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02/09/2008

RUSSIE-EUROPE:RENFORCER LE CONSEIL DE L'EUROPE


Editorial RELATIO-EUROPE de  Daniel RIOT

>>> La diplomatie n'est pas du body building

>>> Mieux distinguer l'Union de l'OTAN

>>> Comprendre les peurs et les aspirations russes

>>> Les frontières entre l'UE et la Russie ne doivent pas être des lignes de front

Soyons clairs . KOUCHNER a raison sur un point, au moins :  « l'Union européenne n'a jamais pesé autant dans le développement d'une crise internationale ». Un « événement historique » n'hésite pas à dire le politologue Dominique REYNIER.. Tant pis pour ceux qui pensent que l'Union est restée unie...par défaut, et seulement pas par intérêt « énergétique »...et par faiblesse

Sarkozy n'a pas tort de vouloir se dégager des réflexes de  confrontation hérités de la « guerre froide », des engrenages « sanctions-contre sanctions », de la rhétorique des rodomontades, des menaces, des dents montrées.. La construction européenne exige des muscles, des vrais. Elle n'en a pas assez d'ailleurs. Mais elle s'est faite contre les réflexes de « rouleurs de mécaniques », de « montreurs de biceps », de gonfleurs de pectoraux . La diplomatie n'est pas du body building.

26/08/2008

Ossétie/ Abkhazie: Moscou franchit le pas

Dmitri Medvedev n'a "peur de rien", pas même d'une nouvelle "guerre froide" PDF Imprimer Email

LE GRAND DÉFI

Par Daniel RIOT

Et maintenant ? Jusqu'où ira l'escalade vers une nouvelle « guerre froide » ? C'est une deuxième secousse sismique géopolitique mondiale après le séisme géorgien.

Tbilissi était responsable du premier tremblement. Moscou doit assumer pleinement ce qui incontestable un coup de hache dans le droit international, une rupture des engagements de bonne conduite prise par la Russie en entrant dans la « famille » du Conseil de l'Europe. Et une provocation aux conséquences sans doute calculées mais difficiles à prévoir en détail et à maîtriser.

Un grand défi. Comme l'Europe n'en a pas connu, pas même dans les Balkans, depuis la chute du Mur...

01/08/2008

Pas de vacance sur RELATIO-EUROPE:

Karadzic et les « arrangements » américains : De l'éthique en diplomatie... PDF Imprimer Email
Vendredi, 01 Août 2008 11:59

L'éditorial de Daniel RIOT pour Relatio-Europe

Ceux qui se prétendent réalistes ont souvent une très  mauvaise perception du réel. Et la réalpolitik qui autorise tous les cynisme et toutes  les pratiques amorales ou immorales, au nom de bonnes intentions mal servies par des intérêts mal évalués à court terme conduit souvent à des catastrophes.

 La nouvelle « affaire Karadzic » qui est d'abord un  nouveau « scandale yankee » en est une nouvelle illustration. Vieilles questions de la « fin et des moyens », du « pardon » et du « repentir » politique, de « la morale et  de l'efficacité » en matière de Justice et des « sales boulots » de la diplomatie secrète.

 

 
La Serbie reste le volcan des Balkans PDF Imprimer Email
Vendredi, 01 Août 2008 12:54

par Noëlle Lenoir

(Sélection RELATIO  sur EUROPE, mon beau souci) L'arrestation de Radovan Karadjic, de sinistre mémoire, deux semaines après l'investiture du nouveau gouvernement pro-européen à Belgrade, n'est certainement pas le fruit du hasard.

La signification  de cette arrestation est double:

1. D'une part, après treize ans de cavale de l'un des deux criminels de guerre les plus recherchés en Europe (avec son acolyte Radko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie), elle donne rétrospectivement raison à la Procureure du Tribunal Pénal International de l'Ex-Yougoslavie, à savoir que l'intéressé a bénéficié de complicités pour se cacher, et surtout qu'il était protégé par l'inertie du gouvernement serbe nationaliste en place jusqu'aux élections de juin 2008.

2. D'autre part, l'évènement traduit la détermination et le courage du nouveau Président Boris Tadic qui avait nettement fait campagne voici quelques mois pour la démocratie et pour l'Europe, avec pour slogan: "Pour une Serbie Européenne"

Il faut en effet parler de courage s'agissant de Boris Tadic et du nouveau gouvernement serbe !

 
Quand la Chine dit « NON » : Les Jeux olympiques (et « l'Occident ») à reculons... PDF Imprimer Email
Mercredi, 30 Juillet 2008 18:00

L‘éditorial de Daniel RIOT

« La Chine peut dire Non »...Qui ne le savait pas ? Nous étions prévenus depuis 1995, date de publication d'un essai de Song Qiang, qui portait ce titre et qui,  diffusé à des millions d'exemplaires et célébré par les autorités chinoise, a été  comme un livre annonciateur d'une nouvelle ère. Une ère qui est couronnée par les JO de cette année 2008. Parce que le CIO a dit Oui.

Parce que les Chinois savent que la « grande puissance émergente » qu'elle est sait utiliser au maximum ce qui a fait la force mais fait  la faiblesse actuelle de l' « Occident » :le décalage entre les principes et les valeurs proclamées et les actes, ce « cynisme voyou » habillé de vertus qui se retourne contre lui.

 
L'OMC en échec : Attention à la résurgence des protectionnismes ! PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 22:19

Par William PETITJEAN

Echec. Le mot est tombé, ce mardi soir,  de toutes les lèvres. Gravement. Sur les vingt points qui restaient à régler à l'OMC à Genève, 18 avaient trouvé une solution, ou presque. Le 19 ième  s'est soldé par un « accord impossible » . Comme ce type de « paquet » (qui aurait du être soumis à 135 pays de l'OMC) doit être accepté en bloc ou refusé, c'est bel et bien l'échec.

Le cycle de Doha qui aurait du être achevé en ...2004  se termine donc en que de poisson. Et personne ne se hasarde à faire un pronostic sur une reprise éventuelle des discussions.

Pas de Plan B avant les élections américaines, de toutes manières ...Avec une menace à l'horizon : la résurgence d'un protectionnisme qui aggraverait la situation au lieu de l'améliorer.

La responsabilité est sans doute collective, comme le souligne Mandelson, le Commissaire européen. Mais la facture ne sera pas également partagée...  

Sans doute, l'absence d'accord est-elle préférable à un mauvais accord. Mais cela n'est en rien une consolation. La proposition finale de Lamy (notre photo) n'était d'ailleurs pas un « mauvais accord ». L'analyse publiée à la suite de cette note le montre bien : l'Union aurait pu et du en tirer profit et parti

 


 
Idées : Les « invariances » de Jean-François Kahn face au "Changement", à la "Rupture", à la "Réforme" PDF Imprimer Email
Mercredi, 30 Juillet 2008 15:12

Par Monique CHARLES

NON !  Non au   CREDO QUIA ABSURDUM...

Car il y a de l'absurde ! Absurdes, en effet, les concepts au singulier et en majuscules. Concepts boursouflés, proférés comme des vérités massives et dynamiques. « Autant d'aberrations », (p. 7) soutenues par l'illusion simplificatrice d'une création possible ex nihilo, ou par le fantasme figé de changements radicaux sous l'impulsion de brutales et spectaculaires césures,  de ruptures oblitérant le passé. Tels sont justement les concepts brandis à voix forte et médiatique : le Changement, la Rupture, la Réforme...

Le changement ? « Comment on y va... », Jean-François Kahn[1] entend nous le faire entendre d'abord en nous conviant à changer notre manière de penser et d'examiner le monde par oppositions tranchées et binaires, voire par « exaspérations des antagonismes ». (p. 37),  seulement lancés en l'air, sans aucun enracinement possible dans le réel politique, social, économique.

 
Légitimité et légalité : La démocratie, le droit et la laïcité à l'épreuve en Turquie PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 09:34

L'éditorial de Daniel RIOT pour Relatio-Europe

Une Cour constitutionnelle peut-elle interdire un parti qui ayant démocratiquement gagné des élections assume logiquement et légitimement le pouvoir ? Une question intéressante. Pas seulement pour les juristes. Une question qui place la Turquie dans une situation difficile, cette semaine.

En droit, la Cour constitutionnelle turque est tout à fait dans son...droit.

L'état de Droit tel qu'il en Europe se caractérise par le primat du droit en tout, sur tout et pour tout, y compris contre une opinion ou un gouvernement qui ne respecterait pas la lettre et l'esprit des  constitutions en vigueur. Les instances nationales sont d'ailleurs complétées, dans l'espace démocratique paneuropéen, par des structures supranationales : la Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg en particulier.

 

 
Lutte contre le Sida : Des progrès ...mais alerte maximale en Russie et en Ukraine PDF Imprimer Email
Mercredi, 30 Juillet 2008 01:36

Par Jacques DEHAIRE

On aimerait s'en réjouir. Selon L'ONUSIDA, qui vient de publier son rapport bi-annuel,  l'épidémie de sida marque le pas, avec une baisse des décès et des personnes nouvellement infectées. Mais ce constat est plus un encouragement en faveur d'un renforcement des actions en tous genres et à tous les niveaux qu'un motif de satisfaction. Ce fléau (qui atteint près de 33 millions de personnes recensées) reste à un niveau inacceptable et scandaleux. Et l'avenir de la pandémie est incertain. Un point particulièrement noir : la Russie et l' Europe orientale (l'Ukraine, notamment).  

 


 
La corruption peut être le poison mortel de l'Europe ! PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 23:25

Par Noëlle Lenoir

(Sélection RELATIO-EUROPE sur le CERCLE DES EUROPEENS)

La Commission européenne a finalement adressé à la Bulgarie et à la Roumanie un avertissement en leur demandant de lutter plus efficacement contre la corruption. Elle a même décidé de sanctionner la Bulgarie en la privant de quelque 800 millions d'euros retirés du programme PHARE (instrument de préadhésion destiné à aider les pays d'Europe centrale et orientale à intégrer l'acquis communautaire et à adapter leur industrie au nouveau contexte du marché)

La sanction aurait pu être plus sévère. La Commission européenne ne touche pas aux fonds structurels, en effet, tels que les fonds de cohésion qui sont indispensables à la réalisation des infrastructures dont les pays entrants ont besoin pour rattraper leur retard de développement. Mais cette sanction a une très grande portée politique. Dans son rapport du 23 juillet 2008 "sur les progrès réalisés par la Bulgarie au titre du mécanisme de coopération et de vérification", la Commission rappelle que les fonds communautaires "sont l'expression concrète de la solidarité de l'Union envers la Bulgarie" et qu'"il est de l'intérêt de tous qu'ils servent à aider les régions les plus défavorisées de ce pays".

 
Que l'Europe domine ses doutes! PDF Imprimer Email
Mardi, 29 Juillet 2008 18:13

AU CARREFOUR DES IMPASSES...

Par  Francis Rosenstiel

Bien que nous sachions  par expérience qu'en politique rien n'est jamais désespéré, le "moment" sur la scène internationale paraît singulièrement préoccupant, tous continent et régions confondus.

Mais, ne dit-on pas aussi  que" le politique a horreur du vide"?

Cependant  que signifient vide et trop-plein en la matière?

Déserts et immersions souvent se rejoignent dans ces paysages déroutants!

L'Opinion, pour autant que cela existe, aspire à un sentiment de paix, si ce n'est par conviction, c'est pour le moins par lassitude. Encore faut-il reconnaître que la société hyper-médiatisée où nous vivons ne favorise guère les torpeurs prolongées!

La scène internationale ne baisse jamais le rideau pour cause d'inventaires; elle ne connaît pas davantage d'entr'actes, ou de fermetures pour cause de  maladies ou de convalescences, sachant que les remèdes des uns sont rarement ceux des autres. Pas même l'ONU n'est une pharmacopée universelle!

 

25/07/2008

L'Europe au service d'un nouvelle gouvernance mondiale

Sur relatio-europe.eu

Union européenne-Afrique du Sud : Vers des « sommets » d'un nouveau genre ? PDF Imprimer Email
Vendredi, 25 Juillet 2008 14:06

Par Jacques DEHAIRE

Le premier sommet entre l'Union européenne et l'Afrique du Sud, qui se tient aujourd'hui à Bordeaux, est aussi le premier entre les Vingt-sept et un pays tiers organisé par la présidence française de l'Union. Il est, pour les présidents Nicolas Sarkozy et Thabo Mbeki, ainsi que pour celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, l'occasion de faire le bilan du partenariat stratégique lancé en mai 2007. Mais l'événement appelle des réflexions plus larges. Sur la place que l'Europe peut et doit jouer dans la gouvernance d'un  mode multipolaire. Sur la nature m^me que les sommets de ce type devraient et peuvent avoir.

 

08/11/2007

Sarkozy aux USA : un ego flatté, mais une musette politique vide

Commentaire Daniel RIOT pour RELATIO- « Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique, et reconquérir le coeur de l'Amérique de façon durable ». Mission réussie pour Sarkozy qui a du penser à ce que son père lui disait : « Avec tes qualités et le nom que tu as, tu ne réussiras qu’aux Etats-Unis ». En France, il a réussi, le petit Sarkozy, avec la Marseillaise en illustration sonore de son « rêve américain ».

Bonne communication, couverture médiatique chaleureuse, excellente allocution « à l’américaine » avec poncifs en chapelet et lieux communs en double couche, et avec des silences sur tout ce qui peut faire mal ou chatouiller les narines (sur l'IRAK, notamment!) ,  des « standing ovations » au Congrès : il en rêvait… Il l’a fait !

Ils se sont levés plusieurs les « amis américains » du Congrès, les républicains comme les démocrates !  « Standing émotions »…

Mais concrètement, quels résultats de cette visite officielle ? Une entorse à l’une de ses promesses électorales : Il a promis aux Américains de rester en Afghanistan. Sur l’Iran, les deux présidents parlent en gros d’une même voix, en privilégiant la concertation. Mais ce n’est pas nouveau. Pour le Liban, Bush suit Sarkozy sur le principe d’une discussion avec la Syrie pour qu’elle n’interfère pas dans le processus électoral. Mais cela non plus n’a rien de neuf.

Alors ? Alors rien… Du moins rien de visible. Le président américain n’a rien dit sur le climat, rien sur le dollar super-fort, rien sur les réformes par la France souhaitées du FMI, du G8, de l’ONU et d’autres organisations qui permettraient de songer à un « ordre international » méritant son nom.  Et surtout rien sur la reconnaissance de l’importance de l’Europe de la défense, le sujet par excellence sur lequel Sarkozy l’attendait…

Notre Président n’avait-il pas dit   qu’il ne reviendrait pleinement  dans les structures intégrées de  l’Otan que si Bush reconnaissait cette « Europe de la défense » ? Ce but là, sauf secret diplomatique bien gardé, n’est pas atteint. Bush a répondu aux élans du cœur en conservant toute sa tête. Autant dire que Sarkozy revient en France avec un ego  flatté, mais une musette politique vide. Suivons maintenant la visite aux Etats-Unis d’Angela Merkel…

Daniel RIOT

03/10/2007

S.O.S CONSEIL DE L’EUROPE ? Inconscience des gouvernements…

"Sauver le Conseil d'un naufrage programmé"! 

D’entrée, en ouvrant la session de l’Assemblée, le président Van Linden avait mis les points sur les « i » : Le Conseil de l’Europe est dans une très mauvaise passe. Pour des raisons budgétaires et en raison d’une inconscience des gouvernements pour qui « l’Europe » est d’abord l’Union européenne ou n’est que cette Union. Aujourd’hui, les parlementaires vont lancer un vrai SOS.

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Seront-ils écoutés ? Il faut l’espérer. Comme le dit très bien M. Junker, le premier ministre luxembourgeois, « si ce Conseil de l’Europe n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Ce ne sont pas les fidèles de RELATIO qui diront le contraire.

C’est en mettant en relief « La dimension politique du budget du Conseil de l’Europe » par l’examen d’un rapport de Paul WILLE (Belgique, ADLE), au nom de la Commission des questions économiques et du développement que ce S.O.S va être lancé.

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Résumé de ce rapport : « Le Conseil de l’Europe connaît la plus grave crise de son histoire. La Cour européenne des Droits de l’Homme est asphyxiée par le nombre de requêtes des citoyens européens. Ses moyens actuels restent insuffisants pour lui permettre de faire face à ses obligations. Aussi, le budget de la Cour est-il en progression constante année après année (la Cour représentait 20% du budget ordinaire en 1999, 33% en 2006). Jusqu’en 2005, les Etats membres ont accordé des crédits supplémentaires à cette dernière tout en maintenant les budgets des autres secteurs d’activités du Conseil de l’Europe.

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Aujourd’hui, tel n’est plus le cas et les besoins additionnels de la Cour sont compensés, en partie, par une réduction des moyens financiers mis à disposition des autres secteurs d’activités. Les gouvernements, en n’assumant pas leurs responsabilités et en condamnant à une mort lente tous les autres secteurs d’activités, prennent le risque de compromettre le rôle politique du Conseil de l’Europe dans la construction européenne et, en fin de compte, de saborder l’Organisation tout entière.

Selon la Commission, l’Assemblée, conscience démocratique de l’Europe, a le devoir de réagir fermement pour sauver le Conseil de l’Europe d’un naufrage programmé »

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Lors de son discours d’ouverture, le président VAN DER LINDEN avait notamment déclaré :

« Notre Organisation, unique en son genre, est dotée d’instruments et de mécanismes originaux et possède une expérience et une expertise inégalées dans ses activités essentielles, qui concernent la démocratie, les droits de l'homme et l’état de droit.

Je suis cependant de plus en plus préoccupé par la situation dans laquelle se trouvent l’Assemblée et les autres organes indispensables du Conseil de l'Europe. Le plus grand problème que connaisse notre Organisation, c'est l'attitude de ses Etats membres à l'égard du budget.

Bien entendu, le Conseil de l'Europe doit être géré de manière responsable et dans le souci d’éviter le gaspillage. Mais si la seule priorité claire du management, c’est de réduire les coûts, la qualité de notre travail s’en ressentira forcément. Je suis convaincu que les Etats membres sous-estiment beaucoup nos activités et notre potentiel.

Nous courons un risque très réel d’entrer dans un cercle vicieux de restrictions budgétaires suivies de critiques sur la qualité de certaines activités sous-dotées, qui entraîneront de nouvelles restrictions.

Compte tenu de cette attitude, il est d’autant plus absurde que l’Union européenne – dont les membres forment maintenant une majorité au Conseil de l'Europe – juge bon de créer une Agence des Droits fondamentaux parfaitement inutile.

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Il était évident dès le départ que les risques que les activités de cette Agence fassent double emploi avec celles du Conseil de l'Europe seraient bien plus importants que les chances que l’Agence apporte réellement la moindre valeur ajoutée.

Si la défense des droits de l'homme est une vraie priorité pour les Etats membres – et pas seulement un prétexte pour faire de grandes déclarations – ils doivent mettre leurs actes en conformité avec leurs paroles et investir leur argent là où il sera le mieux utilisé, c'est-à-dire au Conseil de l'Europe. »

LE CONSEIL DE L'EUROPE EN BREF >>>>>>>>>>

28/07/2007

La première contre-performance diplomatique de Sarkozy

Leçon d’une mini tournée : Apprendre à mieux connaître l’Afrique

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Trop, trop vite, trop maladroitement… En politique étrangère, le « Super Président hyperactif et omniprésent » vient de recevoir quelques coups et quelques leçons qu’il aurait tort de prendre par le mépris ou la rigolade…Sa mini tournée africaine est en fait sa première contre-performance diplomatique.

 

Il en fait trop. C’est évident. Et cela le fatigue. Cela se voit. Cette manière de presque s’endormir en conférence de presse  n’est pas qu’un manque de courtoisie à l’égard de ses hôtes. C’est une alerte médicale…

Il agit trop vite. Sa précipitation à aller embrasser Kadhafi est plus condamnable que sa volonté (dictée par le simple réalisme) de normaliser les relations avec une Libye qui joue effectivement un grand rôle (pour le meilleur et pour le pire) au Moyen-orient, dans le bassin méditerranéen et en Afrique. « La hâte manifestée par le président de la République laisse un goût amer. M. Sarkozy voulait introduire de la morale dans la politique étrangère. Le cas libyen constitue au minimum un contre-exemple  Konaré critique violemment Sarkozy », souligne Le Monde.Un commentaire plutôt aimable par rapport à d’autres...

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Avec Bongo, "le doyen"

Cette précipitation qui se traduit par un « cavalier seul » érigé en règle de (mauvaise) conduite inquiète nos meilleurs alliés, partenaires et amis, les Allemands. Et c’est grave… Pour l’Europe, bien sûr, mais d’abord et surtout pour la France

Il agit trop maladroitement. Sa mini-tournée africaine a été un vrai festival de bévues, d’indélicatesses, de bourdes. Rien de dramatique, mais comme on sait, « le diable se cache dans les détails »…Son discours de Dakar a suscité un vrai tollé qu’il avoue publiquement …ne pas comprendre. C’est très mauvais signe… D’abord ce qui est dit est dit et on se demande pourquoi il éprouve en permanence ce besoin de se justifier, même quand il est peu justifiable. Ensuite, ce maître ès communication devrait se  souvenir que l’essentiel n’est pas ce qui est dit mais ce qui est entendu.

Or, ce qui a été entendu révèle une coupable méconnaissance de l’Afrique, un arrière fond culturel imprégné par les « chefs blancs » de jadis ou « Tintin au Congo », un manque de cohérence que l’on va finir par juger « inné » et des imprécisions dans les desseins assez troublantes. La force de conviction  de sa secrétaire d’Etat, RAMA YADE,  ce samedi soir sur  France 2, n’y change rien…

L'ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a jugé dans une interview à Radio France Internationale (RFI) que le discours de Dakar « n'est pas neuf dans le fond et rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque »,

37fb1d6c7def5c4cdf66300c0d53d10b.jpgAlpha Oumar Konaré (photo) a surtout été choque par les déclarations sur le paysan africain qui, selon Sarkozy,   « ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès ».

Alpha Oumar Konaré a également réagi au rejet de toute repentance affiché par Nicolas Sarkozy au sujet de la colonisation, même qualifiée de « grande faute ». « Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, je suis sûr que le président le sait (...) Personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains", a-t-il dit.

Indulgent et diplomate, le président de la  Commission de l’Union africaine a conclut : « Je suis certain que le président souhaite la rupture (...). Je pense que pour l'aider dans la rupture, il a besoin de mieux connaître l'Afrique et nous sommes prêts dans ces échanges avec lui ».

Il le faut en effet. Pour tenter de trouver des solutions aux problèmes en cours, le dernier étant le contentieux entre le Niger et Areva. Et pour approfondir le concept d’Eurafrique, un concept sur lequel travaillent aussi la Présidence portugaise et Louis Michel, l’excellent commissaire à la coopération et au développement, qui ne font pas  d’effets de manche,  et peu  de bruit mais préparent avec sérieux le sommet euro-africain qui doit se tenir à Lisbonne cet automne.

Ce sommet constitue à la fois un test et une chance.

>>>Un test : 40 chefs d’Etat et de gouvernement du « continent  noir » avaient participé au sommet sino-africain de novembre 2006. Combien seront-ils à Lisbonne ?

>>>Une chance : face aux poussées chinoises et américaines, mais aussi indiennes, japonaises et autres, l’Europe avec d’autres méthodes que celles de la « Françafrique » doit, comme Sarkozy dit le souhaiter, jeter les bases d’un partenariat nouveau.

Un partenariat qui implique, coté français, une vraie rupture avec des réflexes culturels d’un autre âge et des pratiques plus conformes aux règles du droit, à commencer par les textes anti-corruption. Un beau chantier, en effet… On compte sur la perfectibilité de Sarkozy qui doit être capable, s'il en prend le temps, de mieux travailler ses dossiers africains et cesse de confondre vitesse et précipitation:"les Blancs ont des montres, mais ils manquent de temps" dit un proverbe africain".

Daniel RIOT

RELIRE SUR RELATIO >>>>>

27/07/2007

Sarkozy et l’Eurafrique : Un nouveau Président ou un Président nouveau ?

La « voie droite «  et les « sentiers obliques »…

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT 

Eurafrique… Joli programme. Vieux mot, déjà. Lancé par Léopold Sedar SENGHOR  au Conseil de l’Europe à Strasbourg, à  la fin des années 50 et illustré dans  une communication à l’Académie des sciences morales et politique en 1973  qui, aujourd’hui encore, ferait un beau programme d’action pour un chef d’Etat soucieux d’entrer dans l’Histoire et d’y laisser une marque… "Eurafrique et partage" !

Eurafrique ! Ce  serait forcément   mieux que « Françafrique »  devenu synonyme de tout ce que nous n’aurions jamais du laisser faire. Et de tout ce qui nous colle aux mains sales : le néo-colonialisme,la corruption, le clientélisme, le parasitisme, la violence, les gaspillages, tous ces maux (parmi d’autres) transformés en mots par Sarkozy dans son discours de Dakar. Comme disait SENGHOR, le Sage, « Oui, Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques »…

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La « voie droite », Sarkozy prétend la suivre, avec un langage clair. Mais ne suit-il pas des sentiers bien  « obliques », comme ses prédécesseurs ? Son discours de Dakar qui se voulait « franc » pêche par quelques ambiguïtés… Vis-à-vis de notre histoire nationale, d’abord : «  La colonisation fut une très grande faute »…

Pour quelqu’un qui ne veut en rien cultiver la repentance, voilà un raccourci bien chargé de pêchés… Rien à dire sur les dénonciations de l’esclavagisme et   de la traite négrière qui furent effectivement des « un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, un crime contre l’humanité toute entière ». Pourquoi le redire, d’ailleurs ? Faut-il encore convaincre quelques esprits ? 

Mais la  colonisation ?  Ce n’est pas elle qui doit être mise en procès. Même si elle impose un « droit d’inventaire »… La colonisation n’est qu’ un processus historique, un fait d’Histoire, une phase de l’évolution de l’Humanité, avec ses vertus et ses vices.

Ce n’est pas  « la colonisation » qui  « détruisit chez le colonisé l’estime de soi et fit naître dans son coeur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres ». Ce sont des colonialistes, des colons, des souteneurs d’exploiteurs, des adeptes de méthodes et de philosophies d’action, des acteurs et des profiteurs d’un système politico-économique que condamne notre humanisme  si bien proclamé.

Dénoncer ainsi « la colonisation », c’est s’attaquer à un « mal », comme à une abstraction,  et non faire cet « effort de mémoire » qui entraîne une réflexion sur des maux  précis et concrets, donc un « devoir » de remises en cause.

S’abriter ainsi derrière une condamnation verbale, formelle presque virtuelle à force d’être générique,  c’est éviter de devoir répondre aux vraies questions qui d’ailleurs sont plus du ressort des historiens que des politiques : pourquoi tant de  tragédies dans les colonisations ? Pourquoi tant  d’échecs dans  tant de décolonisations ? Et pourquoi une telle persistance de l’esprit colonial, des réflexes impérialistes, des pratiques néo-colonialistes ?

C’est ce néo-colonialisme d’aujourd’hui qui est l’affaire des politiques d’aujourd’hui. Et c’est lui qui, même à travers les plaies d’un « passé qui ne passe pas », explique bien de ces sentiments qui nous empêchent de « regarder ensemble vers l’avenir »…

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Anne-Marie Mouradian voyait juste dans l’une de ses récentes  chroniques sur RFI : les Chinois qui progressent tant en Afrique (et pas toujours pour le meilleur, au Darfour, par exemple) ont banni de leur vocabulaire le mot « donateur »…

L’Afrique n’a pas besoin de « riches » qui « donnent aux « pauvres » : le don (relire Mauss !)  est  échange et  partage, ou  n’est que charité humiliante pour celui qui reçoit et égoïsme subtile pour celui qui donne…

De même, l’Afrique a-t-elle encore besoin de troupes françaises stationnées en permanence ?  1 200 militaires au Sénégal, 800 au Gabon (pour ne citer que les deux pays du pré carre aujourd’hui visités) ! Pour qui, pourquoi ? Regardons nous aussi à travers les yeux des autres, même si, pour reprendre un proverbe africain,  « l’œil ne voit pas ce qui le crève »…

« Afrique Asie », avec un sens de la provocation à peine voilé suggère que nous transformions ces bases de « nantis armés » en bases agroalimentaires qui pourraient servir de terrain d’expériences à la  « Révolution verte » que le lucide Kofi Annan voudrait lancer en Afrique… Une telle annonce aurait, c’est certain, déclenché à l’université Cheikh Anta Diop ce tonnerre d’applaudissements que Sarkozy espérait mais n’a pas eu…  « Qui se blesse soi-même ne se rate jamais », dit la sagesse berbère.

Sarkozy  n’a pas ce triomphe populaire escompté parce qu’il n’a pas répondu à la seule question que se posent à son propos les esprits africains éclairés : est-il un nouveau président ou un président nouveau ?

Autrement dit sa « rupture » affichée  se traduit-elle par un réel changement des habitudes, des réflexes, des  calculs « françafricains » ? …

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Le ton utilisé par le Président a été jugé « humiliant », y compris dans des éditoriaux qui n’ont rien de révolutionnariste ou par des responsables politiques qui manient la litote… Et ce n’est pas bon signe : « Les traces du fouet disparaisses, les marques de l’injure, jamais »

Il est vrai que les Africains connaissent mieux leurs problèmes qu’on peut   les connaître à l’Elysée: Ils savent mieux et plus que quiconque que « l’Afrique a sa part de responsabilité dans son malheur ». Il n’est pas minuit, Docteur Sarkozy :  « Celui qui rame dans le sens du courant fait sourire les crocodiles ».

Pourquoi avoir joué ainsi les « moralisateurs », les « donneurs de leçons », deux expressions qui reviennent souvent dans les commentaires ? « On n’attrape pas un hippopotame avec un hameçon »

La question se pose d’autant plus que les maux dénoncés (à juste titre) viennent en partie du système que la France, de l’ère Foccart à l’ère Chirac en passant par les périodes Pasqua-Mitterrand a entretenu, soutenu, défendu. Qui a rendu Bongo, au pouvoir depuis 40 ans, aussi « incontournable » pour reprendre le mot (en l’occurrence irrévérencieux) de Sarkozy ? « L’arbre suit sa racine » et « la feuille ne pourrit pas le jour de sa chute dans l’eau »  

Bien sûr, qu’il faut  donner aux relations franco-africaines un nouveau visage. Une nouvelle éthique,  pourrait-on dire. 

Oui, elles doivent  être «débarrassées des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent »

Oui, « le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé »

Oui,  « il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés».

Mais en prend-on le chemin, par une « voie droite » et non par des « sentiers obliques » ? Pire : Sarkozy a-t-il les moyens d’en prendre le chemin ? « L’œuf ne danse pas avec la pierre »… Son discours de Dakar n’a pas convaincu. Et ses manières de faire avec Kadhafi, « bouche de miel et cœur de fiel », ont accru bien de suspicions…

Ce n’est qu’un début, bien sûr. Patience : « C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle », dit un proverbe africain… Il faut tenir compte des legs d’un passé encore présent : « L’héritier du léopard hérite aussi de ses taches ». Et rien, en ce domaine,ne peut venir d’un miracle : « la figue ne tombe jamais en pleine bouche »…

Ce qui compte, c’est non le volontarisme mais la volonté : « Vouloir arriver, c’est déjà avoir fait la moitié du chemin ». Et la clairvoyance : « Ce qui est plus fort que l’éléphant, c’est la brousse ». Sarkozy devrait prendre le temps de se nourrir des proverbes africains pleins de sagesse… « L’espoir est le pilier du monde »

Daniel RIOT 

24/07/2007

Infirmières bulgares: Une belle illustration de « l’esprit de famille » que peut (et doit) avoir l'Union européenne

664a78bf9d73aaa0f54eaf65ac10620b.jpgEDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT: Sarkozy a raison : il fallait résoudre cette affaire ; c’est fait. Et bien fait. Huit ans et demi de cauchemars, d’injustices, de supplices, d’ignominie. Et un « happy end » qui fait plaisir à voir.

L’heure n’est pas aux faux procès. Nombre de commentaires politiciens et mesquins sont même choquants. Et les spéculations faites sur les dessous de la « diplomatie familiale »de Sarkozy  illustrent surtout un conformisme et un conservatisme stériles. Le culte de l’anecdote, une forme de parisianisme très villageois d’une époque qu’on voudrait révolue…

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Comme dit Jean-Dominique Giuliani : « ne boudons pas notre plaisir ». D’autant plus qu’en la circonstance, la France et l’Europe ont travaillé « la main dans la main ». Voir l’Elysée et la présidence de la Commission se retrouver, avec Javier Solanna,  sur la même longueur d’ondes est plutôt encourageant.

La construction européenne est plus une affaire d’atmosphère constructive et de volontés additionnées et partagées que de formalisme protocolaire stérilisant. L’Union doit être une « famille » : c’était le but de Monnet et de Schuman. En l’occurrence, esprit de famille il y a eu. Les Bulgares sont les premiers a s’en féliciter. Puisse, cet esprit de famille se développer.

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En termes de la presse « people », Cécilia tient la vedette. Logique. Elle se contente de sourire, et refuse de commenter ou de raconter quoi que ce soit. C’est tout à son honneur.

Qu’elle ait associé la commissaire européenne, Bénita Ferrero-Walder à la phase finale de ces « négociations extrêmement difficiles » est plus que justice : cette Autrichienne (photo) qui a une excellente expérience diplomatique et affiche de belles qualités a beaucoup travaillé dans l’ombre, avec ses moyens,  pour obtenir   la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien (qui a obtenu la nationalité bulgare).

Il est sûr que, psychologiquement, Kadhafi est plus réceptif à des contacts d’Etat qu’à des relations avec une Commission. C’est l’une des faiblesses de cette Europe qui n’est pas politique. Mais cette faiblesse devient force quand les Etats membres jouent le jeu : c’est ce qui a été fait. Tant mieux.

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En revanche, Sarkozy (qui effectue un « voyage politique » aujourd’hui avec Kouchner à Tripoli) et Baroso commettent un « mensonge pieux » quand ils disent ne pas avoir payé un euro à la Libye.
 C’est formellement vrai : les affaires de « gros sous », de rançon, passent par la Fondation Kadhafi et le Fonds (très) spécial de Benghazi, non par l’Etat libyen. Mais personne n’est dupe : « le crime a payé », comme le souligne sur ce site Claude Moniquet.

A Tripoli, on ne se gêne pas pour clamer que « toutes les conditions mises ont été remplies ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Il a fallu payer « le prix du sang ». Estimation la plus crédible : 100 millions d’€ par enfant touché par le sida, sans compter le financement de travaux annexes mais lourds (orphelinat, routes, ...) et des aides diverses (éducation, culture, antiquité…) Qui paye ? Et qui paiera ?   

Mais cela ne se traduit pas qu’en espèces sonnantes et trébuchantes. Le prix le plus fort est politique, même si Sarkozy prend soin de ne pas lier ce qui va être conclu aux « conditions » posées par ce curieux Khadafi, chef terroriste devenu « fréquentable » :l’art de la diplomatie est d’abord le talent de se boucher le nez et de rendre sa mémoire très sélective… Il est vrai que ce prix politique est aussi un investissement.

LIRE LA SUITE otages libye editorial Daniel RIOT.doc

 

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SELECTION DE LIENS DU NOUVELOBS.com

Les infirmières bulgares sont de retour à Sofia, où elles ont été graciées

Chronologie

Les réactions

Portraits Les infirmières, le médecin

Le communiqué de l'Elysée

Revue de presse

Attentat du DC-10 d'Uta Les familles appellent à la vigilance

Moscovici demande des comptes à Sarkozy

Heure par heure

Sarkozy accusé de troc nucléaire avec Kadhafi

Tripoli affirme que ses "conditions ont été satisfaites"

L'opacité règne sur le Fonds spécial Benghazi

Ecouter la conférence de presse de Nicolas Sarkozy

Portrait Mouammar Kadhafi

3 questions à... Me Emmanuel Altit : "Kadhafi est triplement gagnant"

3 questions à... Sylvie Vartan : "Une très grande journée de bonheur"

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Carte de la Libye

Biographie officielle de Nicolas Sarkozy

Le déplacement de Cécilia Sarkozy en Libye, sur le site de l'Elysée

Portrait de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

Ses rôle et pouvoirs

Une biographie de Mouammar Kadhafi

Dossier sur la Libye sur le site du Quai d'Orsay

18/07/2007

La France en Europe : Sarkozy ou le "très vite" ...

 La vraie « rupture » de Sarkozy: Le rapport au temps

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT

Il n’a pas enfourché de vélo, mais il a fait « son » Galibier ! Dur, dur, de suivre les pas de Nicolas Sarkozy, aussi hyperactif qu’omni présent. Superman à l’Elysée : A vous couper le souffle ! Mais à quoi « marche-t-il », docteur, pour courir aussi vite et (déjà) aussi longtemps, sans ces pauses que … même le Créateur s’imposait le septième jour?

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Les vertus aphrodisiaques du pouvoir conquis avec brio, les dopages de la convoitise satisfaite, de l’ambition couronnée et de la concupiscence jamais assouvie n’expliquent pas toute cette énergie folle, dépensée et dispersée… Le jus d’orange non plus.  Même pour un modeste observateur curieux de tout et soucieux de comprendre (un peu) ce qui se passe dans ce « beau et grand pays », cet « homme pressé » finit par oppresser. Le « style Sarko » reste d’abord un « mystère Sarko ».  

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En plus, il est bon, le bougre ! Génial, à sa façon. Génial, non comme le cheval qui écoeura Musil du journalisme, mais comme ces êtres qui répondent, dans leurs champs d’action,  à la définition de Paul Valéry : « le génie est une habitude que prennent certains ».

Avec cet art du politique, joueur d’échecs en pleine réussite,  qui sait toujours avoir un « coup d’avance ». Avec cette intuition du chasseur, jamais à court ni de munitions et ni  d’inspiration,  qui réussit à atteindre ce qu’il vise même quand sa cible paraît hors de portée.   Avec ce magnétisme envoûtant du prestidigitateur  fascinant qui finit non par surprendre, mais par prendre. Avec ce charisme si peu définissable …

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Cette « bête de scène » excelle dans tous ses jeux de rôles (y compris dans celui de la sincérité travaillée, de la spontanéité calculée et de l’improvisation préparée a su, comme quelques prédicateurs américains, adapter les recettes classiques des « meneurs d’hommes », des « guides des foules » aux impératifs cathodiques des « enfants de la télé »…

Pour couronner le tout, il a toutes les vertus dont la France avait besoin pour sortir du chloroforme chiraco-jospiniste : le « ronfleur du G8 » nous faisait perdre du temps à force de chercher à donner du temps au temps, en oubliant que le temps pourrit autant qu’il guérit tout. Lui, avec ses piles  d’un « lapin Duracel » atomique,  lutte contre le   temps en défiant Chronos.

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Le rapport au temps, voilà la vraie rupture : l’instant qui vient compte plus que celui qui passe.

Dans cette ère de crise généralisée de notre rapport au temps, « Sarko- le- pressé » arrive à point, en mode, pile poil dans « l’air du temps » : instantanéité érigée en déesse, impatience généralisée, difficultés de concilier les temps politiques, médiatiques, judicaires …Plus de promenade, des « joogings ». Plus de voyage : des déplacements. Plus de réflexions : des réflexes. L’édité prime le médité.

A la tête de l’Etat, cela n’a pas que des avantages. Vieux dilemme  de la vitesse et de la précipitation. Les lois ? Passage en force. Tant pis si le temps n’est pas pris pour bien les préparer, les étudier, évaluer toutes leurs conséquences. Les initiatives diplomatiques : audacieuses, et courageuses même, mais que de fois, déjà, en deux mois, n’a-t-on pas mis en avant l’excuse de la rapidité si cultivée et de l’efficacité si célébrée pour se laver de quelques pêchés et maladresses…

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« Tout s’est fait si vite ! », a soupiré la secrétaire d'Etat  aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, Rama Yade,  comme pour expliquer qu’elle n’a pas pu rencontrer les associations tunisiennes des doits de l’homme quand elle accompagnait Sarkozy à Tunis.

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« Tout s’est fait très vite », ont expliqué nos diplomates pour calmer l’agacement des Allemands pris de court  lors d'une rencontre des ministres des affaires étrangères des Etats membres méditerranéens de l'Union européenne à Portoroz en Slovénie, le 6 juillet. Sans avoir consulté Berlin, Bernard Kouchner, a présenté une lettre visant à remettre des recommandations, au nom des Etats méditerranéens, à l'ex-premier ministre britannique Tony Blair pour sa nouvelle mission de paix au Proche-Orient.

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Il n’avait pas eu le temps non plus de prévenir Javier Solana qui, en dépit des honneurs  dont il a fait l’objet lors du 14 juillet à Paris est plus que contrarié par la diplomatie du « cavalier seul » français. Il l’a dit en termes polis dans une ITW à La Croix : « Si nous voulons être utiles, il y a des mécanismes plus efficaces que des lettres ouvertes pour faire avancer la politique étrangère de l’Union européenne »

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« Tout s’est très vite », a-t-on fait savoir pour expliquer aux négociateurs de l’Union européenne  qu’ « on » n’avait pas eu le temps de les prévenir de la mission de Cécilia à Tripoli. Comme d’ailleurs, en pleins G 8, le président n’avait pas eu le temps de prévenir ses partenaires européens qu’il proposerait unilatéralement un délai de six mois avant de se prononcer sur le statut futur de la province sécessionniste serbe du Kosovo, un dossier actuellement en pleine négociation à l'Onu…

« Très vite », cela peut encore aller : Le Super- Président est encore dans une période probatoire (pardon « d’état de grâce »). Mais attention : le « trop vite » serait  plus difficile à rectifier… Ah ! ce temps ! On a beau travailler plus, on n’en gagne pas davantage…

Daniel RIOT

04/07/2007

Europe-Afrique: de nouvelles perspectives pleines de promesses

DECRYPTAGE RELATIO: Première mission : l’Afrique. Premières promesses : De meilleures relations entre l’Union européenne  et l’Afrique. La Présidence portugaise a commencé par un chantier du « grand large », ce qui n’est pas illogique pour ce « pays des grands découvertes ».

En fait, c’est le fruit du hasard du calendrier diplomatique africain :  Le José Socrates, s’est invité à Accra,au Ghana,  au 9 ième sommet de l’Union africaine pour multiplier des  contacts bi- et multilatéraux dans la perspective du sommet euro-africain programmé à Lisbonne les 8 et 9  décembre prochain.

631f8f637743ee7edaa9e8d89b323a75.jpgCe sommet (qui est l’une des priorités de la Présidence portugaise) doit « lancer un nouveau partenariat entre l'Union Européenne (UE) et l'Afrique », a-t-il affirmé dans la capitale ghanéenne, en prononçant son discours en portugais devant les chefs d'Etat et de gouvernement des 53 pays membres de l'UA.

Ce partenariat visera selon lui à « renforcer le respect des droits de l'homme, le combat contre la pauvreté, une meilleure gestion des flux migratoires ».Des objectifs qui sont évidemment ceux de la Commission de Bruxelles et de plusieurs pays européens, sont la France, où Nicolas Sarkozy est décidé à rompre avec les pratiques de la « Françafrique ».

M. Socrates a insisté pour que les sommets Afrique-Europe soit plus fréquents à l'avenir et que l'écart de sept ans entre le premier et celui de Lisbonne ne se reproduise plus.  « L'Europe et l'Afrique ont une vision commune sur différents problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est nécessaire d'avoir un partenariat politique qui nous permettra de répondre à ces questions », a-t-il estimé. Depuis le temps que Louis Michel, le commissaire chargé du développement et de l'aide humanitaire , le réclame....

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Ce sommet de Lisbonne est très attendu après l'échec ces dernières années de l'UE et de l'Afrique à organiser une deuxième rencontre, reportée du fait de divergences entre certains pays africains et européens : le Royaume Uni, notamment,  ne voulait pas entendre parler de  la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe et d’autres problèmes bi-latéraux  ou régionaux empêchaient une indispensable préparation. Qui plus est, les différents  pays européens n’ont pas sur l’Afrique des visions communes très claires…

Vues étroites, partielles, partiales (et archaïques) de uns. Indifférence des autres. Résultats : Une impuissance politique de l’Europe dans ce continent africain avant-hier partenaire privilégié (accords de Yaoundé et de Lomé) qui subit de plus en plus des influences (rarement positives pour son développement économique et social) des Américains, des Chinois et d’autres, conscients que l’Afrique peut être un continent d’avenir même elle reste « mal partie »…

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souhaité, pour sa part, que les sommets UE-UA soient institutionnalisés: de tels sommets se tiendront "tous les deux ans, en alternance sur chacun des continents", a-t-il dit. C'est un bon rythme si ... le travail est permanent, sur tous les plans.

CETTE UNION QUI...DIVISE

Ce dialogue euro-africain n’était évidemment pas le sujet essentiel de ce Sommet de l’Union africaine (qui n’a d’Union que le nom) : sous l’impulsion de Khadaffi, c’est le projet d’un « gouvernement continental » qui devait faire l’objet d’une étude poussée. Un constat, en attendant un communiqué final qui ne fermera aucune porte mais n’en ouvrira aucune.

S'ils sont tous en faveur des "Etats-Unis d'Afrique" en tant qu'idéal à plus ou moins long terme, les dirigeants africains ne sont en revanche pas d'accord sur la constitution rapide d'un gouvernement unique. Deux camps se sont dessinés assez clairement: d'un côté ceux qui veulent un gouvernement unique maintenant, comme la Libye et le Sénégal, de l'autre ceux qui souhaitent une intégration par étapes, notamment l'Afrique du Sud et les pays de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe). Le compromis final a abouti à un renforcement de la Commission qui tente de gérer l’Union. Un plan de route sera mis au point.

DE NOUVEAUX OUTILS DE DEVELOPPEMENT

3f5fa2a22fdf6bfa36051132c4fdd8ce.gifL’idée des « Etat-Unis d’Afrique » fait rêver nombre d’esprits. Surtout dans les milieux d’affaires multinationaux africains qui « mettent la pression » comme le souligne «All Africa. Com ».  

Ainsi, une demi-douzaine de ministres a lancé le PAIDF (Pan African Infrastructure Development Fund, Fonds panafricain pour le développement des infrastructures). Une initiative dans le sillage du NEPAD qui entend impulser des actions en vue de doter le continent africain d'infrastructures (routes, chemins de fer, télécommunications, barrages hydroélectriques, santé, éducation et autres).

Pour le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Nana Dankwa Akufo Addo, ces jours sont « historiques » : « Les Africains ont décidé de prendre leurs responsabilités pour sortir du sous-développement, l'absence ou l'insuffisance de ces infrastructures constituant un obstacle majeur à l'accroissement de l'activité économique ».

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Mme Zuma, ministre sud-africain des Affaires étrangères, estime que l'option d'un fonds africain indique clairement que  « l'épargne africaine va servir au développement de l'Afrique ». En présentant le Fonds, son président, Tshepo Mahloele, a annoncé que 625 millions de dollars sont déjà mobilisés, une somme identique étant promise par des investisseurs attendant que les structures du Fonds se mettent définitivement en place, ce qui peut être considéré comme fait.

« Le chantier est immense. Le défi excitant », souligne « all Africa.com ». «  Rain is about to fall on Africa » a-t-on entendu dans les couloirs. « Des pluies qui annoncent une renaissance d'un continent qui, enfin, prend conscience de son énorme potentiel. Juste une illustration : à peine 7% du potentiel hydroélectrique de l'Afrique est exploité à ce jour. A la fois une richesse - puisque cette énergie produite peut être vendue - et un moteur du développement car la disponibilité de l'énergie stimule les activités »

Dans ce contexte, le « co-développement » prôné par nombre de pays de l’Union européenne peut et doit prendre tout son sens. Il le faut. Pour les Africains. Et pour l’équilibre du monde. 

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« Le rêve d’une unité africaine ne doit plus se perdre dans les sables », confie un ami diplomate africain. « Notre morcellement vient des colonisations et des décolonisations, avec nos frontières artificielles, nos rivalités entretenues, nos conflits alimentés…et nos ressources pillées. Une ère nouvelle commence. Du Cap au Caire… Même si pour l’instant, notre Union…divise ».

Wait and see. «  Aller doucement n'empêche pas d'arriver », dit un proverbe africain. Prochain sommet de l’Union africaine en janvier. Après le sommet euro-africain de Lisbonne. DR

Voir (et écouter) le dossier de rfi  >>>>>

29/06/2007

Europe: Une vraie stratégie d'actions pour l' Asie centrale

COMMENTAIRE RELATIO: Voilà le type de dossiers mal médiatisés, mais qui sont sont très importants pour la stabilité de la planète en général et de l'Eurasie en particuleir. Nous ne nous préoccupons pas assez de cette "Eurosphère" qui compte le tiers de l'humanité et qui replace la question (chargée de passions) des frontières de l'UE dans une dimenion secondaire..

LES FAITS!Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, présentera samedi, à Berlin, la nouvelle stratégie de l'Union européenne (UE) pour l'Asie centrale, entérinée fin juin par les 27 chefs d'Etat et de gouvernement européens. L'UE y définit pour la première fois les lignes directrices d'un engagement beaucoup plus important en Asie centrale, basé sur la dialogue politique et la coopération économique.
Par sa situation géographique entre l'Europe, l'Asie, la Russie et l'Asie du Sud, l'Asie centrale revêt une importance stratégique croissante pour l'UE. L'Europe et les pays d'Asie centrale nourrissent nombre intérêts communs qui vont de leur engagement pour un Afghanistan pacifié à la diversification des livraisons d'énergie, en passant par la lutte contre le transit de stupéfiants et l'extrémisme et par l'amélioration de la coopération régionale.
La stratégie de l'Union européenne pour l'Asie centrale préconise une approche bilatérale et régionale équilibrée. Elle prend en considération les besoins et la performance économique de chaque pays. Un dialogue politique régulier sera mené avec les pays de la région. Il portera sur le développement de la coopération en matière d'économie, de transports, d'énergie, d'environnement et d'éducation. Il vise aussi à élargir un socle de valeurs communes, basées notamment sur l'État de droit et les droits de l'homme.
La nouvelle stratégie sera présentée en présence des ministres des Affaires étrangères des cinq pays concernés (Kirghizistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Ouzbékistan et Turkménistan). Le Conseil européen évaluera sa mise en ouvre en juin 2008, puis au moins tous les deux ans.

Plus d'informations :
www.eu2007.de/fr/News/Press_Releases/June/0627AAZAS.html

01:13 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, asie, diplomatie

 
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