précaution. Pardon à celles et à ceux que je choque dans leur Sarkolâtrie. ...Mais Pétain aussi a connu un "état de grâce" très long. C'est un fait, non une opinion. L'illégitime, c'était De Gaulle. Je sais: j'exagère. C'est Sarkozy qui m'incite à la transgression. Cela devrait me faire pardonner, non? DR

31/05/2007

Max Gallo à l'Académie: L'âme de la Plume...

Bravo Max,  L'IMMORTEL....

Bravo Max! Les mauvaises langues vont crier à la récompense sarkozienne. Mais NON ! Vous n'en aviez pas besoin...Je voua ai suffisamnt lu et apprécié. Je vous suffisamment rencontré .J'ai eu avec vous suffisamment  de riches conversations (à la librairie Kleber, de Strasbourg et ailleurs), y compris sur des sujets qui nous séparent (L'Europe, notamment) pour savoir que si quelqu'un mérite de ce titre d'"Immortel", c'est vous. Vous qui tous les matins, dès quatre heures, êtes à votre table de travail. "Si je n'écris pas , je vide mon frigo", m'avez-vous confié, un jour. Quelle production! Aussi riche en qualié qu'en quantité. Bravo. Et merci d'écrire encore....A bientôt. Pas sous la Coupole, mais "Chez Yvonne"....
DR
medium_max_gallo_1.jpg
L'historien,ancien militant communiste, ancien ministre de Mitterrand devenu sarkozyste après avoir été aux cotés de Chevénement,  occupera le fauteuil du philosophe Jean-François Revel (dont les livres restent de bons ammis). Max Gallo, âgé de 75 ans, a été élu au premier tour, obtenant 15 suffrages parmi les 28 votants, a annoncé la secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Carrère d'Encausse.
L'autre candidat était le journaliste Claude Imbert, qui a obtenu cinq voix. Le reste des suffrages s'est réparti en 3 bulletins blancs, 4 bulletins blancs marqués d'une croix (refus des deux candidats) et une voix pour un non- candidat.

Cette élection est la première d'une série qui devrait s'étaler sur environ un an pour reconstituer les rangs des académiciens. Le nombre de fauteuils vacants n'a jamais été aussi important depuis une vingtaine d'années, avec six décès – sur 40 membres – enregistrés depuis le printemps 2006 : Jean-François Revel, Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond.

Historien et romancier prolifique, Max Gallo est l'auteur d'une centaine de romans, biographies et études historiques. Il avait déjà présenté sa candidature à l'Académie en juin 2000, n'obtenant alors que six voix.

Né à Nice en 1932, dans une famille d'immigrés italiens, le nouvel académicien a la fibre patriotique et la passion de la République. Il s'est d'abord fait connaître comme historien, avant de toucher le grand public avec des sagas romanesques (La Baie des anges, Les Patriotes...) et des biographies historiques à succès, de Jaurès, de Gaulle ou Napoléon.

LES LIVRES DE MAX GALLO SUR AMAZON >>>>>>>>>>>>>>>>

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu