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01/01/2009

L'Européen de l'année 2008 : Jean-Claude TRICHET pour relatio-europe

LES GRANDS PRIX 2008 DE RELATIO-EUROPE PDF Imprimer Email
>>> Pourquoi Sarkozy n'est pas "couronné"
>>> La Banque centrale, seule institution qui ait pleinement assumé ses responsabilités avant et pendant la Crise
>>> La BCE, moteur de la réussite de dix ans d'euro

L'Européen de l'année ? L'an denier, une figure s'était imposée presque naturellement, sans hésitation possible : Angela Merkel ! Cette année, bien des esprits, songeant à ce sacre forcément arbitraire et subjectif, pensent à Sarkozy. Un jury de correspondants à Bruxelles lui a offert cette couronne. Rien de scandaleux. Sa présidence « hyperactive et réactive » a été positive sur plus d'un plan. Relatio-Europe n'a pas manqué de le souligner à plusieurs reprises. Mais, il y a plusieurs « mais »...
Sa Présidence a été conduite dans la double optique de « l'Europe des Etats» et de la quête d'un leadership qui n'est pas très communautaire. Qui plus est, un « Européen de l'année » ne peut pas à nos yeux avoir été l'un des responsables majeurs de la détérioration du climat entre la France et l'Allemagne. Une réalité « éliminatoire » pour Realtio-Europe...

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>>> L'essai européen de l'année : « Le commencement d'un monde », par Jean-Claude GUILLEBAUD

>>> Le film européen de l'année : Gomorra de Matteo GARONNE
>>> L'initiative européenne de l'année : L'association pour les écoles politiques du Conseil de l'Europe, présidée par Catherine LALUMIERE

 

PRIX SPECIAL STRASBOURG DE « L'EUROPEEN DE L'ANNEE »:THOMAS HAMMARBERG, Commissaire du Conseil de l'Europe aux Droits de l'Homme

UNE DISTINCTION QUI S'IMPOSE! Courageux dans ses analyses (les autorités judiciaires et pénitentiaires françaises en savent quelque chose...), hyperactif sur tous les terrains sans exhibitionnisme, rigoureux dans ses rapports, l'oeil en éveil sur chacun des 47 pays du Conseil de l'Europe, observateur attentif de toutes les dérives sécuritaires qui écornent les libertés et les droits de l'Homme, brillant dans ses chroniques régulières (que RELATIO-EUROPE reprend systématiquement), Thomas Hammarberg est devenu l'une des consciences actives des droits de l'Homme. Il incarne l'esprit de résistance si indispensable en cette ère plus liberticide qu'on veut le voir.


06/08/2008

Relatio-Europe relance l'idée d'un livret d'épargne européen





Un projet trop vite oublié qui reste une impérative nécessité pour l'Euroland, pour l'Union européenne et...pour les citoyens

L'Europe concrète ? Il est temps de la compléter, de la consolider et, dans certains secteurs essentiels, comme celui de l'énergie notamment, de la faire... Ce n'est cette Europe des réalisations que les citoyens rejettent.

Encore faudrait- il que l'esprit d'initiative, d'entreprise, de créativité et le simple bon sens ne soient pas étouffés par des réflexes d'une autre époque ...Un exemple précis : l'idée du Livret d'épargne européen. Une idée lancée dès 2002 par l'Académie européenne crée par Jean-Luc Schaffhauser  et relancée depuis avec de sérieux arguments de gens sérieux, Etienne Pflimlin, le Président de la fédération du Crédit Mutuel, en tête.

Victime de réflexes nationalistes et de visions à trop court terme, cette belle (et féconde) idée  devrait déjà être réalité depuis longtemps...

Malheureusement, ce type de réflexes « je freine, donc je suis », « j'empêche donc j'ai du pouvoir », « j'enterre des idées qui ne sont pas les miennes, donc j'existe » sévit  au plus haut niveau des Etats et des institution européennes. Là où il faut chercher des explications à cette panne (pas seulement institutionnelle) que connaît l'Union européenne.

Relatio-Europe relance ici cette idée qui s'inscrit dans la logique de l'euro et trouve dans le contexte financier et économique mondial  actuel de nouvelles raisons d'être.

A cette fin, il reprend ici des textes publiés en 2007 dans la revue « Sentinelle »,  ceux de Jean-Luc Schaffhauser (notre photo), d'Etienne Pflimlin, de Jean-Pierre Ménanteau et de Jean-Jacques Bonnaud.


10/02/2008

Sarkozy et l’Europe ou le retour aux choses sérieuses…

EDITO RELATIO PAR DANIEL RIOT
Un peu de solennité. Cela ne peut pas faire de mal à un moment où la République souffre d’une incontestable désacralisation de la fonction présidentielle…  

Un peu d’Europe au « 20 heures ». Cela fait du bien  même si une allocution du chef de l’Etat ne compense pas le silence pesant qui provoque logiquement la vague d’indifférence européenne qui s’est abattue sur la France. « Vive l’Europe Vive la France », avec des constats de bon sens sur l’impérative nécessité de poursuivre, d’intensifier et ‘améliorer l’Union européenne si l’on veut que l’Europe se subisse pas les évolutions du monde. Cela peut réveiller quelques consciences trop endormies. Et trop peu soucieuses des vrais enjeux du monde.

Bravo à   Sarkozy, donc : un chef d’Etat doit d’abord être un pédagogue. Et une mobilisateur d’énergies. L’Europe,  c’est  (vraiment) « du séreux ».

Sue le fond, l’autosatisfaction affichée ne fait pas de miracle. Les appels au « rassemblement » autour des valeurs européennes et des objectifs d’une Union plus proche des citoyens n’ont guère de chances d’être entendus dans le contexte actuel. Et  la « Force  de proposition et d’entraînement » de la France en Europe sera plus grande si l’économie et les finances françaises n’inquiétaient pas autant nos partenaires…

Daniel RIOT

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20/11/2007

Crise des "subprimes" : Le pire n’est pas encore là…

DECRYPTAGE RELATIO : Les banques  pourraient perdre 2 000 milliards de dollars. SOS Pythie ! Question vertigineuse : Jusqu'où la facture de la crise financière grimpera-t-elle pour le secteur bancaire mondial ? A mesure que la situation se dégrade sur le marché du logement américain – "un déclin sans précédent depuis la Grande Dépression" de 1929, estime la banque américaine Wells Fargo –, les banques révisent en hausse le montant de leurs pertes. On jongle avec les zéros…Quelle inflation ! Toutes les boussoles s’affolent. Mimétisme de la peur, la panique engendrant la panique ou prévisions …réalistes ?

Depuis quelques jours, les économistes employés par les grandes institutions financières revoient tous à la hausse leurs prévisions du coût de la crise pour les années à venir. Après l'estimation de 400 milliards de dollars calculée par la Deutsche Bank fin octobre, un chiffre fondé sur des hypothèses économiques déjà pessimistes, Goldman Sachs pousse aujourd'hui le curseur à 2 000 milliards de dollars, même si la plupart des modèles économiques des banques restant bâtis sur une crise à 200 milliards de dollars.

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16/09/2007

Europe : « Retour de la France » ou retours de bâtons du « Style Sarko » ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT :« Aucun sujet n’est tabou »…Tous les ministres (en quête de totem ?) dans tous les secteurs, n’ont que cette expression à la bouche,  à tout propos… Alors, pas de tabou, pas même pour apprécier Sarkozy dans ses oeuvres : La politique et la diplomatie pour Sarkozy ne sont-elles que  la continuation de la guerre sous une autre forme ? Sarkozy n’est-il pas dangereux dans les situations de crise ? Le « style Sarko » ne va-t-il pas finir par aggraver les problèmes de  l’Union européenne ?

 Eh ! Oui, on s’inquiète dans plusieurs capitales européennes (et chez les connaisseurs de  l’«alchimie communautaire »). Non du « retour de la France en Europe », mais des retours de bâton pour la France et pour l’Europe que le « style Sarko » commence déjà à provoquer !

 

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 « Notre « petit soldat » se prend pour un général d’Empire », confie un diplomate. « Mais ses foucades, ses initiatives intempestives, ses propos mal contrôlés finissent par heurter les meilleurs amis de la France et ceux qui se réjouissaient de l’élection d’un manager dynamique et moderne à la Présidence de la République. »

Ce n’est pas tout : « Notre Président oublie que l’Europe par définition n’est pas que française et que le « sarkozysme » reste trop flou, trop incohérent et trop chargé d’ambiguïtés pour qu’il séduise tout le monde, tout le temps, en tout... Son goût pour les jeux dangereux du   « cavalier seul » est déjà devenu très contre-productif. Son coté gamin farceur et volontiers provocateur ne fait plus sourire. Son égotisme atteint des proportions ridicules.  Et à trop vouloir flatter les pulsions les plus nationalistes de l’opinion française, il perd le crédit qu’il commençait à acquérir. Il est déjà classé, comme Chirac l’était (là, il n’y a pas de rupture) dans la catégorie des politiciens qui sont meilleurs en campagne électorale que dans l’exercice de ce pouvoir suprême qui exige des qualités d’homme d’Etat »

Diplomate, mais franc du collier, notre interlocuteur (qui, il est vrai, n’en est pas à son premier Président…)

Les dirigeants français (hauts fonctionnaires inclus), en Europe, ont trop affiché dans un passé encore récent mépris et arrogance, ces épices qui rendent les indigestes les plats les mieux préparés.  A cet alliage (qui nous a fait tant de mal) Sarkozy ajoute des ingrédients qui sont de vrais  poisons : la prétention hâbleuse, la gesticulation frimeuse, la réflexion fumeuse et les récriminations injurieuses… Cela fait beaucoup ! Trop.

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17/08/2007

L’Europe saura-t-elle tirer les leçons de la tempête des « subprimes » ?

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Subprimes, crédit crunch, titrisation, systémique… Mots du mois d’août. Pour des maux réels qu’il convient de ne pas dramatiser à outrance. Il n’est pas sûr que Christine Lagarde ait raison de se montrer optimiste sur l’économie française, mais elle n’a pas tort (ce matin, dans Le Parisien) d’exhorter les épargnants et les petits porteurs au sang-froid, de souligner que les banques centrales en général et la banque centrale européenne en particulier ont « fait leur travail » et ne refuser le mot « krach » pour définir la situation boursière ou plutôt finacière actuelle.

Parler de « jeudi noir », comme cela a été fait relève de l’emphase, en effet. Ceux qui propagent avec complaisance les pronostics les plus noirs d’experts les plus pessimistes devraient se rendre compte que bien des Cassandre, en ce domaine, sont … intéressés et que l’effet de panique qui nourrit les spirales infernales est souhaité par nombre de spéculateurs.

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De plus,  bien des donneurs de leçons aux banques centrales (à la BCE, surtout) se montreraient plus pertinents en tentant de décrypter le coté « ingouvernable » de l’économie-casino « globalisée » et non en s’attaquant aux seuls vrais remparts contre ces vents de folie qui dérèglent toutes les boussoles et peuvent entraîner les pires catastrophes …sociales.Avec le retour d'un mot qui est chargé de sens: DEPRESSION. 

A Relatio, nous ne manquons pas une occasion de le rappeler depuis le début de ces secousses estivales trois données de fond

1) Cette crise était prévisible puisque le surendettement des Américains, provoqué et développé à des fins strictement spéculatives, avait atteint des limites insupportables. La seule vraie surprise vient de l’internationalisation de cette « correction brutale des marchés ». Elle confirme l’avènement d’un monde financier où, selon la formule de jacques Attali, « personne ne sait plus sui doit de l’argent à qui »

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2) L’internationalisation de cette crise américaine confirme à quel point les réseaux financiers sont devenus interdépendants à l’échelle de la planète. Cela implique, pour les Européens, une vigilance tous azimuths qui pour l’heure n’est pas suffisamment exercée. Nous ne suivons pas suffisamment notamment la place prise par les Chinois aux USA : ce sont eux qui permettent au géant (fragile) américain de vivre au-dessus de ses moyens. Nous ne suivons pas assez non plus les mouvements de capitaux, légaux et propres ou illégaux et sales. D’autre « surprises » devant nous… Avec des conséquences qui rendront anecdotiques les suites des impayés des petits propriétaires américains incapables de faire face à leurs traites…

3) Les banques centrales (à l’exception de l’anglaise) on injecté quelque 300 milliards de $ dans les circuits. Pour rassurer, montrer que nous ne sommes pas en panne de liquidités, tenter de limiter les effets « boule de neige » et « cailloux dans l’eau » que la crise provoque. C’est beaucoup. C’est l’équivalent des sommes qui risquent d’être perdues dans ce choc d’août 2007. Mais, toutes choses étant égales, ces nombres avec trop de zéros pour le commun des mortels sont à mettre en face d’une autre évaluation : 11 000 milliards de dollars constituent ce que l’on nomme le « marché financier mondial », donc l’argent en circulation.

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Qu’en conclure, provisoirement ?

Sur le premier point : une leçon majeure. Les « agences de notations » qui sont sensées tire les sonnettes d’alarmes quand les risques sont trop mal calculées n’ont pas rempli leurs fonctions. Ce n’est pas leur première défaillance : affaire Enron ,explosion de la « bulle informatique »…

A chaque crise, on réclame, comme Sarkozy vient de le faire en s’adressant au G7, davantage de « transparence ». Les institutions réagissent  moins vite que les acteurs du marché.  

Le Temps écrit fort justement (avec une ironie pleine d'indulence):  « Quand Nicolas Sarkozy exige plus de transparence, il a philosophiquement raison. Quand il demande au G7 d'en fixer les règles, il s'illusionne sur le remède. Depuis que la finance existe, elle a toujours été plus agile que la politique. On peut le regretter, mais c'est comme ça. A moins de la corseter d'une façon qui provoquerait une crise plus grave que l'actuelle, il y a peu d'efficacité à attendre de ce côté-là. »

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Sarkozy,par sa lettre médiatisée, fait même ce qu'il ne faut pas faire en une telle circonstance:participer à la dramatiation. Angela Merkel fait preuve de plus de sang-froid.On peut agir et réagir avec discrétion. Limites et dangers de la politique-spectacle...

Sur le deuxième constat, une autre leçon pour les Européens : il s’agit moins de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale que de doter l’eurogroupe de moyens supplémentaires d’investigations, d’analyses et de prévisions.

C’est sur le troisième constat que les leçons sont le plus difficiles à tirer. En effet, qui doit payer quoi ?

Le principe de bon sens « qui casse paye » devrait s’imposer. Mais il faut du courage politique et des rapports de forces politiques suffisamment nets pour le mettre en pratique. Les puristes de la finances y sont favorables et ils ne manquent pas d’arguments.

>>>>D’abord, les premières victimes sont d’abord les premiers fautifs… Ceux qui pleurent le plus  sont aussi ceux qui ont gagné le plus en spéculant sans vergogne.

>>>>Ensuite, les pertes sont plus sectorielles que générales chez ces « victimes-coupables ». Un exemple parmi d’autres : L’américain Citigroup, première banque au monde, vient ainsi d’annoncer avoir perdu 700 millions de dollars sur ses « dérivés de crédits immobiliers ».

C’est triste pour lui et ses actionnaires, mais le groupe annonce    un bénéfice annuel prévisible  de 20… mil­liards. Grâce à la tonte de quels moutons ?  

En fait, les vraies victimes sont celles qui ont besoin de vendre aujourd’hui, dans l’urgence,  à perte. Et celles qui doivent reporter à plus tard ou annuler des achats prévus. Mais aucune de ces deux situations ne devrait avoir des conséquences économiques et sociales trop importantes. Quelques aides ponctuelles devraient pouvoir les tirer de ces mauvais pas. Il n’y a pas de quoi mettre le feu à toutes les places boursières…

07ac60ba30064d11c120f06206be6bfb.jpgLe FED

Cette situation rend la position des banques centrales très difficiles : elles doivent limiter la casse pour les « vraies » victimes sans faire le jeu des « fausses »…

L’un des conseillers de Relatio nous dit : « Si ceux qui ont pris des risques inconsidérés jouissent d’une impunité et se refont une santé facilement, aucun assainissement du marché ne sera possible, les spéculations reprendront sous une autre forme et d’autres crises plus graves seront inévitables… Ce qu’il faut, c’est poursuivre les efforts déployer pour « saucissonner » les risques mais en clarifiant les montages trop complexes qui ont été faits et qui, entre autres inconvénients, favorisent davantage encore les blanchiments d’argent sale et rendre les marchés opaques. »

C’est le même type d’exhortations que font les observateurs suisses :  « La meilleure pédagogie reste la sanction pécuniaire. La finance n'est pas un jeu où l'on gagne toujours », écrit Le Temps.  «  Que les perdants assument leurs erreurs, même si ça fait mal ».

e0f3092c6dc7bc3332bf774651727b01.jpgLondres

Le problème, c’est que ces « perdants » bénéficient de soutiens politiques forts à New-York et financiers importants à Londres…  «  Dans la nervosité actuelle, on voit hélas se multiplier les actions de sauvetage (1)et les appels aux accommodements » note Le Temps. « Résistons-y. Il faut pardonner au pécheur, mais pas réparer la faute à sa place: il récidiverait demain, en plus grand. »

L’Europe pourrait y résister davantage si la City n’oubliait pas que la Tamise se jette dans la Manche… Mais consolons-nous en repensant à d’autres tempêtes monétaires et financières du temps où l’euro n’existait pas. Les détracteurs de la monnaie unique de l’Union et de l’Euroland devraient rafraîchir un peu leur mémoire… Et les champions de la « souveraineté nationale » devraient sérieusement songer au sens que ne peut plus avoir cette expression en cette ère d’  « économie-casino » sans frontières…

Daniel RIOT

1) La Fed a rassuré aujourd'hui les marchés en abaissant son taux d'escompte de 0,5 point et en injectant six milliards de dollars supplémentaires. Il ne s'agit pas du taux d'emprunt interbancaire ou "Fed Funds", qui est toujours fixé à 5,25% mais d'un autre instrument de politique monétaire plus rarement utilisé. Cette décision a été accompagnée d'un communiqué distinct, dans lequel la Fed a estimé que "même si l'économie continue de croître à un rythme modéré, le Comité juge que les risques pour la croissance se sont nettement accrus".

10/08/2007

L'Europe dans la tempête financière américaine

Une crise structurelle à surmonter

La facture du dopage finit  toujours par être lourde : La « main invisible » des marchés de l’économie-casino est celle du diable quand l’argent trop facile aveugle les joueurs..

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT

Des turbulences de type météorologique ou un vrai ras de marée planétaire ? Une crise confiance ou un mal structurel ? Sur les places financières, le « décrochage » devient « dévissage »… Et les liquidités injectées par la Banque centrale européenne (près de 100 milliards d’€ hier+ 60 ce matin) et par la FED américaine (près de 25 milliards) et d’autres banques centrales( canadienne notamment) s’apparentent à une « opération transfusion », à des soins palliatifs,  alors que la situation exige sans doute des opérations de type chirurgical…

Une chose est sûre :les meilleurs experts sont dépassés dans leurs analyses, il y a trop d’inconnues dans les équations… et la fameuse « main invisible » déifiée par les tenants de l’hypercapitalisme devient la main d’un diable qui se rebiffe quand on lui a trop tiré tsur la queue.

Qu’est-ce qui est en cause, au-delà des péripéties et des dégâts collatéraux des politiques « d’argent facile » et de calculs de rentabilité à court terme faits par les acteurs de cette géofinance que personne ne peut maîtriser  et de cette « économie casino » qui par définition peut faire perdre très vite ce qui a été gagné trop artificiellement ?
L’excès de confiance des investisseurs américains dans la capacité des citoyens de Bush de sortir d’un sur-endettement cultivé. C’est ce que les « experts », jamais à court d’un néologisme qui brouille la vision des réalités, appellent les « subprimes ».

Les  "subprime", ce sont  des crédits octroyés par des institutions peu regardantes sur la solvabilité de leurs clients. Quand les lignes rouges du « trop c’est trop » sont franchies, c’est la panique et comme le marché mondial de la géofinance impériale est fait d’interconnexions en labyrinthes, les effets « ronds dans l’eau » et « boule de neige » font  des ravages sur tout le système, y compris auprès de banques (européennes en l’occurrence) qui ont été plus prudentes… Entre coupables et victimes, la frontière est difficile à tracer… Les déferlantes en spirale déclenchent effectivement de vrais ras de marée… Avec indices au rouge, partout ou presque. Et effets de panique qui… amplifient encore les problèmes.

Principales victimes de ce jeu de massacre ces derniers jours : les valeurs bancaires. Elles paient une politique trop poussée d’argent facile. Toutes proportions gardées : elles payent un excès de dopage. Comme des champions cyclistes trop connus...

Voilà des années que pour la satisfaction des opérateurs, les marchés sont comme survitaminés, dopés par la croissance à tous crins et des liquidités brassées avec une bonne dose d’irrationalité…. Le système s’est fissuré. Et il craque.

C’est la « régulation par la crise » : les plus cyniques des « hyper-capitalistes » y voient confirmation de leurs dogmes. Laissons faire, et tout se règlera tout seul,ou presque. De toutes façons, ceux qui y perdent sont ceux qui ont beaucoup gagné. Tant pis pour les petits porteurs, pour les boursicoteurs amateurs… Et pour les dégâts sur l’économie mondiale, avec toutes leurs conséquences sociales !  

« Pas d'amortisseurs ni de pare-chocs pour absorber les secousses », souligne un conseiller financier de Relatio... « L’essentiel, pour les grands acteurs, c’est de passer au travers de ces pluies d’orage. Cela passera »… Bush ne dit-il pas qu’ il y a suffisamment de liquidités pour réguler les marchés » ?  « Ne dramatisation pas : quelque 20 milliards vont s’envoler. Dommage pour ceux qui les perdent, mais  les   actifs financiers en circulation sont  évalués à plus de 110 000 milliards d'euros. Et l’économie mondiale est plutôt bonne. L’essentiel, c’est que la crise financière ne gangrène pas l’activité générale… Mais qui peut faire de bonnes prévisions en la matière » ? Une illustration de plus d’une donnée trop oubliée : l’économie n’est pas une science… Elle l’est même de moins en moins avec la généralisation de ce que le professeur Bilger appelait « l’économie casino »

Pour les observateurs suisses, cette crise n'est pas que pasychologique:elle est d’abord structurelle. Le Temps résume : «    Le tumulte qui agite les marchés de la dette américaine menace une industrie florissante: le capital-investissement (private equity). Le boom historique du private equity, moteur du marché mondial des fusions et acquisitions, touche à sa fin ».

Un constat : « Depuis quelques semaines, le marché des financements de rachats d'entreprises par la dette (leveraged buyout ou LBO) est asséché: les banques ont fermé le robinet des prêts, car elles ne parviennent plus à les placer sur le marché obligataire ».

Une analyse : « La complaisance des banques aidant, les géants du capital-investissement en étaient arrivés à financer jusqu'à 85% de leurs rachats par de la dette. Désormais, la situation va revenir à la normale, avec des financements pour maximum deux tiers de dette et un tiers de fonds propres, voire 50% de dette et 50% de fonds propres pour les petites transactions».Bref, un rachat exigera désormais plus de cash flow. »

Après la secousse : une ère nouvelle?… Ce sont les transitions qui sont douloureuses.

En attendant la suite, ceux qui critiquent avec des raisons plus en moins fondées la banque centrale européenne et l’euro devraient un peu de souvenir des tempêtes monétaires que de pareilles secousses bancaires et boursières provoquaient jadis, souvent l’été d’ailleurs… Il est toujours intéressant de voir à quel point nos mémoires sont sélectives.

Daniel RIOT

17/07/2007

Euro, banque centrale: Sarkozy plus "nuancé"

France-Allemagne: Sarkozy suit les leçons de réalisme de Merkel

fe5b93ed63f232df68ea7cb71ccefd7b.jpgEDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT: Bonnes nouvelles de Toulouse. Pas sur Airbus : les décisions prises sont dictées par le bon sens, mais le fleuron de l’aéronautique européenne n’est pas promis à un vol de tout repos pour autant et les 10 000 licenciements rendent impudiques les sourires  satisfaits des deux cotés du Rhin. Wait and See...

La vraie bonne nouvelle vient de Nicolas Sarkozy qui vient de montrer que le réalisme est la première vertu d’un chef d’Etat. Angela Merkel, qui n’a pas ménagé ses critiques ni masqué ses inquiétudes devant les attaques répétées de Nicolas Sarkozy  eu raison de tenir bon…et de se montrer persuasive.

NOUVEAU:Le chef de l’Etat français est d’accord avec elle pour défendre « l’indépendance » de la banque centrale. Et  il se met enfin à déplorer davantage un dollar trop faible qu’un euro trop fort. Une double évolution rassurante pour ceux qui résistent aux tentations des analyses superficielles et plus dictées pour caresser l’opinion dans le sens du poil que de faire face à ces problèmes complexes que le simplisme aggraverait... 

Cela ne gomme pas les craintes allemandes devant les déficits français, les conception françaises d’une politique « trop interventionniste » et les réflexes de « cavalier seul » de « Super Sarko », mais cela donne tort à ceux qui jugeaient « en crise » les relations germano-françaises. Tant mieux.

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 «Nous sommes d'accord tous les deux sur le fait que la Banque centrale européenne est indépendante, c'est très important», a déclaré Angela Merkel à l'issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy à Toulouse aujourd'hui.«Pour nous, il est clair que l'indépendance de la Banque centrale européenne est très importante pour la zone euro »

De son côté, Nicolas Sarkozy a affirmé que «la France est pour l'indépendance de la Banque centrale européenne». «Le problème n'est pas la valeur de l'euro, mais la valeur des autres monnaies», a-t-il estimé en  se félicitant d'«une grande convergence de vues» avec Angela Merkel sur ce sujet. Les deux sont d’ailleurs d’accord proposer à la présidence portugaise un examen au sommet su ce qu’il convient de faire pour résister aux puissances émergentes qui provoquent les délocalisations.

« Travailler avec Angela est de plus en plus facile car on se dit les choses franchement, simplement, sans détour », a éprouvé le besoin de dire Sarkozy «  Notre rencontre a été amicale, ouverte et extrêmement constructive ». : « Voilà pour moi une perspective réjouissante », a-t-il dit avant de souligner que la coopération était « sur une excellente voie ».

Angela a souri. Elle n’a pas le sens de l’autosatisfaction exacerbée de Sarko, mais elle peut être satisfaite : la franchise de ses propos quand elle aborde des sujets de mécontentement ont visiblement des vertus pédagogiques. Un bon professeur en réalisme Angela…

Daniel RIOT

10/07/2007

Union européenne : Sarkozy s’assure avec brio un état de grâce…jusqu’en septembre !

529495bb3862d77a7ce44b955234ca56.jpgDECRYPTAGE RELATIO PAR Daniel RIOT : Pari gagné. En fanfare.  Comme après son premier Conseil européen, Nicolas Sarkozy peut afficher l’autosatisfaction la plus brillante et  la plus claironnée après sa prestation à l'EUROGROUPE. Ses arguments, bien frappés, ont fait mouche : il a obtenu l’essentiel de ce qu’il voulait—un feu vert à sa politique économique et financière, donc... à ses entorses au Pacte de stabilité et de croissance et aux promesses de… Chirac !

Mais, il a surtout gagné un sursis : confiance jusqu’en…septembre. C’est court ! Encore un défi qu’il se lance : c’est lui a avancé la date où il refera un point sur les perspectives de réductions des déficits. « 2012 sans croissance, 2010, avec croissance »…Coincidence? Il vient de faire savoir que des économistes "indépendants" allaient le conseiller à l'Elysée...

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Sarkozy, en grand artiste de la politique,  a su, comme souvent, trouver les mots et le ton que ne peuvent que plaire à son public. Même les plus sceptiques, les plus réticents, les plus critiques et les plus inquiets se sont crus obligés, sinon de l’applaudir du moins de reconnaître ses talents et de ne voir, publiquement, que les cotés positifs d’une situation qui, en fait, n’incite guère à l’optimisme…

Oui, une France dynamique en Europe vaut mieux qu’une France éteinte. Oui, le Président français a su faire accepter son pari (risqué) sur la confiance et la croissance. Oui, bien des remarques critiques du locataire de l’Elysée méritent réflexions sur nombre d’inflexions éventuelles. Oui, sa « transparence » mise en avant et sa volonté d’une « application intelligente et dynamique du pacte de stabilité » méritent d’être louées, au moins jusqu’en…septembre. Oui, surtout, par sa présence même, sans précédent, dans cette enceinte qui rêve de devenir un vrai gouvernement économique et monétaire de la zone euro, Sarkozy a démontré un activisme dont l’Union a bien besoin.

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Sarko, le « Monsieur 100 000 volts » de l’Union ! Qui se moquait de son coté « lapin Duracel », de son aspect « hyperactif non soigné », de sa « libido communicationnelle »? Son dynamisme est communicatif et sa confiance est contagieuse...

Il suffisait de voir Jean-Claude Junker, d’ordinaire si luxembourgeoisement sobre faire éclater sa joie. Heu-reux, le premier ministre du  Grand Duché, président en exercice de l’Eurogroupe ! «Je suis content…Je suis rassuré…J’ai confiance… La France ne sera plus jamais le pays de l’immobilisme ».

Ceux qui connaissent un peu Junker savent qu’il en a rajouté un peu. Diplomatie oblige. N’avait-il pas été l’un des plus émus pendant les adieux de Chirac à l’Europe ?

Ce fervent Européen déçu des pannes actuelles connaît trop les hommes et les institutions pour ne pas forcer le trait quand les circonstances l’exigent. Surtout quand, à travers une personnalité aussi volubile et subtile que celle de Sarkozy, il voit une occasion de relancer une machinerie bien grippée…

Junker savait surtout que, ce soir, c’était à lui de donner le « la » du soulagement et de l’espoir. Après les critiques (sérieuses) formulées contre les positions de Sarkozy par certains de ses partenaires (le ministre allemand en tête) et avant les « rappels à la rigueur » que la Commission, dans son rôle, ne manquera pas de faire dès ce matin entre deux phrases chaleureuses pour ce  Français qui joue si bien aux grands qu’il sait faire oublier et sa taille et l’énormité des problèmes de dettes de son pays…

33b52e9a5d58b04c97f3339970d372d4.jpgLa banque centrale

Il savait aussi, Jean-Claude Junker, que ses débordements de satisfactions allaient faire « avaler » à Sarkozy  quelques sujets de mécontentements… Car sur le fond, Sarkozy n’a guère fait bouger les lignes.

Euro « fort », indépendance de la banque centrale, politique industrielle « musclée », retour à une « préférence communautaire » au parfum de protectionnisme : rien de nouveau sous le ciel plein de nuages… Même la proposition sarkozyenne d’un Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement consacré à la politique économique et monétaire a été écoutée, poliment, mais n’a pas été entérinée : il est vrai que ce n’est pas à ce niveau qu’une telle décision peut-être prise et que Sarkozy pourra toujours la relancer au prochain Conseil européen.

Ce sera un effet d’annonce de plus…Et son succès apparent lui permet de ne rien dramatiser : « Sur la politique monétaire, j'en ai brièvement discuté avec mon ami Jean-Claude Trichet, nous ne sommes pas exactement sur la même longueur d'onde », a-t-il lâché, sourire en coin,  comme pou montrer qu’il sait, aussi, manier la litote…  

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« Je fais de la politique », se plait à répéter Sarkozy. Il n’est pas le seul. Junker en fait aussi. Dans son style. Mais qui s’en plaindra ? La « construction européenne » est d’abord une affaire politique. Sur ce point, Sarkozy a pleinement raison. Mais la politique, elle se juge aussi et surtout sur les résultats, pas seulement sur les… paris.

De ses dettes, la France devra bien s’en défaire. Pas seulement pour que l’Union européenne conserve sa crédibilité, mais pour que les Français vivent mieux…On ne pourra pas longtemps se laisser bercer par des phrases du style : « Il faut savoir faire des dépenses pour faire des réformes et il  faut un peu de temps pour que les réformes génèrent des économies »…

Daniel RIOT

 
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