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19/09/2007

Le grand oral de Sarkozy: Vous avez bien entendu « contrat social » ?

Une illusion et une faute : pourquoi avoir commencé ce « grand oral social » par promettre un  « contrat social » nouveau ? Sous les nuages, rien de neuf : Des réformes qui s’imposent (depuis longtemps, d’ailleurs) seront menées sans que l’on jette les bases d’une nouvelle social-économie, caractérisée par ce qui manque le plus la France: des structures rénovées d’un « dialogue social » innovant. Sous les pavés, pas de plage : Les « sacrifices » demandés ne sont ni équitablement répartis, ni efficacement programmés.

La seule vraie « rupture » dans la prestation d’hier de Sarkozy, où un texte un peu fourre-tout n’a pas toujours été lu avec la force de conviction habituelle du « grand communicateur », tient en un constat : il y a un décalage très net entre les promesses électorales faites et les mesures annoncées.

« Candidat, il a dit ce qu’il ferait. Chef de l’Etat, il ne fait pas ce qu’il a dit », résume avec pertinence, par constat plus que par opinion,  Martine Gilson qui dirige le service économique du Nouvel Observateur et qui va ainsi à contre-courant des commentateurs qui ne font que répéter les mots d’ordre de la cellule communication de l’Elysée.

Nous sommes loin, en effet, des coups de hache, de butoir, des « traits de plume » législatifs, des "ruptures" promis sur les 35 heures, le service  minimum dans les transports publics, les régimes spéciaux de retraites, les frais médicaux, le « travailler plus pour gagner plus »…

Le calendrier des réformes est serré, c’est un fait. Trop pour faire du travail sérieux, même. Mais 2008 est une échéance préprogrammée dans la loi, pour les retraites notamment. Les objectifs sont clairs, mais les moyens de les atteindre ne sont pas détaillés (sur l’emploi des seniors notamment). Et l’on s’en tient à des mesures dictées par l’urgence non par le souci de construire l’avenir, par des réformes structurelles.

Je suis assez d’ accord avec Martine Gilson : « Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a réalisé qu’une seule promesse : le « paquet fiscal » : quatorze milliards d’euros destinés aux plus riches ». En guise de « contrat social » nouveau, on peut rêver mieux…

Philippe Séguin, le Président de  la Cour des Comptes, vient de faire une remarque fondée sur des réalités dont on ne parle pas assez : Les « stocks options » ainsi que les indemnités de départ (devenues colossales) dont bénéficient les grands dirigeants d’entreprise ne sont pas soumises aux cotisations sociales… comme doivent l’être tous les  revenus du travail.

C’est ce que l’on appelle un « régime spécial », non ?  Un privilège qui se chiffrerait par un manque à gagner de  six milliards et demi d’euros par an. Un chiffre plus vertigineux encore que celui du déficit général des régimes dits spéciaux : 6,2 milliards… On n’en tient pas compte dans l’élaboration d’un vrai « contrat social » ?

Les électeurs de l’UMP ne sont pas tous des privilégiés. En 1995, déjà, les sondages montraient que les Français étaient majoritairement d’accord avec la réforme des « régimes spéciaux »…Cela n’a pas empêché Juppé de se planter.

Daniel RIOT

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