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20/02/2008

Politique et affaires: Le chef de l'Etat s'expliquera-t-il sur le "scandale du 1,25 millirds d' €" en marge de la fusion SUEZ-GDF?

La suite des révélations de RELATIO


Lettre ouverte

 

 

à SARKOZY

 

Nouvel épisode dans le scandale du 1, 25 milliard d’€ d’argent public dont aurait bénéficié le groupe Albert FRERE :Face au silence qui entoure les révélations de RELATIO et à l’absence de réponse à ses messages adressés à l’Elysée, Jean- Marie Kuhn  a adressé  une lettre ouverte au Président de la République que nous publions ici en intégralité.


 

Monsieur le Président de la République,

 

Lors de la remise de la Grand’Croix de la légion d’honneur à Monsieur Paul DESMARAIS, vous avez déclaré :

 

" Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul DESMARAIS. " " Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt, et il me disait: il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi. "

 

Ainsi donc, de votre propre aveu, vous devez votre élection à la stratégie de Monsieur  Paul DESMARAIS dans laquelle l’affaire CLEARSTREAM a été déterminante.

 

CDC, QUICK, EIFFAGE, SUEZ, GDF ainsi que cette décoration rarissime réservée à nos véritables héros sont des contreparties nombreuses et importantes, qu’on en juge :

 > le Groupe FRERE-DESMARAIS a réussi à faire débourser à la Caisse des Dépôts et Consignations 1,25 Milliard € à la fin de l’année 2006 au travers d’opérations troublantes, et encore le mot est vraiment faible,

  > janvier 2007, le Groupe FRERE-DESMARAIS est ainsi en mesure de payer 798 Millions € pour se renforcer dans SUEZ au point d’être devenu incontournable en détenant 13,4% des droits de vote,

  >la fusion SUEZ-GDF fera de Messieurs FRERE et DESMARAIS les grands gagnants aussi bien en termes d’argent que de pouvoir ; j’estime en effet à plus de 20 Milliards € le total des gains à l’horizon de cinq années. 20 Milliards € que se partageront deux milliardaires étrangers pendant votre quinquennat ! 

 

A chacune des étapes importantes du processus c’est vous qui déteniez le pouvoir :

 

-en 2004 en tant que Ministre de l’Economie et des Finances vous ouvrez le capital de GDF tout en vous engageant à ce que l’Etat ne descende jamais en dessous de 70%,

 

-en août 2006, après avoir fait mine de ne pas soutenir la fusion vous effectuez un revirement spectaculaire en faisant voter la fusion par le groupe UMP que vous présidez,

 

-fin 2006, lorsque la CDC débourse 1,25 Milliard € pour le Groupe FRERE-DESMARAIS, vous êtes le n° 2 du Gouvernement, Président du parti majoritaire, et votre influence est telle qu’évidemment ces opérations n’auraient jamais pu se faire sans votre assentiment, 

 -en août 2007, en tant que Chef de l’Etat, vous arbitrez en faveur du Groupe FRERE-DESMARAIS, en présentant les conditions comme avantageuses pour l’Etat grâce à la sortie du pôle environnement dont on apprendra plus tard qu’il a été promis à …Albert FRERE,

 -en décembre 2007, vous publiez les deux décrets nécessaires à la fusion, alors que le Ministère de l’Economie venait de  m’inciter -le 5 décembre- à porter plainte après quatre mois d’enquête confiée à sa direction juridique et financière. Cette plainte a été classée en quatre jours à peine, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles procédures qui démontreront le lien entre toutes ces affaires.

 Le véritable barrage que vous avez érigé à l’Elysée, à Matignon, à la Chancellerie et au Minefi  m’ont bien fait comprendre que la moralisation du capitalisme et la défense des victimes ne sont que des slogans chez vous. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de mes sentiments distingués.

Jean-Marie KUHN

10/02/2008

Sarkozy et l’Europe ou le retour aux choses sérieuses…

EDITO RELATIO PAR DANIEL RIOT
Un peu de solennité. Cela ne peut pas faire de mal à un moment où la République souffre d’une incontestable désacralisation de la fonction présidentielle…  

Un peu d’Europe au « 20 heures ». Cela fait du bien  même si une allocution du chef de l’Etat ne compense pas le silence pesant qui provoque logiquement la vague d’indifférence européenne qui s’est abattue sur la France. « Vive l’Europe Vive la France », avec des constats de bon sens sur l’impérative nécessité de poursuivre, d’intensifier et ‘améliorer l’Union européenne si l’on veut que l’Europe se subisse pas les évolutions du monde. Cela peut réveiller quelques consciences trop endormies. Et trop peu soucieuses des vrais enjeux du monde.

Bravo à   Sarkozy, donc : un chef d’Etat doit d’abord être un pédagogue. Et une mobilisateur d’énergies. L’Europe,  c’est  (vraiment) « du séreux ».

Sue le fond, l’autosatisfaction affichée ne fait pas de miracle. Les appels au « rassemblement » autour des valeurs européennes et des objectifs d’une Union plus proche des citoyens n’ont guère de chances d’être entendus dans le contexte actuel. Et  la « Force  de proposition et d’entraînement » de la France en Europe sera plus grande si l’économie et les finances françaises n’inquiétaient pas autant nos partenaires…

Daniel RIOT

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27/01/2008

Scandales financiers et démocratie…, par Daniel RIOT

Nicolas Sarkozy contre "un système financier qui marche sur la tête"

a24c3264e1a9bf5fda4a198cbd472466.jpg« Si on peut faire des profits en quelques heures, on peut faire des pertes gigantesques en quelques heures aussi" déclare le chef de l'Etat… C’est le propre de l’économie-casino qu’est devenu l’hyper-capitalisme mondial en effet. Mais doit-on se résigner à ces jeux d’une géofinance qui fait aussi que les gagnants appartiennent à la classe dirigeantes de cette oligarchie planétaire et que les perdants sont toujours la masse des petits porteurs, des salariés et des consommateurs ?

COMMENTAIRE RELATIO par DANIEL RIOT

La question est là. Avec des réponses d’autant plus difficiles à trouver qu’elles ne sont pas dans les slogans, les réflexes et les références des néo-(archéo) marxistes (qui souvent devraient relire l’auteur du « Capital »…

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26/01/2008

En marge de la fusion SUEZ-GdF: Finances et politique ou Un parfum de scandale ( suite )

"L’Affaire GAF " (en marge de Suez-GdF) : Le plaignant menace de déposer deux autres plaintes, une en France, l’autre en Belgique

EXCLUSIF RELATIO

Deux nouvelles plaintes vont sans doute être déposées, l’une en France, l’autre en Belgique. L’affaire de la « plainte mystérieuse » que RELATIO révélait lundi en marge de la fusion Suez - GDF devrait donc connaître de nouveaux rebondissements… Si après l’excès de vitesse, la mécanique judiciaire ne tombe pas dans des excès de lenteur…  En attendant, cette « affaire GAF » semble créer quelque embarras au sommet de l’Etat.

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23/01/2008

STARkozy – Bruni : Amour, gloire et beauté à Elysée-Bollywood


Le clin d’œil coquin de CLIO sur RELATIO

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« Elle » n’a pas fait, finalement,  le voyage aux Indes… Ce qui a évité bien des problèmes protocolaires ! Sur  « Elle », Papy Riot (j’écris cela affectueusement) me dissuade depuis des semaines d’écrire quoi que ce soit. « Les    histoires de cœur, de cul et de cour de la République française n’ont que l’intérêt qu’on leur donne »… Pourtant, quand on veut une « Europe sexy », on saute (si je peux dire) sur une Carla Bruni qui passe par là, non ? Ah ! Les hommes… Mon directeur n’a d‘yeux, semble-t-il, que pour qu’Angela Merkel (sur Relatio, bien sûr,  car par ailleurs…). Elle est bien, Angela, mais les Allemands eux-même l’appellent « Das Merkel ». Avec ce neutre qui n’a pas d’équivalent dans notre langue plus bisexuée…

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21/01/2008

LE MARIAGE SUEZ-GdF : UN PARFUM DE SCANDALE


UNE INFORMATION EXCLUSIVE DE RELATIO


Une  plainte contre X et Albert Frère  pour « pacte de corruption » a été rejetée d’une façon expéditive. Mais  un litige privé débouche sur des « affaires » qui risquent de retarder encore le mariage. Et qui jettent une nouvelle ombre sur le « capitalisme de la barbichette » et la « République des renvois d’ascenseurs »…  

 

par Daniel RIOT

 

Après des fiançailles longues et mouvementées, la fusion Suez-Gaz de France qui doit transformer deux « grands » en un « géant » mondial (bien tricolore) de l’énergie pourrait être (encore) retardé par une de ces scènes vaudevillesques où dans la salle des mariages, avant l’échange de deux « Oui » programmés, une voix s’oppose au dernier moment à l’union attendue. Cérémonie perturbée, fête annulée…ou au moins retardée ! En l’occurrence, ce ne serait pas une affaire de famille, mais d’Etat. Qui pourrait bien se lever dans la salle des mariages et faire entendre sa petite voix ?


L’un des leaders des syndicats qui s’opposent à cette fusion pour faire monter les enchères ?

Non. Une décision de justice attendue pour demain mardi doit débloquer (ou retarder encore) le processus légal de concertation chez Gaz de France alors qu’il est bouclé au niveau européen depuis quelques jours chez Suez.

Un porte-parole d’une organisation de défense des consommateurs inquiets des répercussions à moyen et long terme de cette fusion sur les tarifs d’une énergie de plus en plus rare donc chère ?

Non. Après plus de deux années de courses d’obstacles en tous genres, la force du capital et la puissance du politique ont su déblayer ce terrain-là comme d’autres.

Un dirigeant  d’une entreprise rivale qui rêve de revanche sur une OPA manquée ou de sabordage de cette grande illustration du « patriotisme économique «  à la française ?

Non.La Commission de Bruxelles a donné son feu vert à la fusion (à la concentration) et tous ceux qui pourraient être tentés de jouer les gêneurs semblent résignés. Même si dans la corbeille de mariage jolis lots restent à enrubanner, comme l’avenir de Suez-Environnement…

En fait, c’est un homme d’affaires lorrain qui n’a rien à voir ni avec Suez, ni avec Gaz de France ni avec le monde opaque de la « république des copains et des coquins », comme on dit pudiquement, qui à partir d’un litige privé non réglé avec le tout puissant groupe d’Albert Frère, a de fil en aiguille,   fait des découvertes.

Celles-ci ne peuvent  surprendre que ceux qui sont étrangers à ce monde mystérieux qui, dans l’ombre, tire les ficelles et (les bénéfices) de ce que Laurent Mauduit[1] appelle le « capitalisme de la barbichette » et  la « démocratie des renvois d’ascenseurs »… De quoi mettre de l’eau dans le gaz, comme dirait Le Canard enchaîné. De quoi, surtout, faire exploser une de ces bombes puantes qu’on appelle « scandale » !

Plainte contre X, contre Albert Frère et contre d’autres personnes physiques et morales identifiées ou à identifier, a été déposée. Mais en trois jours, le vice-procureur de la section financière du tribunal de Paris a décidé de la classer sans suite. Non parce que le plaignant n’était pas fondé à porter plainte, mais parce que sa plainte était « insuffisamment caractérisée ». Belle formule juridique, très… caractéristique d’un beau recours à la subjectivité des magistrats.

Première surprise et première question : Qui disait que la justice française était lente ? Il lui arrive d’être très rapide. La preuve. Trois jours, c’est vraiment court…

Pourtant  le dossier, dont RELATIO a pu prendre partiellement connaissance, touche à plusieurs affaires qui s’additionnent, s’entrecroisent et s’entrechoquent…Etrange que l’on puisse se faire une idée claire de ce qu’il contient et de ce qu’il pourrait induire aussi rapidement.

Pourtant, il est question de « délinquance et de criminalité financière en bande organisée », de « pacte de corruption », d’étranges croisements entre deniers publics et capitaux privés. Rien de moins ! Ce ne sont pas là des accusations légères. Etrange que face à de telles accusations,aucune plainte ne soit pas déposée… contre le plaignant pour « plainte abusive » ou diffamation.

Pourtant,  l’argumentaire est riche de noms qui sonnent aux oreilles, de références qui résonnent dans les têtes et de réseaux qui  mettent en cause des ministres (anciens et nouveaux), des hauts fonctionnaires, des avocats d’affaires, des financiers, des organismes tels que la Caisse des Dépôts et Consignations… Nous n’allons pas ici citer tous les noms qui d’une façon ou d’une autre figurent dans cet épais dossier. Ce serait fastidieux. Et citation n’a pas toujours, heureusement,  signification.

Mais le plaignant, qui a résisté à la tentation de médiatiser cette affaire (« par respect pour les intérêts de la France » et par « crainte de voir politiser » malgré lui une affaire qui le touche d’abord dans ses intérêts professionnels et perturbe depuis des années sa vie personnelle)   a démêlé des fils qui le conduisent…à l’Elysée.

Sarkozy a-t-il été informé des démarches par lui effectuées auprès de ses conseillers et collaborateurs les plus directs ? C’est la deuxième question. Essentielle.

L’affaire du Cercle de jeux Concorde et « François Rouge »  bien « légère » à coté des  faits réels ou présumés signalés dans son dossier par le plaignant lorrain qui a été invité, si nos renseignements sont bons, à se porter partie civile.

Il serait donc ainsi incité à prendre la responsabilité d’une procédure qui, elle, serait forcément longue, très longue,  trop longue pour retarder encore un peu plus le mariage Suez-GdF. De surcroît, cette nouvelle plainte ne règlerait en rien le litige dont il est victime.

Ces dernières remarques vont sans doute être jugées déplacées, puisqu’elles risquent de faire sous-entendre que le rejet de la plainte dont il est question ici aurait pu être dû à des considérations qui ne sont pas que juridiques ou judicaires. Encore ces liens incestueux entre justice et politique ? 

Nous  n’avons aucun élément nous permettant de jeter une telle suspicion. Il ne s’agit là  que d’un réflexe de bon sens  exprimé évidemment avec le  sourire du naïf qui veut toujours croire à la pleine indépendance de la justice… D’autant que l’on nous promet un « Etat exemplaire ».

Plus sérieusement, nous serions tentés d’en rire davantage si une fois de plus, ce dossier brûlant ne mettait pas en relief l’impérative nécessité de mettre un peu d’ordre et d’éthique dans les liaisons dangereuses entre politiques et affairistes. « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette », c’est un jeu drôle pour les enfants, mais une démocratie moderne devrait en finir avec ces jeux de rôles.

Daniel RIOT

EXTRAIT DE LA PLAINTE DEPOSEE CONTRE X, ALBERT FRERE ET CONSORTS…

En conclusion de tout ce qui précède, les faits rapportés ci-dessus et détaillés dans le dossier joint à la présente, sont constitutifs de manière incontestable des infractions pénales ci-après:

• Prise illégale d'intérêt: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 432-12 du Code Pénal;

• Soustraction et détournement de biens: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 432-15 du Code Pénal;

• Escroquerie: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 313-1 et suivants du Code Pénal;

• Abus de confiance: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 314-1 du Code Pénal; à la saisine de la justice: faits prévus et réprimés par les dispositions des

• Entrave articles 434-1 et suivants du Code Pénal.

Il appartiendra  à l'enquête de préciser quels sont les réels tenants et aboutissants de ces opérations répréhensibles et notamment si elles entrent dans les très probables qualifications suivantes:

 >Corruption passive et trafic d'influence commis par des personnes exerçant une fonction publique: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 432-11 du Code Pénal;

>Corruption active et trafic d'influence commis par des particuliers: faits prévus et réprimés par les dispositions de l'article 433-1 du Code Pénal;

 

 

Fiche sur Albert Frere

 



[1] « Petits Conseils », par Laurent MAUDUIT. Stock, 2007

06/12/2007

Kadhafi chez Sarkozy : Un Führer au Ritz… pour parler culture.

« Vous êtes invités au Ritz, le 11 décembre ? »… Rien n’est trop beau, trop grand et trop cultivé pour le Colonel qui dirige en « Guide » la Libye, pour cet ancien « ennemi public » n°1 des démocraties, de l’Europe, de l’Occident, pour ce preneur d’otages, ce mapitre-chanteur et cet inspirateur de réseaux terroristes devenu « l’ami Kadhafi », chef d’Etat fréquentable qui va être reçu en visite officielle en France...

Le colonel ne s’intéresse pas qu’au nucléaire français :la culture aussi le passionne. Après tout, la culture est "pour tous". Les SS adoraient la grande muisque, non ? Les pourvoyeurs du Goulag avaient une bonne éducation, non? Et les chefs des Khmers rouges ont fréquenté la Sorbonne, non? 

Une grande rencontre est prévue entre le « Guide de la Révolution » dans les brillants salons de l’hôtel Ritz mardi et des intellectuels, des écrivains et d’autres « Lumières «  de l’esprit français. Ce sera "drôle" de voir qui « en » sera…Un « Guide », un Führer, au Ritz ! « C’est assez kitch », ironise un éditeur plein d‘esprit… C'est assez signifiant de l'air du temps, en effet. Mais il vaut mieux en rire, puisque personne ne semble y voir malice, perfidie, mal ou ironie de l'Histoire... Qui, déjà, disait: "les hommes font l'Histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font"?

Elle est vraiment bien notre « démocratie exemplaire » ! Entre les « félicitations chaleureuses » à Poutine pour sa très démocratique victoire électorale, les courtisaneries envers Chavez « qui a son caractère », les avances qui valent reconnaissance et valorisation au FRAC, l’oubli de la sous-ministre aux droits de l’Homme dans la tournée présidentielle en Chine, des "dessous" pas très clairs dans la libération des infrmières bulgares,  et la réception en grand pompe  de Kadhafi, on ne sait plus très bien quel pari ont pu faire Max Gallo, si respectable, André Glucksmann,si  estimable, Bernard Kouchner, si riche en bons sentiments, et quelques autres…

C’est beau le pragmatisme, la réalpolitik, le cynisme… « Quelle époque », va s’exclamer (encore) Philippe Sollers... qui ne pourra pas se rendre à cette "invitation" qui doit flatter bien des égo de gogos 

Daniel RIOT

02/12/2007

L'EUROPE EN CRISE: Les diagnostics de Jean-Louis BOURLANGES

Lettre personnelle mais  ouverte à un maître en réflexions (et un ami de 20 ans),

par Daniel RIOT 

Salut, Jean-Louis. Et merci. Nous n’avons pas toujours été d’accord sur l’Europe et sur d’autres sujets. Nous  sommes encore en  désaccord sur quelques analyses de la crise actuelle de la construction européenne. Mais nos dialogues de ces dernières années resteront pour moi des moments lumineux. De ces instants qui, au-delà d’une convivialité saine que seuls des liens d’estime et d’amitié peuvent enfanter, donnent consistance à l’existence.

Tes éclairages me manqueront. Comme ton sens des formules bien trempées, tes citations pertinentes, tes références historiques et littéraires opportunes. Et cet art de parler sérieusement de choses sérieuses sans que tu te prennes au sérieux…

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Après 18 années de Parlement européen, Jean-Louis Bourlanges rend son tablier d’artisan de l’union européenne.

L’auteur de « Le diable est-il européen ?» avait déjà renoncé à la Présidence de la commission des libertés et de la justice du Parlement, si essentielle pour que l’union ne soit pas qu’un Marché. Pour des raisons familiales personnelles

Il s’était séparé de Bayrou, dans la douleur, après le premier tour des Présidentielles. Une fracture mal cicatrisée. Il garde une dent contre le « gaullo-mysticisme » du Béarnais qu’il a comparé au Méphisto de Goethe : Pour lui, Bayrou fait  chaque jour davantage figure « d'esprit qui nie tout ». "Que Méphisto soit démocrate-chrétien, il y a erreur d'aiguillage ! "

Du coup, Bourlanges   se retrouve sans port d’attache digne de ce nom pour ses convictions et ses engagements :  « Ma famille politique, "sociale, libérale et européenne", qui a fait pendant vingt ans jeu égal avec le parti chiraquien, gît désormais à terre, tronçonnée en trois morceaux inanimés : entre l'UMP, le MoDem et le Nouveau Centre, les enfants de l'UDF n'ont le choix qu'entre une reddition, une secte et un camp de réfugiés », dit-il la rage au ventre  «  François Bayrou n'est pas le responsable exclusif de cette situation mais il y a contribué. Il chérit sa solitude comme on courtise une voyageuse de nuit et voit dans son exil intérieur la préfiguration providentielle d'un destin hors du commun qui lui vaudra demain le règne, la puissance et la gloire. Etonnant, non ? ».

Cette dernière phrase est extraite d’une ITW que Jean-Louis Bourlange donne dans le Monde daté du 2 décembre, jour même du baptême officiel du MoDem. Cette ITW vaut lecture et réflexions, car il y explique non les raisons de se « retraite » d’euro-député mais la tristesse personnelle (et le pessimisme) que lui inspirent les évolutions d’une Europe devenue « faiblement exaltante »

« J'ai vécu au Parlement européen des moments très intenses. Nous avons eu le sentiment de contribuer à l'émergence d'un objet politique inédit, voire révolutionnaire. Un objet capable de permettre aux Etats nationaux constitutifs de l'Europe historique de répondre solidairement aux défis de la globalisation.

Mais la phase historique qui va de la reconstitution du couple franco-allemand grâce à Valéry Giscard d'Estaing et à Helmut Schmidt jusqu'à la création de l'euro, dernière manifestation de la créativité franco-allemande, a pris fin quelque part entre la guerre d'Irak, l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, les criailleries budgétaires et un élargissement bâclé.

Aujourd'hui, l'Europe n'est plus en crise grâce au traité de Lisbonne. Elle a atteint un palier et elle continuera de fonctionner cahin-caha sans développement institutionnel et politique majeur pour au moins une quinzaine d'années. Elle va connaître ce que Keynes appelle un équilibre de sous-emploi. C'est faiblement exaltant. »

Pire : « Le nombre des membres, l'hétérogénéité des économies et des sociétés, le réveil des identitarismes et l'absence de menace extérieure forte et spécifique rendent extrêmement difficile tout progrès important. Le Parlement, comme d'ailleurs la Commission, a peu à peu cessé d'être le laboratoire d'une volonté commune pour devenir un simple lieu d'arbitrage entre intérêts nationaux, un double du Conseil. Du coup, il n'y a plus de moteur dans l'avion. »

 

Plus de moteur et pas de pilote. Pas d’aile, non plus. Alors ? Non, Jean-Louis, tout n’est pas si noir. Il ne faut ni idéaliser le passé ni ne voir que des horizons bouchés. Depuis 1950, l’Europe n’avance que « pas à pas », comme Schuman l’avait prévu, d’ailleurs. Avec quelques bonds en avant et quelques reculades. Mais elle avance. Où tu as raison, Jean-Louis, c’est sur deux diagnostics peu contestables

1)      C’est l’Europe à l’anglo-saxonne qui a le plus progressée. Et cela s’est fait au détriment de l’Europe à la Monnet. « La liberté des échanges et la concurrence non faussée, si utiles soient-elles, ne suffisent pas. Les politiques publiques, c'est autre chose ! »

2)      La valeur ajoutée européenne est restée trop faible. « Contrairement à une légende tenace, 90 % des politiques et 98 % des financements restent nationaux. Qu'il s'agisse de l'éducation et de la recherche, du droit du travail et de la protection sociale, de l'organisation administrative des territoires, de la justice et de la police, de la défense et de la politique étrangère et même, malgré Maastricht, des politiques budgétaires et fiscales, l'essentiel du pouvoir reste dans les Etats. Dans ces domaines, l'Europe fait semblant. Semblant d'être une solution aux yeux de ses promoteurs et, à l'inverse, d'être une menace aux yeux de ses adversaires qui lui attribuent abusivement la responsabilité de tous les bouleversements économiques, financiers, sociaux et culturels qui procèdent de la mondialisation. » (…)

Dès lors que les Etats se sont arrangés pour garder dans leurs escarcelles l'essentiel des responsabilités politiques, ils ne peuvent envisager d'action commune que sous la forme d'une coopération classique entre gouvernements. Or celle-ci est incapable de donner naissance à des politiques traduisant une véritable ambition. Regardez le processus de Lisbonne en 2000 : on a défini des objectifs mirifiques qui devaient faire de l'Europe la puissance économique la plus compétitive du monde, et il n'en est pratiquement rien sorti puisque la réalisation de ces objectifs reposait exclusivement sur la capacité de chaque Etat à faire le travail chez lui. La valeur européenne ajoutée était quasiment nulle

Je suis un peu moins d’accord sur les « institutions surdimensionnées » de l’Union européenne. La Commission n’est pas contrairement à ce qui est di trop souvent un exécutif, un « gouvernement supranational ». Elle est gardienne des traités et « exécutante ». Nuance. C’est une tête politique qui manque à l’Union. En cela elle est « sousdimensionnée ». Là est d’abord son inachèvement… Mais cela peut et doit venir et dans cette Union « qui n’aime pas la politique », le Parlement européen, contrairement à tes dires de militant légitimement fatigué ne fait pas « figure de porte-avions condamné à faire des ronds dans l'eau ».

De même (vieille controverse !), je ne suis pas, contrairement à toi, de ceux  «qui pensent que ce n'est pas l'Europe qui a fait la paix, mais la paix qui a fait l'Europe ». La Pax Americana n’aurait pas aboutit à la paix durable infra-européenne que nous connaissons sans le courage des pères fondateurs et de peurs succeseurs qui ont osé imposer leur vision d’un continent uni comme il était rêvé depuis des siècles. Leur vision s’est heurtée encore plus aux corporatismes nationaux qu’aux nationalismes. Les Américains ont arrêté la guerre. Mais la paix, elle est œuvre européenne. Notre vrai malheur vient du fait que, selon la formule de Pierre Legendre, « Hitler a été vaincu par les armes et non par les arguments »… Ce qui fait que notre véritable ennemi est toujours en Nous. Cet ennemi, c’est la Bête de Brecht, et « l’esprit pantoufle » qui accompagne l’individualisme galopant actuel….

Je te rejoins en revanche sur deux autres points essentiels :

1)      L’Europe ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Or, tu le dis justement :   « Ce que les Européens ne font pas pour eux-mêmes, personne ne le fera à leur place. Nous sommes, avec les Etats-Unis, les héritiers d'une civilisation et d'une culture originale et précieuse. Nous avons depuis un demi-siècle laissé les Américains défendre cet héritage commun. Aujourd'hui, les héritiers sont profondément divisés, incapables d'agir ici et incapables de réussir là-bas. L'Europe est wilsonienne, l'Amérique bismarckienne, et l'une comme l'autre sont tenues en échec.

L'idée que cette double impotence puisse être sans conséquence pour l'avenir du monde en général, et occidental en particulier, suppose une bonne dose d'inconscience. Il est essentiel que les Américains prennent conscience des limites de la puissance étatique dans le monde postwestphalien qui est le nôtre et que, à l'inverse, les Européens renouent avec l'idée qu'il n'y a pas de politique qui vaille si elle n'est pas étayée par un rapport de forces durement établi et chèrement maintenu. »

2)      Les phénomènes de fragmentations étatiques observables aujourd’hui, en Belgique notamment, mais pas seulement, sont moins dus à l'Union européenne qui « apporte à des entités infra-étatiques la possibilité d'une sécession sans risque. », mais ils traduisent « la crise des grands systèmes idéologiques et des solidarités qu'ils généraient »  Ce  «  foisonnement identitariste » est effectivement. « le même mouvement de refus du partage nécessaire à toute vie collective organisée qui fracasse les Etats nationaux et paralyse l'Union européenne »

3)      Sur Sarkozy (pour qui je n’ai pas voté, contrairement à toi), je suis comme toi, « Je suis partagé entre l'admiration et l'inquiétude. Admiration de voir l'efficacité et la rapidité avec lesquelles le président français a contribué à sortir l'Union de sa crise et à réinstaller la France au coeur de la construction européenne. Inquiétude en revanche devant la désinvolture avec laquelle on aborde les questions budgétaire et monétaire et celle du respect de nos engagements envers nos partenaires ».

Oui, « le paquet fiscal de l'été dernier est le péché originel de la politique européenne du nouveau président ».

Oui, « l'Union n'est pas un prolongement du jardin à la française et il ne suffit pas à la France de dire ce qu'elle veut pour que ce soit la volonté de tous ».

Et tu as raison de lancer une sorte d’avertissement : « Je ne voudrais pas qu'on se fasse trop d'illusions sur les possibilités réelles de la présidence française. Le président de l'Union n'est pas le cocher de l'Europe. Il en est tout au plus l'honnête courtier. Il a les bras chargés des enfants des autres et ses propres enfants ne verront le jour que longtemps après sa présidence. Comme disait Berlusconi lors de son étrange discours devant le Parlement européen : "Six mois, c'est vite passé."… L'Union n'atteint à la décision qu'après une longue période d'infusion. L'étoile européenne de Nicolas Sarkozy se perdra s'il se refuse à jouer avec le temps ».

Mon Cher Jean-Louis, tu quittes le parlement européen, mais je suis certain que tu continueras à éclairer le chemin de ceux qui prennent ton relais d’artisan de l’Europe en faisant entendre ta voix d’artiste des analyses politiques sur France culture et ailleurs. Les éclaireurs restent des éclaireurs. Et les Européens ont plus que jamais besoin de tes lumineuses analyses.

Daniel RIOT

26/11/2007

Strasbourg: BHL et le néo-antisémitisme

SUGGESTION RELATIO

Le Consistoire Israélite du Bas-Rhin ,La Communauté Israélite de Strasbourg  ,L’Union des Etudiants Juifs de France - Section Strasbourg et la Librairie Kléber  vous invitent à  la conférence du philosophe 

Bernard Henry Lévy 

“Y-a-t-il un néo-antisémitisme?  Et comment fonctionne t-il?”

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à l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage :“Ce cadavre à la renverse” Ed. Grasset 2007 

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Cette conférence se tiendra le  Mercredi 28 novembre 2007 à 20H30 

Le modérateur de cette conférence sera M. Daniel Riot

Au Centre Communautaire de la Paix - Grande Synagogue de Strasbourg 

1a rue René Hirschler 67000 Strasbourg 

Tel. 0388 14 46 50 - site web : www.cisonline.org - cis@cisonline.org 

Entrée libre et gratuite  sur présentation d’une pièce d’identite 

25/11/2007

Sarkozy à Pékin en VRP de " l’entreprise France"

DECRYPTAGE RELATIO : Lors de ses entretiens avec le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao, Nicolas Sarkozy s'efforcera de rompre avec "l'attitude française qui consistait à ne pas parler des choses qui fâchent", dit-on de source gouvernementale. Nous verrons. Angela Merkel, dans ses relations avec la Chine a montré que cela était possible, même si les Chinois savent écouter sans entendre (et vice versa)…. Mais pourquoi la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme ne fait-elle pas partie de la délégation ?

Continuité d’abord, dans l’anecdotique et le symholique: Le président français mettra d'abord ses pas dans ceux de son prédécesseur, en allant dans l'ancienne capitale impériale de Xian, célèbre par son armée de terre cuite et berceau d'une civilisation chinoise dont Jacques Chirac était un fin connaisseur.

6e0cd878a47eef7aefb96ea9023ec038.png(Nicolas en dragon, galligraphie)

Le chef de l'Etat part en Chine avec en tête cinq thèmes prioritaires, a précisé le porte-parole de l'Elysée, David Martinon : l'environnement, l'établissement de relations économiques "harmonieuses", les échanges commerciaux, le rôle de la Chine dans le monde et le développement de l'Afrique.

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01:13 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, france, sarkozy, relatio, europe

20/11/2007

EUROPE:La "paralysante "question anglaise" (suite)...

COMMENTAIRE RELATIO: Le Royaume-Uni a opposé hier son veto à l'adoption d'un budget pluriannuel pour l'Agence européenne de l'armement, ce qui fait planer un doute sur sa volonté affichée de renforcer l'Europe de la défense. C'est le moins qu'on puisse dire...

Voilà qui confirme (hélas!) les analyses faites sur RELATIO après les discours de BROWN sur la politique étrangère et du patron de la diplomatie anglaise à Bruges... Thatcher et son anti-européanisme toujours à la mode, même chez les travaillsites ! Le Grand large toujours préféré au Continent.... Entre Paris et Londres: deux conceptions difficiles à concilier. Pour l'heure, Paris a fait plus de gestes envers les USA que les insulaires Britanniques envers les Continentaux... La "question anglaise "devient existentielle pour l'Europe politique!

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Betancourt : "Chavez n'a pas la preuve de vie"

Hugo Chavez (Reuters)

Hugo Chavez (Reuters)

 

Le président vénézuélien Hugo Chavez n'a "pour l'instant pas la preuve de vie" de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, qu'il entendait apporter à son homologue Nicolas Sarkozy, a affirmé ce matin le père des enfants de l'otage, Fabrice Delloye.Fabrice Delloye a souligné sur i-télé que "si dans les quinze jours on n'a pas de preuve de vie, la médiation (de M. Chavez) n'est plus valide".

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A LIRE AUSSI >>>>>>>>>>>>>

Ingrid Betancourt : Quel signe d'espoir après... 2096 jours?

La famille d'Ingrid reçue aujourd'hui par Sarkozy et Chavez

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La famille d'Ingrid Betancourt sera reçue cet après-midi par le président Nicolas Sarkozy, puis par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé  le Comité de soutien à l'otage franco-colombienne.La famille sera d'abord reçue à 14h15 par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, après le déjeuner de travail de ce dernier avec Hugo Chavez. Seront présents tous les membres de la famille d'Ingrid Betancourt: ses enfants Mélanie et Lorenzo Delloye-Betancourt, son ex-mari Fabrice Delloye, son mari Juan Carlos Lecompte, sa mère Yolanda Pulecio et sa soeur Astrid.

Le président français avait déjà reçu Mélanie Delloye-Betancourt et plusieurs membres de sa famille le 18 mai dernier, soit deux jours après son entrée en fonctions à l'Elysée.

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19/11/2007

Sarkozy islamophobe ? Un écho de Jean Quatremer fait poser une question…qui mérite réponse!

COMMENTAIRE RELATIO par DANIEL RIOT: Nous suivons de trop près le blog de notre ami Jean Quatremer pour que ses échos sur des propos tenus à huis clos par Sarkozy devant des interlocuteurs européens nous échappent...

c9bc5697a77565af37717d5c38a2f521.jpgMais nous ne les avons pas relayés à chaud, par manque de confirmation nette, et recoupement de sources. Nous connaissons (et apprécions) Jean, mais  (il le sait)   ses  qualités journalistiques incontestables sont parfois perturbées (donc altérées ou enrichies, cela dépend…) par son souci bien naturel de son « audimat » personnel…Les 370 commentaires en peu de temps sur son blog, il les prend avec satisfaction, malgré les insultes, les mauvais procès et les dénigrement haineux:  D’où, en quelques circonstances,  non des narrations erronées  mais des extrapolations parfois très subjectives. Cela a d'ailleurs contribué à une notoriété qu'il aurait même sans cette ...fraîcheur d'esprit.

En l’occurrence, Jean  n’est pas l’homme qui a vu (ou entendu) l’ours, mais l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu ou cru voir, entendu ou cru entendre, l’ours…

Dans ce genre de réunions à huis clos, où les traductions ne peuvent pas toujours refléter toutes les nuances de forme, de ton et de fond, les témoignages indirects sont toujours à prendre comme les ailes des mouches, avec des pincettes. Surtout quand les propos rapportés sont graves, en et par eux-mêmes et… par celui qui les aurait tenus.  

Mais Jean a du en toute conscience juger suffisamment fiables ses « sources » logiquement masquées, mais par lui bien identifiées, et non suceptibles d'entretenir délibérément de mauvais proèces,  pour reprendre dans « Libération » de ce jour les confidences rapportées à ses internautes.

L’écho devient ainsi information. Ou plutôt sujet à questions…dont les réponses doivent être données par l’Elysée, évidemment !

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Car, s’ils sont vrais,  de tels propos dans la bouche du chef d’Etat d’un pays qui prône les droits de l’homme, donc le respect des diverses cultures, qui se fait le champion d’une Union méditerranéenne  et qui va assumer la Présidence de l’Union pendant ledeuxième semestre 2008 sont proprement inadmissibles. D’autant plus qu’ils visent les « musulmans » en général et non les « fascislamistes »…

A force d’être sur tous les fronts, de parler de tout, notre Hyper-Président hyper-actif n’est évidemment pas à l’abri d’un dérapage verbal, d’un réflexe d’humeur, d’un mot de trop…Nous l’avons déjà vu et entendu. Plus grave, peut-être, s’ils n’étaient démentis avec une force de conviction suffisante, ces propos que la morale et le droit réprouvent confirmeraient que le locataire de l’Elysée, si prompt à mettre en avant sa « franchise », a un double voire un triple langage. C’est sa crédibilité qui  souffrirait d’une nouvelle et bien vilaine entaille… Seuls les électeurs lepénistes qui lui ont donné ses suffrages y trouverait un réconfort bien peu conforme aux valeurs chantées par la république et fondatrices de l’Union européenne. Sarkozy islamophobe ? Quatremer a posé la question… C’est à cela aussi que les bons journalistes ont leur utilité en démocratie. Déjà, certains lui en font griefs. Mais ce n’est pas de sa faute si la question se pose… Attendons la réponse : une ocasion de plus pour que Sarkozy ait matière à communication.

Daniel RIOT  

Résumé des faits : Le président Nicolas Sarkozy aurait dénoncé, lors de discussions avec ses partenaires européens, le "trop grand nombre de musulmans présents en Europe", rapporte le journaliste Jean Quatremer dans Libération, lundi 19 novembre.

b893748a34e8196e4fdc89550e440348.jpg"Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis le Premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe antimusulmane devant ses invités", écrit Jean Quatremer, reprenant des informations publiées la semaine dernière sur son blog.

Selon les sources de Jean Quatremer, "le chef de l'Etat s'est lancé dans un discours confus d'une vingtaine de minutes, 'dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire', contre le 'trop grand nombre de musulmans présents en Europe' et leurs difficultés d'intégration".

Le président de la République "a aussi décrit de façon apocalyptique le 'choc de civilisation' qui oppose les musulmans à l'Occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'Union. Mais ses interlocuteurs en ont, en tout cas, retiré la désagréable impression que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs", poursuit le journaliste.

Jean Quatremer précise qu'il s'agit là du point de vue des deux délégations. Il rappelle que Nicolas Sarkozy, "qui a un langage en privé mais aussi en public souvent brutal, s'est déjà illustré en parlant de 'l'homme africain' qui refuserait l'idée de progrès".

SUR LE BLOG DE QUATREMER >>>>>>

 

16/11/2007

STRASBOURG: AZZA doit rester en France...Pétition sur Internet

Auteur : Jean-Paul Fuin, jeanpaul@barlefestival.com
C'est le compagnon d'Azza, expulsable de France après 11 ans passés dans ce pays.

A l'attention de : Préfecture du Bas-Rhin

Azza vit depuis onze ans en France, à Strasbourg. Nous, ses amis, ses connaissances, nous opposons à son expulsion de notre pays. Où irait-elle?
Au long de toutes ces années, Azza a su faire preuve d'une capacité d'intégration inouïe. Elle est engagée dans la vie de sa ville, elle bénéficie d'un réseau de relations sociales... Nous tenons tous à elle. Azza a trouvé, avec Jean-Paul, l'amour en France. Nous ne comprenons pas qu'on sépare un homme et une femme qui s'aiment. Ne vivons-nous plus dans le pays des Droits de l'Homme? Nous demandons la régularisation d'Azza.

SIGNEZ LA PETITION >>>>>


Ou rendez-vous sur le site http://www.mesopinions.com et tapez "azza" dans le moteur de recherche. C'est aussi la "pétition de la semaine" du site.

13/11/2007

Sarkozy à Strasbourg (suite): Un chant d’Europe, par Daniel RIOT

Il nous faut revenir sur le discours de Sarkozy devant le Parlement européen à Strasbourg. Non sur ce qui a été dit, mais sur ce qui en a été retenu (à chaud, il est vrai) dans les média…Je viens de survoler les premières dépêches et les premiers articles diffusés sur internet et sur les chaînes d’info continue. Une fois de plus, je suis surpris (ce qui montre que je garde fraîcheur donc candeur) par « l’escargotisme » franchouillard de trop de rédactions qui pensent que le monde se réduit à la ville de Paris…

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Qu’est-ce qui est mis le plus en relief ? Sa petite phrase qui ne constitue en rien en événement sur sa volonté de mener les réformes par lui annoncées « jusqu’au bout » : ««Ces réformes je les mènerais jusqu’au bout . Rien ne me détournera de mon objectif » … Comme s’il avait fait le déplacement au parlement européen pour parler des grèves (françaises) de demain…

Et sur l’Europe ? Deux points : le droit de critiquer de la Banque centrale (qu’il n’a pas citée) et son opposition réitérée (mais discrètement) à l’adhésion de la Turquie (une question non abordée dans l’allocution et  qui ne se pose pas en ce moment…).Où est « l’attaque en règle contre la banque centrale européenne », comme l’écrit Le Figaro (pour citer un journal “de la majorité”) ? «Nul ne peut se prévaloir de l’indépendance de son statut pour se dispenser d’avoir à rendre des comptes, à s’expliquer et à être contrôlé» ?… Le droit de critiquer, n’est pas un droit d’ingérence. Même à la Banque centrale européenne, on l’admet.

J’ai critiqué avec netteté et force Sarkozy sur d’autres thèmes et je reste politiquement dans une position très critique à l’égard de bien des aspects de la politique et du style de Sarkozy mais, en ce jour, je suis, avec réalisme, dans un éloge qui n’a rien de flatteur, que je trouve mérité (et méritoire) : l’événement dans ce discours, c’est la tonalité et la fermeté de l’engagement européen de la France. Dans le contexte français et européen actuel, cela mérite davantage qu’une allusion. Ne serait-ce que parce les murs de « l’anti-européisme » (« l’euroscepticisme » n’est qu’une litote hypocrite et fausse !) sont épais et haut en France et dans d’autres pays.

Des phrases telles que celle-ci valent d’être mises en mémoire : « «L’Europe ne peut pas être qu’une machine, une machine administrative, une machine à éditer des normes, une machine à procédures et à règles (…) Elle  est «une exigence morale, une exigence politique, une exigence spirituelle» (…) «L’Europe n’a une chance d’exister que si pour des millions de femmes et d’hommes, elle est vivante, elle parle à leur coeur, elle est l’espoir d’une vie et d’un monde meilleurs. L’Europe sera un grand idéal ou l’Europe ne sera plus».

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De même quelques phrases sur la défense européenne qui étaient déjà passées (presque inaperçues) dans son allocution devant le Congrès américain méritent attention et débats : « ”Comment l’Europe pourrait-elle être indépendante, comment pourrait-elle avoir une influence politique dans le monde, comment pourrait-elle être un facteur de paix et d’équilibre si elle n’était pas capable d’assurer elle-même sa défense ? (…) Que signifie pour chacun d’entre nous notre engagement européen si nous ne sommes pas capables de débattre de la construction d’une défense européenne et de la rénovation de l’Alliance atlantique ? »

Nicolas Sarkozy souhaite que la France se rapproche de l’OTAN, dont elle a quitté le commandement militaire intégré en 1966, A CONDITION que se mette parallèlement en place une politique européenne de défense. Voilà un langage nouveau et clair ! Une vraie « rupture »…

Bush n’a pas voulu y prêter attention, mais Bush est en fin de mandat… Et, rappelons-le, cette Europe de la Défense n’existe toujours pas parce qu’elle a été tuée dans l’œuf en …1954, par la France, en raison de l’alliance objective d’une droite encore imprégnée d’antigermanisme, de gaullistes qui n’avaient pas compris que les redressements français et européens allaient de conserve et de forces qui, selon la formule de Mollet, étaient « plus à Moscou qu’à gauche ».

Mais sans doute n’aies-je pas ce sens de la hiérarchie superficielle de l’information qui fausse tant la perception des événements en ne s’attachant qu’à « l’écume des choses »… Une écume qui change en fonction de l’air du temps, et des zappings… Sur son discours européen du 11 novembre déjà, la plupart des média n’avaient retenu que « la rupture du protocole »… Comme si l’essentiel n’était pas (déjà) ce chant d’Europe que trop d’oreilles parisiennes bouchées par la cire d’un archéo-nombrilisme désuet et ringard ne veulent pas entendre.

Daniel RIOT

SUR RELATIO: “BRAVO SARKO!” >>>>

SARKO ET LA TURQUIE >>>>>>

SARKOZY ET LE  SIEGE DU PE A STRASBOURG >>>>

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Sarkozy ferme sur le siège du PE à Strasbourg

Dans une réunion à huis clos avc des représentants des groupes politiques du parlment européen, M. Sarkozy a  réaffirmé, avec force, “qu’il serait intransigeant sur le maintien du siège du Parlement à Strasbourg”, en plus de celui de Bruxelles, en dépit des critiques récurrentes que suscite cette situation. c’est ce qu’ a rapporté  le co-président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit qui fait une idée fixe deuis des années en voulant créer une Université européenne dans les bâtiments strasbourgeois du PE En mai, le président français avait prévenu que le siège de Strasbourg n’était “pas négociable” car cela faisait “partie des équilibres fondateurs de l’Europe”.

La remise en cause du siège du Parlement européen à Strasbourg est réclamée par de nombreux députés qui voudraient en finir avec les  navettes mensuelles entre leurs bureaux à Bruxelles et la capitale alsacienne. Le traité européen, qui ne peut être modifié qu’à l’unanimité des Etats membres, fixe officiellement le siège du Parlement européen à Strasbourg mais prévoit deux lieux de travail, Strasbourg et Bruxelles.

COMMENTAIRE RELATIO: Juste un rappel: les réunions du PE à strasbourg sont prévues dans les Traités au nom d’une Europe polycentrique et d’une démocratie active fondée sur des valeurs. Nombre d’agences communautaires ont été installées dans d’autres villes européennes au nom de ce même principe.

Contrairement à ce que prétendent les VERTS (engagés là dans un mauvais combat) et les Britanniques (qui ne veulent pas d’une Europe des valeurs mais seulment des affaires), ce ne sont pas les navettes Bruxelles-Strasbourg qui pèsent beaucoup sur le bdget: ce sont les déplacements décentralisées (et nécessaires) des groupes, des commissions et des colloques en dehors des villes “sièges”.

 Ce sont aussi les doubles emplois entre le L’UNION  et le Conseil de l’Europe. L’anomalie, c’est que le secrétariat du PE soit encore à Luxembourg et non à Strasbourg.

Cette affaire là aurait pu être règlée depuis longtemps avec une volonté politique plus claire à Paris et un activisme plus développé et plus intelligent à Strasbourg. DR

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Sarkozy et la Turquie: “Les frontières de l’Europe ne se trouvent pas en Syrie”

Le président français Nicolas Sarkozy a réaffirmé à STRASBOURG son opposition à une adhésion de la Turquie à l’Union européenne qui repousserait les frontières de l’UE “en Syrie”, lors d’un débat à huis clos avec des parlementaires européens, a indiqué l’Elysée à l’AFP. “Le président a très clairement réaffirmé la position française. Il a dit que la Turquie était un pays de 100 millions d’habitants qui n’était pas en Europe mais en Asie mineure et qu’il ne voulait pas être celui qui allait expliquer aux écoliers français que les frontières de l’Europe se trouvaient en Syrie”, a-t-on ajouté de même source.

//

Le chef de l’Etat français a tenu ses propos lors d’une réunion fermée au public avec les présidents des groupes politiques du Parlement européen à Strasbourg. Dans un discours tenu ensuite devant le Parlement européen, M. Sarkozy n’a pas évoqué ce sujet sensible.Lors de la réunion à huis clos avec les responsables de groupes parlementaires, “il a dit qu’il était hypocrite de promettre aux Turcs qu’ils peuvent rejoindre l’UE, qu’avec lui ils ne le pourront pas, et que pour lui la Turquie n’appartient pas à l’Europe”, a également rapporté le chef des socialistes Martin Schulz.”Mais quand je lui ai demandé s’il mettrait un arrêt des négociations avec la Turquie à l’agenda de l’Union pendant la prochaine présidence française (au deuxième semestre 2008), là il était un peu flou”, a-t-il déploré devant la presse

COMMENTAIRE RELATIO: Sarkozy  n’a fait là que réaffirmer ce qu’il a dit en plusiuers occasions. Y compris sur la poursuite des négociations. Mais la question (que le chef de l’Etat compte ne plus soumettre à referendum) n’est en fait pas d’actualité. Tout dépendra de deux évolutions: celle de l’Union et celle de la Turquie. Pour l’heure, il existe une chance de construire une Europe politique (avec ou sans les Anglais), mais les évolutions turques ne sont guère propices à une accélération des choses. En termes de Droits de l’Homme, Ankara, en l’état, ne satisafit pas aux exigences du Conseil de l’Europe dont la Tuqrquie est membre depuis longtemps. Sur le fond, l’image de la “frontière en Syrie” frappe les esprits, mais n’a aucune portée politique. DR

Au Parlement européen, à Strasbourg : « Bravo Sarko ! »

Le Commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO : Une belle et bonne profession de foi européenne, comme (il faut l’avouer) nous aimons les entendre ici sur RELATIO. Un seul point faible, jusqu’à démonstration contraire : le peu de crédibilité des réformes structurelles promises par Sarkozy en matière économique et financière. La France reste le mauvais élève de la classe de l’Euroland dans  des matières essentielles : croissance, déficits budgétaires, investissements dans la recherche et l’innovation… Le passif est lourd, il est trop minimisé et la méthode Coué a des limites.

Cette restriction faite, nous faisons comme nombre d’eurodéputés : nous applaudissons à plusieurs passages du discours, et comme l’ami Cohn-Bendit, nous arborons le sourire satisfait des « pro-Européens » agréablement surpris (ce n’est pas la première fois dans ce registre!) par le chef de l’Etat français qui, plus en encore que dans ses discours précédents sur l’Union européenne, tente visiblement de faire une bonne synthèse (souhaitée ici depuis longtemps) entre l’Europe de Monnet et celle de de Gaulle.

MONNET ET DE GAULLE RECONCILIES? 

Monnet ? Confiance dans les institutions communautaires, Commission et Parlement européen (« indissolublement lié à Strasbourg ») en tête et recherche d’une identité européenne par un retour à des notions trop oubliées :la préférence communautaire, la protection des intérêts européens par des règles de réciprocité, le recours à des décisions prises à la majorité, la concurrence considérée comme un moyen et non comme une fin, un « engagement européen sans faille de la France »…

De Gaulle ? Les respect des diversités européennes, donc nationales, et la recherche d’une Europe « puissance », donc indépendante (défense, énergie, alimentation) et pesant sur les affaires du monde, avec ses valeurs (les droits de l’homme), sa conception d’un capitalisme « d’entrepreneurs et de production » et non de « spéculations et de rentes »… Et la volonté d’une France forte dans une Europe forte : « L’Europe, c’est un levier d’Archimède pour la France », disait De Gaulle à Peyrefitte.

 

UNE EUROPE CITOYENNE, donc POLITIQUE

Il y ajoute la dimension démocratique. Et il tout à fait raison. Comme il voit juste en voulant que « tous les sujets » fassent l’objet de débats et que l’Europe (qui n’est « pas une machine » devienne une réalité CITOYENNE. Oui, « L’Europe sera un grand idéal, ou ne sera pas ». « On ne tombe pas amoureux d’un grand marché’, disait Delors. Oui, il faut que l’Europe devienne POLITIQUE, avec le cœur, la chair, tous les éléments qui font « la vie »…

Cette prestation et les perspectives ainsi ouvertes pour la Présidence française (sans l’arrogance trop souvent affichée par des responsables français) ne peuvent que réjouir les partisans d’une unification politique de l’Europe. Mais il est évident que cette conception n’est pas du tout celle des Britanniques et de quelques autres qui ne voient dans l’espace européenne qu’une zone de libre-échange. Un bon sujet de réflexions (avec celui des frontières) pour le Comité des Sages sur le devenir européen que Sarkozy a demandé et va sans aucun doute obtenir.

RETRAVAILLER LE PROJET MEDITERRANEEN....

Encore une petite ombre dans ce tableau qui restera comme un « grand moment » dans l’histoire de l’hémicycle strasbourgeois du parlement européen : le flou sur le projet d’Union méditerranéenne et la caricature trop vite et mal faite du « processus de Barcelone ». L’EuroMed est insuffisante, mais n’en faisons pas table rase… Sans doute, Barosso, que Sarkozy salue avec chaleur en toute occasion, et d’autres pourront-ils infléchir le dessin inadapté d’un beau dessein…Sarkozy a su montrer qu’il savait aussi s’adapter aux réalités. « On ne pisse pas contre le vent », disait De Gaulle. Alors attendons, en espérant... Pour aujourd’hui, (et sur mon clavier ce n’est pas courant !), Bravo Sarko !

Daniel RIOT

10/11/2007

La France en Europe: Sarkozy ou le manque de crédibilité économique

Commentaire RELATIO: L'Europe a (toujours) mal à la France, lanterne rouge de la croissance dans l'euroland

Le manque de crédibilité économique de la politique de Sarkozy inquiète de plus en plus Bruxelles.

Loin de la politique/spectacle, loin des effets de manche qui font illusion, loin des actes où la communication fait office d'actions. La politique économique de Sarkozy souffre d'une manque de crédibilité chronique qui inquiète les responsables de l'Union européennes et nos partenaires les plus francophiles... "Les faits sont tétus" redirait Lénine....

Déficit public en hausse, croissance revue à la baisse, commerce extérieur en chute libre: les prévisions d'automne publiées hier par la Commission européenne confirment la faiblesse conjoncturelle et surtout structurelle de la politique économique engagée par Nicolas Sarkozy.

Tandis que l'Allemagne devrait engranger un léger excédent, le déficit budgétaire français pourrait atteindre 2,6 % du PIB en 2007, puis en 2008, selon les analystes bruxellois. Voire plus: la limite des 3% du PIB réapparaît...

Pour la Commission, citée par Le Monde, les différentes mesures fiscales adoptées en France pendant l'été devraient coûter un demi-point de PIB. Leur impact sur l'activité ne devrait se faire sentir qu'en 2008, en dynamisant la consommation intérieure. La contribution du commerce extérieure restera néanmoins négative : outre l'euro fort, les exportations françaises continuent de souffrir "d'une spécialisation géographique et par produit défavorable", notent les services de M. Almunia qui attendent de vraies propositions de vraies réformes d'ici au 1er décembre. Des réformes qui ne seront pas jugées sur leurs annonces mais sur leur réalisation.

En attendant, la France de Sarkozy reste la lanterne rouge de la croissance dans la zone euro...Et ce n'est pas la faute de l'euro! 

SUIVRE L'ACTUALITE EUROPEENNE SUR RELATIO >>>>>>>>

08/11/2007

Sarkozy aux USA : un ego flatté, mais une musette politique vide

Commentaire Daniel RIOT pour RELATIO- « Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique, et reconquérir le coeur de l'Amérique de façon durable ». Mission réussie pour Sarkozy qui a du penser à ce que son père lui disait : « Avec tes qualités et le nom que tu as, tu ne réussiras qu’aux Etats-Unis ». En France, il a réussi, le petit Sarkozy, avec la Marseillaise en illustration sonore de son « rêve américain ».

Bonne communication, couverture médiatique chaleureuse, excellente allocution « à l’américaine » avec poncifs en chapelet et lieux communs en double couche, et avec des silences sur tout ce qui peut faire mal ou chatouiller les narines (sur l'IRAK, notamment!) ,  des « standing ovations » au Congrès : il en rêvait… Il l’a fait !

Ils se sont levés plusieurs les « amis américains » du Congrès, les républicains comme les démocrates !  « Standing émotions »…

Mais concrètement, quels résultats de cette visite officielle ? Une entorse à l’une de ses promesses électorales : Il a promis aux Américains de rester en Afghanistan. Sur l’Iran, les deux présidents parlent en gros d’une même voix, en privilégiant la concertation. Mais ce n’est pas nouveau. Pour le Liban, Bush suit Sarkozy sur le principe d’une discussion avec la Syrie pour qu’elle n’interfère pas dans le processus électoral. Mais cela non plus n’a rien de neuf.

Alors ? Alors rien… Du moins rien de visible. Le président américain n’a rien dit sur le climat, rien sur le dollar super-fort, rien sur les réformes par la France souhaitées du FMI, du G8, de l’ONU et d’autres organisations qui permettraient de songer à un « ordre international » méritant son nom.  Et surtout rien sur la reconnaissance de l’importance de l’Europe de la défense, le sujet par excellence sur lequel Sarkozy l’attendait…

Notre Président n’avait-il pas dit   qu’il ne reviendrait pleinement  dans les structures intégrées de  l’Otan que si Bush reconnaissait cette « Europe de la défense » ? Ce but là, sauf secret diplomatique bien gardé, n’est pas atteint. Bush a répondu aux élans du cœur en conservant toute sa tête. Autant dire que Sarkozy revient en France avec un ego  flatté, mais une musette politique vide. Suivons maintenant la visite aux Etats-Unis d’Angela Merkel…

Daniel RIOT

06/11/2007

Le semestre de Sarkozy:L’urgentiste, la cigale frimeuse et le “choc de confiance”

EDITORIAL: Six mois. « Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame, le temps, non mais nous nous en allons »… Ronsardien, Sarkozy ! Il a raison. « Chuillons dès aujourd’hui les roses de la vie ». C’est ce qui est appréciable et le plus apprécié chez lui. Il sait maximaliser son temps en se jouant de l’espace. En donnant au temps l’épaisseur que seule l’action peut donner et en occupant l’espace qui compte le plus aujourd’hui dans le paysage politique: le « médiatique ». « Je me montre, donc je suis » : Descartes 2007…

Problème : autant un chef de gouvernement doit faire face à toutes les urgences, le « nez dans le guidon », autant un chef de l’Etat (même en république monarchique) devrait pour inscrire son action dans des perspectives d’avenir prendre de la hauteur (non de l’altitude) et de la distance (non de l’éloignement) par à rapport aux événements qui restent « l’écume des choses ». Sinon, il prend un risque, chargé de périls, qui est l’un des pièges majeurs des « décideurs « ne cette ère de « zappanthropie » aiguë : « A force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel », selon l’excellente formule d’Edgar Morin.

En six mois, quoi de changé ?

>>> Un style de Présidence ? C’est sûr. Et c’est dans la logique du changement de régime (mais oui !) provoqué par un quinquennat et  un calendrier électoral décidés …sans réflexions insuffisantes. « Réfléchir », en politique, c’est d’abord savoir anticiper et imaginer toutes les conséquences, directes et indirectes de ce qui est  ou n’est pas décidé… Et « parler », quand on dirige un pays, ce n’est pas que  débiter des mots avec tous les risques de dérapages, de tics verbaux et de contradiction que cela comporte, c’est porter une Parole. Nuance…

>>> Une tonalité politique ? C’est frappant. « Les choses ont commencé à changer, et ce n’est pas fini », sourit Sarkozy. Mais le mot « ouverture » est pipé. Inadapté dans ce qui est d’abord du « débauchage individuel » bien ciblé (qui permet à Sarkozy de pomper les idées et les forces du Centre Central de Bayrou plus que celles d’un PS toujours écartelé).

Il est évident que les « conservatismes » auquel prétend s’attaquer Sarkozy sont autant de gauche que de droite, même s’ils se manifestent différemment. Il est clair aussi que les clivages droite/gauche sont dépassés. Tout locataire de l’Elysée aurait tenté de faire « bouger les lignes ».

Nous sommes dans une période politiquement tectonique. Sarkozy s’y adapte plus qu’il innove. L’essentiel est affaire de tempérament et de vertige métaphysique. Relire « L’homme pressé » (le livre de Paul Morand, non la chanson de Noir Désir)

>>> Un activisme diplomatique ? C’est incontestable. Même si, quand on suit bien les choses, une Angela Merkel, par exemple, fait plus et mieux en faisant moins de « bruit » (c’est d’ailleurs ce que Sarkozy ne supporte pas chez elle…).

Oui, l’Union est sortie de l’ornière institutionnelle grâce à l’alchimie d’un traité « simplifié » qui  plus… compliqué que le projet de traité constitutionnel … édulcoré.

Oui, les relations transatlantiques se sont assainies parce que Sarkozy (quoi qu’en disent ceux qui lui font des procès en « américanisme ») a conscience que ce ne sont pas les Etats-Unis qui sont trop puissants, mais l’Europe qui ne l’est pas assez…

Oui, ses intuitions méditerranéennes et euro-africaines sont bonnes, mais il n’a pas (encore) opéré les « ruptures » franco-françaises qui s’imposent. Pourquoi ne pas « européaniser » davantage ses démarches ? Il est des conservatismes à combattre … à l’Elysée !

>>> Des réformes ? Oui, Mais… En dehors du « paquet fiscal » qui ne va guère dans le sens de l’intérêt général, quelles sont les réformes (toutes menées de front) qui changent en profondeur les « choses », donc qui sont susceptibles de guérir la France de ses maux structurels ? Aucune.

Certaines (sur la recherche, par exemple) risquent même d’entraîner des régressions ou sont revues très « à la baisse ».

Les plus sérieuses (Grenelle de l’environnement) ne pourront se juger que sur les faits.

D’autres (la loi Hortefeux, notamment) sont d’une inspiration racialiste et néo-conservatrice qui (les élus UMP les plus soucieux des « valeurs » le savent bien) n’est pas conforme aux idéaux de la Résistance, de la République, des trois mots gravés sur nos frontons officiels.

Toutes seraient plus crédibles si des mesures étaient prises pour que les déficits français, les dettes françaises, les hypothèques françaises soient apurées. Sarkozy incarne bien, par ses goûts personnels cette France qui « vit au-dessus de ses moyens ».

Le malheur c’est que les victimes de ce surendettement et de ces conduites de cigales frimeuses se recrutent non chez les nantis, mais chez les plus pauvres et dans les classes moyennes qui ceux qui même en travaillant plus ne gagneront jamais assez… tant que les fruits du travail seront plus taxés que le « travail » de l’argent.

Alors ? L’ « état de grâce » est terminé. Ce n’est que temps : tous les spectateurs de la « Star Ac » ne sont pas de gogos… Et trop de communication tue la communication. Pour que l’Etat (encore à réformer en profondeur) trouve davantage de grâce aux yeux des Français et de nos partenaires européens, il importe sans doute d’en revenir aux mots : volonté n’est pas volontarisme, activisme n’est pas action,  bougisme n’est pas  réformisme,  faire savoir n’est pas savoir faire…

Dans un pays, comme dans un hôpital, les services d’urgence sont nécessaires mais pas suffisants. Sarkozy urgentiste et pompier volant, n’a pas été élu pour constituer  à lui seul un « SOS dépannage » (télévisé) .Sarko-Assistance travaille sans filet : c’est bon pour l’audimat, mais la vie d’une Nation n’est pas un reality show et ne se joue pas sur  Second Life. Le “choc de confiance” annoncé n’est pas encore amorcé.

Daniel RIOT

05/11/2007

En vitrine, aujourd'hui, sur RELATIO

Arche de Zoé: Un scandale lourd de conséquences 

EN FINIR VRAIMENT AVEC "L'AFRIQUE DE PAPA"

Sarkozy ou le "sauveteur volant" d'"Elysée Assistance"

Le scandale de L'Arche de Zoé: Un trouble français...

Sarkozy "agent américain"? Halte aux proxénètes de l'intox sur le web!

L’Europe face à des vrais problèmes de sécurité liés aux migrations au sein de l’Union : La quadrature du cercle…

L’Europe dans la nouvelle crise du pétrole : le cap de 100 dollars le baril…

Etats-Unis: La crise bancaire ... devant nous?

01:55 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : web, blogs, france, europe, sarkozy

04/11/2007

Sarkozy au Tchad:En finir vraiment avec “L’Afrique de papa”…

Le commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO 

Voyage-éclair, opération sauvetage : « Sarko-Assistance » peut afficher une belle réussite : rapatrier en Europe celles et ceux qui ont été embarqués dans le scandale de Zoé malgré eux, les trois journalistes français et les hôtesses de l’air. Bravo et merci pour eux. Même si l’on peut ironiser sur le fait que le chef de l’Etat, omniprésent, joue ainsi personnellement les « stewarts » dans l’avion du retour. En communication, c’est le geste qui compte le plus. Et le Président tchadien a dû apprécier cette (première) attention qui sera suivie par d’autres, notamment en février lors d’une visite officielle annoncée avec opportunité.

Nous n’avons pas encore pris la pleine mesure des dégâts provoqués par le scandale de « l’Arche de Zoé ». Sur plus d’un terrain et à plus d’un niveau…En France, en Afrique et ailleurs. A  court terme, le sort des personnes encore retenues par les autorités tchadiennes et, surtout, des enfants au cœur de cette affaire n’est pas réglé. Mais ce ne sont pas là les seuls drames humains à soulager.

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WEB: Halte aux proxénètes de l'info-intox!

DESINFORMATION : Confidences en guise

de Défense et illustration de… Sarkozy.

« Sarko, l’Américain » : un « agent » de l’Oncle Sam ?

Le « réseau Voltaire » devrait avoir la décence de changer de nom…

7a2956bdf21090d4570f2f1301ff0cf8.jpgRUE89 éprouve le besoin de s’étendre, pour les leur tordre le cou,  sur des fausses infos diffusées par le « réseau Voltaire », l’un des champions toutes catégories de l’intox sur internet, et reprises sur d'innombrables blogs. Un réseau qui devrait avoir la décence de changer de nom, tant il insulte ce philosophe que l’on devrait tellement relire en cette période liberticide et lâche.  

Voici une preuve de plus de l’extrême difficulté de lutter contre les effets pervers d’Internet « grande machine à rumeurs ». Sarkozy se voit d'avoir été "formé" par les Américains, voire d'être un "agent" américain. Du coup, l’effet boule de neige du web en folie, accrédite cette connerie immonde !

A la base de cette accusation, un voyage d'étude aux Etats-Unis effectué par Nicolas Sarkozy dans les années 80 alors qu'il était maire de Neuilly, à l'invitation du département d'Etat dans le cadre de son Programme d'invitation de personnalités étrangères.

SIX SEMAINES QUI VALENT DES ANNEES

Et alors ? Confidence : ce programme, j’en ai bénéficié aussi.  Et je ne regrette en rien d’avoir grâce à lui passé six semaines (plus que la norme de ce type de bourse) à sillonner les Etats-Unis, à rencontrer des membres du Congrès, des conseillers de la maison Blanche, des responsables du département d'etat,et les meilleurs chercheurs, experts ou acteurs  des domaines qui m’intéressaient : la presse et le média (bien sûr), les minorités (Noirs , Portoricains,Indiens, Amish, Mexicains, Chinois, "Français" de Louisiane), les rouages du complexe militaro-industriel et les multinationales... 

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03/11/2007

FILLON: L’Homme invisible chute dans les sondages

Ces sondages me surprennent : comment peut-on avoir un avis sur Fillon ? En dessous de l’hyper-Président, bien après le vrai gouvernement de l’Elysée, Matignon n’est plus qu’un hôtel avec quelques emplois bien rétribués, non ? Fillon ou l’homme invisible ? Enfin, comme dit Le Monde, à Matignon, « l'impopularité est toujours programmée. Mais pour François Fillon,  elle survient un peu tôt… »

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Moins de six mois après sa nomination comme premier ministre, les Français qui ne lui font pas confiance sont désormais majoritaires : ils sont 47 % (contre 44 % d'un avis opposé), selon un sondage TNS Sofres réalisé les 24 et 25 octobre auprès de 1 000 personnes et publié dans Le Figaro Magazine du 3 novembre.

Quatre jours plus tôt, l'enquête de CSA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France révélait que la cote de confiance du chef du gouvernement, « le collaborateur »,  ne s'établissait plus qu'à 44 %, un point seulement au-dessus des avis négatifs. L'enquête enregistrait aussi un taux élevé (13 %) de sondés se déclarant sans avis sur M. Fillon... Moi, je me situe dans ces 13 %. Et vous ?

Mais il est paraît-il un bon ministre des relations avec les parlementaires. Consolation pour lui: En deux mois, le chef de l'Etat a vu (lui aussi)  sa cote de confiance baisser de 11 points, à 53 %, dans le baromètre TNS Sofres… Ah ! Cette dictature des sondages versatiles ! Indiscrétion du « Monde » : « Fillon est dans une stratégie de démission à neuf mois, mais il veut sortir de Matignon par le haut », estime un membre de son gouvernement. Ah ! Bon ?...Même si Sarkozy lui relaisse "la Lanterne", à Versailles?...

Une lettre à Sarkozy.... à signer

Accès à l'information: La France freine les élans du Conseil de l'Europe pour plus de transparence

La rédaction de la Convention européenne sur l'accès aux documents administratifs se heurte au  gout du secret ...

(Sipa)

(Sipa)

Les associations Liberté d'informer et Access Info Europe interpellent la France sur la question de l'accès à l'information. Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, au ministre des Affaires Etrangères et au président de la Commission d'accès aux documents administratifs, lundi 8 octobre, il est reproché à la France "d'imposer une interprétation très limitée du droit du citoyen d'accéder aux informations détenues par les autorités publiques" dans le cadre de la rédaction de la future Convention européenne sur l'accès aux documents administratifs. Les représentants de quinze pays du Conseil de l'Europe, dont la France, travaillent actuellement sur le projet de traité.
La France, qui se situe derrière la Roumanie, la Bulgarie ou l'Arménie dans la facilité d'accès à l'information, est montrée du doigt par Access Info Europe.
Parmi les premiers signataires figurent Reporters sans frontières, Florence Aubenas (journaliste au Nouvel Observateur), Denis Robert (écrivain), la Fédération internationale des journalistes, des personnalités politiques (comme Michel Rocard)...

Retard de l'Europe

Les associations, qui soulignent néanmoins les efforts engagés par le gouvernement français en faveur de la transparence, demandent que le droit d’accès à l’information s’applique également aux documents détenus par les pouvoirs législatif et judiciaire.
Les ONG jugent, en outre, que la version actuelle de la Convention est largement en dessous des normes déjà existantes en Europe. Elles estiment que le texte irait à l'encontre des lois sur l’accès à l’information adoptées dans vingt pays issus du bloc communiste depuis 1992 et des nouvelles lois votées par le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Dans une lettre transmise vendredi 28 septembre, journée internationale du droit à l'accès à l'information, au Conseil de l'Europe, Access Info Europe avait déjà dénoncé le retard de l'Europe en matière d'accès aux documents officiels.

Pour signer la lettre,
cliquer ici
ff37bf330f3f377de9267efe989a2a86.jpgCommentaire RELATIO: Nous signons cette lettre pour des raisons évidentes, d'ordre philosophique, journalistique et surtout démocratique. La raison d'Etat entraîne souvent  une déraison d'Etat. Et la notion de "secret d'Etat" sert souvent d'alibi à des magouilles d'Etat, à des malversations d'Etat, à des délits d'Etat. La France, pays centralisé, souffre d'une culture du secret d'Etat qui masque mal une démocratie (et un capitalisme) de connivences et d'arrangements, qui sert trop d'intérêts particuliers au nom d'un intérêt général proclamé mais peu démontré. Un "Etat exemplaire" est un Etat qui s'impose une véritable transparence. Que des affaires (internationales surtout)  exigent de la discrétion est une chose. Que des informations doivent rester classifiées "secretes" pendant un temps est sans aucun doute indispensable dans une bonne gestion du présent pour ménager l'avenir dans de nombreux domaines (défense, sécurité intérieure, lutte contre le terrorisme, protection contre les espionnages en tous genres ...). Mais la participation citoyenne exige une information citoyenne. Le Droit de Savoir  ne doit pas être que le titre d'une émission de téle... Alors , cliquez>>>>> si vous êtes d'accord avec nous, bien sûr. Daniel RIOT

SUR LE NOUVELOBS: Rocard explique pourquoi il signe

31/10/2007

Elysée: Vous avez dit "transparence"?

Allons, allons, pas  de démagogie, pas de complainte de type populiste, pas d’ironie mal placée. Ne jouons pas à ces Anglais toujours en train de critiquer le coût de la maison royale qui feraient la révolution si …on touchait à la Couronne. D’ailleurs, la Reine, elle règne, elle. Elle ne gouverne pas. Chez nous, aujourd’hui, nous avons un hyper-président hyper-actif hyper-travailleur, hyper-médiatique. Qui fait tout, ou presque. C’est normal qu’il soit hyper-rétribué. D’ailleurs, même le Président irlandais gagne plus. En rétributions, pas en avantages en nature…

Et Bush gagne trois fois plus… ce qui laisse à « Sarkozy l’Américain » des espoirs de prochaines augmentations (à chaque « bond » du SMIC, par exemple).

Inutile de reparler de De Gaulle qui remboursait à l’Etat le pain partagé à l’Elysée avec sa famille. Les temps ont changé. Et l’argent a été trop chargé de pêchés, parait-il, par les sermons de pieux hommes de foi qui priaient le ciel pour attirer la pluie au lieu de pomper les nappes phréatiques et oubliaient que l’argent des riches a toujours fait rêver les pauvres.  D’ailleurs, mme Lagarde avait été rappelée à l’ordre :il n’y aura pas de « plan de rigueur »…au moins jusqu’aux municipales, et, soyons pédagogues: le déficit abyssal de la France ne va pas augmenter de 140% pour autant. Alors, faisons des économies, oui. Mais ailleurs.

C’est à Matignon qu’il y a peut-être aujourd’hui des emplois fictifs, non à l’Elysée. On aurait pu enlever au PM, qui est moins important que les conseillers spéciaux du Palais, ce que l’on donne au super-patron. Mais cela ne se fait pas : Sarkozy, du temps de Cécilia, lui avait déjà emprunté la « Lanterne » de Versailles. Qui y passe ses wek-ends maintenant ?

 Ce sont dans  quelques cabinets que la République pourrait faire des économies (combien de collaborateurs Laporte ? Plus que de joueurs dans une mêlée…)…Il est tant d’autres situations scandaleuses, et pas seulement dans les  rétributions et les frais généraux de quelques nantis et profiteurs d’un système que l’on dit vouloir assainir, avec clarté et franchise. « Il y a vraiment des milliards d'injustices à réformer dans ce pays avant de réformer le salaire du président », lâche Jean-Louis Bianco qui sait qu’on « n’est pas malheureux à l’Elysée »…

Ce triplement du budget du Palais et la hausse de 140 %  du salaire du Président sont décidés au nom de la « transparence ». Qui pourrait être contre ? Mais c’est là peut-être que l’on peut dépasser les critiques mesquines de  Bianco qui tente de nous faire pleurer en disant que Mitterrand payait ses cafés de sa poche. Qui peut dire que cette « clarification » entraînera la suppression des caisses noires, des coffres secrets, des liasses cachées ? La pauvre Cour des comptes ne peut pas avoir des yeux partout, et pour tout… Souhaitons que la transparence affichée ne masque pas des réalités plus cachées!

Daniel RIOT 

25/10/2007

Quand Sarkozy se surprend lui-même….

Il a réussi un joli coup, Sarko : il s’est étonné lui-même ! La fin de son discours sur la fin de la première phase du « Grenelle » est un morceau d’anthologie. Mal écrit, le passage. Mais révélateur : « Pour qu’un homme comme moi, tienne un tel discours, préconise de telles mesures… ». Les vraies ruptures sont avec soi –même.Et l'on est qui l'on devient...

bb8f86326a50139f9c05d1adebacbb85.jpgl'ami de Bush avec Al Gore...

Eh oui ! Son « j’ai changé » de la campagne électorale a pris son sens aujourd’hui. « Pour qu’un homme comme moi », pour qu’un gouvernement comme le sien, pour qu’une majorité comme la sienne…pour qu’autant de gens qui méprisaient tant depuis tant d’années les « écolos », ces « gauchistes », ces « illuminés », ces « passéistes », ces « réactionnaires » et  affichent dans leur défense de l’environnement, de la planète, de la nature cette foi des nouveaux convertis, il faut croire effectivement que « la France a changé ».

Surtout si cette France, repeinte en vert de l’espérance,  tient ses engagements de transformer le « cancre » de l’éco-politique européenne qu’elle était en « premier de la classe »…

Même Voynet ( qui pour moi reste « la tueuse du Rhin-Rhône ») est obligée de reconnaître ce qu’elle est plutôt agréablement surprise. Et quand Hulot met « 18/20 » au travail effectué ce n’est pas seulement pour caresser Sarkozy en courtisan ou ajouter au plaisir de Borloo qui se dit « fou de joie ».

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Tout bien sûr est à regarder avec distance. Je l’ai fait dans une autre analyse. Mais il est des plaisirs qu’il ne faut surtout pas bouder… Même si, « l’inertie, la routine, l’aveuglement, l’idéologie » qui sont à combattre désormais au nom de « l’esprit de Grenelle » se trouvent encore plus à l’UMP (où tout le monde n’a pas-encore- changé) qu’ailleurs…

Au fait, j’ai dit « esprit de Grenelle »…Ah ! Oui… Chirac, déjà et mai 68, encore… Avec un bond historique du Smig ! Faut-il dire « merci mai 68 » ? Qui disait déjà qu’il fallait en  « liquider l’esprit » ? Quelqu’un qui ne s’était pas encore surpris lui-même…

Daniel RIOT

LE PARADOXE DE GRENELLE >>>>>>>>>

21/10/2007

ECOLES : La journée de Môquet ou de…Guaino ?

« Alors cette lettre de Guy Môquet, vous la lisez ? »… Comment ne pas comprendre les hésitations ou les refus des enseignants de la République qui n’ont pas à subir et à faire subir à leurs élèves (en bien ou en mal) les caprices, les coups de cœur ou les phobies d’un Président qui a été élu pour diriger la France mais non pour jouer les maîtres de lecture, rendre la justice sous un chêne, ou imposer une morale de vie…

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L’initiative de Sarkozy pour son investiture était on ne peut plus respectable. J’ai eu les larmes aux yeux en écoutant cette cérémonie bien orchestrée par Max Gallo : les symboles nationaux ou autres n’appartiennent qu’à ceux  qui savent en prendre la mesure.  Mais pourquoi imposer ce texte, tel une page d’un catéchisme, dans les classes, le même jour à la même heure… A quand le retour à la prière matinale pour la Patrie et son chef ? « Maréchal, nous voilà …vaccinés » !

Le sentiment national (et européen) doit effectivement être développé dans les écoles. Comme les règles du « Vivre ensemble ». Comme l’apprentissage du respect de soi et des autres (y compris des différents, des « étrangers ». L’instruction civique peut et doit recouvrer toute sa place. Comme l’Histoire, base de toute culture. Comme tant d’autres disciplines abandonnées, négligées ou mal pratiquées : la récitation, le calcul mental, les analyses de texte et d’image, la grammaire, l’art du bien écrire et du bien parler, l’organisation de nos sociétés et de nos institutions. Elémentaire ? Dès le primaire…

Mais, de grâce, un peu de pudeur dans la communication officielle autour de tout ce qui fait « l’âme de la France », pour reprendre le titre du livre de Gallo qui a été tellement pillé pendant la campagne présidentielle par la « plume » de Sarkozy, Henri Guaino, ce « négro de la République » selon son dernier surnom bien trouvé !

On oublie à l’Elysée (et ce n’est pas vrai que pour l’éducation nationale ») qu’une « vérité officielle », est officielle, non véritable… Déjà, Bernard Laporte, cette caricature de « Sarkoman », a franchi la ligne jaune du ridicule en imposant la lecture de la lettre de Moquet dans les vestiaires du XV de France… Contre les Anglais, il aurait dû implorer Jeanne d’Arc, ce « gagneur » perdant !

Face  aux troubles, aux réticences et aux refus d’obtempérer des enseignants (qui ne sont pas tous « de gauche », « corporatistes », « conservateurs »), c’est la « plume » de Sarkozy qui sort son flingue.

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Mais de quoi se mêle-t-elle cette « éminence  grise »  qui fait de plus en plus tache noire sur notre tapis « bleu, blanc, rouge » ?  « Tout ça est très triste mais amène à s’interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l’éthique et les devoirs d’un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants », ose clamer sur RTL ce populiste qui enfile des habits de  maître à penser de la France d’aujourd’hui ?

Etre traité de « petit con prétentieux » par ce collectionneur de citations qui se prend pour un intellectuel cultivé a été pris comme un véritable hommage  par Bernard-Henri Lévy. Il a raison BHL. « Nos jugements nous jugent » redirait Paul Valéry. Et les lambris dorés du pouvoir ne transforment pas en rivière de diamants la bave des crapauds. 

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Il n’y a pas que la solitude qui peut être « poisseuse ». L’inspiration peut l’être aussi…Surtout chez des « plumes » qui ont plus de verve que de verbe, de tripes que de cervelle, de (faux) savoirs que de (vraie) culture.

Il est vrai que par rapport à d’autres « flèches » qui brillent à la Cour, Guaino l’habile, peut nourrir quelques sentiments de supériorité… « J’existe, donc je parle », dit-il. Voilà qui nous permet au moins de lui répondre : Son drame, sans doute, c’est « qu’il n’est pas assez entré dans l’Histoire », qu’il «  vit avec les saisons » et  «  ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». Dans son « imaginaire où tout recommence toujours », y a-t-il une place «  pour l’aventure humaine » et «  pour l’idée de progrès. » ?

Selon Yasmina Reza, le Président le juge indispensable parce qu’il est « fêlé ». Tout est dit, en effet. Ou presque. Un « fêlé » à l’Elysée, ce pourrait être drôle : le retour du fou du roi… Mais ce rôle est trop étroit pour ses prétentions : c’est en fou de la République qu’il fait (et peut faire) des dégâts. Il paraît que le secrétaire général de l’Elysée, (qui est sérieux, lui,) en a conscience. Tant mieux.

Daniel RIOT

19/10/2007

La défaite du XV de Laporte : Limites du « je veux » sarkozyen

A poils. Et ce n’est pas pour un calendrier… A poils, et ce n’est ni viril ni érotique… Dans du beurre, les Argentins ! Entartés les Français ! Limites de la méthode Coué, du « je veux » sarkozyen et  de la « com’ » impériale  qui nous ferait prendre nos désirs pour des réalités. Pas de tango pour nos champions de l’ovale !

Le supporter tricolore que je suis en est marri. L’observateur que je suis aussi en sourit. Imaginer l’exploitation politique qui aurait été faite du succès des Bleus atténue mon  blues : logique, non ? Et j’avais détesté ce festival de chauvinisme irrationnel (bien orchestré, y compris par Christine Boutin) qui avait précédé le début de championnat du monde …si mal préparé depuis huit ans par une tête de gondole du supermarché des illusions de notre « pipolcratie » qui se prenant pour le meilleur sélectionneur du monde!

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Par la très petite porte, le départ en retraite sportive du futur secrétaire d’Etat de cette République où la présomption d’innocence est clamée avec force (c’est bien), mais d’une façon très sélective (ce n’est pas bien)… Qu’est-ce qui est le plus important, d’ailleurs, dans l’actualité du jour,  la (nouvelle) défaite du XV face à l’Argentine dans la « petite finale » de consolation ou le dossier (plutôt argumenté) que « l’Equipe magazine » consacre à l’affairiste promoteur d’un jambon prédécoupé ?

Drôle d’époque, effectivement… A Lisbonne, c’est un journaliste du Monde qui pose une question digne de « Gala » ou de « Voici »  au Président plaqué dans sa vie très privée par une femme qui s’explique pudiquement dans une belle page de l’Est républicain (décidément privilégié par l’ex-première Dame de France) et  fait très publiquement les « couv » de Match et de « Elle » (entre autres). Et à Paris, c’est le supplément du quotidien sportif qui sort un dossier digne de « l’Expansion » ou des « Echos »…Mélanges des genres, encore et toujours…De plus en plus, même ! Qui avait dit que « Sarko est le seizième homme du XV de France » ?

Enfin, Bernard Laporte a pu se consoler de ses déboires sportifs avec une bonne nouvelle tout de même : une plainte déposée pour « favoritisme » contre l'entraîneur du XV de France, avec constitution de partie civile, a été  classée sans suite par le parquet de Paris… Une sombre histoire de « machines à sous »… Un de ces domaines où l’on peut gagner plus sans travailler plus !

Il a eu aussi, ce « Sarkoman »,  un signe du destin encourageant : ses démêlés avec le fisc révélés par L’Equipe pourraient tomber à l’eau si l’enquête traîne encore un peu : dans deux mois, il y aura prescription…

D’ailleurs, Laporte nie en bloc. Et le bloc est lourd ! « Double comptabilité, abus de biens sociaux, détournement d'actifs, transferts de fonds suspect, fausses factures, travail au noir ou encore retraits en espèces », selon L'Equipe. Oh ! Il en faut de l’imagination pour inventer tout cela… 

« Présomption d’innocence », on vous dit : même Sarkozy l’a redit, à Lisbonne ! Comme pour Santini. Alors, silence dans les rangs. Laporte va travailler sous l’autorité de bouillante Roselyne Bachelot. Une belle mêlée avec des  démêlés qui ont déjà commencer. Ce n’est pas un homme de l’ovale qui va impressionner cette femme joviale mais carrée ! Avec elle, Laporte devra tourner rond…Ou ce  sera la rupture.

18/10/2007

Cécilia, " femme libérée": Cookie Dingler à la Une

Allez savoir pourquoi:j'ai depuis le début de l'après-midi le tub de Cookie Dingler en tête... Il est vrai que d'autres ont la "cécilia" de Joe Dassin  à l'esprit. En France tout se terline par de chansons, non? A propos, aux Etats-Unis se dévelopent les "fêtes de séparations" où l'on donne autant d'éclat aux divorces qu'aux mariages. A quand une grand Fête de la "rupture" à la Lanterne, ou chez Louis XIV? Soller voit bien un remaraige rapide entre Nicolas et Rachida (ce qui est difficile, puisque Dati est l'amie de Cécilia). Pascal Bruckner, lui, verrait bien une union Nicolas-Ségolène: une vraie "ouverture" pour une vraie "rupture"... Ce serait royal, en effet. La France s'amuse: "tout va très bien madame la marquise"... C'est jour de grève, pourtant. Il nous faut bien un système de service public (d'humour) minimum...

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"Elle est abonnée à Marie Claire
Dans L'nouvel Ob's elle ne lit que Brétécher
Le monde y a longtemps qu'elle fait plus semblant
Elle achète Match en cachette c'est bien plus marrant

{Refrain: 2x}
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Au fond de son lit un macho s'endort
Qui ne l'aimera pas plus loin que l'aurore
Mais elle s'en fout, elle s'éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de "je t'aime"

{Refrain}

Sa première ride lui fait du souci
Le reflet du miroir pèse sur sa vie
Elle rentre son ventre à chaque fois qu'elle sort
Même dans "Elle" ils disent qu'il faut faire un effort

{Refrain}

Elle fume beaucoup elle a des avis sur tout
Elle aime raconter qu'elle sait changer une roue
Elle avoue son âge celui de ses enfants
Et goûte même un p'tit joint de temps en temps"

EN VIDEO: Vivement Dimanche >>>>>>>

Sarko en célibataire à Lisbonne

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 « La gloire est le deuil éclatant du bonheur. »

 Germaine de Staël

 
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