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18/11/2007

L’Europe gourmande : Julien Binz, le prince d’Isenbourg

45d8c352b599375d0a60462fec204c69.jpg« Au cœur du vignoble »… Connaissez-vous un château ou une demeure de classe d’une région viticole d’Europe dont la présentation dans les meilleurs (ou les plus mauvais) des guides ne commence pas par « Situé(e)  au cœur du vignoble » ? L’Europe des clichés ne connaît pas de crise… Le Château d’Isenbourg, lui, a le vignoble au cœur. Et à cœur ! Une question de philosophie de vie plus que de situation…

Sur la route des vins, il est, bien sûr, ce chateau. Bien ancré dans l’Alsace pre-vosgienne, face à la Forêt noire qui, ici, fait office de la grenouille dans son bocal du bon météorologue… Bien exposé, comme un objet de désir.

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Il est trop imposant pour ne pas être hanté par des faits d’armes, des intrigues de chevaliers ou d'évêques,  des cœur fléchés et des parfums de femmes. Et il est,bien sûr, chargé de cette Histoire qui fait de l’Europe non le « vieux continent », mais une terre pétrie d’humanité qui adore les histoires…

Isenbourg ? Plongée en Austrasie ! En ce Royaume franc des Mérovingiens qui, de la mort de Clovis (511) à celle de Childeric III (751), nous a valu quelques Clotaire, Sigebert et autres…Dagobert.

Une résidence royale, ce château de Rouffach dont l’histoire …moderne commence avec l’évêque Frédéric de Blankenheim en 1380 ! Il abrite aujourd’hui un hôtel  quatre étoiles des « grandes étapes françaises » qui vaut détours et séjours. Y compris pour garder la forme ou la recouvrer: un spa à user sans modération...  Il offre, surtout,  une cuisine… royale grâce à un jeune chef imaginatif, inventif, subtile, expert en mariage des saveurs.

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Un alchimiste ou un magicien talentueux de l’art culinaire, ce Julien Binz , un chef qui devrait faire des « Tommeries » une salle à déguster digne des meilleurs des tables étoilées! Il vaut déjà beaucoup plus et mieux que la plupart des guides (toujours un peu en retard) le disent...

« Tommeries » ? Le nom des pupitres sur lesquels on posait, avec délicatesse,  des fioles soufflées qui permettaient de conserver le raisin dans les conditions les meilleures. Un nom qui est celui du village de Bourgogne où ces fioles étaient fabriquées. Les Tommeries: Un triple symbole qui sied bien à la cuisine de Julien. Respect des traditions les meilleures, soin et conscience du vrai artisan, par définition passionnément amoureux de son art, et goût de l’innovation, de la recherche, de ces trouvailles qui font, comme disait Valéry, que « le génie est une habitude que prennent certains ».

Julien est tombé dans les marmites dans son adolescence. Et il a visiblement pris cette « habitude » valéryenne : le mot « génial » appliqué à sa cuisine n’a pas  l’affadissement qui faisait piquer de saines colères à Musil contre les journalistes en mal d’inspiration… Et cet amoureux de son art sait aussi, pour rendre une autre formule de Valéry, que « le travail doit finir par effacer les travail »…

Son parcours, il est vrai, n’a rien  d’un chemin de croix. De très belles stations sur la route des bons couverts ! Les Armes de France, à Ammerschwihr (67), Le Buerehiesel à Strasbourg (67), L’Auberge d’Artzenheim et (mais oui)  l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern (68). Ce « Jeune talent 2006 » a été le second de cuisine de Marc Haeberlin.  

Ce parcours étoilé  devrait logiquement (« l’intendance suivra », redirait De Gaulle !) le conduire au paradis des meilleurs… si j’en juge par ce que j’ai vu, senti et dégusté. Avec la sûreté de bouche qui vient d’une petite expérience de fine gueule que je confesse bien volontiers et d’un esprit d'épicurien non repenti qui aime les repas non de fêtes, mais en  fêtes (de tous les sens) et qui place  la cuisine dans la « rubrique » culture et non « vie pratique »…

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Du grand art, vos mets, « chef Julien » ! En sortant du château, je pensais  à ce proverbe alsacien que Martin Graff avait remis au goût du jour  et dont j’ai fait un peu ma devise personnelle : « Cultive tes racines, et plantes-les dans les étoiles »…

Non seulement, parce que les étoiles peuvent et doivent devenir votre jardin professionnels, mais parce que votre art de marier (et de doser) les saveurs, donc les produits,  est très « européen » dans le sens  le plus noble du terme : je ne sais si vous êtes des « euro-toques », mais votre toque est authentiquement européenne. Avec une carte « unie dans la diversité »…

Daniel RIOT

df6d9dc35bab5e6070ae2eed6ee73477.gifUne recette du chef

(Ingrédients pour 6 personnes)

Foie Gras 6 escalopes de 70 gr

Pain d’épices 6 tranches
2 oeufs
Lait 100 gr
Framboises 500 gr
Beurre 60 gr
Vinaigre Balsamique 150 gr
Sucre 150 gr

Préparation
Tailler les tranches de Pain d’épices à l’aide d’un emporte pièces rond.
Tremper dans le mélange œuf – lait et poêler au beurre.
Disposer les framboises sur le pain d’épices et passer 1 minute au four.
Réaliser un caramel avec le beurre et le sucre, déglacer avec le vinaigre Balsamique et réduire quelques instants.
Couper le Foie Gras en tranches, assaisonner et poêler vivement dans une poêle anti-adhésive, sans matière grasse.
Dressage
Dresser le pain d’épices garni de framboises au milieu de l’assiette, poser le Foie poêlé par dessus.
Ajouter un cordon de sirop de vinaigre autour.

(Recette reprise sur « Alsacez-vous », le site de Tourisme Alsace >>>>>> )

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A NE PAS MANQUER: LE MUSEE UNTERLINDEN DE COLMAR (à une vingtaine de kilomètre du Chateau d'Isenbourg)

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LE RETABLE D'ISSENHEIM


Vers 1512-1516, Grünewald peint son célèbre retable pour la commanderie des Antonins d’Issenheim, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Colmar, commandité par Guy Guers, précepteur de la commanderie des Antonins de 1490 à 1516. La partie sculptée est due à Nicolas de Haguenau (vers 1515). L’ordre des Antonins a vu le jour officiellement en 1092, avec pour vocation de soigner les malades atteints du feu sacré, une maladie provoquée par l’ergot de seigle, parasite de cette céréale. Fondée vers 1300, la commanderie d’Issenheim acquiert peu à peu une richesse considérable dont témoignent les nombreuses œuvres d’art qu’elle a commandées et financées. Consacré à saint Antoine, le retable, destiné au chœur de l’église de la commanderie, figure parmi elles. Il est resté conservé dans cet établissement religieux jusqu’à la Révolution et pour empêcher sa destruction, il est transporté à Colmar, en 1792, à la Bibliothèque Nationale du District. En 1852 enfin, il est transféré dans l’église de l’ancien couvent des Dominicaines d’Unterlinden, où il constitue le joyau du musée qui s’y organise alors et où il n’a cessé, depuis, de fasciner et d’envoûter ceux qui l’ont contemplé.

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UNE EXPO A VOIR DU 8 DECEMBRE 07 AU 2 MARS 2008

76f2a046054d7869504486403dd0f95c.jpgDétenteur du célèbre retable des Antonins d’Issenheim, chef-d’œuvre de Grünewald, le musée d’Unterlinden consacre, pour la première fois en France, une exposition à l’œuvre de ce grand peintre de la Renaissance germanique.
Cette manifestation s’inscrit dans la politique du musée privilégiant la recherche et la mise en valeur, en direction du public, de ses remarquables collections de peintures et de sculptures représentatives de l’art des XVe et XVIe siècles, une période durant laquelle le Rhin supérieur a connu un véritable âge d’or.

L’exposition tentera de préciser la chronologie de création du retable d'Issenheim et d’éclairer nos connaissances sur l’identité de Grünewald.
Elle fait suite à l’étude du retable d’Issenheim menée depuis plusieurs années par le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), et au colloque qui s’est tenu à Colmar en janvier 2006.
Elle sera centrée sur le processus d’élaboration de cet ensemble monumental qu’est le retable, grâce à un partenariat avec le Kupferstichkabinett de Berlin où est conservé l’essentiel de l’œuvre graphique de Grünewald.

EN SAVOIR PLUS >>>>>

LE SITE DU MUSEE >>>>>>

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