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13/09/2008

Sur Relatio-europe: Eric genetet, la découverte d'Héloïse D'Ormesson

Le Fiancé de la lune,  révélation "roman" de la rentrée littéraire

 

Suggestion RELATIO-EUROPE

Par Daniel RIOT

Il a (avait ?) tout pour devenir un excellent journaliste. Avec cette vertu devenue rare en cette ère du tapage et du verbiage : le sens de l'écoute des autres. Mais il n'est que bon (ce qui est plus que bien)...parce que son horloge intérieure ne marque pas la même heure que celle des montres qu'il faut exhiber pour « réussir » en cette ère de « l'éclat du futile » et des « dérobades endiablées ». Éric Genetet aime trop, « aller au bout de ses rêves ». Et il est sans doute trop « agnomme »-homme agneau- pour cette planète de « l'info » dévorée par les fauves de la « com » ribaude.
Sa nonchalance de dilettante, sa décontraction séduisante, son charme casanovesque masquent une richesse intérieure qui exige d'autres champs de réflexions et d'épanouissement que « l'écume des choses », la vanité du paraître et la superficialité des « rafales de vents »... La vraie liberté est en soi. Sans cesse à conquérir. « Pour n'être que soi, il faut renaître plusieurs fois »
Éric Genetet illustre assez bien cette définition un peu énigmatique de Wiesel: « Le journaliste se définit parce qu'il dit, et l'écrivain parce qu'il tait ». Genetet se révèle écrivain. Un excellent écrivain. Qui sait taire ce qu'il veut dire. Héloïse d'Ormesson a vu et misé juste : « Le fiancé de la Lune » est, davantage que la plupart des succès préfabriqués, la vraie révélation de cette « rentrée littéraire ». Ce qui ne surprendra pas les lecteurs de "Chacun son Foreman"qui fut pour Éric un galop d'essai fort réussi



Sur Relatio-europe: Eric genetet, la découverte d'Héloïse D'Ormesson

Le Fiancé de la lune,  révélation "roman" de la rentrée littéraire

 

Suggestion RELATIO-EUROPE

Par Daniel RIOT

Il a (avait ?) tout pour devenir un excellent journaliste. Avec cette vertu devenue rare en cette ère du tapage et du verbiage : le sens de l'écoute des autres. Mais il n'est que bon (ce qui est plus que bien)...parce que son horloge intérieure ne marque pas la même heure que celle des montres qu'il faut exhiber pour « réussir » en cette ère de « l'éclat du futile » et des « dérobades endiablées ». Éric Genetet aime trop, « aller au bout de ses rêves ». Et il est sans doute trop « agnomme »-homme agneau- pour cette planète de « l'info » dévorée par les fauves de la « com » ribaude.
Sa nonchalance de dilettante, sa décontraction séduisante, son charme casanovesque masquent une richesse intérieure qui exige d'autres champs de réflexions et d'épanouissement que « l'écume des choses », la vanité du paraître et la superficialité des « rafales de vents »... La vraie liberté est en soi. Sans cesse à conquérir. « Pour n'être que soi, il faut renaître plusieurs fois »
Éric Genetet illustre assez bien cette définition un peu énigmatique de Wiesel: « Le journaliste se définit parce qu'il dit, et l'écrivain parce qu'il tait ». Genetet se révèle écrivain. Un excellent écrivain. Qui sait taire ce qu'il veut dire. Héloïse d'Ormesson a vu et misé juste : « Le fiancé de la Lune » est, davantage que la plupart des succès préfabriqués, la vraie révélation de cette « rentrée littéraire ». Ce qui ne surprendra pas les lecteurs de "Chacun son Foreman"qui fut pour Éric un galop d'essai fort réussi



13/04/2008

LIVRES: Magritte en couverture de "l'Europe cette Emmerdeuse"

« Ceci n’est pas une illusion »,

par Daniel RIOT

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 Une des couvertures auxquelles vous avez échappé, comme on dit à Charlie... 
 



Comment choisir une couverture d’un ouvrage ?

Question préoccupante. Pour les auteurs, l’éditeur et les libraires… 

Je n’ai donc pas échappé à cet exercice avec sur les bras « mon emmerdeuse »

Je réfléchis …

Les amis dessinateurs ne manquent pas : pourquoi ne pas faire appel à eux ? Bien sûr. Pourquoi pas ?

J’avais déjà [1] avec Tomi Ungerer co-écrit un livre sur l’Europequi est devenu ouvrage de collection. Et Tomi, n’aurait pas refusé. L’Europe, une femme ? Emmerdeuse de surcroît…De quoi inspirer celui qui a (si justement) écrit : « L’Europe est une drôle de femme. Elle connaît en même temps la puberté et la ménopause. La ménopause parce qu’elle a tout vu, tout connu. Elle sait tout, elle est blasée fatiguée. En même temps, elle semble timide, effarouchée, comme prise de vertige devant les aventures de la vie »

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L’Europe ? Une femme surréaliste.

C’est précisément un surréaliste qui, pour moi, illustre bien le triple objet de ce livre écrit avec la complicité de Sandrine Kauffer.

>>>L’Europe dans ce qu’elle a d’inachevé.Entre espoirs et déceptions

>>>Le journalisme tel que je le conçois c’est-à-dire questionnant les choses, le monde et les gens au-delà des apparences

 >>>Et les mystères de la vie, ces hasards et ces nécessités qui font l’essence et l’existence, ce Destin qui n’est que rarement le dessin de nos desseins… 

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Ces apparences trompeuses

« Ceci n’est pas une pipe » de René Magritte, a toujours constitué pour moi, la plus belle leçon de journalisme. Et de communication…Ne pas se fier aux apparences, à cette « écume des choses » que sont les « événements » selon Valéry.

« Ceci n’est pas une pomme ». « La trahison des images » est encore plus nette en cette ère de l’audiovisuel, du virtuel, des faux-semblants…

L’Europe est-elle une emmerdeuse ? D’ailleurs, l’Europe est-elle une femme ? Magritte est-il un peintre ? « Non, un grand peintre », a-t-on dit. C’est vrai, mais comme tous les vrais peintres, il sait « voir la pensée ». L’œil regarde, mais pas seulement. Il écoute, aussi. Et il décrypte l’invisible quand il « voit » la pensée. Quand il nous permet d’accéder à la pensée imagée de l’invisible.

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L’Europe est d’abord une pensée. Elle doit être surtout une revanche sur cette « Défaite de la pensée » si bien décrite par Finkielkraut voilà longtemps déjà. Parce qu’elle ouvre des fenêtres, parce qu’elle nous permet de dépasser nos horizons, de mettre un peu de ciel sur notre terre…

« Ceci n’est pas une vie »

Des fenêtres, des coins de ciel, des oiseaux d’espérance (malgré les nuages) : Magritte en a peint des séries. Qui donnent des ailes à nos rêves de paix et de bonheur. Des rêves qui se sont si souvent transformés en cauchemars….

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Fragilité des choses, versatilité des Humains… Avec des imperfections en tout genre. Y compris de nos reflets dans nos miroirs. Avec aussi et surtout ce sentiment d’inachevé qui persiste même quand on écrit, imagine, ou vit le mot « FIN ».

« Ceci n’est pas un texte ». « Ceci n’est pas une vie »…

Toujours regarder vers le ciel en conservant les pieds sur Terre : une vraie règle de vie. Et de pensée. N’est-ce pas la base même de l’idée européenne transformée en projet par Monnet, Schuman et d’autres esprits, qui ont su être à la fois des visionnaires et des pragmatiques ? 

 

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« La Magie Noire de Magritte »

N’est-ce pas ce que Magritte suggère dans sa série sur la « Magie Noire, avec cette femme bleue comme le ciel en guise de « haut » et avec le « bas » teinté par l’ocre de la terre ?

Mystérieuse, cette femme. Enigmatique. Érotique, mais pas spécialement sympathique. Attirante, mais distante…Imposant la distance. Nue, mais habillée de pudeur. « La peau, c’est la profondeur », redirait Valéry.

Magie Noire : Dans cette ancienne collection de Mme Georges Renée Magritte, disséminée à travers le monde, j’étais certain de trouver ce que je cherchais pour illustrer une partie des réflexions échangées dans mes conversations avec Sandrine Kauffer.

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Encore fallait-il trouver le tableau et son cadrage qui ne choquent pas trop les yeux qui se ferment devant des nus trop crus et obtenir les indispensables droits de reproduction.

Notre éditeur Christian English a fait le voyage de New-York pour pouvoir utiliser celle qui en couverture vous donnera, je l’espère, envie de mieux découvrir ma passion pour Europya, le journalisme et … la vie.

 

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Mais aussi les raisons de mes refus de céder à la mode du « déclinisme », du renoncement, de la démission. De la résignation. 

L’Europe est un chantier. Son inachèvement est un terrain d’action, non un motif de déception. Elle est Vie et elle ne vit que par celles et ceux qui savent voir ce que peut être, grâce à elle, l’invisible advenir au-delà des difficultés et des problèmes visibles…

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 Ceci n’est pas une illusion.

 Daniel RIOT

 

En savoir plus sur L’Europe, cette Emmerdeuse

Voir le photoblog consacré à l’Europe cette emmerdeuse

[1] (« L’Europolitain », Anstett ed. )

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10/04/2008

L'Europe cette emmerdeue: Lettre ouverte au Président Sarkozy

 "L'Europe cette Emmerdeuse", le livre de Daniel RIOT et de Sandrine KAUFFER qui va être publié en mai chez City Editions et distribué par Hachette Livres, commence par une "Lettre ouverte" à Nicolas Sarkozy. A la veiller de la Présidence française, le Président est encouragé à réaliser cete indispensable synthèse entre les idées de jean monnet et celles du général de Gaulle. Nous en publions ici, en avant-première, un extrait.

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09/04/2008

En librairie en mai: L'Europe, le journalisme et moi, par Daniel RIOT

"L'Europe cette Emmerdeuse": Une préface signée André Glucksmann

C'est André Glucksmann qui nous fait l'honneur et le bonheur d'écrire la préface de "L'Europe cette Emmerdeuse" qui sera en librairie en mai. En avant-première sur RELATIO, le début de cette préface... 

 

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 "L’Europe existe-t-elle?  Il faut pour tenter de s’en convaincre entrer dans ce livre et goûter la passion à feu continu qui le soutient. Passion aucunement aveugle, en bon lecteur de Descartes, Daniel Riot ne s’épargne guère les raisons de douter. Quelle réalité fixer, en effet, à notre vieux continent ? Ses  frontières géographiques sont mouvantes et litigieuses. Ses limites culturelles nous dépassent.

Qui oserait soutenir que la Russie de Pouchkine, Dostoïevski , Tchékhov, Chostakovitch et Stanislavski ne soit pas culturellement européenne ?  L’est- elle pour autant politiquement ? Quant aux valeurs intrinsèques et innées qui cuirassent la fatuité de l’Union Européenne, n’exagérons rien, n’oublions pas que les hauts lieux de l’esprit, Paris, Berlin, Rome, Madrid furent au siècle dernier les écoles des guerres totales et des révolutions totalitaires. Puis des écoles d’indifférence aux malheurs des autres… comme des leurs.

 

Qu’est-ce qui unit positivement l’ « Emmerdeuse » ? L’auteur ici s’acharne à dresser l’inventaire mental d’une histoire qui engendra la seule civilisation planétaire que nous connaissions, celle pourtant qu’une moitié d’entre nous rejette sous l’espèce d’une « mondialisation » déracinée et aliénante."(...)

LA PRESENTATION DE "L'Europe cette Emmerdeuse" 

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02/12/2007

LIVRES: LE PRIX 2007 DE RELATIO, L'EUROPE EN REVUE

Le livre européen de l’année :

Lettres européennes

Manuel d'histoire de la littérature européenne Annick Benoit-Dusausoy, Guy Fontaine Editions de Boek université) Un ouvrage qui manquait. Et qui est remarquablement fait. Lettres Européennes, c’est le premier manuel d'histoire de la littérature européenne.  Plus de deux cents universitaires de toute l’Europe ont collaboré à  cet ouvrage collectif qui a une ambition pédagogique noble et qui atteint son but :  il est  légitime et nécessaire, pour les 800 millions de citoyens européens, de connaître les racines, l’histoire, l’actualité de la production littéraire de l’Europe qu’ils habitent. La citoyenneté se forge sur une conscience qui se nourrit de l’écrit, au-delà des difficultés des traductions et des clivages entre tradition et modernité.

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Aux contributions sur les héritages antique, biblique, celtique ou arabo-andalou, qui ouvrent le livre, répond le chapitre « Figures contemporaines » : 46 notices sont consacrées à 46 auteurs contemporains vivant et écrivant la littérature d’aujourd’hui dans le continent européen.

Dialectique du connu et de l’inconnu, imbrications de l’Histoire dans des histoires, littérature de témoignage ou de fiction : l’Europe qui s’écrit aujourd’hui est en consonance avec la tradition de circulation des êtres, des livres et des idées, caractéristique de la genèse culturelle de notre continent. Bravo à eux ! Puisse cet ouvrage être le premier d’une série… L’Europe est une entité culturelle. Pour s’y reconnaître, il faut mieux la connaître.

L'ARTICLE DE RELATIO, par Daniel RIOT >>>>>>>>>>>>

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10/11/2007

Livres:L'Apocalypse est pour demain?

René Girard : De la guerre finale

Un nouveau Girard, voilà qui ne se manque sous aucun prétexte. Du moins quand on aime réfléchir un peu. Clausewitz revisité…et « achevé » : un bel ouvrage, stimulant. Dans le droit fil du « Penser la guerre, Clausewitz » de Raymond Aron (en 1976). Avec, en plus, la richesse du regard que donne la perception de ce « mimétisme de masse » sans lequel les mécanismes de la violence collective restent peut compréhensibles. Avec surtout une conclusion moins politique, et moins optimiste…

 

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Clausewitz a commencé son « De la guerre », à la fin du règne de Napoléon et il y a travaillé jusqu’à sa mort. En trente ans, il n’a pas réussi à le terminer… Une œuvre maîtresse est toujours une maîtresse inassouvie…  « Achever Clausewitz, c’est donc essayer de penser le livre dans sa totalité », souligne Girard. Entreprise périlleuse ! Mais Girard voit en Clausewitz un homme des Lumières qui a compris l’irrationnel et précisément « cette loi de l’imitation qui nourrit l’emballement guerrier et peut mener au pire ». Limites du rationalisme, de la raison, du raisonnable… face à la « montée des extrêmes » !

René Girard voit (entre autres) dans l’œuvre de Clausewitz l’une des « clés de l’intelligibilité du conflit franco-allemand ». Un conflit « de type mimétique », une « guerre de jumeaux », « chacun voyant l’autre comme il voudrait qu’il soit ». Avec au bout une incapacité : celle d’imaginer le pire.

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Clausewitz

Ce pire, selon Girard, Clausewitz peut aujourd’hui nous aider à imaginer le « pire » qui reste devant nous, non plus entre Français et Allemands, mais à l’échelle planétaire

« Il y a aujourd’hui trois questions terrifiantes : l’écologique avec la raréfaction des ressources naturelles, la militaire avec l’accroissement des forces de destruction nucléaire et autres et celle des manipulations biologiques », résume Girard. Que faire pour rompre avec les visions d’Apocalypse que ces questions entraînent ?

Réponse de l’auteur de « Je vois Satan tomber comme l’éclair » :  « Et si la survie de la terre ne pouvait être que fondée sur la morale évangélique ? Je crois que la violence, qui était au fondement des religions archaïques, n’est plus productrice de sacré, elle ne produit plus que de la violence. C’est ici que le christianisme a quelque chose de singulier à nous dire : renoncer à la violence, c’est sortir du cycle de la vengeance et des représailles. L’apocalypse n’est pas la violence de Dieu comme le croient les fondamentalistes, c’est la montée aux extrêmes de la violence humaine. Seul un nouveau rationalisme qui intègre la dimension religieuse de l’homme peut nous aider à affronter la nouvelle donne. »

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Pour lui, la formule « aimez-vous les uns les autres » est une «  formule héroïque qui transcende toute morale » Plus facile à dire qu’à respecter !... « Nous sommes menacés de mort », explique rené Girard dans une ITW au Point. «  Le message judéo-chrétien est que si nous ne nous réconcilions pas, il n'y a plus de victimes sacrificielles pour nous sauver la peau. L'offre du royaume de Dieu, c'est la réconciliation ou rien. Malheureusement, nous sommes en train de faire le second choix par ignorance et paresse. La seule solution est de refuser toute violence, toutes représailles. Je ne suis pas du tout sûr d'en être capable, mais les Evangiles nous disent que c'est la seule issue. Le drame, c'est qu'on choisit toujours le court terme. Nous sommes tous dans la position de Louis XV : « Après moi, le déluge. »…

 On ne sort pas optimiste du livre de Girard. On ne sort jamais indemne d’un bain de lucidité. Même si l’apocalypse n’est pas pour demain. Et peut être douce, comme il ledit dans une ITW au Figaro « L'ère des guerres est finie : désormais, la guerre est partout. Nous sommes entrés dans l'ère du passage à l'acte universel. Il n'y a plus de politique intelligente. Nous sommes près de la fin. » A suivre tout de même… 

Daniel RIOT

 

Présentation de l'éditeur

René Girard aborde ici l'œuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : " La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. " Clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de "duel", d'" action réciproque " ou de " montée aux extrêmes " désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu'aucun autre, le mouvement qui va détruire l'Europe. "Achever Clausewitz ", c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière.

Biographie de l'auteur

René Girard, membre de l'Académie française et professeur émérite à l'université de Stanford, est l'auteur d'essais traduits dans le monde entier : Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), Je vois Satan tomber comme l'éclair (1999) et, plus récemment, Les Origines de la culture (2004). Benoît Chantre est directeur éditorial des Editions Carnets Nord.

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11/10/2007

Poutine, un « Staline démocratique » et « Le Spectre » des James Bond…

Une chronique de Daniel RIOT pour RELATIO: Ce vendredi 12, Vladimir Fedorovski, sera à Strasbourg pour une conversation (à 17h30) autour de son dernier livre à la Librairie Kléber. Un personnage, ce volubile écrivain, Français depuis 1995 ! Plein d’humour sucré-salé et de malices, il a été (entre autres) conseiller de Gorbatchev,diplomate, traducteur d’acteurs de ce temps (Brejnev, Kadhafi, Saddam Hussein, Hafez el-Assad, Mokhtar Ould Daddah et Houari Boumediene) et  agent du KGB (logique)… Sa culture et sa connaissance de l’histoire russe dans sa complexité et sa profondeur en font l’un des meilleurs « kremlinologues » actuels. Son  art de la conversation et son jugement pertinent ont  fait de   chacune de nos rencontres une fête de l’esprit…

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Ceux qui le traitent « d’historien des halls de gare et d’aérogares » feraient mieux de le lire davantage et de ne pas se contenter de lectures en diagonale de critiques guidés plus par un snobisme élitaire que par un souci de vérité. L’Histoire est aussi une série d’histoires romancées… « Fedo » est un excellent romancier de l’Histoire qui permet de mieux comprendre les réalités du présent.

« De Raspoutine à Poutine », avait-il écrit. La filiation se confirme…  « Le secret de Poutine » pour lui, tient d’abord dans le « fantôme de Staline ». Un Staline « démocratique » (quel paradoxe !) Ou quelle contardiction!), qui sous bien des angles ressemble, légitimité du suffrage universel en plus, au «chef  de l’organisation du Spectre dans James Bond : il contrôle tout, étend son pouvoir sur tout, le gaz, le parlement, les médias…. C’est lui qui choisit les personnes qu’il met en avant, il fait nommer des proches qu’il peut diriger et contrôler. En cela il renoue avec toute une tradition antérieure ».

Une tradition « antérieure », à la Révolution même, et (aussi) à la « déstalinisation ». Lénine, l’idéologue, lui, est passé (comme le communisme)  à la trappe, dans une de ces « poubelles de l’Histoire » où le tri est très sélectif (et variable en fonction des lieux et des périodes…). Mais Staline, lui, renaît. En soft ! Comme le souligne Claude Imbert dans sa chronique du Point sur « l’énigme russe », le  peuple ôte peu à peu à Staline «  sa tunique sanglante pour lui rendre le blanc manteau de « Petit Père des peuples ». L’opprobre d’un des plus sanguinaires tyrans de tous les temps s’efface devant le héros de Stalingrad. ».

« Entre Staline et Poutine, la filiation est presque parfaite, en effet » remarque Vladimir Fédorovski. « Les points communs de la Russie d’aujourd’hui avec le système stalinien sont nombreux : la manipulation, l’unanimisme, le système des oligarques, l’omniprésence des services secrets… Surtout, Poutine reprend  le “code mental” de la Russie éternelle et de la citadelle assiégée. Staline se pensait comme le continuateur des tsars, et notamment d’Ivan le Terrible, derrière une façade: la révolution. Poutine fait de même, mais avec la façade du suffrage universel. »

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Il le fait d’autant mieux que le « tsar démocrate », « l’autocrate  démocratique », le “despote éclairé(?)” issus des urnes » est d’abord et surtout un stratège de premier plan, hors normes, bien supérieur à Bush, bien plus subtil, rusé et fin que nombre d’autres dirigeants européens. C’est ainsi. Sarkozy, durant ses deux petites journées moscovites a pu s’en rendre compte.

Poutine  sait aussi, en dépit des difficiles conditions de vie d’une grande partie de la population, cultiver une popularité qui ne tient pas qu’à une politique de communication soignée, mais s’ancre dans les profondeurs de l’inconscient russe. 

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Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes aux démocraties européennes réunies en ce Conseil de l’Europe où Moscou sait exercer une influence sans tapage mais bien réelle, en usant d’un argument simple (qui est aussi un chantage) : « Comme les Européens de l’Ouest ne vous donnent pas de moyens et que jurent que par l’Union européenne, l’avenir de votre institution dépend un peu –beaucoup) de nous. Alors, doucement les basses, avec vos critiques sur les droits de l’Homme ».

Je reprends ici en substance des propos « off » d’un diplomate russe qui a bien connu l’organisation paneuropéenne qui siège à Strasbourg. Ce grand serviteur de « toutes les Russies » ajoutait dans cette entrevue qui remonte à quelques mois : « De toutes façons, vous les Européens vous ne faîtes pas l’effort de voir ce qui se passe chez nous…

Et vous êtes des ingrats : La Russie de Poutine a rallié votre démocratie, a adopté votre économie de marché,  a étouffé les tendances anarchistes qui menaçaient de prendre de l’ampleur chez nous et de recréer une terrible insécurité dans toute l’Europe, a combattu les réseaux mafieux qui gangrenaient aussi vos économies,  vous permet sur la Cote d’azur, à Paris et ailleurs de bénéficier du pouvoir d’achat de nos millionnaires et milliardaires …

Et vous ? Vous n’avez rien compris à la Tchétchénie, vous n’écoutez pas nos doléances dans les pays baltes, vous ne pensez qu’à dresser contre nous la Géorgie et l’Ukraine, vous entretenez la parano des Polonais, vous ne voyez pas à quel point nous vous sommes utiles sur les plans énergétiques et économiques, et vous êtes toujours obsédé par l’Atlantique et oubliant que l’Oural est sur notre continent commun…. 

Pourquoi ce bouclier anti missile dirigé contre nous ? Vous êtes fous. Mais vous ne changerez rien à un point essentiel : il y aura toujours (au moins) deux Europe(s), la votre, et la Russie» 

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J’ai résumé… Ces données entretiennent bien sûr les  « vieilles obsessions russes » que Fedorov connaît bien : angoisse des fragilités internes, peurs de l’indocilité du sud, parano contre « l’étranger proche », obsessions de complots extérieurs, ombre de Napoléon, spectre des « russes Blancs », fantôme des « espions américains »… Le Kremlin reste une forteresse. Et la Russie « une énigme enveloppée de mystères ». Poutine, lui, sourit. Avec un sourire de glace.

Daniel RIOT

* « Le fantôme de Staline, ou le secret de Poutine », de Vladimir Fédorovski (Editions du Rocher)

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