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10/03/2008

Strasbourg et les municipales: Rien n'est joué, mais...

Tout est joué à Strasbourg ? Mais non. Robert Grossmann a raison d’y croire encore. Et Roland Ries fait bien de rester prudent.  Le problème pour le Tandem, c’est son réservoir de voix. Il est bien faible… Ne serait-ce que parce que l’UMP a déjà mangé les centristes qui penchent à droite et que l’électorat de l’extrême-droite n’a aucun intérêt à voter pour une droite sarkozienne qui l’a déjà trompé. Certes, les abstentionnistes du premier tour peuvent changer la donne, mais rien ne dit qu’ils se déplaceront pour un camp ou pour un autre. Et la campagne du deuxième tour ne s’annonce pas forcément favorable au tandem, surtout si celui-çi persiste à mettre son bilan en avant son « bilan »

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09/12/2007

Politique: le PS fait la publicité pour les couleurs du Modem

"Tu as volé, as volé, a volé l'orange "....

Le PS manque tellement de couleurs qu’il pique celles des autres ! Adieu la rose (fanée !)  et vive…l’orange et le vert. Chapeau Roland! L’orange, c’est le Modem. Le vert, c’est l’écologie. L’orange et le vert, c’est naturellement l’alliance la candidature de Chantal Cutajar soutenue par le Cap 21 de  Corinne Lepage, représenté dans le Bas-Rhin par Yveline Moeglen, co-listière de Chantal… Qui disait qu’il n’y avait «  pas de belles oranges …orange sans verts orangers » ? Ah : oui…C’est moi…

« Les couleurs n’appartiennent à personne », dit-on au PS où l’on ose même plus se dire « socialistes » tellement le mot a été vidé de son sens…Comme  les bonnes idées non plus n’appartiennent à personne, on n’est pas surpris non plus de constater  d’autres emprunts dans les programmes (sans couleur et sans relief) que prépare Roland Ries. Alllô, Gilbert Bécaud? J'ai trouvé qui a "volé l'Orange"..;  De vieux tubes remis à la mode: c'est le PS d'aujourd'hui... 

J’ignorais que Roland pouvait confondre « ouverture » et « pillage », envol d’une campagne et vol des symboles. Il est vrai que, coté tandem, les premières informations sur le programme dénote un art du copie (chez les autres)/collé (chez soi) assez consommé. Il suffirait pourtant au Tandem de faire du copié/collé avec leurs promesses faites avant leur élection et   non tenues depuis. Il est vrai que la dernière fois, le Tandem n’avait pas gagné les élections, c’est le PS qui les avaient perdues…

A cause de qui déjà ? Ah! oui… A celui qui prend un plaisir sado-maso à ne faire partie d'une équipe que pour la faire perdre!  Celui que Ries qualifie avec indulgence dans les dna d’« anticlérical » et de « manœuvrier »….

Chut ! Au Modem, il a déjà apporté ses propres  couleurs, le "préfet hors cadre"  qui confirme que "l'oisiveté est source de tous les vices" : les couleurs de la honte en politique. Et du culot sans nom…

Je n’en reparlerai ici et ailleurs que dans quelques jours. Quand j’aurai décidé soit de renvoyer ma carte (orange)  soit d’inciter des gens que j’estime à rejoindre ce qui  été annoncé comme une source de re-enchantement de la politique…   

 

17/11/2007

Strasbourg : Oh ! Les copieurs… Quand Roland Ries et Robert Grossmann se disputent une formule de…Chantal Cutajar

Ma petite chronique strasbourgeoise

Ils vont finir par être encore plus drôles que dans la revue de la Choucrouterie, Robert Grossmann et Roland Ries… Le second dans les dna reproche au premier de lui avoir piqué le « Vivre ensemble » comme priorité de la prochaine campagne municipale… Un « Vivre ensemble » plus harmonieux ? C’est un bel objectif, çà…

Pas étonnant que Chantal Cutajar en ait fait l’une de ses priorités essentielles dès la campagne des…législatives, qu’elle ait repris cette formule (qui chez elle n’est pas un slogan) dans sa conférence de rentrée, le 5 septembre…

Mais  j’y pense : vous allez de temps à autres sur le site de DpJ, le droit pour la Justice, l’association crée par... Chantal Cutajar voilà plusieurs années ? Sans doute : ce blog associatif a plus de 10000 visiteurs uniques chaque mois… Avez- vous remarqué la phrase qui est en sous-titre du bandeau ?  « Pour un "vivre ensemble" fondé sur le Respect : développer et approfondir l'éthique démocratique »…(depuis le lancement du blog en janvier 2005)

Le « Vivre ensemble » ! Tu as raison, Roland : Robert a copié. Mais il ne te « plagie pas ». Comme toi, il a copié sur (ou s’est inspiré de)… Chantal Cutajar !

Il est vrai que les bonnes idées n’appartiennent à personne (j'ai éjà éecrit cela à propos de l'eurodom que le tandem a mis à son programme après avoir lu dans le dna que "strasbourg je t'M" soutenait ce projet... bloqué par le Tandem (parce que soutenu ausi par la gauche!) .

 Le problème, c’est qu’il ne suffit pas de les agiter, les idées. Il faut les appliquer." La priorité, c'est vous", c'éatit aussi un bon slogan... Quand on voit ce qu'en a fait le "tadem" en pédalant dans la choucrouite du pouvoir personnel...

Ce qui est vrai c'est que le « vivre ensemble »,  depuis une bonne quinzaine d’années, ce n’est pas exactement la formule qui correspond le mieux à la réalité strasbourgeoise…

Mais puisque j’en suis aux formules vidées de leur substance par de politiques en quête de slogans, la jolie trouvaille du « tandem » sur «passer de l’urbain à l’humain » ne manque pas de sel… Notre  « Malraux de Pourtalès » (Grosmann pour ceux qui ne connaissent pas le surnom du Renommé) a dû oublier que urbain c’est d'abord preuve montre... d' urbanité. Ce n'est pas synonyme de béton et d'urbanisme…

Comme il oublie tant notre "Mérimée de la Robersau" (le même, les jours impairs) que  politique et politesse ont la même racine. Un bon « Vivre ensemble » repose sur un sens aigu de l’urbanité, donc de l’humanité… Donc du « respect », ce pilier de la politesse...

 C’est vraiment une bonne formule : « Pour un Vivre ensemble fondé sur le Respect : développer et approfondir l’éthique démocratique »… Je comprends que Grossmann et Ries pillent Cutajar. Mais ils oublient l’essentiel : Les formules « cutajariennes » ont du sens parce que Chantal leur donnent de la valeur, elle ! Robert va encore me dire qu'il me "sera beaucoup pardonné" parce que je ne sais pas ce que je fais, dit et écrit... Si c'est lui qui le dit, je crois en mon Salut!

 

Daniel RIOT

19/10/2007

La France en Europe : Quand les « Fabusiens » disent OUI au traité de substitution…

Un billet d’humeur de Daniel RIOT pour RELATIO : « Je crois qu'il met fin à une longue période d'interrogation sur le fonctionnement des institutions de l'Union européenne, qui correspond à une sorte de lassitude des chefs d'Etat et de gouvernement quant à leur capacité à traiter de ces questions. Fondamentalement, je crois que la grande Europe avait besoin d'institutions adaptées et je pense que l'équilibre institutionnel repris par ce traité correspond à ce dont l'Europe a besoin, avec cet avantage de ne pas confondre ce qui relève du fonctionnement des institutions et de ce qui relève des politiques comme le faisait la Constitution. ».

d7284f01a4148836621e0e896e37e466.jpgDe qui est ce splendide commentaire donné dans une ITW à Toutel’Europe.fr ? D’une euro-députée fabusienne, Pervenche Berès,  qui a fait voter Non au referendum sur la Constitution et qui aujourd’hui applaudit le traité de substitution... parce qu’il ne contient pas la partie III du texte "de Giscard", comme elle disait alors qu'elle y avait bien contribué… Cette partie III, il faut peut-être  le souligner,  ne faisait qu’une synthèse de traités qui ne sont évidemment pas supprimés, donc qui restent (heureusement) en vigueur….

Le culot, en politique, c’est indispensable ? Il est vrai que le leader de son « courant », Laurent Fabius, est pour l’heure très silencieux sur ce sujet. Il vaut mieux sans doute. Un jour, peut- être, un historien montrera comment par son faux calcul politicien anti-européen, Fabius (qui veut ressusciter le parti qu’il a si fortement contribué à mettre en pièces) a empêché le PS de remporter les dernières présidentielles.

L’intelligence ne se résume pas plus au QI que l’identité en une carte…

Daniel RIOT

21:15 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, PS, europe, fabius, traité

15/10/2007

Strasbourg : Tentative d’OPA sur le Modem…

Les ambitions masquées de Jean-Claude  Petitdemange, « préfet hors cadre »

(ma petite chronique strasbourgeoise) 

Voilà près de trois semaines que j’attends que l’info sorte dans les « dna ». Je dis info, pas rumeur… Alors, je joue ici les « chuchoteurs » (salut Jean-Louis !). Après tout, ma « petite chronique strasbourgeoise » est faite aussi pour cela…Le « pape strasbourgeois des souverains poncifs », comme me promeut la « droite strasbourgeoise », a encore quelques bons restes d’info-fouineur, peut-être.

On le sentait venir de loin. Son dessein s’est fait dessin : Jean-Claude Petitdemange, préfet hors cadre, a fait un travail de fourmi rouge, ou de taupe,  pour tenter une OPA sur le Modem strasbourgeois.

OPA : Offre privée d’achat, en l’occurrence, puisque rien n’est public.

Ce maître en combines politiciennes doté d’incontestables talents dans l’une des capacités les plus répandues en politique, celle de nuire, a adhéré au MoDem. Pourquoi pas ? Le Modem est ouvert à tous les talents. Et il a lui des « amitiés » dans tous les rangs, sur tous les bancs, c’est un signe d’ouverture d’esprit, non ?

Mais il le fait discrètement, en catimini, à huis clos,  au « sommet », au siège de l’udf-Modem, à Paris, en tirant parti de quelques unes des nombreuses relations qu’il a pu se faire dans ses fonctions de chef de cabinet de Rocard (qui l’a rayé de son carnet d’adresses). Et en ignorant, avec cette élégance chargée de mépris et d’arrogance qui est l’une de ses caractéristiques, les militants locaux de ce Mouvement démocrate qui gêne tant de monde, à droite, à gauche et…au centre !

C’est qu’il sait « présenter bien » Jean-Claude ! C’est qu’il est tout sauf bête ce « Pasqua de gauche »,  comme je  le surnommais voilà longtemps déjà, à une époque où au PS tout le monde chantait ses louanges !  Et c’est qu’il sait, en tout et pour tout, se montrer fin calculateur, comme tous ceux qui se placent au-dessus de la morale ordinaire pour ne suivre que leur propre « moraline » (selon l’expression de Nietzsche).

Ceux qui ne le connaissent pas ou mal lui font facilement confiance. Il a même l’art  de faire illusion. Un vrai séducteur, sous certains angles (politiquement, bien sûr). Malheur à celles et ceux qui s’en rendent compte trop tard.

Comme il a aussi un bagout de représentant de commerce quand il se vend lui-même, il « embobine » facilement… « Il est très bien ce type ». Mais bien sûr ! S’il savait construire aussi bien que détruire, il serait même très, très, très fréquentable. J’ai même failli me faire piéger, voilà bien des années, quand il animait un club de réflexions transformé en cercle de conspirations…

Enfin, il est très utile, Jean-Claude. Pour les adversaires de ses amis. Fabienne Keller et Robert Grossmann ne pourront jamais le remercier comme il convient : c’est grâce à lui qu’ils sont entrés dans l’histoire de  Strasbourg.

 Pascale Jurdant-Pfeiffer aussi peut lui dire « merci » avec chaleur : c’est grâce à lui qu’elle a pu gagner(face au FN) des élections cantonales où le « traître à sa cause » (conseiller sortant) avait obtenu un score que n’importe quel homme politique un peu lucide aurait considéré comme un désaveu et une invitation à une retraite bien méritée. Un sortant sorti avec 13% des voix : quelle belle popularité !

Au MoDem, Jean-Claude Petitdemange  (silencieux pendant les Présidentielles comme durant les Législatives) se dit qu’il a un ou deux bons coups à jouer. Il y a un tel « bordel » au centre, avec les UMP venus du centre, le Nouveau Centre, les Udf  fidèles à Sarko mais ennemis du tandem, ou amis du tandem mais ennemis de Sarko, les Udf-Modem qui détestent Cutajar et ceux qui adorent Cutajar, les nouveaux centristes et les anciens, les (faux) « historiques » et les (vrais) histrions, les centreux, les centraliens, les décentrés, les excentrés, les centraux…Y a bon marécage !

En plus,  de nouvelles figures brouillent les cartes dès que le jeu semble se clarifier. Pascale, la corde au cou, s’agenouille aux pieds du tandem et fait plusieurs me culpa, mais voici qu’émergent Marc (qui rallie publiquement par voie (x) de presse Chantal puis se dédit comme s’il n’avait rien dit) et, ralliée elle aussi par adhésion directe à Paris, Ludmilla la magnifique.

L’auteure d’un livre (dont les bonnes feuilles sont publiées sur le blog des dna au grand dam de Robert Grossmann) annonce sa candidature à l’investiture juste après avoir affirmé publiquement qu’elle ne briguerait pas  la tête de liste ! On peut changer d’avis, non ? Il n’y a aucun mal à cela. Et elle veut l’investiture sans rejoindre le groupe municipal de l’udf-Modem ! Et alors ?

Comme dit le « déblogueur » qui lui sert d’attaché de presse (ou de chef du protocole, puisque c’est lui qui adresse les invitations à un dîner-débat), « personne ne peut revendiquer une quelconque légitimité ! »).  Ben voyons…

Il y a les « centro-n’importquoistes », aussi : je les avais oubliés, ceux-là ! Y a bon, vraiment bon, marécage ! « Petitdemangetout » avoir bon appétit ! De plus en plus.

Le calcul devient simple : la commission nationale d’investiture du MoDem va se retrouver avec trois dossiers, ou plutôt avec deux puisque celui de Marc n’existe que parce que la locale des dna y prête (un peu) attention. Que se passe-t-il, parfois, dans ce cas de figure ? Le « troisième homme » n’est pas que viennois…

Jean-Claude Petimanche (pardon mon clavier patine) Petidemange,  fort de ses « excellentes relations » avec quelques membres de la dite commission peut arriver, en potion (position) de synthèse. En plus, il pourrait être servi par un argument (fort répété  en ville) : « Les Strasbourgeois en ont marre d’avoir des femmes à la mairie… Catherine, Fabienne, çà suffit ! On a donné ! »

C’est qu’il a un programme, Jean-Claude : le meilleur de ce qu’ont préparé les autres… La vie quotidienne des Strasbourgeois : il ne chante que cela le « préfet hors cadre » ! Qui n’en fait pas sa priorité? « Synthèse » : un mot qui serait nouveau dans son lexique personnel plutôt marqué par « antithèse »  Et,en plus,  il a sa vieille  équipe, Jean-Claude. « Strasbourg citoyenne ». Qui est prête à discuter avec tout monde , sauf avec la droite UMP et avec le PS. Le blog de la locale des dna qui est devenu (par ce qui est publié…et par ce qu’il n’y est pas) un révélateur des faux et des vrais calculs des uns et des autres (y compris des journalistes) lui a même consacré une longue note. « Strasbourg citoyenne » rajoute un peu de confusion au centre : Cela arrange qui, à votre avis ?  

Le « briseur de Catherine qui veut briser Roland » compte en profiter en tous cas. Avec ses deux fers encore au feu : son OPA sur le MoDem Strasbourg et son Oui au tandem « en quête d’un Kouchner ou d’un Bockel local » (Rien de moins !).

Pour l’heure, il se concentre sur l’OPA, le « préfet hors cadre ». Avec le soutien ou dans le dos de Ludmilla Hug- Kalinkova ? De cela, je ne sais rien.

Drôle d’attelage en vue, en tous cas : l’une veut la perte du « tandem », l’autre l’échec de Ries. Comme s’il suffisait de faire perdre pour gagner. Pour le Modem l’enjeu suprême n’est pas de gagner ou de perdre, mais de faire gagner Strasbourg !

Un de ses proches  me dit que Hug-Kalinkova serait sûre de « faire un tabac » si Petitdemange était tête de « sa » liste…D’où l’idée de l’OPA, peut-être… Les interdictions de fumer dans les lieux publics ne sont pas (heureusement) des interdictions de rêver. Mais les illusions tuent, parfois. Allez savoir. L’heure n’est pas aux pronostics…

Ce dont je suis sûr en revanche c’est ce que l’émergence de Petitdemange en première ligne ferait perdre au MoDem à Strasbourg et ailleurs. Rassembler n’est pas jouer les sacs poubelles des déçus, des aigris et de ce que De gaulle nommait les « politichiens ». Or, le « préfet hors cadre » est un « politichien hors normes »

Il me semblait que l’appartenance au Modem impliquait l’adhésion à une éthique politique nouvelle, plus rigoureuse, plus honnête, moins calculatrice. Si faire de la politique « autrement », c’est savoir avancer caché et masqué, marcher en crabe tout en  tentant d’imiter les crocodiles (belle gymnastique !), le Modem sera condamné sans modération. Mais le pire n’est jamais sûr, surtout quand l’objet de l’OPA n’a rien à vendre. Surtout pas son âme…

Daniel RIOT

30/09/2007

Politique: Quand Jospin donne raison à ... Bayrou!

Le livre de Jospin devrait faire un heureux : François Bayrou. Les ouvrages d’autres « dealers » de la pensée socialiste mal raffinée (pardon d’autres « leaders » du PS non rénové), comme Mélanchon devraient conforter un homme dans ses convictions : François Bayrou. La rentrée de Fabius, « candidat à rien » (donc à tout), devrait donner un surplus d’énergie à un leader : François Bayrou.

Sur quoi en effet repose le pari de Bayrou ? Sur l’incapacité du PS de s’arracher à ses mythes, à ses archaïsmes, à son passéisme en dépit de ce qui peut être dit sur la « social-démocratie », sur « l’acceptation de l’économie de marché », sur les « valeurs » du socialisme, sur la modernité de l’idée sociale…

Or Jospin, Fabius, Mélanchon et d’autres confirment le diagnostic du fondateur du MoDem. Le PS  reste figé dans son idéologie du XIX ième siècle et dans sa fidélité à des alliances (contre nature) avec l’ultra-gauche, la gauche de la gauche et les pires réactionnaires  de gauche. Irrécupérable…

N’est pas Mitterrand qui veut. Et ce n’est pas la désertion (pour cause de promotion) de DSK qui va améliorer les choses, faire « bouger les lignes », faire sonner l’heure d’une sociale démocratie moderne. Et digne des  valeurs proclamées.

Bien sûr, il reste le « désir d’avenir » en panne « d’avenir de désir » : la Jeanne d’Arc victime (selon elle) du « sexisme » et du « racisme » des « évêques Cochon » qui la voudraient sur un bûché. Elle représente plus qu’elle-même en effet, Ségolène. Et elle pourrait incarner cette « voie nouvelle » qui s’impose tant dans un paysage politique que Sarkozy a réussi (provisoirement) à modifier sans changer le pays.

Mais elle a tellement montré les limites du charisme de paillettes (à la Star’Ac, Sarko a su faire, et sait faire,  nettement mieux qu’elle !)… Et, sur le fond, son programme ne repose ni sur un « projet de société » cohérent, ni sur un socle de valeurs très affirmé, ni sur une éthique politique bien précise.

Le Modem ne se confond pas avec un « bayrouisme » imprécis : ce mouvement qui puise sa force dans les vleurs de l’Europe personnaliste pourrait même s’imaginer sans Bayrou (et c’est un atout considérable, tout à l’honneur de son leader). Mais Ségolène ne porte qu’un « Royalisme » (républicain) mal défini qui ne vaut (en bien et mal) que par sa personne. La nuance est de taille !

Ces constats doivent  consoler Bayrou de bien des déceptions. Je ne parle pas là des « lâcheurs » du nouveau Centre ou des nostalgiques d’une UDF dépassée, mais des « prises » faites dans sa sphère par Sarkozy.

Car on ne l’a pas assez relevé : ce que Sarkozy appelle « l’ouverture » se résume  d’abord en des  débauchages en série de personnalités qui se retrouvaient dans… la « Bayrousphère » et qui auraient pu rejoindre le MoDem…

Bockel, Kouchner, Ruffin, Jouyet, AtaIli, Rocard… La liste est longue, avec quelques exceptions qui confirment la règle (comme Védrine, trop peu « pro-européen » pour être Modem sans modération) …  

Sarkozy a fauché dans le pré du Béarnais ! Seuls les observateurs politiques sous influences élyséennes ou prisonniers des clivages droite-gauche si pratiques,  ne le voient point !

Cela doit surtout encourager Bayrou à être le premier fidèle à son cap, à son « chemin », à sa stratégie. Ce n’est pas simple.

Mais c’est à lui de bien montrer que le Modem n’est pas fait d’"habits neufs" d’une formation qui a fait sa grande mutation au Congrès de Lyon avec le « Penser Libre » mais qu'il est un mouvement vraiment nouveau, le vrai premier parti du XXI ième siècle. Preuve n’est pas encore faite. On attend le Congrès, les statuts et les municipales.

Daniel RIOT

19/09/2007

Strasbourg: Le PS et les municipales...

Petite chronique strasbourgeoise : Roland Ries prisonnier d’un PS où l’unité de façade n’efface ni le dogmatisme ni le sectarisme ?

Les socialistes strasbourgeois réussiront-ils à convaincre les « personnalités civiles » sollicitées et annoncées comme des « surprises » par Ries d’enrichir leur liste très partisane pour le législatives? Peut-être, mais je connais quelques « bonnes volontés » sollicitées rendues très réticentes non par la personnalité de la tête de liste, mais par …les « obligés PS » de cette liste.

Sur le plan national, dans ce  PS disqualifié, les bornes des zizanies sont largement dépassées, dans une ambiance (faussement) évangélique où l’on oublie la « charité chrétienne » pour sombrer dans une atmosphère de guerre des religions, entre l’ancienne pensionnaire de N-D d’Epinal toujours habitée par ses fantasmes d’adolescence de la pucelle de Saint-Rémy et le bon pasteur protestant qui s’en prend à la « pécheresse » sans mettre d’huile sainte dans son encre au venin…

Fantastique,le nouveau genre littéraire mis à la mode par le PS : « les livres ne sont pas faits pour être lus mais pour être balancés à la tête des camarades »…

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Sur le plan local, l’unité de façade est celle d’un crépi déjà fissuré qui risque de mal passé l’hiver. Pire : les confidences faites par  Mathieu Cahn, le premier secrétaire du Ps Bas-Rhin, à Claude Keiflin, sont chargées d’une telle arrogance et porteuse d’un tel dogmatisme que des esprits intelligents et libres peuvent se poser des questions… Ries, oui, bien sûr. Le PS, pas sûr… Cahn a-t-il lu le livre de Roland sur la gauche et l'Alsace? Si oui, il devrait réapprendre à lire.

Pour les personnalités de la "société civile", servir de faire valoir à une armée  désarmante nécessite une âme de galérien et un esprit de sacrifice plutôt rares surtout chez des gens qui n'ont pas besoin du PS pour s’épanouir dans de vrais pôles d’excellence ou  vivre d’une manière plus conforme à leur souci éthique.

Paroles d’apparatchik…

Quel était le but de Mathieu Cahn, tel qu’on peut en juger à travers l’article de Claude Keifkin ? Que c’est « l’appareil » qu’il dirige qui détient les clefs. Il se fait sûr de lui, cet « apparatchik » local.  Il se fait même arrogant, comme semblent se croire obligés  d’être les boutiquiers locaux de la plupart des partis…

A  l’intérieur, « au pas », camarades ! « La liste des 65 noms sera concoctée par une commission électorale composée de Cahn, Ries et des dix secrétaires de section, avant d'être soumise à l'approbation des militants fin novembre (ils devront voter oui ou non, sans possibilité de panachage) » Repos !

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Yan Wehrling

Les Verts, ces supplétifs…

Vis-à-vis des autres partis, même force de caractère (fermé). Et même fermeté(sectaire) !

>>>>« Il n'y aura pas de discussions sur une liste unique avec les Verts ». Comme il n’y a pas eu de chance laissée à Yan Wehrling, le porte-parole des Verts aux dernières législatives ! Pourtant, il aurait eu une bonne chance, le brillant Yan dans cette circonscription où le (faux) centre s’est disqualifié plutôt deux fois qu’une… D’ailleurs, le PS n’a pas « l’intention  de sous-traiter l'écologie aux Verts ». A bon entendeur, salut. Et les écolos ne mériteront considération que s’ils peuvent utilement servir de force d’appoint…éventuellement. « On préparera peut-être avec eux les conditions d'une éventuelle fusion  entre les deux tours, en bonne harmonie », dit Mathieu Cahn (à Keiflin). Mais si la liste Ries est en situation de l'emporter seule, elle ne fera pas d'alliance. ». Cela a le mérite de  la clarté. Le parti de la rose (est-ce encore vrai ?) n’aime le vert que s’il s’en sert.

>>> Face au MoDem, Mathieu Cahn se prend pour un expert en stratégie et un donneur d’ordre.  « On verra au soir du premier tour », dit Mathieu Cahn. Mais pour qu'il y ait possibilité d'alliance, le MoDem devra remplir certaines conditions : accepter le cadre du rassemblement de la gauche et un projet conforme aux valeurs du PS. Il devra s'inscrire clairement dans l'opposition à Nicolas Sarkozy et à l'UMP. La balle est dans le camp du MoDem, « nous ne pourrons pas, dit Mathieu Cahn, accepter des accords à géométrie variable », avec Ries à Strasbourg et Juppé à Bordeaux, par exemple ». Que c’est beau tout cela.

Et Lyon, on n’en parle pas, Monsieur Cahn ? Et Paris, vous savez ce qui s’y prépare ? Et le MoDem, vous connaissez les éventuelles conditions qu’il pourrait poser non à une alliance mais à un éventuel « partenariat » (la formule est de Marielle de Sarnez) ou à un hypothétique « contrat »?

C’est gentil à vous, monsieur Cahn,   de jouer ainsi avec les autres pour tenter de tenir les vôtres… C’est moins gentil, en revanche, c’est même vilain  de faire croire n’importe quoi : Qui peuvent bien être ces « certains adhérents du MoDem qui ont fait des appels du pieds au PS » ? Jean-Claude Petitdemange, peut-être ? Je rigole, bien sûr… Parce qu’il faut bien sourire, même quand on lit des déclarations qui n’ont rien de drôle, faites par les concierges de fédération qui n’excellent  que dans le comique involontaire.

La clarté du « centre central »

Après cet article, le groupe municipal de l’Udf-Modem dirigé par Chantal Cutajar a publié une petite mise au point (sur les « i », titrent les DNA) pour préciser quelques évidences : « A ce jour il n'y a eu aucune négociation avec le Parti Socialiste 67, ni avec aucun autre parti. »(…) « Conformément aux prises de position de François Bayrou, le MoDem présentera une liste indépendante aux élections municipales de Strasbourg. Si discussion il doit y avoir au deuxième tour, elles se feront sur la base d'un projet pour Strasbourg et non en fonction de la vision partisane d'un seul parti. »

Mathieu Cahn doit faire sourire le « tandem ». Il fait autant son jeu que les « centreux » de l’UDF qui refusent le MoDem et qui sont joyeusement téléguidés par Fabienne Keller qui a eu au moins le mérite de trahir l’UDF (qui l’avait investie tête de liste) avec clarté en rejoignant carrément, ouvertement et ostensiblement l’UMP.

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Pierre Henninger

Quand le PS n’est plus « républicain »…

Mais le sectarisme et le dogmatisme pathologique du PS ne s’arrêtent pas là. Les « camarades » ont réussi à faire signer à Catherine Traumann (qui connaît pourtant la Constitution et la loi, dans sa lettre et son esprit) une admonestation  à Pierre Henninger et à Yveline Moeglen  « au nom de la cohérence et de l’éthique politiques »(sic). Pierre et Yveline,on le sait, ont quitté le PS, en toute clarté,  pour adhérer au moDem pour rester fidèles à leurs convictions et à leurs conceptions de l'engagement politique.  

« Abandonnez vos mandats d’élu municipal et vos délégation à la CUS ! » Amis démocrates et républicains, bonjour : la légitimé en notre République selon l’ancienne ministre de la culture ne vient donc pas du suffrage universel mais des cooptations, des désignations, des nominations du Parti. Une démocratie, la France ? Non : Une partitocratie selon le PS strasbourgeois….

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Catherine Trautmann

Je connais (et j’apprécie)  trop Catherine pour l’imaginer pondre elle-même cette double missive. Les « gardiens du révolutionnarisme »  de ce PS toujours prisonnier des us et coutumes archaïques de son histoire (le Congrès de Tour à l’envers est loin d’être fait !)  ont dû la contraindre à signer ces « arrêts », ces « oukases », ces « décrets » (sans valeur et dépourvus de sens mais chargés de signification) en tant que « Présidente du groupe des Elus socialiste et Républicains ». « Socialistes », je veux bien. On s’interroge d’ailleurs sur le sens exact de ce mot en France, aujourd’hui. « Républicains », en l’occurrence,  c’est autre chose…

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Yveline Moeglen

Je ne doute pas que Pierre Henninger et Yveline Moeglen sauront  répondre avec sobriété mais clarté à ces injonctions… Des injonctions tout de même très  surprenantes et décevantes sous la signature de Catherine Traumann, même si l’on  sait que la gratitude n’est pas une qualité que les mœurs politiques favorisent.

Entre les « sortants » et les « revenants » : les « innovants »

Strasbourg, à six mois des municipales, se trouve tout de même dans une situation qui n’a rien de drôle… A droite, une UMP qui pourrait être bonne sans le Tandem qui a trop démontré son incapacité à animer une bonne gouvernance et son pouvoir d’affadissement du rayonnement de la ville. A gauche, une « tête »  qui aurait toutes les qualités requises pour installer une bonne gouvernance susceptible de relever les défis en cette ville en début de siècle sans le poids (la pesanteur) de son parti.

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Chantal Cutajar et François  Bayrou

Et au centre ? « Le Modem un mélange explosif », comme écrit la rédaction locale des DNA ? Mais non ! Juste une épreuve de force, sérieuse mais indispensable, entre celles et ceux qui suivent Bayrou en allant de l’avant (et en travaillant sérieusement, sur des programmes sérieux) et ceux qui voudraient entrer dans l’avenir à reculons (en bavassant). Entre ceux veulent perpétuer les traditions politiciennes version « canal historique » du marais et ceux qui ont compris, avec Chantal Cutajar,  que le MoDem ne vaut que s’il s’accompagne d’une vraie révolution culturelle. J’y reviendrai. Ce ne sont pas les occasions qui vont manquer.

En attendant, je comprends que la droite et la gauche se liguent pour taper sur le « centre central » que peut constituer le « Mouvement démocrate »? Une alliance objective des « sortants » et des « revenants » contre les « innovants », quoi de plus logique ? Car c’est au « centre central », chez les « Démocrates »,  que tout se jouera. Or, pour l’heure,  rien n’est joué. Heureusement d’ailleurs :à quoi servirait une campagne électorale ?

Daniel RIOT

23/06/2007

PS : Les dinosaures du « Jurassique Parc » donnent encore du temps au temps

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer 

L’immobilisme, voilà le mouvement ! Les apparatchiks du PS donnent du temps au temps pour réaliser cette « rénovation », cette « refondation », cette « résurrection » qu’ils ont été incapables de concrétiser ces cinq dernières années. DESIRS D'AVENIR... DANS LE RETROVISEUR!

En l’absence de Ségolène Royal, boudeuse boudée,  le PS, réuni en Conseil national,  approuve en effet, à mains levées et avec de nombreux absents dans la salle (dont DSK et Fabius)  le calendrier proposé par François Hollande. L’université d’été, comme prévu, et un Congrès extraordinaire en 2008. Après les luttes intestines pour quelques postes à l’Assemblée.Après le "festival" annoncé de l'hyper actif et omni présent Sarkozy. Et surtout, après les « municipales »…que le PS voit bonnes pour lui en se référant (par optimisme?) aux résultats du deuxième tour des législatives. 

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On raisonne en échéances électorales plus qu’en impératifs programmatiques chez les bureaucrates du PS où le « Tout Sauf Ségolène » remplace le « Tout Sauf Sarko ». Il serait pourtant temps de lancer le  « Tout Sauf les Stalagmites et les Stalactites » qui perturbent les cerveaux plongés dans cette grotte où des archaïsmes, des passéismes et des sectarismes ne se retrouvent que pour s’affronter … 

Patience donc pour règler (peu-être) les questions qui touchent au leadership, à la doctine et aux alliances. Pour définir le mot "socialiste" , tracer des lignes tactiques et stratégiques clairs et fixer des caps précis.

Des éléphants ? Des dinosaures, plutôt. Hollande, concierge d’un « Jurassique Parc » du progressisme en berne. Dans le deuil d'une "deuxième gauche" assassinée et d'une "troisième" méprisée.Est-ce un hasard si Jean-marie Bockel a rejoint Sarkozy après un déjeuner avec DSK?

C’est dommage. Le PS est riche de personnalités et de militants de qualité. Il est riche aussi de valeurs qui ont du sens. Il a aussi au niveau européen des partenaires qui ont une vision mieux adaptée aux défis de ce siècle.

« Je ne laisserai pas s'installer l'idée qu'il y aurait d'un côté les responsables et de l'autre les militants », a déclaré Hollande qui aurait fait une carrière extraordinaire dans des régimes où le pouvoir est d'abord dans les "appareils". « Lors du prochain congrès, chacun pourra déposer sa motion son texte, sa stratégie, sa ligne. Chacun pourra le faire et le faire devant les militants ».Et on pondra une "synthèse", comme d’habitude, depuis 1908 ? Ou  tranchera-t-on jusqu’à risquer la cassure ? SOS Vauban: La citadelle prend l'eau.

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Dessin Charlie hebdo

D’ici là, tout peut changer… Qui suivra Jean-Marie Bockel, Kouchner et quelques autres ?"Je suis le seul non socialiste de la délégation française" , a plaisanté Sarkozy en arrivant à Bruxelles pour un Cnseil européen que Hollande juge mauvais, en champion de l'opposition systématique, en "beni non-non"... comme royal, d'ailleurs pourtant déclarée en rupture avec l'opposition "frontale" si stérile depuis 2002.

Qui rejoindra le séduisant MoDem, qui a intérêt conserver son positionnement de "l'extrême centre" même si la création du Nouveau Centre (qui occupe une partie du centre-droit ou plutôt de la droite dite "centriste") le pousse naturellement, et culturellement,  vers  des démocrates soucieux de concilier efficacité économiqe et justice sociale, croissance et développement durable, et conscients de la nécessité de rompre vec des moeurs politiques d'un autre temps,   comme on en trouve en nombre au "centre-gauche"?

Qui rejoindra les forces conservatrices de la « gauche de la gauche » en s’alliant à une partie du PC sauvé des eaux ou à ces chapelles d’  « alter »  qui sont bien en peine de se fédérer et qui sont plus douées pour dénoncer que pour proposer, pour protester que pour construire?

Cet immobilisme technocratique du PS donne une responsabilté supplémentaire au MoDem: s'affirmer comme la vraie force de cette "social-économie" et de cette "démocratie sociale" plus moderne que la social-démocratie qui n'a jamis été la marque du socialisme français, sauf pour y être étouffé.Si Rocard nous était conté... 

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer. Car à droite aussi, la belle unité de l’UMP n’est que de façade. « L’effet Sarko » n’aura pas dans cette droite « décomplexée » à son sommet mais un peu voire beaucoup « déboussolée » ou « cocufiée » à sa base, que les bienfaits escomptés. Les « godillots » ne sont pas tous à l’aise dans leurs baskets…

Daniel RIOT   

21/06/2007

Parti socialiste: Avec ses aveux tardifs, "Ségostar", la « femme fatale », perd ce qui lui restait de crédibilité

Ségolène Royal reconnaît avoir dû défendre des idées qu'elle ne jugeait « pas crédibles »

L’AVEU. De mensonge. D'incohérence. De manque de sincérité. De médiocrité. Comment accorder quelque crédibilité  à quelqu’un qui, après avoir eu la prétention de gagner la confiance  des Français pour accéder au pouvoir suprême  de la République, reconnaît, une fois la défaite non admise mais venue, qu’elle avait soutenu des idées qu’elle ne partageait pas, pris des engagements dans lesquels elle ne croyait pas et qu’elle se sentait prisonnière des archaïsmes et des « retards » de son parti… ?

Scandaleuse, la « femme fatale » ! Fatale pour les idéaux qu'elle prétend incarner. Désirs brisés.Et avenir bouché...

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Je n’ai jamais été tendre pour Ségolène. mais je n'ai pas été assez sévère, quoi qu'en disent mes amis socialistes.

 Mon intuition était bonne : quelque chose, en elle, sonne faux. Même dans ses prestations les moins mauvaises. BHL aurait du le voir et l'entendre aussi...

Mon analyse était fondée : son « désir d’avenir » était plus un désir de pouvoir être que de pouvoir faire. Et la consistance, la cohérence et la pertinence de son "pacte" ne résistait guère à un examen attentif. Rocard, DSK et d'autres l'ont vu, mais bien peu ont eu le courage de la dire...

Transformée durant la campagne interne du PS en femme-objet marketing, en tête de « couv » glacée des magazines, en vedette des plateaux télé, bref en petite reine de la Star’Ac de la politique-spectacle, celle qui « s’autorisait tout » s’est permis de mentir à ses militants, à ses supporters et aux Français .

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Smic à 1 500 euros, généralisation des 35 heures. Y en a-t-il d’autres ?... Selon Ségolène Royal, « ce sont des idées qui ne sont pas crédibles, pas cohérentes avec le projet socialiste ». Elle a « dû les reprendre dans son pacte présidentiel », a-t-elle précisé, lors de l'émission Question d'info (LCP-Le Monde-France Info). La pauvre... Elle a du défendre des causes indéfendables! Les avocats le peuvent:pas les candidats à l'Elysée... Se trahir soi-même sur l'autel de ses propres ambitions, c'est le comble de l'arrivisme...  

Parlant du smic à 1 500 euros brut en cinq ans, « qui est une idée phare de Laurent Fabius », Mme Royal a rappelé que la mesure n'était pas évoquée dans sa « profession de foi ». Ce qui ne l'a pas empêché de crier :"je m'engage à...", sous les applaudissements de la foule des militants enthousiastes. Cependant, a-t-elle ajouté comme pour s'autoexcuser, « certaines mesures [étaient] en même temps politiquement fondées : le message politique était de dire que les socialistes sont favorables à une augmentation des bas salaires ». Ah! Oui. Et comment?

Ségolène Royal a aussi estimé que l'entrée dans le gouvernement Fillon de personnalités de gauche ou issues de la diversité devait « interpeller le PS ».  « Cela doit faire réfléchir. Je pense que la gauche a été en retard, les socialistes ont été en retard", a-t-elle affirmé. Sur ce point, elle a raison.

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Mais qui a écoeuré Besson, qui a découragé Kouchner, qui a méprisé Bockel (comme tous ceux qui ont présidé en région ses comités de soutien)? C'est elle.   Et c'est  elle qui s’est voulue cheftaine de ce train en retard. Qui ne semble pas prêt de se remettre sur les rails d'une "vonté d'avenir".

Evoquant l'idéologie socialiste, l'ex-candidate à l'Elysée a jugé qu'il fallait « remettre en cause un certain nombre de choses ». Selon elle, il faut « tout revoir de fond en comble, y compris le vocabulaire ». Elle s'est dite « favorable à ce que les militants soient le plus rapidement possible appelés à trancher une ligne et des priorités » car « sinon, il y a un risque d'inertie » et de départ des militants.

Tout cela est vrai. Mais l’aveu d’un mensonge n’efface pas le mensonge, la tromperie, l’escroquerie intellectuelle et morale. La première ligne, c’est la clarté des engagements et la sincérité des discours. La priorité des priorités, c’est l’honnêteté intellectuelle de celles et de ceux qui prétendent guider le peuple et gouverner le pays.

Le PS vient d’aggraver son cas. Gravement. Vraiment très gauche et maladroit. Intrinsèquement. Pathétique, Royal. Pathétique, Hollande… Et leurs histoires de cœur  n’ont rien à voir avec tout cela.

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Les cocus, ce sont ceux qui ont fait confiance à une candidate qui renie ses propres engagements. Qu’aurait-elle bien pu faire une fois à l’Elysée ? Elle n’a pas implosé en vol, contrairement à ce que le simple bon sens auraut voulu, durant la campagne. C’est vraiment dommage. 

Son tort n’est évidemment pas d’avoir, aujourd’hui,  raison sur le fond. Mais d’avoir osé se présenter en agitant un drapeau qu’elle voulait ou aurait du piétiner, déchirer.

Désolé, Madame. Vous n’êtes guère crédible aujourd'hui (et votre parti non plus) pour critiquer Sarkozy. S’il est où il est, s’il peut jouer les « Bonaparte de l’Elysée » c’est d’abord grâce, ou à cause, de vous… Sarko avait raison:Vous avez été et vous restez sa "meilleure ennemie".  Alors…Silence, Madame. On tourne. Votre page! Avec gravitude.

Daniel RIOT

19/06/2007

POLITIQUE: Le Modem, digue anti raz-de-marée..

Petites leçons du deuxième tour des Législatives : Ce sont les électeurs du MoDem qui ont contrarié les desseins de l'UMP 

« Doulce France »… Toujours prête, de plus en plus même, à se laisser aller d’une humeur à l’autre. Pour se faire peur, ou plaisir. Pour fuir les réalités, souvent.

Lundi dernier : alerte rouge, raz-de-marée annoncé ! La Chambre « introuvable », « bleue encre », s’inscrit dans les sondages. Un succès à inscrire dans le Livre des records pour l’UMP, qui pourtant, a  un  bilan (passé sous silence) à mettre plus à son passif qu’à son actif. Le premier ministre, vrai chef de guerre, annonce l’objectif : plus de 400 députés. Et le spectre du « parti unique » apparaît.

Huit jours plus tard : « une vaguelette bleue pâle, avec des poissons rouges ». La gauche dans le coma s’est réveillée. Le PC assassiné est ressuscité. Un « Oui mais » titre Le Figaro. Un « avertissement à Sarkozy » lance un éditorialiste. La « fin de l’état de grâce », ose un autre…Les Français sont inconstants, pour les plus pessimistes. Ils sont intelligents, pour les plus optimistes…

En fait, le fait qu’un deuxième tour rectifie le premier dans des élections législatives   n’a rien d’exceptionnel. Et l’important n’est pas ce qui est mis la  plupart du temps en valeur, mais ce qui est caché par ce qui est valorisé.

Un «recul » de l’UMP ? Allons donc. La majorité présidentielle est « absolue ». C’est la réalité. Et Sarkozy tient tous les pouvoirs dans ce beau pays de Montesquieu. Et la victoire de l’UMP et de ses satellites est incontestable.

Un « bon réflexe de pluralisme » ? Oui. Le MoDem y a beaucoup contribué. Mais la bonne moitié des français n’est pas représentée, et on notre système reste plus électif que représentatif. Pour les partis : le Modem de Bayrou le sait mieux que personne, mais il n’est pas le seul à être écrasé par les deux rouleaux compresseurs d’un bi-partisme qui s’auto-reproduit. Et ne parlons pas de la représentation des « minorités visibles »…

Bien blanche, la Chambre! Même l’arrivée, (« massive » aie-je entendu), de femmes est à relativiser :la France, machiste, était au 89 ième rang mondial. Elle fait un bond pour se classer … 56 ième ! Que de progrès encore à accomplir pour être dignes de notre autosatisfaction.

Le phénomène essentiel du deuxième tour est le même que celui du premier : l’importance historique et périlleuse de l’ABSTENTION. C’est la preuve du bien-fondé des diagnostics de Bayrou. C’est la démonstration que les Français, malgré l’effet loupe, des Présidentielles transformées en festival de politique-spectacle, ne sont pas du tout réconcilier avec la politique telle qu’elle se pratique.

Problèmes d’éducation (dès l’école), d’information (soirée clips sur M6), de structures non démocratiques, d’état d’esprit oligarchique, de culture (plus monarchique que républicaine, malgré les cantiques laïcs des « élites »)…

ll est vraiment impératif que le MoDem ouvre les « voies nouvelles ». J’attends beaucoup des Conférences de citoyens que Chantal Cutajar lance sur Strasbourg, en appliquant concrètement les exhortations de Bayrou : si elles tiennent leurs promesses, il faudra les étendre à d’autres villes. La démocratie doit être une pratique permanente, sans cesse à améliorer,  et non un état de fait célébré plus ou moins bien périodiquement

En termes d’analyse politique, il importe bien sûr d’être prudent. Et ne pas s’en tenir à quelques impressions données par des cas particuliers (défaites de Juppé et de Chevènement, par exemple) ou par des  calculs partiels et estimations superficielles. Mais trois lignes de forces valent d’être mise en relief:

>>> L’échec du front national, réjouissant pour tous les démocrates et logique après la déroute de Le Pen aux présidentielles (due en grande partie au siphonage réussi de Sarkozy), ne marque en rien la fin sociologique de l’extrême-droite française. Déboussolés ou récupérés, les électeurs lepénistes se sont réfugiés dans une abstention plus dépitée que résignée. Gare aux réveils !

>>> Le sauvetage du PC n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitent une rénovation ou une refondation de la « gauche ». Marie Georges Buffet   revient de très loin. Mais où veut-elle et peut-elle aller ? Et avec qui ? Le conservatisme de gauche se porte mieux qu’on pouvait le penser : ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui se veulent d’authentique réformateurs d’une pensée et d’une action adaptées à ce siècle. Cela rend plus ambigu encore le projet de Hollande et de quelques autres de constituer une « UMP de gauche «  qui irait du PC au centre ». Le PS  va être peut-être encore plus tiraillé par une logique de partition entre deux lignes. L’une, « classique », appuyée sur le flanc gauche du PS et donc des alliances à sa gauche. La seconde partisane d’alliances au centre ou avec le centre….

>>> Le bonheur des socialistes, qui en oublient qu’ils ont perdu et que la droite a gagné, a quelques cotés amusants… Après la vague rose des régionales, le même concert d’auto-satisfaction avait rendu sourd les plus lucides.   

Il est vrai qu’au regard de la débâcle qui lui était promise par les sondeurs au soir du premier tour, et de la campagne politiquement nulle que ses dirigeants ont mené entre les deux tours,  le PS a fait mieux que se défendre. Le parti socialiste et ses alliés gagnent même une quarantaine de sièges,  contre toute attente. Une « divine surprise », pour Hollande. Et une « surprise contrariante » pour Royal…

Mais une « surprise » provoquée par quoi ?

Ne croyons pas que subitement ce deuxième tour a été transformé par l’habileté de Fabius, en un referendum pour ou contre la TVA anti-sociale…

Ne croyons pas non plus à une « mobilisation exceptionnelle » des électeurs PS : Claude Patriat, professeur de sciences politiques à l'Université de Bourgogne, sur la base de 150 circonscriptions clés passées à la loupe peut affirmer le contraire. Et d’autres études sérieuses (dont la mienne, si je peux me permettre) aussi : « Le PS n’a pas été mieux servi par son électorat au deuxième tour qu’au premier »

Paradoxe ? En fait, le PS a été servi par l’absence de triangulaire. Il n’y en a qu’une , et elle a été gagné par le MoDem…

Il a été surtout servi par l’électorat du MoDem, y compris dans des circonscriptions où il a perdu de peu et où (fait d’exception)  la candidate éliminée du MoDem avait appelé à voter contre lui (deuxième circonscription de Strasbourg)

Claude Patriat explique :  «  Il n’y a pas eu de sursaut du Parti socialiste. Quand on regarde précisément les résultats du 1er tour on constate que sur 150 circonscriptions, les voix du Modem pouvaient lui permettre de faire la différence à condition que se constitue un front anti-UMP. Or c’est exactement ce qui s’est passé. ».

Les éléphants et les aspirants « lions » du PS se sont bien gardés de le souligner, mais le fait est là : le PS a  bénéficié massivement des voix du Modem. En dépit de l’absence de consigne de vote de Bayrou. Les électeurs seuls ont décidés.

C’est logique puisque l’électorat de centre droit avait déjà voté UMP, en suivant le  « général Morin ». C’est encourageant, non parce que cette fois le PS en bénéficie, mais parce que le MoDem montre ainsi sa puissance d’arbitrage. C’est ce qui fait dire à que les sceptiques ont tort : le phénomène Bayrou va perdurer. La Revolution Orange d’un Centre Indépendant et Libre répond à de vraies aspirations.

Cet appui du moDem est d’ailleurs confirmé par les sondages sorties des urnes : 58% des électeurs du MoDem du premier tour auraient voté pour le PS, 25 pour l’UMP et 17% se  seraient abstenus ou auraient voté blanc.

A noter au passage la faible abstention des  électeurs du MoDem pourtant en deuil de leurs espérances du premier tour : c’est  le signe d’une motivation civique forte chez celle et  ceux qui optent pour l’orange. Cela aussi est très encourageant pour le mouvement de Bayrou.

Ces données sont évidemment importantes pour tenter d’imaginer la recomposition en gestation du paysage politique. Revoici des débats en vue entre les champions de la bipolarisation et ceux qui suivent le cap Bayrou : l’émergence d’une troisième force entre l’UMP et la gauche pure et dure. Cela dépendra d’abord de la capacité du moDem à se donner les moyens de ses ambitions. Une affaire de structures et de mentalité.

Daniel RIOT

12/06/2007

La bataille de Strasbourg: front gauche, front droit et centre pluriel...

Chantal Cutajar a eu raison de proposer aux deux finalistes de la Une un débat contradictoire sur le fond aux deux candidats sélectionnés par le suffrage universel au premier tour. J’ignore quelle sera leurs réponses : c’est leur problème. Peut-être se réfugieront-ils derrière les débats orchestrés par France 3-Alsace puis par les DNA pour refuser plus ou moins poliment cette offre démocratique.

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Mais l’initiative de Chantal (effectivement calquée sur la démarche de Bayrou entre les deux tours des Présidentielles, comme les DNA le soulignent dans un article remarquable) se place dans une autre perspective : que les deux finalistes gagnent les voix qui s’étaient portées sur elle au premier tour par la force de leurs arguments et par leurs réponses aux exigences de la plate-forme du MoDem.

C’est d’ailleurs, pour moi,  l’occasion de regretter que le premier tour n’ait pas été marqué par de vrais débats publics contradictoires (mis à part une esquisse de table ronde sur France 3). « La démocratie, c’est le débat », dit justement Chantal. Ce qui sous-entend que la liberté de choix est d’abord un droit de savoir.

Or, sur quels critères choisir entre les deux représentants des deux citadelles de la bipolarisation institutionnalisée qui caractérise cette « démocratie » de type présidentialiste à la russe plus qu’à l’américaine ?

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>>>Armand Jung illustre, par son bilan déplorable (c’est un constat de réalité, non une appréciation subjective), toute la tragédie du PS : archaïsme, flou des valeurs et manque d’idées,  paresse intellectuelle, verrouillage des structures internes par tous les moyens, y compris les plus douteux, confusion des genres (un député n’est pas un conseil général avec un galon de plus), clientélisme facile…

Un député du « temps des tavernes », comme je l’ai déjà écrit. Un député chrysanthème. Un député qui brille par son absence à Paris, y compris dans des débats cruciaux, retraites et sécurité par exemple)

Ce n’est pas à moi de faire un procès à charge contre lui à la veille du second tour. D’ailleurs, sa personne n’est pas en cause. Je n’hésite pas à me répéter sur ce point: le bilan de l’opposition PS « sortante » est globalement nul, c’est ce qui permet à Sarkozy de se donner une image de rupture et à la majorité sortante d’être reconduite d’une façon triomphale, malgré son bilan catastrophique…

C’est ce qui permet à quiconque a la chance de bénéficier de l’étiquette UMP d’être porté bien au-delà de ce « principe de Peter » qui détermine les limites de chacun.

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>>>> La très lisse Frédérique Loutrel, candidate par procuration du « Tandem UMP » qui dirige la ville et qui s’était planté dans la même circonscription lors des législatives précédentes, bénéficie bien sûr de cette « vague bleue ».

D’ailleurs, elle résume elle-même son programme très bien « donner au président Sarkozy une majorité », comme si Sarkozy n’était pas assuré d’avoir une majorité à sa botte.

Elle ajoute dans les DNA de ce matin : « Faire entendre la voix de Strasbourg à Paris ». Comme si son filet de voix (qui récite si bien ses fiches) allait faire mieux et plus ce que toutes les voix « umpistes » alsaciennes (à commencer par celles de ses tuteurs du « tandem » ne réussissent pas à faire…

A la limite, cette ambition là est désobligeante pour ses protecteurs-propulseurs. Même les DNA qui savent ne pas déplaire au « tandem UMP » ont parlé de « marionnette » à son propos… Les tireurs de ficelles ont d’ailleurs affiché toute leur satisfaction à l’issue du premier tour. Et ils ont toutes les raisons d’être optimistes pour le deuxième.

On connaît les défauts du « vieil Armand », mais personne ne connaît les qualités de leur « poulain », à l’exception d’une, la docilité. Robert Grossmann l’a louée, en utilisant d’autres mots bien sûr…

Cela dit, je la trouve plutôt sympathique, Frédérique Loutrel. Je me fais seulement une autre idée du renouvellement et de la féminisation de la classe politique. Et si , pour reprendre une formule devenue célèbre, "je ne sais encore comment je voterai dimanche dans la "UNE", je sais pour qui je ne voterai pas"...Entre deux maux...Mais je ne suis pas encore dans l'isoloir! J'attends le débat à trois proposé par Chantal Cutajar

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>>>Je comprends l’aigreur de Martine Caldéroli-Lotz qui apprend à ses dépends que les procédures électives, dans les partis et en dehors, ne privilégient pas toujours les critères de qualité et de compétence.

Je comprends aussi que cette exclue de l’UMP, lâchée par ceux qui l’avaient encouragée, ait réuni sur son nom autant de voix.

Confidence (qui n’intéresse personne sans doute) : si j’avais voté pour à la fois soutenir Sarkozy et me sentir dignement représenté au palais Bourbon, c’est un bulletin Caldéroli que j’aurais glissé dans l’urne… Même si  son affiche semble sortir d'un feuilleton du type "amour , gloire et beauté"... La personnalité des candidats, çà compte, non? Mais mes préoccupations citoyennes se manifestent ailleurs et mes espérances s’investissent sur d’autres noms. Et je ne vais pas pleurer sur les erreurs de choix de l'UMP.Trop de caractère pour le Tandem, Mme Caldéroli!

Puisque j’en suis au « camp » sarkozyste de Strasbourg, deux remarques :

*>>> Je suis rassuré par le bouillon pris par Schaffhauser (même si  je suis triste pour lui)… J’avais rencontré « Schaff » avant qu’il annonce son retour en fanfare dans Strasbourg-Village. Je me souviens de l’avoir incité à la prudence et à la pudeur… Un moulin à paroles et une machine à fric et à « com’ » ne suffisent pas (heureusement) à garantir un minimum de réussite en politique.

*>>> C’est drôle de voir comment les représentants de la droite strasbourgeoise ont besoin de se donner une bonne conscience « centriste ». Des suppléants qui agitent toujours le drapeau UDF, des soutiens qui se réclament toujours du même signe UDF. Le TGV n’a pas contribué à accélérer la circulation des informations en provenance de Paris et d’ailleurs.

Ce matin encore, je lis dans les DNA (toujours très généreuses envers ceux qui sèment la confusion au « Centre ») une « réaction » du Sieur Le Jéhan qui n’engage que lui (son titre de porte-parole de l’UDF lui a  été publiquement retiré) et qui tient des propos dignes du PSLE, « Nouveau centre » mais indignes de « l’UDF-Modem » et qui mêle d’une façon perverse enjeux législatifs et enjeux municipaux.

J’ai tout de même vu cet homme plein d’appétit applaudir lors d’une réunion du MoDem des discours approuvant le cap et la ligne Bayrou… Etrange.

On peut au MoDem préférer Sarkozy à d’autres et on peut donner sa voix à qui l’on veut. En conscience. Mais la Liberté n’est pas celle de jouer contre son propre mouvement. Le Centre « central » est pluriel. Mais là, on s’affiche clairement et singulièrement à droite, droite. Rejoignez le général Morin, soldat Le Jéhan ! Vous serez plus à l'aise avec vous-mêmes. Et vous jouerez gagnant! Pour le MoDem, repos...Un mouvement aussi prometteur exige une certaine honnêté intellectuelle.

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Evidemment, à ce stade de ce survol strasbourgeois, j’entends les voix de ceux qui s’interrogent sur la prise de position de la candidate du MoDem de Strabourg 2, Pascale Jurdent-Pfeiffer, qui à la télévision, met son échec sur le dos de… Bayrou et de ses « erreurs de stratégie » et qui dans les DNA de ce matin finit par faire pitié. Et faire bondir ceux qui rêvent d’un MoDem qui n’hérite pas des tares de l’UDF...

Je n’aime pas les gens qui sont victimes d’injustices ou de mauvais procès. J’avais été outré par l’ exécution morale de Pascale  sur le blog de Robert Grossmann transformé en espace public de tortures.

Et j’ai pris sa défense devant ceux qui ironisaient avec méchanceté sur son coté schizophrène, sur son « cul entre deux chaises », sur son « hystérique soif de pouvoir à tout prix ».

Je comprends sa difficulté de vouloir rester fidèle à la fois aux valeurs d’un parti qui l’a mise en bonne place sur la liste des « européennes » (une défection de Nathalie Griesbeck et elle se retrouve dans l’hémicycle du Parlement européen) et sur sa fidélité à un « tandem UMP » qui la malmène mais avec lequel elle veut continuer à travailler.

Mais je dois dire que ses réactions de dimanche et d’hier la disqualifient politiquement à mes yeux.

La voici, victime autoproclamée d’une injustice de la part de ses électeurs. Qu’elle insulte !  « Je travaillais 70 heures par semaine pour eux, je n’en ferai plus que 35 ».

La voici victime du « Tandem » qui ne lui a pas rendu son soutien…Comme si la reconnaissance était inscrite dans les statuts de l'UPS (L'Union pour sarko; pardon pour Starsbourg)... 

La voici victime de Maurer qui na « jamais mis les mains dans le cambouis »

La voici (encore et surtout) victime de Bayrou… Là, c'est plus que grave! pour elle, non pour Bayrou. Le Béarnais avait d’elle, pourtant, une belle image.  Trop belle, sans doute. Une image entretenue (il me l’a dit) par Marc Reymann (le retraité forcé de la députation UMP) et nourrie par les qualité de sérieux qu’elle avait montré quand elle travaillait avec l’ancien ministre-sénateur Daniel Hoeffel (en compagnie de Fabienne Keller).

Hoeffel (qui a été victime du « coup du cocotier » réinventé par  celles et de ceux qu’il avait lancé en politique) ne se pardonne pas « son erreur de casting » avec Mme Keller. Il y a sans doute aussi « erreur de casting » (au sein de l’udf) avec la pauvre Pascale..

A tel point que les socialistes les plus lucides se réjouissent qu’elle ait appelé à « voter massivement « pour son ex-adversaire UMP Jean-Philippe Maurer ! Le « massivement » sonne mal en effet. La crédibilité du message est annulée par le manque de crédibilité révélée de la messagère. Accusés d'ingratitue, ses électeurs suivront-ils une "consigne" de la part d'une candidat d'un parti qui refuse les ...consignes? Indirectement, elle crée du suspense où il y en avait peu. le comble, pour elle, c'est que Biess, le socialiste, la remercie dimanche soir...

Pourquoi diable s’est-elle présentée contre Maurer pour qui elle va "voter massivement", Pascale ? Se serait-elle effacée en sa faveur si elle avait eu accès à une triangulaire du second tour ?

Qui plus est, Mme Jurdent-Pfeiffer oublie que la logique et la morale du MoDem est incompatible avec toute « cuisine politique » de ce type. Le Centre authentique, a rappelé Bayrou, ne consiste pas à donner des voix à ceux qui en manquent,  que ce soit à droite ou à gauche. Ce n’est pas là une consigne : c’est une attitude de bon sens. De logique. De cohérence intellectuelle et morale.

Indépendamment de ses illusions de candidate qui se voyait trop haute par rapport aux réalités du moment, Pascale aurait sans doute fait davantage de voix si, durant sa campagne (et durant la campagne présidentielle qui a précédé) elle avait été plus claire.

Rappel: Ce n’est pas un hasard si c’est dans son canton que Bayrou a fait son score le moins bon sur Strasbourg…

Questions:Pourquoi par exemple a-t-elle dû passer autant de temps et d’énergie à « défendre le tandem UMP » dans sa campagne contre le candidat UMP ? Pourquoi, entre autres, a-t-elle fait censurer (oui, çà s’appelle comme çà !) la diffusion d’images sur l’un des rares incidents de cette campagne par ailleurs correcte sur Strasbourg : une prise de bec (pour ne pas dire plus) entre une de ses « tracteuses » et l’équipe de choc de Maurer ?

Pourquoi aussi a-t-elle pris soin de ne pas apparaître en trois circonstances où sa présence s’imposait : à la présentation des candidats du MoDem dans le Bas-Rhin, à la conférence de presse de Bayrou à Colmar et à la soirée d’inauguration du MoDem 67…

Pourquoi (encore) a-t-elle éprouvé le besoin de lancer devant une partie de son équipe de campagne : « Le MoDem, je m’en fout. Il m’a permis d’avoir l’investiture, c’est tout »… (si c'est faux, il faut le démentir, le témoignage que j'en ai n'a rien d'un "chuchotement")

C’est dur de se réclamer de Bayrou et de montrer de l’indulgence et de la complicité envers celles et ceux qui se prennent pour des « petits Sarkozy locaux »…

Mais c’est grave de montrer ainsi autant de facettes pour le moins variées. Etes-vous sûre, Pascale,  d’avoir été sincère en reprenant devant les caméras de France 3 le refrain de Piaf, « Non rien de rien, Non je ne regrette rien »…

Désolé, Pascale. Indépendamment de la sympathie que j’ai pour vous, je suis obligé  de vous dire que la pire des pages de votre histoire politique a été écrite ce matin dans les DNA.

Vous dites vous « sentir à l’aise au MoDem ». Le problème, c’est que nombre d’adhérents du Modem risquent d’être mis très mal à l’aise par votre présence au même MoDem. Pour vous aussi, tôt ou tard un choix s’imposera : le « PSLE-Nouveau centre » (ils ont tant d’élus !) et le MoDem. Le général Morin cherche des cantinières.

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« Et Chantal Cutajar ? » J’entends la question qui brûlent l’esprit de ceux qui ont eu la patience de lire jusqu’ici cette longue mais petite Chronique strasbourgeoise. Je l’ai tellement entendue déjà, cette question depuis dimanche soir...

RAS : rien à signaler. Je l’ai soutenue. Et je continue. Plus que jamais !

Ses résultats ne m’ont en rien déçus. Dans mes estimations personnelles, je lui donnais deux points de plus : c’est tout. Ce qui prouve qu’on être engagé (à fond) et rester un analyste lucide…

>>>Je savais qu’une partie des voix « anti-tandem UMP » allaient aller chez Mme Caldéroli.

>>>Je savais que nombre d’électeurs dits de gauche allaient, souvent au dernier moment, préférer se réfugier dans l’abstention plutôt que de lâcher complètement le PS au bénéfice du MoDem.

>>>Je savais qu’elle subirait comme tous les autres candidats du MoDem les contre-coups des trahisons dont a été victime Bayrou et des interrogations (légitimes) sur la fiabilité durable du MoDem.

>>>>Je savais surtout que ses qualités  personnelles allaient être masquées par le brouillage politique soigneusement entretenu par les faux centristes et les vrais « centreux » ex-udf, banni de l'udf ou ...encore udf locaux. 

>>>Je savais même (ce qui est un comble!) qu’elle allait un peu pâtir du fait qu’elle a figuré en troisième position sur la liste du « Tandem UMP ».

Il est des mémoires sélectivement entretenues. Il est, surtout,  des campagnes d’insinuations, de dénigrement et de désinformations qui font des ravages durables.

Le seul fait qu’on la traite encore de « dissidente » (ce qui est une contre-vérité manifeste) est révélateur de tout cela. Comme d’autres appréciations, publiques ou privées qui n’engagent que ceux qui les font : « Nos jugements nous jugent », redirait Paul Valéry 

Je lisais encore ce matin dans un article dit « d’éclairage » dans L’Alsace où l’on réussit à qualifier « d’ambiguë » la position de Chantal Cutajar dans la perspective du deuxième tour…

On peut l’approuver ou la désapprouver, cette position,  mais elle est tout sauf « ambiguë » : elle appelle ses électeurs à voter …massivement selon leur conscience.

Pourtant,  Yolande Baldenweck, signataire de ce papier, est une bonne journaliste qui connaît le sens des mots. Il est vrai (c’est de notoriété publique) qu’elle est très proche du « tandem UMP », Yolande. C’est son droit le plus strict. Le seul problème, c’est que cela se voit souvent dans ce qu’elle écrit ou n’écrit pas sur certains sujets, ceux qui touchent à Chantal, par exemple !

Comme disait Beuve-Merry, « l’objectivité n’existe pas ; ce qui compte, c’est l’honnêteté »… Je dois moi-même être un peu partial. C’est sûr : Je soutiens Chantal, mais je le dis clairement.            

Tout cela n’a rien de grave. Chantal Cutajar a trop de qualités d’intelligence, de caractère et de cœur pour s’arrêter à ce type de péripétie...Elle a appris que la politique "est un sport de combat", comme dit Bayrou.

Daniel RIOT 

06/06/2007

Législatives:La réussite annoncée de l'UMP est d'abord un constat d'impuissance et de carence du PS

UMP et PS: De la "publicité mensongère" en politique

 " Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques."
  (Mark Twain)
" Les avantages du mensonge sont d'un moment, et ceux de la vérité sont éternels ; mais les suites fâcheuses de la vérité, quand elle en a, passent vite, et celles du mensonge ne finissent qu'avec lui".
  (Denis Diderot)
 
 

Pierre LARROUTUROU, délégué national à l’Europe du PS et porte-parole d’Urgence sociale , et Eric HALPHEN, président du comité de parrainage d'ANTICOR ,  publient aujourd’hui dans Libération un article documenté qui, à leurs yeux, démontre que François Fillon et son gouvernement « mentent sur le bilan de l’UMP » en matière de réformes des retraites, de création d’emploi et sur la réalité du projet social annoncé.

« Dans ce livre publié en octobre dernier, François Fillon affirme avec force une exigence de vérité comme préalable à toute réforme conséquente de notre système social. Comme beaucoup, nous partageons ce goût de la vérité », écrivent-ils.

medium_fillon_livre.jpgA condition qu'on lui dise....

« Il y a quelques jours, le parquet a requis une amende de 4,8 millions d’euros contre Carrefour pour publicité mensongère. Il y a quelques jours, la Direction de la concurrence a décidé d’attaquer Sofinco en justice pour publicité mensongère. Faut-il sanctionner les publicités mensongères quand elles concernent des pizzas surgelées ou des produits financiers, mais laisser toujours impunis les politiques qui profèrent des mensonges de plus en plus grossiers? »

Bonne question…

Ils poursuivent : « L’article L.97du code électoral punit d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros «ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages». C’est bien ce que tente de faire François Fillon quand il ment sur les chiffres du chômage, quand il ment sur la réforme des retraites et quand il promet le plein emploi à plein-temps d’ici cinq ans.

Le parquet de Paris vient d’être saisi d’une demande de poursuite de M. Fillon pour diffusion de fausses nouvelles en période électorale. Nous invitons tous les citoyens qui aspirent à plus de vérité dans le débat public à faire de même dans leur département. Si, ici ou là, l’action de la justice est trop lente, elle sera plus rapide ailleurs… Sur ce point, François Fillon a raison, la France peut supporter la vérité »

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La bouche de la Vérité, à Rome...

Le problème, c’est que ce type de « démonstration » n’a pas d’impact électoral. Et vient bien tard…La vraie fontaine de la vérité, c'est le suffrage universel. Même si le matrage médiatique nourri  plus de propagande que d'informations font oublier aux électeurs qu'une "vérité officielle n'est pas vraie,mais officielle"...

Le PS n’a pas su démonter la machine à gagner de Sarkozy. Parce que durant cinq ans son opposition a été stérile, inefficace, non construite.

>>>Je ne suis pas expert en analyses statistiques, mais je constate que les « thermomètres » de l’activité économique, financière et sociale de la France ne sont pas crédibles. Seul Bayrou l’a mis en relief en étant trop peu relayé durant sa campagne… Le PS n’a guère insisté parce que lui-même quand il était au gouvernement a triché avec bien des chiffres !

>>>Je constate aussi que le programme économique de Ségolène Royal était aussi  peu crédible en termes de chiffrages que celui que Fillon met en application.

>>>Je constate encore que si la majorité sortante, malgré son bilan plus que mauvais, va être réélue dans un fauteuil, c’est parce que le PS préoccupé par ses soucis internes, ses querelles de personnes,son vide idéologique, ses contradictions tactiques et son impuissance critique n’a pas joué son rôle…

« Publicité mensongère », chez Sarkozy et Fillon ? C’est évident. Ce n’est pas même du ressort de la justice : le mensonge en politique est un art que Leo Strauss (inspirateur des néo-conservateurs américains) a conceptualisé et érigé en vertu…

medium_mensonge_fontaine_de_la_vérité.2.jpgLa fontaine de la Vérité...

Mais « Publicité mensongère », il y a aussi au PS. "Un éléphant, çà trompe énormément", dit l'une des chansonnette de notre enfance...

Non, le parti de M. Hollande n’est pas la force d’opposition que la démocratie exige. Il n’a  été ni crédible ni efficace ces cinq dernières années et il n’est pas crédible dans ses exhortations actuelles. Il a été, selon la formule de Bayrou, « un pouvoir contre » et non un « contre pouvoir ».

Le fait que Ségolène Royal (que Sarkozy, il l’a dit!, rêve de voir en « chef de l’opposition ») appelle ses « camarades » éléphants à renoncer à leurs méthodes d’opposants « frontaux » et systématiques n’y change rien. Ce sont les méthodes de travail du PS et pas seulement la tactique de ce parti sclérosé qu’il faut changer.

Si Sarkozy a été élu, bien que « sortant », si l’UMP va connaître un succès législatif digne du livre des records en dépit du mauvais travail fait depuis cinq ans, c’est parce que le PS n’a pas travaillé du tout ces cinq dernières années. Les opposants aussi doivent être jugés sur leur bilan… Celui du PS est catastrophique.

Pourtant bien des « sortants » socialistes espèrent être réélus. Face à la déferlante bleue n’aurons-nous que l’impuissance rose ? Les enjeux de dimanche sont grands. Et cela, ce n’est pas de la « publicité mensongère »...

Daniel RIOT

02/05/2007

En espérant me tromper sur les prévisions...

Lettre à mes amis socialistes qui ont cru « voter utile »

Que n’aie-je entendu avant le premier tour ? En faisant campagne (active) pour Bayrou, je « tombais » à droite (comme si la gauche d’aujourd’hui était « en haut », comme si le refus d’une bipolarisation du système était conservateur et comme si, surtout les valeurs, les idées et le projet de Bayrou était « réactionnaires »). En ne votant pas Royal, je votais « inutile » ou « dangereux », puisqu’elle seule « est capable de battre Sarkozy ».

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Le catéchisme anti-Bayrou des réactionnaires de « gauche » a disparu du site officiel du PS. Merci. De méprisé, Bayrou est devenu un homme qui a du « cran », qui a des propositions dignes d’enrichir le « Pacte » de Royal (il est bien tard !) et qui pourrait même  à Matignon marquer la volonté de « vraie rénovation » de Ségolène dans ses habits de Présidente… Passons !

Vos réflexes partisans comme ceux d’un De Robien, à droite, n’ont fait que me conforter dans mes choix : les faux clivages droite-gauche, l’alliance objective des deux citadelles qui dirigent (mal) ce pays depuis trop longtemps, les convergences d’intérêts entre les réactionnaires de droite et les conservateurs de gauche doivent voler en éclats…

J’ai adoré Royal reprendre à son compte nombre de phrases de Bayrou. Experte en « copier-coller », la Dame ! Et je m’amuse beaucoup  quand j’entends de « bons » socialistes et…bien des sondages dire que Bayrou peut-être, indirectement,  le « vrai rénovateur » du PS, l’homme par qui la gauche française peut cesser d’être la plus ringarde d’Europe, le maître d’œuvre de l’émergence d’une social-démocratie à la française jusqu’ici étouffée par les dogmatismes, les sectarismes et les utopies…passéistes  d’une gauche bien maladroite ! Ce n’est pas parce qu’on a été privé d’un grand plaisir qu’on doit ne pas goûté les petits…

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Je l’ai dit, écrit et je m’en expliquerai encore : au deuxième tour, je voterai Royal , surtout par rejet d’une droite devenue extrême dont le chef se nourrit au lait du néo-conservatisme anglo-saxon, au jus d’un manichéisme redoutable et au pain d’un hyperlibéralisme autoritariste qui prône, derrière des formules généreuses, une société de barbelés et de ghettos, une république peu digne de sa devise et une démocratie  des murs, des tranchées et des barbelés. Avec un sens du pluralisme qui se réduit à un : « tous ceux qui partagent mes idées sont avec moi ». Et avec des pratiques politiques tant moquées dans les républiques dites bananières…D'ailleurs, j'ai partagé les mintes de "politique joyeuse" de ce dimanche! Furieux, sans doute, de voir ainsi le numéro de Bercy prendre un terrible coup de vieux, le fauve de la course...

Mais cela n’enlève à rien à tout ce que j’ai pu écrire sur et contre votre « Ségostar » qui malgré ses « je suis libre, je ne me refuse rien » reste prisonnière (comme Hollande, spécialiste habile de synthèses artificielles) d’un PS incapable d’avoir su analyser les raisons de ses insuccès et de ses échecs (pas seulement électoraux)

Si je vous invitais, chers amis, à voter « utile «  en votant Bayrou, c’était pour trois raisons

1)     La qualité des diagnostics  du Béarnais sur les crises françaises et ses propositions pour entreprendre les réformes qui s’imposent. Cela vaut toujours.

2)     La force potentielle qu’offrent les concepts de social-économie et de démocratie sociale définis par Bayrou. C'est plus vrai que jamais. 

3)     Le fait (sociologique et arithmétique) que, dans le contexte actuel (qui met la « gauche » à son niveau le plus bas depuis Mitterand), le vote  Bayrou était le seul « vote utile » face aux périls que font peser Sarkozy et « l’Etat UMP » annoncé. On ne refait pas l'Histoire.

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Certains d’entre vous m’ont suivi. Ou ont fait des analyses semblables aux miennes.  D’autres y était prêts, mais au dernier moment ils se font fait piéger par les « sondages-intox » des derniers jours gonflant les scores de Le Pen …Ou par un de ces réflexes qui parfois font sacrifier une bonne cause sur l’autel d’un mauvais parti !

Mais l’heure n’est pas aux regrets. Une défaite de Sarkozy, « homme du passé et du passif », comme dit si bien Royal, reste « jouable » (grâce à une partie des électeurs de Bayrou).

Un rappel tout de même :  c’est au premier tour, que Sarkozy (donné gagnant par plus de 200 sondages) a constitué son magot de voix. Et ce n’est pas en s’attardant sur le bilan du « candidat sortant » lors du débat du 2 mai que Ségolène pourra le faire fondre, ce magot. C’est pendant la campagne du premier tour qu’il fallait le faire, ce bilan !

Comme c’est avant le premier   tour qu’il fallait reconnaître et proclamer les qualités de Strauss-Kahn et s’inspirer du projet de Bayrou au lieu d’insulter Rocard et Kouchner et de dénigrer (sur le ton haineux des sarko-centristes et de la droite devenue extrême) les efforts authentiquement « révolutionnaires » du « central » Bayrou.

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Ce doit être dur de militer pour un parti dit « progressiste » qui joue depuis des années les arrière plus que les avant-gardes… Avoir raison trop tôt est une maladresse. Avoir raison trop tard est une faute !

A Bayrou, vous lui reprochiez surtout d’être venu de la « droite » (ce qu’il reconnaît   et    assume). Comme si       Mitterrand avait eu la « gauche » dans ses gênes (pour reprendre une image sarkozienne). Comme si la « fille du colonel » déguisée en Madone du socialisme ne venait pas (et n’était pas restée un peu) de « droite ». Comme si l’intelligence n’était pas d’abord la faculté de se remettre en cause.

Dimanche, je voterai Ségolène Royal en ayant une pensée émue pour vous, car je sais que vous n’êtes pas dépourvu du sens citoyen des responsabilités : si Sarko gagne, il pourra vous dire « merci ». Sarkopoléon-le-Petit n’avait qu’une angoisse : être opposé à Bayrou au deuxième tour. Là, il n’aurait pas menti en se posant en    challenger… C’est vous qui en avez décidez autrement.  

Mais pas de pessimisme : c’est encore « jouable ». C’est pourquoi je vous adresse (pour votre mémoire, demain) cette mise au point avant le verdict des urnes… En espérant qu'aux législatives, vous saurez reconnaître les candidats vraiment "progressistes", même et surtout s'ils représentent la "gauche" archaïque. Ce sera là l'occasion de limiter la "casse démocratique" annoncée... mais chaque chose en son temps!

Cordialement.

Daniel RIOT

 

03:10 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, PS, royal, bayrou

 
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