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31/08/2007

Sarkozy et l’économie européenne : De bons diagnostics, mais pour quels remèdes ?

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: Barroso a raison de se féliciter de l’esprit de volonté en Europe de Sarkozy… Les hasards du calendrier font que la visite en France du Président de la Commission coïncide avec le discours du chef de l’Etat sur l’économie devant l’université d’été du Medef.

Passons sur son sens de l’humour et sur son besoin de se nourrir d’une autosatisfaction dont les disciples du docteur Coué devraient tirer parti pour améliorer la célèbre « méthode ». Passons aussi sur ses accents à la Guizot sur le « travaillez plus pour gagner plus ». Passons encore ici sur les aspects strictement intérieurs de son intervention. Passons enfin (pour nous en réjouir) sur ses nouveaux pillages du programme présidentiels de Bayrou. Et n’en restons qu’à l’Europe. Où il dit des choses justes, mais où il en reste (trop) au diagnostic.

Sarkozy l’avait déjà dit : il veut remettre de la politique dans les affaires européennes. Il a raison. Il le faut. Comme il faut lier économie et social, économie et écologie, monnaie et économie, compétitivité et solidarité. Comme il nous faut revenir sur ce qui a fait l’une des clefs de la réussite des « pères de l’Europe » : protection d’abord donc préférence communautaire.

En fait, au-delà de sa rhétorique et de sa dialectique, le Président de la République propose une redéfinition du « libéralisme » dans l’optique de « l’économie sociale de marché » qui constitue le fondement et le but de l’Union européenne, du « libre-échange » dans la réalité d’une mondialisation qui n’existe pas puisqu’elle accentue les inégalités, les avantages des spéculateurs, les pratiques de « dumping » (social, fiscal, environnemental, monétaire), de la « politique industrielle » en une mode d’un économisme plus doctrinaire que réaliste.
Oui, il faut un vrai gouvernement économique de l’Euroland : il faudrait même un vrai gouvernement européen- ce que ne sont ni la Commission ni le Conseil européen

Oui, il faut que les échanges internationaux qui reposent sur la transparence et le principe de réciprocité.

Oui, il faut renouer en tout et pour tout secouer les idées reçues, bousculer les tabous, tout mettre en débat…y compris ses propres idées.

Mais, en dehors de la recherche, de la promesse d’une meilleure administration fiscale, d’une vraie rupture avec l’ignoble tradition française des dénonciations anonymes, Sarkozy se doit de se montrer plus concrets. Pas de solution au pouvoir d’achat en panne, pas de solution au gouffre de la dette (ce boulet de l’économie française que seul Bayrou avait bien évalué), pas de solution concrète à une redéfinition de la stratégie commerciale de l’Union. Un discours qui aiguise l’appétit, donc nous laisse un peu sur notre faim. Nous ne sommes plus en campagne électorale… Sarkozy doit apprendre à rompre avec sa rupture verbale, pour engager une vraie rupture dans l’action. Ropre avec le volontarisme pour afficher une vraie VOLONTE dans l'action.

Daniel RIOT

 

 

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