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22/06/2007

Nicolas Sarkozy à l'épreuve des faits: Les risques de "passages en force" mal préparés

Le billet de Chantal Cutajar

On peut apprécier les qualités de tacticien de  Sarkozy, éclatantes  dans son art de piller  quelques idées du Modem, (partiellement et sans en respecter l'esprit), dans son "casting" gouvernemental, (même si la parité promise entre femmes et hommes n'est pas au rendez-vous et si le cabinet n'est pas aussi restreint qu'annoncé) ou dans sa manière de "secouer" sa propre majorité (surtout en Alsace où elle se sent "cocufiée" par la nomination de Jean-Marie Bockel)

"Chapeau Sarko!", ironise Daniel Riot sur son blog-notes ...pendant que le très sarkozyste Président de la CUS, sur le sien, écrit gravement:"Et si Nicolas faisait une erreur?"...

On peut aussi espérer (c'est mon cas) que le premier Conseil européen de Sarkozy se traduise par un déblocage de la crise européenne: Mme Merclel y serait pour beaucoup.

Mais je dois dire qu'en cette fin de soirée, ce n'est pas la fête de la musique pour tout le monde...  Etudiants et universitaires, avocats et magistrats, consommateurs, syndicats de fonctionnaires:toutes les informations reprises sur ce blog ce soir semblent montrer que si l'été est arrivé, l'état de grâce semble déjà se terminer. Malgré les excellentes prestations télévisées de ce "Président-premier ministre-ministre-chef de la majorité et... commentateur de ses propres actions! ", comme ironisent quelques éditorialistes.

N'entonnons surtout pas le refrain trop connu qui veut que "les Français n'acceptent les réformes qui ne les concernent pas" ou que dans ce pays "les réformes sont  impossibles"...

Oui, il faut des réformes, profondes.

Mais des réformes soigneusement préparées, lancées après des concertations dignes de ce nom et une pédagogie gouvernementale soignée. Or que voit-on? Des réformes bouclées en vitesse que l'on veut  faire "passer en force", imposer d'en haut. Comme par oukase présidentiel.
Bien sûr, le Président Sarkozy a été élu pour appliquer son programme.
Bien sûr, les Français lui ont donné une majorité parlentaire absolue pour qu'il puisse tenir ses engagements.
Mais la légitimité démocratique n'autorise pas tout... Voter pour un Président ne signifie pas adhérer à toutes ses propositions, surtout sur des sujets où les finalités ne sont pas toujours bien énoncées et  les modalités pas suffisamment expliquées.

Je ne dis pas cela pour regretter que les méthodes de "démocratie sociale" portées par François Bayrou n'aient pas été suffisamment approuvées  par les électeurs français.  C'est l'avenir qui m'intéresse, non le passé, même récent…
J'écris cela parce que j'espère que les méthodes en vigueur seront révisées, amendées, améliorées. Dans l’intérêt général, pour cet « utile » et ce « juste » qui motivent mes engagements politiques.

Les décisions d'un Seul imposées d'en haut ne sont pas adaptées aux exigences de notre époque. Et la situation française est trop grave pour que les mesures annoncées n'aient pas les effets escomptés sur la réduction de la dette, sur la stimulation de la croissance et sur plus de justice sociale.

L'épreuve des faits ne relève pas du  même ordre que les épreuves (réussies) des images. Après le virtuel, le réel.
Chantal Cutajar

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