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30/08/2008

STRASBOURG: "Usine à vendre..."

Le coup de massue de Général motors sur relatio-europe


Menaces sur les 1260 emplois de General Motors :
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Commentaire Relatio-Europe de Daniel RIOT
Ainsi la multinationale américaine Général Motors affiche-t-elle : « Usine à vendre » ! Comment ? A qui ? Quand ? Mystère... 1260 emplois menacés en Alsace, dans une région qui n'est en flèche (c'est le moins que l'on puisse dire) en matière d'emplois et de créations d'entreprise, c'est grave.
C'est surtout révélateur. Ce que Valéry Giscard d‘Estaing appelait la « vitrine de la France sur le Rhin » a une réputation de « région nantie » de moins en moins justifiée. Et sa prospérité relative est de plus en plus soumise aux aléas de la conjoncture internationale (proche en raison du nombre des travailleurs frontaliers) et lointaine. Son développement est rendu plus difficile en raison d'une double concurrence territoriale : En France, le dynamisme encouragé du littoral et du Sud. En Europe, le développement de l'Est.
Ce « coup de massue » de GM, à quelques jours de la « rentrée » (traditionnellement marquée par l'ouverture de la Foire dite « européenne » de Strasbourg) devrait logiquement avoir l'effet d'un « coup de semonce ». D'un électrochoc salutaire...
C'est le drame industriel de trop qui devrait favoriser (enfin) une prise de conscience et le lancement d'actions concrètes chez les politiques et chez les acteurs socio-économique alsaciens en général et strasbourgeois en particulier dans une région « Belle trop endormie », prise de vitesse dans son entrée » dans le XXI è siècle
Général Motors va-t-il quitter Strasbourg ? PDF Imprimer Email
Samedi, 30 Août 2008 02:41

Une illustration nouvelle des liens entre le « global » et le « local »...
Le siège de GM à Détroit

Décryptage Relatio-Europe Par William PETITJEAN

Il paraît que, comme dit « Challenges » en analysant la fin du "French bashing" que « les Américains s'intéressent de plus près à la France dans tout un tas de domaines ». Et que les affaires doivent se développer entre la France et les USA. Peut-être, mais cette « décrispation franco-américaine » n'a pas encore beaucoup d'effets à Détroit, au siège de GM... Le constructeur américain qui possède 10 usines d'assemblage dans sept pays européens différents n'avait qu'un site en France, à Strasbourg. Il veut s'en débarrasser. En vendant usine et terrain. Avec  cadres, employés, ouvriers ... si possible. Pourquoi ? Parce que c'est unité qui marche bien, donc peut apporter les liquidités qui font défaut au géant de l'automobile... Une délocalisation d'un nouveau type, en somme.
Ce sont les syndicats qui ont annoncé une nouvelle distillée par le P-DG de General Motors Strasbourg, Stephen Jenkins, lors d'une réunion plénière du comité d'entreprise qui s'est tenue ce vendredi en milieu de journée

24/08/2008

Realpolitique et...réaléconomie en RUSSIE

RUSSIE:Les réalités économiques (et militaires) sont les meilleures alliées de la diplomatie européenne PDF Imprimer Email
Les guerres rapportent aux marchands d'armes et aux complexes militaro-industriels. Mais elles ont des effets catastrophiques sur l'économie en générale et ne font pas que des heureux sur les marchés financiers...
De plus, elles ne suscitent pas cette confiance qui fait prendre des risques aux investisseurs.
Entré dans un hypercapitalisme d'Etat, la pétropuissance russe s'en rend compte.Les riches milieux d'affaires s'inquiètent...pendant que les responsables de l'Armée tirent des leçons des combats sans triomphalisme.
Un retour à la guerre froide se paierait très cher. Poutine le sait.
Deux ports dans la guerre du Caucase : les grands tests de Poti et de Sébastopol PDF Imprimer Email

 


Par Jacques DEHAIRE
La situation reste confuse sur le terrain, mais il est clair que bien des événements prochains vont dépendre en particulier du sort que le Kremlin réserve au port de POTI. Et de sa stratégie en Mer Noire où le port de Sébastopol a un statut très conflictuel...

 



06/08/2008

Relatio-Europe relance l'idée d'un livret d'épargne européen





Un projet trop vite oublié qui reste une impérative nécessité pour l'Euroland, pour l'Union européenne et...pour les citoyens

L'Europe concrète ? Il est temps de la compléter, de la consolider et, dans certains secteurs essentiels, comme celui de l'énergie notamment, de la faire... Ce n'est cette Europe des réalisations que les citoyens rejettent.

Encore faudrait- il que l'esprit d'initiative, d'entreprise, de créativité et le simple bon sens ne soient pas étouffés par des réflexes d'une autre époque ...Un exemple précis : l'idée du Livret d'épargne européen. Une idée lancée dès 2002 par l'Académie européenne crée par Jean-Luc Schaffhauser  et relancée depuis avec de sérieux arguments de gens sérieux, Etienne Pflimlin, le Président de la fédération du Crédit Mutuel, en tête.

Victime de réflexes nationalistes et de visions à trop court terme, cette belle (et féconde) idée  devrait déjà être réalité depuis longtemps...

Malheureusement, ce type de réflexes « je freine, donc je suis », « j'empêche donc j'ai du pouvoir », « j'enterre des idées qui ne sont pas les miennes, donc j'existe » sévit  au plus haut niveau des Etats et des institution européennes. Là où il faut chercher des explications à cette panne (pas seulement institutionnelle) que connaît l'Union européenne.

Relatio-Europe relance ici cette idée qui s'inscrit dans la logique de l'euro et trouve dans le contexte financier et économique mondial  actuel de nouvelles raisons d'être.

A cette fin, il reprend ici des textes publiés en 2007 dans la revue « Sentinelle »,  ceux de Jean-Luc Schaffhauser (notre photo), d'Etienne Pflimlin, de Jean-Pierre Ménanteau et de Jean-Jacques Bonnaud.


11/04/2008

Sueu-Frere:Les indiscrets de Relatio

 La direction de GDF perd ses nerfs..

Aucun rendez-vous n’est fixé entre la direction de GdF et les représentants du personnels qui doivent donner leur avis sur la fusion Suez-GdF. L’avis de ces représentants est obligatoire. . Jusqu’à présent, en dépit de recours (rejetés) à la justice, de pressions en tous genres sur les centrales syndicales et d’une communication (interne et externe) intense axée sur l’irréversibilité du scénario de la fusion, la direction n’avait pas donné aux représentants du personnel les éléments jugés nécessaires à la formulation d’un « avis ».

 Pressions sur la presse : En Belgique aussi…

 Ce n’est pas nouveau… Mais c’est confirmé. La puissance financière ou politique est d’abord un pouvoir d’influence…et de blocage. Un groupe de presse a osé reprendre les informations rendues publiques par RELATIO sur les affaires FRERE –KUHN. Albert Frère est intervenu en personne pour annoncer à ce groupe que l’un de ses projets sur Charleroi pouvait être oublié… On ne heurte pas impunément le roi des affaires franco-belge….Après ce type de pressions, il importe ne pas s’interroger sur les censures et les auto-censures d’une manière théorique. Et cela n’a rien d’une histoire (spécifiquement) …belge.

TOUTE L'Actualité européenne, c'est sur RELATIO.fr 

 

18/02/2008

France/Belgique: EXCLUSIVITE RELATIO.fr sur L'Affaire SUEZ- ALBERT FRERE

LES REVELATIONS DE Jean-Marie KUHN

 Quand un litige privé devient une affaire d'Etat ...

 

Scandale

 

 

autour de

 

 

 

1, 25 Milliard d’€…

 

 

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Victime d’un litige privé   avec une filiale d’Albert Frère, Jean-Marie Kuhn, un entrepreneur français,  mène une enquête minutieuse qui lui fait lever un lièvre politico-financier hors du commun.  « D’ordinaire, en matière de corruption, « ils » sont plus malins », commente un expert…

LIRE >>>>  et >>>>>>>

16/02/2008

Un "scandale Albert Frère" autour de la fusion SUEZ-GdF? (2)

La suite de l’ITW de Jean-Marie Kuhn à RELATIO

 

LE LOURD SILENCE

 

 

DES POLITIQUES…

 

 

 

480 interventions motivées

et seulement 16 réponses


 

« Des casseroles liées à un

 

capitalisme immoral

 

que Sarkozy prétend combattre »

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Jean-Marie Kuhn: "Deux hommes peuvent règler mon dossier, Albert Frère et Nicolas Sarkozy" (photo Relatio)

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10/02/2008

SUR RELATIO: Des initiatives pour "changer le monde"


L’ASHOKA : l’entreprenariat social, clef du développement

L’ASHOKA, vous connaissez ? Cette organisation vaut d’être connue. Par l’originalité de ses initiatives. Et par la portée de ses réalisations. Voilà l’un de ces réseaux européens peu médiatisés qui sont de vrais « semeurs d’espoir » en participant à l’émergence d’une conscience européenne à la mesure des défis mondiaux. Découverte, avec un article de Sandrine KAUFFER qui a rencontré Christelle Van Ham, responsable du programme Jeun-ES, diplômée d’HEC et qui a travaillé deux ans au siège à Washington.

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01/02/2008

L’Europe au service des consommateurs : Peut mieux faire..

Commentaire RELATIO par William PETITJEAN

Un marché, c’est d’abord fait pour des consommateurs. Le Marché commun a été construit d’abord pour les consommateurs  qui sont aussi des citoyens. On l’oublie trop souvent. Et les eurocritiques, les adversaires de l’unification européenne en tirent parti avec raison…Même si l’union européenne n’a pas le monopole du décalage entre les (bonnes) intentions proclamées et les (discutables) actions menées… De beaucoup s’en faut ! Heureusement qu’elle est là, souvent, en filet de sécurité et en accélérateur.

La commissaire européenne à la Consommation Meglena Kuneva dont la direction devrait disposer de plus de moyens si l’on voulait vraiment que les objectifs fixés soient atteints, entend scruter davantage à l'avenir les anomalies entre pays de l'UE dans le commerce de détail et les services, pour mieux défendre les intérêts des consommateurs. Très bien. Bravo. Même si en l’occurrence, elle ne fait que son « job »…

"Le marché unique a beaucoup évolué en quinze ans. Mais nous pensons que les consommateurs n'en tirent toujours pas ce qu'ils méritent", a déclaré jeudi la commissaire. C’est bien l’avis aussi des consommateurs…

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21/01/2008

LE MARIAGE SUEZ-GdF : UN PARFUM DE SCANDALE


UNE INFORMATION EXCLUSIVE DE RELATIO


Une  plainte contre X et Albert Frère  pour « pacte de corruption » a été rejetée d’une façon expéditive. Mais  un litige privé débouche sur des « affaires » qui risquent de retarder encore le mariage. Et qui jettent une nouvelle ombre sur le « capitalisme de la barbichette » et la « République des renvois d’ascenseurs »…  

 

par Daniel RIOT

 

Après des fiançailles longues et mouvementées, la fusion Suez-Gaz de France qui doit transformer deux « grands » en un « géant » mondial (bien tricolore) de l’énergie pourrait être (encore) retardé par une de ces scènes vaudevillesques où dans la salle des mariages, avant l’échange de deux « Oui » programmés, une voix s’oppose au dernier moment à l’union attendue. Cérémonie perturbée, fête annulée…ou au moins retardée ! En l’occurrence, ce ne serait pas une affaire de famille, mais d’Etat. Qui pourrait bien se lever dans la salle des mariages et faire entendre sa petite voix ?


L’un des leaders des syndicats qui s’opposent à cette fusion pour faire monter les enchères ?

Non. Une décision de justice attendue pour demain mardi doit débloquer (ou retarder encore) le processus légal de concertation chez Gaz de France alors qu’il est bouclé au niveau européen depuis quelques jours chez Suez.

Un porte-parole d’une organisation de défense des consommateurs inquiets des répercussions à moyen et long terme de cette fusion sur les tarifs d’une énergie de plus en plus rare donc chère ?

Non. Après plus de deux années de courses d’obstacles en tous genres, la force du capital et la puissance du politique ont su déblayer ce terrain-là comme d’autres.

Un dirigeant  d’une entreprise rivale qui rêve de revanche sur une OPA manquée ou de sabordage de cette grande illustration du « patriotisme économique «  à la française ?

Non.La Commission de Bruxelles a donné son feu vert à la fusion (à la concentration) et tous ceux qui pourraient être tentés de jouer les gêneurs semblent résignés. Même si dans la corbeille de mariage jolis lots restent à enrubanner, comme l’avenir de Suez-Environnement…

En fait, c’est un homme d’affaires lorrain qui n’a rien à voir ni avec Suez, ni avec Gaz de France ni avec le monde opaque de la « république des copains et des coquins », comme on dit pudiquement, qui à partir d’un litige privé non réglé avec le tout puissant groupe d’Albert Frère, a de fil en aiguille,   fait des découvertes.

Celles-ci ne peuvent  surprendre que ceux qui sont étrangers à ce monde mystérieux qui, dans l’ombre, tire les ficelles et (les bénéfices) de ce que Laurent Mauduit[1] appelle le « capitalisme de la barbichette » et  la « démocratie des renvois d’ascenseurs »… De quoi mettre de l’eau dans le gaz, comme dirait Le Canard enchaîné. De quoi, surtout, faire exploser une de ces bombes puantes qu’on appelle « scandale » !

Plainte contre X, contre Albert Frère et contre d’autres personnes physiques et morales identifiées ou à identifier, a été déposée. Mais en trois jours, le vice-procureur de la section financière du tribunal de Paris a décidé de la classer sans suite. Non parce que le plaignant n’était pas fondé à porter plainte, mais parce que sa plainte était « insuffisamment caractérisée ». Belle formule juridique, très… caractéristique d’un beau recours à la subjectivité des magistrats.

Première surprise et première question : Qui disait que la justice française était lente ? Il lui arrive d’être très rapide. La preuve. Trois jours, c’est vraiment court…

Pourtant  le dossier, dont RELATIO a pu prendre partiellement connaissance, touche à plusieurs affaires qui s’additionnent, s’entrecroisent et s’entrechoquent…Etrange que l’on puisse se faire une idée claire de ce qu’il contient et de ce qu’il pourrait induire aussi rapidement.

Pourtant, il est question de « délinquance et de criminalité financière en bande organisée », de « pacte de corruption », d’étranges croisements entre deniers publics et capitaux privés. Rien de moins ! Ce ne sont pas là des accusations légères. Etrange que face à de telles accusations,aucune plainte ne soit pas déposée… contre le plaignant pour « plainte abusive » ou diffamation.

Pourtant,  l’argumentaire est riche de noms qui sonnent aux oreilles, de références qui résonnent dans les têtes et de réseaux qui  mettent en cause des ministres (anciens et nouveaux), des hauts fonctionnaires, des avocats d’affaires, des financiers, des organismes tels que la Caisse des Dépôts et Consignations… Nous n’allons pas ici citer tous les noms qui d’une façon ou d’une autre figurent dans cet épais dossier. Ce serait fastidieux. Et citation n’a pas toujours, heureusement,  signification.

Mais le plaignant, qui a résisté à la tentation de médiatiser cette affaire (« par respect pour les intérêts de la France » et par « crainte de voir politiser » malgré lui une affaire qui le touche d’abord dans ses intérêts professionnels et perturbe depuis des années sa vie personnelle)   a démêlé des fils qui le conduisent…à l’Elysée.

Sarkozy a-t-il été informé des démarches par lui effectuées auprès de ses conseillers et collaborateurs les plus directs ? C’est la deuxième question. Essentielle.

L’affaire du Cercle de jeux Concorde et « François Rouge »  bien « légère » à coté des  faits réels ou présumés signalés dans son dossier par le plaignant lorrain qui a été invité, si nos renseignements sont bons, à se porter partie civile.

Il serait donc ainsi incité à prendre la responsabilité d’une procédure qui, elle, serait forcément longue, très longue,  trop longue pour retarder encore un peu plus le mariage Suez-GdF. De surcroît, cette nouvelle plainte ne règlerait en rien le litige dont il est victime.

Ces dernières remarques vont sans doute être jugées déplacées, puisqu’elles risquent de faire sous-entendre que le rejet de la plainte dont il est question ici aurait pu être dû à des considérations qui ne sont pas que juridiques ou judicaires. Encore ces liens incestueux entre justice et politique ? 

Nous  n’avons aucun élément nous permettant de jeter une telle suspicion. Il ne s’agit là  que d’un réflexe de bon sens  exprimé évidemment avec le  sourire du naïf qui veut toujours croire à la pleine indépendance de la justice… D’autant que l’on nous promet un « Etat exemplaire ».

Plus sérieusement, nous serions tentés d’en rire davantage si une fois de plus, ce dossier brûlant ne mettait pas en relief l’impérative nécessité de mettre un peu d’ordre et d’éthique dans les liaisons dangereuses entre politiques et affairistes. « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette », c’est un jeu drôle pour les enfants, mais une démocratie moderne devrait en finir avec ces jeux de rôles.

Daniel RIOT

EXTRAIT DE LA PLAINTE DEPOSEE CONTRE X, ALBERT FRERE ET CONSORTS…

En conclusion de tout ce qui précède, les faits rapportés ci-dessus et détaillés dans le dossier joint à la présente, sont constitutifs de manière incontestable des infractions pénales ci-après:

• Prise illégale d'intérêt: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 432-12 du Code Pénal;

• Soustraction et détournement de biens: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 432-15 du Code Pénal;

• Escroquerie: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 313-1 et suivants du Code Pénal;

• Abus de confiance: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 314-1 du Code Pénal; à la saisine de la justice: faits prévus et réprimés par les dispositions des

• Entrave articles 434-1 et suivants du Code Pénal.

Il appartiendra  à l'enquête de préciser quels sont les réels tenants et aboutissants de ces opérations répréhensibles et notamment si elles entrent dans les très probables qualifications suivantes:

 >Corruption passive et trafic d'influence commis par des personnes exerçant une fonction publique: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 432-11 du Code Pénal;

>Corruption active et trafic d'influence commis par des particuliers: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 433-1 du Code Pénal;

 

 

Fiche sur Albert Frere

 



[1] « Petits Conseils », par Laurent MAUDUIT. Stock, 2007

02/12/2007

Europe: Dany-Robert Dufour sacré "écrivain de l'année" par RELATIO

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L’écrivain européen de l’année :

Dany-Robert Dufour

Les professionnels de l’Europe seront sans doute surpris : la dimension européenne n’est pas le premier souci de ce philosophe-écrivain, professeur à Paris VII  qui n’a ni l’audience ni la notoriété que ses essais devraient lui valoir. Ce spécialiste du langage et de l’éducation offre dans le « Divin marché » (publié chez Denoel) une série de clefs pour mieux comprendre cette crise mentale, cette désorientation politique  et cette dérégulation morale qui sévit en Europe et mine la construction européenne en raison non du « libéralisme », mais d’une libéralisme défiguré et d’un hypercapitalisme qui font de la production de richesses une fin et non un moyen… Nous reviendrons prochainement sur RELATIO sur cet ouvrage, remarquablement construit et écrit, qui fait suite à deux essais qui restent à relire ou à découvrir : l’Art de réduire les têtes (2003) et On achève bien les hommes (2005).

UNE NOTE SUR DANY-ROBERT DUFOUR >>>>>>>>>>

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22/11/2007

Union européenne: La dimension sociale ne doit pas se résumer en des voeux pieux...

Suite de la publication de la communication de la Commission sur le marché intérieur au 21e siècle, la Confédération européenne des syndicats (CES) craint que ses propositions d’action concrète dans le domaine social restent un voeu pieu. 

35bcf6c1444b3b7bba63d80e5afa7cd8.jpgLorsque la CES a accepté que le marché intérieur constitue le projet phare de l’UE, la Commission promettait d’offrir une forte dimension sociale : un agenda ambitieux en matière de politique sociale, plusieurs initiatives législatives sur la santé et la sécurité au travail et l’égalité des sexes, ainsi que la promotion du dialogue social. La stratégie de marché intérieur ne concernait pas seulement la concurrence mais elle était une approche équilibrée.

Pendant longtemps, la Commission a uniquement mis l’accent sur l’achèvement du marché intérieur en encourageant la libéralisation et la privatisation. La dimension sociale bénéficiait de moins d’intérêt.La Commission publie à présent une communication sur le marché intérieur au 21e siècle. Elle se tourne à nouveau vers la dimension sociale, en annonçant un Agenda social renouvelé.

La stratégie qu’elle dévoile concernant les services d’intérêt général est cependant totalement insatisfaisante pour la CES et nous craignons que ce soit également le cas pour d’autres propositions d’action. La révision de la directive sur les comités d’entreprise européens doit être entamée le plus rapidement possible, et finalisée d’ici 2008.

La CES reconnaît que l’UE doit prendre des mesures lorsque les marchés ne tiennent pas leurs promesses mais il n’y a aucune remise en cause de la libéralisation et des privatisations. La CES espère que la Commission prendra des mesures et ne se contentera pas d’apporter un soutien purement formel à la dimension sociale. Le marché intérieur ne peut bénéficier uniquement aux entreprises, il doit aussi être profitable aux travailleurs.

L'EUROPE EN DIRECT, L'Europe en revue, c'est RELATIO  <<<<<<<<<<<

03:40 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, social, économie

20/11/2007

Le meilleur livre économique français de l'année: VOTEZ...

RELATIO  vous donne à nouveau la parole pour  le 2nd tour de vote en ligne du Prix des Lecteurs du Livre d'Economie. Il vous reste quelques heures pour élire le meilleur livre d'économie 2007, en cliquant sur :
http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livree...
 

C'est vous qui décidez ! C'est vous qui votez !

L'identité du lauréat sera révélée ce samedi 24 novembre au Sénat, à l'occasion d'une journée "portes ouvertes" consacrée à l'environnement. Vous pouvez assister au débat de clôture de cette manifestation, ce samedi 24 novembre à 17 heures 30 dans l'hémicycle du Sénat

 http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyen......

Les inscriptions seront prises, dans la limite des places disponibles, par retour de mail à l'adresse mailto:cloture@senat.fr ( merci de préciser vos nom et prénom, ainsi que l'adresse postale à laquelle sera envoyée l'invitation donnant accès à l'hémicycle du Sénat et, le cas échéant, les noms et prénoms de vos accompagnateurs ).

RAPPEL : LE CHOIX DE RELATIO >>>>>>>>>>>>>>>

10/11/2007

Qui recevra le Prix du Sénat du meilleur livre économique de l’année ?

Un honneur accepté. La présidence du Sénat  m’a demandé d’être membre  du jury qui décernera le prix du meilleur livre économique de l’année. J’ai accepté d’apporter ma petite pierre (à titre personnel et au nom de RELATIO) en lisant les dix livres sélectionnés par un Comité scientifique, et en rédigeant des notes de lecture avec appréciations, à destination des internautes qui doivent « élire » le livre et l’auteur.

Je reviendrai sur ce blog ou sur RELATIO sur des livres éliminés (notamment sur l’excellent ouvrage de Jean-Marie Pelt, « C’est vert et çà marche ») mais dans l’urgence je publie ici mes notes sur les trois finalistes. Trois bons ouvrages, dont un, selon moi, mérite les lauriers du vainqueur. DR

 Vous pouvez voter >>>>>>>>

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  • "Désordre dans le capitalisme mondial", Michel AGLIETTA & Laurent BERREBI, Odile Jacob. Une somme. Une vraie thèse. Très sérieuse… Bonne documentation. Excellentes analyses. Un livre à étudier plus qu’à lire. Avec des encadrés, des graphiques, des chiffres, des tableaux plus lisibles et accessibles qu’ils peuvent apparaître.  Ces deux économistes qui ont le mérite d’appuyer leurs analyses macroéconomiques et théoriques sur des réalités bien décryptées nous offrent de bonnes  clefs pour mieux comprendre le « désordre économique (et financier) » qui fait office de « l’ordre mondial » promis. Et ils tracent des pistes à suivre pour tenter de mettre sur pieds cette « gouvernance » mondiale qui fait tellement défaut.

Mais cette anarchie capitalistique n’est-elle pas voulue ? Et si oui, par qui ? C’est la première question qui vient à l’esprit et qui n’est pas posée clairement. C’est  l’une des limites de cette entreprise qui mérite par ailleurs bien des louanges.

Il en est une autre, plus « hexagonale » : pourquoi la France est-elle moins bien performante dans cette « globalisation » révolutionnaire que d’autres pays européens ? Les quelques pages sur le « déclin compétitif français » ne sont pas à la hauteur des attentes. Dommage. Comme d’ailleurs celles, dignes des bonnes résolutions de la stratégie de Lisbonne, consacrées à la zone euro.

Bien sûr qu’il faut « une politique économique européenne cohérente ». Qui en doute ? Evidemment qu’il faut que la zone euro, un peu trop rapidement et schématiquement qualifiée de zone à « souverainetés éclatées », devienne  une « zone de souveraineté politique »…

Mais qui s’y oppose ? Moins la Banque centrale que les gouvernements qui ne joue pas assez la carte communautaire. Moins les traités actuels (et futur) que les pays membres qui ne respectent pas la stratégie de Lisbonne (plus intergouvernementale que communautaire, ce qui est sa faiblesse) et qui plafonnent le budget communautaire. Moins les institutions européennes que les exécutifs nationaux qui n’ont pas le courage de faire de la « zone euro » un vrai Marché Commun où les fiscalités et les conditions sociales seraient harmonisées. « L’impasse européenne » décrite trop superficiellement  vient avant tout du « scandale anglais » : Londres ne devrait pas avoir son mot à dire sur le fonctionnement interne d’un « Euroland » dont le Royaume Uni ne fait pas partie.

Autant dire que les économistes qui sortent un peu de leur discipline  trouveront dans cet ouvrage matière à controverses… D’ailleurs,  « l’économie-casino » qui nous est imposée par un capitalisme devenu fou plus que par le libéralisme si maladroitement caricaturé  ne fait pas l’objet de diagnostics convergents.

Cet ouvrage a le grand mérite de confirmer l’extrême variété des capitalismes. Et de fournir des belles synthèses. Mais il est plus sérieux que pertinent et original.

Daniel RIOT

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  • "L'enfer, ce n'est pas les autres: bref essai sur la mondialisation", Pierre DOCKES, Descartes & Cie. Le protectionnisme, c’est la guerre, mais le libre-échange ne garantit pas la paix. Ce rappel à lui seul fait plonger dans ce livre à l’écriture vive, aux arguments bien pesés et aux diagnostics pertinents. Ce n’est pas le seul…

Oui la mondialisation, si souvent confondue avec la globalisation, est diabolisée par celles et ceux qui n’ont pas compris que dans ce monde où les notions de temps et d’espace sont chamboulées l’Europe, et tout particulièrement  la France, souffre d’une infidélité à …elle-même. Le « génie européen » pour le meilleur et pour le pire provient d’une donnée majeure : la civilisation européenne fut d’abord une civilisation de la « connaissance », du « savoir », du « penser », du « découvrir ». Et les Européens, empêtrés dans leurs conquêtes puis leurs pertes coloniales et dans leurs guerres civiles d’un autre âge puis dans leurs affrontements idéologiques, l’ont …oublié. Bêtement. Ce n’est pas faute  d’avertissements : « nous autres civilisations, savons que nous sommes mortelles »

Dans son « Bref essais », Pierre Dockès, en inversant la formule de Sartre (« l’enfer, ce n’est pas les autres ») lance un cri, une exhortation. Ce n’est pas l’histoire qui va trop vite », comme disait Mitterrand en aveu d’impuissance, c’est NOUS qui allons trop lentement. Ce n’est pas la mondialisation, ce bouc-émissaire facile, qui doit nous faire peur : ce sont nos faiblesses internes. Et le temps que nous avons perdu en ne respectant pas la stratégie de Lisbonne (déjà trop tardive et pas assez musclée)…

Ces faiblesses, Pierre Dockers les analyse bien en se gardant de tomber dans les pièges des clichés en vogue… Oui, « le Gain de l’un n’est pas fatalement la Perte de l’autre ». Oui, « un système social avancé n’est pas un handicap »… Oui, il faut d’URGENCE relancer cette économie de la connaissance et des innovations, ce qui ne veut pas dire casser la recherche publique, bien au contraire ! « Nos lauriers sont coupés ! ».

 C’est toute la filière innovatrice qu’il faut reconstruire (et non achever), toute une vraie politique  industrielle EUROPEENNE à relancer (pas avec le Raffale…) qu’il faut reprendre comme nous l’enseignait Jean Monnet et la CECA, toute une réorientation des investissements (publics et privés) qu’il importe d’opérer… Dans ces remèdes, il est des expressions dont Dockès se méfie : « patriotisme économique », par exemple. Il a raison ! Comme il a raison de mettre en relief bien de fausses solutions agitées sans anticipation des dégâts qu’elles peuvent provoquer : la tentation protectionniste notamment…Mais face à la situation actuelle, ce n’est pas du volontarisme qu’il faut, c’est de la volonté. Nuance…

Daniel RIOT

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  • "Petits Conseils", Laurent MAUDUIT, Stock. Voilà un livre qui dérange. Et qui devrait déranger politiquement bien des Sénateurs si le prix du meilleur livre économique de l’année lui était décerné par ce Sénat qui joue (avec mérite) la carte d’un jury indépendant et d’internautes à l’esprit libre.

Il dérange surtout, cet ouvrage par l’étrange voyage qu’il propose,  en cet automne où la presse économique et financière française doit se battre pour sauvegarder une indépendance bien fragile… et en cette période où tous les journaux ont des difficultés de trésorerie. L’indépendance n’a pas de prix, mais elle a un coût ! Quand ce coût altère le droit à l’information (donc d’informer et d’être informé), c’est la démocratie qui est faussée…

Il le mérite, ce prix, Laurent Mauduit. Non parce qu’il a dû quitter en conscience un journal après des coups de ciseaux de l’Anastasie des temps modernes (j’en connais d’autres), mais parce que son ouvrage (qui n’a rien d’un règlement de compte) est d’abord un vrai livre : avec les qualités de fond et de style que le mot requiert. Et  le mot « économique » accolé à « livre » s’impose. Même si l’on oublie trop que l’économie est « politique » avant d’être « science »…

Les qualités de l’enquête,  la lisibilité (due à des vertus pédagogiques incontestables),  l’importance des questions qu’il soulève,  l’originalité de sa démarche et les leçons qui sont à tirer de ces quelque 400 pages riches font, à mes yeux (qui se sont frottés aux dix autres livres pré sélectionnés par le « Comité scientifique »),  de ces « Petits Conseils » le livre-lauréat incontestable.

Tout part d’Alain Minc. Ce personnage  est un vrai héros de roman qui se déroulerait dans une ploutocratie quelconque, il est vrai. Le seul problème, c’est que cet auteur à succès, ce conseilleur à forfaits, cet intellectuel médiatisé  n’a rien d’un héros de fiction. Et que ses actes n’ont rien de virtuel. Unique en son genre, Minc l’est assurément (et heureusement), mais ce qu’il incarne, représente, symbolise dépasse sa personne et son personnage. 

L'important, dans cet ouvrage,  n'est pas l'homme, c'est le symbole qu'il constitue. Le symbole, en l'occurrence, de ce « capitalisme de connivence » dont s'accommode trop la France et qui explique en partie le déclin compétitif français. De ce capitalisme bâtard qui pratique en permanence le mélange des genres, joue entre public et privé, pratique avec talent les politiques du « renvois d’ascenseurs » et des « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », se vautre dans les « déjeuners (même petits) corrupteurs », tisse des réseaux d’intérêts plus particuliers que général, et fait bien peu de cas de la vitale indépendance de la presse. Et, au bout du compte, explique bien des faiblesses du système capitaliste « à la française ». Retour au temps de Balzac, un peu. Au temps du « Temps », surtout…

Daniel RIOT

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La France en Europe: Sarkozy ou le manque de crédibilité économique

Commentaire RELATIO: L'Europe a (toujours) mal à la France, lanterne rouge de la croissance dans l'euroland

Le manque de crédibilité économique de la politique de Sarkozy inquiète de plus en plus Bruxelles.

Loin de la politique/spectacle, loin des effets de manche qui font illusion, loin des actes où la communication fait office d'actions. La politique économique de Sarkozy souffre d'une manque de crédibilité chronique qui inquiète les responsables de l'Union européennes et nos partenaires les plus francophiles... "Les faits sont tétus" redirait Lénine....

Déficit public en hausse, croissance revue à la baisse, commerce extérieur en chute libre: les prévisions d'automne publiées hier par la Commission européenne confirment la faiblesse conjoncturelle et surtout structurelle de la politique économique engagée par Nicolas Sarkozy.

Tandis que l'Allemagne devrait engranger un léger excédent, le déficit budgétaire français pourrait atteindre 2,6 % du PIB en 2007, puis en 2008, selon les analystes bruxellois. Voire plus: la limite des 3% du PIB réapparaît...

Pour la Commission, citée par Le Monde, les différentes mesures fiscales adoptées en France pendant l'été devraient coûter un demi-point de PIB. Leur impact sur l'activité ne devrait se faire sentir qu'en 2008, en dynamisant la consommation intérieure. La contribution du commerce extérieure restera néanmoins négative : outre l'euro fort, les exportations françaises continuent de souffrir "d'une spécialisation géographique et par produit défavorable", notent les services de M. Almunia qui attendent de vraies propositions de vraies réformes d'ici au 1er décembre. Des réformes qui ne seront pas jugées sur leurs annonces mais sur leur réalisation.

En attendant, la France de Sarkozy reste la lanterne rouge de la croissance dans la zone euro...Et ce n'est pas la faute de l'euro! 

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02/11/2007

La France en Europe: Les racines (économiques) du mal...

De l'utilité de la Commission ATTALI ou de son inutilité?

Cet article de Jacques Peyrelevade qui vient d'être repris sur le site de la CONFERENCE DE CITOYENS DE STRASBOURG  a été publié voilà quelque temps, déjà dans le Monde (le 07/09 pour être précis), mais il garde toute son actualité et tout son intérêt. Il devrait faire l'objet de débats autour de la Commission Attali . Et de la politique économique et financière de la France en Europe.

Jacques Peyrelevade pose une bonne question d'entrée: "Fallait-il vraiment, sous la présidence de Jacques Attali, réunir une commission de quarante éminentes personnalités pour découvrir quels sont les obstacles à la croissance économique de notre pays ?"

Sa réponse:" Le mal est trop massif pour relever d'une liste impressionniste de remèdes partiels. Nous souffrons d'un déficit budgétaire qui fait de nous le plus mauvais élève de la classe européenne, d'un déficit record de notre commerce extérieur, de pertes de part de marché considérables à l'exportation, d'un niveau de chômage parmi les plus élevés en Europe, enfin d'un taux de croissance insuffisant, lui-même fruit d'un investissement médiocre et d'une productivité par tête beaucoup trop basse.

Un tel désordre n'est pas conjoncturel mais revêt un caractère structurel : le réglage de notre machine macroéconomique est mauvais. Dit plus simplement, nous essayons continûment de vivre au-dessus de nos moyens, en vain bien entendu, et nous payons sans cesse le coût de ce déni de réalité."

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L’Europe dans la nouvelle crise du pétrole : Pas d'idées?

Le cap (psycologique)  des 100 dollars le baril…

DECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT--« Le cap à partir duquel les automobilistes réduiront leurs kilomètres, c’est 5F/le litre ». C’est ce que j’ai entendu de la bouche de Raymond Barre à la fin des années 70. On en est où, maintenant, ou plutôt à combien ? Et le trafic s’accroît toujours…. Bien que la course folle de l'or noir vers le cap symbolique des 100 dollars le baril se poursuive à bon train... Pour la plus grande joie des producteurs et des spéculateurs!

Depuis le début de l'année, les cours du pétrole ont progressé de 50 % et, en octobre, de 18 %. Du coup, les analystes estiment que le cap des 100 dollars devrait être franchi d'ici à deux semaines.

Pas de panique : on a déjà connu…Ce serait le second record historique du brut. Selon Standard & Poor's, le pétrole avait dépassé les 100 dollars à 101,70 dollars (d’aujourd’hui compte tenu des ajustements liés à l'inflation) un an après la révolution islamique en Iran, en avril 1980. De l’émotion : il est des seuils psychologiques qui font « tilt » dans les têtes. Surtout que ce cap ne s’annonce guère comme un « plafond »…

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29/10/2007

EUROPE: A lire sur RELATIO

>>> SECURITE : un appel franco-allemand à Poutine

>>>   DANEMARK : Dans l’attente des élections

>>> INTERNET et la Lutte anti-terroriste : La Toile de plus en plus surveillée

>>>CONJONCTURE: La crise financière serait … devant nous :Le diagnostic de l'Expansion 

 et  l'étude de la Fondation Schuman

17/10/2007

La France en Europe : Polémique autour du Principe de Précaution

Quelle mouche a-t-elle piqué la commission Attali ?,

par Corinne LEPAGE 

DECRYPTAGE RELATIO : Quelle mouche a-t-elle piqué la commission Attali pour mettre sur ledbd8daf42ef2a5e81e2eaf7e4a753398.jpg dos du principe de précaution les difficultés que rencontre la croissance française ? La question s’impose en effet. En visite à Strasbourg où elle a relancé Cap 21, mouvement  co-fondateur du Modem qui se dote d’une antenne bas-rhinoise animée par Yveline Moeglen, membre du groupe municipal d’opposition  présidé par Chantal Cutajar, Corinne LEPAGE a réfuté point par point les arguments agités par Jacques Attali pour demander la levée de ce « principe de précaution » qui est inscrit dans la Constitution et qui  est intégré dans le droit communautaire. Non, ce n’est pas le principe de précaution qui nuit à la recherche. Non ce n’est pas ce même principe qui nuit à la croissance.

Quelques remarques préalables :

1) Sur un plan juridique ou judicaire, aucune décision importante n'a été rendue sur la  base de ce principe  depuis qu’il existe dans la constitution. Si le principe a été appliqué, il l’a été par le conseil d'État en 1993 à propos du sang contaminé ou en 1998 à propos du maïs Novartis OGM c'est-à-dire bien avant 2005.

2) La rédaction française du  principe de précaution est on ne peut plus réductrice, comme émasculée. Contrairement à la définition européenne, la formulation  exclut  la santé pour ne viser que l'environnement. Elle exclut les personnes privées pour ne concerner que les personnes publiques. Et  elle renvoie enfin à la loi pour  préciser les domaines d'application. Ce qui n’est pas fait…

Il n'y a donc, pour Corinne Lepage,  aucun "danger" pour le monde industriel. D’ailleurs,  le risque de développement exclut la responsabilité des entreprises industrielles lorsqu'en l'état des connaissances, elles ignoraient les risques qu'elles ont générés. Et la loi Fauchon de 2000 a réduit le risque de responsabilité pénale des dirigeants pour les fautes non intentionnelles.

 

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La Présidente de Cap 21 illustre son propos par quelques constats de réalité.

*« La France est le pays le plus nucléarisé du monde, un des 6 pays qui en Europe plante des OGM, ou encore l’un des acteurs les plus importants dans le domaine des nanotechnologies. Or ce sont des secteurs à risques nullement freinés dans leur développement par le principe de précaution.

*L'Allemagne qui est à l'origine du Vorsorge Prinzip, depuis le milieu des années 80, qui a porté le principe de précaution sur les fonts baptismaux de l'Union européenne, n’est pas particulièrement gênée dans sa croissance industrielle par le principe de précaution. En revanche, elle n’a subi ni le drame du sang contaminé, ni celui de l'hormone de croissance, ni celui du prion. Cherchez l'erreur ! »

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« Cherchez l’erreur » aussi en matière de recherche. « Le principe de précaution est avant tout un principe de recherche,une expression du doute scientifique, l' exigeance de  réponses au plus grand nombre de questions possibles avant que des transformations technologiques irréversibles ne soient engagées », souligne Corinne Lepage en rappelant que les Américains, sans admettre le principe, l’appliquent à leur façon : ils ont décidé que 5 % de toute la recherche sur les nanotechnologies serait dédiée à l'étude des risques environnementaux sanitaires et sociétaux. « Il s'agit bel et bien d'une application dans la réalité scientifique du principe de précaution ».

Globalement, toujours pour Corinne Lepage, où il est un principe structurant de l'industrie, le principe de précaution se révèle d'abord un véritable accélérateur de développement. Et ce, non seulement du secteur des nouvelles technologies environnementales, qui représentent un marché considérable , de 900 milliards de dollars. Mais aussi de l'ensemble de la recherche, puisqu'il pousse les industriels à produire autrement.

En effet, et pour au moins trois raisons :

>>> «  En exigeant que les effets environnementaux ou sanitaires possiblement négatifs d'une innovation puissent être évalués avant sa commercialisation, le principe de précaution devient un instrument de transformation de l'industrie.

>>>> Comme moyen de se prémunir contre des erreurs très lourdes pour la santé publique, il se révèle un levier d'économies potentielles considérables pour la collectivité : le gouvernement des Pays-Bas a ainsi évalué que, s'il avait interdit l'utilisation de l'amiante dans la construction trente ans plus tôt, il aurait économisé, hors indemnisation et coûts de santé, 19 milliards d'euros !

>>> Maîtriser les risques sanitaires, c'est éviter que grandisse une méfiance à l'égard du progrès technique, laquelle se révèle, elle, être un redoutable frein à la croissance ». Cette croissance qu’Attali voudrait tant « libérer »…

 Qui plus est, « ce ne sont pas les effets juridiques qu'aurait la suppression de la valeur constitutionnelle du principe de précaution qui changerait quelque chose à la prétendue la insécurité juridique du monde économique. En effet, le principe de précaution, au sens le plus large du terme, incluant la santé et la totalité des acteurs économiques figure dans les traités de l'Union européenne. Il a donc une valeur supérieure à la loi et s'impose, quelles que soient les vicissitudes constitutionnelles, à tous les textes de droit interne. ».

Il est curieux, effectivement que Jacques Attali et sa commission aient oublié ce qui est un fait. Pourquoi ? Pourquoi surtout, cette « annonce plutôt iconoclaste en plein Grenelle de l'environnement » ?

Corinne LEPAGE estime que la clef de ces questions se trouve « sans doute, dans le symbole » :  En résumé, deux catégories s’opposaient à la constitutionnalisation du principe de précaution, à la Charte de l'environnement : les ultra-libéraux hostiles à toute contraintes donc aux conclusions du Sommet de RIO en 1992 et les écologistes très dogmatiques… Ces deux  opposants voudraient se faire entendre à nouveau. Pour eux,  reposer le problème durant le Grenelle constitue une manoeuvre de diversion destinée à l'évidence à rééquilibrer, au moins dans la symbolique, ce que pourraient être des conquêtes du Grenelle ».

Mais au-delà du symbolique et des options d'ordre idéologique se pose une question –clef : Qui, dans la société technologique avancée qui est la nôtre, assume le risque financier de l'expérimentation grandeur nature ?

Dans la droite ligne de ce que pressentait dès 1986 Ulrich Beck dans son ouvrage la « société du risque », la stratégie des grands groupes vise à faire endosser, au moins pour partie, par les Etats les risques liés aux technologies nouvelles, dès lors que celles-ci sont soumises à une autorisation administrative.

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Ainsi, le citoyen se retrouve-t-il cobaye et assureur final d'une technologie qui peut se révéler excellente ou catastrophique, mais qui généralement aura au moins durant un moment été particulièrement rentable.

Le recours, en Europe, au principe de précaution, est la condition sine qua non d'une telle répartition des responsabilités, car il va de soi qu'un risque sociétal ne peut être pris qu'à la double condition qu'il présente un intérêt général et que le risque soit le plus réduit possible, ce qui signifie a minima qu'il soit connu.

Il en va d'autant plus ainsi que le régime de l'assurance ne joue nullement pour les nouvelles technologies ou pour celles qui peuvent se révéler à terme dangereuses. Aujourd'hui, ni les OGM ni les nanotechnologies même les antennes relais qui ont été sorties du régime de la responsabilité civile voici un an ne peuvent être assurées.

Cela signifie que l'assureur est le citoyen et qu'en conséquence, il doit être en mesure de s'assurer que les recherches sur les conséquences négatives dont il pourrait être à la fois la victime et le payeur ont été faites. Tel est l'objet du principe de précaution. »

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Avec  à la clef un choix politique que Corinne Lepage résume en une question : « Peut-on indéfiniment socialiser les risques et individualiser les profits ? » C’est l’un des sujets centraux des problèmes de développement de nos sociétés 

« Poser la question de la réduction du principe de précaution, parfaitement impossible en droit interne, reviendrait à exiger en contre partie une responsabilité illimitée dans le temps des entreprises », souligne Corinne Lepage. « C'est la solution américaine qui a conduit aux procès contre les cigarettiers et les fabricants d'amiante hier, les constructeurs automobiles aujourd'hui, et même contre les producteurs d'OGM puisqu'une dizaine de procédures sont en cours menée notamment par l'agriculture biologique ». Les Américains règlent les problèmes en aval.

« Au contraire, reconnaître le principe de précaution pour ce qu'il est , constitue un formidable encouragement à la recherche développement, aux produits de substitution, aux nouvelles technologies répondant aux exigences de santé et de valorisation des ressources naturelles, à une gestion réellement rationnelle du patrimoine collectif. En attribuant à Al Gore et au GIEC, le prix Nobel de la paix, le jury du Nobel a lancé une invitation à la planète tout entière de faire du principe de précaution en matière climatique, l'instrument de transformation de notre développement. C’est désormais dans cette voie que se trouve le progrès. » Les Européens se doivent de régler les problèmes en amont.

VOIR LE RAPPORT DE L’AGENCE EUROPEENNE DE L’ENVIRONNEMENT DE 2002 >>>>

UNE NOTE SUR LA « SOCIETE  DU RISQUE » >>>>>

LE SITE DE CAP 21>>>>>

LE BLOG DE CORINNE LEPAGE >>>>>>> 

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Repères :

Le principe de précaution en droit

Voici en quels termes et comment le principe de précaution est inscrit dans le droit français et européen:

- L'article 5 de la Charte de l'environnement stipule que "Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage."

- La formulation retenue, négociée mot à mot par les parlementaires, encadre fermement son application.

- Le principe de précaution s'applique uniquement à l'environnement, et non à la santé et un amendement prévoit que le législateur pourra s'il le juge nécessaire encadrer son application par la loi.

- Les partisans du principe de précaution rappellent qu'il existe dans le droit français depuis 1995 (loi Barnier), sans avoir déclenché à ce jour les effets "apocalyptiques" annoncés.

- Le principe de précaution figure également dans plusieurs traités internationaux ratifiés par la France et dans le droit européen depuis le traité de Maastricht en février 1992.

- Ce principe a été adopté solennellement le 28 février 2005 par le Parlement français réuni en Congrès à Versailles pour être inscrit dans la Constitution.

- Sa suppression irait à contre-courant du processus du Grenelle de l'environnement, co-dirigé par Nathalie Kosciusko Morizet actuelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie, et destiné à intégrer le respect de l'environnement dans les modes de production et de consommation.

06/10/2007

Affaires et affairisme : Où souffle « l’esprit Dallas »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO :Thierry Breton (que je connais depuis bien longtemps) est un homme d’une intelligence  peu ordinaire. Cela l’a conduit avant ses carrières industrielles et ministérielles à écrire des livres et à avoir des vues prospectives d’une pertinence exceptionnelle. Il affiche une de ces lucidités que l’on aimerait voir plus répandues. C’est en raison même de ses qualités que sa prestation devant les sénateurs laisse dubitatif…

«Transparent», mais «pas convaincant» dit, devant des journalistes, Philippe Marini, le rapporteur UMP de la commission des Finances du Sénat. Un bon résumé. Pourquoi ?

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A trop clamer que « L’Etat a eu un comportement exemplaire », en s’abritant un peu maladroitement derrière des structures (logiques en régime capitaliste) dont ses prédécesseurs sont responsables (Fabius et DSK) et en avouant  sa méconnaissance voire son ignorance de « l’affaire », l’ex-locataire de Bercy a paru très gêné par les questions des parlementaires… qui comprennent mal pourquoi cet ex-consultant n’ait pas su se faire mieux écouter par les dirigeants d’EADS…

Quand Manfred Bischoff (Daimler) et Arnaud Lagardère sont venus, en novembre 2005, l’informer de leur intention de céder leurs parts (7,5 % du capital chacun), il leur a signifié sa « très grande réserve»… Pas plus ?

Et quand  la Caisse des dépôts - un organisme public  - a racheté une partie des actions de Lagardère, il l’a appris «en lisant la presse»… Heureusement qu’il ne lit pas que « l’Equipe », notre actuel prof d’économie à Harvard, contrairement à ce que disent les « Guignols »… Manque d’autorité, là, manque de contrôle de ses services (directs et indirects) ici… Oh ! Thierry, ils étaient pourtant bon vos livres sur « La fin des Illusions » et sur « La Dimension invisible »…

On comprend que Christine Lagarde qui avait pris la défense de son ministère avec force, comme par réflexe, se ravise et exige une enquête interne… C’est la moindre des choses, peut-on dire sans rire. 

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 Qui plus est, un fait et une chronologie jettent un sérieux trouble. Le 8 mars 2006, le directeur adjoint du cabinet de Breton apprend de la bouche du directeur financier de Lagardère que ce dernier, (« mon frère », dit de lui Nicolas Sarkozy) ­s’apprêtait à vendre sa participation. L’information est transmise immédiatement  à l’APE, l’Agence des participations de l’Etat.  Mais elle ne sera rendue publique que le 5 avril. Pourquoi ? Or,  entre-temps, les hauts dirigeants d’EADS ont vendu massivement leurs actions. Etrange, non ? Surprenant, non ?  C’est l’un des points que l'inspecteur général des finances Bertrand Schneiter (à qui Lagarde a confié l’enquête) devra éclaircir. Avant jeudi !

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Il est un autre point d’ombre : qui peut croire, en connaissant un peu la « maison » que la Caisse des Dépôts et Consignations puisse acquérir un tel paquet d’actions d’une entreprise européenne hautement stratégique sans que les autorités politiques en soient averties ?  

La Caisse des dépôts et consignations affirme haut et fort avoir agi de façon « autonome » et sans instruction de la part de l'Etat. C’est beau l’indépendance ! Mieux : elle  confirme qu'elle se joindrait à la procédure qui serait engagée à l'issue de l'enquête en cours menée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'il apparaissait que des agissements aient pu lui nuire en tant qu'actionnaire. Nous voilà rassurés. Pas vous ?

En tous cas, si l’Etat a eu une « conduite exemplaire », ses « serviteurs » n’ont pas eu, visiblement, la conduite qui s’imposait. Ni financièrement, ni politiquement, ni moralement.

Au-delà des personnes en cause, n’est-ce pas là  l’une des illustrations de cette connivence presque institutionnalisée entre les « milieux d’affaires », ces artistes de la géofinance, ces virtuoses de « l’économie casino »,  et les « sphères politiques »…qui devraient, par définition, placer les intérêts de la Cité (au sens large du terme) avant ceux des champions de la « corbeille ». De cette « Corbeille », où selon de Gaulle, ne devrait pas se faire la politique de la France…

Mais depuis le général, la « Corbeille » a pris une influence que la politique n’a plus… L’Italie a eu Berlusconi : elle n’en est pas encore guérie. Et le « berlucosnisme » n’est pas qu’une spécialité italienne : « l’esprit Dallas » fait trop de ravages. Ce qui ne nous empêche pas de « réfléchir », à la demande de Sarkozy et sous l’autorité de Rachida Dati,  à une « dépénalisation du droit des affaires ». Une urgence, on vous dit ! Un impératif ! Une réforme qui s’inscrit dans la profonde réforme de la justice « souhaitée par les Français qui ont élu Nicolas Sarkozy ».

Ben voyons … Si la croissance est en panne, est-ce parce que « l’esprit Dallas » est trop freiné au pays de Colbert par une justice pénale trop sociale ?... Si les dettes françaises sont aussi vertigineuses, est-ce parce que la « droits des affaires » secrète trop de vilaines « affaires » qui empêchent de « belles » affaires ?...

Réformer le droit des affaires, peut-être : là comme ailleurs, il y a trop de lourdeurs et d’arbitraire bureaucratiques. Mais, attention ! « L’esprit Dallas » voudrait que « l’affairisme » devienne un droit….

Au  fait, (on passe d’une affaire à l’autre, c’est cela le dynamisme !),  il a toujours ses nobles fonctions au Medef, le sieur  Denis Gautier-Sauvagnac. « Négociateur en chef sur la modernisation du marché du travail » : voilà un joli titre, non ? Surtout pour quelqu’un qui reste présumé innocent mais qui a opéré des retraits de fonds qui dépassent l’entendement de gens normalement constitués…

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Aux dernières nouvelles, deux autres comptes bancaires suspects ont été découverts par les policiers de la brigade financière (BF) enquêtant sur les retraits de fonds qu'aurait opéré Denis Gautier-Sauvagnac dans une caisse de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM).

Selon l’Express, le négociateur du Medef aurait sorti en liquide, entre 2000 et 2007, non pas cinq mais quinze millions d'euros sur le compte de l'UIMM. Tout augmente… Il y a trop de zéros pour qu’un esprit ordinaire (vous et moi)  voit la montagne que cela représente…

Piment de plus :  la piste privilégiée par les enquêteurs concernerait le financement occulte des syndicats, ce qui ferait de cette affaire « une bombe politico sociale », toujours selon l’Express.  Les syndicats s’en montrent outrés, évidemment. Attendons… puisque Denis Gautier-Sauvagnac a nié toute malversation.

Mais si cette piste se vérifie, nous aurions là une version originale du grand rêve (gaullien) de l’association « capital-travail). « L’esprit Dallas », c’est d’abord la culture du résultat, le culte de la fin et… l’occultation des moyens.  « JR » n’est pas méchant mais cyniquement efficace.Dans un "univers impitoyable".

Cela dit, nous attendons aussi des nouvelles …d’Allemagne. Car le scandale EADS, puisque scandale il y a même si l’enquête n’est pas terminée, est franco-allemand. Or, pour l’heure, du coté de chez Daimler (et de la Chancellerie), c’est plutôt une discrétion étourdissante :il est des silences qui font du bruit !

Impression et supputation : le refus politique allemand d’ « allonger » les euros nécessaires à Galiléo ne s’explique-t-il pas en partie par le trouble provoqué par cette secousse EADS ? Cela se comprendrait… C’est en cela d’ailleurs (aussi) que nous parlions ici d’un « crime contre l’Europe ». Un crime commis au nom de « l’esprit Dallas ».

Daniel RIOT

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04/10/2007

Le scandale EADS : Un crime contre l’Europe

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT:Il faisait beau en ce 10 juillet 2000 quand dans un grand hôtel strasbourgeois, Jean-Luc Lagardère et ses associés annonçaient la grande nouvelle, à grand renfort de médiatisation orchestrée…

Une nouvelle ère avec la fusion de grandes entreprises européennes de l'aéronautique et de l'espace que sont le Français Aerospatial-Matra, l'Espagnol CASA et l'Allemand DASA (filiale de Daimler-Chrysler).

Dès le 18 octobre 2000, la Commission Européenne donne son accord à la transformation du consortium quadrinational Airbus (né en 1965) en une société de plein droit. Ainsi, détenue à 80% par EADS, la succursale en deviendra l'un de ses emblèmes plus importants, les plus prestigieux, les plus chargés de symboles positifs.

Chacun des témoins de ce mariage estival avait le sentiment de vivre un moment historique :l’Europe se dotait enfin d’un géant industriel et financier capable de faire plus et mieux que Boeing et d’autres titans américains dans des secteurs clefs pour l’avenir, civils et militaires. « L’Europe puissance » en marche, avec des entrepreneurs plus audacieux que les politiques !

Las… Les pires désillusions naissent toujours des plus belles espérances. Surtout quand elles semblent s’ancrer dans des actions réelles !  Trois ans plus tard Jean-Luc Lagardère mourrait et aujourd’hui EADS est devenu un très mauvais feuilleton. Qui est loin d’être terminé.

Il n’est ni sain ni digne de commenter des affaires qui restent plus inconnues ou méconnues que connues, quelles que soient la qualité et la crédibilité des informations (partielles) publiées. Il n’est pas non plus ni sain ni digne de se réfugier dans de faciles « la justice s’en occupe ». Il n’est surtout ni sain ni digne de pigmenter davantage encore un plat déjà trop épicé par des sous-entendus et des propos "politichiens" de café du commerce.

Alors, attendons. En faisant tout pour que cette affaire lancée par une « note » de l’Autorité des marchés financiers (tout à fait dans son rôle) ne soit étouffée ni en France ni en Allemagne. Et en espérant que l’on saura tirer les leçons de ce qui (au-delà des arguments « à charge « ou « à décharge » rendus publics) s’apparente à de la  « délinquance en cols blancs », cette délinquance dont on parle si peu dans les discours politiques « sécuritaires » et qui fait tant de ravages au détriments  des contribuables, des salariés et des consommateurs.

En attendant la suite, une seule certitude : c’est un très sale coup qui est porté ainsi aux intérêts de l’Europe. Les coupables, les responsables (et les deux réunis) ne pourront jamais, quelles que soient leurs condamnations éventuelle, réparer les pots cassés et payer ce qui est un vrai crime. Contre l’intérêt général et contre l’avenir. Contre l’Europe.

Daniel RIOT

 LIENS INTERNET (SELECTION NOUVELOBS.)

Sur Nouvelobs.com

21/09/2007

Le scoop de Fillon: L'Etat est en faillite..."Elysee.com" cherche syndic?

Quand le coéquipier de Srakozy reconnait aujourd’hui une situation que Bayrou dénonçait, que la Commissionde Bruxelles pointe du doigt et que Berlin déplore...

EDITO RELATIO par DANIEL RIOT: « Je suis à la tête d'un Etat en situation de faillite »…Alors, çà, il faut oser le dire quand on est le co-équipier (puisque « collaborateur » est proscrit) du Président de la République ! Même si ce n’est qu’une « formule » (guère imagée)…

Bayrou l’avait dit pendant la campagne électorale et il proposait des  moyens cohérents pour sortir de la situation décrite. Mais il n’a pas été entendu et son projet devenu programme a été étouffé par les flonflons et les paillettes de ceux qui au lieu d’assumer leur bilan désastreux ont su faire croire que la « rupture » avec eux-mêmes allait suffire à redresser la barre !

«2007,  c’est pas moi », a lancé Sarkozy, l’autre soir dans deux de ses chaînes de télévision,  à propos de la mauvaise croissance actuelle. Ben voyons. Ce n’est   ni lui, l’ex-ministre d’Etat, ni sa majorité d’hier reconduite aujourd’hui dont il a su si bien faire oublier le bilan, par des impostures de génie, et un art d’exploiter les faiblesses d’un PS, aussi nul au gouvernement avec Jospin que dans l’opposition sans Jospin…

Les faiseurs de débâcle se sont faits passés pour des faiseurs de miracles. Avec une belle alliance objective entre les conservateurs de droite, de gauche et des médias si conformistes. Et avec ces recettes du populisme et du clientélisme démagogique qui sont très efficaces dans tous les pays en crise de repères… Fillon, aujourd’hui, reconnaît les erreurs et les fautes du passé et montre son impuissance face au présent.

Pire : De Villepin (qui avait déjà dit, à Ripostes, que sa politique avait été délibérément été sabotée dans l’optique des Présidentielles) peut se permettre de rappeler que sous son gouvernement la France bénéficiait d’une croissance supérieure, d’«un chômage qui a baissé de 2 points» et d’«une politique de désendettement qui avait amélioré les choses »…ce que ne font évidemment pas les « cadeaux fiscaux » faits (et que Sarkozy voulait même faire d’une façon rétroactive si le Conseil constitutionnel n’avait pas fait son boulot)

Tout regret bayroutiste serait inutile (et stupide), mais le vrai grief demeure : comment sortons-nous d’une telle crise (d’une telle « faillite ») en refusant le mot « rigueur », en octroyant des « cadeaux fiscaux » à la minorité des Français qui en a le moins besoin, en faisant passer pour « révolutionnaires » des réformettes  à portée plus politique qu’économique et en misant sur une augmentation de la consommation (sans hausse du niveau de vie) pour stimuler la croissance…Une croissance qui serait encore plus faible sans l’effet d’entraînement des bons résultats allemands et qui sera encore limitée si les turbulences américaines tournent à la tempête.

Expliquez-nous, Monsieur Fillon…. « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ca ne peut pas durer », a martelé le chef du gouvernement en s’engageant « à ramener le budget de l'Etat à l'équilibre avant la fin du quinquennat ».

Encore  cinq ans en faillite, c’est long et coûteux, non ? Le « travailler plus pour gagner plus » doit-il se traduire par « travailler plus aujourd’hui  pour gagner plus dans le deuxième mandat ». Qui disait que Sarkozy se sentait toujours en campagne électorale ? Tout y est en effet : l’omniprésence, les exhortations, les promesses. A coté de l’Hyper-Président, illusionniste de talent, Fillon en Corse a trouvé sa place : dire (tardivement et partiellement) la vérité !  

Mais si l’Etat est en faillite,  la République  cherche un syndic. Avec un esprit d’ « ouverture », si possible… Ce n’est qu’une « formule » va redire Fillon ! Une de ces formules qu’adorent les agences de communication.

Daniel RIOT

16/09/2007

Europe : « Retour de la France » ou retours de bâtons du « Style Sarko » ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT :« Aucun sujet n’est tabou »…Tous les ministres (en quête de totem ?) dans tous les secteurs, n’ont que cette expression à la bouche,  à tout propos… Alors, pas de tabou, pas même pour apprécier Sarkozy dans ses oeuvres : La politique et la diplomatie pour Sarkozy ne sont-elles que  la continuation de la guerre sous une autre forme ? Sarkozy n’est-il pas dangereux dans les situations de crise ? Le « style Sarko » ne va-t-il pas finir par aggraver les problèmes de  l’Union européenne ?

 Eh ! Oui, on s’inquiète dans plusieurs capitales européennes (et chez les connaisseurs de  l’«alchimie communautaire »). Non du « retour de la France en Europe », mais des retours de bâton pour la France et pour l’Europe que le « style Sarko » commence déjà à provoquer !

 

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 « Notre « petit soldat » se prend pour un général d’Empire », confie un diplomate. « Mais ses foucades, ses initiatives intempestives, ses propos mal contrôlés finissent par heurter les meilleurs amis de la France et ceux qui se réjouissaient de l’élection d’un manager dynamique et moderne à la Présidence de la République. »

Ce n’est pas tout : « Notre Président oublie que l’Europe par définition n’est pas que française et que le « sarkozysme » reste trop flou, trop incohérent et trop chargé d’ambiguïtés pour qu’il séduise tout le monde, tout le temps, en tout... Son goût pour les jeux dangereux du   « cavalier seul » est déjà devenu très contre-productif. Son coté gamin farceur et volontiers provocateur ne fait plus sourire. Son égotisme atteint des proportions ridicules.  Et à trop vouloir flatter les pulsions les plus nationalistes de l’opinion française, il perd le crédit qu’il commençait à acquérir. Il est déjà classé, comme Chirac l’était (là, il n’y a pas de rupture) dans la catégorie des politiciens qui sont meilleurs en campagne électorale que dans l’exercice de ce pouvoir suprême qui exige des qualités d’homme d’Etat »

Diplomate, mais franc du collier, notre interlocuteur (qui, il est vrai, n’en est pas à son premier Président…)

Les dirigeants français (hauts fonctionnaires inclus), en Europe, ont trop affiché dans un passé encore récent mépris et arrogance, ces épices qui rendent les indigestes les plats les mieux préparés.  A cet alliage (qui nous a fait tant de mal) Sarkozy ajoute des ingrédients qui sont de vrais  poisons : la prétention hâbleuse, la gesticulation frimeuse, la réflexion fumeuse et les récriminations injurieuses… Cela fait beaucoup ! Trop.

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31/08/2007

Sarkozy et l’économie européenne : De bons diagnostics, mais pour quels remèdes ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: Barroso a raison de se féliciter de l’esprit de volonté en Europe de Sarkozy… Les hasards du calendrier font que la visite en France du Président de la Commission coïncide avec le discours du chef de l’Etat sur l’économie devant l’université d’été du Medef.

Passons sur son sens de l’humour et sur son besoin de se nourrir d’une autosatisfaction dont les disciples du docteur Coué devraient tirer parti pour améliorer la célèbre « méthode ». Passons aussi sur ses accents à la Guizot sur le « travaillez plus pour gagner plus ». Passons encore ici sur les aspects strictement intérieurs de son intervention. Passons enfin (pour nous en réjouir) sur ses nouveaux pillages du programme présidentiels de Bayrou. Et n’en restons qu’à l’Europe. Où il dit des choses justes, mais où il en reste (trop) au diagnostic.

Sarkozy l’avait déjà dit : il veut remettre de la politique dans les affaires européennes. Il a raison. Il le faut. Comme il faut lier économie et social, économie et écologie, monnaie et économie, compétitivité et solidarité. Comme il nous faut revenir sur ce qui a fait l’une des clefs de la réussite des « pères de l’Europe » : protection d’abord donc préférence communautaire.

En fait, au-delà de sa rhétorique et de sa dialectique, le Président de la République propose une redéfinition du « libéralisme » dans l’optique de « l’économie sociale de marché » qui constitue le fondement et le but de l’Union européenne, du « libre-échange » dans la réalité d’une mondialisation qui n’existe pas puisqu’elle accentue les inégalités, les avantages des spéculateurs, les pratiques de « dumping » (social, fiscal, environnemental, monétaire), de la « politique industrielle » en une mode d’un économisme plus doctrinaire que réaliste.
Oui, il faut un vrai gouvernement économique de l’Euroland : il faudrait même un vrai gouvernement européen- ce que ne sont ni la Commission ni le Conseil européen

Oui, il faut que les échanges internationaux qui reposent sur la transparence et le principe de réciprocité.

Oui, il faut renouer en tout et pour tout secouer les idées reçues, bousculer les tabous, tout mettre en débat…y compris ses propres idées.

Mais, en dehors de la recherche, de la promesse d’une meilleure administration fiscale, d’une vraie rupture avec l’ignoble tradition française des dénonciations anonymes, Sarkozy se doit de se montrer plus concrets. Pas de solution au pouvoir d’achat en panne, pas de solution au gouffre de la dette (ce boulet de l’économie française que seul Bayrou avait bien évalué), pas de solution concrète à une redéfinition de la stratégie commerciale de l’Union. Un discours qui aiguise l’appétit, donc nous laisse un peu sur notre faim. Nous ne sommes plus en campagne électorale… Sarkozy doit apprendre à rompre avec sa rupture verbale, pour engager une vraie rupture dans l’action. Ropre avec le volontarisme pour afficher une vraie VOLONTE dans l'action.

Daniel RIOT

 

 

25/08/2007

Raymond Barre: Une "certaine idée de l'Europe"...

Le père de l’Union économique et monétaire… Un homme d'Etat rigoureux qui savait que l'Europe doit se construire "pas à pas" en réconciliant les principes de De Gaulle, les idées de Monnet et les idéaux de Mendes-France

COMMENTAIRE RELATIO PAR DANIEL RIOT: Un « esprit carré dans un corps rond »: c'est ainsi que Raymond Barre a toujours aimé à se décrire. Il fut contempteur amusé et irrité du « microcosme », de ce petit monde politique parisien plus agité par la politicaillerie que par la Politique, avec un grand P. Jamais, même quand il a fait campagne pour les Présidentielles, il n'a cherché à séduire, à flatter, à caresser l’opinion et les médias dans le sens du poil. Il avait un souci constant : conserver son indépendance d'esprit au service d'une idée certaine de la France et d’une certaine idée de l’Europe.

Ce centriste, plus par raison que par tempérament, avait une nature gaullienne : sens de l’Etat, des responsabilités assumées, des réalités. Il avait aussi, par sa probité, un coté mendésiste. Et il était de la trempe d’un Jean Monnet, toujours soucieux d’allier « nécessité et idéal ».

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Comme nombre de gens de ma génération, j’ai découvert Barre sur les bancs de la Fac. Que d’heures passées (mais non perdues) à lire, éplucher, étudier son « manuel » d’économie politique ! Professeur, il était d’abord. Professeur, il est resté. Un bon professeur, qui forme sans déformer.

Professeur, il l'est resté surtout quand il était le « Monsieur Economie » de la Commission de Bruxelles. Quel bonheur de l’écouter quand il intervenait devant un parlement européen qui à l’époque n’avait pas les pouvoirs qu’il détient aujourd’hui !

Ceux qui l’ont traité d’eurocrate ou de technocrate ne l’ont pas écouté : professeur, il était. D’économie ben sûr, mais aussi et surtout de réalisme, de lucidité, de vision. Un « honnête homme » cultivé, éclectique, curieux. Il dévorait (et relisait) Stendhal, Chateaubriand, l'anthologie poétique de Gide... et de bons polars. Cet amateur de  musique  adorait Mozart et ne cachait passa fascination pour quelques coins d’Europe, Venise notamment. C’est cette culture qui lui permettait d’échapper à ce qui guette le plus les politiques :la superficialité…

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Il avait bien sûr, souvent,  l’impression de parler dans le vide, de jouer les Cassandre, de se faire donneur de leçons à des gouvernements européens  trop prisonniers de leurs vues à court terme, de leurs intérêts étroits, de leurs réflexes nationaux pour ne pas dire nationalistes.

Il voulait PLUS d’Europe, une Europe construite sur une volonté politique mise au service des desseins des « pères fondateurs ». Il appartenait à la classe des euro-déterminés, des euro-volontaires, par réalisme autant que par idéalisme. Car il savait que coincée entre les deux « grands », la petite Europe toujours prête à revenir à ses querelles villageoises laissait passer ses chances. Ou les gâchait.

Ce ne sont pas les « autres », les Américains notamment, qui sont trop forts, c’est nous qui sommes trop faibles…et qui ne voyons rien venir de ce qui risque d’advenir. Les crises de l’énergie, la coupure NORD-SUD plus chargée de périls, comme l’avaient dit Kennedy et Brandt, que la cassure Est-Ouest, l’importance de la recherche et de l’innovation, l’impérative nécessité de nous mettre à l’abri des tempêtes monétaires et de nous unir vraiment face aux défis du futur.

Nous sommes entre 1967 et 1972 : des années charnières, géopolitiquement complexes, économiquement difficiles. C’est lui qui tracera  les grandes lignes de la future union économique et monétaire. Cette Union qui grandira sous Giscard, avec lui à Matignon, et qui devra attendre Mitterrand et Delors

Premier ministre, il ne sera jamais vraiment populaire. Il est vrai qu'il a dû  se battre contre la mauvaise conjoncture économique (« c'est le Joffre du redressement économique », dira de lui VGE), la montée du chômage, un PS grandissant et un RPR menaçant. De cette époque-là, il gardera d'ailleurs une dent contre le mouvement gaulliste, qui ne l'a guère ménagé à l'Assemblée nationale entre 1976 et 1981…et après.

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Ce «  sourd qui a l'oreille fine », comme disait  Edgar Faure, était selon ses propres dires un adepte de la « métaphysique de la tortue ». Il entretenait avec le temps, « une relation semblable à la manière dont il occupait l'espace avec son corps: posément, rondement, sûrement, agrémenté d'un soupçon d'éternité... ».

Un art de donner du temps au temps ? Une façon surtout de prendre en compte tous les freins qui font perdre du temps, précisément, à cette Europe si difficile à unifier. « L’Europe puissance » que VGE oppose à juste titre à « l’Europe espace », c’était l’un de ces buts. Et il était pressé de l’atteindre.

Mais les centristes français « mettaient leur drapeau européen dans leur poche », comme disait Pierre Pflimlin face aux coqs du RPR. C’est Mitterrand qui le sortira ce drapeau, avec Delors, et non sans mal…

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Ce passionné d’histoire appartient désormais à l’Histoire. Comme son dernier livre (des entretiens avec Jean Bothorel, chez Fayard)…Son «  Expérience du pouvoir » vaut relecture, y compris par ceux qui détiennent le pouvoir ou y aspirent…

L’Europe ? « Je suis conscient que le temps des adaptations n’est pas terminé (…), mais je suis confiant : Le mouvement est irréversible »… « Pas à pas », comme l’annonçait Schuman !

La France ? « La nation française est la plus facile à gouverner quand on ne la prend pas à rebours », disait Napoléon »…

C’est bien le problème !

« Il y a prodigieusement d’esprits en France, mais on manque de tête et de bon sens. Deux phrases nous enivrent. On nous mène avec des mots », disait Chateaubriand. Les Français résistent mal à la démagogie »

C’est vraiment tout  fait le problème !

Bon repos, loin du « microcosme », Monsieur le Professeur 

Daniel RIOT

 

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Argent sale: Quand RELATIO provoque des polémiques...dans l'île Maurice

Ce n'est pas un droit de réponse, mais cela y ressemble. L'ITW accordée par Daniel RIOT, directeur de RELATIO et vice-président de DpJ, dans l'hebdomadaire "L'EXPRESS" de l'ile Maurice a entraîné cette semaine la publication dans le même hebomadaire de l' article que nous reprenons ici intégralement, par courtoiise et par souci d'information.

Économie : SYSTÈME DE CONTRÔLE DU « GLOBAL BUSINESS »

La FSC fait le point

À la suite des propos de Daniel Riot publiés la semaine dernière dans nos colonnes, la Financial Services Commission (FSC) tient à préciser son rôle de régulateur dans le global business.

dba3e87468cabec81a99889e0cf79a3a.jpgLa Financial Services Commission (FSC), le régulateur des activités du global business mauricien, a réagi aux propos tenus dans l’édition de l’express-dimanche par le journaliste Daniel Riot.

Elle souligne que toutes les activités du global business sont soumises à sa supervision sur la base d’un cadre légal et réglementaire qui repose sur des normes internationales et des critères d’opération proposés par les International standard-setters.

La commission indique qu’une de ses missions consiste justement à veiller à l’intégrité du système financier mauricien dans son ensemble. Mais aussi à s’assurer que les sociétés autorisées à opérer mettent en place les procédures et les dispositifs appropriés afin d’enrayer les risques de blanchiment d’argent dans le centre financier mauricien.

Lutte contre les risques de blanchiment d’argent

La FSC précise aussi que les Global Business Companies sont incorporées et administrées par des Management Companies. Ces dernières qui opèrent selon des conditions strictes et spécifiques ont l’obligation de s’assurer de l’intégrité de tout investisseur, notamment à travers une procédure préalable de vigilance relative à la clientèle. Ces sociétés sont tenues de conserver des documents, avant de faire une demande pour l’obtention d’une licence.

D’autre part, la commission met en exergue l’importance qu’elle attache à la lutte contre les risques de blanchiment d’argent. Une de ses mesures phare fait obligation à tout opérateur des services financiers, dûment autorisés par la commission, de nommer un Money Laundering Reporting Officer. Le rôle de ce dernier est de rapporter toute transaction suspecte à la cellule de renseignements financiers, à savoir la Financial Intelligence Unit.

La FSC rappelle également ses prérogatives concernant la suspension ou le retrait d’une autorisation dans l’éventualité où une activité s’avérerait illicite ou nuisible à l’intégrité du centre financier mauricien. En ce qui concerne la provenance probable de fonds investis en Inde à travers des sociétés mauriciennes, la commission note que des mesures importantes ont été prises dans le but d’empêcher que des fonds originaires de l’Inde ne soient réinvestis dans ce pays.

Par ailleurs, la commission indique qu’il existe une différence fondamentale entre l’évasion fiscale et la planification fiscale. Cette dernière « est tout à fait légitime et constitue une partie intégrante de la façon dont les investissements internationaux sont structurés. »

Lindsay PROSPER

L'ITW  de Daniel RIOT publiée voilà quinze jours dans "l'EXPRESS dimanche" >>>>>>>>>

L'article de RELATIO qui a suscité l'ITW >>>>>>>>

19/08/2007

Economie et politique: Ces faiblesses françaises qui inquiètent l’Europe…

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Belle cote de popularité ! La « Sarko-attitude » plait toujours aux Français. La « sarkomania » ambiante a bien résisté au creux de l’été…

Son style direct, « décomplexé », son toupet (« les vacances de Monsieur Culot », titrait, sobrement le Canard Enchaîné), son habileté à tirer médiatiquement parti de toutes les situations, son aptitude à bousculer bien des habitudes, y compris dans sa famille politique, son génie politique qui, pour l’heure, accentue le coup de vieux du PS et le désarroi de Bayrou…

Tout cela est bon pour lui. Le coq français aime son coté « Sarkonapoléon » élève de Machiavel et enfant de la télé. Même ses goûts de luxe, sa fascination du « Gotha », son coté People (pipôle) séduit.

Il n’y en a qu’un qui, dans le concert des chef d’Etat et de gouvernement, rivalise avec lui et sait se montrer à ce point omniprésent dans les médias  de son pays : Poutine, super star et super tsar !

Dans les milieux européens, on préfère ce « dynamisme » et ce « volontarisme » à l’effacement français des « années Chirac ». Et l’on est surtout satisfait de voir que, pour l’heure, son idée de traité « modificateur » est susceptible de sortir l’Union de son impasse institutionnelle. Même si cette bataille du « nouveau traité » n’est en rien gagnée…

Mais  les meilleurs amis de la France ne manquent pas une occasion de  mettre en garde ce « SuperPrésident omniprésent »  contre les effets pervers  de son hyperactivité presque maladive et son égotisme pathologique… « Arrêtes de faire des misères à Angela », lui glisse Junker, le solide luxembourgeois… « L’Europe, c’est une équipe. On n’est efficace que si l’on sait jouer collectif », lui rappelle-t-on avec ménagement ici et là.

En fait, bien des faiblesses françaises inquiètent nos partenaires. Certaines sont liées au « tempérament du manager de la France SA » : son « bougisme » extrême et sa boulimie de « résultats »  sont parfois contreproductifs.

Trop de précipitations par exemple dans le lancement de son « Euro-Méditerranée ». Euromed est à revoir, l’idée (ou plutôt le vieux rêve) d’une Union qui transformerait la Mer des mers en lac est excellentes,  mais des structures existent, des gens travaillent et, surtout, les normes européennes en matière de droits de l’homme ne doivent pas être oubliées…

N’insistons pas sur le dénouement de l’affaire des otages de la Libye… La vie sauve pour les soignants, c’est bien. Oublier qu’ils étaient victimes d’un terrorisme d’Etat, c’est moins bien. Que se passera-t-il demain si d’autres chantages odieux de ce type s’exerçaient ?

La dernière en date des « bavures médiatiques » de Super Sarko est la plus inquiétante pour la crédibilité du « sommet » français. Pourquoi avoir éprouver le besoin d’écrire à Angela Merkel pour lui suggérer de  secouer le G7 ? Comme si les deux hauts responsables ne pouvaient pas se concerter plus discrètement. Comme Si Angela faisait montre d’inconscience devant ces tempêtes boursières. Comme si pendant une telle tourmente le premier rôle des vrais responsable politiques n’était pas de tenter de calmer le jeu ». Mais Sarkozy sait plus clamer que calmer. Quel besoin  de montrer en permanence qu’il est là, à l’écoute, en Docteur miracle de la planète, en Vigie du monde… A force de privilégier le faire savoir sur le savoir faire, Sarkozy prend de sérieux risques et prête le flanc à tous les procès d’arrières pensées. 

« S’il est aussi berlusconien, c’est qu’en fait, il n’a guère confiance en lui… »,  lâche un fin connaisseur des labyrinthes  politiques et diplomatiques européens. « Mais peut-être a-t-il raison de ne pas avoir confiance… Il doit tout de même avoir conscience des faiblesses structurelles qui font que le coq français a un plumage bien terne et un chant bien trompeur. Elles viennent quand les vraies réformes structurelles, celles qui peuvent redonner à la France cette santé économique et sociale qu’elle n’a plus? »

Pour l’heure, il est vrai, la session extraordinaire du parlement a servi à mettre sur rails  des réformettes « sociétales » plus faites pour caresser dans le sens du poil l’opinion que  pour   assainir ce qui doit l’être et moderniser en profondeur des mécanismes bloqués ou enrayés.

Ici, l’on retrouve la dette, bien sûr, ou plutôt les dettes. « C’est toute la France qui est dans l’état des petits propriétaires américains dans l’incapacité de faire face à leurs créances…Le subprime d’Etat provoque un « crédit crunch » politique… Et l’optimisme officiellement affiché n’est guère justifié par les clignotants du tableau de bord de l’économie national. La « rentrée » ? Un retour obligé à quelques réalités. Les exhortations à la Guizot, (« Enrichissez vous », « travaillez plus pour gagner plus ») semblent bien illusoires...Résumons les mauvaise nouvelles d’août

>>>> Le commerce extérieur est encore plus déficitaire au premier semestre 2007 qu'il ne l'avait été un an auparavant (15,3 milliards d'euros contre 12,9),

>>>> La production industrielle a chuté de 0,3 % au deuxième trimestre.

>>>> La croissance  n'a atteint durant ce deuxième trimestre que 0,3 %. C’est  moins qu'au premier trimestre (0,5 %). C’est surtout deux fois moins que prévu. Résultat : il y a peu de chance que la croissance économique atteigne l'objectif fixé par le gouvernement : entre 2,25 % et 2,5 % sur l'ensemble de l'année.

>>> Dire que cette croissance en panne se manifeste  dans toute la zone euro ne constitue en rien une excuse : le commerce extérieur allemand s'apprête à afficher en 2007 un excédent record de 150 milliards d'euros, alors que la France risque, elle, de connaître un déficit record de 30 milliards ? Dénoncer « l’euro fort » (alors que ce sont les autres devises qui sont trop faibles, la chinois, notamment) relève de la propagande politique et de la malhonnêteté intellectuelle. D’ailleurs, c’et l’euro fort qui nous permet de ne pas avoir une factuere énergétique trop lourde…

>>> Les faits sont têtus, comme disait Lénine. Et il des constats qui sont sans appel.  Je reprends ici Le Monde : « « La  France exporte deux fois moins en Chine que l'Allemagne. C'est une des faiblesses françaises : nos exportations en dehors de la zone euro (en parts de marché détenues par les pays de l'eurozone) sont inférieures de 16 % par rapport à ce qu'elles étaient au moment de la constitution de l'Union monétaire (1999), alors que celles de l'Allemagne ont progressé de 11 %, a calculé l'économiste Eric Chaney. »

>>> Le comble, c’est que la seule réforme économique lancée cet été (rognée en partie par le conseil constitutionnel) vise à stimuler une consommation… Qui se porte plutôt bien et qui alourdit nos importations…. Il y a comme un erreur de diagnostic provoquée par un souci de « plaire »

Voilà quelques illustrations (parmi d’autres) de faiblesses structurelles qui rendent bien illusoires les belles déclarations de Christine Lagarde : « Les fondamentaux sont bons: le chômage baisse, l'inflation est totalement maîtrisée et on est sur des perspectives de croissance, si on s'en tient au moral des investisseurs et des ménages, qui devraient nous permettre d'avoir un bon troisième et quatrième trimestre ». C’est bon la « zen attitude », mais qui ne connaît pas les limites de la « méthode Coué » ?

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17/08/2007

L’Europe saura-t-elle tirer les leçons de la tempête des « subprimes » ?

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Subprimes, crédit crunch, titrisation, systémique… Mots du mois d’août. Pour des maux réels qu’il convient de ne pas dramatiser à outrance. Il n’est pas sûr que Christine Lagarde ait raison de se montrer optimiste sur l’économie française, mais elle n’a pas tort (ce matin, dans Le Parisien) d’exhorter les épargnants et les petits porteurs au sang-froid, de souligner que les banques centrales en général et la banque centrale européenne en particulier ont « fait leur travail » et ne refuser le mot « krach » pour définir la situation boursière ou plutôt finacière actuelle.

Parler de « jeudi noir », comme cela a été fait relève de l’emphase, en effet. Ceux qui propagent avec complaisance les pronostics les plus noirs d’experts les plus pessimistes devraient se rendre compte que bien des Cassandre, en ce domaine, sont … intéressés et que l’effet de panique qui nourrit les spirales infernales est souhaité par nombre de spéculateurs.

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De plus,  bien des donneurs de leçons aux banques centrales (à la BCE, surtout) se montreraient plus pertinents en tentant de décrypter le coté « ingouvernable » de l’économie-casino « globalisée » et non en s’attaquant aux seuls vrais remparts contre ces vents de folie qui dérèglent toutes les boussoles et peuvent entraîner les pires catastrophes …sociales.Avec le retour d'un mot qui est chargé de sens: DEPRESSION. 

A Relatio, nous ne manquons pas une occasion de le rappeler depuis le début de ces secousses estivales trois données de fond

1) Cette crise était prévisible puisque le surendettement des Américains, provoqué et développé à des fins strictement spéculatives, avait atteint des limites insupportables. La seule vraie surprise vient de l’internationalisation de cette « correction brutale des marchés ». Elle confirme l’avènement d’un monde financier où, selon la formule de jacques Attali, « personne ne sait plus sui doit de l’argent à qui »

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2) L’internationalisation de cette crise américaine confirme à quel point les réseaux financiers sont devenus interdépendants à l’échelle de la planète. Cela implique, pour les Européens, une vigilance tous azimuths qui pour l’heure n’est pas suffisamment exercée. Nous ne suivons pas suffisamment notamment la place prise par les Chinois aux USA : ce sont eux qui permettent au géant (fragile) américain de vivre au-dessus de ses moyens. Nous ne suivons pas assez non plus les mouvements de capitaux, légaux et propres ou illégaux et sales. D’autre « surprises » devant nous… Avec des conséquences qui rendront anecdotiques les suites des impayés des petits propriétaires américains incapables de faire face à leurs traites…

3) Les banques centrales (à l’exception de l’anglaise) on injecté quelque 300 milliards de $ dans les circuits. Pour rassurer, montrer que nous ne sommes pas en panne de liquidités, tenter de limiter les effets « boule de neige » et « cailloux dans l’eau » que la crise provoque. C’est beaucoup. C’est l’équivalent des sommes qui risquent d’être perdues dans ce choc d’août 2007. Mais, toutes choses étant égales, ces nombres avec trop de zéros pour le commun des mortels sont à mettre en face d’une autre évaluation : 11 000 milliards de dollars constituent ce que l’on nomme le « marché financier mondial », donc l’argent en circulation.

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Qu’en conclure, provisoirement ?

Sur le premier point : une leçon majeure. Les « agences de notations » qui sont sensées tire les sonnettes d’alarmes quand les risques sont trop mal calculées n’ont pas rempli leurs fonctions. Ce n’est pas leur première défaillance : affaire Enron ,explosion de la « bulle informatique »…

A chaque crise, on réclame, comme Sarkozy vient de le faire en s’adressant au G7, davantage de « transparence ». Les institutions réagissent  moins vite que les acteurs du marché.  

Le Temps écrit fort justement (avec une ironie pleine d'indulence):  « Quand Nicolas Sarkozy exige plus de transparence, il a philosophiquement raison. Quand il demande au G7 d'en fixer les règles, il s'illusionne sur le remède. Depuis que la finance existe, elle a toujours été plus agile que la politique. On peut le regretter, mais c'est comme ça. A moins de la corseter d'une façon qui provoquerait une crise plus grave que l'actuelle, il y a peu d'efficacité à attendre de ce côté-là. »

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Sarkozy,par sa lettre médiatisée, fait même ce qu'il ne faut pas faire en une telle circonstance:participer à la dramatiation. Angela Merkel fait preuve de plus de sang-froid.On peut agir et réagir avec discrétion. Limites et dangers de la politique-spectacle...

Sur le deuxième constat, une autre leçon pour les Européens : il s’agit moins de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale que de doter l’eurogroupe de moyens supplémentaires d’investigations, d’analyses et de prévisions.

C’est sur le troisième constat que les leçons sont le plus difficiles à tirer. En effet, qui doit payer quoi ?

Le principe de bon sens « qui casse paye » devrait s’imposer. Mais il faut du courage politique et des rapports de forces politiques suffisamment nets pour le mettre en pratique. Les puristes de la finances y sont favorables et ils ne manquent pas d’arguments.

>>>>D’abord, les premières victimes sont d’abord les premiers fautifs… Ceux qui pleurent le plus  sont aussi ceux qui ont gagné le plus en spéculant sans vergogne.

>>>>Ensuite, les pertes sont plus sectorielles que générales chez ces « victimes-coupables ». Un exemple parmi d’autres : L’américain Citigroup, première banque au monde, vient ainsi d’annoncer avoir perdu 700 millions de dollars sur ses « dérivés de crédits immobiliers ».

C’est triste pour lui et ses actionnaires, mais le groupe annonce    un bénéfice annuel prévisible  de 20… mil­liards. Grâce à la tonte de quels moutons ?  

En fait, les vraies victimes sont celles qui ont besoin de vendre aujourd’hui, dans l’urgence,  à perte. Et celles qui doivent reporter à plus tard ou annuler des achats prévus. Mais aucune de ces deux situations ne devrait avoir des conséquences économiques et sociales trop importantes. Quelques aides ponctuelles devraient pouvoir les tirer de ces mauvais pas. Il n’y a pas de quoi mettre le feu à toutes les places boursières…

07ac60ba30064d11c120f06206be6bfb.jpgLe FED

Cette situation rend la position des banques centrales très difficiles : elles doivent limiter la casse pour les « vraies » victimes sans faire le jeu des « fausses »…

L’un des conseillers de Relatio nous dit : « Si ceux qui ont pris des risques inconsidérés jouissent d’une impunité et se refont une santé facilement, aucun assainissement du marché ne sera possible, les spéculations reprendront sous une autre forme et d’autres crises plus graves seront inévitables… Ce qu’il faut, c’est poursuivre les efforts déployer pour « saucissonner » les risques mais en clarifiant les montages trop complexes qui ont été faits et qui, entre autres inconvénients, favorisent davantage encore les blanchiments d’argent sale et rendre les marchés opaques. »

C’est le même type d’exhortations que font les observateurs suisses :  « La meilleure pédagogie reste la sanction pécuniaire. La finance n'est pas un jeu où l'on gagne toujours », écrit Le Temps.  «  Que les perdants assument leurs erreurs, même si ça fait mal ».

e0f3092c6dc7bc3332bf774651727b01.jpgLondres

Le problème, c’est que ces « perdants » bénéficient de soutiens politiques forts à New-York et financiers importants à Londres…  «  Dans la nervosité actuelle, on voit hélas se multiplier les actions de sauvetage (1)et les appels aux accommodements » note Le Temps. « Résistons-y. Il faut pardonner au pécheur, mais pas réparer la faute à sa place: il récidiverait demain, en plus grand. »

L’Europe pourrait y résister davantage si la City n’oubliait pas que la Tamise se jette dans la Manche… Mais consolons-nous en repensant à d’autres tempêtes monétaires et financières du temps où l’euro n’existait pas. Les détracteurs de la monnaie unique de l’Union et de l’Euroland devraient rafraîchir un peu leur mémoire… Et les champions de la « souveraineté nationale » devraient sérieusement songer au sens que ne peut plus avoir cette expression en cette ère d’  « économie-casino » sans frontières…

Daniel RIOT

1) La Fed a rassuré aujourd'hui les marchés en abaissant son taux d'escompte de 0,5 point et en injectant six milliards de dollars supplémentaires. Il ne s'agit pas du taux d'emprunt interbancaire ou "Fed Funds", qui est toujours fixé à 5,25% mais d'un autre instrument de politique monétaire plus rarement utilisé. Cette décision a été accompagnée d'un communiqué distinct, dans lequel la Fed a estimé que "même si l'économie continue de croître à un rythme modéré, le Comité juge que les risques pour la croissance se sont nettement accrus".

12/08/2007

L'union européenne face au Pôle Nord: Quelle stratégie?

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT « Arctique, ou comment le réchauffement climatique débouche sur un refroidissement des relations diplomatiques ». Le Monde consacre son édito à un sujet que Relatio suit de près depuis quelques semaines, parce que ces glaces (qui fondent) sont devenues des terres de rivalités et de conflits qui confirment que le nouvel ordre mondial promis ressemble à des ordres très anciens, ceux des grandes découvertes et des drapeaux plantés : « j’y suis, je possède »… LIRE LA SUITE >>>>>>

10/08/2007

L'Europe dans la tempête financière américaine

Une crise structurelle à surmonter

La facture du dopage finit  toujours par être lourde : La « main invisible » des marchés de l’économie-casino est celle du diable quand l’argent trop facile aveugle les joueurs..

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT

Des turbulences de type météorologique ou un vrai ras de marée planétaire ? Une crise confiance ou un mal structurel ? Sur les places financières, le « décrochage » devient « dévissage »… Et les liquidités injectées par la Banque centrale européenne (près de 100 milliards d’€ hier+ 60 ce matin) et par la FED américaine (près de 25 milliards) et d’autres banques centrales( canadienne notamment) s’apparentent à une « opération transfusion », à des soins palliatifs,  alors que la situation exige sans doute des opérations de type chirurgical…

Une chose est sûre :les meilleurs experts sont dépassés dans leurs analyses, il y a trop d’inconnues dans les équations… et la fameuse « main invisible » déifiée par les tenants de l’hypercapitalisme devient la main d’un diable qui se rebiffe quand on lui a trop tiré tsur la queue.

Qu’est-ce qui est en cause, au-delà des péripéties et des dégâts collatéraux des politiques « d’argent facile » et de calculs de rentabilité à court terme faits par les acteurs de cette géofinance que personne ne peut maîtriser  et de cette « économie casino » qui par définition peut faire perdre très vite ce qui a été gagné trop artificiellement ?
L’excès de confiance des investisseurs américains dans la capacité des citoyens de Bush de sortir d’un sur-endettement cultivé. C’est ce que les « experts », jamais à court d’un néologisme qui brouille la vision des réalités, appellent les « subprimes ».

Les  "subprime", ce sont  des crédits octroyés par des institutions peu regardantes sur la solvabilité de leurs clients. Quand les lignes rouges du « trop c’est trop » sont franchies, c’est la panique et comme le marché mondial de la géofinance impériale est fait d’interconnexions en labyrinthes, les effets « ronds dans l’eau » et « boule de neige » font  des ravages sur tout le système, y compris auprès de banques (européennes en l’occurrence) qui ont été plus prudentes… Entre coupables et victimes, la frontière est difficile à tracer… Les déferlantes en spirale déclenchent effectivement de vrais ras de marée… Avec indices au rouge, partout ou presque. Et effets de panique qui… amplifient encore les problèmes.

Principales victimes de ce jeu de massacre ces derniers jours : les valeurs bancaires. Elles paient une politique trop poussée d’argent facile. Toutes proportions gardées : elles payent un excès de dopage. Comme des champions cyclistes trop connus...

Voilà des années que pour la satisfaction des opérateurs, les marchés sont comme survitaminés, dopés par la croissance à tous crins et des liquidités brassées avec une bonne dose d’irrationalité…. Le système s’est fissuré. Et il craque.

C’est la « régulation par la crise » : les plus cyniques des « hyper-capitalistes » y voient confirmation de leurs dogmes. Laissons faire, et tout se règlera tout seul,ou presque. De toutes façons, ceux qui y perdent sont ceux qui ont beaucoup gagné. Tant pis pour les petits porteurs, pour les boursicoteurs amateurs… Et pour les dégâts sur l’économie mondiale, avec toutes leurs conséquences sociales !  

« Pas d'amortisseurs ni de pare-chocs pour absorber les secousses », souligne un conseiller financier de Relatio... « L’essentiel, pour les grands acteurs, c’est de passer au travers de ces pluies d’orage. Cela passera »… Bush ne dit-il pas qu’ il y a suffisamment de liquidités pour réguler les marchés » ?  « Ne dramatisation pas : quelque 20 milliards vont s’envoler. Dommage pour ceux qui les perdent, mais  les   actifs financiers en circulation sont  évalués à plus de 110 000 milliards d'euros. Et l’économie mondiale est plutôt bonne. L’essentiel, c’est que la crise financière ne gangrène pas l’activité générale… Mais qui peut faire de bonnes prévisions en la matière » ? Une illustration de plus d’une donnée trop oubliée : l’économie n’est pas une science… Elle l’est même de moins en moins avec la généralisation de ce que le professeur Bilger appelait « l’économie casino »

Pour les observateurs suisses, cette crise n'est pas que pasychologique:elle est d’abord structurelle. Le Temps résume : «    Le tumulte qui agite les marchés de la dette américaine menace une industrie florissante: le capital-investissement (private equity). Le boom historique du private equity, moteur du marché mondial des fusions et acquisitions, touche à sa fin ».

Un constat : « Depuis quelques semaines, le marché des financements de rachats d'entreprises par la dette (leveraged buyout ou LBO) est asséché: les banques ont fermé le robinet des prêts, car elles ne parviennent plus à les placer sur le marché obligataire ».

Une analyse : « La complaisance des banques aidant, les géants du capital-investissement en étaient arrivés à financer jusqu'à 85% de leurs rachats par de la dette. Désormais, la situation va revenir à la normale, avec des financements pour maximum deux tiers de dette et un tiers de fonds propres, voire 50% de dette et 50% de fonds propres pour les petites transactions».Bref, un rachat exigera désormais plus de cash flow. »

Après la secousse : une ère nouvelle?… Ce sont les transitions qui sont douloureuses.

En attendant la suite, ceux qui critiquent avec des raisons plus en moins fondées la banque centrale européenne et l’euro devraient un peu de souvenir des tempêtes monétaires que de pareilles secousses bancaires et boursières provoquaient jadis, souvent l’été d’ailleurs… Il est toujours intéressant de voir à quel point nos mémoires sont sélectives.

Daniel RIOT

11/07/2007

Union européenne: Quand Luxembourg condamne Bruxelles à payer...

« Bruxelles va payer » : la Commission mise à l’amende dans l’affaire Schneider-Legrand…Un précédent qui devrait entraîner des réformes sérieuses

5bc5f0798218024f6d156ca71d44fee3.jpgDECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT. Une vieille affaire. Qui a traîné trop longtemps. Qui a trop montré les inconvénients de la politique de concurence  industrielle de l’Union. Qui a beaucoup contribué à tendre les relations entre Paris et Bruxelles. Qui a donné trop de grain à moudre aux adversaires de l’Union. Et qui est très emblématique des ambiguïtés, des finalités et des modalités de la politique de concurrence des services dits « régulateurs » de Bruxelles…

L’événement de ce jour est sans précédent : la justice européenne va contraindre la Commission de Bruxelles à dédommager Schneider, après son veto au mariage annoncé avec Legrand il y a cinq ans. Cette décision devrait faire jurisprudence. Ce précédent risque de faire des émules, en effet.

f889417a36c01a3ea4c4690215929c82.gifCette affaire n’est  que la première d'une série pour la Cour : le voyagiste britannique MyTravel réclame également un dédommagement à Bruxelles pour s’être opposé à sa fusion avec son concurrent First Choice. Là encore, l’affaire avait été invalidée par la justice européenne. Des dizaines d'autres procès en indemnisation sont actuellement en cours…

La Commission donneuse de leçons en reçoit. Histoire de l’arroseur arrosée, version communautaire… Cela, au bout du compte, peut coûter très cher…aux contribuables. Et à  la crédibilité des « oukases » de la direction de la concurrence qui (heureux hasard du calendrier) reçoit aujourd’hui  en visite le premier ministre français…

François Fillon vient, en effet,  s’entretenir avec Neelie Kroes, la commissaire chargée de la concurrence, afin d'apaiser les craintes de celle-ci dans un certain nombre d'autres dossiers sensibles entre Paris et Bruxelles, comme le rapprochement GDF-Suez, les tarifs réglementés de l'électricité, et la distribution du Livret A.

Tout cela à un moment où la France plaide pour réorienter le cours de la politique de concurrence :Au grand dam de Mme Kroes et de ses services, Nicolas Sarkozy a, on le sait,  obtenu lors du dernier conseil européen de voir biffer la mention d'une « concurrence libre et non faussée » des principaux objectifs de l'Union.

Pour lui, le contrôle des fusions, l'encadrement des aides d'Etat et la lutte contre les ententes ne sont qu'un "moyen" et non une finalité de la construction européenne. Très symbolique, cette concession faite au chef de l'Etat n'a pas été appréciée par Gordon Brown, le nouveau premier ministre britannique. Et certains juristes considèrent qu'elle va affaiblir le régulateur bruxellois face à la justice européenne.

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La cour de justice, à Luxembourg

Mais il est sûr qu’elle a un mérite : un débat est nécessaire pour clarifier la philosophie d’action et les méthodes de la Commission qui pêche souvent par manque de…libéralisme dans l’application d’une politique jugée trop…libérale. Paradoxes et contradictions. Que cette « affaire Schneider » met bien en relief avec une triple dimension :

>>> Lutter contre les monopoles, oui. Empêcher la création de grandes unités de production susceptibles de s’affirmer au niveau mondial, non. La construction européenne a été conçue pour stimuler le dynamisme économique du « vieux continent », non pour l’affaiblir.

« L’affaire Schneider » illustre ce qu’il ne faut surtout pas faire. Henri Lachmann qui dirigeait Schneider à l’époque avait raison…

Un rappel des faits : en 2001 lorsque Schneider rachète pour 5.4 milliards d’euros le groupe Legrand, spécialisé dans l’appareillage électrique de basse tension. Mais le 10 octobre de la même année à Bruxelles, les services de la concurrence bloquent l’opération, alors que le rapprochement était déjà mis en place. Cette décision inique de Mario Monti contraint Schneider à dénouer les liens déjà tissés entre les groupes et à revendre un an plus tard Legrand aux fonds d’investissement Wendel et Kohlberg, pour 3.6 milliards d’euros. 

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La Commission: Le Berlaymont

Le nouvel ensemble aurait pu donner naissance au leader mondial dans son secteur…La législation antitrust  aux Etats-Unis est plus rigoureuse, mais elle est moins bureaucratique :elle n’empêche pas la création de « géants » mondiaux. Cela se saurait…Leçons (parmi d'autres):

>>> La « judiciarisation » galopante des activités économiques, financières et sociales posent de plus en plus de problèmes : trop de règlementations tue les règlements… Et un pouvoir trop grand des « services » de contrôles et des juges tue l’esprit de management, donc le dynamisme économique indispensable à la croissance et à l’emploi.

>>> Les procédures  sont trop longues. Les temps bureaucratique et judiciaire et le temps industriel sont trop en décalage. Le manager, surtout en cette ère de la dictature de l’instant, a  des impératifs peu conciliables avec les lourdes lenteurs des mécanisme de régulation, de contrôle et de poursuites…

Plus que jamais, « le temps, c’est de l’argent ».L’Union européenne est un facteur de croissance, non un  frein au dynamisme. Les gendarmes bruxellois par leurs excès sont les premiers responsables des campagnes menées contre les « technocrates de Bruxelles », même si celles-ci sont d’inspiration populiste, démagogique et archéo-nationaliste.

Une concurrence saine doit être effectivement « libre et non faussée »…Donc libérée de l’arbitraire bureaucratique, et non faussée par des règles mal appliquées parce que trop compliquées. Il ne faut pas  en tirer parti pour « fusiller Bruxelles », mais pour améliorer ce qui doit l’être. Répétons-le : le pari (gagnant) de Jean Monnet reposait sur les vertus de la perfectibilité. les bureaux brellois le sont...

Daniel RIOT

 
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