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24/07/2008

Plaidoyer pour la brigade franco-allemande

SUR RELATIO-EUROPE.EU
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Jeudi, 24 Juillet 2008 22:06

Par Daniel RIOT

Illogique. Aberrant. Irresponsable. Comment a-t-on pu à la fois prétendre faire de « l'Europe de la défense » (qui reste un mirage) l'une « des priorités des priorités » et songer à détricoter ce qui devrait être renforcé, amélioré, développer ? « La capacité à faire des choix », comme dit Fillon, implique la responsabilité de faire des bons choix, - d'avenir-, non des décisions  qui nous font avancer à reculons. Par facilité ou inconscience.

Personne de sérieux n'aurait du ne serait-ce qu'envisager de détricoter la « Brigade franco-allemande ». Une question « organisationnelle et opérationnelle ».D'efficacité et  de symbole : cela compte encore n'en déplaise à Morin le mal inspiré !

La modernisation et la rationalisation, la diminution des dépenses publiques et l'adaptation des besoins aux évolutions géostratégiques ne doivent pas se faire au détriment de ce qui devrait, déjà,  appartenir aux unités d'élite.

D'ailleurs, globalement, l'ensemble du Livre Plan ne s'inscrit pas  suffisamment dans une dimension européenne. N'avait-on pas promis un livre vert en la matière pendant la présidence française ?  Il est vrai que le ministre Morin ne peut guère faire plus et mieux que ce qu'il fait : ce n'est pas lui qui décide et son pouvoir d'influence est très faible, comme tous ceux dont les nominations ont  relevé de la sucette politique et  non de critères de compétence...

20/11/2007

EUROPE:La "paralysante "question anglaise" (suite)...

COMMENTAIRE RELATIO: Le Royaume-Uni a opposé hier son veto à l'adoption d'un budget pluriannuel pour l'Agence européenne de l'armement, ce qui fait planer un doute sur sa volonté affichée de renforcer l'Europe de la défense. C'est le moins qu'on puisse dire...

Voilà qui confirme (hélas!) les analyses faites sur RELATIO après les discours de BROWN sur la politique étrangère et du patron de la diplomatie anglaise à Bruges... Thatcher et son anti-européanisme toujours à la mode, même chez les travaillsites ! Le Grand large toujours préféré au Continent.... Entre Paris et Londres: deux conceptions difficiles à concilier. Pour l'heure, Paris a fait plus de gestes envers les USA que les insulaires Britanniques envers les Continentaux... La "question anglaise "devient existentielle pour l'Europe politique!

LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>>>>>>>>>>

17/11/2007

Europe : Cette paralysante… « question anglaise », par Daniel RIOT

Commentaire RELATIO: Intéressant le discours de Bruges du ministre britannique des affaires étrangères. Intéressant et paradoxal. Ambigu,même… A l’image de l’engagement européen du Royaume Uni, d’une Angleterre qui se veut toujours à la fois au balcon et dans la rue, dans les gradins et sur la pelouse de jeu…

Pour lui, l'Union européenne doit « accroître ses capacités » militaires et sa coopération avec l'Otan, mais elle ne sera « jamais une super-puissance » Elle sera quoi, alors ? Un espace au service d’autres puissances ?Elle peut être, selon David Miliband  « une puissance modèle » C’est beau, comme objectif, mais modèle en quoi ? Elle pourrait fixer qui « des normes mondiales » et se faire « le champion de la défense du droit international et des droits de l'Homme ». Bien, mais avec quels moyens, en fonction de quels critères ? Avec surtout quelle autonomie d’actions et de décisions ?

Londres regarde toujours plus vers le grand large que vers le continent. Ainsi, sans citer le président français, le ministre a répondu à Nicolas Sarkozy qui conditionne un retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan à un renforcement de la défense européenne pour assurer l'  « indépendance » et l'  « influence » de l'Europe.  « Nous devons surmonter les obstacles à une collaboration (des pays de l'UE) avec l'Otan », souligne M. Miliband… Soit, mais en noyant l’Union dans une zone transatlantique sans ce « pilier » européen que voulait Kennedy et que les Anglais, malgré les accords de Saint-Malo (restés lettres mortes, ou presque) ont toujours sapé…

Sur la construction européenne, pas d’évolution non plus. L’Europe à l’anglaise reste une « Europe espace », une « Europe marché », une « non Europe » politiquement constituée… Ouverture des marchés et refus du protectionnisme (de l’idée même d’une « protection » pour reprendre un mot de Sarkozy), y compris la nécessité de "moderniser" (en quoi et comment ?) l'agriculture européenne, le " besoin" d'inclure la Turquie et les pays des Balkans dans l'UE « dès qu'ils rempliront pleinement les critères » et la volonté d'établir une zone de libre-échange avec tous les pays « à la périphérie de l'UE ».

 Vieux rêves de l’AELE toujours d’actualité !  « Vous verrez, disait de Gaulle à Peyrefitte, que les Anglais vont tenter de détruire de l’intérieur ce qu’ils ont essayé de détruire de l’intérieur »…Ils essaient encore… Sur ce point, le général avait raison contre bien d’autres, Pompidou compris. L’Histoire en marche lui donne toujours raison. Hélas !

Sur les capacités strictement militaires, les constats de Miliband sont fondés : « Les Etats membres doivent améliorer leurs capacités. Il est gênant que les pays européens, avec près de deux millions d'hommes et de femmes sous les drapeaux, ne puissent pas en déployer, et encore avec difficulté, plus de 100.000 à la fois. Les pays de l'UE disposent d'environ 1.200 hélicoptères de transport, et pourtant ils n'en ont déployés que 35 en Afghanistan et aucun au Darfour où il y en a désespérément besoin », a-t-il énuméré. Mais sans en tirer les conclusions de bon sens  qui s’imposent au niveau de la mise en commun des ressources et de l’harmonisation des armements.

Une Europe de la défense devrait passer par Londres, mais Londres n’en veut pas… Un thème central pour les Sages qui vont être chargés de penser l’avenir de l’Europe !

Miliband a également affiché un humour cynique bien britannique sur l’écologie… Il pose en « modèle » la banque centrale européenne (que Londres refuse)  en vue de la création d’une « Banque européenne du carbone qui pourrait "à l'avenir fixer des limites à la production de carbone en Europe ». On en rit, ou on en pleure. Autre remarque qui saute aux yeux à la lecture de ce texte :le ministre de sa Gracieuse Majesté ne cite pas une seule  fois  le nouveau traité européen qui doit être signé le 13 décembre à Lisbonne… Ce n’est certainement pas un oubli !  

Ce discours de Bruges rappelle un autre discours britannique prononcé en ces lieux mythiques : celui de Maggie Thatcher, en… 1988 . Depuis, l’eau a coulé sous les ponts de la Tamise, le tunnel sous la Manche montre son utilité tous les jours, Blair a tenté d’européaniser quelques comportements et Londres a une nouvelle, grande et belle gare tournée vers l’Europe, mais la « question anglaise » (trop passée sous silence, trop tue, par excès de tact diplomatique) demeure celle qui hypothèque le plus «l’avenir européen ».

Daniel Riot

UNE FICHE SUR BRUGES >>>>>>>

31/08/2007

La France et l’OTAN : Un atout dans le jeu de Sarkozy

Eclairage RELATIO par Daniel RIOT: « C’est un signe supplémentaire de la volonté de la France d’amorcer un retour complet au sein d’une alliance où elle est l’un des principaux acteurs, tant sur le plan militaire que financier », dit-on, en souriant, dans les milieux proches de l’OTAN. »C’est une mesure technique », dit-on, délibérément modestes, dans les milieux stratégiques proches de l’Elysée ». Ces deux commentaires sont complémentaires…

La décision, annoncée sans effet de com’, d’ accroître l’efficacité des avions de combat français qui participent aux opérations militaires de l’OTAN en Afghanistan, en redéployant  les Mirage de Douchanbé, au Tadjikistan, à Kandahar, la grande ville du Sud afghan, est chargée de significations, à plusieurs niveaux

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Militairement : Les avions français vont pouvoir remplir des missions de bombardement de plus longue durée contre les positions des talibans. Cela ne va pas sans risques : les opérations aériennes de l’Alliance atlantique provoquent actuellement un nombre sans cesse plus élevé de victimes civiles, et provoquent un ressentiment croissant de la population afghane envers des troupes étrangères en passe d’être assimilées à une « force d’occupation ».

Politiquement : cette décision intervient au lendemain du « discours aux ambassadeurs » de Sarkozy , discours dans lequel il a dit vouloir une Europe de la défense plus consistante et une Alliance atlantique plus rénovée :  « Une Europe de la défense indépendante et une organisation atlantique où nous prendrions toute notre place »

Diplomatiquement : La France répond concrètement à l’appel des France, qui pressent leurs alliés européens de s’impliquer davantage sur le « théâtre afghan ». Sarkozy donne un signe fort à Bush, mais plus largement, il repose indirectement et sans le dire, la vieille question d’un retour de la France au sein des structures militaires intégrées de l’OTAN.

Depuis la décision de retrait du général de Gaulle, en mars 1966, la France, on le sait, n’est pas présente dans deux comités d’importance marginale, le Comité des plans de défense et le Groupe des plans nucléaires. Cette absence est à la fois  anachronique et ridicule. Mais elle touche des tabous d’un gaullisme mal compris et d’un souverainisme puéril…

Cette situation constitue toutefois une « bonne carte » dans le jeu diplomatique français. Le « gagnant gagnant » suppose un « donnant donnant »…

On peut obtenir quoi en échange de responsabilités supplémentaires dans l’OTAN ? Chirac s’était cassé les dents sur le commandement sud de l’OTAN, revendication inopportune…Si Sarkozy veut vraiment jouer le jeu de l’Europe, il doit obtenir de Washington un retour à la doctrine de Kennedy des deux « piliers » équilibrés de l’Alliance. Mais le veut-il ? Bush y est sans doute allergique, mais la prochaine administration américaine peut adhérer à cette vision qui est, en fait, la seule que ne fasse pas de l’alliance avec les USA une allégeance. Une occasion à ne pas manquer. Mais qu’en pense-t-on à Londres ? A Sarkozy de se montrer fidèle à ses règles conduites du parler franc et sans tabou, avec réalisme…Et de ne pas gâcher son atout.

Daniel RIOT

02:14 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, defense, otan, stratégie

14/07/2007

europe et défense:Coup de froid du Kremlin

04488aed034d6b7c9cfaa78ee25f8087.jpgCommentaire RELATIO. La Russie se retire du traité FCE. La face du monde ne s'en trouve pas changée.Mais c'est un signe qui rappelle de bien mauvais souvenirs. La "paix froide" qui règne entre l'Est et l'Ouest n'a rien à voir avec la "guerre froide" du XX ièème siècle, mais elle n'est pas la "paix chaude" dont nous avons besoin sur ce continent dont le terre a été trop arrosée de sang.

Cette  information jette une ombre sur ce 14 juillet qui, à Paris ,se voulait (et c'est bien) placé sous le signe de l'unification européenne, donc de la paix. On comprend que l'Otan et Berlin désapprouvent ce retrait russe d'un traité considéré comme la pierre angulaire de la sécurité et de la stabilité paneuropéenne depuis la dissolution du Pacte de Varsovie..

2b6dbfff659fb4a10ba042c71d1a636e.jpgL'inquiétude est compréhensible aussi dans les ex-pays de l'Est, notamment en Pologne et dans les pays baltes. Il ne faut rien dramatiser, mais en termes de geostratégie, c'est le type d'événement qu'il ne faut pas sous-estimer. Un souci pour l'OTAN: c'est une évidence. 

Ce n'est sans doute pas un effet du hasard si cette décision intervient au   lendemain de la célébration du 10 ièmeanniversaire du Partenariat privilégiéentre L'OTAN et l'UKRAINE...  A Moscou, oninsiste sur le caractère obsolète du taite, et on insiste sur la volonté de dialogue des autorités russes. Un dialogue qui repose d'abord sur des gestes unilatéraux...

 

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

LES FAITS: Le président Vladimir Poutine a suspendu par décret la participation de la Russie au traité sur la réduction des forces conventionnelles en Europe (FCE), annonce le Kremlin dans un communiqué diffusé samedi 14 juillet.
Moscou en avait brandi la menace pour dénoncer la réticence des puissances occidentales à ratifier la version du traité amendée en 1999 pour tenir compte de la fin de la Guerre froide. "Le Traité dans sa forme actuelle est désespérément dépassé", a déclaré la diplomatie russe.
"Les limitations de la quantité d'armements russes sur différentes parties de notre territoire ont perdu tout sens. Aujourd'hui elles empêchent de lutter plus efficacement contre le terrorisme", ajoute le ministère.

Berlin et l'OTAN désapprouvent

"Si cela se confirme, le secrétaire général (Jaap de Hoop Scheffer) regrette profondément cette décision. Les Alliés considèrent ce traité comme un élément important de la sécurité européenne", a réagi un représentant de l'Otan.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a lui aussi exprimé, à Nida (Lituanie), sa "grande préoccupation" après l'annonce de cette mesure.

Refus des inspections

449affe63ea78547fcafedd1ecfe39d0.jpgConcrètement, les Russes cesseront entre autres de fournir des informations à l'Otan sur leurs forces conventionnelles et refuseront les inspections, a expliqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, en précisant que le décret avait été signé vendredi. Le décret charge le ministère d'informer les pays concernés et prévoit que Moscou suspendra sa participation 150 jours après qu'ils auront reçu l'information, envoyée ce samedi.
Cette mesure est sans précédent dans l'histoire de la Russie, mais elle "ne signifie pas que nous avons claqué la porte du dialogue", assure le ministère russe. Il espère que l'Otan et la Russie trouveront "assez rapidement" un accord.

Un fondement de la sécurité en Europe

284d07b1d76f962d5242c8c3287e0cee.jpgSigné en novembre 1990, le traité FCE est considéré comme la pierre angulaire de la sécurité et de la stabilité en Europe.
Il limite notamment le nombre de chars, de pièces d'artillerie lourde, d'avions et d'hélicoptères de combat déployés et entreposés de l'Atlantique à l'Oural.
Contestant les limites que le traité impose aux mouvements de ses propres troupes et de leurs armements à l'intérieur des frontières russes, Moscou souhaite que la version amendée en 1999 soit ratifiée aussi vite que possible en préalable à de nouvelles modifications.
Les divergences en ce qui concerne ce texte s'ajoutent à une série de contentieux entre la Russie et les puissances occidentales, au premier rang desquels figurent le projet américain de bouclier antimissile et le statut final du Kosovo
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