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18/10/2007

Fin du Vaudeville d'Etat:la "rupture" consommée"

Fin du feuilleton? Presque.... Cécilia et Nicolas Sarkozy ont annoncé, aujourd'hui, leur "séparation par consentement mutuel", a indiqué l'Elysée dans un communiqué de quinze mots. "Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire".

 Question de vocabulaire: on parle de "séparation" et non de "divorce". Nuance de pudeur ou différence juridique? No comment...

Vraie question: pourquoi avoir tant attendu pour annoncer publiquement ce qui ne serait qu'une affaire privée si Sarkozy lui-même n'en avait pas fait une affaire publique? Enfin, Paris Match, sans info mais avec photos exclusives, tire à un million d'exemplaires aujourd'hui. Qui parlait de crise de la presse?

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Cécilia et Nicolas Sarkozy étaient mariés depuis 1996. Des rumeurs persistantes faisaient état depuis plusieurs jours de la séparation du couple présidentiel, alimentées par les absences répétées de la première dame aux côtés de son mari. Le chef de l'Etat est attendu ce soir à Lisbonne pour un sommet européen. Cécilia Sarkozy aura connu un passage à éclipses de cinq mois à l'Elysée, marqué autant par ses apparitions officielles que par ses absences. "Mon seul problème, au fond, c'est Cécilia", avait confié le président français peu après son élection, dans des entretiens avec des journalistes. L'inquiétude du chef de l'Etat semblait fondée.

 "Je ne me vois pas en First Lady, ça me rase", avait déclaré Cécilia Sarkozy en 2005 à un magazine de télévision. Voici la France sans "Première Dame". Personnellement je m'en moque complètement. Je souhaite simplement  à chacun des deux de vivre le mieux possible cette "rupture". Mais, ils se moquent certainement de ce que je peux souhaiter. Alors...

Maintenant, j'en vois déjà en train de surveiller les messages sur le net:"HM bien sous tout rapport cherche JF de qualités susceptible de devenir première Dame de France". Mais non: les services du courrier de l'Elysée sont déjà débordés par des CV de qualité...

J'en vois aussi qui tentent déjà de réécrire l'histoire. De la politique spectacle les "belles images" d'une famille "bien recomposée" lors de l'intronisation de Sarko à l'Elysée? De la frime? Du théatre? Du cirque?  "J’ai fait mon devoir. J’ai emmené Nicolas là où il fallait qu’il aille", aurait dit Cécilia ... Mais maintenant, comment et où ira-t-il en "solo", notre Sarko? Déjà, ses cravattes sont choisies avec moins de bonheur qu'avant, si j'en crois une consoeur qui a un sens de l'observation que je ne peux avoir... Et qui va le conseiller dans l'avenir, y compris dans les nominations ministérielles? «Certains ont été nommés ministres grâce à elle, d'autres ne l'ont pas été à cause d'elle», avait dit, en temoin direct, un responsable de l'UMP...

Ce n'est pas dans la presse que cette "séparation" fait le plus de bruit. C'est à la Cour. Une "Madame de Maintenon" en moins, c'est des points d'interrogations en plus... Si L'Elysée nous était conté!

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17/10/2007

Cécilia/Nicolas : Quand le silence fait parler…

Pouvoir et sexe. Un vieux couple. Qui brise bien des liens ! Les bibliothèques débordent de bons textes… Rien ne nouveau sous le soleil. Et rien de neuf sous les nuages. Ou plutôt si : en notre République, un divorce du chef de l’Etat ne peut se faire que par « consentement mutuel ».

C’est visiblement ce qui complique le dénouement d’une séparation annoncée et différée pour cause d’échéances électorales, puis de fête du couronnement, puis d’état de grâce. Tout de même, le conte de fée peut finir sans se terminer par des vilains comptes, non ? 

Quel scrutin (cela dit entre parenthèses)  cette élection présidentielle 2007 ! Les deux finalistes en sont sortis,  cœurs brisés et foyers explosés ! Politique et amour… La « poeple-politique », qui exige des campagnes « glamour », n’arrange rien, bien sûr.

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Bon. On écrit bientôt le mot FIN à ce (mauvais) feuilleton d’Etat ? Le silence trop entretenu a déjà trop fait parler.

Un vaudeville ? C’est bon pour la vente des magazines et des journaux, paraît-il…Surtout quand il commence dans la salle des mariages de Neuilly!  Même les bobos adorent les pièces de boulevards… Une pantalonnade ? C’est bon pour l’audimat, même si le suspense vient à manquer… Une affaire d’Etat ? Internationale, même : CNN en fait son « ouverture »… quand TF1, pourtant  championne toute catégorie du voyeurisme au nom du « droit de savoir », observe (ce soir encore) la pudeur mensongère qu’implique le respect hypocrite de la chose privée, même chez les exhibitionnistes authentiques. C’est l’histoire des « habits du roi »… sans enfant pour dire ce que tout le monde voit.

Un casse-tête pour les services du protocole de l’Elysée ? Assurément. Ils  doivent travailler plus sans gagner plus… Et Mazarin, pardon, Claude Guéant, a dû « mettre la pression » pour tenter de clarifier les choses, entre Cécilia la décidée et Nicolas le non résigné… Secrets de Cour. Une plume inspirée en fera un roman à succès, n’en doutons pas. « Cécilia » : rien que le nom fait un titre qui sonne bien.

Plus simplement, il s’agit d’une affaire de cœur, commencée dans la concupiscence déclarée et poursuivie dans la passion fusionnelle exhibée, qui finit tristement. C’est toujours douloureux, les « ruptures ».Cabu  l'avait annoncé voilà logtemps déjà.

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Mais si on  accorde à cette petite affaire ici un peu d’attention, bien tardivement, en faisant une concession à la pression de cet air du temps si détestable, c’est surtout parce que cette historiette constitue une illustration de l’un des points faibles de la Super Communication de l’Hyper communiquant qui nous gouverne: les mélanges des genres peuvent devenir explosifs…

Pauvre porte-parole de l’Elysée ! Cela doit être dur de dire aussi souvent depuis si longtemps que l’on n’a rien à dire sur ce qui fait causer tout le monde. Mais Neuilly vaut bien quelques sacrifices de Polichinelle.

Sur ce sujet qui doit donner des frissons dans les cheveux à Mireille Dumas, j’ai bien aimé l’édito  de Christian Barbier dans l'Express. Mais oui, Sarkozy s’est fait piéger lui-même,  par lui-même ! Vie privée, vie publique: il a été le premier à fonfre et confondre les deux... 

Mais cela n’est pas grave pour lui dans ses fonctions : dans sa solitude glacée l’Hyper Président va compenser en recettes de compassion ce qu’il vient de perdre en points de popularité en raison des vrais problèmes de la France…

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« Tout de même, cette Cécilia, quelle ingrate ! Vous vous rendez- compte ? Un homme comme lui, avec une vie de princesse. Oh ! Non. Ce n’est pas juste, lance l’une de mes épicières préférées… 

-          C’est triste d’être un pays sans première Dame !, se plaint une acheteuse de pain

-          Ne vous en faites pas : Elles vont se bousculer les courtisanes ! Une de perdue, dix de gagnées, surtout quand on est Roi », sourit un bon monsieur au sourire de grand sage qui en a vu d’autres.  

Mais Sarkozy n’est pas au bout de ses peines : s’il est une maîtresse exigeante, capricieuse et « jamais contente », c’est la France, Monsieur. Et ce jeudi c’est la grève dans des transports qui ne sont en rien amoureux.

Daniel RIOT

11/10/2007

Les "vents mauvais" français vus par Serge BILE

L’ADN des polygames...

TRIBUNE LIBRE DE  RELATIO: Serge Bilé est journaliste, auteur de plusieurs ouvrages, dont le best-seller Noirs dans les camps nazis, en 2005. Il a également connu un succès avec son second livre La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et publie, le 10 janvier prochain, un essai sur les grands empires soudanais du Moyen-âge. Passionné de musique, il vient d’achever une comédie musicale inspirée de la vie de Nelson Mandela, qui sera jouée aux Antilles et à Paris en avril 2008. Je reprends ici ce que j'ai publié sur RELATIO (en l'approuvant): sa réaction aux polémiques qui font rage en France sur l'utilisation de l'adn pour les regroupements famaliaux, sur les procès de la colonisation  et sur les suites d'une partie du discours de Dakar de Sarkozy. Un discours que BHL n'est pas seul à juger "raciste"

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A l’heure où la France cherche à réduire ses dépenses publiques, il est surprenant que ses députés et sénateurs gaspillent l’argent des contribuables dans un interminable débat sur le regroupement familial, dont on connaissait, par avance, l’issue. Car, que révèleront les tests ADN, qu’on ne sache déjà ? D’abord que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », d’où son retard ; ensuite qu’il reste, même loin de sa base, un indécrottable « polygame », d’où les émeutes en banlieues ; enfin que la violence est « culturelle » chez les Noirs, d’où leur incapacité à s’intégrer ; sans oublier qu’il y a « trop de Blacks chez les Bleus », d’où leur défaite à la dernière coupe du monde de football !

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, avec les économies réalisées, enrichir la bibliothèque de l’assemblée nationale et du sénat, voire celle de la présidence de la république, de quelques ouvrages essentiels, pour les aider à combler leurs lacunes sur l’Afrique, dans la perspective des futures lois sur l’immigration qu’ils ne manqueront pas de voter à nouveau.

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Ils auraient pu, ainsi, acquérir le récent livre de l’historien anglais Hugh Thomas, La Traite des Noirs, qui rappelle, opportunément, qu’au, Moyen-âge, donc bien avant l’esclavage et la colonisation qui l’ont affaiblie, « l’Afrique de l’ouest travaillait le fer et l’acier comme l’Europe au 13ème siècle avant l’utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal ». L’évidence même !

Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou Léon l’Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s’enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l’eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».

Ils fréquentaient l’université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n’avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d’un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. « Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou ».

Faut-il, par ailleurs, rappeler, que L’Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d’écritures qui, pour des raisons historiques, n’ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu’elles.

Faut-il, également, souligner, que c’est au Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango ? Il s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.

S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l’intérieur de l’Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au xviiie siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu’il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.

 La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l’ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d’ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :

>>>Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l’homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l’article 16 stipulait, déjà, que « les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ». 

>>>Aboubekr II entreprit de traverser l’Atlantique et de rallier l’Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l’auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
>>>Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de… l’intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.

Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l’hospitalité du lieu, l’histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s’était converti à l’islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d’accorder au moins deux choses à sa ville. La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l’indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu’il oubliât son ancienne ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d’un nombre d’étrangers supérieur à celui de ses nationaux ». 
Ce n’est pas aujourd’hui qu’on entendrait ça !!!


 Serge Bilé

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10/10/2007

Sarkozy de retour de Moscou :Un bilan ...« globalement positif »

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO. Un voyage à Moscou n’est jamais négatif… Donc parlons d’un bilan « globalement positif »,  en espérant que « la police des mots » qu’agite tant Fillon n’y verra aucune malice politiquement incorrecte…  Vladimir et Nicolas pouvaient difficilement mieux s’entendre …en l’absence de terrains d’entente ! C’est l’art partagé du désaccord cordial, de la glace non brisé mais pilée, du «je ne t’aime pas, moi non plus, donc c’est clair », du « j’ai mes convictions et tu as les tiennes , donc respect !», du « tentons de faire le moins mal possible, puisque le meilleur est impossible »….

La « franchise » de Sarkozy sur les droits de l’homme, sur la démocratie, sur le pluralisme, sur les valeurs ? … Celui qui ne « veut pas donner de  leçons  en matière de droits de l’homme» a joué les professeurs « de démocratie ». Poutine en a sourit… Angela Merkel, sur les mêmes problèmes, s’était montrée plus nette, plus précise, plus sèche, plus ferme…sans effets de manche, et sans éprouver le besoin de (presque) s’en excuser !

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Pourtant, elle n’a pas, dans son dos,  un André Glucksmann qui joue du tambour ou, dans un coin,  un BHL qui joue de la trompette pour l’inciter à être « ferme sur les principes »… Non, Sarkozy, si tranchant avec la politique russe dans ses interventions de candidats et ses premières prestations de Président n’a pas demandé à Poutine de lui rendre une Légion d’honneur trop généreusement offerte par Chirac…Heureusement d'ailleurs! 

Sarkozy, toujours en quête de mots qui font de la bonne « com’ » a parlé de  « convergences » et de « rapprochements »  sur quelque points chauds (Iran,Kosovo), Poutine, le « très cher Vladimir », a vite étalé de vraies divergences,  clairement, en conférence de presse. Pris de court, Nicolas ! Réduit à se contenter de très peu : « C'est important ce que vient de dire M. Poutine (...) Dire qu'il coopère, qu'il veut continuer à coopérer, c'est quelque chose d'important, je pense que c'est le point essentiel ». Vous imagez qu’il ait dit le contraire, Poutine ?  

Reste la coopération bilatérale qui va sans doute s’accroître (comme entre la Russie et l’Allemagne, d’ailleurs) : c’est  logique, puisque chacun  a à y gagner (sauf si l’excès d’ouverture aux capitaux russes nous met à la merci des tactiques politiques du Kremlin, car les finances de Gazprom sont au services d’une vraie stratégie qui n’est pas que financière)… Nous verrons ! En attendant, il est un signe qui ne trompe pas : pour les suiveurs de Sarkozy, l’événement, c’est la présence dans l’avion présidentiel du retour d’Amélie Mauresmo qui participait à un tournoi de tennis à Moscou. People diplomatie…

Nombre d’observateurs avaient présenté ce voyage à Moscou comme un « test » de la diplomatie nouvelle de la France sarkozyenne. Le « test » n’a pas testé grand-chose…La seule confirmation:les talents de stratége de Poutine!  

Daniel RIOT

EADS : « Que la justice aille jusqu’au bout »…

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO : Un menteur ou un incompétent ? « Les deux », dit le socialiste Montebourg en parlant de Thierry Breton, l’ancien ministre de l’économie,  qui s’est pris les pieds dans le tapis (c’est le moins que l’on puisse dire) de l’affaire EADS. Une « affaire d’Etat », comme dit justement Bayrou qui y voit à juste titre l’illustration de tout ce qu’il a pu dire durant la campagne présidentielle.

Face à cette « affaire d’Etat », Nicolas Sarkozy a eu la réaction qu’imposaient ses devoirs d’Etat. « Je veux savoir la vérité s'agissant de ce qui s'est passé au niveau de l'Etat (…) Si la justice devait confirmer les informations qu'on voit, c'est grave et ça ne peut pas rester sans conséquences (…) « S'il y a des gens qui ont fraudé chez EADS, il faut que la justice aille jusqu'au bout, qu'on connaisse la vérité et que ceux qui se sont comportés de façon malhonnête soient punis à due proportion de ce qu'ils ont fait ».

Bien. Il faudra le prendre au mot. Ce qui implique plusieurs choses : des moyens d’investigations, à charge et à décharge pour tous,  et une totale indépendance pour la justice, des positions claires des représentants de l’Etat au sein du CA d’AEDS (où le siège de Lagardère doit être renouvelé),  un dépassement des liens personnels entre le chef de l’Etat et les intéressés, à commencer par son « frère » Arnaud Lagardère…

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09/10/2007

Politique: Parler "en tant que fille d'immigrés"...

Fadela Amara a raison de dénoncer ce qui est « dégueulasse », mais pourquoi le fait-elle « en tant que » ? …

Elle a raison, Fadela Amara ! « L'ADN, je ne suis pas d'accord parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour notre pays » a-t-elle déclaré. « Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse! ».

Il n’y a qu’un morceau de phrase que l’on peut regretter dans ce jugement qui est d’abord un constat : « en tant que fille d’immigrés ». Moi, c’est en tant qu’homme, en tant que citoyen, en tant que personne, que je trouve « dégueulasses » l’instrumentalisation de l’immigration, l’usage sélectif de l’ « adn » pour les immigrés, les discours de « la plume » de Sarkozy, Henry Guaino,  que BHL traite de  « racistes ».

Quand cessera-t-on de mettre en avant des réflexions ethniques, des pensées biologiques, des explications génétiques, des justifications racialistes ? Fedala, « ni pute ni soumise », soit, mais pas encore libérée de ces réflexes identitaires qui faussent les identités, de ces liens ombilicaux mal coupés, de ces « fille ou fils de… », de toutes ces références qui, au bout du compte, font le (mauvais) jeu de tous les Hortefeux de la planète. 

« Cultive tes racines et plante-les dans les étoiles », Fadela. C’est un proverbe alsacien que je ne me lasse d’asséner et qui existe aussi en arabe… D’ailleurs, tu le dis toi-même : « Je ne veux pas qu'on définisse les gens en fonction de leurs origines, de leur religion. Créer des catégories de population c'est dangereux ». Alors ? Pourquoi se montrer ainsi prisonnière de sa « catégorie » ? Etre une femme (ou un homme) « libre », c’est se libérer de ce qui ne dépend pas de soi. On ne naît pas Personne, on le devient.

Cela dit, c’est bien de se proclamer « libre » et de le montrer dans ses propos, mais être en désaccord sur des questions de valeurs, donc de fond, avec le  gouvernement dans lequel on est et duquel on doit être solidaire, cela doit avoir des limites, non ? D’accord, la « solidarité gouvernementale » est plus une tradition qu’une obligation. « Un ministre, çà ferme sa gueule, on çà s’en va ! », disait Chevènement…

Mais c’est une affaire de conscience pour l’intéressé (e) et une question de calcul pour le chef du gouvernement. Cette cacophonie apparente doit faire, pour l’instant, le jeu de Sarkozy qui doit s’amuser beaucoup, y compris en voyant la tête de son ami Hortefeux. Mais je ne relève cela qu’« en tant qu’observateur » (amusé aussi) …

Daniel RIOT

Sarkozy chez Poutine : Un voyage qui a valeur de grand test

 Décryptage RELATIO par Daniel RIOT–INCONTOURNABLE, Poutine. Et pour longtemps… Incontournable, la Russie en route pour une puissance recouvrée… Indispensable, l’élaboration d’une véritable stratégie politique et stratégique de l’Union européenne envers la Russie, doit l’appartenance au Conseil de l’Europe reste trop ignorée. Impérative, la définition d’une « ligne » française envers le Kremlin. Surtout dans le contexte international actuel et dans la foulée de ce que Sarkozy avait dit comme candidat et a déjà fait comme Président.

« Défendre nos intérêts et dire franchement ce que nous pensons, c’est faisable. », écrit Hubert Védrine dans son rapport  sur « La France et la mondialisation ». A voir… Cette visite première officielle de Sarkozy à Moscou sera un excellent test.

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Pendant sa campagne, Sarkozy  avait montré un net durcissement de ton à l’égard du Kremlin sur des sujets que Jacques Chirac évitait de mettre publiquement sur la table : la Tchétchénie, les droits de l’homme, le comportement « impérial » de la Russie vis-à-vis de son « étranger proche ».

Fin août, devant les ambassadeurs, le chef de l’État avait taxé la Russie d’une « certaine brutalité » en visant notamment son comportement sur le marché pétrolier et gazier. La semaine dernière, à Sofia, Nicolas Sarkozy a décrit la Russie comme « un pays qui complique la résolution des grands problèmes du monde » plutôt qu’un « facilitateur ».

Au lendemain du premier anniversaire de l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, les droits de l’homme s’imposeront à l’agenda. Ce sujet ne manquera pas d’être évoqué lors de la rencontre, prévu demain avec des étudiants, à l’université Bauman, qui forme l’élite scientifique russe.

Ce changement de ton n’exclut pas des relations personnelles raisonnablement chaleureuses entre les dirigeants russe et français. D’autant plus que les personnalités de Nicolas Sarkozy et de Vladimir Poutine peuvent si non converger du moins se croiser, comme en a témoigné la complicité qu’ils ont affichée en juin dernier au sommet du G8 d’Heiligendamm.

Les deux ont d’ailleurs quelques points communs dans leurs manière d’exercer leurs pouvoirs, de s’appuyer sur des « proches » dignes de confiance plus que sur des collaborateurs imposée par les  structures ou les hasards démocratique, d’avoir toujours un « coup d’avance » dans chacune des actions entreprises ou des discours faits,  de donner une image dynamique et offensive, d’être omniprésent sur les médias, de chercher à concilier autosatisfaction communicative et réalisme…

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07/10/2007

« La Voix de la France »

Le Monde en a fait un édito : cela s’imposait. Mais l’information n’a guère eu d’écho, pas même chez les socialistes à l’origine de cette prise de position. Le président du CSA, Michel Boyon - nommé par la droite, comme tous ses collègues -, a envoyé Hollande sur les roses : « Le temps de parole du président de la République n'a jamais été pris en compte par les autorités de régulation de l'audiovisuel depuis 1982 », au motif qu'il ne s'exprimerait pas au nom d'un parti ou du gouvernement, mais au nom du pays. Circulez, Monsieur Hollande, il n’y a rien à voir…

Vos protestations auprès de ce Conseil Supérieur de l’audiovisuel en principe chargé de garantir un certain pluralisme sont nulles et très mal venues. Sarkozy a été élu Président, il a tous les doits de vouloir être omniprésent ! D’ailleurs, les Français l’adorent leur président ! Alors…

Qui plus est,  le très sympathiquement docile Michel Boyon qui est Président parce qu’il a toujours eu l’audace de ne déranger personne,   n’est pas où est pour réfléchir au bien-fondé de telle ou telle pratique : Balladur préside une commission pour cela, non ? Enfin, si quelqu’un ne veut pas écouter et voir Sarkozy, qu’il zappe ou qu’il éteigne sa télé  (dans ce dernier choix, le dérèglement du climat de la planète s’en trouvera amoindri)

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Dessin Antonelli

On pourrait ajouter (comme Drucker s’en est félicité cet après-midi dans son émission de promotion sur Rachida Rachi) que Sarkozy a toutes les qualités pour être le super rédacteur en chef de la « Voix de la France », publique ou privée, puisque TF1 est la reine de l’actuelle Ortf.

Dans ses conditions, à quoi bon remettre en cause  la « règle coutumière » des « trois tiers », selon laquelle les télévisions doivent respecter un équilibre entre les personnalités du gouvernement, celles de la majorité et celles de l'opposition ? Elle n’est en rien caduque dès lors que le chef de l'Etat est aussi chef du gouvernement, chef de la majorité, ministre de l’information et de la communication et téléguideur de l’opposition….

Au fait, il est dans quel tiers, de Villepin en ce moment ? Passons.

Reste à espérer, exhorte Le Monde,  « que, à défaut du CSA, le Comité pour la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur, s'empare de la question et adapte les règles de la communication politique à la nouvelle donne institutionnelle. Quand bien même cela agacerait l'actuel locataire de l'Elysée, ce serait tout à son honneur ». Un joli vœu pieux.

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Antonelli

On pourrait espérer aussi et surtout que les journalistes, et pas seulement ceux de la télévision, n’accordent de l’espace à Sarkozy qu’en fonction de l’importance de ce qu’il dit. Donc de la teneur de l’information donnée et non de la surface de la communication distillée.

Il est vrai que même chez ceux qui paraît-il incarnaient le « quatrième pouvoir » (belle légende !) la mode est à confondre, à rendre synonymes, communication et information… Comme dans les régimes que l’on disait « totalitaires ». Ah oui! On disait propagande à l’époque. Un mot qu’on utilise encore quand on parle de Castro, de Kadhafi ou de Poutine. Alors que le numéro un russe n’est pas en même temps chef de l’Etat et chef du gouvernement, mais successivement….

Quand la communication fait office de politique, il faudrait que les média  servent la politique en contrôlant la « com’» : ce serait cela un « contre-pouvoir » responsable ! Mais on préfère la contestation-gadget (du style du ridicule « un jour sans Sarkozy ») à la conduite responsable… Signe des temps !

Mais restons optimistes : trop de com’ tue la com’, dit-on pour se rassurer. Certains grands communicateurs ont duré très longtemps, pourtant…

Daniel RIOT

06/10/2007

L’impasse en Ukraine : Deblocage ce dimanche?

Deux bras de fer qui se superposent… sous le feu croisé d’influences extérieures antagonistes.

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT-- Erreurs d'appréciations à plusieurs niveaux: les élections n'ont rien réglé à KIEV! Trop de certitudes chantées trop tôt, y compris au PPE (le parti populaire européen) qui a trop vite publié un vrai communiqué de « victoire » et s’est trop hâté d’envoyer des messages de félicitations aux partis « orange »… Trop de précipitations dans les commentaires de presse qui ont eu la grande imprudence de se fier aux sondages « sorties des urnes » pour laisser croire que les dés étaient jetés en faveur des pro-occidentaux… Trop de superficialité dans les regards jetés sur cette Ukraine qui connaît une situation sociologique très complexe. Mais comme disait Lénine, « les faits sont têtus »…

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Aujourd’hui, nous assistons à un curieux bras de fer, ou plutôt à plusieurs. Entre le camp des réformateurs pro-européens et le camp pro-russe. Et au sein de chacun de ces camps ! Ce qu’ont pu se dire en ce vendredi à Paris  Nicolas Sarkozy, l'ancien président américain Bill Clinton et le président ukrainien Viktor Iouchtchenko sur la situation intérieure ukrainienne relève bien sûr du « secret d’Etat ». Et l’ITW accordée par le chef de l’Etat ukrainien au Figaro et à France 24 ne contient aucun scoop.

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05/10/2007

POUR OU CONTRE la dépénalisation du droit des affaires

Un sondage de DpJ, le Droit pour la Justice

Le grand débat sur

 

 

la dépénalisation

 

du droit des affaires est lancé

 

 

Et vous qu'en pensez-vous?

 

 

 Ecrivez-nous 

 

 

 

ou VOTEZ >>>>

 

Toutes les infos sur le site de DpJ, Le Droit pour la Justice >>>>>> et >>>>>>>>>>>>>

04/10/2007

FRANCE: La justice des enfants en danger, par Josiane BIGOT

3ca84edfe95a95330b0bf63cd83ebe60.gifLe Juge des Enfants est, depuis sa création, au carrefour de la dialectique éducation / répression dans la mesure où il est à la fois le juge de la protection de l'enfance et celui de la délinquance juvénile. Il n'est pas inintéressant de se souvenir qu'il est historiquement le subsidiaire de la correction paternelle, qui disparaît en 1958 à son profit dans le Code civil. La meilleure définition qui me soit toujours venue à l'esprit pour le Juge des Enfants est celui d'une autorité bienveillante, à l'image du père de famille. Va-t-on aussi faire disparaître le père symbolique de substitution après s'être lamenté de la disparition des pères dans notre société ?

 Cette belle harmonie des fonctions, cette complémentarité entre la protection et le rappel de l'interdit, avec les sanctions qui en découlent, est menacée. Le Ministre frnaçais de la Justice sollicite l'expérimentation de la scission des fonctions du Juge des Enfants. Le but est double : faire échapper au judiciaire la protection, qui sera purement administrative (et gérée à ce titre par les départements), et rendre la justice pénale des mineurs plus répressive.

C'est oublier toute l'analyse sociologique de la délinquance des mineurs ; dans la quasi-totalité des cas, la famille du jeune délinquant a rencontré des difficultés socio-éducatives. C'est précisément de sa connaissance du contexte social, familial, personnel du mineur que le juge tirera toute son efficacité. Il pourra ainsi faire reconnaître l'essence-même de la loi qui protège la vie en société en sanctionnant si nécessaire, à condition bien sûr que l'on garde la conviction que tout mineur est susceptible d'éducation, y compris à la reconnaissance de la loi. Supprimer le Juge des Enfants dans sa double mission, c'est réduire à néant toute l'éducation à la citoyenneté menée ces dernières années, d'un accès à une loi par essence protectrice même si elle réprime.

Il faut également rappeler fortement que ce n'est pas la compétence du Juge des Enfants qui est en cause, mais les faiblesses du système (lenteur de prise en charge, inadéquation du dispositif...).

Enfin, ce projet est une négation du droit du mineur à une justice adaptée, droit inscrit dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (article 40), qui insiste sur la nécessité de maintenir une spécificité de la justice des mineurs par rapport à celle des majeurs

Josiane Bigot,

Présidente du Réseau Droit des Jeunes et de THEMIS

Réseau National pour l’accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes 148 Boulevard Masséna – 75013 Paris  |  tél : 01 53 34 08 33 Contact : Yvan Fauchon – Délégué national reseaudroitdesjeunes@wanadoo.fr

02/10/2007

Quand Sarkozy et Hortefeux font fuir les "cerveaux"

La France et son « immigration choisie » : Des dégâts collatéraux

 Un bon humoriste en ferait une joie saynète. Hortefeux avec « l’immigration choisie » de Sarkozy fait fuir des « cerveaux » qui aimeraient venir en France et qui, bien sûr, pourraient contribuer au rayonnement de « ce beau, cher et grand pays »… Ce n’est pas dans les bidonvilles de l’Afrique subsaharienne que la grogne monte : c’est dans les chancelleries, les universités, les laboratoires,  les sièges sociaux de grandes entreprises…

Selon Le Monde, dans un article bien documenté,  des critiques, inattendues de ce X ième texte « protecteur » viennent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), pourvoyeurs de cadres qualifiés, mais aussi de Français mariés avec des étrangers. Joli, non ? Mais nous défendons l’UNESCO à Paris, le Conseil de l’Europe, les droits de l’Homme, une partie du  parlement européen et d’autres organisations européennes  à Strasbourg et toutes nos métropoles rêvent d’acquérier une dimension internationale plus grande…

Ce n’est qu’une illustration de plus de l’incapacité de  nos services (bureaucratiques) d’anticiper toutes les conséquences des innombrables textes de lois et de règlements pondus.

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Europe à Strasbourg: Pessimisme sur le Kosovo

La SERBIE et le KOSOVO: Les principes du Conseil de l'Europe, oui. L'indépendance, non

Le mur. La question du Kosovo prend ou plutôt reprend une dimension dramatique. Avec une tragédie possible au bout du chemin. Tout ce qui a été dit aujourd’hui au Conseil de l’Europe doit être entendu et lu en fonction de …ce qui s’est passé à New-York.

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Union européenne : Galileo en panne ! Lamentable…

Pas de miracle. Et ce constat d’échec est bien affligeant ! Victime des divergences franco-allemandes sur son mode de financement, Galileo est à l’arrêt. La réunion des ministres des Transports de l’UE aujourd’hui est venue confirmer cette situation de crise ou plutôt cette impasse. Une décision définitive est attendue en décembre. Lors du Conseil européen, donc au sommet. Derrière des affaires de « gros sous » (bien compréhensibles) se profilent un manque d’audace politique et de confiance. 

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30/09/2007

Politique: Quand Jospin donne raison à ... Bayrou!

Le livre de Jospin devrait faire un heureux : François Bayrou. Les ouvrages d’autres « dealers » de la pensée socialiste mal raffinée (pardon d’autres « leaders » du PS non rénové), comme Mélanchon devraient conforter un homme dans ses convictions : François Bayrou. La rentrée de Fabius, « candidat à rien » (donc à tout), devrait donner un surplus d’énergie à un leader : François Bayrou.

Sur quoi en effet repose le pari de Bayrou ? Sur l’incapacité du PS de s’arracher à ses mythes, à ses archaïsmes, à son passéisme en dépit de ce qui peut être dit sur la « social-démocratie », sur « l’acceptation de l’économie de marché », sur les « valeurs » du socialisme, sur la modernité de l’idée sociale…

Or Jospin, Fabius, Mélanchon et d’autres confirment le diagnostic du fondateur du MoDem. Le PS  reste figé dans son idéologie du XIX ième siècle et dans sa fidélité à des alliances (contre nature) avec l’ultra-gauche, la gauche de la gauche et les pires réactionnaires  de gauche. Irrécupérable…

N’est pas Mitterrand qui veut. Et ce n’est pas la désertion (pour cause de promotion) de DSK qui va améliorer les choses, faire « bouger les lignes », faire sonner l’heure d’une sociale démocratie moderne. Et digne des  valeurs proclamées.

Bien sûr, il reste le « désir d’avenir » en panne « d’avenir de désir » : la Jeanne d’Arc victime (selon elle) du « sexisme » et du « racisme » des « évêques Cochon » qui la voudraient sur un bûché. Elle représente plus qu’elle-même en effet, Ségolène. Et elle pourrait incarner cette « voie nouvelle » qui s’impose tant dans un paysage politique que Sarkozy a réussi (provisoirement) à modifier sans changer le pays.

Mais elle a tellement montré les limites du charisme de paillettes (à la Star’Ac, Sarko a su faire, et sait faire,  nettement mieux qu’elle !)… Et, sur le fond, son programme ne repose ni sur un « projet de société » cohérent, ni sur un socle de valeurs très affirmé, ni sur une éthique politique bien précise.

Le Modem ne se confond pas avec un « bayrouisme » imprécis : ce mouvement qui puise sa force dans les vleurs de l’Europe personnaliste pourrait même s’imaginer sans Bayrou (et c’est un atout considérable, tout à l’honneur de son leader). Mais Ségolène ne porte qu’un « Royalisme » (républicain) mal défini qui ne vaut (en bien et mal) que par sa personne. La nuance est de taille !

Ces constats doivent  consoler Bayrou de bien des déceptions. Je ne parle pas là des « lâcheurs » du nouveau Centre ou des nostalgiques d’une UDF dépassée, mais des « prises » faites dans sa sphère par Sarkozy.

Car on ne l’a pas assez relevé : ce que Sarkozy appelle « l’ouverture » se résume  d’abord en des  débauchages en série de personnalités qui se retrouvaient dans… la « Bayrousphère » et qui auraient pu rejoindre le MoDem…

Bockel, Kouchner, Ruffin, Jouyet, AtaIli, Rocard… La liste est longue, avec quelques exceptions qui confirment la règle (comme Védrine, trop peu « pro-européen » pour être Modem sans modération) …  

Sarkozy a fauché dans le pré du Béarnais ! Seuls les observateurs politiques sous influences élyséennes ou prisonniers des clivages droite-gauche si pratiques,  ne le voient point !

Cela doit surtout encourager Bayrou à être le premier fidèle à son cap, à son « chemin », à sa stratégie. Ce n’est pas simple.

Mais c’est à lui de bien montrer que le Modem n’est pas fait d’"habits neufs" d’une formation qui a fait sa grande mutation au Congrès de Lyon avec le « Penser Libre » mais qu'il est un mouvement vraiment nouveau, le vrai premier parti du XXI ième siècle. Preuve n’est pas encore faite. On attend le Congrès, les statuts et les municipales.

Daniel RIOT

28/09/2007

Politique : Les avaleurs de « bidouille »

Une petite bourde du jour, encore…« On est dans la continuité de Raffarin et de Villepin. Ce n'est même pas un budget de transition. C'est de la bidouille », s' est insurgé  Nicolas Perruchot, porte-parole du groupe parlementaire du Nouveau Centre, à propos du projet de loi de finances.  

Le député du Loir-et-Cher estime qu'  « en l'état, ce budget n'est pas votable » et revendique une « liberté de vote »…non prévue dans le contrat signé par ces déserteurs de l’udf avec l’UMP mais tout à fait légal dans une démocratie qui ne reconnaît pas de « mandats impératifs »….

Mais, il ajoute en bon avaleur de couleuvres et de clous rouillés comme savent l’être les « centreux » opportunistes :« Ce n'est pas un débat facile. On est dans la majorité et on a trois ministres au gouvernement : ça nous oblige à travailler plus utilement » Travailler utilement consiste-t-il à approuver de la « bidouille » ? Ouille, ouille, ouille…

27/09/2007

La France en Europe: Un budget "sarkomédiocre" qui ne prépare guère la présidence Française de l'Union

La France financière, « point noir de l’Union »

La « sarkomédiocrité » des chiffres  risque de faire « exploser en vol » la « sarkomania » de la communication

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Ayant toujours préféré les lettres aux chiffres, j’ai toujours scrupule à commenter les maîtres à compter du budget national. Trop de zéros me donnent le vertige ! Mais il est des choses que j’ai un peu de difficultés à comprendre…Comment peut-on se réjouir (presque crier victoire) en présentant la copie mise au point pour le premier budget de l’ère Sarkozy ?  Il nous lancer (à regret) un nouveau néologisme (c’est à le mode) : la « sarkomédiocrité ». Par opposition à cette « sarkomania » qui, comme aurait pu dire Hervé Morin, risque « d’exploser en vol ». Sous le choc des réalités trop oubliées.

J’ai cherché en vain un seul nombre qui puisse laisser entrevoir un « choc de confiance » susceptible de provoquer un « bond de la croissance »… Je ne peux pas même chercher consolation dans des analyses d’économistes ou de journalistes spécialisés plutôt complaisants avec Sarkozy et sa majorité : rien de réjouissant. Le Figaro lui-même peine pour trouver quelques vertus à ce document chargé de vices et ne trouve que des experts dubitatifs ou sceptiques... 

Est-ce vraiment pour ouvrir de telles perspectives que Sarkozy, comme il ne cesse de la répéter, à été « élu » ? Est-ce pour ce texte (qui est tout de même essentiel dans la vie d’une nation) que tant de belles paroles, tant de temps d’antenne, tant de couvertures de magazines, tant de vent brassé, tant d’effets de communication, tant de « bougisme » présidentiel nous ont  été infligés ?

L’  « homme pressé », le champion de la « rupture », « l’hyperactif », le grand prêtre de « la culture du résultat », les donneurs de leçons économiques et financières à l’Europe entière, le Guizot du XXI Ième devra travailler mieux s’il veut que la France gagne plus.   

Un « budget d’attente », disent les plus indulgent en usant d’une  litote vide de sens puisque personne ne dit ce qui est en attente (municipales mises à part, bien sûr)… Nous voici loin des « je veux », des promesses du style « vous allez voir ce que vous allez voir » faites aux ministres des finances de l’eurogroupe, des exhortations dignes de la magique méthode Coué.

Nous voici loin surtout des mesures chirurgicales qu’impose un « Etat en faillite » !

Feuille de route pour une déroute : voilà confirmé le sombre diagnostic des responsables européens les  plus lucides : « Le point noir de l’union européenne, c’est la situation économie et financière de la France… Sarkozy est en train de perdre en Europe tout le crédit qu’il avait su gagner avec son activisme en faveur du « mini traité »… On voulait croire en un retour de la France en Europe, mais le retour d’une France faible affaiblit l’Europe comme une Europe faible affaiblit la France… »

Avec un  déficit public (41,7 milliards d'euros) qui reste abyssal, une dette publique (64 % du PIB) qui reste colossale, des « prélèvement obligatoires qui demeurent catastrophiquement stables, un déficit commercial qui donne toujours le vertige,   la France est plus que jamais le plus mauvais élève de la classe européenne. Celui surtout qui consacre le plus d’argent (qu’il n’a pas) aux dépenses publiques. Et celui qui s’abstient de faire des réformes de structures qui s’imposent.

Si on fait des « budgets d’attente » quand on parle encore d’ « état de grâce », que pourra-t-on faire en état de disgrâce ? La meilleure façon de préparer la Présidence française de l’Union dont on fait tant de cas aurait été de mettre de l’ordre dans la Maison France : c’est mal parti ! L’illusionniste s’illusionne-t-il  lui-même ? Pour réformer la France, il faut commencer par réformer les réformateurs…

Personne ne peut s’en réjouir, pas même ceux qui avaient raison de douter de la crédibilité du programme du candidat aux présidentielles d’une UMP qui avait plongé la France dans l’état que Fillon, aujourd’hui,  dénonce par une « image »…mal choisie mais juste! 

Daniel RIOT

24/09/2007

Politique:Les Guignols de l’intox plus forts que les Guignols de l’info

Je n’en finis pas de m’émerveiller ! Sarko a vraiment réussi à donner une nouvelle dimension au spectacle politique. Seuls les « Guignols » doivent en être marris : ils sont trop imités par celles et ceux qu’ils devraient  railler. Les « Guignols de l’intox » battent les « Guignols de l’info » ! Et Sarkoland s’en trouve plus hilarant que Groland…

Canal moins plus fort que Canal+ … Amis du « Canard enchaîné », attention ! Vous allez finir par perdre des plumes puisque les seules narrations  des faits, gestes et des propos des Maîtres du Royaume finissent par être plus drôles que ce que vos esprits brillants peuvent pondre. Et ils communiquent tellement que le mot « indiscrétion » ne recouvre plus rien, ou presque. On va devoir créer dans les bons quotidiens une nouvelle rubrique : « La bourde du jour »

Le bon sens de Raffarin

Jean-Pierre Raffarin, heureusement, vient de rappeler tout ce beau monde de grands communicateurs à l’ordre : « Un mot maladroit est un mot qui n’est pas juste » a lancé le père des « raffarinades »…en  désignant du doigt les auteurs de « mots » qui font (trop) mouche : « guerre, faillite, rigueur ». Il aurait pu mettre « état de grâce » dans le même sac. Car l’expression ne veut plus dire grand-chose,  malgré les sondages,  en raison de la multiplication des « couacs », des « hic », des erreurs de « com’ », de l’équipe Sarko-Fillon and Co. Ce qui est un comble !

Les 40 paires de bottes de Boutin

Vous avez vu Mme Boutin et ses quarante paires de bottes, dans son Algéco de la  place Belcourt à  Lyon ? Chez Bocuse, où elle était l’invitée de responsables d’organisations à vocation sociale, c’était plus classe, il est vrai. On se demande pourquoi sa « consoeur » a cru le besoin d’en parler.  Pas très gentille, Fadela Amara, l’ancienne cheftaine de « ni putes ni soumises » pacsée (politiquement) avec Mme anti-Pacs. Il est vrai que Fadela et Christine se retrouvent d’accord (pour des raisons différentes) pour critiquer le recours à l’adn dans la « panoplie Hortefeux ».

Hortefeux se délocalise dans un centre de rétention ?

Christine Boutin, me dit-on, a donné de mauvaises idées dans d’autres cabinets : Rachida la magistrale magistrate irait tenir des réunions de cabinet dans une prison surpeuplée,(au fait, les huit partants du « cab » ont été remplacés chez Dati ?), Hortefeux le flamboyant irait s’installer pour 15 jours dans un centre de rétention pour migrants illégaux, MAM, femme d’intérieur du gouvernement, va s’installer dans un refuge de la SPA pour chiens méchants, Roseline Bachelot fait semblant d’hésiter entre les vestiaires du XV de France et les services d’urgence si confortables d’un de nos hôpitaux, Fillon lui-même songe à se décentraliser du  coté de Cambrai ( pour les « bêtises » ?)

Le Sarko-Rubicon de Morin : «sans retour»

Le plus fort en « bêtises » additionnées, c’est sans aucun doute notre ministre de la défonce et de la défausse, Morin qui vient de crier par AFP interposée que son divorce avec Bayrou était définitif…Comme si Bayrou souhaitait une quelconque réconciliation…

Imaginons un instant que Morin ait dit le contraire (ce qui n’aurait rien de surprenant dans la bouche de quelqu’un qui a distillé tellement de venin contre Sarkozy avant de ramper comme le plus servile des lèche-bottes n’oserait faire). C’est le MoDem qui explosait en vol ! Ouf ! Merci à lui et à son Nouveau Centre d’exister… Il a rendu service à Bayrou, le Grand Morin, en franchissant le Sarko-Rubicon

Un seul regret à ce propos : le général Morin ne compte pas assez, dans ses troupes,  de personnalités de premier plan dotées d’un certain charisme pour attirer tous ceux qui se complaisent dans leurs rôles de taupes de la vraie droite dans le faux centre qu’était devenue l’udf avant le « centre Libre » du congrès de Lyon… Mais mon propos de ce jour n’est pas dans ce registre

Le ministre de la défense fait exploser le Rafale en vol

A deux reprises, le ministre de la Défense (dans un grand pays ce n’est pas rien comme titre !) vient de se voir tirer les oreilles par l’Elysée. Sarkozy savait pourtant depuis longtemps qu’il vaut mieux parfois avoir de bons et vrais ennemis que de mauvais et faux amis… >>>D’abord, il a fait courir le bruit d’un remaniement ministériel, en se fondant sur des « confidences » du Président… Explosé avant de voler, le pauvre Morin…

>>>Ensuite, et c’est pire puisqu’on devrait le traduire en Justice (militaire ?) pour atteinte aux intérêts supérieurs du pays : il démolit publiquement le « Rafale » (par lui jugé « trop cher » et « trop hypertechnologique ») alors que nos avionneurs tentent désespérément de conclure quelques ventes de ce « meilleur avion du monde » (à la Suisse et au Maroc, notamment).Un bon VRP, Morin le VIP…

Le grand jeu de l’Ego-Sarko : Un « Je » toutes les 12 secondes…  

Il est vrai que tout cela n’a guère d’importance puisque Sarkozy fait tout, tout seul. D’ailleurs, c’est logique puisque c’est lui qui a été élu ! Il n’en est toujours pas revenu, si on sait bien l’écouter. Autrement, il n’éprouverait pas le besoin de le dire et le redire en toute occasion comme s’il devait surmonter un doute sur une légitimité incontestable ou comme s’il était dans le situation d’un gamin trop vernis par un cadeau du ciel auquel il ne veut pas croire : « trop beau pour être vrai » !

C’est peut-être parce que trop d’ego tue l’ego ! Des blogueurs sérieux et méticuleux du Monde ont compté dans les 53 minutes et 5 secondes de sa dernière intervention (je ne dis pas ITW) sur TF1 et France 2 a compté 226 « Je » dans la bouche de Sarkozy, soit un « je » toutes les douze secondes (je n’ai pas vérifié les comptes). Les jeux du « Je » sont toujours intéressants à décrypter. A la fin de son premier mandat, utilisera-t-il daans ce jeu de l’Ego-Sarko un « Nous » de majesté ?

Daniel RIOT

21/09/2007

Le sarkoshow permanent annonce une Sarkoverdose...

"Demandera-t-il bientôt que ses propos soient diffusés par haut-parleurs dans les rues de nos villes?", ironise Didier Mathus, député PS qui dénonce une "dérive narcissique d'un président tout à la fois Premier ministre, animateur télé, rédacteur en chef et patron de chaînes".

Nicolas Sarkozy entouré de journalistes, le 9 mai 2007 à Delimara, dans le sud de Malte

Nicolas Sarkozy entouré de journalistes, le 9 mai 2007 à Delimara, dans le sud de Malte

(c) AFP

 

A gauche et à droite, on ironisait quand BAYROU insistait sur la partialité et le manque d'indépendance des médias qui ont été tellement attachés à maintenir bipolaire la vie politique française... Sur ce  plan là, comme sur d'autres, les événements lui ont donné et lui donnent raison..
C'est le PS, aujourd'hui qui sonne la charge....
Le Parti socialiste devrait saisir dès lundi 24 septembre le CSA contre "l'accaparement des médias" par Nicolas Sarkozy. "La semaine qui s'achève aura marqué un paroxysme dans l'accaparement des médias par le président de la République", écrit le député PS Didier Mathus dans un communiqué.
Jeudi soir "les deux principales chaînes ont été réquisitionnées pour permettre à M. Sarkozy de commenter sa propre action pendant 50 minutes à l'heure de plus grande écoute", critique-t-il.
"Demandera-t-il bientôt que ses propos soient diffusés par haut-parleurs dans les rues de nos villes?", ironise le député PS qui dénonce une "dérive narcissique d'un président tout à la fois Premier ministre, animateur télé, rédacteur en chef et patron de chaînes".

Temps de parole non décompté

La situation "pose désormais un problème clair pour l'équilibre de l'expression démocratique dans notre pays", estime Didier Mathus en jugeant que "le CSA devait réagir".
Le CSA ne prend pas en compte les interventions du président de la République pour l'équilibre des temps de parole, "car celui-ci ne peut être assimilé à aucune des catégories donnant lieu à un décompte (gouvernement, majorité parlementaire, opposition parlementaire, autres formations)", indique le Conseil supérieur de l'audiovisuel sur son site internet.
Didier Mathus poursuit : "Si le Président de la République se comporte désormais en chef de la majorité, monopolisant les antennes selon son bon vouloir, alors le CSA doit prendre des décisions pour imposer un retour à un minimum d'équité et de pluralisme dans l'expression publique".
Didier Mathus rappelle avoir déjà interrogé le CSA en juillet dernier. Il indique qu'il saisira l'institution "à nouveau dès lundi avec François Hollande pour qu'un terme soit mis à cette dérive".
Comment ne pas être d'accord? Au fait avez-vous lu le bon dossier de LIBE de ce jour sur les dessous du SARKOSHOW?
En fait, les journalistes ont une part de responsabilité dans cette situation, mais que voulez-vous? Il "passe bien Sarko". C'est une  bonne "bête de télévision", il "fait recette"...L'audimat plus les sondages, plus la paresse et l'opportnisme des patrons de médias, cela fait beaucoup! C'est vrai qu'il est drôle, Sarko. Quand on oublie les conséquences de sa politique...Il va bientôt présenter la météo (quand le temps s'annoncera beau, bien sûr). Qui se moquait de médias dans les pays totalitaires ou dans les républiques bananières? Allons, ne désespérons pas:La SARKOVERDOSE va frapper. Et les Jeux  vont vite montrer leurs limites si le pain (ce nouveau produit de luxe) vient à manquer...

21:45 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, presse, médis, bayrou, CSA

Le scoop de Fillon: L'Etat est en faillite..."Elysee.com" cherche syndic?

Quand le coéquipier de Srakozy reconnait aujourd’hui une situation que Bayrou dénonçait, que la Commissionde Bruxelles pointe du doigt et que Berlin déplore...

EDITO RELATIO par DANIEL RIOT: « Je suis à la tête d'un Etat en situation de faillite »…Alors, çà, il faut oser le dire quand on est le co-équipier (puisque « collaborateur » est proscrit) du Président de la République ! Même si ce n’est qu’une « formule » (guère imagée)…

Bayrou l’avait dit pendant la campagne électorale et il proposait des  moyens cohérents pour sortir de la situation décrite. Mais il n’a pas été entendu et son projet devenu programme a été étouffé par les flonflons et les paillettes de ceux qui au lieu d’assumer leur bilan désastreux ont su faire croire que la « rupture » avec eux-mêmes allait suffire à redresser la barre !

«2007,  c’est pas moi », a lancé Sarkozy, l’autre soir dans deux de ses chaînes de télévision,  à propos de la mauvaise croissance actuelle. Ben voyons. Ce n’est   ni lui, l’ex-ministre d’Etat, ni sa majorité d’hier reconduite aujourd’hui dont il a su si bien faire oublier le bilan, par des impostures de génie, et un art d’exploiter les faiblesses d’un PS, aussi nul au gouvernement avec Jospin que dans l’opposition sans Jospin…

Les faiseurs de débâcle se sont faits passés pour des faiseurs de miracles. Avec une belle alliance objective entre les conservateurs de droite, de gauche et des médias si conformistes. Et avec ces recettes du populisme et du clientélisme démagogique qui sont très efficaces dans tous les pays en crise de repères… Fillon, aujourd’hui, reconnaît les erreurs et les fautes du passé et montre son impuissance face au présent.

Pire : De Villepin (qui avait déjà dit, à Ripostes, que sa politique avait été délibérément été sabotée dans l’optique des Présidentielles) peut se permettre de rappeler que sous son gouvernement la France bénéficiait d’une croissance supérieure, d’«un chômage qui a baissé de 2 points» et d’«une politique de désendettement qui avait amélioré les choses »…ce que ne font évidemment pas les « cadeaux fiscaux » faits (et que Sarkozy voulait même faire d’une façon rétroactive si le Conseil constitutionnel n’avait pas fait son boulot)

Tout regret bayroutiste serait inutile (et stupide), mais le vrai grief demeure : comment sortons-nous d’une telle crise (d’une telle « faillite ») en refusant le mot « rigueur », en octroyant des « cadeaux fiscaux » à la minorité des Français qui en a le moins besoin, en faisant passer pour « révolutionnaires » des réformettes  à portée plus politique qu’économique et en misant sur une augmentation de la consommation (sans hausse du niveau de vie) pour stimuler la croissance…Une croissance qui serait encore plus faible sans l’effet d’entraînement des bons résultats allemands et qui sera encore limitée si les turbulences américaines tournent à la tempête.

Expliquez-nous, Monsieur Fillon…. « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ca ne peut pas durer », a martelé le chef du gouvernement en s’engageant « à ramener le budget de l'Etat à l'équilibre avant la fin du quinquennat ».

Encore  cinq ans en faillite, c’est long et coûteux, non ? Le « travailler plus pour gagner plus » doit-il se traduire par « travailler plus aujourd’hui  pour gagner plus dans le deuxième mandat ». Qui disait que Sarkozy se sentait toujours en campagne électorale ? Tout y est en effet : l’omniprésence, les exhortations, les promesses. A coté de l’Hyper-Président, illusionniste de talent, Fillon en Corse a trouvé sa place : dire (tardivement et partiellement) la vérité !  

Mais si l’Etat est en faillite,  la République  cherche un syndic. Avec un esprit d’ « ouverture », si possible… Ce n’est qu’une « formule » va redire Fillon ! Une de ces formules qu’adorent les agences de communication.

Daniel RIOT

19/09/2007

Le grand oral de Sarkozy: Vous avez bien entendu « contrat social » ?

Une illusion et une faute : pourquoi avoir commencé ce « grand oral social » par promettre un  « contrat social » nouveau ? Sous les nuages, rien de neuf : Des réformes qui s’imposent (depuis longtemps, d’ailleurs) seront menées sans que l’on jette les bases d’une nouvelle social-économie, caractérisée par ce qui manque le plus la France: des structures rénovées d’un « dialogue social » innovant. Sous les pavés, pas de plage : Les « sacrifices » demandés ne sont ni équitablement répartis, ni efficacement programmés.

La seule vraie « rupture » dans la prestation d’hier de Sarkozy, où un texte un peu fourre-tout n’a pas toujours été lu avec la force de conviction habituelle du « grand communicateur », tient en un constat : il y a un décalage très net entre les promesses électorales faites et les mesures annoncées.

« Candidat, il a dit ce qu’il ferait. Chef de l’Etat, il ne fait pas ce qu’il a dit », résume avec pertinence, par constat plus que par opinion,  Martine Gilson qui dirige le service économique du Nouvel Observateur et qui va ainsi à contre-courant des commentateurs qui ne font que répéter les mots d’ordre de la cellule communication de l’Elysée.

Nous sommes loin, en effet, des coups de hache, de butoir, des « traits de plume » législatifs, des "ruptures" promis sur les 35 heures, le service  minimum dans les transports publics, les régimes spéciaux de retraites, les frais médicaux, le « travailler plus pour gagner plus »…

Le calendrier des réformes est serré, c’est un fait. Trop pour faire du travail sérieux, même. Mais 2008 est une échéance préprogrammée dans la loi, pour les retraites notamment. Les objectifs sont clairs, mais les moyens de les atteindre ne sont pas détaillés (sur l’emploi des seniors notamment). Et l’on s’en tient à des mesures dictées par l’urgence non par le souci de construire l’avenir, par des réformes structurelles.

Je suis assez d’ accord avec Martine Gilson : « Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a réalisé qu’une seule promesse : le « paquet fiscal » : quatorze milliards d’euros destinés aux plus riches ». En guise de « contrat social » nouveau, on peut rêver mieux…

Philippe Séguin, le Président de  la Cour des Comptes, vient de faire une remarque fondée sur des réalités dont on ne parle pas assez : Les « stocks options » ainsi que les indemnités de départ (devenues colossales) dont bénéficient les grands dirigeants d’entreprise ne sont pas soumises aux cotisations sociales… comme doivent l’être tous les  revenus du travail.

C’est ce que l’on appelle un « régime spécial », non ?  Un privilège qui se chiffrerait par un manque à gagner de  six milliards et demi d’euros par an. Un chiffre plus vertigineux encore que celui du déficit général des régimes dits spéciaux : 6,2 milliards… On n’en tient pas compte dans l’élaboration d’un vrai « contrat social » ?

Les électeurs de l’UMP ne sont pas tous des privilégiés. En 1995, déjà, les sondages montraient que les Français étaient majoritairement d’accord avec la réforme des « régimes spéciaux »…Cela n’a pas empêché Juppé de se planter.

Daniel RIOT

18/09/2007

Le baptême du feu de Brice Hortefeux à l’Assemblée : Au Sénat, Sarko vole la vedette à son « mécano ».

Ce devait être « SA » journée. Son vrai « baptême du feu » ! Mais son ami (et maître) Sarkozy lui pique la vedette : Nicolas parle « social » (un « grand oral social » disent les animateurs des  télé-infos) au Sénat pendant que Brice lance le débat sur la nouvelle loi sur l’immigration (son « œuvre première») à l’Assemblée… Partage des rôles (et des temps d’antenne) : Sarkozy et Hortefeux travaillent en vrai « tandem ». Le second pédale et le premier tient le guidon… Hortefeux ? « Le mécano de Sarko » a écrit l’ami Philippe Reinhard (éditions Le Cherche Midi)

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Cette loi devrait être d’abord le signe et l’aveu d’un échec des politiques menées (par Sarkozy, ministre) jusqu’ici : c’est le quatrième texte législatif en peu de temps, donc les trois précédents n’étaient pas adaptées…

Mais sur ces sujets qui (à juste titre) mettent à rude épreuve les « messages universels » de la « France généreuse » en matière de droits de l’homme, les gouvernants appliquent la tactique de l’étranglement progressif, du « serres-moi doucement mais longtemps »… Du liberticide « soft », approuvé par l’opinion, sondages à l’appui. Comme si dans ses domaines la loi de la majorité n’avait pas démontré suffisamment toutes ses limites dans l’Histoire,  en diverses périodes (et dans presque tous les pays).Le sécuritaire a toujours été plus facile à cultiver que la sécurité à assurer ! Et la Liberté se chante plus qu’elle s’assume…

Cette fois, on va  rompre (avec le soutien d’associations communautaristes !) avec la loi républicaine de la non-distinction des signes qui peuvent alimenter les pratiques discriminatoires (« statistiques ethniques », dit-on).

A quand la religion sur les cartes d’identité ? Voilà quelques années, nous étions scandalisés par les Grecs rappelés à l’ordre des droits et de la dignité humaine par les instances européennes,  mais plus le temps passe, plus « on s’habitue à tout »…

On va ouvrir aussi le champ (vaste) de l’utilisation de l’ADN en dehors des affaires criminelles. Avec la bonne conscience que donnent les « exemples » d’autres pays européens et la surdité soigneusement entretenue aux débats (rarement médiatisés) sur « progrès technologiques et éthique »…

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L'immigration, avant-hier...

Surtout, (en  avocats de la francophonie ?), nous allons exiger que les candidats à l’immigration soient dignes de venir à notre table. Connaissances de français et apprentissage des codes républicains AVANT le visa…

« Choisie », l’immigration nouvelle ! Pas comme celle « moisie » (tiens on ne la pas encore dit, çà, mais cela ne saurait tarder …)  « subie » jusqu’à présent.  

Si au moins cette « condition préalable» (culturelle et censitaire)  s’accompagnait de nouveaux efforts en faveur du français dans le monde (nous comptons toujours sur nos amis suisses, belges et québécois plus que sur nos propres forces) ! Et  si (enfin !),  cette obsession des « flux » ne se développait pas au détriment du souci des « stocks » migratoires !

Mais, là, on se garde bien de soutenir les associations qui depuis les années 50 (le « Castami » à Strasbourg, par exemple) font un travail considérable d’alphabétisation, d’information, de formation et d’insertion.

La « glandouille » dans les cités vient aussi de la « glandouille » des pouvoirs publics, à tous les niveaux, depuis des années dans ce qui est devenu les « quartiers »…

Mais à Neuilly où il est né et où il a grandi, et on il a « assisté » Sarko dans toutes ses batailles, Hortefeux le bien nommé par son tempérament incendiaire et son style (souvent) pompier n’a rencontré que des immigrés qui sont devenus « plus français que des Français » (une expression qui ne veut rien dire, évidemment).

Et à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne du Bonhomme Michelin, qu’il rêve de transformer en fief, il sait séduire les Bourgeois les plus à droite mais pas ces Français qui n’ ont pas  besoin qu’on leur dise de « travailler plus » …et qui savent que « pour gagner plus », il faut surtout savoir faire travailler l’argent des autres.

Pourtant, il sait séduire Hortefeux ! Avec ses chaussures toujours bien cirées, son maintien de colonel de réserve d’une armée de l’air  sortie d’une BD, son coté « british » (qui plait énormément aux femmes en quête de « classe »), son « ironie » (meurtrière, donc séduisante pour ceux qui ne lui servent pas de cible), son « esprit » (il sait en montrer, cet ami de Bigard), il n’a pas que les défauts de ses fonctions de « garde du corps », de « gourou », de « porte-flingue », de « chargé des basses œuvres », d’  « homme de confiance », « d’homme lige » du « petit Nicolas »  devenu « grand Président ».

En fait, Hortefeux a un profil assez courant dans la vie politique française. Sulfureux, ambigus, à la fois tireurs de ficelles et marionnettes, ces personnages de l’ombre qui savent se faire plus craindre qu’aimer ne manquent jamais dans les Cours des pouvoirs. Surtout dans notre très monarchique V ième République en passe de devenir impériale sir « l’absolutisme présidentiel », comme dit justement  Bayrou ne trouve pas ces « contre-pouvoirs » qui seuls mesurent le degré démocratique d’un régime.  

Une pincée du Michel Debré (et son entonnoir légendaire) du général. Une pointe  de …Focard (en moins discret) : Chargé (aussi) du « codéveloppement », il va tenter de rompre avec la Francafrique , mais pour quelle  Sarkofrique ? Un saupoudrage du Charasse mitterrandien : ou l’art de susciter sympathie et antipathie de conserve…Un petit coté de Pasqua : l’élève reste toutefois très loin du maître…

Ce dont il souffre le plus (tout en en tirant un peu de fierté sans doute), c’est de la comparaison avec Michel Poniatowski, qui fut ce que Hortefeux n’est (officiellement pas) ministre de l’Intérieur (sous et de Giscard).

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Très franchement, en fondant mes jugements sur des constats faits lors de rencontre au (et en marge du) Parlement européen, il n’y a pas photo. Sauf peut-être sur l’art de caresser l’extrême-droite et sur le plan de cette parano des « ennemis de l’intérieur » sans laquelle les « anges gardiens diaboliques  des  maîtres au pouvoir » ne peuvent pas  bien remplir leurs fonctions et jouer leur rôle.

« Poniat » avait une culture, un sens de l’Histoire et surtout un art de l’anticipation géopolitique, une vision des enjeux planétaires de demain,  que Brice n’a pas. Il avait aussi des talents (d’esprit, d’expression et d’écriture) que le « trop gavé »  (Nicolas dixit, après une bourde) n’a pas. Il est vrai que le  « parler cru » (« cash ? »)  sous Giscard n’avait rien à voir avec la subtile  vulgarité ambiante

On avait Bigeard et cette odeur (« messmerienne ») du « sable chaud » : c’était finement rétro. Nous avons Bigard : son succès suscite un mimétisme bien peu conciliable avec le réapprentissage des bonnes manières dans les écoles primaires. Mais comme écrivait feu Poniatowski : « L’avenir n’est écrit nulle part »…

Mais j’arrête, c’est l’heure ou sur les chaînes d’info continue les duettistes de Neuilly, de l’UMP, de l’Elysée et de « l’identité nationale » vont se faire une petite concurrence. Je plains ceux qui ne peuvent pas suivre leurs prestations… « Sarko » concurrencé par son « mécano » : il y a une faute de calendrier dans la cellule « communication » du pouvoir. Mais que fait Fillon ? « Une peu de méthode », SVP…

Daniel RIOT

16/09/2007

A « Riposte » : Le nouveau réquisitoire de Dominique de Villepin contre Sarkozy

Une « Riposte » ? Non, Sire, un réquisitoire…

Dopé, Dominique de Villepin !

Remonté, bien sûr,  par ses démêlés avec la Justice où il se pose en victime d’une injustice programmée par instruction téléguidée (« impressionnée », dit-il). Allez savoir…

Stimulé,  par le souvenir qu’il garde du travail de sape « systématique » orchestré par Sarkozy après sa prise de contrôle de l’UMP en novemnre 2004 (c’est lui  qui le dit)…

Mais, surtout, musclé par les inquiétudes que suscitent chez lui (et chez d’autres de plus en plus nombreux) les politiques menées par Sarkozy dans cette ambiance de « Cour », de « bal masqué » et de paillettes qui règne à l’Elysée devenu siège de ce que Bayrou  appelle « l’absolutisme présidentiel »…

J’avais commis un article dont le titre avait été très repris « De Villepin, chef de l’opposition à Sarkozy ! »… C’est encore plus vrai aujourd’hui, malgré le retour (réussi) de Bayrou et les velléités d’un PS toujours déboussolé ! « Je ne veux être que le chef des propositions », sourit-il dans sa brillante intervention dans l’émission de Serge Moatti sur France 5.

Des propositions, il en fait quelques unes, en effet,  dont une essentielle sur l’Iran où l’on ne doit effectivement pas se laisser enfermer par l’alternative « bushienne » résumée par Sarkozy : « le choix entre la bombe iranienne et le bombardement de l’Iran ».

Si la guerre est toujours une mauvaise solution, il importe de tout faire pour l’éviter. « Diplomates de tous les pays , mobilisez-vous », exhorte-t-il, en craignant que le goût prononcé des « hot-dogs » de Sarkozy (expression semblable à celle utilisée par Bayrou) ne finisse par entraîner la France dans un conflit « pire en conséquences que la guerre en Irak ». Ce ne sont pas les dernières déclarations de Bernard  Kouchner, crédibilisant l’hypothèse du « pire », de « la guerre » qui va le (et nous) rassurer.

Pour de Villepin (qui a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire contemporaine de  la diplomatie française pour son discours à l’Onu sur l’Irak mais aussi pour ses négociations discrètes en collaboration avec les Anglais et les Allemands avec l’Iran), Sarkozy a fait une erreur qui est une faute : abandonner la ligne gaulliste et gaullienne vis-à-vis de l’Otan et de Washington dans le contexte actuel, faire plaisir à Bush sans obtenir en contrepartie l’engagement  d’un dialogue Iran-USA avec une  participation européenne active.

De Villepin se fait aussi très critique envers la politique intérieure de Sarkozy : déficit, panne de la croissance, réformes structurelles, approfondissement de la démocratie. Aussi sévère (et aussi pertinent) dans ses critiques de Sarkozy que Bayrou.

Le président contre-attaquera sans doute mardi. Avec ou sans paillettes ? En faisant « entrer la réalité » dans la paysage politique ou en poursuivant ses prestations plus faites pour cultiver une « sarkolâtrie » de Cour ? En restant un politicien encore et toujours en campagne ou en révélant de vraies qualités d’homme d’Etat. Qualités qui ne vont pas, selon De Villepin, sans un doute permanent (et non de fausses certitudes)  et sans « cette conscience permanente du tragique » peu compatible avec le goût des paillettes. Et des gadgets !

Bayrou à Seignosse, De Villepin chez Moatti, et colères anti-sakozyennes dans toutes les capitales de l’euroland : sale week-end  en « Sarkoland »... Heureusement pour le Président, ce ne sont pas les cris de Hollande devant des partis dits de gauche si mal réunis qui vont faire du PS une force d’opposition crédible.

De Villepin l’a pronostiqué : c’est au sein de l’UMP (« qui n’existe plus ») que l’opposition au nouveau « Bourgeois gentilhomme » ne va pas tarder à se développer. Après les municipales, bien sûr…

Daniel RIOT  

Europe : « Retour de la France » ou retours de bâtons du « Style Sarko » ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT :« Aucun sujet n’est tabou »…Tous les ministres (en quête de totem ?) dans tous les secteurs, n’ont que cette expression à la bouche,  à tout propos… Alors, pas de tabou, pas même pour apprécier Sarkozy dans ses oeuvres : La politique et la diplomatie pour Sarkozy ne sont-elles que  la continuation de la guerre sous une autre forme ? Sarkozy n’est-il pas dangereux dans les situations de crise ? Le « style Sarko » ne va-t-il pas finir par aggraver les problèmes de  l’Union européenne ?

 Eh ! Oui, on s’inquiète dans plusieurs capitales européennes (et chez les connaisseurs de  l’«alchimie communautaire »). Non du « retour de la France en Europe », mais des retours de bâton pour la France et pour l’Europe que le « style Sarko » commence déjà à provoquer !

 

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 « Notre « petit soldat » se prend pour un général d’Empire », confie un diplomate. « Mais ses foucades, ses initiatives intempestives, ses propos mal contrôlés finissent par heurter les meilleurs amis de la France et ceux qui se réjouissaient de l’élection d’un manager dynamique et moderne à la Présidence de la République. »

Ce n’est pas tout : « Notre Président oublie que l’Europe par définition n’est pas que française et que le « sarkozysme » reste trop flou, trop incohérent et trop chargé d’ambiguïtés pour qu’il séduise tout le monde, tout le temps, en tout... Son goût pour les jeux dangereux du   « cavalier seul » est déjà devenu très contre-productif. Son coté gamin farceur et volontiers provocateur ne fait plus sourire. Son égotisme atteint des proportions ridicules.  Et à trop vouloir flatter les pulsions les plus nationalistes de l’opinion française, il perd le crédit qu’il commençait à acquérir. Il est déjà classé, comme Chirac l’était (là, il n’y a pas de rupture) dans la catégorie des politiciens qui sont meilleurs en campagne électorale que dans l’exercice de ce pouvoir suprême qui exige des qualités d’homme d’Etat »

Diplomate, mais franc du collier, notre interlocuteur (qui, il est vrai, n’en est pas à son premier Président…)

Les dirigeants français (hauts fonctionnaires inclus), en Europe, ont trop affiché dans un passé encore récent mépris et arrogance, ces épices qui rendent les indigestes les plats les mieux préparés.  A cet alliage (qui nous a fait tant de mal) Sarkozy ajoute des ingrédients qui sont de vrais  poisons : la prétention hâbleuse, la gesticulation frimeuse, la réflexion fumeuse et les récriminations injurieuses… Cela fait beaucoup ! Trop.

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15/09/2007

Strasbourg : Les blogs, une nouvelle donne dans les relations presse-pouvoirs !

L’excellente « webinitiative » de la « locale Strasbourg » des DNA…Quand « Cher Robert », s’en prend à « Cher Denis «  et à « Cher Christian »… Quand Grossmann incite à cet « anonymat » que Sarkozy dénonce…  Où le « localier »ne doit pas être  un « bocalier »… Quand la  devise de « l’ouverture » devient « Qui n’est pas avec nous est contre nous »…

Ma petite chronique strasbourgeoise:Constats locaux de portée générale.Les DNA reviennent ce matin sur la « rumeur des surprimes » dans les notations d’une option crée par Chantal Cutajar dans le cadre de ses activités d’enseignante-chercheur en droit pénal sous la plume de Denis Tricard qui, je tiens à le réécrire, a fait sur ce sujet un travail journalistique remarquable. Sur le fond, comme dans la forme.

Rien n’est plus délicat de faire un article sur une affaire qui n’en est pas une, sur une rumeur lancée, propagée et gonflée par  des manipulateurs (conscients et inconscients) et une (vraie) « intox » transformée en (fausse) info. Surtout par ces « cybercafés du commerce » que sont trop de blogs qui « débloguent »… dans un anonymat exécrable.

Tricard se devait de faire enquête et article puisque l’exploitation politicienne du dénigrement orchestré d’une action noble, novatrice et indispensable  constitue à elle seule un événement. Il l’a bien fait. Avec rigueur. Je souhaite vraiment que de nombreux jeunes journalistes aient les qualités qu’il vient d’afficher. Et ne se laissent pas manger par les dévoreurs de talents et d’énergie si nombreux dans le marres médiatico-politiques.

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Je reviendrai dans une autre note sur ce qui est titré « la contre-attaque de Chantal Cutajar » et qui me vaut bien des courriels en tous genres…Anonymes, sous pseudos,quand ils sont insultants, bien sûr…

Mais, puisque mon propos se rapporte au journalisme (et aux blogs) je tiens à faire une petite remarque de portée locale mais d’intérêt général : j’ai trouvé ridicule et, surtout,  scandaleux le commentaire laissé par Robert Grossmann sur le « blog de journalistes » que l’équipe de la « locale Strasbourg » des DNA vient d’ouvrir avec courage, intelligence et talent.

Sous le prétexte d’une information qu’il juge erronée (mais qu’il confirme en grande partie), ce tenancier d’un blog personnel (que je fréquente avec intérêt), ce Roi-blogueur de la CUS,  se lance dans une attaque en règle contre Denis Tricard et  Christian Bach, traités ouvertement et  entre les lignes, comme un patron de presse digne de ce nom n’oserait traiter ses employés.

Indignes de leur journal de la rue de la Nuée Bleue, les deux « Cher Denis, Cher Christian » ? C’est ce qu’il tente de dire, d’insinuer, ce « Cher Robert »…

Attention : Sarko n’est ni le premier ni le seul à  téléphoner aux actionnaires, ou à faire téléphoner, ne serait-ce que pour jouer du « photoshop » sur une « poignée d’amour »présidentielle…

A l’échelle locale, c’est souvent pire. Plus sournois. Le « localier » (l’accrédité à l’Elysée ou ailleurs en est un !),  doit résister aux tentatives d’être  transformé un « bocalier ». Enfermé dans le bocal des détenteurs du pouvoir (petit ou grand, fictif ou effectif). Ou des opposants d'ailleurs qui savent aussi exceller dans les désinformation.... 

Ce ne sont jamais les pressions qu’il faut condamner. Elles sont logiques. C’est l’art de se doter des moyens de résister aux pressions qu’il faut cultiver. Pour s’assurer liberté et indépendance.

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J’en reviens aux faits, en  citant RG : « Cher Denis Tricard n’écrivez pas n’importe quoi ! Ne ramassez pas n’importe quel ragot, dans n’importe quel blog partisan qui, sous votre plume, acquiert de la crédibilité. » (…) «  Cher Denis, Cher Christian Bach, Si ce blog devait être le blog des ragots, pire, le blog des fausses vérités écrites pour susciter des réactions de la part gens touchés par ces ragots ou fausses vérités, ce serait indigne. Ce n’est pas l’idée que je me fais d’un blog de dialogue moins encore de celui d’un quotidien régional qui a de la crédibilité. N’associez pas alors le nom DNA à ces bruits parfois sans aucun fondement et transcris dans le seul but de provoquer. Ouvrez un blog personnel ou même sous pseudo, ce serait plus conforme. »   

Le journaliste (quand il fait du bon boulot) passe une partie de sa vie à subir  les foudres des politiques. Cela ne date pas d’aujourd’hui, et il faut espérer que cela continuera. Un bon journaliste est un emmerdeur ou n'est pas, pour celui qui rêve de faire ce qui lui plait , sans avoir de comptes à rendre et qui ne voit l'information que sous le nom de "propagande". C'est aussi le  vieille histoire du messager qu’on tue parce que le message déplait… Que Grossmann se défoule sur des gens de presse (ou tente de les intimider ou de les manipuler)  n’a donc rien d’un événement. C’est si fréquent… « Cher Denis, cher Christian », vous en subirez d’autres…

Mais qu’une irritation entraîne le bouillant ancien patron de « l’Union des jeunes pour le progrès »  à donner des leçons de journalisme, à décourager une initiative louable et à inciter les animateurs du « webnews » de la locale des  DNA à se réfugier dans la facilité et la lâcheté des « blogueurs anonymes »,  pire à se cacher derrière des « pseudos », a quelque chose d’amoral. « Incitation à la lâcheté », c’est prévu, çà, dans un Code de mauvaise conduite quelconque?

Allons, allons, « Cher Robert »: pas de cela à un moment où  Sarkozy qui veut « jeter à la poubelle toutes les dénonciations anonymes »…Contrairement à tous les spécialistes de la lutte contre la corruption et l’économie criminelle, je lui donne raison sur ce point, d’ailleurs, à ton ami Nicolas. Et je mène combat contre les masques qui gangrènent le Net en encourageant l’irresponsabilité. Le pseudo (j’en ai et j’en utilise) n’est pas fait pas se cacher, mais pour s’amuser et expérimenter, sourire et tester, jouer et se jouer de,  non pour dire n’importe quoi, n'importe quoi, sur n'importe qui, n'importe comment.

Quel réflexe, Monsieur Grossmann !  « Cher Robert », vous avez trop de qualités intellectuelles  pour (une fois de plus) afficher de tels défauts. Et prôner de telles conduites…

Il est vrai que dans sa longue carrière politicienne, l’ancien « coach » du « jeune Nicolas », a eu l’occasion d’apprendre (et d’enseigner) sur le terrain toutes les astuces de la « politicardise ». Ces astuces qui contribuent tant au discrédit du « monde politique ». Et qui souvent se font sous couvert de l’anonymat ou par marionnettes interposées. C'est la vie...

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Résistez, « Cher Denis », « Cher Christian » avec tous vos coéquipiers ! La « blogosphère » révolutionne les circuits de l’information. Il est bien que vous tentiez d’en tirer leçons et vous vous lanciez dans cette véritable aventure qui consiste à enrichir  le Net, à participer aux entreprises de crédibilisation des blogs de journalistes, à jouer la complémentarité entre les différentes formes d’expression médiatiques, à adapter l’exercice de notre métier aux nouvelles technologies.

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Christian Bach

Le web transforme les conditions de la diffusion des infos et du débat citoyen. Il facilite évidemment les délires, les rumeurs, les campagnes de désinformation. Mais (vielle histoire du couteau !) il a bien des vertus aussi. Il est qualitativement neutre. Tout dépend de l'usage qu'on en fait...

Que la rédaction locale d’un quotidien régional prenne le risque d’assumer les responsabilités que ces nouveaux espaces de liberté impliquent vaut d’être salué, non dénoncé, attaqué, critiqué.Je l'ai fait ici le jour même de son lancement.  Le plus terrible, dans la réaction de « Cher Robert » ce n’est pas la « précision »  qu’il se croit obligé d’apporter par un « J’affirme » qui d’entrée enlève ou atténue la crédibilité du message. C’est qu’il mette en garde, menace et  condamne, dénonce l’entreprise menée en tant que telle.

Résistez et persévérez, « Cher Denis » , « Cher Christian » : L’échec de votre blog ne serait pas le votre, mais celui de ceux qui ont  du débat politique une conception qui même hors du Net ne fait pas honneur aux mots « Agora », « forum » ou…démocratie. Quand on ne supporte aucune contestation ou contrariété au sein du Conseil municipal, on peut difficilement la supporter sur le Net !

Il est vrai que le mouvement d’humeur de Robert Grossmann à votre égard ne vient pas de votre info sur le souci actuel (bien forcé) « d’ouverture » de l’équipe municipale la plus fermée de l’histoire contemporaine de Strasbourg. Tout est dans la dernière phrase du donneur de leçons en journalisme affectueusement surnommé ici et là (sur le web et dans les bons bistrots) « le Malraux de Pourtalès » ou « le Mérimée de la Robertsau ». 

Je cite encore :« Vous avez par ailleurs pris la décision d’accorder votre patronage médiatique aux effusions de madame Kalinkowa. C’est un choix, il vous regarde ! ».

Diable ! Pourquoi cette précision ? Pourquoi cette (fausse) générosité, cette (fausse) tolérance, ce (faux) respect et surtout ces (vrais)  regrets et ces (vrais) griefs ?  Le point d’exclamation final  vaut poing dans la figure sur d’autres terrains…

Là, « Cher Denis, Cher Christian », vous avez commis plus qu’une faute : un crime. De lèse-majesté. D’autant plus que les extraits du livre que vous avez publiés donnent envie de lire cet ouvrage que le tandem et ses amis considèrent comme un outrage. Pourtant, elle semble plus indulgente envers Robert qu’envers Fabienne, cette madame Kalinkowa que personnellement je ne connais pas, bien qu’elle vienne d’adhérer au MoDem.

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Denis Tricard

Vous devriez le savoir, « Cher Denis, Cher Christian », les DNA (même généreuses en espace et même  indulgentes envers les pouvoirs en place, ce qui est logique et normal) n’en feront jamais assez pour  le « tandem »… Quand je pense, comme nombre des lecteurs, aux matins qui fâchent, tant les DNA apparaissent comme le JO du Duo !

Mais pour le pouvoir bicéphale local, c’est la brosse à reluire en permanence, ou rien. Ou l’interrogation sarkozyenne faussement angoissée du « Pourquoi tant de haine ? »

La phrase la plus utilisée par le « tandem » est simple  à retenir : c’est un classique du genre… « Qui n’est pas avec nous est contre nous ». Nous ne sommes là ni dans les chuchotements, ni dans les rumeurs, ni dans les ragots… Toute la ville le sait, même sans les blogs… C'est l'un de leurs problèmes d'ailleurs. C'est dur de jouer l'ouverture avec un esprit fermé ou renfermé. Sarko est meilleur comédien: c'est sa force!

Daniel RIOT

08/09/2007

Le ballon ovale tricolore n’a pas tourné rond : Modeste leçon politique sur les limites et les leurres de la méthode Coué

Drapeaux en berne. Coq déplumé. Ballon dégonflé. Promesse n’est pas messe. Le Quinze de France nous a déçu. Nous sommes tristes avec les joueurs et tous ceux qui les entourent. Et comme leurs supporters, y compris celles et ceux qui ne connaissent rien à l’ovale et à ce « sport de  voyous joué  par des gentlemen », nous souhaitons que la route de la finale ne soit pas définitivement transformée en impasse. Rien n’est perdu…même si tout reste à gagner. C’est la loi du sport et de sa légendaire incertitude. Roger Couderc revient ! Les « p’tits gars » ont besoin de toi.

Eh ! Oui, comme la dit l’un des brillants commentateurs de TF1 à plusieurs reprises, il  y avait des Argentins en face des Français. Pire : ils se plaçaient entre nos joueurs pour leur prendre le ballon… Nos grands média les avaient tellement ignorés dans les jours précédant le match, ces Argentins ! En ne suivant que les exhortations officielles impulsées par l’Elysée (évidemment). Et par un entraîneur plutôt sympathique qui sait (aussi) faire de la publicité et de la politique et qui (fait sans précédent) est ministre désigné en congé de gouvernement jusqu’à la fin de la Coupe du monde  (Ce qui risque pour lui d’arriver plus vite que prévu…)

En fait, c’est une belle leçon de politique et de sagesse populaire (et philosophique) que nos vaillants combattants de ce gazon devenu maudit viennent de  donner…  « Les faits sont têtus », redirait Lénine. L’espérance et l’exhortation ne garantissent jamais le résultat.

C’est l’illustration des limites du  « qui veut peut ».  Il ne suffit pas de « travailler  pour gagner » (même sans les deux « plus »). Aller chercher le résultat (comme la croissance) n’est pas une garantie de le (et la) trouver. La méthode Coué même pratiquée par des êtres très doués n’assure pas les finalités.  

Les joueurs l'ont confirmés à leurs dépends...Rien ne sert de courir en permanence dans tous les sens, de se défoncer dans toutes les mêlées, de donner de la voix jusqu’à l’extinction, pour exceller dans cette « culture du résultat » plus chantée que pratiquée. La frime ne fait pas la prime. Et tout a un prix, même l’excès de  communication…

Pardon à celles et à ceux qui pensent que j’ai des réflexes trop politiques. Mais ce n’est pas là politisation du sport. C’est la conséquence de l’usage (sans modération) du sport comme dopage politique…

J’ai tellement ri en voyant, sur France 2,  Roselyne Bachelot donner des cours de rattrapages (obligatoires) à Christine Boutin sur les « deuxième lignes »  dans le TGV qui a conduit la plupart des ministres de Paris à Beaudrecourt (pardon, à Strasbourg). Ou en voyant notre Super-Président et son assistant Fillon anticiper une victoire du XV impérial qui aurait dû être d’abord la leur que je ne peux m’empêcher de me consoler de ce vrai malheur par une lueur de bonne humeur : L’heure est trop au leurre pour que la crémière  nous gratifie à la fois du beurre et de  l’argent du beurre. Limites de l’état de grâce…

Daniel RIOT

06/09/2007

De Villepin, leader de …l’opposition à Sarko ?

C’est trop drôle…Le Modem se tait, le PS dit n’importe quoi… Et de Villepin parle comme s’il était leader de l’opposition…. A trois niveaux : l’indépendance de la justice (mais oui !), l’action réformatrice de Sarkozy et le type de gouvernance de ce « Bourgeois Gentilhomme » très people qui occupe l’Elysée et est entouré de « cire-pompes »….

A une semaine de son audition dans le dossier Clearstream, l’ancien premier ministre affûte sa défense. En passant à l’attaque. Avec une cible principale, esquissée plus que dessinée : Nicolas Sarkozy…A tel point que « l’affaire  de Villepin » pourrait bien devenir « l’affaire Sarkozy », ne serait-ce que dans la mesure où travers son cas, l’ancien Premier ministre met en cause l’indépendance de la justice….Reste à savoir comment les juges qui viennent de recevoir une lettre de lui vont réagir….

 

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Dans sa lettre aux juges (révélée en partie par Paris Match) proteste contre le montant de la caution qu’il doit payer (200 000). Il réitère son innocence et met en cause l’instruction : « Permettez-moi, par ailleurs, de m’étonner du procès d’intention politique qui m’est fait. Il est plus qu’absurde de m’accuser d’avoir voulu discréditer un soi-disant rival», affirme-t-il, faisant allusion, bien sûr, à Nicolas Sarkozy. Sarkozy qu’il accuse d’avoir mis et de mettre de l’huile sur le feu : « Que penser d’une instruction, où la partie civile, en tout cas la seule qui retienne l’attention, est le Président de la République, lui-même, et à ce titre susceptible de donner à la Chancellerie toute instruction qu’il juge opportune. Etrange situation pour un Etat de droit, mais je veux croire en la justice de mon pays. Je veux croire aussi en la force de la vérité et je me battrai sans relâche pour cela ».

Dans une émission enregistrée à diffuser vendredi sur France 2, de Villepin va loin , d’un façon plus précise : « Quand on dit qu'on veut pendre quelqu'un à un croc de boucher et qu'on est ministre d'Etat, ministre de la sécurité ou président de la République, on impressionne d'une façon ou d'une autre la justice », dit-il en faisant allusion à des propos prêtés dans plusieurs livres à Nicolas Sarkozy

« Je veux comprendre », lance-t-il enfin dans cette émission (« Esprits libres »), avant de promettre qu'il demandera « excuses et réparation » : « Le 13 au soir, la fiction d'une affaire politique dans Clearstream, qui serait au cœur du dossier sera finie » (…)

« Quand on n'a rien à se reprocher, on n'a pas peur »(…) « Il n'y a rien » dans le dossier, continue-t-il, se demandant « comment une affaire internationale (qui) pouvait menacer les intérêts français" serait devenue politique « par un tour de passe-passe".

« Qui l'a organisée ? », s'interroge Dominique de Villepin : « Qui a eu intérêt pendant 3 ans à multiplier les fuites de l'instruction pour démontrer que j'étais, au fond, l'homme qui avait organisé tout ça ? Il se trouve que c'est faux et qu'on le saura le 13 septembre. »

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L'ex-Premier ministre de Jacques Chirac critique aussi Sarkozy sur le plan politique :

Il a ainsi affirmé sur Canal+ qu'il n'était « pas sûr » que la France aille mieux si l'on se « contente » d'appliquer toutes les promesses de Nicolas Sarkozy.Dominique de Villepin a préconisé de « prendre d'autres mesures » : « Faisons en sorte, puisque l'état de confiance est là, que notre économie puisse repartir sur de nouvelles bases. Ca implique aujourd'hui des dispositions fortes ».

« J'entends dire ce que je pense », avait  prévenu l'ancien chef du gouvernement, qui multiplie les interventions dans les médias depuis fin août à l'occasion de la parution de son nouvel ouvrage sur Napoléon, « Le Soleil noir de la puissance ».

Ce passionné qui aime à disséquer le pouvoir en presque chirurgien se pose en « conscience » de la majorité face à « l'esprit de cour » des « béni oui oui » et des « cire-bottes » qui menacent selon lui l'action du chef de l'Etat .

« Ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays », a-t-il dit à, invoquant l'exemple du "Bourgeois gentilhomme", personnage fat, entiché de noblesse, créé par Molière.  « On confond parfois le pouvoir et la gloire », a-t-il souligné. « Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent ».

« Je suis celui qui remplit le rôle de conscience et d'aiguillon d'une majorité qui ne doit pas s'endormir sur ses lauriers », a-t-il expliqué, rappelant les « courtisans » à la réalité d'  « une conjoncture économique difficile », d'un « investissement pas glorieux » et d'un commerce extérieur qui « atteint les chiffres les plus mauvais ».

31/08/2007

Angela Merkel sacrée (à nouveau) par Forbes

 Une « femme d’Etat » qui a su rester une « fille du peuple », loin des mirages de la « people démocratie »

Commentaire Relatio par Daniel RIOT : Sarkozy peut toujours tenter de la taquiner ou de la charmer, comme si elle avait ce sens de l’humour des people, des femmes qu’on peut séduire par un bon mot ou un sourire complice. Ses adversaires (y compris au sein de la CDU où les machos nostalgiques des Trois K, Kinder, Kirsche, Küche, ne manquent pas) peuvent toujours ironiser sur son physique qui  n’est pas celui qui fait vendre les magazines, sur son coté bobonne ou, plus sérieusement, sur son conservatisme. Les caricaturistes en cassent leurs crayons… Angela MERKEL n’est pas de ceux qui finissent pas ressembler à leurs caricatures et de faire comme s'ilsimitainet leurs imitateurs...

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La « maman de la nation » a su se faire respecter, dans son camp et chez ses alliés-adversaires de la grande coalition. Chez ses partenaires européens et chez ses interlocuteurs internationaux surtout. Avec des qualités à l’opposé de celles de Sarkozy.

En sachant rester simple et proche des gens. En ne jouant qu’un rôle, le sien, sans se glisser dans les personnages de la «Commedia dell'arte » politico-médiatique d’aujourd’hui.

Quand elle va dans un supermarché, c’est pour faire ses courses, non pour faire un coup médiatique (de plus), avec le patron de la chaîne, devant les caméras…

Quand elle fait un discours, c’est pour faire progresser un dossier, non pour tenter d’améliorer son image, et faire parler d’elle.

Quand elle va en Chine, ce n’est pas pour poser devant la Grande Muraille pour gagner en « bravitude ».

Elle n’a pas été nourrie par les fantasmes et les rêves des illusions de la société de consommation, du star-système, du strass des fausses réussites de la « people society », de la « jet society »,   avec fréquentation des « pipôles », des célèbres et des fortunés… Et elle ne confond pas l’être et le paraître, le savoir-faire et le faire-savoir, les effets de manche et les vraies décisions. Celles qui sont dictées par le souci de concilier l’urgence et l’avenir, la gestion et la vision. Celles qui améliorent le cours des choses sans qu’on ait besoin de faire appel à la méthode Coué et de faire la Une des journaux tous les jours, sans « être en campagne électorale en permanence », sans se vouloir directrice des relations humaines de la gauche allemande tout en menant une politique intérieure de droite.

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Les Allemands ont bien de la chance. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’aient pas de problèmes…Kohl (le « père » proprement « tué ») n’a pas fait d’erreur de casting avec cette fille de pasteur et d’institutrice qui a su devenir « femme d’Etat » en restant « fille du peuple ». Qu’elle soit, pour la deuxième année consécutive, en tête du hit parade des « femmes influentes » de Forbes n’a rien d’étonnant. Si le palmarès concernait l’ensemble des femmes et des hommes d’Etat, elle serait en tête aussi, sans doute. Et cette année nul besoin de se creuse pour désigner « l’Européen de l’année » : c’est déjà elle. Loin devant tous les autres…

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C’est qu’elle sait marier idéaux et réalisme. Qu’elle a placé les valeurs du Conseil de l’Europe et l’amélioration du « vivre ensemble » au cœur de son action. C’est qu’elle a pleine conscience de la fragilité de la démocratie et des Droits de l’Homme. Elle le montre chaque jour en Allemagne, où elle multiplie les campagnes pédagogiques, et les mesures qui allient intelligemment prévention et répression. Elle vient encore de le confirmer lors de sa visite en Chine. Comme elle l’avait montrer face à Poutine et à Bush. Et en bien des domaines (y compris en termes d’endettement et de budgets mais aussi d’action sociale), « l’Allemagne de la grande coalition » (que peu d’observateurs français voyait durable et efficace) a bien des leçons à  donner à ses voisins et partenaires. 

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Peut-être parce qu’elle vient de « l’Est », elle sait mieux que d’autres tirer les leçons des deux totalitarismes qui ont tant fait de ravages en cette terre d’Europe. Peut-être parce qu’elle a une philosophie d’action authentiquement personnaliste sait-elle mieux que d’autres donner du sens au mot valeur. Peut-être parce qu’elle est femme sans jouer frivolement à la fois d’une féminité exhibée et d’un féminisme proclamé sait-elle mieux que d’autres que la personne humaine importe plus que le genre ou le sexe qui la porte. Merci d’exister, Madame.

Daniel RIOT

PS: Angela Merkel arrive pour la deuxième année consécutive en tête du classement Forbes des femmes les plus puissantes du monde. La chancelière allemande devance Mme Wu Yi, vice-Premier ministre chinois, et Mme Ho Ching, PDG d'une société publique singapourienne. Parmi les 10 premières femmes on retrouve cinq Américaines et trois issues de l'Asie. Condie Rice, secrétaire d'Etat US, glisse du 2e au 4e rang A noter que 2 ministres du gouvernement Sarkozy, Michèle Alliot-Marie et Christine Lagarde, se classent respectivement 11e et 12e. Hillary Clinton arrive pour sa part à la 25e place

L’Europe entre libéralisme et dirigisme : un double échec…plein de promesses !

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : En panne, l’Union ? Mais non… Derrière l’impasse institutionnelle et les grandes hésitations idéologiques se profilent deux échecs qui peuvent être salutaires. Celui de l’Europe à la « française » : on se dit « européen » mais on refuse de donner à l’Union les moyens de ses ambitions. Celui de l’Europe à l’anglaise : L’union ? Un simple « super marché »…Des échecs, il faut tirer leçons...

C’est l’échec de l’Europe « à la française » qui avait laissé le champ libre à l’Europe « à l’anglaise ». Mais celle-ci est en échec, aussi.

Après le rejet de la directive Bolkestein qui devait ouvrir les marchés de services à la concurrence, voici le refus des OPA transfrontières dans l'électricité au profit de la constitution de « champions nationaux ». « L'Europe des services est morte, l'Europe de l'énergie aussi », résume Eric Le boucher dans Le Monde.

Les échecs ne sont jamais réjouissants. Ils entraînent même au niveau européen des replis nationaux qui sont des régressions. L'idée (fausse) s'est peu à peu  installée telle une « pensée unique » : la sécurité énergétique est mieux assurée par soi-même, au niveau de la nation, qu'au niveau de l'Union. Par défaut, c’est vrai… Mais ce n’est vrai que par défaut…

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Sarkozy et l’économie européenne : De bons diagnostics, mais pour quels remèdes ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: Barroso a raison de se féliciter de l’esprit de volonté en Europe de Sarkozy… Les hasards du calendrier font que la visite en France du Président de la Commission coïncide avec le discours du chef de l’Etat sur l’économie devant l’université d’été du Medef.

Passons sur son sens de l’humour et sur son besoin de se nourrir d’une autosatisfaction dont les disciples du docteur Coué devraient tirer parti pour améliorer la célèbre « méthode ». Passons aussi sur ses accents à la Guizot sur le « travaillez plus pour gagner plus ». Passons encore ici sur les aspects strictement intérieurs de son intervention. Passons enfin (pour nous en réjouir) sur ses nouveaux pillages du programme présidentiels de Bayrou. Et n’en restons qu’à l’Europe. Où il dit des choses justes, mais où il en reste (trop) au diagnostic.

Sarkozy l’avait déjà dit : il veut remettre de la politique dans les affaires européennes. Il a raison. Il le faut. Comme il faut lier économie et social, économie et écologie, monnaie et économie, compétitivité et solidarité. Comme il nous faut revenir sur ce qui a fait l’une des clefs de la réussite des « pères de l’Europe » : protection d’abord donc préférence communautaire.

En fait, au-delà de sa rhétorique et de sa dialectique, le Président de la République propose une redéfinition du « libéralisme » dans l’optique de « l’économie sociale de marché » qui constitue le fondement et le but de l’Union européenne, du « libre-échange » dans la réalité d’une mondialisation qui n’existe pas puisqu’elle accentue les inégalités, les avantages des spéculateurs, les pratiques de « dumping » (social, fiscal, environnemental, monétaire), de la « politique industrielle » en une mode d’un économisme plus doctrinaire que réaliste.
Oui, il faut un vrai gouvernement économique de l’Euroland : il faudrait même un vrai gouvernement européen- ce que ne sont ni la Commission ni le Conseil européen

Oui, il faut que les échanges internationaux qui reposent sur la transparence et le principe de réciprocité.

Oui, il faut renouer en tout et pour tout secouer les idées reçues, bousculer les tabous, tout mettre en débat…y compris ses propres idées.

Mais, en dehors de la recherche, de la promesse d’une meilleure administration fiscale, d’une vraie rupture avec l’ignoble tradition française des dénonciations anonymes, Sarkozy se doit de se montrer plus concrets. Pas de solution au pouvoir d’achat en panne, pas de solution au gouffre de la dette (ce boulet de l’économie française que seul Bayrou avait bien évalué), pas de solution concrète à une redéfinition de la stratégie commerciale de l’Union. Un discours qui aiguise l’appétit, donc nous laisse un peu sur notre faim. Nous ne sommes plus en campagne électorale… Sarkozy doit apprendre à rompre avec sa rupture verbale, pour engager une vraie rupture dans l’action. Ropre avec le volontarisme pour afficher une vraie VOLONTE dans l'action.

Daniel RIOT

 

 

28/08/2007

Europe/Turquie : ET MAINTENANT ? Le nouveau ton de Sarkozy apprécié à Bruxelles et sur les rives du Bosphore

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

« Il s'agit d'un discours riche en idées nouvelles », dit l’un des porte-parole de la présidence portugaise de l'UE sans dire si Lisbonne allait suivre Sarkozy dans son idée de créer un Comite de Sages pour « réfléchir » aux structures, aux missions donc aux frontières de l’Union en 2020/30. Et de poser cette réflexion comme condition à la poursuite des négociations avec la Turquie.

La Présidence portugaise a un objectif majeur (le nouveau traité) et quelques priorités (dont le sommet euro-africain) qui rejoignent tout à fait les préoccupations françaises, mais elle ne veut pas que la question essentielle mais complexe des frontières ( à définir ou non) de l’Union rendre le chemin plus difficile. Elle a raison. Même si le souci de Sarkozy est plus que louable. Nous devons savoir vers quelle Union nous allons, où nous voulons et pouvons aller. Les Turcs aussi d'ailleurs devraient le savoir...

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« Une contribution importante », lâche le président Barroso (couvert d’éloges par Sarkozy) en faisant notamment allusion aux propos du Président français  sur la Turquie… D’autres responsables  de la Commission décortiquent avec une extrême attention le "discours aux Ambassadeurs" de Sarkozy.

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La plupart partagent les appréciations élogieuses faites par RELATIO. Que l’Union soit définie comme la « priorité des priorités » de la diplomatie française avec une telle vigueur est une excellente nouvelle. Que Sarkozy ait éprouvé le besoin de se défaire de l’image de « Cavalier seul » et de « Sarkopoléon » qu’il commençait sérieusement  à avoir dans les milieux communautaires est un signe rassurant. Qu’il tente de sortir de son isolement sur la « question turque » est encourageante : « Les cyniques sont des gens réalistes » ironise un haut-fonctionnaire…

Sur le fond, les avis sont partagés. Pour certains, Sarko a amorcé un vrai tournant qui peut débloquer bien des choses. Pour d’autres, la levée de ses réserves sur la poursuite des négociations avec Ankara dans le maintien de sa préférence pour une association étroite, complique encore la gestion du dossier.

Sur à sa position envers la Turquie, Sarkozy a deux grands atouts : les opinions publiques européennes qui partagent ses sentiments et les arguments des  militants européens qui, comme la Présidente du mouvement européen France, l'excellentente  Sylvie Goulard (Le grand turc et la République de Venise) , estiment qu’un élargissement à la Turquie bloquerait sérieusement tout espoir d’une union européenne politique.

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Atatürk

Mais Sarkozy a une série de handicaps très sérieux :

1) Le respect des paroles données et des engagements pris compte au niveau des Etats. A travers Chirac, c’est la France qui s’est engagée sur la voie des négociations d’adhésion de la Turquie qui, on l’oublie trop, est membre (le 13ième) du Conseil de l’Europe donc de la famille européenne depuis la 9 août 1949. S’en tenir à des notions géographiques et arbitraires. Seule la Thrace est d’Europe (géographiquement), mais comment oublier que le site de Troie est d’Asie mineure…Et que montre en mains, en respectant les limitations de vitesse, il ne faut qu'une minute pour traverser le Bosphore.

2) En termes économiques et géostratégiques, la France ne peut pas se couper de la Turquie (où les francophones et les francophiles sont nombreux). Sarkozy s’en est vite rendu compte. Dès mai, il   avait dépêché,  à Ankara, son conseiller diplomatique Jean-David Lévitte, afin de tenter de réparer une relation bilatérale franco-turque empoisonnée par la question de l'adhésion, par les violences verbales du « candidat Sarko » et par le vote en France d'une loi sur le génocide arménien (loi qui illustre trop, indépendamment de la tragédie arménienne, la confusion des genres entre politiques et historiens…). La Turquie avait  mis des restrictions au survol de son territoire par des avions militaires français en route pour l'Afghanistan,  elle avait tenu GDF à l'écart du projet de gazoduc Nabucco et elle faisait savoir que  les relations bi-latérales …se faisaient à deux.

3) Que faut-il entendre par « partenariat privilégié »? L’expression sonne bien, mais que recouvre-t-elle ? En l’état, rien. Rien d’autre que ce qui existe déjà… depuis 1963, pour caricaturer. L'union douanière en témoigne. La Turquie figure déjà dans la politique de voisinage de l'UE. Les coopérations euro-turques se développent dans tous les secteurs, y compris culturels. Et s’il est un pays où le dialogue Islam-Europe peut prendre tout son sens, c’est bien la Turquie (avec le Maroc). Quant à l’intégration de la Turquie dans l’union méditerranéenne (encore bien floue) proposée par Sarkozy, elle s’impose par simple bon sens…

4) L’ouverture faite lundi en faveur d’une reprise des négociations sur 30 des 35 chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie comporte une ambiguïté. Les Vingt-Sept avaient  décidé de ne pas ouvrir les huit chapitres  concernant l'Union douanière, puisque la Turquie ne reconnaît toujours pas Chypre. Ce qui est en soi un scandale:les négociations avec les héritiers d'Atatürk n'auraient jamais dû commencer sans un règlement de cette "affaire chypriote". 

Or, les cinq chapitres exclus par Sarkozy font abstraction de cette décision qui porte sur huit. Maladresse dans la préparation du discours ? Légèreté coupable de Sarkozy ? Manque de réflexion ? D’ailleurs quels sont ces cinq chapitres ? « Le Monde », citant des sources élyséennes, écrit que les  cinq sujets sur lesquels M. Sarkozy ne veut pas entendre parler de négociations sont l'agriculture, la politique régionale, la citoyenneté européenne, les institutions, et l'Union monétaire.

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« Il n'est pas approprié de parler du nombre de députés turcs au Parlement européen, ou du poids de la Turquie au Conseil, car ces questions présupposent une adhésion à l'Union », explique un diplomate. Cela se comprend. Cela rejoint d’ailleurs la position de la chancelière allemande, Angela Merkel, dont  les idées sur ce sujet ne sont pas celles de ses alliés sociaux-démocrates de la grande coalition, plus favorables à l'adhésion claire, complète et rapide. Et trop indulgents ou trop peu vigilants face aux manquements turcs à Chypre, à l’extrême fragilité de la démocratie turque, à l’ampleur du défi kurde…et aux risques d’un élargissement qui serait synonyme d’affaiblissement…

Dans ce contexte, le changement de ton de Sarkozy a un inconvénient : il ne clarifie en rien les objectifs, ce qui n’est pas fait pour alléger le poids asphyxiant des arrières pensées, coté Bosphore comme coté Seine.

Il a un avantage : il peut contribuer à dépassionner le débat. C’est important à un moment où la Turquie sort démocratiquement d’une crise chargée de périls à la gravité généralement sous- évaluée. Entre charia, loi martiale et chaos.

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>>>Il doit être clair que le succès de ces négociations doit dépendre de l’ampleur, de la profondeur, et de l’inscription dans la durée des réformes indispensables pour que la Turquie répondent aux critères de l’Union. (Ce dont ne veulent pas bien des milieux turcs, au nom de l’islam ou de l’islamisme).

>>>Il doit être clair également que tout élargissement à la Turquie doit être PRECEDE d’un renforcement POLITIQUE de l’Union. (Ce que ne souhaitent pas ceux qui, Britanniques en tête, misent sur la carte turque pour diluer au lieu de consolider)

>>>Il doit être clair enfin que les négociations euro-turques dépendront en partie des réactions et de l’Union et de la Turquie aux séismes géopolitiques qui n’ont pas fini de secouer l’ex- flanc sud-est de l’OTAN au balcon d’événements imprévisibles mais…annoncés au Moyen et au Proche-Orient, autour de la Mer Noire (devenue lac turc), dans le  Caucase... Zone sismique! 

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Autant dire que les réponses à cette « question turque » dépendront de  l’aboutissement de processus à plusieurs inconnues… Se prononcer pour ou contre l’adhésion de la Turquie à l’Union aujourd’hui, surtout en fonction de l’opinion publique d’aujourd’hui, tient soit de l’aveu de préjugés, soit d’un grand sens du jeu… Etalage d’arrières pensées ou pronostics.  

Sur un tel dossier, on ne décide pas en 2007 ce qui doit l’être en 2015 dans la meilleure des hypothèses. Et on ne prépare pas l’avenir les yeux fixés sur le seul rétroviseur… Le « Grand Turc » n’est plus ce qu’il était, mais la « République de Venise » non plus. Le « syndrome de Poitiers » nous a joué bien des tours, ne nous laissons pas enfermer par celui des « Sièges de Vienne »…

Daniel RIOT

.DOSSIER >>>>>>

SUR TOUTEL’EUROPE >>>>>

27/08/2007

La France en Europe: Sarko met le turbo... Bravo!

EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT:OUI. J’applaudis. Et j’invite à applaudir, si tant est que cette exhortation ne semble pas présomptueuse. Qui d’ailleurs, de bonne foi, pourrait ne pas applaudir au discours de Sarkozy devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France ?

On peut, bien sûr, contester ceci ou cela. Déplorer par exemple que la protection civile européenne et l’Europe de la Justice ne figurent pas dans les priorités définies pour l’Union. Bien sûr… Entre autres. Mais pour l’essentiel, dans le fond comme sur la forme, Sarkozy a tout fait (et bien fait) pour réunir une adhésion nationale, par-delà les clivages politiciens, à sa ligne diplomatique. Et, surtout,  pour atteindre ses objectifs au niveau européen.

Le dessein est clair. Les dessins restent à peaufiner en tenant compte des opinions des autres. Mais la voie tracée est bonne et la voix est forte. Y compris dans des clarifications fermes qui peuvent déplaire. Sur la Russie « qui joue d’une certaine brutalité de ses atouts ». Sur la Chine. Sur les nécessaires réformes pour que l’expression « ordre mondial » prenne (enfin) du sens (conseil de sécurité élargi, passage du G8 au G13, meilleur équilibre au sein du FMI). Sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Union.Sur l'intelligence recouvrée dans les relations franco-américaines.

Dans une optique européenne, trois faits essentiels à mettre en relief :

1)      L’affirmation nette que « l’Europe est la priorité absolue » de la diplomatie française. Pas seulement dans les discours mais dans les faits. Y compris à travers des initiatives extra-communautaire : l’Union méditerranéenne ne se fera ni contre ni sans l’Union. Le renforcement des liens (sur de nouvelles) avec l’Afrique se fera  dans le même esprit. Les relations franco-américaines, aussi.

2)      La volonté de travailler « collectif ». L’insistance mise à louer les institutions européennes (la commission Barroso notamment)  est à cet égard chargée de sens.  Accusé de trop jouer le  "cavalier seul", Sarkozy se veut le premier des équipiers. Sans arrogance (ce qui est important), mais avec franchise: on ne surmonte pas les divergences par des "non-dits". Pourvu que ses actes soient conformes à son discours! 

3)      Le sérieux de la préparation de la présidence française de l’UNION, avec trois priorités (immigration, énergie, environnement), un souci majeur (définir une « nouvelle stratégie européenne de sécurité » par une relance de l’Europe de la défense) et une réflexion de fond, par un Comité de Sages sur une question clef : « Quelle Europe pour quelles missions en 2020/2030 ».Une question qui  inclut bien sûr celle des frontières de l’Union, donc la « question turque »…qui doit comme il le souhaite être dépassionnée.

Si l’on ajoute à cela, l’accent mis à plusieurs reprises sur le primat des droits de l’homme, on voit bien que la diplomatie « active » de la France entre dans une ère nouvelle. De quoi, sur un plan franco-français, donner à Kouchner, Jouyet et Bockel de nouvelles raisons de se féliciter pour leur choix… Et de quoi, au  niveau européen, espérer un euro-dynamisme recouvré et salutaire. Comme dans les plus belles années Mitterrand-Delors… Si Sarkozy réussit à nouer avec Merkel les liens permanents et confiants que Allemands et Français savaient entretenir sous l’ère Mitterrand-Kohl. C'est possible. Il est même posible et souhaitable de faire mieux, sans que le moteur franco-allemand ne tourne que sur lui-même.

Sarko sur l'Europe met le turbo: Bravo!

Daniel RIOT

 

 
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