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19/08/2008

L'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau en débat sur Relatio-Europe





L'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau aurait pu (du) devenir ces dernières années un modèle du genre, une entité transfrontalière-pilote. Il ne l'a pas été...pour une série de raisons qui mériteraient de longs développements. Mais ce qui compte c'est l'avenir. Qui s'écrit au présent. Et qui peut s'inscrire d'une manière très positive dans le paysage rhénan, si l'élan nouveau que cherche à lui insuffler Roland Ries n'est ni brisé ni limé.

Relatio-Europe relance le débat sur l'Euro-district.
Toutes celles et tous ceux qui ont des idées à faire valoir, des suggestions à soumettre au débat ou des réticences à faire valoir peuvent évidemment nous adresser des textes à publier ou non. Sur ce dossier comme sur d'autres Relatio-Europe est un forum ouvert. Ecrivez- nous : direction@relatio-europe.eu Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Ou utiliser la case « commentaire »
Aujourd'hui, René ECKHARDT, qui raisonne et agit depuis longtemps en passe-frontière, soulève une question-clef rarement abordée : la dimension de cet Euro-district. Le terme même de « district » lui semble peu adapté au dessein qu'impose l'impérative nécessité de penser et de vivre cet espace d'un "vivre ensemble" digne de l'idéal européen. VOIR LE DOSSIER RELATIO-EUROPE SUR LES COOPERATIONS TRASFRONTALIERES


Pourquoi une Euro-Régio (n) plutôt qu'un Eurodistrict ...


Par René ECKHARDT

Reprenons la définition des mots « District » : Etendue d'une juridiction (cf. LAROUSSE) et « Région » : Grande étendue (cf. LAROUSSE).Une Communauté de Communes telles que la Communauté urbaine de Strasbourg, le Grand Lyon, Lille etc., sont des étendues d'une juridiction dont les objectifs principaux consistent à mutualiser des moyens humains et matériels ; autour d'une agglomération leader qui fait profiter les communes proches des moyens dont elle dispose.
A l'inverse, une Région telle que la Région Alsace et toutes les autres, a une fonction opérationnelle et se doit de développer le futur en initiant des projets et en les mettant en œuvre dans les domaines pour lesquels l'Etat n'a pas les compétences nécessaires soit par son éloignement soit par sa méconnaissance des problèmes régionaux.
La définition du « régionalisme », toujours d'après le LAROUSSE : Doctrine qui favorise les groupements régionaux. Cette doctrine est évidemment encore plus crédible dans un état fédéral tel que la République fédérale d'Allemagne, mais elle est également au cœur des préoccupations françaises par la décentralisation des gestions des budgets pour être plus proches des citoyens comme la formation, la gestion des Lycées les transports, la santé etc.

25/07/2008

Barack Obama ou l'autre visage des Etats-Unis

LE COMMENTAIRE DE RELATIO-EUROPE
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Vendredi, 25 Juillet 2008 00:24

Par William PETITJEAN

« Peuple de Berlin, peuples du monde, notre heure est venue. »...L' « obamania » qui souffle sur l'Europe va sans doute s'amplifier encore après le discours de Berlin du sénateur de l'Illinois. Belle éloquence. Et joli choix des mots. Surtout dans la bouche d'un homme qui n'a pas spécialement la réputation de bien connaître l'Europe...

 (Photo AFP)

Cette « obamania » européenne se vérifie dans tous les sondages et dans tous les pays.(sauf en Russie) Entre 49% (au Royaume Uni) et 80% (en Italie) des Européens sondés voteraient pour lui, s'ils pouvaient. Fatigue de Bush et des républicains, envie d'une « rupture » avec les « néo-conservateurs », besoin de voir un « autre visage de l'Amérique », fascination pour un homme de couleur qui réussit « l'impossible exploit » de pouvoir accéder à la maison blanche, look « à la Kennedy », bonne communication...et besoin de placer des espérances nouvelles dans une génération nouvelle.

Mais cette « obamania » n'a pas encore gagné les sphères  dirigeantes de la plupart des pays. Pour cause...

 

24/07/2008

Plaidoyer pour la brigade franco-allemande

SUR RELATIO-EUROPE.EU
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Jeudi, 24 Juillet 2008 22:06

Par Daniel RIOT

Illogique. Aberrant. Irresponsable. Comment a-t-on pu à la fois prétendre faire de « l'Europe de la défense » (qui reste un mirage) l'une « des priorités des priorités » et songer à détricoter ce qui devrait être renforcé, amélioré, développer ? « La capacité à faire des choix », comme dit Fillon, implique la responsabilité de faire des bons choix, - d'avenir-, non des décisions  qui nous font avancer à reculons. Par facilité ou inconscience.

Personne de sérieux n'aurait du ne serait-ce qu'envisager de détricoter la « Brigade franco-allemande ». Une question « organisationnelle et opérationnelle ».D'efficacité et  de symbole : cela compte encore n'en déplaise à Morin le mal inspiré !

La modernisation et la rationalisation, la diminution des dépenses publiques et l'adaptation des besoins aux évolutions géostratégiques ne doivent pas se faire au détriment de ce qui devrait, déjà,  appartenir aux unités d'élite.

D'ailleurs, globalement, l'ensemble du Livre Plan ne s'inscrit pas  suffisamment dans une dimension européenne. N'avait-on pas promis un livre vert en la matière pendant la présidence française ?  Il est vrai que le ministre Morin ne peut guère faire plus et mieux que ce qu'il fait : ce n'est pas lui qui décide et son pouvoir d'influence est très faible, comme tous ceux dont les nominations ont  relevé de la sucette politique et  non de critères de compétence...

17/03/2008

L'Europe à Strasbourg: Roland Ries en première ligne

Strasbourg l'européenne : Une vraie chance à saisir

L'éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

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La victoire de Roland Ries n’est ni une surprise ni une mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui veulent que Strasbourg soit digne de sa vocation européenne forgée par son histoire, par sa géographie et par l’empreinte de l’humanisme rhénan. Et de sa mission de « capitale démocratique » de l’Europe définie par le traite de Londres en 1949 instituant le Conseil de l’Europe et confirmée à plusieurs reprises par les traités de l’Union européenne

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04/02/2008

Europe et Municipales: les frontières transcendées

Fiche d’information RELATIO N ° 5

Eurodistricts, eurorégions et coopérations transfrontalières

72568dae8db12b9a25a2e644ffec274d.jpgDe la difficulté de vivre entre « bons voisins »

 Eclairage RELATIO, par Daniel RIOT

L’Europe ? Une « nouvelle frontière » : celle qui permet de transcender les... frontières. De transformer des lignes de fronts en ponts, en creusets de coopération, en terrains d’entente. D’élargir ses horizons. La coopération transfrontalière se développe sous plusieurs formes, plus ou moins efficaces, à des échelles plus ou moins grandes : près de 500 zones frontières en Europe ont changé ainsi leur paysage geopolitique et la vie quotidienne de leurs habitants.

Cela n’est pas toujours aussi simple  qu’on pourrait le croire dans l’abstrait :poids du passé, parfois ; difficultés de vivre en « bon voisinage », toujours ; rivalités plus que complémentarités de temps en temps…Et réflexes du « chacun chez soi », du « chacun pour soi », du « charbonnier est maître chez soi »… Il est toujours des opposants farouches à ce type de coopération : ne nous le cachons pas. Il est aussi des résignés méfiants face à ce mode de « vivre ensemble » : ils sont les freins (souvent masqués) au développement de ces aventures humaines si enrichissantes pour celles et ceux qui à « l’aise dans leurs  chaussures » ne vivent l’œil rivés sur la pointe de leurs souliers…

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30/11/2007

Europe: Le rhino du Rhin, le logo rassembleur de la région du Rhin Supérieur

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  Premiers résultats des travaux entrepris sous la direction d'Alexis Lehman qui anime le groupe de réflexions "RHIN 2020" lancé par la Fondation d'Entente franco-allemande: La Région du Rhin supérieur se dote d'un LOGO rassembleur, d'un emblème mobilisateur, d'une image qui symbolise à la fois l'ancienneté, la solidité, l'esprit de résistance et le gout de l'offensive: le rhunocéros. Un Rinhocéros aux couleur de ces grès qui marque l'unité géologique d'une Région au coeur de l'Europe et surtout de cet humanisme rhénan fondateur des valeurs de l'unité européenne en marche!

Résultats d'un concours: Les quatorze étudiants de la Hochschule für Gestaltung (Ecole d'arts et média) de Karlsruhe ont entrepris un voyage à travers la région afin de s'imprégner de son atmosphère, de sa particularité et de ses diversités. L'épilogue de ce voyage au sein du Rhin Supérieur a finalement donné naissance à une écriture, quatre couleurs et un rhinocéros.

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 Pourquoi le Rhino ?

Il y a 500.000 ans, le rhinocéros faisait partie de la faune de "Homo Heildelbergensis". On peut d'ailleurs admirer le crâne d'un rhinocéros des bois (Stephanorbinos hundsheimensis) dans le musée des sciences naturelles à Karlsruhe. Le rhino, aujourd'hui, frappe par sonriginalité:  Il est grand, ambitieux et puissant, et sa corne ressemble à s'y méprandre aux méandres du Rhin.

 
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Le choix des couleurs...

La couleur du Rhin Supérieur est celle du grès des Vosges. La couleur du grès varie entre des nuances de brun foncé et des nuances plus chaudes de rose clair et de rouge. Chaque pierre est différente et sa couleur varie selon son exposition à la lumière. Les couleurs du grès des Vosges constituent déjà une marque de fabrique de la Région du Rhin Supérieur, la cathédrale de Fribourg et celle de Strasbourg en sont les plus parfaites illustrations.

L'équipe de la Staatliche Hochschule für Gestaltung de Karlsruhe qui a remporté ce premier prix (doté de 10 000 €) est composée par : Le professeur Sven Voelker, Martin Borst, Sebastian Cremers, Nora Cristea, Max Dewald, Niklas Horn, Emanuel Klieber, Viola Kup, Lisa Naujack, Stefanie Miller, Philipp Rosenbeck, Daniel Schludi, Tanja Schüz, Anika Tisken et Cesar Osorio Le projet de Jinsu Ahn, originaire de la Corée du Sud et étudiant à l’école d’art de Bâle, a remporté le deuxième prix. Jinsu a conçu un logotype pour la communication dans la région rhénane. La troisième place va au projet présenté par Gladys Lemoine de l’école d’art mulhousienne « Le Quai ». Son projet montre trois arches qui se succèdent pour symboliser les liens dans la région.

Cette initiative de la Fondation Entente franco-allemande est une contribution au projet politique visant la création d’une région métropolitaine européenne dans l’espace rhénan. Le projet lauréat est une proposition faite aux acteurs institutionnels et privés actifs dans la région trinationale. L’objectif est de développer, en partant de cette nouvelle image de marque, une campagne de communication pour renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens à cet espace. La cérémonie solennelle de remise de prix aura lieu au Parlement Européen le 17 janvier 2008.

Les photos des trois projets lauréats peuvent être consultées et téléchargées sur le site de la Fondation franco-allemande qui est présidée par André Bord et dirigée par  Mme Andrée KEMPF>>>>>>>>>>>>>
LE SITE DE LA CONFERENCE DU RHIN SUPERIEUR >>>>>>>>
SUR LE SITE DE LA REGION ALSACE >>>>>>>>
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fbfc307cb33a4bfa83dc05df0589e7cb.jpgL'espace du Rhin Supérieur est subdivisé en 3 sous-espaces :
Pamina, Centre et RegioTriRhena

Les régions qui composent l'espace du Rhin Supérieur :

- L'Alsace (les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin)

- La Suisse du nord-ouest (avec les Cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Argovie, Soleure et le Jura)

- Le Land Baden-Württemberg (Regierungspräsidium Karlsruhe et Freiburg) et le Land Rheinland-Pfalz (Sud du Palatinat)
Le Rhinocéros dans (presque)  tous ses états….

 

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Un rhino sur une pièce romaine.....
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Il s'agit d'une fable dont l'interprétation reste ouverte. L'une des plus pertinentes est celle de la dénonciation de tous les régimes totalitaires (nazisme, stalinisme et autres) et du comportement de la foule qui suit sans rien dire, du stéréotype (d'où la métaphore avec un rhinocéros), par peur de ce régime, par mimétisme collectif. Le Rhino du Rhin comme celui de  Ionesco est un emblème de RESISTANCE. Résistance à tout ce qui attente  à l'humaine condition et à tout ce qui transforme en monstre le meilleur des hommes.... La rhinocérite: une maladie qui a souvent frappé l'Europe Ionesco la traite avec un sens aigü de l'absurde....« Un homme qui devient rhinocéros, c'est indiscutablement anormal ». La « rhinocérite » menace toujours… puisque la paix et la démocratie, les valeurs de l’humanisme et les droits de l’homme exigent vigilance, clairvoyance et courage.  

« L'homme supérieur est celui qui remplit son devoir » 

[Eugène Ionesco]

 

22/11/2007

Europe culturelle: "la pionnière de l'art moderne allemand"

A l'occasion du centième anniversaire de la mort de la peintre Modersohn-Becker, un monument à la mémoire de "la pionnière de l'art moderne allemand" a été inauguré à Brême

 

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A LIRE SUR RELATIO >>>>>

14:31 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, arts, allemagne, europe

20/11/2007

Europe GOURMANDE: Soyons "saucissologues"...

La Saucissologie: un héritage culturel allemand soigné et une "discipline " européenne. 

A chaque chancelier, sa spécialité. Du côté de M. Helmut Kohl, c'était la panse de porc farcie (Saumagen), M. Gerhard Schröder soignait son amour pour la saucisse grillée au curry (Currywurst). En Allemagne, les invités officiels se laissent séduire de temps à autre par la "German Sausage".

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Ainsi, les hommes politiques partagent une passion allemande: chaque année, un citoyen allemand engloutit en moyenne 30 kilos de charcuterie - saucisse, jambon et pâté. Recevoir du charcutier une petite saucisse de Strasbourg (Wienerle) appartient pour beaucoup aux souvenirs de l'enfance.

Certes, le nombre de magasins spécialisés recule. Néanmoins, avec le retour de la cuisine maison, les Allemands semblent avoir redécouvert leur amour pour la charcuterie. On peut même les acheter sous forme de tapis de design ou les bricoler pour former un téléphone portable.

LE DOSSIER "SAUCISSES" DE RELATIO >>>>>>>>>

06/10/2007

Affaires et affairisme : Où souffle « l’esprit Dallas »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO :Thierry Breton (que je connais depuis bien longtemps) est un homme d’une intelligence  peu ordinaire. Cela l’a conduit avant ses carrières industrielles et ministérielles à écrire des livres et à avoir des vues prospectives d’une pertinence exceptionnelle. Il affiche une de ces lucidités que l’on aimerait voir plus répandues. C’est en raison même de ses qualités que sa prestation devant les sénateurs laisse dubitatif…

«Transparent», mais «pas convaincant» dit, devant des journalistes, Philippe Marini, le rapporteur UMP de la commission des Finances du Sénat. Un bon résumé. Pourquoi ?

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A trop clamer que « L’Etat a eu un comportement exemplaire », en s’abritant un peu maladroitement derrière des structures (logiques en régime capitaliste) dont ses prédécesseurs sont responsables (Fabius et DSK) et en avouant  sa méconnaissance voire son ignorance de « l’affaire », l’ex-locataire de Bercy a paru très gêné par les questions des parlementaires… qui comprennent mal pourquoi cet ex-consultant n’ait pas su se faire mieux écouter par les dirigeants d’EADS…

Quand Manfred Bischoff (Daimler) et Arnaud Lagardère sont venus, en novembre 2005, l’informer de leur intention de céder leurs parts (7,5 % du capital chacun), il leur a signifié sa « très grande réserve»… Pas plus ?

Et quand  la Caisse des dépôts - un organisme public  - a racheté une partie des actions de Lagardère, il l’a appris «en lisant la presse»… Heureusement qu’il ne lit pas que « l’Equipe », notre actuel prof d’économie à Harvard, contrairement à ce que disent les « Guignols »… Manque d’autorité, là, manque de contrôle de ses services (directs et indirects) ici… Oh ! Thierry, ils étaient pourtant bon vos livres sur « La fin des Illusions » et sur « La Dimension invisible »…

On comprend que Christine Lagarde qui avait pris la défense de son ministère avec force, comme par réflexe, se ravise et exige une enquête interne… C’est la moindre des choses, peut-on dire sans rire. 

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 Qui plus est, un fait et une chronologie jettent un sérieux trouble. Le 8 mars 2006, le directeur adjoint du cabinet de Breton apprend de la bouche du directeur financier de Lagardère que ce dernier, (« mon frère », dit de lui Nicolas Sarkozy) ­s’apprêtait à vendre sa participation. L’information est transmise immédiatement  à l’APE, l’Agence des participations de l’Etat.  Mais elle ne sera rendue publique que le 5 avril. Pourquoi ? Or,  entre-temps, les hauts dirigeants d’EADS ont vendu massivement leurs actions. Etrange, non ? Surprenant, non ?  C’est l’un des points que l'inspecteur général des finances Bertrand Schneiter (à qui Lagarde a confié l’enquête) devra éclaircir. Avant jeudi !

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Il est un autre point d’ombre : qui peut croire, en connaissant un peu la « maison » que la Caisse des Dépôts et Consignations puisse acquérir un tel paquet d’actions d’une entreprise européenne hautement stratégique sans que les autorités politiques en soient averties ?  

La Caisse des dépôts et consignations affirme haut et fort avoir agi de façon « autonome » et sans instruction de la part de l'Etat. C’est beau l’indépendance ! Mieux : elle  confirme qu'elle se joindrait à la procédure qui serait engagée à l'issue de l'enquête en cours menée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'il apparaissait que des agissements aient pu lui nuire en tant qu'actionnaire. Nous voilà rassurés. Pas vous ?

En tous cas, si l’Etat a eu une « conduite exemplaire », ses « serviteurs » n’ont pas eu, visiblement, la conduite qui s’imposait. Ni financièrement, ni politiquement, ni moralement.

Au-delà des personnes en cause, n’est-ce pas là  l’une des illustrations de cette connivence presque institutionnalisée entre les « milieux d’affaires », ces artistes de la géofinance, ces virtuoses de « l’économie casino »,  et les « sphères politiques »…qui devraient, par définition, placer les intérêts de la Cité (au sens large du terme) avant ceux des champions de la « corbeille ». De cette « Corbeille », où selon de Gaulle, ne devrait pas se faire la politique de la France…

Mais depuis le général, la « Corbeille » a pris une influence que la politique n’a plus… L’Italie a eu Berlusconi : elle n’en est pas encore guérie. Et le « berlucosnisme » n’est pas qu’une spécialité italienne : « l’esprit Dallas » fait trop de ravages. Ce qui ne nous empêche pas de « réfléchir », à la demande de Sarkozy et sous l’autorité de Rachida Dati,  à une « dépénalisation du droit des affaires ». Une urgence, on vous dit ! Un impératif ! Une réforme qui s’inscrit dans la profonde réforme de la justice « souhaitée par les Français qui ont élu Nicolas Sarkozy ».

Ben voyons … Si la croissance est en panne, est-ce parce que « l’esprit Dallas » est trop freiné au pays de Colbert par une justice pénale trop sociale ?... Si les dettes françaises sont aussi vertigineuses, est-ce parce que la « droits des affaires » secrète trop de vilaines « affaires » qui empêchent de « belles » affaires ?...

Réformer le droit des affaires, peut-être : là comme ailleurs, il y a trop de lourdeurs et d’arbitraire bureaucratiques. Mais, attention ! « L’esprit Dallas » voudrait que « l’affairisme » devienne un droit….

Au  fait, (on passe d’une affaire à l’autre, c’est cela le dynamisme !),  il a toujours ses nobles fonctions au Medef, le sieur  Denis Gautier-Sauvagnac. « Négociateur en chef sur la modernisation du marché du travail » : voilà un joli titre, non ? Surtout pour quelqu’un qui reste présumé innocent mais qui a opéré des retraits de fonds qui dépassent l’entendement de gens normalement constitués…

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Aux dernières nouvelles, deux autres comptes bancaires suspects ont été découverts par les policiers de la brigade financière (BF) enquêtant sur les retraits de fonds qu'aurait opéré Denis Gautier-Sauvagnac dans une caisse de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM).

Selon l’Express, le négociateur du Medef aurait sorti en liquide, entre 2000 et 2007, non pas cinq mais quinze millions d'euros sur le compte de l'UIMM. Tout augmente… Il y a trop de zéros pour qu’un esprit ordinaire (vous et moi)  voit la montagne que cela représente…

Piment de plus :  la piste privilégiée par les enquêteurs concernerait le financement occulte des syndicats, ce qui ferait de cette affaire « une bombe politico sociale », toujours selon l’Express.  Les syndicats s’en montrent outrés, évidemment. Attendons… puisque Denis Gautier-Sauvagnac a nié toute malversation.

Mais si cette piste se vérifie, nous aurions là une version originale du grand rêve (gaullien) de l’association « capital-travail). « L’esprit Dallas », c’est d’abord la culture du résultat, le culte de la fin et… l’occultation des moyens.  « JR » n’est pas méchant mais cyniquement efficace.Dans un "univers impitoyable".

Cela dit, nous attendons aussi des nouvelles …d’Allemagne. Car le scandale EADS, puisque scandale il y a même si l’enquête n’est pas terminée, est franco-allemand. Or, pour l’heure, du coté de chez Daimler (et de la Chancellerie), c’est plutôt une discrétion étourdissante :il est des silences qui font du bruit !

Impression et supputation : le refus politique allemand d’ « allonger » les euros nécessaires à Galiléo ne s’explique-t-il pas en partie par le trouble provoqué par cette secousse EADS ? Cela se comprendrait… C’est en cela d’ailleurs (aussi) que nous parlions ici d’un « crime contre l’Europe ». Un crime commis au nom de « l’esprit Dallas ».

Daniel RIOT

POUR OU CONTRE LA DEPENALISATION DES AFFAIRES ? VOTRE AVIS >>>>  

 

31/08/2007

Angela Merkel sacrée (à nouveau) par Forbes

 Une « femme d’Etat » qui a su rester une « fille du peuple », loin des mirages de la « people démocratie »

Commentaire Relatio par Daniel RIOT : Sarkozy peut toujours tenter de la taquiner ou de la charmer, comme si elle avait ce sens de l’humour des people, des femmes qu’on peut séduire par un bon mot ou un sourire complice. Ses adversaires (y compris au sein de la CDU où les machos nostalgiques des Trois K, Kinder, Kirsche, Küche, ne manquent pas) peuvent toujours ironiser sur son physique qui  n’est pas celui qui fait vendre les magazines, sur son coté bobonne ou, plus sérieusement, sur son conservatisme. Les caricaturistes en cassent leurs crayons… Angela MERKEL n’est pas de ceux qui finissent pas ressembler à leurs caricatures et de faire comme s'ilsimitainet leurs imitateurs...

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La « maman de la nation » a su se faire respecter, dans son camp et chez ses alliés-adversaires de la grande coalition. Chez ses partenaires européens et chez ses interlocuteurs internationaux surtout. Avec des qualités à l’opposé de celles de Sarkozy.

En sachant rester simple et proche des gens. En ne jouant qu’un rôle, le sien, sans se glisser dans les personnages de la «Commedia dell'arte » politico-médiatique d’aujourd’hui.

Quand elle va dans un supermarché, c’est pour faire ses courses, non pour faire un coup médiatique (de plus), avec le patron de la chaîne, devant les caméras…

Quand elle fait un discours, c’est pour faire progresser un dossier, non pour tenter d’améliorer son image, et faire parler d’elle.

Quand elle va en Chine, ce n’est pas pour poser devant la Grande Muraille pour gagner en « bravitude ».

Elle n’a pas été nourrie par les fantasmes et les rêves des illusions de la société de consommation, du star-système, du strass des fausses réussites de la « people society », de la « jet society »,   avec fréquentation des « pipôles », des célèbres et des fortunés… Et elle ne confond pas l’être et le paraître, le savoir-faire et le faire-savoir, les effets de manche et les vraies décisions. Celles qui sont dictées par le souci de concilier l’urgence et l’avenir, la gestion et la vision. Celles qui améliorent le cours des choses sans qu’on ait besoin de faire appel à la méthode Coué et de faire la Une des journaux tous les jours, sans « être en campagne électorale en permanence », sans se vouloir directrice des relations humaines de la gauche allemande tout en menant une politique intérieure de droite.

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Les Allemands ont bien de la chance. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’aient pas de problèmes…Kohl (le « père » proprement « tué ») n’a pas fait d’erreur de casting avec cette fille de pasteur et d’institutrice qui a su devenir « femme d’Etat » en restant « fille du peuple ». Qu’elle soit, pour la deuxième année consécutive, en tête du hit parade des « femmes influentes » de Forbes n’a rien d’étonnant. Si le palmarès concernait l’ensemble des femmes et des hommes d’Etat, elle serait en tête aussi, sans doute. Et cette année nul besoin de se creuse pour désigner « l’Européen de l’année » : c’est déjà elle. Loin devant tous les autres…

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C’est qu’elle sait marier idéaux et réalisme. Qu’elle a placé les valeurs du Conseil de l’Europe et l’amélioration du « vivre ensemble » au cœur de son action. C’est qu’elle a pleine conscience de la fragilité de la démocratie et des Droits de l’Homme. Elle le montre chaque jour en Allemagne, où elle multiplie les campagnes pédagogiques, et les mesures qui allient intelligemment prévention et répression. Elle vient encore de le confirmer lors de sa visite en Chine. Comme elle l’avait montrer face à Poutine et à Bush. Et en bien des domaines (y compris en termes d’endettement et de budgets mais aussi d’action sociale), « l’Allemagne de la grande coalition » (que peu d’observateurs français voyait durable et efficace) a bien des leçons à  donner à ses voisins et partenaires. 

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Peut-être parce qu’elle vient de « l’Est », elle sait mieux que d’autres tirer les leçons des deux totalitarismes qui ont tant fait de ravages en cette terre d’Europe. Peut-être parce qu’elle a une philosophie d’action authentiquement personnaliste sait-elle mieux que d’autres donner du sens au mot valeur. Peut-être parce qu’elle est femme sans jouer frivolement à la fois d’une féminité exhibée et d’un féminisme proclamé sait-elle mieux que d’autres que la personne humaine importe plus que le genre ou le sexe qui la porte. Merci d’exister, Madame.

Daniel RIOT

PS: Angela Merkel arrive pour la deuxième année consécutive en tête du classement Forbes des femmes les plus puissantes du monde. La chancelière allemande devance Mme Wu Yi, vice-Premier ministre chinois, et Mme Ho Ching, PDG d'une société publique singapourienne. Parmi les 10 premières femmes on retrouve cinq Américaines et trois issues de l'Asie. Condie Rice, secrétaire d'Etat US, glisse du 2e au 4e rang A noter que 2 ministres du gouvernement Sarkozy, Michèle Alliot-Marie et Christine Lagarde, se classent respectivement 11e et 12e. Hillary Clinton arrive pour sa part à la 25e place

15/08/2007

L’Europe vagabonde : Constance, sans amnésie, et les chutes du Rhin sur les pas de Hugo...

Une chronique de William Petitjean pour RELATIO avec la complicité de Jacki F., internaute amoureux, d’ Yves Simon, « L’homme arc en ciel » et de  Victor H., « L’homme Océan »...

« Le lac de Constance, j’ai longtemps cru qu’il était français. A cause de la chanson   d’Yves Simon   peut-être… « Amnésie », a chanté « L’homme arc en ciel »

« Les mots d'amour mots de guerre
Et d'indifférence
Seront noyés dans les eaux
Du lac de Constance »

Mais Constance, c’est Konstanz…   Entre le France et lui : la Suisse. Qui  partage ses eaux avec l’Autriche (la Bavière vient s’y mouiller un bras) et l’Allemagne. Bodensee, le lac ! Une vraie mer sur le Rhein, pardon, le Rhin. Au pied des Alpes.

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Le Lagus Brigantinus des Romains a trois belles poches : l’Obersee ou lac supérieur, entre Bregenz (Autriche) et Constance ; le lac inférieur (Untersee) et le lac d’Überlingen. C’est une région fantastique… Cette année, bien sûr, la pluie était un peu trop généreuse, mais ce ciel fâché a donné aux Chutes du Rhin voisines, à Schaffouse, un coté infernal qui remue les tripes. » Nous y reviendons

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Jacky F. a découvert le Bodensee, vpilà quelques années,  par amour des ballons… Friedrichshaffen,   capitale  des Zepplin. Un mode de transport du futur ces autobus de l’air contrariés dans leur développement par la grande dépression, l’hitlérisme, l’angoisse des accidents (qui a fait le succès du film « L'Odyssée du Hindenburg »)…et le développement des avions.

Mais en cette ère d’économies forcées d’une énergie raréfiée, le Zeppelin n’est pas condamné à dormir dans le magnifique « Zeppenlinmuseum » de Friedrichshaffen.   Il va loin, et vite le Zepplin du XXI ième siècle

« Le Zepplin ne fait pas prendre que de  l’altitude : comme les ballons, les dirigeables, ces aéronefs nous font prendre de la hauteur d’esprit…»,  sourit Jacky F. Les paysages sont tellement différents, vu du ciel. Ils nous attirent, magnétiques. Ils nous donnent envie de nous poser et de les explorer.

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Au Bodensee, l’air, l’eau et la terre ! Avec les Alpes en ligne d'horizon... Des paysages mystiques, ou du moins qui inspirent des élans mystiques. Pas étonnant qu’il y ait autant de petites églises. Ce sont des paysages qui te poussent à entrer en toi-même, dans le labyrinthe du « moi » profond» Pas étonnant que cette région soit celle de Carl Gustav Jung l’ami-ennemi de Freud.

Cet « explorateur de l’âme humaine dans ses profondeurs les plus cachées », comme on dit dans les syndicats d’initiatives du coin est né à Kesswil,    un vrai village où il n’y a rien à voir mais toute une atmosphère à sentir sur la rive suisse du lac ». La théorie des climats est d’abord celle des paysages, en effet. Et l’on voit (aussi) ce que l’esprit projette…

« Il suffit de se balader sur les rives du Bodensee, de s’arrêter dans les villages, pour se sentir à la fois profond et léger,  serein et troublé, calme  et inspirés », insiste Jacki F qui dit préférer ces villages peu fréquentés aux hauts lieux de la région célébrés par les guides, comme l’île de Mainau ,de la Maison Bernadotte, où un micro-climat fait pousser des fleurs surprenantes dans cette Suisse pleine de secrets.

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Romantisme… « Oui cette région est très romantique », soupire Jacki F. « Un romantisme qui fait sourire et non pleurer , avec cette pointe d’ironie que donnent ces châteaux et ces églises baroques qui font le bonheur des photographes du dimanche… Meersburg, par exemple. J’ai aimé à Meersburg : on en ferait une chanson, non ? Le fort de la mer… »  

Là, se rencontrent l'Obersee et l'Überlinger See.  Une ville de cartes postales qui semble narguer, de loin, la fière Constance. , juste en face, sur l’autre rive. On raconte qu’elle a été construite par le Roi Dagobert Ier , celui de la culotte à l’envers

De Constance,   ville impériale et gravée dans l’Histoire par un Concile à l’heure de l’œcuménisme puisqu’il mit fin eu Grand schisme d’Occident en 1418  La ville en a conservé une trace visible érigée en 1993 : la statue Impéria  qui tourne sur elle-même toutes les trois minutes. La Suisse horlogère n’est pas loin…

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« Mais en été, c’est sur la rive autrichienne qu’il faut aller. Bregenz ! La capitale du Vorarlberg  la partie la plus à l’ouest de l’Autriche. Cette cité deux fois millénaire, celte et fière de l’être,  qui a pour emblème la Tour Saint-Martin dans la vieille ville médiévale, est devenue une véritable Mecque des amateurs d'architecture moderne.

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Des architectes tels que Hans Hollein, Jean Nouvel et Peter Zumthor ainsi que le groupe des « Vorarlberger Baukünstler » ont apporté ces dernières années des contributions décisives au site urbain de cette ville de 28 000 habitants qui est riche parce qu’on y travaille beaucoup. Comme toute la région d’ailleurs. Mais on essaie de concilier industrie et environnement »

Tout à fait, grâce à une coopération transfrontalière très active. Qui sait conduire un projet de « développement durable » où la protection de l’environnement tient une place primordiale.

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Mais Bregenz, c’est surtout, la ville qui fait rêver tous le mateurs d’Opéra (voir des vidéos). Pour cette année, c’est un peu tard : le festival se termine ce 19 août…  Jacky F. y était. Avec sa fée de Meersburg, bien sûr…  « J’ai pris mon pied. Malgré la pluie. Fantastique, cette scène lacustre ! La plus grande du monde… Et j’avais réservé des places depuis longtemps : cette Tosca-là ne se rate pas, même quand on est pas un  esthète de l’oreille…Grandiose. Comme l’Orchestre de Vienne dans ce décor…Puissant, surtout avec cette mise en scène d’avant-garde. Giacomo Puccini et les nouvelles technologies !  

D’ailleurs, j’ai lu quelques critiques d’experts : elles sont unanimes. » Et le programme    ne se résumait pas à cela : un haut lieu de l’Europe culturelle, Bregenz !

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« Pour que la fête soit totale, je suis allé écouter et voir les chutes du Rhin ! Avec ce temps, cette année, c’était géant. Océan »…  Comme Hugo  , « l’Homme Océan » qui mieux que quiconque a su décrire ce qui donne à Schaffhouse une célébrité mondiale.   Cela n’a rien à voir avec le Niagara, : c’est plus modeste mais plus tourmenté.  Il faut y aller, coté suisse et coté allemand, en osant la navigation et la montée glissante vers le belvédère qui  domine les rochers. Frissons assurés.

« Là aussi, le paysage est mystique », soupire Jacki F. en nous contant son « expédition ». Mais qu’il nous pardonne, Jacki F. ! C’est Hugo, sur Schaffhouse, qui aura ici le dernier mot…

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« Je suis descendu un peu plus bas, vers le gouffre. Le ciel était gris et voilé. La cascade fait un rugissement de tigre. Bruit effrayant, rapidité terrible. Poussière d'eau, tout à la fois fumée et pluie. à travers cette brume on voit la cataracte dans tout son développement. Cinq gros rochers la coupent en cinq nappes d'aspects divers et de grandeurs différentes. On croit voir les cinq piles rongées d'un pont de titans. L'hiver, les glaces font des arches bleues sur ces culées noires.

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Le plus rapproché de ces rochers est d'une forme étrange ; il semble voir sortir de l'eau pleine de rage la tête hideuse et impassible d'une idole hindoue, à trompe d'éléphant. Des arbres et des broussailles qui s'entremêlent à son sommet lui font des cheveux hérissés et horribles.
A  l'endroit le plus épouvantable de la chute, un grand rocher disparaît et reparaît sous l'écume comme le crâne d'un géant englouti, battu depuis six mille ans de cette douche effroyable. (…)
Là, tout vous remue à la fois. On est ébloui, étourdi, bouleversé, terrifié, charmé. (…). On est enveloppé d'une effroyable averse tonnante. (…) Les deux géants qui redressent la tête, je veux dire les deux plus grands rochers, semblent se parler. Ce tonnerre est leur voix. Au-dessus d'une épouvantable croupe d'écume, on aperçoit une maisonnette paisible avec son petit verger. On dirait que cette affreuse hydre est condamnée à porter éternellement sur son dos cette douce et heureuse cabane.

 

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Je suis allé jusqu'à l'extrémité du balcon ; je me suis adossé au rocher.L'aspect devient encore plus terrible. C'est un écroulement effrayant. Le gouffre hideux et splendide jette avec rage une pluie de perles au visage de ceux qui osent le regarder de si près. C'est admirable. Les quatre grands gonflements de la cataracte tombent, remontent et redescendent sans cesse. On croit voir tourner devant soi les quatre roues fulgurantes du char de la tempête »

Victor Hugo termine sa lettre   par un des ces détails que seul l’œil d’un génie peut voir :  « Dans une anfractuosité du roc, j'ai remarqué une petite touffe d'herbe desséchée. Desséchée sous la cataracte de Schaffhouse ! Dans ce déluge, une goutte d'eau lui a manqué. Il y a des cœurs qui ressemblent à cette touffe d'herbe. Au milieu du tourbillon des prospérités humaines, ils se dessèchent. Hélas ! C'est qu'il leur a manqué cette goutte d'eau qui ne sort pas de la terre, mais qui tombe du ciel, l'amour ! »

Cette « goutte » qui ne manque ni à Jacki F. et à sa fée du « fort de la mer », ni à Yves Simon, le « voyageur magnifique » : « Demain, je t’aime »…

William PETIJEAN


LES CHRONIQUES DE L'EUROPE VAGABONDE >>>>>>>>>>

10/08/2007

Droits de l'Homme: Nuremberg, Prix de l’Europe 2007

30bcfc159a83454d0713b96267144d6f.pngLe 11 août, se déroulera au Château de Tucher, la cérémonie de remise du Prix de l’Europe 2007 à la ville de Nuremberg , dans le cadre du festival des jumelages que la ville organise. Le prix   est décerné par l’Assemblée du Conseil de l’Europe  aux collectivités territoriales qui sont particulièrement actives dans la promotion de l'idéal européen. Walter, un fidèle lecteur de RELATIO, connaît bien cette ville… Je le laisse parler. 

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« De Nuremberg à Nuremberg, tu connais ? Un documentaire extraordinaire de Frédérique Rossif et Philippe Meyer… Nuremberg, 1935 : « O Führer, quoique tu nous ordonnes, nous le ferons », clament les militants du parti nazi…  Nuremberg, 1945 : le procès des criminels de guerre, des vaincus survivants... Dix années qui valent des siècles et qui pèsent encore tellement sur les esprits européens ! Nuremberg, ville-symbole, chargée d’histoire depuis le Xl ème siècle. Un des berceaux de l’humanisme allemand. Patrie d’Albrecht DÜRER.   Comment tant d’horreurs ont-elles pu se déclencher à partir de cette ville impériale  de Franconie, de cette deuxième ville de Bavière (après Munich), de ce centre culturel qui abrite tant de trésors ? Mystère…

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Aujourd’hui, Nuremberg, c’est l’humanisme post-totalitaire, les droits de l’homme, le respect de la personne humaine, l’esprit d’ouverture. Ce prix de l’Europe, elle aurait pu et du le recevoir depuis longtemps. Elle est jumelée à quatorze villes, elle a reçu le prix UNESCO de l’éducation aux  Droits de l’Homme. Elle a  créé un Centre de documentation sur les droits de l'homme, elle a aménagé une rue des droits de l’Homme due à l'artiste israélien Dara Karavan, elle décerne régulièrement un prix international des droits de l'homme et elle organise tous les deux ans un Festival cinématographique, consacré aux droits de l'homme. Les droits de l’homme, seule bonne réponse à la barbarie, seul antidote contre l’inhumain, ce produit de « l’humain trop humain !

d746b1c03942fe76ef2569384210a42d.jpgle théâtre

Moi, j’y vais souvent, notamment pour l’ION, la semaine internationale de l'orgue, le plus grand et le plus vieux festival de musique religieuse en Europe. Mais elle a aussi un festival de Rock : « Rock im Park »,  trois jours de folies et le Bardentreffen, un festival gratuit de « musique du monde » qui attire plus de 200 000 personnes durant tout un week-end. Là on ne mange des Nürnberger Bratwürste  ou du Lebkuchen un pain d'épice comme on ne trouve nulle part ailleurs et qui fait un malheur sur le célèbre Marché de Noel.  Et on en boit du  Frankenwein! J’aime bien ce vin …du pays de la bière… La cuisine franconienne est riche, mais bonne.

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J’adore aussi son Musée national le Germanisches Nationalmuseum. Très design. Chaque fois, je prends le temps, bien sûr, de flâner dans la vieille ville, avec ses remparts, ses 80 tours, ses rues commerçantes. Et je ne me lasse pas de la maison et des oeuvres de Dürer . Quel génie, ce type ! Et productif en plus : dessins, peintures, gravures… Un mathématicien, en plus. Et un philosophe. Une vraie figure d’Europe, Albrecht !

de1e9c110140a3fa75b5a5779b796041.jpgDurer:la douleur

Charles Quint ne faisait guère d’erreurs de casting dans le choix des artistes qu’il soutenait…Nuremberg est aussi la patrie d’un grand sculpteur sur bois, Veit Stoss dont un Retable  extraordinaire est à  Cracovie, et Adam Kraft, un très grand tailleur de pierres… Je devrais aussi te parler de Martin Behaim qui  y a conçu la première mappemonde et Peter Henlein qui y a fabriqué la première montre de poche. J’en oublie sans doute.

104a7314f5bf26c8676455ba6ead423c.jpgDurer: autoportrait

Mais je joue les guides, là…Pour les amateurs de foot, le FC Nuremberg est là : neuf titres de  champion d’Allemagne, quatre coupes ! Mais au foot, je n’y comprends pas grand-chose… Ah ! J’oubliais : pour les amoureux, un petit tour dans les jardins, ce n’est vraiment pas mal. Les jardins des Hespérides doivent leur nom aux Hespérides, les filles d'Hespéros, qui dans la mythologie grecque, étaient les gardiennes des fruits d'or… »

6a566fdcc2ad6e50ddb0f222dd6a7efc.jpgDurer:la fortune

Merci, Walter, pour cette visite guidée. Une vraie invitation au voyage. D’autant plus qu’autour de Nuremberg, il y a des ballades extraordinaires à faire : route des châteaux forts (pour les romantiques et les amateurs de légendes féeriques), route des jouets,   ville impériale et épiscopale de Bamberg,  inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec, en la cathédrale, la célèbre statue du « Cavalier de Bamberg » ou encore Ansbach, joyau du baroque et  du roccoco: l'ancienne résidence des margraves, abrite  l'un des plus  châteaux les plus impressionnats  du XVIIIe siècle en  Franconie. Et Bayreuth n’est pas loin…

William PETITJEAN

ee37dfa02ea3fd5b76c743964082091f.jpgDurer :adam et eve

Carte d’Allemagne >>>>>>

Office du tourisme de Nuremberg >>>>

Des gravures  de Dürer >>>

En savoir plus sur les curiosités de Nuremberg >>>>

Le procès de Nuremberg >>>>

Les procès de Nuremberg en DVD >>>>> 

De Nuremberg à Nuremberg >>>>

ac17e28363b7d18f50af4db33b1a88e5.jpgLe procès

Les héritages des Procès de Nuremberg

On doit aux Principes de Nuremberg, un document réalisé pendant ce procès, la définition des crimes contre la paix, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. En outre, les expériences médicales conduites par des médecins nazis ont conduit, à l'issue du « Procès des Docteurs », à la création du Code de Nuremberg qui pose des principes en matière d'expérimentation médicale sur des sujets humains.

De Nuremberg à Rome >>>>>  

 

24/07/2007

Quand on veut mêler biologie et théologie pour expliquer l'origine du monde...

 Voilà un débat qui se situe tout à fait dans le fil des remous suscités par la censure d’un8c83de9cf14daa425240a68ad068fbd8.jpg rapport lors de la dernière session de l’Assemblée du Conseil de l’ Europe. Censure que RELATIO avait mis en relief et, bien sûr, condamnée… C’est RUE89 qui met cette information en relief dans les médias francophones ;  «  Tollé en Allemagne à la suite de la proposition de la ministre de la Culture du Land de Hesse, Karin Wolff,(ci-contre) qui a suggéré que les questions théologiques concernant l'origine du monde soient abordées dans les écoles lors des cours de biologie ».

ec99c4e296e61e5359deb2e2b8b97c13.jpgConcernant l'origine du monde,(que COURBET représentait avec réalisme en 1866 dans ce tabeau qui scandalise encore bien des esprits) , Karin Wolf ne voit pas "de contradiction entre l'évolution biologique et l'explication biblique". C'est ce qu'elle a  déclaré au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Cette audacieuse affirmation lui a valu l'appui de quelques personnalités religieuses en Allemagne, dont celle de Walter Mixa, l'évêque d'Augsburg. Dans le camp des rivaux politiques de la ministre, les Verts et les sociaux-démocrates (SPD) ont stigmatisé ses prises de position et ont qualifié la ministre de "chrétienne fondamentaliste.

RUE 89 note justement :  « Cette remarque d'une ministre CDU (conservateurs) dans un Land très influent fait craindre que le mouvement créationniste ne cherche à pénétrer le système scolaire régional pour ensuite gagner le reste du pays. Ce débat fait aussi des vagues parmi les islamistes radicaux turcs qui refusent la théorie de l'évolution. Très implanté aux Etats-Unis dans les milieux fondamentalistes protestants, le mouvement créationniste dit du "dessein intelligent" ("intelligent design" en anglais) entend fonder scientifiquement les affirmations de la Genèse. La théorie du "dessein intelligent" postule un univers conçu pour l'homme selon une intention divine et il remet en question un principe cardinal de la théorie de Darwin: l'adaptation à l'environnement est la cause principale de l'évolution humaine. »

RELIRE SUR RELATIO >>>>>

L’ARTICLE DE RELATIO AVAIT DECLENCHE UN DEBAT FORT NOURRI SUR AGORAVOX >>>>

18/07/2007

La France en Europe : Sarkozy ou le "très vite" ...

 La vraie « rupture » de Sarkozy: Le rapport au temps

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT

Il n’a pas enfourché de vélo, mais il a fait « son » Galibier ! Dur, dur, de suivre les pas de Nicolas Sarkozy, aussi hyperactif qu’omni présent. Superman à l’Elysée : A vous couper le souffle ! Mais à quoi « marche-t-il », docteur, pour courir aussi vite et (déjà) aussi longtemps, sans ces pauses que … même le Créateur s’imposait le septième jour?

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Les vertus aphrodisiaques du pouvoir conquis avec brio, les dopages de la convoitise satisfaite, de l’ambition couronnée et de la concupiscence jamais assouvie n’expliquent pas toute cette énergie folle, dépensée et dispersée… Le jus d’orange non plus.  Même pour un modeste observateur curieux de tout et soucieux de comprendre (un peu) ce qui se passe dans ce « beau et grand pays », cet « homme pressé » finit par oppresser. Le « style Sarko » reste d’abord un « mystère Sarko ».  

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En plus, il est bon, le bougre ! Génial, à sa façon. Génial, non comme le cheval qui écoeura Musil du journalisme, mais comme ces êtres qui répondent, dans leurs champs d’action,  à la définition de Paul Valéry : « le génie est une habitude que prennent certains ».

Avec cet art du politique, joueur d’échecs en pleine réussite,  qui sait toujours avoir un « coup d’avance ». Avec cette intuition du chasseur, jamais à court ni de munitions et ni  d’inspiration,  qui réussit à atteindre ce qu’il vise même quand sa cible paraît hors de portée.   Avec ce magnétisme envoûtant du prestidigitateur  fascinant qui finit non par surprendre, mais par prendre. Avec ce charisme si peu définissable …

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Cette « bête de scène » excelle dans tous ses jeux de rôles (y compris dans celui de la sincérité travaillée, de la spontanéité calculée et de l’improvisation préparée a su, comme quelques prédicateurs américains, adapter les recettes classiques des « meneurs d’hommes », des « guides des foules » aux impératifs cathodiques des « enfants de la télé »…

Pour couronner le tout, il a toutes les vertus dont la France avait besoin pour sortir du chloroforme chiraco-jospiniste : le « ronfleur du G8 » nous faisait perdre du temps à force de chercher à donner du temps au temps, en oubliant que le temps pourrit autant qu’il guérit tout. Lui, avec ses piles  d’un « lapin Duracel » atomique,  lutte contre le   temps en défiant Chronos.

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Le rapport au temps, voilà la vraie rupture : l’instant qui vient compte plus que celui qui passe.

Dans cette ère de crise généralisée de notre rapport au temps, « Sarko- le- pressé » arrive à point, en mode, pile poil dans « l’air du temps » : instantanéité érigée en déesse, impatience généralisée, difficultés de concilier les temps politiques, médiatiques, judicaires …Plus de promenade, des « joogings ». Plus de voyage : des déplacements. Plus de réflexions : des réflexes. L’édité prime le médité.

A la tête de l’Etat, cela n’a pas que des avantages. Vieux dilemme  de la vitesse et de la précipitation. Les lois ? Passage en force. Tant pis si le temps n’est pas pris pour bien les préparer, les étudier, évaluer toutes leurs conséquences. Les initiatives diplomatiques : audacieuses, et courageuses même, mais que de fois, déjà, en deux mois, n’a-t-on pas mis en avant l’excuse de la rapidité si cultivée et de l’efficacité si célébrée pour se laver de quelques pêchés et maladresses…

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« Tout s’est fait si vite ! », a soupiré la secrétaire d'Etat  aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, Rama Yade,  comme pour expliquer qu’elle n’a pas pu rencontrer les associations tunisiennes des doits de l’homme quand elle accompagnait Sarkozy à Tunis.

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« Tout s’est fait très vite », ont expliqué nos diplomates pour calmer l’agacement des Allemands pris de court  lors d'une rencontre des ministres des affaires étrangères des Etats membres méditerranéens de l'Union européenne à Portoroz en Slovénie, le 6 juillet. Sans avoir consulté Berlin, Bernard Kouchner, a présenté une lettre visant à remettre des recommandations, au nom des Etats méditerranéens, à l'ex-premier ministre britannique Tony Blair pour sa nouvelle mission de paix au Proche-Orient.

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Il n’avait pas eu le temps non plus de prévenir Javier Solana qui, en dépit des honneurs  dont il a fait l’objet lors du 14 juillet à Paris est plus que contrarié par la diplomatie du « cavalier seul » français. Il l’a dit en termes polis dans une ITW à La Croix : « Si nous voulons être utiles, il y a des mécanismes plus efficaces que des lettres ouvertes pour faire avancer la politique étrangère de l’Union européenne »

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« Tout s’est très vite », a-t-on fait savoir pour expliquer aux négociateurs de l’Union européenne  qu’ « on » n’avait pas eu le temps de les prévenir de la mission de Cécilia à Tripoli. Comme d’ailleurs, en pleins G 8, le président n’avait pas eu le temps de prévenir ses partenaires européens qu’il proposerait unilatéralement un délai de six mois avant de se prononcer sur le statut futur de la province sécessionniste serbe du Kosovo, un dossier actuellement en pleine négociation à l'Onu…

« Très vite », cela peut encore aller : Le Super- Président est encore dans une période probatoire (pardon « d’état de grâce »). Mais attention : le « trop vite » serait  plus difficile à rectifier… Ah ! ce temps ! On a beau travailler plus, on n’en gagne pas davantage…

Daniel RIOT

16/07/2007

BUCHENWALD: 70 ans! Déjà...Seulement...

Le nom de l'enfer sur terre:l'inhumanité

d41b0b9b8dd2384ada5bb5c212e112be.jpg70 ans. Déjà, seulement… Dans la magnifique « forêt du hêtre », dans cette campagne boisée de Weimar qui a tant inspiré Goethe et Schiller, les nazis ouvraient ce qui reste une indicible et inguérissable plaie d’Europe.

L’enfer a un nom sur Terre : l’inhumanité, ce produit de « l’humain trop humain », cet enfant du  « monstre qui est en nous ».

A peine Patton était-il arrivé pour non libérer (le mot ne convient pas) mais pour ouvrir les portes de l’horreur que d’autres bourreaux, guidés par  des idéaux  trahis, occupaient les lieux : « Camp spécial n° 2 »…Buchenwald-Weimar : L’Europe dans ce qu’elle de pire et de meilleur.

 

Mémoire. Et transmission de la mémoire…

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Des survivants, dont certains français, ont commémoré hier la construction du camp de concentration de Buchenwald, commencée voilà  70 ans. Des gerbes de fleurs ont été déposées en hommage aux 56.000 personnes assassinées à Buchenwald entre le 15 juillet 1937 et le 11 avril 1945, date de la l’évacuation du camp par l'armée américaine.

Le ministre des cultes de Thuringe a remis un livre comportant les noms de 38.000 victimes identifiées au président du Conseil central des Sinti et Rom allemands, Romani Rose, et au secrétaire général du Comité central des juifs d'Allemagne, Stephan Kramer. Le conseil municipal de la ville de Weimar, située à côté du camp, a réaffirmé dans une déclaration son engagement contre le racisme et l'antisémitisme, ainsi que pour le respect des droits de l'homme, la liberté et la démocratie.

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Environ 250.000 personnes de 36 pays ont été déportées à Buchenwald entre 1937 et 1945. Le camp a d'abord reçu des opposants politiques au régime nazi, plus tard des juifs, des sinti et des roms, des homosexuels et des prisonniers de guerre soviétiques.

Peu avant la libération du camp et la fin de la guerre, plusieurs milliers de détenus furent emmenés sur les routes pour des marches forcées, où beaucoup trouvèrent la mort. Seuls 21.000 prisonniers assistèrent à l’ouverture du camp par les soldats américains, en avril 1945…

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Cet anniversaire est bien sûr l’occasion de lire ou de relire Jorge Semprun et son « Ecriture ou la vie » . Œuvre d’Europe . « Comment vivre quand on revient du néant et comment  écrire à partir de ce néant » ?  

2b5a11d0e79eb9acb1d41e2a58ef7c13.jpgExtrait : « Et puis, de cette expérience du Mal, l'essentiel est qu'elle aura été vécue comme expérience de la mort…

 Je dis bien "expérience"… Car la mort n'est pas une chose que nous aurions frôlée, côtoyée, dont nous aurions réchappé, comme d'un accident dont on serait sorti indemne. Nous l'avons vécue… Nous ne sommes pas des rescapés, mais des revenants…

Ceci, bien sûr, n'est dicible qu'abstraitement. Ou en riant avec d'autres revenants…

Car ce n'est pas crédible, ce n'est pas4b44ebf26b3b3e59d5052c1dab01653c.jpg partageable, à peine compréhensible, puisque la mort est, pour la pensée rationnelle, le seul événement dont nous ne pourrons jamais faire l'expérience individuelle… Qui ne peut être saisi que sous la forme de l'angoisse, du pressentiment ou du désir funeste… Sur le mode du futur antérieur, donc…

Et pourtant, nous aurons vécu l'expérience de la mort comme une expérience collective, fraternelle de surcroît, fondant notre être-ensemble…comme un Mit-Sein-zum-Tode… »

Un livre qu’on lit et relit. En silence.

 

12/07/2007

Allemagne: Appel à la responsabilité des consommateurs

Développement durable, commerce équitable=consommation responsable

5b410af083f3040ebd5983eb4b127da4.gifLe Président Horst Köhler plaide pour une "consommation responsable": LIRE LES ETIQUETTES INVISIBLES

Le président allemand Horst Köhler a appelé ses concitoyens à acheter de manière responsable. Parmi la diversité des produits proposés, chaque marchandise possède "une seconde étiquette, invisible". Ce deuxième prix n'est pas payé par le consommateur mais "par d'autres êtres humains, par des animaux, par l'environnement", a-t-il expliqué en inaugurant, lundi, la première "Journée nationale des consommateurs".

Il revient donc à chaque consommateur de contribuer à un développement durable. Mais celui-ci ne peut.Pouvoir et f5793a4b28267956de7873588f68d434.jpgresponsabilité du consommateur étaient les deux mots-clés de cette journée nationale, conçue comme un forum de discussion organisé à l'initiative du mouvement allemand pour la protection des consommateurs.

Protéger les consommateurs ne signifie pas seulement les avertir de la mauvaise qualité d'un produit, "mais aussi les rendre attentifs aux conséquences de leurs habitudes de consommation", a souligné Horst Köhler (photo).

En optant pour tel produit plutôt que pour tel autre, tout acheteur influe sur la santé des entreprises de son pays et sur les emplois recherchés. Ce rôle s'est encore accru avec la mondialisation.

Le consommateur ne peut exercer sa responsabilité avec discernement que s'il est correctement informé, a insisté le président. "Seul quelqu'un qui dispose d'informations fiables peut récompenser les entreprises qui élaborent de bons produits, en respectant de normes sociales et environnementales exigeantes".

"Cela reste la mission des hommes politiques de créer des conditions telles que les consommateurs puissent trouver immédiatement un choix abordable, dans le meilleur sens du terme, et des marchandises produites de manière durable", a-t-il déclaré. Le ministre allemand de l'Alimentation, l'Agriculture et de la Protection des Consommateurs, Horst Seehofer, a annoncé pour l'automne une initiative du gouvernement sur l'étiquetage des denrées alimentaires.
 

Plus d'informations :
>>>>www.verrbrauchertag.de

>>>>www.bundesregierung.de/nn_1264/Content/DE/Artikel...

>>>
www.vzbv.de/start/index.php?page=franzoesisch

>>>Pour consulter le discours du président Horst Köhler :
www.bundespraesident.de/-,2.639116/Ansprache-von-......

TECHNOLOGIE: L'Allemagne élabore un label de qualité pour éviter les pannes de logiciels

7b63c00aab6927db7709ae1f80bfe05c.gifDix entreprises et sept universités allemandes ont entrepris de développer un label de qualité baptisé "Verified in Germany" pour garantir les logiciels informatiques contre les pannes, souvent coûteuses et parfois dangereuses qui les bloquent.

Ce projet novateur, à la pointe de l'innovation mondiale, a reçu le soutien du ministère allemand de la recherche, qui vient de débloquer près de 12 millions d'euros sur trois ans pour le faire avancer.

Les erreurs de logiciels représentent un préjudice financier de plus de 100 milliards d'euros par an en Europe, et leur f72ca7b7c004a585555f251d699cdcb5.jpgrésolution représente aujourd'hui jusqu'à 70 à 80% du travail des fabricants. Le manque de fiabilité constitue, qui plus est, un danger potentiel dans des secteurs comme l'automobile, la médecine et les technologies liées à la sécurité.

Or plus l'exigence de confort est élevée (par exemple pour la banque en ligne), plus la complexité du système augmente et plus le risque de panne est grand. Le projet allemand "VERISOFT XT" vise donc à inventer des méthodes et des outils pour vérifier formellement la conception des systèmes informatiques intégrés, et pouvoir garantir qu'ils contiennent "zéro défaut".

Le projet a dépassé le stade la recherche mathématique pour se concentrer désormais sur les applications industrielles. La conduite scientifique du projet est assurée par le Centre allemand de recherche pour l'intelligence artificielle (DFKI), dans le cadre du programme gouvernemental pour l'informatique "IKT 2020".

Plus d'informations :

www.bmbf.de/press/2092.php

10/07/2007

Sarkozy et l’immigration : Une vision très sélective de « l’idée européenne »

Sarkozy veut faire passer l'immigration économique à "50% du flux total" et compte sur l'Europe pour assurer le reflux des arrivants non désirés

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: A chacun son style, ses objectifs et ses méthodes…

En Allemagne, Angela Merkel organise un « sommet » national pour mettre au point un Plan pour l’intégration des immigrés en se préoccupant autant des flux que des stocks migratoires.

En France, le Président de la République donne des ordres au ministre chargé des dossiers de l’immigration et affiche clairement une double priorité : rentabilité économique et reflux optimal des arrivants non désirés…

Tout cela, bien sûr en donnant l’assurance que «la France doit rester un pays ouvert à l'immigration » et « doit honorer sa tradition d'accueil des personnes persécutées »

>>> Pour l’efficacité de sa politique de reflux, Sarkozy joue la carte européenne.

Le chef de l’Etat  « plaidera au niveau européen en faveur de la mise en place d'une procédure d'asile unique, de la création d'un réseau consulaire unique pour la délivrance des visas, et de la généralisation des visas biométriques permettant de suivre les entrées et les sorties ».

L'objectif est également la mise en œuvre « d'une véritable police européenne aux frontières, du renforcement de la coopération en matière d'éloignement et de l'élaboration d'un pacte européen de l'immigration comportant, pour les Etats membres de l'Union européenne, des engagements, notamment en termes d'éloignement de leurs clandestins et d'interdiction des régularisations massives qui créent des appels d'air pour tous les pays européens ».

Soit. C’est le type de mesures que le simple bon sens réclame depuis longtemps. C’est le genre d’initiatives qui peut contribuer à avancer vers cette Europe politique de la Justice et de la police que tous les « pro-européens » dignes de ce nom réclament depuis longtemps.

Encore faut-il donner des moyens supplémentaires à ce qui existe déjà. Encore faut-il aussi et surtout « penser Europe » à propos de tous les aspects des questions soulevées par les phénomènes migratoires. Des textes existent qui ne sont respectés ni dans leur lettre ni dans leur esprit.

Ce « réflexe Europe » ne peut que nous réjouir à RELATIO. Surtout si la « véritable police européenne aux frontières » est mobilisée aussi pour rendre enfin efficace la lutte contre ces fléaux dont on parle si peu : les trafics clandestins en tous genres, la libre circulation de l’argent sale, la criminalité internationale organisée, l’invasion des pratiques d’un  « hypercapitalisme » de type maffieux et l’évasion fiscale (10 Milliards d’€ par en an en France selon des estimations crédibles !) provoqués par des Français d’origine … métropolitaine

>>> Ce « réflexe Europe », nous aimerions le retrouver aussi dans le volet, apparemment prioritaire, de « l’immigration rentable » (expression plus juste qu’  « immigration choisie »). Mais derrière le modèle anglo-saxon, cité en référence, se profile le moule « racialiste » comme les politiques françaises de naturalisation l’ont été si souvent ou, pour s’inspirer d’un jeu de mot de Daniel Sibony(1)[1], « ratialiste »…

Avec « ratial », comme ratio. « Le chiffrage, voilà l’essentiel. Le quota, voilà le mot d’ordre »(2) [2] Il faut plus que jamais relire Patrick Weill[3] (3)pour bien mesurer dans quelle continuité la « rupture » annoncée en ce domaine s’inscrit…

Le « ratio » est clair. Brice Hortefeux devra « fixer chaque année des plafonds d'immigration », avec pour « objectif que l'immigration économique représente 50% du flux total des entrées à fin d'installation durable en France ».

50% ! Chapeau…En 2005, l'immigration économique représentait… 7% des entrées.

Une attention particulière sera accordée aux étudiants étrangers:Brice Hortefeux devra « veiller à diversifier leur origine et à recruter davantage d'étudiants dans les disciplines scientifiques ». Et toute « immigration doit être compatible avec nos capacités d'accueil et nos grands équilibres sociaux ».

« L’humanitaire » ? On en tiendra compte, bien sûr. Pour des exceptions, non pour la règle… Mais sans éprouver le besoin de se souvenir qu’au-delà de la morale il y a des engagements pris et des droits à respecter : celui du « regroupement familial » en est un,par exemple,  même s’il faut effectivement lutter contre les abus qu’il entraîne trop souvent… Mais ce n’est pas se rendre très populaire que de faire de tels rappels. 

« L’ouverture » se pratique vers la gauche au niveau des acteurs, mais elle est bien nette vers la droite de la droite, sur le plan des réflexes et des idées,  sur des sujets dits « sensibles ». « L’imparfait du présent », sans doute…

Mais « l’idée européenne » s’autodétruit si on ne l’agite que d’une façon trop sélective : elle repose sur la mise en commun des moyens ET des idéaux. Des idéaux qui se résument en un mot trop galvaudé et trop caricaturé: Droits de l'Homme.

Daniel RIOT  


[1]1) « Le racisme ou la haine identitaire », par Daniel Sibony (Bourgeois, 1996)

[2]2) « Ben Laden n’est pas dans l’ascenseur. L’immigration, miroir des crises et des peurs de la société », par Daniel Riot et Driss Ajbali (Desmaret Editions, 2002)

[3] 3)« Qu’est-ce qu’être français ? Histoire de  la nationalité française depuis la révolution » (Grasset, 2002)

07/07/2007

ALLEMAGNE: Vers un "zéro déficit" en 2011

Un exemple que la France, visiblement, ne veut pas suivre....L'Allemagne de la "Grande coalition" suit la politique budgétaire que prônait en france françois BAYROU: Croissance, réduction des déficits et équité entre les générations seront les maîtres mots du budget allemand 2008. Le gouvernement d'Angela Merkel a adopté hier le projet de loi de finances pour 2008 présenté par le ministre des Finances Peer Steinbrück, ainsi que la programmation financière à moyen terme. La politique gouvernementale et la croissance portent leurs fruits : les finances publiques allemandes devraient revenir à l'équilibre "en 2011 au plus tard". Ce sera un tournant après 40 ans de progression de l'endettement.

Le gouvernement allemand table, plus précisément, sur un retour des finances publiques à l'équilibre en 2010. Au vu des critères du Pacte de stabilité, qui plafonnent à 3% par an l'augmentation des dépenses publiques, Berlin afficherait ainsi un déficit de 0%. L'Allemagne retrouverait un budget excédentaire en 2011.

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Avec le soutien de l'Union européenne (UE), Berlin mène depuis 2006 une guerre acharnée contre la progression des déficits. Le credo du gouvernement allemand est le suivant : il faut profiter de la croissance pour continuer de les réduire. "Nous avons aujourd'hui la chance historique d'être dans des circonstances favorables pour remettre notre maison financièrement en ordre" après quatre décennies d'accroissement de l'endettement, a souligné M. Steinbrück. Les résultats se mesurent dès aujourd'hui : le recours à l'emprunt devrait être ramené en 2008 à 12,9 milliards d'euros, le niveau qu'il occupait au moment de la réunification. Le taux de financement des dépenses fédérales par le crédit reflue même à son étiage de 1973 (4,6%).

L'Allemagne mène en réalité de front un double objectif : la réduction du nouvel endettement, et celle du déficit structurel. Elle y consacrera au total quelque 60% des recettes fiscales supplémentaires (soit 54 milliards d'euros sur 90) sur la période 2008-2011. Or ces recettes, précisément, affluent actuellement grâce à la croissance. 237,1 milliards d'euros sont inscrits au poste recettes du projet de loi de finances pour 2008. Les dépenses s'élèvent, elles, à 283,2 milliards. C'est une progression de 4,7% par rapport à 2007, mais elle est principalement due à des "effets exceptionnels", a indiqué M. Steinbrück. Le montant des investissements se stabilise à 24,3 milliards d'euros.

Le budget 2008 se veut ainsi tourné vers l'avenir. Le coup d'arrêt porté à l'endettement vise à garantir une certaine équité entre les générations. Par ailleurs, les dépenses inscrites dans le projet de loi de finances portent principalement sur des secteurs déterminants pour le futur. Outre la poursuite du programme de relance de la croissance adopté en 2006 (25 milliards d'euros sur quatre ans), le gouvernement investit de manière ciblée dans des domaines comme l'éducation et la recherche (+ 220 millions d'euros en 2008), l'aide au développement (+ 750 millions d'euros), la formation des jeunes générations et la protection du climat.

Plus d'informations :

www.bundesregierung.de/Content/DE/Artikel/2007/07/2007-07...

EN SAVOIR PLUS SUR LA PACTE DE STABILITE ET DE CROISSANCE >>>>>>>

04/07/2007

Europe des Arts: Paula Modersohn-Becker, ou les débuts de l'expressionnisme

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   Hommage au peintre  de Basse-Saxe, 100 ans après sa mort

La petite commune de Worpswede (Basse-Saxe), qui abrita une colonie d'artistes dans les années 1890, rend hommage jusqu'en février 2008 à une peintre longtemps méconnue, Paula Modersohn-Becker (1876-1907). A l'occasion du centenaire de sa mort, elle lui consacre depuis dimanche une exposition intitulée "Vie! Paula Modersohn-Becker à Worpswede".

C'est le coup d'envoi d'une série d'hommages à cette éminente représentante des débuts de l'expressionnisme. Les musées de Brême lui consacreront à partir de l'automne deux autres expositions, dont l'une entièrement dédiée à ses relations avec Paris et les artistes parisiens.
Paula Modersohn-Becker est décédée en 1907 à Worpswede. Elle n'avait que 31 ans, et venait de mettre au monde son premier enfant. Elle avait rejoint en 1898 la colonie de Worpswede où des peintres s'étaient installés depuis 1889. Fritz Mackensen, Fritz Overbeck, Heinrich Vogeler et Otto Modersohn en étaient. L'écrivain Rainer Maria Rilke effectuait régulièrement des séjours à leurs côtés.

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Paula Modersohn-Becker, elle, se rendait souvent à Paris pour s'imprégner des influences les plus vivifiantes du moment. De Rodin à Maillol, le Paris des années 1900 fut une abondante source d'inspiration pour elle. Pourtant, elle ne sera jamais, de son vivant, considérée comme une artiste autonome et à part entière par ses camarades artistes et intellectuels. C'est "tragique", estime le ministre allemand délégué à la Culture et aux médias, Bernd Neumann. "Par ses motifs, sa façon de peindre à plat et son style autonome, elle était, en fait, très en avance sur les peintres de Worpswede".

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En 14 ans de création, Paula Modersohn-Becker réalisera 750 toiles et quelque 1.000 dessins. Elle peignit beaucoup de portraits, autoportraits ou portraits d'enfants. Mais elle s'intéressa aussi à la vie paysanne de Worpswede, aux paysages et aux natures mortes. Après sa mort, son ouvre fut rabaissée au rang d'"art dégénéré" par les nazis. Elle ne commença à être étudiée dans sa totalité qu'après la Seconde Guerre mondiale. Le travail n'est pas encore achevé. Quelques-unes des toiles furent exposées lors des deux premières expositions Documenta, en 1955 et 1964.

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Les musées Paula Modersohn-Becker et la Kunsthalle de Brême lui consacreront à partir de l'automne deux expositions : "Paula Modersohn-Becker à Paris" (du 13 octobre 2007 au 24 février 2008) et " Paula Modersohn-Becker et les portraits de momies égyptiennes" (du 13 octobre 2007 au 24 février 2008). La première d'entre elles replacera son oeuvre dans l'évolution de la peinture autour de 1900, depuis Cézanne et Van Gogh jusqu'à Picasso et Matisse.

Plus d'informations :
www.worpswede.de/worpswede

03:10 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, arts, allemagne, peinture

29/06/2007

STRASBOURG 2013: Soutenir la candidature pour la capitale européenne de la culture

Art et Aventure
Aventures de l’art, aventures de l’Europe

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L’art est une aventure. L’art anticipe, l’art devine, l’art capte et cristallise les tensions, la mémoire et les désirs de l’homme, dans son être le plus intime et dans ses rêves partagés. Il ne connaît pas de frontières. Il est la langue commune de l’humanité. Il est l’atelier permanent de ses doutes et de ses ambitions les plus grandes, le creuset où s’invente à chaque instant son imaginaire, son destin et son avenir.

Art et aventure est le nom de code visionnaire que donne Gutenberg à son invention géniale de l’imprimerie à caractères mobiles, à l’orée de la Renaissance. En quelques décennies, l’invention de l’imprimerie provoque un bouleversement spectaculaire des consciences et des identités. Au bord du Rhin, pour la première fois, l’Europe se parle à elle-même et parle au reste du monde, librement, démocratiquement, riche de sa diversité.

Art et aventure. Nom de code Gutenberg. Ces quelques mots condensent le concept et l’énergie qui portent la candidature et le projet de Strasbourg 2013, Capitale européenne de la Culture. Le cap de notre projet est clair et ambitieux. Strasbourg 2013 sera l’occasion d’une rencontre sans précédent des artistes et des citoyens autour des grandes questions de culture et de civilisation des générations qui feront, ensemble, l’Europe de demain. A travers l’art, les sciences, le débat démocratique et les défis de l’environnement

Posons ensemble toutes les questions de l’Europe, et de l’Europe dans le monde. Construisons l’Europe des questions, pour aujourd’hui et pour demain. Ce sera un jeu, un travail et une fête.

Avec l’Alsace, la Suisse et le Bade-Wurtemberg, de Bâle à Karlsruhe et jusqu’à Stuttgart , notre région sera le lieu de cette effervescence de la création et du dialogue. L’Europe a fait de Strasbourg le siège des institutions qui portent ses valeurs : la démocratie, la paix et les droits de l’Homme. Strasbourg et sa grande région, carrefour des identités et des civilisations qui inventent l’Europe depuis des siècles, doivent donner à l’Europe la vision et le chemin de son avenir.

L’Europe est née au bord du Rhin. Après deux élargissements de l’Union Européenne, à l’âge d’internet et de la mondialisation, l’intuition visionnaire de Gutenberg est plus actuelle que jamais. La question posée est celle d’une seconde renaissance de l’Europe et notre projet, notre désir le plus fort est de vivre avec vous cette aventure de l’art, de la culture et de la citoyenneté.

Art et aventure : nous rêvons d’une Europe créative, citoyenne, en paix, riche de ses différences et ouverte au reste du monde. Notre candidature est d’abord celle des habitants des deux rives du Rhin. Elle réunit toutes les institutions culturelles de Strasbourg et de sa région, ses entreprises et ses réseaux associatifs et citoyens. Elle est partagée par la Région Alsace, les départements et les villes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau et le Bade-Wurtemberg. Elle peut aussi compter, avec les 37 villes membres du Club de Strasbourg, sur le soutien enthousiaste d’une Europe élargie, forte de ses différences.

Aventures de l’art, aventures de l’Europe. L’imagination et le dialogue sont au cœur de notre projet. Nous vous invitons à le construire ensemble avec passion, dès aujourd’hui et pour demain

EN SAVOIR PLUS >>>>>>

SUR LE SITE DE LA COMMISSION DE L'UNION

Capitales européennes

  

de la Culture

 

Conçue pour "contribuer au rapprochement des peuples européens", la Ville européenne de la Culture a été lancée, sur l'initiative de Madame Mélina Mercouri, par le Conseil des Ministres du 13 juin 1985 et n'a cessé depuis lors de voir croître son succès auprès des citoyens européens ainsi que son impact culturel et socio-économique par les nombreux visiteurs qu'elle a su attirer.

Les Villes européennes de la Culture ont été choisies jusqu'en 2004 sur une base intergouvernementale; les États membres sélectionnaient, à l'unanimité, les villes susceptibles d'accueillir la manifestation et la Commission européenne accordait chaque année une subvention à la Ville sélectionnée.
La Capitale européenne de la culture est actuellement désignée chaque année par le Conseil des Ministres de l'Union, sur la base de l'avis d'un jury composé de sept hautes personnalités indépendantes, toutes expertes du secteur culturel.

La procédure de sélection est définie dans la décision 1419/1999/CE modifiée par la décision 649/2005/CE. Ce texte établit notamment la liste chronologique selon laquelle les 25 Etats membres de l'Union peuvent accueillir la manifestation. Il définit également les critères que les villes ont à remplir pour être désignées Capitales.

Une nouvelle procédure de sélection sera mise en place à partir du titre 2013. En effet, une nouvelle décision vient d'être adoptée par le Parlement Européen et le Conseil. Elle encourage les Etats Membres à organiser une compétition entre les villes interessées par le titre, introduit une phase de suivi post désignation, et renforce la dimension européenne de la manifestation.

Cette décision est disponible sous le lien suivant :
http://europa.eu.int/eur-lex/lex/JOHtml.do?uri=OJ......

HISTORIQUE >>>>

SUR LE SITE DU MINISTERE DE LA CULTURE>>>>

LE SITE DE LYON 2013 >>>>>

LA CANDIDATURE DE NICE >>>>

LA CANDIDATURE DE SAINT-ETIENNE >>>>

LA CANDIDATURE DE MARSEILLE >>>>

TOULOUSE CANDIDATE >>>> et >>>Le site

LA TENTATION D'AJACCIO>>>>

RAPPEL: CETTE ANNEE: LUXEMBOURG ET LA GRANDE REGION >>>>>>>>>>>>>>&...

Europe culturelle: L'événement, comme tous les cinq ans... La DOCUMENTA de KASSEL!

3d88e2e44e086f679a2c6285c06a6707.jpgUNE SUGGESTION de RELATIO : L'été 2007 sera celui de l'art contemporain ou ne sera pas. Quatre grandes expositions se partagent l'affiche simultanément à Kassel, Venise, Bâle et Münster. Kassel, dans le nord de la Hesse, accueille pour la douzième fois l'exposition "documenta", considérée comme l'une des expositions majeures d'art contemporain  Elle a ouvert ses portes cette année sous la houlette de l'historien d'art et commissaire d'exposition Roger Martin Buergel, désigné comme directeur artistique. Quelque 650.000 visiteurs sont attendus jusqu'au 23 septembre.

L'exposition des 100 jours

Documenta dure cent jours. Puis tout disparaît. Elle rassemble près de 530 ouvres, nées de l'imagination de 113 artistes ou groupes d'artistes venus du monde entier. Les oeuvres sont réparties dans cinq bâtiments, sur 17.000 mètres carrés. Le public peut aller à leur contact de 10 heures à 20 heures. Outre le nouveau pavillon Aue, l'exposition se déploie au musée Fridericianum, à la Neue Galerie, dans le hall documenta et, pour la première fois, dans le château et le parc de Wilhelmshöhe.

Roger M. Buergel dit ne pas avoir misé sur les "noms", les "stars", mais avoir cherché ses artistes "à la périphérie". La plupart des artistes présents à Kassel sont inconnus du public allemand. Et plus de la moitié des exposants vient de régions négligées par les éditions précédentes : l'Europe de l'est, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du sud. Parmi eux, sept sont Chinois.

Exposition "politique"

Artistiquement, Roger M. Buergel mise sur une proposition qu'il nomme "migration de la forme") C'est une démarche indirecte qui fait émerger le contexte de l'oeuvre à travers les correspondances qu'elle entretient avec d'autres ouvres ou signifiants. C'est en même temps une approche profondément sociopolitique. Documenta doit "soulever les gens et les amener à s'activer eux-mêmes pour sortir d'une certaine léthargie fondamentale. Il s'agit de faire en sorte que l'individu prenne ses responsabilités dans le monde où il vit", explique Roger M. Buergel.

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La "périphérie" à l'honneur

A côté des "habitués" comme le peintre allemand Gerhard Richter ou les photographes David Goldblatt et Allan Sekula, on découvre donc de nouveaux visages et des projets spectaculaires.

265b9e3f0bb04b90f1adb3e213d4fe36.jpgC'est le cas du Chinois Ai Weiwei (photo), auteur de l'une des oeuvres les plus spectaculaires de cette douzième édition : "Fairytale" (conte). Il a fait venir à Kassel 1001 de ses compatriotes, originaires de tous les milieux sociaux et exerçant toutes sortes de métiers. L'objectif est de les confronter à une culture (artistique) tout à fait étrangère à la leur, et de récolter leurs expériences.

Le Thailandaïs Sakarin Krue-On, lui, a planté face au château de Wilhelmshöhe des champs de riz qu'il espère voir s'épanouir au fil de l'exposition. L'artiste autrichien Peter Friedl a choisi de mettre en scène une girafe empaillée, ancienne pensionnaire d'un zoo palestinien et victime du conflit au Proche-Orient. Le Russe Kirill Preobrazhenskiy a monté une installation sonore sur la ligne 4 du métro. Enfin, Roger M. Buergel a fait venir un artiste que l'on n'attendait peut-être pas là : le cuisinier du célèbre restaurant espagnol "ElBulli" à Barcelone, Ferran Adria. Le chef avant-gardiste propose à des visiteurs d'expérimenter la "cuisine moléculaire". Avis aux amateurs de "nougatine d'algues", de "bonbons à l'huile d'olive" ou de salières remplies de brouillard artificiel odorant.

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La douzième documenta sort des sentiers battus. Elle s'est élargie dans l'espace en investissant un vaste pavillon de verre en modules de serre. Elle a misé sur la participation accrue du public local en chargeant un jury de faire passer les thèmes de la documenta 12 dans les écoles, les entreprises et les médias de Kassel. Enfin, elle s'est reliée au reste du monde. 70 magazines internationaux ont été mis en relation pour débattre de sujets esthétiques et sociopolitiques.

Plus d'informations : www.documenta.de

Kassel, capitale de l'art contemporain depuis 1955

8ea503705ea79438e2a9425f7b06e5b9.jpgL'exposition documenta, qui se tient tous les cinq ans à Kassel, est considérée comme l'une des principales expositions d'art contemporain au monde. C'est un baromètre des tendances artistiques du moment, mais aussi le lieu d'éclosion de nouveaux concepts d'exposition.
On doit ainsi l'idée de "Musée des 100 jours" au fondateur de l'exposition, le peintre et professeur d'art Arnold Bode. En 1955, il eut l'idée de réunir les ouvres d'art moderne que les nazis avaient ravalées au rang d'"art dégénéré". La première exposition documenta n'était encore qu'une annexe de l'exposition nationale d'horticulture. Mais elle suscita l'enthousiasme en Allemagne et à l'étranger. 130.000 visiteurs affluèrent pour admirer les ouvres d'Ernst Barlach, de Wassily Kandinsky ou d'August Macke, exposées parmi 670 travaux. Pour sa deuxième édition, en 1959, documenta devint donc une véritable exposition d'art contemporain, présentant des ouvres de Marc Chagall, Oskar Kokoschka ou encore Emil Nolde.
Les éditions suivantes poursuivirent le mouvement, dévoilant des tendances comme l'"art cinétique" (1964), le pop'art et les happenings (1968), ou des artistes comme Josef Beuys. L'exposition de 1972, la plus marquante, fut un tournant. Documenta devint elle-même un objet d'art. En outre, son fonctionnement évolua. Elle est désormais programmée tous les cinq ans, et elle est orchestrée par un directeur artistique à chaque fois nouveau, désigné par un jury international et capable d'imprimer sa marque personnelle.

Documenta ou la "migration de la forme"

Le directeur artistique de documenta 12, Roger M. Buergel, mise sur ce qu'il appelle "la migration de la forme". C'est une proposition artistique qu'il élabore à partir d'une question : comment éclairer sans le trahir le contexte qui a vu l'oeuvre naître ? Roger M. Buergel écarte ici un double écueil : l'ethnocentrisme (présenter au grand public de l'art africain qui ait vraiment l'air "africain") et l'académisme (pure transmission de connaissances). Son propos est de faire émerger le contexte de l'oeuvre à travers les correspondances, formelles et thématiques, que celle-ci entretient avec d'autres oeuvres, ou avec d'autres niveaux de signification. "Il ne s'agit pas d'un appel impuissant à une solidarité de tous les êtres humains, mais d'un appel à la communication des formes comme moyen de connaissance de soi", explique-t-il.

57ff498b09c7c131abae6e9e3c41a40e.jpgRoger M.Buergel


Cette approche possède une forte composante sociopolitique. La question décisive est finalement de savoir "si l'on parvient à restituer l'art qui nous paraît si excessivement familier dans notre cercle culturel euro-américain dans toute son étrangeté, et dans toute sa singularité, voire presque dans une perte d'identité qui nous le fait apparaître d'autant plus rayonnant et frais", confesse Roger M. Buergel.

23/06/2007

Union européenne: Opération sauvetage réussie par Merkel, Sarkozy et les maîtres de "l'Europe des chefs"

L'accord de Bruxelles: du pire évité, le meilleur se compose...

 « Un succès pour la France, un succès pour l’Europe », exulte Sarkozy, légitimement fier de ses débuts réussis dans ce  « concert européen »… « Une victoire pour l’Europe, sans vainqueur ni vaincu », sourit Angela Merckel qui a réussi, il faut l’applaudir, une véritable « mission impossible ». Chapeau, Angela ! Sa présidence de l’Union est l’une des meilleures que l’on ait connues depuis très longtemps. Diriger une « grande coalition » n’est vraiment pas un handicap…C’est même un excellente école pour présider un aréopage de frères ennemis « unis dans leurs rivalités »

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La Présidence allemande devait recoller les morceaux d’une Union écartelée entre les 18 pays ayant ratifié le projet de Constitution avortée, les deux pays du « non » (France et Pays-Bas) et les sept ayant suspendu la ratification. Elle a réussi. En sauvant la plupart des avancées institutionnelles du défunt traité: la double majorité pour faciliter la prise de décision à 27, la présidence stable du conseil européen, une plus grande coordination des diplomaties nationales,  l'extension du champ de la majorité qualifiée…

Ségolène Royal ridiculisée…et le PS injuste

>>>Non, Mme Royal, ce ne sont pas là des « mini-ambitions ». Ce sont en partie les dégâts d’une aile (blessée) de votre parti qu’il a fallu réparer. Et votre déclaration ânonnée sur le perron de l’Elysée ajoute à votre discrédit croissant…La réaction de vos "camarades " de parti n'est guère meilleure."Ce n'est pas un traité simplifié, c'est un petit traité", a déploré Hollande.Nous avons une Europe qui sort d'une crise mais qui n'est pas encore dans une dynamique (...). Pour tous les Européens, qu'ils aient voté 'oui' ou 'non', ce qui vient de se produire ne répond pas à leurs attentes". Avec quelles proposition, Sieur Hollande?  Moscovici est dans le vrai:ce n'est pas le meilleur accord possible, mais on ne pouvait guère faire mieux. C'est aussi l'avis de DSK:"Une bonne base de travail".

>>>Oui, François Bayrou qui avait été reçu (sans écho médiatique, allez savoir pourquoi…) par Sarkozy à l’Elysée et qui avait encouragé le Président à jouer les médiateurs entre la Pologne et les autres : votre appui au « traité simplifié » (qui n’est plus le « mini-traité » de la campagne) était justifié puisque le résultat n’est en rien « une mini-Europe », même si la procédure préconisée n’est pas démocratiquement idéale. Seul un referendum devrait effacer un referendum. Un vrai gaulliste le redirait. Il est vrai que Sarkozy considère les Présidentielles comme un plébiscite  sur tous les volets de son programme…

>>>Oui mais,  Valéry Giscard d’Estaing : il importait de ne pas lâcher sur l’essentiel des fruits de la Convention mais ces fruits auraient été moins  empoisonnés si votre autosuffisance et votre manque de clarté rédactionnelle (un comble pour un académicien !) n’avait pas favorisé un front du refus bien hétéroclite dans le « funeste referendum ». Les Non l’ont emporté par la faiblesse, par vous provoquée, des arguments en faveur d’un Oui enthousiaste. L’Histoire jugera. Et vos leçons d’Europe données sur votre euro-blog n’atténuent en rien votre responsabilité dans cette magnifique occasion manquée.

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Objectif octobre sous présidence portugaise

L’essentiel est donc fait : la Présidence allemande a pu fixer le calendrier du « sauvetage de la dernière chance». Une CIG (Conférence intergouvernementale) s'ouvrira le 23 juillet prochain, sous présidence portugaise,  pour se terminer avant la fin de l'année : »courant octobre », dit-on à Lisbonne. L'objectif ?  Une entrée en vigueur du nouveau traité en 2009. Les 27 devront d'ici là ratifier ce traité. « L’Europe est une longue patience », redirait Robert Schuman. Et une débauche d’énergie.

Au bout de la nuit, cet accord à 27 ! A l’arraché. Au « finish ». Avec beaucoup de sueur… et «  quelques doses de vaseline », comme dit un ministre luxembourgeois déçu comme les représentants de huit autres pays qui ont ratifié la Constitution mort-née des concessions faites. La CIG ne s’annonce pas comme une suite de réunions calmes et sereines : tout n’est pas encore entièrement bouclé et, comme dit un proverbe alsacien, le diable va encore se cacher dans nombre de détails.

Le scénario classique des psychodrames européens  

Mais toute l’histoire de la « construction européenne » n’est-elle pas  faite de ce genre d’épreuves.

>>>Dramatisation des enjeux et des divergences avant. Avec des commentateurs partagés entre scepticisme et pessimisme : l’Europe ne fait la Une que si la crise menace. Et comme dans toute négociation, la tension ambiante favorise les surenchères.

>>>Extrêmes tensions pendant. Prolongations dans la (mauvaise) tradition des « marathons.  Avec des entretiens bi- et multilatéraux, des marchandages et des compromis, des discussions en coulisses qui permettent de gommer les  surenchères publiques. Avec de belles exploitations tactiques des médias par fine distillation de bruits de couloirs. Avec ces mystères de cette démocratie « secrète » bien loin des exigences de transparence d’une démocratique « Europe des peuples ». « C’est l’Europe des chefs », souligne l’ami Jean Quatremer.

>>>Et soulagement final. Avec les traits tirés d’une aube pleine de promesses…Chacun repart dans sa capitale avec le sourire satisfait de la « mission accomplie »…même si mes sourires se ferment parfois avec le recul et de lucides analyses à froids.

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Super-Sarko dans ses oeuvres

Sarkozy a amusé le « concert européen » par son style (beau changement !) et il a provoqué l’ironie des journalistes non français par son art d’inciter la presse à mettre en relief ses mérites. « Le coq se fait paon et le cocorico se fait romance », ironise un confrère allemand. « Il a vraiment un besoin fou d’être aimé votre Bonaparte de salon »…

Soyons justes : Sarkozy s’est imposé par sa ténacité et ses talents de joueurs (d’échecs et de poker menteur). Il n’a rien ménagé pour jouer les Zorro entre les Polonais et les Allemands. Il a impressionné par son activisme débordant. Son coté sportif, fasciné par le « résultat », est un atout incontestable dans ces jeux diplomatiques qui relèvent en partie de l’esprit de compétition.  

Sur le fond, le mérite du succès proclamé de ce Conseil « de la dernière chance »  lui revient en partie, c’est évident. Mais une fois encore,  c’est Angela Merkel qui doit surtout être couverte de fleurs. Par son sens du dialogue, par son art de céder sur le secondaire et par son refus de céder sur l’essentiel Et Tony Blair, José-Luis Zapatero, Junker,  Barosso et Prodi doivent être associé à ce succès.

J’ai dit « succès ». Oui. Sur mon blog, j’avais même parié que succès il y aurait… D’où d’ailleurs mon silence radio sur cet événement avant son dénouement, y compris sur « Relatio », le blog de l’Europe en revue. Pourquoi se rendre journalistiquement complice d’une orchestration bien faite et calculée à des fins politiques mais bien inutile et dangereuse pour le but visé ?

La loi du tapage médiatique ne facile pas l’efficacité diplomatique… Jamais Schuman et Monnet n’auraient pu lancer la CECA, vraie naissance de l’Union, en privilégiant la communication.

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« Il faut toujours positiver » 

C’est un succès, non seulement parce que l’Union européenne semble pouvoir sortir d’une impasse institutionnelle qui ne fait le jeu que de ses adversaires et de ses concurrents, mais parce que psychologiquement un échec eût été catastrophique. 

« Il faut toujours positiver les avancées de l’Europe, même quand la modestie des résultats n’est pas à la hauteur des ambitions satisfaites. C’est cela l’Union, pas à pas… », m’a appris Pierre Pflimlin ! J’ai retenu la leçon : c’est ce qui permet de rester un « euroconstructif » même dans les moments les plus déprimants.

Alors, tant pis si  les politiques communes énumérées dans la Constitution, qui avaient été l'objet de nombreuses polémiques souvent mal nourries (n’est-ce pas Fabius ?) au moment du référendum, ne sont pas reprises : elles restent dans les anciens traités, qui demeurent. Le projet de nouveau texte ne fait qu'amender sans la mise à plat envisagée par Sarkozy : un temps pour chaque chose.

Tant pis, aussi, si en termes  de simplification, on aurait pu faire nettement mieux : le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker,  a raison de juger ce traité «  encore moins compréhensible » par les citoyens que la Constitution.

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La double majorité... en 2014

Comme prévu, l'essentiel des discussions a porté sur la nouvelle règle de la double majorité (55% des Etats-membres et 65% de la population de l'UE) pour les votes au Conseil des ministres. Après deux jours de résistance de la part des frères Kaczynski, (les jumeaux populistes et nationalistes, prisonniers d’un passé qui ne passe pas et d’un antigermanisme pathologique) qui estimaient qu'il avantageait trop l'Allemagne.

La Pologne, trop bien servie par le très nocif Traité de Nice (fils indigne de Chirac et de Jospin) a obtenu que celui-ci soit prolongé jusqu'en 2014.  « Nous n'avons avalé aucune pilule empoisonnée », s'est réjoui le président Lech Kaczynski. « Il n'était pas possible, moins de 20 ans après la chute du mur de Berlin, de laisser de côté le plus grand des pays d'Europe de l'Est' », a expliqué le président français qui est allé jusqu’à proposer de faire le voyage de Varsovie pour expliquer les enjeux devant la Diète polonaise…

On perd (encore) du temps, mais c’est dans une perspective historique qu’il faut se placer, non à l’échelle d’une vie. Que sera le monde en 2014 ?

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La « concurrence libre et non faussée »  

Tout le reste (ou presque) est de l’ordre du symbolique. A commencer par la « surprise du chef » que Sarkozy a sorti de son chapeau : la suppression de cette phrase sur « la concurrence libre et non faussée » qui dans le projet de Constitution avait fait bondir les « nonistes » dits de gauche à la suite d’une intoxication des esprits digne du « Da Vinci Code ».

Une concurrence « libre et non faussée », c’est la règle du marché commun depuis 1957. Heureusement : c’est tout de même plus sain qu’une absence de concurrence (comme dans les régimes collectivistes) ou qu’une concurrence faussée (comme dans l’hypercapitalisme où les plus gros peuvent manger les plus petits). C’est ce principe qui autorise la Commission à lutter contre les agrégats, les monopoles, les ententes illicites.

Que quelques « penseurs » de « l’altermondialisme » y aient vu un symbole de l’orientation « hyper libérale » de la construction européenne et que cette mayonnaise intellectuelle ait pu monter dans autant de têtes pleins faites par un mimétisme de masse aveuglant restent l’une des aberrations qui méritent d’être inscrite dans le livre des records de la bêtise cérébrale d’intelligences vives !  Passons.

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Sarkozy en a pris acte. En  riant intérieurement. Au nom de cette concession faite à la « gauche » il va, à terme, disposer d’un argument pour que la Commission s’oppose moins à la constitution de « géants nationaux » (ce que De Villepin nommait le « patriotisme économique »). Il en a déjà tiré parti pour  se donner une belle image de « libéral » qui (comme dirait, presque, Bayrou) « ne considère pas la concurrence comme une fin mais comme un moyen » pour développer «  la prospérité, la croissance, la stabilité ».

Mais sur le fond, cela n’enlève rien d’essentiel. Même Blair le reconnaît : Le respect de la concurrence est mentionné dans 13 autres passages du projet de traité, « donc la situation ne changera en aucune manière ». Du coté de Sarkozy, on affirme : « Cela n'affecte en rien les bases juridiques de la politique de concurrence ». Alors ? Bravo Sarko : l’art de faire du neuf qui ne change rien exige du talent.

Au passage, le Président français a obtenu aussi de mettre en relief la nécessité de la croissance dans le texte du nouveau traité qui évoque l’Institut de Francfort. C’est bien, mais cela ne change rien à la nature du mandat  de la Banque centrale européenne (BCE), qui n'est pas en négociation. Autant dire que cela aura le même effet que le mot croissance rajouté du bout des lèvres lors du lancement du  « pacte de stabilité ». Qui se souvient et rappelle que ce Pacte est « de stabilité et de croissance » ? Effet psychologique encore …

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Plus de « ministre » :un haut représentant

Autre formule de style : « Le ministre des affaires étrangères » prévu dans le texte de la Constitution caduque s’appellera « Haut représentant de l’UE»… Les Anglais (hostiles à toute idée de supranationalité dans ce secteur, donc à toute perspective de diplomatie commune) sont contents. Les Polonais et les Tchèques, aussi. Les autres se font une raison : les fonctions attribuées à ce haut personnage sont inchangées. Vice-Président de la commission, il présidera le Conseil des affaires étrangères et tentera de coordonner les positions internationales des pays membres… Il est sûr que de créer un « ministère » dans une entité qui n’a pas de gouvernement était un peu étrange…Un gadget rhétorique à la Giscard ! L’Europe politique reste à construire. On le savait.

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Oui à une Présidence de deux ans et demi

Sur de nombreux points, les 27 États membres étaient déjà d'accord avant le début du Conseil. Quelques exemples:

>>>Les États membres de l'Union européenne restent attachés au poste de président permanent du Conseil proposé dans le projet de Constitution. Celui-ci exercera ses fonctions pendant deux ans et demi. La présidence par rotation serait donc supprimée. C'est une nécessité, mais le sysytème avait le mérite d'"européeaniser" chaque pays à tour de rôle. Cela doit être compensé par une plus grande prise en compte de la dimension européenne dans les structures et les politiques nationales.

>>>Renforcement des compétences attribuées au Parlement européen: grâce au développement des champs politiques dans lesquels Parlement et Conseil des ministres prennent des décisions communes.C'est un impératif.

>>>Renforcement des compétences nationales: grâce au développement des droits d'information des parlements nationaux. Il était temps..

>>>Réduction du nombre des commissaires: à moyen terme, il sera ramené de 27 actuellement aux deux tiers du nombre des États membres.Ce n'est pas forcément bon... C'est le statut des Commissaires qu'il faut revoir.

>>>Jusqu'à présent, l'unanimité est toujours requise dans de nombreux domaines politiques pour les décisions prises par le Conseil des ministres. Il est prévu de remplacer ce système de vote par la majorité qualifiée, ce qui permettra de réduire le risque de blocage. C'est une impérative nécessité, une condition nécessaire pour progresser dans des secteurs qui exigent des progres, celui de l'Europe de la Justice, notamment.

D’autres points peuvent susciter des regrets : l’abandon des symboles (drapeau et hymne, notamment). Mais les deux étoiles d’or sur fond d’azur resteront ce qu’elles sont et l’hymne à la joie, aussi. Et l’union ne progressera qu’unie dans sa diversité. Il fallait donner quelques sucettes à Tony Blair, l’euro-ambigu, qui va céder son poste à Brown, un « euro-minimaliste »

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La Charte maintenue…sauf pour les Anglais

Les autres concessions faites aux Britanniques ne seront dommageables qu’aux citoyens du Royaume Uni.Celui-ci bénéficiera notamment d'une dérogation sur l'application sur son sol de la charte des droits fondamentaux, à laquelle le futur traité donnera une valeur contraignante dans les 26 autres Etats-membres. Les citoyens de Sa Gracieuse Majesté perdent une voie de recours. Tant pis…pour eux.

Au total, cette Union qui est déjà « à la carte », selon une formule de Louis Armand des années 60,  le sera un peu plus. Pas de menu unique à 27 ! Mais l’essentiel, selon l’expression bien connue, reprise à son compte par Sarkozy, c’est que « ceux qui veulent aller plus vite et plus loin ne soient ni ralentis, ni empêchés par les autres ». Et les reculs de ce traité institutionnel pourront être compensés par des « coopérations renforcées ». La vie continue. C’est un combat. L’Union « de plus en plus étroite » continue. C’est aussi un combat. Un beau combat.

Daniel RIOT

 
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