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21/10/2007

ECOLES : La journée de Môquet ou de…Guaino ?

« Alors cette lettre de Guy Môquet, vous la lisez ? »… Comment ne pas comprendre les hésitations ou les refus des enseignants de la République qui n’ont pas à subir et à faire subir à leurs élèves (en bien ou en mal) les caprices, les coups de cœur ou les phobies d’un Président qui a été élu pour diriger la France mais non pour jouer les maîtres de lecture, rendre la justice sous un chêne, ou imposer une morale de vie…

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L’initiative de Sarkozy pour son investiture était on ne peut plus respectable. J’ai eu les larmes aux yeux en écoutant cette cérémonie bien orchestrée par Max Gallo : les symboles nationaux ou autres n’appartiennent qu’à ceux  qui savent en prendre la mesure.  Mais pourquoi imposer ce texte, tel une page d’un catéchisme, dans les classes, le même jour à la même heure… A quand le retour à la prière matinale pour la Patrie et son chef ? « Maréchal, nous voilà …vaccinés » !

Le sentiment national (et européen) doit effectivement être développé dans les écoles. Comme les règles du « Vivre ensemble ». Comme l’apprentissage du respect de soi et des autres (y compris des différents, des « étrangers ». L’instruction civique peut et doit recouvrer toute sa place. Comme l’Histoire, base de toute culture. Comme tant d’autres disciplines abandonnées, négligées ou mal pratiquées : la récitation, le calcul mental, les analyses de texte et d’image, la grammaire, l’art du bien écrire et du bien parler, l’organisation de nos sociétés et de nos institutions. Elémentaire ? Dès le primaire…

Mais, de grâce, un peu de pudeur dans la communication officielle autour de tout ce qui fait « l’âme de la France », pour reprendre le titre du livre de Gallo qui a été tellement pillé pendant la campagne présidentielle par la « plume » de Sarkozy, Henri Guaino, ce « négro de la République » selon son dernier surnom bien trouvé !

On oublie à l’Elysée (et ce n’est pas vrai que pour l’éducation nationale ») qu’une « vérité officielle », est officielle, non véritable… Déjà, Bernard Laporte, cette caricature de « Sarkoman », a franchi la ligne jaune du ridicule en imposant la lecture de la lettre de Moquet dans les vestiaires du XV de France… Contre les Anglais, il aurait dû implorer Jeanne d’Arc, ce « gagneur » perdant !

Face  aux troubles, aux réticences et aux refus d’obtempérer des enseignants (qui ne sont pas tous « de gauche », « corporatistes », « conservateurs »), c’est la « plume » de Sarkozy qui sort son flingue.

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Mais de quoi se mêle-t-elle cette « éminence  grise »  qui fait de plus en plus tache noire sur notre tapis « bleu, blanc, rouge » ?  « Tout ça est très triste mais amène à s’interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l’éthique et les devoirs d’un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants », ose clamer sur RTL ce populiste qui enfile des habits de  maître à penser de la France d’aujourd’hui ?

Etre traité de « petit con prétentieux » par ce collectionneur de citations qui se prend pour un intellectuel cultivé a été pris comme un véritable hommage  par Bernard-Henri Lévy. Il a raison BHL. « Nos jugements nous jugent » redirait Paul Valéry. Et les lambris dorés du pouvoir ne transforment pas en rivière de diamants la bave des crapauds. 

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Il n’y a pas que la solitude qui peut être « poisseuse ». L’inspiration peut l’être aussi…Surtout chez des « plumes » qui ont plus de verve que de verbe, de tripes que de cervelle, de (faux) savoirs que de (vraie) culture.

Il est vrai que par rapport à d’autres « flèches » qui brillent à la Cour, Guaino l’habile, peut nourrir quelques sentiments de supériorité… « J’existe, donc je parle », dit-il. Voilà qui nous permet au moins de lui répondre : Son drame, sans doute, c’est « qu’il n’est pas assez entré dans l’Histoire », qu’il «  vit avec les saisons » et  «  ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». Dans son « imaginaire où tout recommence toujours », y a-t-il une place «  pour l’aventure humaine » et «  pour l’idée de progrès. » ?

Selon Yasmina Reza, le Président le juge indispensable parce qu’il est « fêlé ». Tout est dit, en effet. Ou presque. Un « fêlé » à l’Elysée, ce pourrait être drôle : le retour du fou du roi… Mais ce rôle est trop étroit pour ses prétentions : c’est en fou de la République qu’il fait (et peut faire) des dégâts. Il paraît que le secrétaire général de l’Elysée, (qui est sérieux, lui,) en a conscience. Tant mieux.

Daniel RIOT

07/10/2007

Le journalisme à l’ère électronique : Radiographie d’une crise

1d00750168cce5cf8e77aefce660ba1c.jpgAncien éditorialiste rigoureux du « Républicain Lorrain », homme de culture et de réflexions, passionné par tout ce qui fait vraiment bouger le monde (il a mis en place la Webradio d’arte), auteur (apprécié) de « Communiquer par l’image », Alain Joannès vient de publier un ouvrage à plusieurs dimensions. Qui vaut lecture et méditation non sur le « cyberjournalisme »  mais sur le journalisme à l’ère électronique.

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Ce manuel (à mettre en toutes les mains, et pas seulement entre celles des étudiants en journalisme) est riche d’infos pratiques, de conseils en tous genres, de ces mille et un « trucs » qui sont indispensables si l’on veut bien tirer parti de ces nouvelles technologies qui ont  révolutionné les circuits de l’information sans que l’on prenne pleinement conscience des conséquences de cette révolution. Tout va trop vite. Et trop est trop en tout. Gutenberg dépassé par Mac Luhan, bien sûr…mais ce dernier est déjà dépassé lui-même !

Nous voici tous des « medianautes » « multicanaux ». Et la grande mutation est loin d’être terminée : les « neurotechnologies » commencent seulement leur règne. L’être parlant, donc « communiquant », y trouvera de nouvelles sources d’épanouissement ou d’étouffement, de progression ou de régression, de libérations ou d’aliénations.

Stupides de se montrer  technophobe ! Il importe de maîtriser pour ne pas être écrasé. Pour ne pas subir les effets pervers de cette déstructuration de notre perception du temps et de l’espace qui est déjà la marque de cette  ère où « l’homo sapiens sapiens » est d’abord un « zappanthrope » pour reprendre un mot de Castoriadis.

C’est en cela que ce manuel est aussi et surtout un ouvrage de réflexions. Sur le rôle nouveau du journaliste, ce « passeur » professionnel, et sur les attitudes, les comportements, les moyens d’informer et d’être informés de tous les citoyens.

Car le droit de l’information n’est pas qu’un droit de la presse : il est un doit d’informer et d’être informés. Un droit de savoir. Puisqu’il n’est point de démocratie sans connaissance. Sans ces éléments d’appréciations qui permettent de dépasser les préjugés, les a priori, les réflexes, les idées reçues et de ne pas être victimes de « l’air du temps », des « pensées uniques », des « pensées dominantes », des clichés en tous genres,   des conformismes anesthésiants ou paralysants, des drogues de la paresse, toute cette « propagande au quotidien ».

Un constat essentiel dans cette perspective : Joannès met bien en relief une caractéristique national que nous ne reconnaissons pas assez, l’inforexie des Français. « L’inforexie est à l’information ce que l’anorexie est à l’alimentation ; un manque d’appétit ». Et un manque d’exigence. D’où le primat de l’émotionnel, la force des rumeurs, la puissance des imprécisions, le culte de la superficialité, le moule des conformismes (ce qui ne date pas d’aujourd’hui !).

La sur-information décrite si souvent masque une réelle « sous-information » qui favorise bien des  « des-informations ». Avec des écrans qui font écran !

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De cette « inforexie », les journalistes (« métier à reconfigurer », en effet !) sont à la fois responsables et victimes. Par paresse et conformisme, par « engourdissement corporatiste », par routine et mélange des genres, par oubli de l’essentiel : ce ne sont pas les « tuyaux » qui comptent, mais ce que l’on met dedans, ce que l’on y fait couler.

Or, les nouvelles technologies ne changent rien à ces « fondamentaux » du journalisme trop oubliés sur nos scènes d’ « info-spectacle », sur nos usines d’ « info-marketing », sur nos magasins d’ « info-divertissement »,   où le présupposé « intéressant » prime sur le pré-analysé « important ».

Ces « fondamentaux » se résument en quelques mots qui forment une chaîne (laquelle par définition n’a que « la force de son maillon le plus faible »):   recueillir, vérifier, décrypter, analyser, structurer,  hiérarchiser, mettre en perspectives, formuler et diffuser. Les technologies nouvelles favorisent chacun de ces fondamentaux, mais tout (ou presque) se passe comme si elles les affaiblissaient, ce qui est un comble ! Sans doute parce que le  « rich media » exige le respect d’autres « fondamentaux » : ceux des « éducateurs », des « instituteurs », des « professeurs ». Dans information, il y a FORMATION.

Merci à Alain Joanès pour cette brillante contribution qui trouve son prolongement sur internet, évidemment, avec un blog ! http://www. journalistiques.fr

Daniel RIOT 

LE LIVRE >>>>>>>>>

  LE BLOG ET LES LIENS >>>>>>

28/05/2007

Mixité sociale, égalité des chances: La force de l'Ecole

La bataille de la carte scolaire

medium_c_c.13.jpgLe ministre de l'Education Xavier Darcos confirme qu’il  veut supprimer progressivement la carte scolaire dès la prochaine rentrée :

"La carte scolaire a été créée il y a 40 ans dans une France qui n'a plus grand chose à voir avec celle d'aujourd'hui: c'était une France en pleine croissance démographique dans laquelle on construisait un collège par jour". Mais "la construction des grands ensembles a créé, à la périphérie des villes, des quartiers aux conditions sociales très dégradées qui n'existaient pas au moment où la carte scolaire a été instaurée". Ce système "ne fonctionne pas dans les quartiers où le besoin de mixité sociale est plus fort que dans les autres".

Que le système ne fonctionne pas bien, c’est un fait. Qu’il faille le réformer, c’est certain.  Mais pourquoi le supprimer ? Et surtout par quoi le remplacer ? Il y a (pour le moins) un paradoxe à vouloir la  « suppression pure et simple de la carte scolaire » en raison d’un « attachement à la mixité scolaire".

La fédération des parents d’élèves  FCPE, première fédération de parents d'élèves a appelé à "aller au-delà de la résistance" pour préserver face au gouvernement "la laïcité et le service public d'éducation".

Faride Hamana,  président de la FCPE, rappelle avec force quelques valeurs à défendre : la laïcité, l'enfant au coeur du système éducatif, l'attachement viscéral au service public d'éducation". Et a insisté : la suppression de la carte scolaire entraînera "la possibilité d'être librement choisi par le chef d'établissement" et sera "la voie ouverte (au) règne de l'arbitraire". "Derrière le discours sur la liberté de choix se dissimule un discours moins noble qui est celui d'éviter que ses propres enfants fréquentent la même école que ces enfants défavorisés"

Ces valeurs et cet attachement au principe  de la carte scolaire sont au cœur du projet Bayrou. Le Président-fondateur du Modem l’a redit aujourd’hui à Tour. Cette suppression (autres conséquences négatives) aboutirait  "à trier sur recommandations ou sur dossiers scolaires avec pour conséquence un déclassement d'un certain nombre d'établissements".

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En rappel des extraits de déclarations de François Bayrou avec lesquelles je suis complètement d’accord :

>>>>   Il faut repenser la carte scolaire pour l’ égalité des chances : en défendre le principe, lui redonner son sens. Là où plusieurs établissements sont identiquement accessibles, il faut construire des réseaux et ouvrir aux élèves, peut-être aussi aux enseignants, la possibilité d’accéder à tous les établissements du réseau.

La carte scolaire signifie l’obligation que s'impose l’Éducation nationale de garantir cette égalité des chances. Je sais très bien que c’est un idéal, mais je revendique cet idéal.
La France a relevé ce défi pendant des décennies. Ce défi relevé a été la chance de millions de jeunes Français qui ont découvert à l’école des horizons qui, autrement, leur seraient demeurés fermés. Ce n’est pas parce que cette obligation n’est pas satisfaite aujourd’hui, qu’il faut y renoncer. Au contraire !

>>>>> Donnons un égal accès à tous les établissements aux filières d’excellence, au lieu de créer des filières de ‘discrimination positive’ alibi (et conservons un volant de places offertes à un concours national ou académique pour ne pas pénaliser à rebours les bons élèves). Dès lors, chaque famille, au lieu de chercher une grand-mère ou un collatéral dans le 5ème arrondissement, cherchera la même grand-mère ou le même collatéral dans un lycée provincial ou de banlieue.

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À tous les collégiens de tous les quartiers, de toutes les petites villes qui forment la France républicaine, nous devons, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur situation sociale et de fortune, quelles que soient leurs relations, nous devons les chances de réussir aussi bien que dans les 6e et 7e arrondissements de la capitale.

>>>>> Le grand corps qu’est l’Éducation nationale a besoin d’autonomie à tous les niveaux, de gestion des ressources humaines, de co-responsabilité, de concertation transparente avec les femmes et des hommes qui font vivre l’Éducation nationale. Et les étudiants candidats au Capes ou à l’agrégation ont raison de le dire : nous ne pouvons pas jouer les recrutements à l’accordéon. Je suis partisan d’une loi de programmation sur dix ans des recrutements

La bataille qui s’annonce autour de la « Carte scolaire » ne doit pas se résumer en un POUR OU CONTRE sa suppression, mais en un débats sur les REFORMES à mettre en chantier pour améliorer la situation de l’Ecole en général et des écoles en particulier.

L’égalité des chances se forge là si l’on sait dépasser les vraies frontières internes qui naissent des tatouages sociaux qui ont été trop souvent généré par des mesures mal préparées, mal décidées et mal appliquées.

Une suppression de la carte scolaire dans la précipitation engendrerait plus de régressions que de progrès en termes de mixité sociale et de promotion sociétale.

Chantal CUTAJAR

SONDAGE Les Français favorables au maintien de la carte scolaire

54% des Français sont favorables au maintien de la carte scolaire, principe selon lequel un enfant est inscrit dans un établissement en fonction de son lieu d'habitation, selon une étude de l'Ifop publiée par Dimanche Ouest France, alors que 43% prônent sa suppression. 3% ne se prononcent pas.

Outre la question principale sur maintien ou suppression, l'étude Ifop-Ouest France présente plusieurs affirmations relayant les critiques souvent entendues à propos de la carte scolaire.Ainsi, 74% des sondés se disent plutôt d'accord avec l'affirmation selon laquelle "beaucoup de familles contournent déjà la carte scolaire et s'arrangent pour inscrire leurs enfants dans de bons établissements".

Sondage réalisé auprès de 1.009 personnes interrogées par téléphone ou à leur domicile les 24 et 25 mai. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas.

 
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